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Eh, t 'as vu là -bas ? C 'est quoi ? Attends, je me rapproche.
Et voilà, le pancake est parti.
Qu 'est -ce qu 'on dit à maman ? Merci.
C 'est cool.
Il a l 'air de bonne humeur, ça fait un plaisir.
Papa aussi nous fait des pancakes maintenant.
Il a fait de très gros progrès en cuisine.
Oula, mais il n 'y a pas qu 'en cuisine qu 'il a fait des gros progrès, votre
père.
D 'ailleurs, je crois même qu 'il vient te voir jouer au basket cet après -midi.
Non, c 'est vrai, elle est trop cool.
Ah, d 'accord, parle du loup.
Oui, Paul.
Ok, je fais au plus vite.
A tout de suite.
Bon, je dois y aller, on a une urgence.
Bonne journée.
Et on débarrasse le petit déj.
Tu trouves pas qu 'ils discutent moins ? Non, Alice, tu vas pas recommencer.
Quoi ? Non, j 'ai pas dit qu 'ils allaient se remettre ensemble.
Non, parce que ça n 'arrivera pas.
Donc t 'arrêtes avec cette fixette.
Mais ce n 'est pas une fixette.
C 'est un désir de réparation.
C 'est classique en psychanalyse.
Ah ouais, quand même.
Bonjour. Salut.
Bonjour, Lorraine.
Salut. Bonjour, Nancy.
On n 'a retrouvé aucune pièce d 'identité sur l 'unité téléphone.
C 'est peut -être un suicide, il s 'est jeté dans le pont. Ah non, je crois pas,
non.
Je dirais même qu 'il a été assommé avant.
Ou alors le corps a été roulé par la rivière.
D 'où la plaie à la tête.
Le suicide par noyade est typiquement féminin. Seuls 5 % des hommes y ont
recours. Ah oui ? C 'est pas faux.
Ça va, Marshall ? Ah ouais, pourquoi ? Vous me contredisez pas ? Ah non,
pourquoi tu me contredirais ? C 'est pertinent.
Ok.
Bon, faites ce que vous avez à faire, mais faites vite. C 'est un noyé, on
le transférer à l 'IML le plus rapidement possible.
Oui, c 'est exact.
Parce qu 'avec l 'immersion, le processus de décomposition s 'accélère.
accélérer aussi, c 'est mieux.
La paille dans les baskets, c 'est pas courant ici, dans la région.
Il n 'y a que des vignes.
C 'est vrai, ça, vous avez raison.
Ça peut nous aider pour l 'identification.
J 'adore.
Tu dis que j 'ai raison.
Il devait travailler au contact des animaux. Un éleveur, un véto, un
Un cavalier, peut -être.
C 'est quoi cette race blanche, là ? Nancy, vous pouvez me faire un
s 'il vous plaît ? Attends, deux secondes, Nancy, s 'il te plaît.
Ok, merci.
Je te retrouve à la gendarmerie. Tu vas... Vous allez où ? Un truc à
Vous me faites un rapport ?
Alors, est -ce que j 'ai bien la meurtre ? Oui.
Il a d 'abord été tué.
Il jetait la rivière dans un deuxième temps.
Il a reçu un coup violent sur le lobe pariétal.
Je ne sais pas avec quoi.
Il est resté trop longtemps immergé. Il n 'y avait aucun résidu sur la plaie.
La mort remonte à quand ? Vu la température de l 'eau et l 'état général
corps, hier soir, entre 23h et 1h du matin.
Et les traces blanches ? Un mélange de crème et de poudre fixative résistante à
l 'eau, en clair du maquillage de spectacle.
Pardon.
Oui, Marshall ? Ouais, il s 'appelle Yvan Croce. Il est directeur du cirque
même nom et il est clown.
Oh, impressionnant. Et d 'où vous sortez ça ? Bah, association d 'idées.
Tout à l 'heure, en arrivant sur la scène de crime, j 'ai vu un chapiteau à
'entrée du village.
D 'après les constates, la paille dans les chaussures et le maquillage blanc...
C 'est parfait.
Alors, c 'était ça, le truc à vérifier ? Voilà, c 'est ça.
Paul ?
Tu n 'oublies pas que Thomas a un match de basket cet après -midi. Je tiens
absolument à ce que tu sois là.
Non, non, non, c 'est bon.
Non, ça va, je n 'oublie pas. Écoute, vas -y tout de suite. On s 'occupe de la
veute, aidez -moi. Oui, commandant.
Ah oui, en fait, tu n 'as pas oublié que tu avais les enfants ce soir.
Bien, mon commandant. Oui, d 'accord.
Ne t 'inquiète pas,
ça va aller.
Moi aussi, au début, ça m 'a fait bizarre.
Mais après, on s 'y habitue.
Mais toi, c 'est pas pareil. Tu étais toute petite quand ils ont divorcé tes
parents. Du coup, tu les as presque pas connus ensemble.
Oui, c 'est vrai.
Alors moi, c 'est le contraire. Du coup, de les voir, maintenant, séparés...
Oui, mais t 'es pas la seule à qui ça arrive.
Regarde sur Internet.
45 % des mariages finissent par un divorce.
Ouais. En plus, 1 sur 3, c 'est à cause d 'une tromperie.
Comme mes parents.
Ton père a trompé ta mère ? Ouais.
Allez voir ce qu 'il t 'est passé là -bas. Moi, je vais interroger la femme
la victime. Oui, commandant Soler.
Merci, Vernet.
Excusez -moi, je cherche madame Lydia Kraus. Allez, l 'écoute, chapiteau.
