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Un petit pamplemousse pour ma petite puce.
Cherchez la suite.
Tu sais, moi j 'y crois pas une seconde.
Je suis sûre qu 'ils nous ont raconté n 'importe quoi. Tu crois vraiment que ma
maman nous aura menti ? Mais c 'est évident.
Elle peut pas avoir été mutée comme ça.
Elle est super douée dans son boulot.
À Lyon, le colonel disait tout le temps qu 'il pouvait pas se passer d 'elle. C
'est forcément elle qui a demandé mon billet. Mais pourquoi ? On était
bien à Lyon. Pourquoi ?
Elle est revenue pour lui. Attends, Alice, t 'as craqué, là. On parle de
quand même. Et si elle voulait le reconquérir ? Dix ans après.
Ça serait trop beau, non ? Non, ça serait pas trop beau.
Ça serait juste l 'enfer, ouais.
Ça serait 100 % d 'accord pour nous interdire des trucs.
Encore heureux qu 'il puisse pas se saquer, ouais.
Tu penses qu 'à toi.
Et bacon.
Merci.
Oh, merde.
Oui, Léa !
Justement, puisque je te tiens, le dossier d 'évaluation. J 'ai déposé au
tu l 'avais oublié chez moi.
Super. Bon, Paul, je ne t 'appelle pas pour ça.
On a un corps, c 'est les mères.
Il m 'a resté lent à côté des mortes.
Tu vois ? Ok, à tout de suite.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour. Bonjour, commandant.
Bonjour, Erwann.
Marc, Thomas.
Un seul impact au niveau du thorax.
Les petits pieds brûlés tout autour, les rabots portants. Je dirais une arme de
poing. Vous avez trouvé quelque chose ? Non, on quadrille la zone.
C 'était qui la femme avec qui vous parliez tout à l 'heure ? La belle -sœur
la victime, c 'est elle qui a découvert le corps.
Et elle et son frère sont les propriétaires des salins.
Couvrez le corps.
Bonjour, monsieur.
Votre femme, quand l 'avez -vous vue pour la dernière fois ? Elle était là.
Elle s 'est levée pour faire son footing, comme tous les matins.
Et vous ? Moi, je me suis endormi.
Jusqu 'à quelle heure ? Je sais pas, moi.
Jusqu 'à sept heures, je crois.
Nous avions rendez -vous avec notre expert comptable à neuf heures.
Et vous n 'avez pas trouvé bizarre que votre femme ne soit pas rentrée à votre
réveil ? Qu 'est -ce que vous insinuez ? Rien, madame.
C 'est vous qui avez découvert le corps ? Vous n 'avez pas pensé à prédire votre
frère ? Je vous ai appelé d 'abord.
Je pensais que c 'était la meilleure chose à faire.
Et vous, vous faisiez quoi pendant ce temps ? Répondez s 'il vous plaît,
monsieur Delattre.
Mon frère est sous le choc.
Pourriez -vous tout de même respecter sa douleur ? Ou vous préférez que j
'appelle notre avocat ? Non, ce ne sera pas nécessaire.
Vous savez, monsieur Delattre, les premières 24 heures sont déterminantes.
Alors je vous propose de reprendre cet entretien à la gendarmerie tout à l
'heure.
Elle est au taquet, la belle sœur.
On ne va pas la taquer de front.
On va la laisser décanter un petit peu.
Je suis désolé, Thomas avait oublié ses affaires de sport. Du coup, j 'ai dû me
taper un aller -retour au lycée. C 'est incroyable que vous vous ressemblez tous
les deux.
C 'est vrai ? Toi, tu oublies le dossier d 'évaluation.
Lui, il oublie ses affaires de sport.
C 'est bizarre quand même, parce qu 'à la maison, ils n 'oublient jamais rien.
Bravo.
Bon, sinon, tu me briefes, là ? Sylvie Delap, petite quarantaine, femme du
propriétaire, tuée par balle.
Bon, moi, je suis un peu à la bourre. Je vous laisse avec Erwann, hein. Tu vas l
'aider à retrouver l 'arme du crime.
Amusez -vous bien.
Ouais, merci, ouais.
Alors, Camille, qu 'est -ce qu 'on a ?
Il s 'appelle Sylvie Brochant, épouse de Latre, 38 ans. Elle est née et a vécu à
Paris où elle était pharmacienne. Il y a trois ans, elle s 'installe dans la
région et épouse Jacques de Latre l 'année suivante. De la famille ? Tout
restait à Paris. C 'était côté boulot, toujours pharmacienne ? Non, elle a
arrêté d 'exercer.
Mais elle avait l 'air très investie dans les salons de son mari.
Un café ? Si elle aimait, c 'est vrai que c 'était une belle société.
C 'est un peu radical, ce changement de vie.
La pharmacie parisienne au salon de Camargue.
C 'est l 'amour.
Ah, l 'amour.
Enfin, j 'y crois moyen.
Cherchez tout ce que vous pouvez sur les deux lâtres, le frère et la sœur. OK.
Et Marshall, il est où, au fait ? Il drague, du côté des salins.
Ah.
Alors ? J 'ai interrogé les sonniers.
Ils commencent leur travail qu 'à 7h30, personne n 'était sur place.
Les larmes ?
Les techniciens n 'ont rien vu, mais bon, vu la surface... Ils sont partis.
Pourquoi ? Qui c 'est qui va draguer le bassin ? Le commandant Solaire n 'a pas
eu l 'accord du préfet.
Non, c 'est la récolte de fleurs de sel. Ça a duré quelques semaines.
Lancer une opération de dragage maintenant, c 'est une catastrophe
J 'adore bosser sous les ordres de mon ex -femme.
Il y a environ 100 000 tonnes de gros sel et quelques milliers de tonnes de
fleurs de sel chaque année.
Plusieurs centaines de saisonniers au moment de la récolte et 45 millions d
'euros de chiffre d 'affaires.
Ah oui, quand même.
Et Gilles Delattre et sa soeur sont les seuls actionnaires. Oui, ils l 'ont
arrêté de leur père.
Et Sylvie, dans tout ça ? Alors, ça, c 'est étonnant, parce que Sylvie
travaillait comme simple salariée, même pas en CDI.
Elle était saisonnière et récoltait le sel sur le terrain avec les sauniers.
Avec les quoi ? Les sauniers. C 'est comme ça qu 'on appelle les ouvriers des
salins. Les sauniers, c 'est joli, ça.
Donc, si je récapitule, la femme du patron ex -pharmacienne devient simple
ouvrière dans les salins, alors que son mari et sa belle -sœur en sont les
propriétaires et gagnent certainement des millions.
J 'imagine que Jacques Delattre va pouvoir nous expliquer tout ça.
Vous me l 'avez convoqué ? Oui, oui, il vient à 14h.
Merci, Camille.
Très jolie, votre coupe de cheveux.
Merci.
Théo ! Quoi ? Allez -y doucement.
C 'est de la fleur de sel.
Vite, ça devait pas être évident d 'avoir la femme du patron dans l
Hein ? Vous deviez vous sentir surveillé, non ? Vous rigolez ou quoi ?
plutôt nous qui la surveillons.
Comment ça ?
Elle faisait des crises bizarres. C 'est -à -dire ? Par exemple, un jour, on a
dû s 'abriter dans la remorque d 'un camion à cause d 'un orage.
Elle s 'est mise à étoucher.
On aurait dit qu 'elle faisait, comme mon môme, une crise d 'asthme.
Elle avait du mal à respirer.
Oui, elle avait l 'air complètement affolée.
Bon, ça s 'est calmé quand son mari est arrivé.
Ça ressemble plus à une crise de panique.
Elle était comment ? Vous la trouviez comment à cette période ? Je ne sais
En tout cas, pas particulièrement stressée.
On nous a quand même dit de faire attention, que ça pouvait arriver n
quand.
Erwan ? Tu peux m 'emplacer deux minutes, s 'il te plaît ? Là, tout de
? Oui, tout de suite, maintenant, pas demain.
Il est tout petit, ce bassin.
Vous auriez une autre paire de bottes, s 'il vous plaît ? Alors, la fleur de
sel, c 'est ça.
Ah oui.
Mais attention, on ne peut pas la récolter tout le temps.
Juste en été, quelques heures par jour.
Vous travaillez ici depuis longtemps ? Ça fait bien 40 ans.
Au début, quand j 'ai commencé, c 'était le père de Jacques, le patron.
Jacques, lui, c 'était le gamin.
Tout le temps dans nos pattes, il courait partout.
Il adorait ça, se lever à l 'aube, venir récolter la fleur de sel avec nous. C
'est une vraie passion, quoi.
Regardez.
C 'est beau, non ?
Il dit aussi qu 'elle adorait ça.
Elle pouvait nous parler pendant des heures de la couleur de l 'eau qui
en fonction des saisons.