Merci.
Lydia Kraus, commandant Soler.
Oui, bonjour.
Je suis déballée pour votre mari.
Qu 'est -ce qui a pu se passer ? Comment il a pu tomber dans la rivière ? C 'est
pour ça que je suis là.
Pour essayer de faire toute la lumière sur les circonstances de son décès.
Il s 'est suicidé, c 'est ça ? C 'est ce qui vous fait dire ça ? Notre
collègue a dit qu 'il était dans la rivière et il s 'est jeté du pont.
On n 'aurait jamais dû revenir ici.
Jamais.
Jamais.
Comment pas revenir ici ? Maman ?
Maman. Maman.
M. le commandant Léa Solaire.
Isabelle Acros.
Maman, reste pas là.
Je crois qu 'elle a besoin de toi. Oui, je comprends parfaitement.
Et vos témoignages à toutes les deux sont très importants pour l 'enquête.
L 'enquête ? Quelle enquête ? Il semblerait que votre mari ne peut pas
suicidé. Mais qu 'on l 'ait à sa tenue.
C 'est pas possible.
Quand l 'aviez -vous vu pour la dernière fois ? Hier soir, vers 23h, quand il
est parti pour la balade.
Il avait l 'habitude de faire un tour après le spectacle, histoire de faire
retomber la pression.
Et vous ne vous êtes pas inquiétée de ne pas le voir revenir ? Non.
Non, j 'ai dormi dans ma caravane. On a... On avait chacun notre espace.
Vous n 'avez rien remarqué ces derniers temps ? Non.
Non, rien du tout.
Et vous, Isabella ? Moi ? Non.
Vous comptez mieux, M. Croce ? Venez, on va se mettre un petit peu au calme.
Merci.
Qu 'est -ce qui s 'est passé exactement, M. Croce ? Je ne sais pas.
Vous avez bien vos souvenirs ? C 'est pas... C 'est pas... C 'est pas... Vous
avez bu depuis ce matin, là, en fait ? Oui.
C 'est lui qui a foutu le feu à la caravane. Avec ça. C 'est une torche de
jongleur.
C 'est moi.
C 'est de la famille.
Le bon à rien.
Il n 'a pas su faire des glaçons.
Ça doit être très compliqué pour la perquise.
Pourquoi c 'est pas la caravane de... Si, si, il a brûlé la caravane de la
victime.
Oui maman, il a assuré.
Il a même mis le dernier panier d 'essai. Oh génial, bravo ! Yes ! Ouais,
et franchement, elle était impressionnée, c 'était top.
Oh, je suis trop fière de lui.
Bravo ! Je vous aime. Bon allez, bisoument, je vais bosser, à plus.
bien. À demain, mon chéri. Tu vas bosser ou tu vas te chater ? Alice, s 'il te
plaît, arrête un peu.
Bon, tu viens de la débarrasser. Oui, comme à la maison, mon chéri. Léa, Léa,
Léa. Xavier Croce, des nouvelles ? On l 'a placée en cellule de dégrisement. J
'interrogerai demain.
J 'aimerais bien que tu creuses du côté d 'Isabella, la sœur.
Mais surtout, tu ne l 'interroges pas devant sa mère. Sinon, elle ne te dira
rien. Bien, mon commandant.
Arrête, t 'es relou avec ça.
Bisous, maman.
Bisous, mon ange. Bisous.
Bye. Bonne nuit, Paul.
Vous vous disputez plus trop avec maman, on dirait.
Ouais, non, c 'est bien.
C 'est bien, c 'est mieux.
Oh, je te dis ça parce qu 'en fait, je comprends pas pourquoi vous vous êtes
séparés.
C 'est vrai, vous êtes hyper complices.
Oui, mais après, être en couple, c 'est différent.
Ça a pas marché, c 'est pas grave.
Est -ce que t 'as trompé maman ? Pardon ? Non, parce que la plupart du temps,
quand un couple se sépare, c 'est parce qu 'il y a eu une histoire de tromperie.
Ah, d 'accord.
Ah oui, alors c 'est forcément le mec qui est infidèle pour toi, c 'est ça ?
Mais non, c 'est pas ça. Mais bon, connaissant maman... Et me connaissant,
Merci, ça fait plaisir.
C 'est pas ça, mais... Non, y a rien de tout ça.
Et puis, je crois que ça te regarde pas, Alice.
C 'est mon histoire avec maman.
Je ne suis pas d 'accord avec toi.
Ça a impacté sur notre vie, donc on a le droit de savoir pour comprendre.
Du moins, au moins, les grandes lignes.
On s 'est rencontrés très jeunes avec maman.
Et puis avec le temps, voilà, nos chemins se sont séparés.
Ça, c 'est des clichés.
Moi, ce que je veux savoir, c 'est la vraie raison.
C
'est
une tradition chez nous.
On brûle la caravane des morts.
Oui, je sais, autrefois, ça évitait les épidémies.
Que faisiez -vous mardi soir entre 23h et 1h du matin ? J 'étais dans ma
caravane. Je regardais la télé.
Ce sont bien vos affaires personnelles ? Un bracelet en cuir ? Un téléphone ?
Un porte -carte métallique ? Oui.
Si vous étiez dans votre caravane à Marsac, mardi soir, entre 23h et 1h du
matin, comment expliquez -vous ce ticket de carte bleue dans un bar à
Montpellier à minuit 44 ? C 'est...
Vous ne pouvez pas comprendre.
Ah si, si, je peux tout comprendre.
Mais il faut juste mettre ce ticket.
Dans ma famille, le cirque, ce n 'est pas une option.