Alors que nous, depuis le temps, elle travaillait bien.
Et sans se plaindre.
Qu 'il pleuve, qu 'il vente.
Elle était toujours là.
Elle était saunière.
Comme nous.
Et Jacques ? Enfin, je veux dire, elle et Jacques.
Je crois.
Elle me regarde pas, ça.
Alors, Sylvie, qu 'est -ce que vous avez à nous raconter, hein ? Mais c 'est
quoi, cette psychiatrice, là ? Cette manie que vous avez de refaire l
Je suis comme Saint -Thomas, je ne crois que ce que je vois. Bonjour, Franck.
Bonjour.
Justement, j 'ai votre réponse concernant le calibre.
Un bon vieux 9 mm.
La balle a touché la horte thoracique.
Fatale. L 'heure ? Entre 6 et 7, matin.
Et c 'est quoi ça d 'après vous ? Coup de couteau.
La lame s 'était arrêtée à quelques millimètres de la jugulaire.
Elle a eu de la chance cette fois -là.
On peut le dater ? Il y aurait trois dents.
Puis le moment où elle vient s 'installer ici.
Alors ?
Des nouvelles ? Oui.
J 'ai eu accès au dossier de la première agression de Sylvie. La pharmacie où
elle travaillait s 'est faite braquer, elle a été blessée d 'un coup de couteau
à l 'épaule et sa collègue a été tuée. Ah ben ça explique ses crises de
Elle supportait pas d 'être enfermée, toujours en alerte, un mélange de
claustrophobie et de paranoïa. Pas étonnant.
C 'est vachement long quand même, trois ans pour un traumatisme.
Non ? L 'agression c 'était il y a trois ans, mais le procès c 'était il y a un
mois seulement.
Son mari était présent d 'ailleurs.
Je lis dans le rapport de police que les braqueurs sont entrés dans la
pharmacie, que le premier a sorti un couteau.
Le deuxième un revolver.
Qu 'ils étaient tous les deux sous l 'emprise de la drogue et que ça a
Sylvie voulait protéger Florence.
Sa collègue.
Elle a reçu un coup de couteau en pleine poitrine.
Ça ne servait à rien.
C 'est comme si elle était morte dans ses bras.
Vous avez assisté au procès ? Oui.
Vous pouvez m 'en parler ?
C 'était très dur pour Sylvie.
Elle revit les choses à travers le procès.
Chaque jour, c 'était de plus en plus difficile.
Et le pire, c 'est qu 'un des braqueurs l 'a accusé de faux témoignages.
C 'était d 'une violence.
Il criait dessus.
Il disait qu 'elle mentait, qu 'il n 'avait pas de flingue ce soir -là.
Et ce qu 'elle inventait tout ça, c 'était pour se poser en victime.
Sylvie était dans tous ses états.
Le même objectif au verdict.
Et vous, vous vous êtes raté ? Ouais.
Le meurtrier en a pris pour 20 ans et son complice 15.
Mais il en fait appel.
Monsieur Delattre, je peux vous demander comment vous avez rencontré Sylvie ?
Chez des amis.
J 'ai tout étudié qu 'elle avait quelque chose de différent.
C 'est ça qui m 'a touché.
Qu 'est -ce que vous entendez par différent ? Il avait peur de tout.
Avec ce qu 'il était arrivé, ça l 'a poursuivé, ça lui a pourrissé la vie.
Trouver du stress post -traumatique, elle était suivie pour ça ? Elle voulait
'aide de personne.
Même moi, je lui servais de psy au début.
Et depuis l 'année dernière, elle... participer à un groupe de parole dans
association.
Elle y allait même deux fois par semaine.
Et là, je vous jure qu 'elle allait bien.
Le nom de l 'association.
Et la vie après.
Vous n 'avez aucunement l 'autorisation de faire ça.
Ah bon ? Vous êtes en train de massacrer ma production.
Vous savez le temps qu 'il faut... Je suis en train de chercher l 'arme qui a
servi à truer votre belle -sœur.
Vous pensez vraiment que quelques kilos de fleurs de sel sont plus importants ?
Vous faites votre travail, mais des sommes colossales sont en jeu.
Rien ne nous ramènera Sylvie.
Écoutez, ça ne sert à rien.
Alors qu 'il est, le sel a déjà rongé toutes les traces ADN.
Vous êtes bien informé.
Comment vous savez ça ?
Vous feriez mieux de chercher le type qui est venu menacer Sylvie la semaine
dernière. Elle n 'a rien voulu dire à mon frère de peur de l 'inquiéter, mais
crois que c 'était un des deux braqueurs du procès.
Et pourquoi vous ne nous avez rien dit alors ? Quand ? Ce matin, quand j 'ai
trouvé son corps ? Vous avez beau croire que je suis infensible, figurez -vous
que j 'étais sous le choc.
Nous avons une femme tuée par balle, déjà victime d 'une tentative de meurtre
y a trois ans. Et qui souffre de stress post -traumatique, donc...
Marié à un homme plus âgé et héritier potentiel d 'un domaine de salin qui
plusieurs dizaines de millions. Et sa belle -sœur n 'a pas l 'air forcément
de sa mort violente.
On a des nouvelles pour l 'arme du crime ? Non, mais je cherche toujours.
Vous avez pensé à le relayer, Marshall ? Oui, bien sûr.
Mais malheureusement, j 'ai rendez -vous chez le psy, moi.
Vous avez des soucis ? Non, non, non, trois fois rien.
En fait, j 'ai mon ex -femme qui est revenue s 'installer dans la région et
sais pas comment gérer le truc, donc j 'ai besoin d 'en parler.
Monsieur a la chance d 'avoir ses enfants une semaine sur deux. Il trouve
le moyen de se plaindre. Tu vas quand même me dire pourquoi t 'es revenu, non,
Léa ? Je vais avoir une explication à un moment donné, non ? Oui, enfin, je
pense pas que ce soit ni le moment ni l 'endroit à Marshall, OK ? Alors, arrêtez
de bouder, respectez la hiérarchie et vous verrez, tout se passera beaucoup
mieux. En fait, j 'ai rendez -vous avec Myriam Lancelot, la psy de La Vie Après.
J 'en ai marre de vos initiatives personnelles.
Les priorités, c 'est moi qui les définis. Et les priorités, à cet instant
dans cette enquête, ce sont les braqueurs. Nicolas Pernet et Tom
D 'autant que Pernet a clairement menacé Sylvie pendant son procès.
Alors, ils sont en col avec les braqueurs. Je vois pas comment ils ont
engager un tueur. Et Christiane Delattre pourrait nous raconter n 'importe quoi
pour nous balader.
Désolée de vous contredire, capitaine, mais Pernet a été mis en liberté de
surveiller sous bracelet électronique.
Tous ses déplacements sont tracés et c 'est rendu mardi dernier à Salémère.
Ah, c 'est ballot !
Très bon travail, Camille.
Merci, commandant. On se concentre sur Pernette.
Il était au salon le matin du crime ? Non, il n 'était pas au salon.
Ça ne veut rien dire, Marshall.
Il peut très bien avoir un complice. Vous allez où, Marshall ? Me faire
La porte.
La porte.
C 'est ce que je disais tout à l 'heure.
C 'est depuis que mon ex -femme est revenue dans ma vie que ça ne va pas.
Je n 'y peux rien. Elle me stresse.
Merci Jean -Louis.
Et bravo.
Tu nous as dit beaucoup de choses aujourd 'hui.
Merci.
Bien. On se revoit tous demain matin.
Allez, bon.
Au revoir.
Au revoir.
Merci de votre aide, docteur.
Je vous en prie.
Et les circonstances ? Dites -moi, tous vos patients souffrent de stress post
-traumatique ? Oui, à différents degrés.
Et c 'est quoi le profil type ? Ce sont souvent des femmes qui ont été victimes
de violences conjugales pendant des années.
Il y a aussi beaucoup d 'anciens militaires. À demain, docteur.
Au revoir, Luc. Au revoir.
Pas de tension avec Sylvie au sein du groupe ? Vous avez vu, l 'état d 'esprit
est très positif. On partage, on libère la parole.
Sylvie était très réceptive à cette méthode. On envisageait d 'arrêter son
traitement médicamenteux.
Elle a fait une rechute.
Eh oui.
Le procès a été tellement, tellement violent.
Les symptômes sont revenus. A peine quelques jours après les audiences, elle
avait à nouveau la sensation d 'être suivie. Suivie par qui ? Elle ne savait
pas.
Elle n 'était même pas certaine.
C 'était confus.
J 'ai mis ça sur la réactivation de son stress.
Mais vu ce qui s 'est passé, peut -être que c 'était vrai.
Merci, docteur.
Non, si, une dernière chose.
Est -ce qu 'il serait possible d 'avoir la liste des membres du groupe ? Oui,
bien sûr.
Suivez -moi.
Thomas.