C 'est une obligation.
Va faire votre appétit, c 'est ce que mon père a décidé.
Et pour moi c 'est pareil.
Qu 'est -ce que vous voulez dire par là ? Un de mes potes veut ouvrir un club à
Montpellier. Il cherche un associé.
J 'avais rendez -vous avec lui après le spectacle.
Donc vous vouliez arrêter le cercle.
Votre père était au courant ? Je sais pas.
Peut -être.
Il était bizarre depuis un moment.
Vous direz rien à ma mère ? Euh... C 'est pas vraiment mon rôle, Xavier.
Par contre, vous pourriez lui en parler, une mère peut tout comprendre.
Comprendre quoi ? Que j 'allais les quitter ? Les abandonner ? Ma mère a
déjà perdu un fils, vous savez.
Comment ça, un fils ? Vous aviez un frère ? Il est mort il y a dix ans.
Dans quelles circonstances ? Oui.
Immédiatement, il n 'a rien fait.
Vous n 'avez pas le droit. Je n 'ai pas porté plainte. Si on veut brûler la
caravane, on la brûle. Calmez -vous, madame Croce. Non, je ne calmerai pas. C
'est la seconde fois que je vous le demande, madame Croce. Vous restez
Vous restez calme et tout se passera bien. Madame Croce, il vous arrive.
Vous nous soupçonnez.
Vous n 'interrogez que les gens du cirque, pas les gens du village.
Qu 'est -ce que vous croyez que...
C 'est parce qu 'on est sur les routes, on est des sauvages.
Bon, ça tue entre nous, c 'est ça ? Non.
C 'est pas du tout ma vision des choses.
Yvan et moi, on a fondé ce cirque il y a plus de 30 ans.
Cette compagnie, c 'est notre famille.
Yvan a engagé et formé chaque personne qui travaille au cirque Croce.
Et aujourd 'hui, ils sont tous orphelins.
Je comprends.
Xavier vient de m 'apprendre que vous aviez perdu un fils il y a dix ans à
Marsac.
C 'est ma faute.
Quel qu 'est votre faute ? On a évité le village pendant dix ans.
À chaque tournée, on faisait un détour.
C 'est la première fois qu 'on a replanté le chapiteau à cet endroit
ans.
Ils m 'ont été contre.
C 'est moi qui voulais. Je voulais conjurer le sort. Je voulais qu 'il
son chagrin.
Que la vie continue.
Mais c 'est ma faute.
Ils avaient chacun leur caravane ? C 'est bizarre ça ! Madame Croce a dit que
son mari avait besoin de s 'isoler pour préparer ses numéros.
Oh, la bonne excuse ! Vous savez, de nos jours, il y a de plus en plus de
couples qui choisissent de ne pas vivre sous le même toit. C 'est aussi ça la
modernité. Eh ben alors je dois être old school, parce que pour moi, un couple
qui fait chambre à part, c 'est qu 'il y a un loup.
Venez regarder ça.
Hein ? C 'est vraiment Yanis Cross.
C 'est ce qu 'ils ont perdu.
Viens voir ce que j 'ai trouvé.
C 'est quoi ? Je ne sais pas si c 'est lisible, mais en tout cas, c 'était bien
planqué sous le lit.
Il fait quoi ? On interroge sa femme ? Oui.
Mon lévi, il n 'est pas au courant.
Patonnez -moi, je vais les envoyer au labo. Ils vont nous faire parler tout
Qu 'est -ce que tu veux faire avec un papier calciné ? J 'ai fait un stage à l
'Atlantique. Je les ai vus faire, c 'est des magiciens en restauration.
Sérieux ? Ouais.
Ok, si tu veux, vas -y.
Je suis désolée de vous avoir dérogé, monsieur le maire, mais vous êtes le
placé pour répondre à la question.
Pas de problème.
Je m 'attendais à votre convocation.
De toute façon, je serais venu de moi -même vous alerter.
Cette coïncidence est quand même troublante.
Oui, c 'est le moins qu 'on puisse dire.
Les Krauts plantent leur chapiteau. Il y a dix ans, à Marsac, ils perdent un
fils. Ils reviennent dix ans plus tard et c 'est au tour du père.
Alors, évidemment, comme je ne suis pas superstitieuse, je cherche des
explications à tout ça. Vous savez, parfois, la vie est faite de hasards
tragiques. Oui, comme cette coulée de boue qui a emporté Yanis.
Les ficelles et les trousses.
Il n 'a pas été la seule victime, malheureusement.
C 'est vraiment un épisode tragique de l 'histoire de notre commune.
J 'en ai perdu le sommeil pendant des années.
Qu 'est -ce qui s 'est passé exactement ? Le printemps avait été pluvieux, donc
les sols gorgés, le niveau de la rivière élevé. Enfin, pas non plus au niveau de
nature à nous alerter.
Oui, d 'autant que le barrage de Vintyre protégeait le village en amont, c 'est
bien ça ? Mais ce soir -là, ça a été un véritable déluge.
Le niveau de la rivière est monté, le barrage a cédé, le torrent a tout
sur son passage.
Neuf personnes ont perdu la vie, dont Yanis Kroos.
Ils ne sont plus revenus au village pendant des années.
Oui. C 'est pour ça que j 'ai été surpris quand j 'ai appris que M. Kroos
désirait revenir au village.
Dis -moi, M. le maire, est -ce que vous pourriez nous indiquer l 'endroit précis
où le corps de Yanis a été retrouvé à l 'époque ? Oui, bien sûr.
Yvan Kraus était un patron très aimé, un véritable père pour tous, mais il était
connu pour avoir un caractère un peu difficile.
Mais c 'est un peu tabou.
Personne ne voulait dire de mal de lui au cirque. Oui, j 'ai l 'impression que
ses employés essuyaient ses coups de gueule sans moufter.
Et j 'ai autre chose.
Je suis tombée sur un retrait en liquide très suspect.
Sur le compte de la victime ? Oui.
Une semaine avant le meurtre, Ivan Kraus a retiré 5000 euros en casse.
Mais personne n 'était au courant.
Même pas sa femme. Et on n 'a retrouvé l 'argent nulle part.
Ok, Camille, vous creusez là -dessus. C 'est du bon boulot, bravo.
Il faut aller plus loin sur les circonstances de la mort de Yanis Kraus.
Erwan, vous allez vous rendre sur place avec le maire ? Il est vérifié un petit
truc pour moi.
Oui, mon commandant.
Eric, faites des recherches sur cette histoire de barrage. Il nous faudrait le
rapport d 'enquête, les diagnostics techniques, et puis vérifiez s 'il n 'y
pas eu des failles au niveau de la sécurité.
Seul ? Pourquoi, vous voulez que je vous tienne la main ? Non, mais sauf votre
respect, mon commandant, je pense que je serai meilleur sur le terrain.
Et puis le bellac, il est fort en paperasse.
C 'est vrai, ça, le bellac, vous êtes très fort en paperasse.
Eh bien, écoutez, c 'est parfait, vous allez pouvoir vous améliorer.
Allez, tout le monde au boulot.
Qu 'est -ce que tu fais là ? Tu vas t 'en prendre ? Il est hors de question
tu fasses ton numéro ce soir Isabella, pas dans l 'état hôtel.
Alors qu 'est -ce qu 'on fait ? On annule toutes les représentations et on
le cirque ? On va tous jouer pour ton père ce soir, mais ton frère et toi vous
êtes en deuil et tout le monde comprendra.
D 'accord ?
C 'est hors de question.
Je serai là -haut ce soir.
Bonjour.
Capitaine Marshall.
Quelques questions à vous poser.
Pour quoi faire ? Et mon frère ? Mes collègues ont vérifié son alibi, il va
relâché. Tant mieux.
Je me demande si vous réalisez ce qu 'on est en train de vivre.
Non, attendez, moi j 'essaye juste de comprendre votre père, pour trouver qui
lui a fait ça.
D 'ailleurs, à ce propos, dites -moi, vous avez rien trouvé d 'anormal ces
derniers temps ? S 'il était agité ou s 'il avait un conflit avec quelqu 'un ?
Je vous fais pas confiance.
D 'accord, je comprends.
On se connaît pas.
Mais croyez -le ou non, je suis plutôt pas mauvais dans mon boulot.
Ça vous dérange pas que le meurtrier de votre père soit toujours en liberté ?
C 'est
quand même une sacrée
responsabilité.
Moi, ça me ferait flipper.
On confie toujours la langage des membres de la famille.
C 'est quand Xavier et moi qu 'il y a la confiance.
Faire confiance en son frère, ça je peux comprendre, mais vous vous êtes
monteur, non ? C
'est arrivé quand, ça ? Il y a quatre mois, à
Lille. Une femelle m 'a chopé le bras.
Je pleuvais des cordes et les tigres sont toujours très nerveux dans ces
Vous êtes quand même obligé de faire votre numéro ? Qu 'est -ce que vous
? Le spectacle avant tout.
Les risques font partie de ce métier.
Si vous commencez à avoir peur, c 'est pas la peine de continuer.
C 'est là, juste en bas, sur le rocher, qu 'on a découvert le corps du jeune
Yanis Kroos après les inondations.
C 'était terrible.
La famille est arrivée avant qu 'on ait eu le temps d 'évacuer le corps.
Je me souviendrai toujours du cri qui a poussé la mer.
Oui, commandant Stoller ? Je crois que vous aviez raison, ça a dû se passer
Oui. Vous m 'envoyez une équipe pour faire les relevés ? Très bien, merci.
Monsieur le maire, je vais vous demander de bien vouloir vous reculer, vous êtes
sur une scène de crime.
Bien sûr.
Les techniciens ont trouvé l 'ADN d 'Ivan Crote sur le pont.
Ce qui voudrait dire qu 'il a été tué, puis poussé du pont pour tomber au même
endroit où on a retrouvé son fils mort il y a dix ans.
Donc le père avait rendez -vous avec le meurtrier au même endroit dix ans plus
tard pour se venger.
Ici, on avait profité des inondations pour assassiner Yanis et le faire passer
pour une des victimes de la catastrophe.
Le crime parfait, en somme.
La famille ne revient plus pendant X temps, histoire d 'oublier le drame, en
tout cas d 'essayer.
Dix ans plus tard, elle décide de revenir, histoire d 'exorciser, et là...
peut supposer que de revenir sur les lieux a déclenché, a fait surgir quelque
chose.
Un détail qui aurait trahi une meurtrière.
Dis -moi, Léa.
Quand la famille Gross est venue tout à l 'heure chercher Lydia, il y avait
Isabella, Xavier et le docteur de tir, la Manzoni.
Oui.
Il n 'y a rien qui t 'interpelle.
Manzoni.
C 'est vrai qu 'il a l 'air d 'avoir pris une place importante dans la
Une sorte de fils de substitution.
J 'ai envie de creuser de ce côté -là.
Et pour Isabella, toujours rien ? Ah ouais, non, rien, non, j 'arrive à rien
avec elle. Non, non, je crois que je vais te passer la main.