Thomas, t 'as vraiment changé depuis qu 'on a déménagé. T 'es plus le même.
Tu restes là, jouant à ta console ou à surfer sur Internet.
Non, mais avant, t 'étais tout en dehors en train de faire du sport.
Et merde ! T 'es encore là, toi ? T 'es pas en train d 'appeler ta super copine
Aglaé ? Ouais, fous -moi la paix.
En fait, t 'es jaloux parce que moi, je me suis fait une amie et pas toi.
Non, mais je mentais. J 'ai pas envie de me faire des amis ici.
Tout ce que je veux, c 'est passer mon bac et rentrer à Lyon direct. Ça marche
pas comme ça.
On n 'a pas déménagé ici pour redéménager dans l 'autre sens. Tu vas t
à ton nouvel environnement, Thomas.
Et puis alors, ton bac... De un, je crois que j 'ai aucun conseil à recevoir
'une gamine totalement immature qui pense encore que sa mère va pouvoir se
remettre avec son père.
Puis de deux, tu peux sortir de ma chambre, s 'il te plaît.
Cette gosse.
Surtout, m 'aidez pas pour les courses, hein.
Où est ton frère ? Toujours enfermé dans sa chambre, à jouer à sa console.
Maman, tu as entendu parler des hikikomoris ? Des hikikois ? Ah non,
dis pas que tu t 'es mis au japonais, Alice.
Des milliers d 'adolescents japonais restent enfermés dans leur chambre.
Ils y vivent reclus, des mois, voire des années. Ah ouais, quand même.
Ils ne font que jouer à leurs jeux vidéo, surfaient sur Internet et
parler à qui que ce soit.
Tu te rends compte ? C 'est terrible.
Tu vas t 'arranger les cours.
Non mais maman, tu captes pas.
Thomas, il est à deux doigts de l 'Ekikomori, là. Mais enfin bon, tu crois
que c 'est exagéré un peu ? Thomas ! Maman, il est officiellement devenu un
geek. Et du geek à l 'Ekikomori, il n 'y a qu 'un pas.
Bon, écoute -moi, chérie.
Si tu arrêtais de t 'inquiéter pour ton frère, et puis tu disais très bien que
je refuse que vous mangez dans votre chambre, donc non, Thomas ne finira pas
comme ce jeune japonais.
Tu devrais peut -être en parler aussi avec papa.
Parce que chez lui, on mange où et quand on veut, du moment qu 'on passe
respirateur après.
Il m 'énerve.
Mon Dieu qu 'il m 'énerve.
On mange à quelle heure ?
Bonsoir.
Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir.
Ça, au revoir.
Monsieur Pernette, Sylvie Delattre a été assassinée hier matin.
Non.
Tu es à bout portant.
Avec un verretard.
La même arme qui vous a servi à braquer sa pharmacie à Paris il y a trois ans.
C 'est n 'importe quoi, je n 'avais pas d 'armes.
J 'en peux plus, mais ça ne va jamais s 'arrêter.
Que faisiez -vous chez Salamère la semaine dernière ? Vous êtes allé
Sylvie une nouvelle fois ? Je ne l 'ai jamais menacée. Vous ne l 'avez jamais
menacée. Et au procès ? C 'est vrai qu 'au procès, j 'ai pété les plombs.
Mais il faut comprendre, c 'est plus nocente. C 'est ce que disent tous les
copains, vous savez.
Je me suis laissé entraîner.
J 'ai suivi l 'autre gars.
J 'ai été paumé à l 'époque.
Vous vous êtes monté sur un braquage, quand même. Oui, mais je ne pensais pas
que ça allait tourner comme ça.
Et surtout, je n 'avais pas d 'arme.
L 'autre, il avait un couteau, mais moi, je n 'avais rien.
J 'étais tellement défoncé que j 'aurais même pas pu tenir un gun.
C 'est ce que je fais, tiens, dame de l 'autre.
Continuez.
C 'est pour ça que je l 'ai élaborée, celle -là.
Je ne voulais pas retourner en taule.
Ma seule chance, c 'était qu 'en appel, elle change son témoignage.
Le revolver, en fait, elle a inventé.
C 'est ça, l 'histoire.
Elle a été en état de choc.
Et quand on a la trouille, l 'imag
Et donc vous êtes allé voir Sylvie pour lui demander de revenir sur sa
déclaration, c 'est ça ? Oui.
Mais pour moi, ça pouvait tout changer.
Si je n 'étais pas armé, je prenais que 5 ans max avec sursis au lieu de 15.