Je suis déçue.
Franchement, Paul, je te croyais plus performant.
Léa ? Oui ? Je voulais te dire... Tu sais, quand t 'as débarqué du jour au
lendemain à la brigade... Oui ? J 'ai un petit peu râlé au départ.
Non. Non, mais si, si. J 'ai même traîné des pieds, j 'ai pas été très positif.
Non. Non, mais si. C 'est vrai, j 'ai même fait de l 'anti -jeu parfois.
Mais non. Non, mais si.
C 'est vrai.
Finalement, je me rends compte que ça se passe pas si mal, tous les deux.
Là. Il s 'est fait, je veux dire, ici.
Ah ! Voilà.
Tout.
Voilà.
La porte ?
Alors, t 'en es où ? Qu 'est -ce que t 'as foutu ? T 'as pas fini.
Les rapports d 'expertise du barrage de Vintille depuis 30 ans.
Les rapports d 'assurance, les jugements rendus suite à la catastrophe.
On a 20 cartons.
Si vous avez rien à faire, surtout n 'hésitez pas.
Bon, Camille, tu prends lequel ? Isabella, nous avons toutes
les deux que vous n 'avez pas tout dit.
Je vois pas de quoi vous voulez parler.
J 'en faisais souvent, moi aussi.
Surtout quand mes parents se disputaient.
L 'eczéma est très psychosomatique, vous savez.
De ne rien dire vous ronge de l 'intérieur, Isabella.
Et si vous cherchez à protéger quelqu 'un, sachez que ça ne sert à rien.
Le seul alibi de mon zonier, c 'est d 'avoir passé la nuit avec vous.
Alors, si vous nous mentez, ça ne tiendra pas longtemps.
Personne ne vous l 'a dit parce que Léonard fait partie de la famille.
Avec mon père, ils ont eu une violente dispute il y a quelques jours.
Mais il ne l 'a pas tué.
J 'en suis absolument certaine.
Pourquoi ils étaient en conflit ? Léonard se plaignait que mon père lui
prendre trop de risques.
Après son accident, il ne l 'a pas du tout ménagé.
Il lui disait toujours qu 'il était à la place de Yannis.
Comment pas ? Mon frère avait commencé à travailler avec les fauves quand il est
mort.
C 'était lui qui devait devenir donateur.
Après son décès, mon père a confié le dressage à Léonard.
Avant, Léonard était seul en soigneur. Et alors, je vois pas le problème.
Les soigneurs sont les petites mains, ça arrive jamais qu 'ils puissent devenir
donateurs.
Léonard avait une chance inouïe, en fait.
Alors dès qu 'il faisait pas ce qu 'il voulait, mon père se mettait en colère.
Il lui disait qu 'il méritait pas d 'être à cette place.
Que Yanis, il aurait eu le courage, lui.
Yanis, il avait l 'étoffe, lui.
Et c 'est pour ça qu 'ils se sont disputés ? Non, c 'est parce que mon
disait que les tigres étaient trop amorphes ces derniers temps et que c
mauvais pour le spectacle.
Il a même menacé de faire venir un vélo pour les examiner.
Léonard a explosé.
Et ils se sont empoignés.
Enfin une interpellation.
C 'est que de la paperasse en ce moment. J 'ai l 'impression que le commandant
de solaire me trouve doué pour ça.
Ah non, mais ça fait partie du métier, la paperasse, hein, lieutenant ? Ouais.
Dites -moi si je me trompe, mais j 'ai l 'impression que ces derniers temps,
vous vous clashez moins avec la commandante.
Pardon ? Bah, vous vous clashez plus trop, non ? Ouais, ouais. Si on s
mieux, c 'est parce que... elle est de plus en plus souvent d 'accord avec moi.
Ouais.
Tiens, est -ce que tu peux commencer à chercher le matos, s 'il te plaît ? On
monter la caisse politique.
C 'est lui qui avait été désigné par son père pour être dompteur, pas vous.
Votre père travaillait au montage du chapiteau. Il est mort quand vous aviez
ans, alors Croce vous a gardé. Et vous êtes devenu soigneur pour les fauves.
sorte d 'écuyer, quoi.
Mais le chevalier, c 'était Yanis. Et vous, vous rêviez d 'autre chose. Vous
rêviez de faire comme lui.
De vous mesurer au tigre.
C 'est pas lui.
Pardon ? C 'est pas lui. Cet homme n 'est pas le meurtrier.
Attention, commandant. On dirait Marshall tout craché, là.
Vous seriez pas en train de vous laisser contaminer ?
Yanis Cross avait très exactement le même âge que vous.
C 'est vrai, je l 'enviens.
Il avait tout.
Une famille merveilleuse.
Un destin parfait, devenir docteur, vivre au milieu des fous, alors que
Alors vous avez tué Yanis Cross il y a dix ans pour prendre sa place auprès d
'Ivan. Vous avez même réussi à devenir son fils en séduisant Isabella.
Mais Ivan a découvert la vérité un jour.
Et vous n 'avez pas supporté le père dans tout ça, alors vous l 'avez tué
N 'importe quoi, vous en ventez tout ça.
Vous étiez où mardi soir entre 23h et 1h du matin ? Non, non, vous étiez où
mardi soir ? C 'est pas ce que vous croyez. Vous étiez où ?
Putain.
Depuis ça, pour moi, c 'est un supplice de rentrer dans la cage et les tigres le
sentent.
Ça devenait trop dangereux pour moi, là.
Il y a deux mois, j 'ai commencé à aller droguer.
Yvan avait des doutes.
C 'est pour ça qu 'on s 'est engueulés, mais je vous jure que je l 'ai pas tué.
Vous pouvez vérifier, j 'étais avec le type qui me vend les produits.
Je te montre.
On va arrêter tout ça, j 'en peux plus.
Rien n 'est jamais définitif, Léonard.
Vous avez subi un traumatisme.
Règle numéro un avec les femmes, ne jamais penser à leur place.
Comme toujours.
Non mais c 'est un boulot de fourmi là, on n 'aura jamais fini avant demain
matin. Mais si.
Bah non, me dis pas que t 'aimes faire ça.
Ça me dérange pas moi.
Et toi les trucs chiants de saçon tu kiffes.
C 'est pour ça que j 'aime bien bosser avec toi.
On continue de passer la nuit ou quoi ? Ouais, en boulot administratif y 'a pas
moyen. Sauf mère peut -être non ?
Parce que la propriété de Michel Huard, elle est quand même pas mal. Ah bon ?
Oui, elle raccompagne la dernière fois.
Elle a une maison de malade sur les hauteurs.
Donc sans tuer au milieu des vignes.
Sérieux ? Bah oui.
Je vous laisse.
Bonne soirée.
J 'ai un petit truc à vérifier.
Quoi ? C 'est chaud pour un saison, hein ? Ouais.
La résine sera beau encore cette année.
Excusez -moi, je peux avoir un verre de blanc, s 'il vous plaît ? Dites, je
cherche à investir dans le coin et je me demandais si la grande maison en haut
du coteau était à vendre.
La vue doit être magnifique.
Pour ça, imprenable.
Seulement, vous ne pourrez pas l 'acheter.
C 'est la maison du maire.
C 'est pas... C 'est un peu cossu, non, pour le maire d 'un si petit village ?
Merci.
Et c 'est quoi, c 'est un bien de famille, un héritage ? Ah non, pensez
Michel, il vient d 'une famille très pauvre.
Celui -là, il y a un brave moment que je le connais.
Depuis la classe élémentaire.
Non, non, c 'était une ruine et c 'est lui qui a tout fait rénover.
C 'est récent, alors.
Oui, ça fait quand même une bonne quinzaine d 'années.
Mais c 'est le chantier qui a duré longtemps.
C 'est juste avant les inondations ? Bien avant, bien avant.
Dites, vous savez qu 'il y a eu des morts ici ?
Le barrage a rompu. C 'était une véritable catastrophe.
Il y a eu neuf morts.
Neuf morts dans deux ans. Vous vous rendez compte ? Mais comment un barrage
rompre ? Il n 'y a pas de contrôle ? Surtout, ne parlez pas trop de ça ici.
D 'ailleurs, il y a la fille de Joseph.
Joseph, c 'est celui qui est mort avec son chien.
Elle aurait voulu porter plainte. Seulement, il fallait qu 'elle paye un
Elle s 'est rendue compte qu 'elle ne pouvait pas.
Et comme les autres, c 'est une famille entière. Des campeurs.
Alors ceux -là, ils sont tous morts. Vous pensez bien que personne ne pose
questions ici.
Mais quand même, c 'est pas normal moi je dis.
Ça je suis d 'accord avec vous, c 'est pas normal.
C 'est bon, les pizzas, c 'est des sucres lents. Oui, mais pour la énième
moi, je suis allergique au gluten.
Ah bon ? Ah, c 'était pas une blague ? Attendez, je crois que j 'ai un truc,
Vas -y, balance.
Depuis tout à l 'heure, j 'avais l 'impression de lire toujours la même
Je sais pourquoi, en fait.
Les rapports sont quasiment identiques d 'année en année.
Ils ont photocopié tous les dossiers. Ils rendaient toujours le même rapport
ils faisaient même plus le contrôle.
Ben, bravo.
Balèze.
Est -ce que vous pensez que je comprenais rien de ce que je disais, c
Tu veux du feu ? Thomas, fais attention, tu ressembles de plus en plus à ton
père.
Promis -moi de ne jamais commencer la cigarette, c 'est un enfer.
Maman, je n 'ai pas les moyens.
Très bien, pendant six mois, pas d 'argent de poche.
Quoi ? Mais je plaisante.
Bon, t 'as déjà fait les identités remarquables ? Maman, on a fait ça au
collège.
Ah ouais, quand même.
Waouh, peut -être pas de plus en plus toi, non ? Bon, ok, tu sais quoi, laisse
tomber par contre.
Je vais réfléchir. Il faut me laisser le temps de me remettre dans le bain. Le
laisser, ce n 'était pas hier.
Alors, déterminer une équation... Pourquoi vous êtes quitté avec papa ? De
tangente T.
Je ne sais plus.
Mais c 'est toi qui l 'as quitté ? Oui.
Donc, tu dois bien savoir pourquoi.
C 'est l 'histoire de grands dommages.
Tu sais que j 'ai quand même 16 ans.
Ah, ça, ce n 'est pas faux.
C 'est des histoires d 'adultes.
Voilà.
Pourquoi tu me demandes ça ? Parce qu 'on n 'a jamais parlé ensemble.
Puis vous avez l 'air de vous aimer.
Ça veut dire que t 'as mis ça dans la tête, hein ? Non.
S 'aimer et vivre ensemble, c 'est pas la même chose, Thomas.
Ok, donc t 'es en train de me dire qu 'en fait vous vous aimez toujours.
Bah oui, évidemment, mais non ! Non ! C 'est pas ce que je veux dire, c 'est...
On s 'apprécie.
Voilà.
Et puis tu sais, l 'arrivée des enfants dans un couple, c 'est jamais facile.
Donc en fait, c 'est notre faute.
Mais pas du tout. Mais enfin, qui sait que t 'aies dit ça ? J 'ai jamais dit
moi. Mais non, c 'est pas ce que j 'ai voulu dire.
À un moment, on avait plus la même vision des choses.
Et tu sais ce qui compte, Thomas ? C 'est ce qui se passe aujourd 'hui.
On est plus heureux comme ça, on a trouvé un équilibre.
Tu comprends ?
Vous parlez de quoi ? De rien.
D 'accord.
Bon, on est là.
Je crois que vous attendiez un rapport de la police scientifique.
Ouais. Merci.
Camille, on a le rapport.
Eric, c 'est les documents brûlés qui viennent de la caravane.
C 'est quoi ce cher à bien, là ? Je vais voir.
Regarde là.
SO Hydro et là, confidentiel.
Marcel avait raison.
Wow.
Merci. Yvan Croce était en possession d 'un dossier confidentiel de la SO Hydro.
Des pièces sensibles qu 'il a négociées très cher.
Il a tendu de payer à l 'intermédiaire avec les 5000 euros en liquide disparus
de son compte. Il y avait quoi dans vos yeux ? La SO Hydro, c 'est l 'entreprise
qui est chargée de faire le contrôle technique du barrage.
Et d 'après ses rapports, des micro -fissures avaient déjà été signalées 5
avant la catastrophe. Et pourtant, ensuite, tous les rapports officiels
concluent à une installation parfaitement aux normes de sécurité.
Les documents sont quasiment les mêmes chaque année.
La SO Hydro ne contrôle plus le barrage.
Alors qu 'elle est payée à prix d 'or par la commune pour le faire.
L 'argent va dans la poche du maire ainsi que dans celle du patron de la SO
Hydro et la propriété grandiose prend forme.
On a notre mobile.
Reste à savoir comment Cross a eu ce dossier.
Et surtout qui était au courant.
Eric, repassez avec Camille les fadettes d 'Ivan Cross aux alentours de la date
de ce fameux retrait.
Vous les recoupez avec celles des anciens employés de la SO Hydro.
Et nous aurons cet informateur.
Désolé de vous interrompre, Léa.
Colonel. J 'aimerais vous voir, Marshal.
Maintenant ? Oui.
Marshal, j 'ai une bonne nouvelle pour vous.
Votre demande de mutation va bientôt passer en commission.
Ah bon, déjà ? Oui, je sais que ça a traîné un peu, mais bon, vous êtes
vous prenez sur vous, ça va finir par payer.
J 'ai appuyé votre dossier, tout le monde a très bien compris que votre
situation était très pénible.
Être aux ordres de son ex -femme, je pense que tout un chacun peut facilement
représenter que c 'est l 'enfer.
En tout cas, je vous tiens informé.
Ça va ? Vous n 'êtes pas allé enchanter ? Ah non, non, si, si, ça va, bien sûr,
merci.
Yvan Kraut est en possession du dossier qui va lui permettre de rendre justice à
son fils, sauf qu 'il se rend compte de quelque chose.
Quoi ? Il y a prescription.
Oui, c 'est ça, il y a prescription. Plus de dix ans après les faits, il n
'obtiendra jamais justice.
Alors il convoque le maire.
Il menace de révéler ses magouilles au public.
Il lui donne rendez -vous sur le pont.
Bien, exactement où Yanis a été retrouvé il y a dix ans. Comment j 'ai trouvé ?
Je fais comme vous m 'avez dit, je croisais les listes et il y a un nom qui
sorti. Nicolas Vigan.
Plusieurs appels sur le téléphone de Croce la semaine avant sa mort.
Employé de la ville et employé à la SO Hydro de 2000 à 2007.
C 'est lui l 'informateur de Croce. Très bien, vous le convoquez, vous l
'interrogez avec Erwann. Nous, on s 'occupe de M. Lua.
Non, il n 'est pas là.
Vous savez vraiment pas où on peut le trouver ? Mais vous ne comprenez pas, je
ne sais pas où il est.
Il n 'est pas à la mairie, je n 'ai pas de nouvelles de lui depuis ce matin.
Je suis très inquiète.
Michel a l 'air perdu depuis quelques jours.
Il n 'arrive plus à dormir.
Je l 'ai même vu pleurer.
Vous allez le retrouver, hein ?
Oui, c 'est vrai.
Il m 'a donné 5000 euros en cash.
C 'était quoi le deal ? Quand Ivan Kraus est arrivé il y a trois semaines avec
son cirque, il est allé dans un restaurant avec sa famille. Et il est
monsieur le maire qui déjeunait avec son beau -frère.
Le PDG d 'un gros groupe de BTP.
Parmi ses filiales, la SO Hydro.
Et Kraus le connaissait ? Il se rappelait de son visage.
Il avait vu pendant le procès qui a abouti à un non -lieu malgré la colère
familles.
Pour cause, quelque part, c 'était le type qui avait tué son fils.
Donc de le voir aussi proche de monsieur le maire, ça lui a fait un choc.
Inaccompli.
Il est venu à la mairie pour gueuler.
Je travaille à la direction des services techniques, j 'ai tout entendu.
Je ne suis pas intervenu, mais je lui ai donné un rendez -vous plus discret en
dehors du village.
Et vous l 'avez tout balancé.
Que la SO Hydro avait abandonné les contrôles techniques depuis des années
le barrage a cédé.
Tout ça pour surfacturer la prestation de contrôle et détourner les fonds, c
'est ça ? C 'était fait grossièrement.
La société qui a rénové la villa du maire est une filiale du même groupe.
Cross a voulu des preuves pour les faire tomber.
C 'est là que vous intervenez.
À l 'époque, j 'ai gardé certains documents accablants.
Je me suis dit, on ne sait jamais.
Mais ça n 'a jamais intéressé personne.
Cross, oui.
Alors je lui ai tout donné.
J 'étais content de faire sortant.
Et content d 'empocher 5 000 euros en liquide, de se perdre et d 'espérer. Les
autres se sont bien gavés d 'argent sur le dos d 'innocents.
Je peux bien en gagner un peu en révélant la vérité. Oui, bien sûr, je
vous êtes à la limite de recevoir la Légion d 'honneur, là.
Bon, c 'est ce que vous voulez.
En tout cas, quand j 'ai su qu 'il avait été assassiné, je me suis douté que c
'était à cause de ça, alors... J 'ai photocopié tous les documents et je les
envoyés au cirque.
À sa veuve. Allez, tiens, crotte.
Quand ça ? J 'ai tout posté il y a deux jours, ça a dû arriver.
Merde.
Où est -ce qu 'il peut être ? Je sais rien.
Vous pensez qu 'il a fait une connerie ? Ah, ah, pardon.
Oui, Camille ? Ah, merde.
Vous avez prévenu Marshall ? Bon, OK, j 'y vais.
Bon, vous restez avec Mme Muard, on sait jamais. Moi, je dois aller au cirque.
OK, OK.
Retourne. Aidez -moi, elle est forte. Lydia, Lydia, faites pas ça, faites pas
ça. Pourquoi je le ferais pas ? Il a tué mon fils et mon mari !
Vous avez encore des enfants. Ils ont besoin de vous. Non.
Ils sont grands.
Je vais finir le boulot.
Lydia, calmez -vous.
On peut discuter.
Vous n 'embrassez pas.
Vous n 'embrassez pas.
Je vais les buter.
Pardon.
J 'ai fait une terrible erreur. Mais il fallait y poser un mot.
Vous avez causé la mort de tous les gens, de ces enfants, tout ça pour de l
'argent. Jamais, je n 'aurais pensé que ce barrage pouvait rompre. Je croyais
que des contrôles par terre variaient.
J 'étais fou.
Je suis allé au rendez -vous sous le pont où il était là. Il m 'attendait.
J 'ai voulu lui donner de l 'argent.
Pour qu 'il se taise, il n 'a rien voulu entendre. Il voulait me tuer.
Mais c 'est tout ce que tu m 'as fait.
Lydia, Lydia, Lydia.
On a toutes les preuves nécessaires.
Il n 'échappera pas à la prison.
Allez, c 'est fini.
C 'est fini.
Allez Lydia, c 'est fini.
Coucou maman, c 'est nous.
Allume -moi.
Coucou. Ça va ? Oui, salut mon ange.
Bisous, moi, non ? À plus, papa.
Au revoir, ma puce.
Ciao, mon grand. Bon week -end.
Bon week -end.
Bon week -end, Paul.
Tu veux boire quelque chose ? Comment ? Tu veux boire quelque chose ? Ah ouais,
ouais, plaisir.
Je t 'en prie, à cette fois.
Merci.
C 'est bien.
Ouais, ouais.
Euh, nous ? Notre collaborateur.
Il y a un truc qui me chiffonne depuis quelques temps.
Oui ? Bon, je sais rien de... Mais... Mais je crois que j 'ai des trous de
mémoire.
Et tu te demandes pourquoi on a divorcé, c 'est ça ?
Alors figure -toi que moi aussi, j 'y pense de temps en temps. C 'est vrai ?
Alors j 'y ai réfléchi.
Et ? Et en fait, je crois que quand les enfants sont arrivés... Ah ouais, non, c
'est clair.
Pour moi, la paternité, ça a vraiment pas été évident.
Ouais, c 'est le moins qu 'on peut dire. Non mais c 'est vrai, parce qu 'en
plus, t 'as toujours été un peu Lyon comme ça.
Ou Louvre, tu vois ? Ou un peu les deux d 'ailleurs, je sais pas.
Et du coup, j 'avais... J 'ai manqué de temps, je crois.
De temps ? Ouais.
Ah, mais pourtant, je t 'aurais mis du temps pour l 'art.
Ouais, non, mais d 'espace aussi, en fait.
Dépasse. Bah ouais, ouais.
Tu vois, il faut toujours faire à ta façon. C 'est jamais assez bien pour
trouver sa place de père. C 'est pas évident, quoi. Bah oui, en même temps, c
'est tellement facile.
Rejeter la faute sur les autres. Mais non, c 'est vrai. Non, mais excuse -moi.
Mais c 'est vrai qu 'il faut toujours tout faire à ta manière.
C 'est jamais assez bien.
Ou c 'est trop ceci, ou c 'est pas assez cela. Oui, en fait, t 'es en train de
dire... Tu corriges, c 'est ça ? Non. Si, c 'est ce que t 'es en train de
Paul. Mais évidemment.
Eh ben, prends -la à ta place.
Alors ? Vas -y, prends -la.
Mais je... Tu crois pas que j 'en ai marre de penser pour deux, moi, toujours
Pardon ? Mais tu oublies toujours tout ! Qu 'est -ce que j 'oublie ? Le dossier
d 'évaluation de Thomas, les affaires de sport de Thomas, le sac de gym de ta
fille, les places de concert de ton fils ! Il attendait depuis six mois, quand
même ! Eh ben oui, pourquoi pas, mais même six ans, peut -être ! Jamais rien
! Jamais !
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