Et je pouvais voir grandir mon vie.
Et qu 'est -ce qu 'elle vous a dit ? Elle m 'a écouté.
Elle m 'a dit que oui, peut -être, qu 'elle ne savait plus vraiment.
Elle m 'a dit qu 'elle allait en parler avec son avocat.
Vous comprenez, je n 'avais aucune raison de la buter.
C 'était la seule personne qui pouvait me sauver de la merde dans laquelle je
suis.
Maintenant qu 'elle est morte, je fais quoi, moi ?
Très bien, nous allons vérifier tout ça, M. Pernette.
Juste une dernière question.
Avez -vous suivi Sylvie avant d 'entrer en contact avec elle ? Non.
J 'ai vu un article dans le journal sur les salaires.
J 'ai ce qu 'elle habitait là.
J 'y suis allé directement et je l 'ai vu tout de suite.
On a travaillé sur les bassins, avec les... Les sonnets.
C 'est pas que des sonnets.
C 'est les arts du commandant Solaire.
Merci,
Marshall.
Ça va Erwan ? T 'as les mains gaulées, tu vas rester à la gendarmerie aujourd
'hui.
Oui, c 'est Camille qui va y aller.
Marche le truc.
Là, ça bip là.
Il y a un bruit.
Attendez.
Qu 'est -ce que tu fais là, ma puce ? T 'es pas en cours, toi ? Non, papa, il
faut que je te parle. C 'est grave.
Ouais, je t 'écoute.
Tu connais les If -If -O -Mori ? Les qui -qui -quoi ? Viens, je vais t
'expliquer. C 'est quoi, ce truc ? J 'ai tracé tous les trajets empruntés par
Sylvie Delattre et je les ai croisés avec le réseau de caméras de
Là, il y a une partie d 'autoroute et là, c 'est le parking de l 'hôpital.
Maintenant, je vais récupérer les archives.
OK, et pour faire quoi ? Si elle était suivie, je vais forcément trouver
chose. Je vais avoir besoin d 'aide, d 'ailleurs.
On va sûrement aller corver. J 'ai donné. Il est où, Marshall ? Dans le...
'est ça ?
Erwan, je peux vous parler, capitaine ? Bien sûr, Christian.
Oui, c 'est bon, ma puce. Tu peux y aller, je m 'en occupe.
OK, merci.
Bonjour, Erwan.
Bonjour. Au revoir, Erwan.
Au revoir, Ali.
J 'arrive de la balistique et ils sont formels. L 'arme que j 'ai trouvée est
celle qui a tué Sylvie Delattre. T 'as un nom ? Luc Reinhardt.
Reinhardt ? Reinhardt, oui.
Vous allez où, là ? Capitaine ?
On en est où sur cette histoire de filature ? C 'est long.
Et laborieux.
Et ingrat.
Bon, enfin, Rowan, j 'ai pas cette tête -là, enfin.
T 'as vu mes mains ? Mais ça m 'a rongé la peau. C 'est hyper corrosif.
Vous savez que 250 grammes de sel suffisent pour se suicider ? Allons,
Le don Marvier, j 'écoute. Ouais, Camille, salut. Passe -moi Léa, s 'il te
plaît. Oui, je vous la passe.
Marcel, vous faites quoi au juste ? J 'ai une info.
On vous écoute ?
Luc Reinhardt est un des participants au groupe de parole de Myriam Lancelot. La
vie après, c 'est comme ça qu 'il a connu sa victime.
Le profil ? Ancien légionnaire. Il a un casier pour fait de violence sur la voie
publique. Et d 'après son adresse, celle qu 'il a laissée ici en tout cas, il
habite un lieu dit à la lisière des marais salants.
C 'est bon, il n 'y a plus qu 'à aller le cueillir ? Non, non, non, il y a un
truc qui ne va pas.
Reinhardt est un militaire.
Il aurait tiré à distance, gardé son flingue sur lui.
Le profil de notre tueur, c 'est amateur.
Il tire à bout portant, il jette son flingue n 'importe où.
Oui, mais il peut avoir dérapé sur le coup d 'une émotion forte. Il a oublié
'il était pro.
Bon, OK. Camille et Erwann, vous allez me chercher.
OK.
Merci, Marshall.
De rien.
Attends, Léa, Léa.
Alice est venue me parler tout à l 'heure, tu sais, à propos des
Oui, enfin, tu la connais.
Dès qu 'on parle de son frère, elle a tendance à exagérer un peu.
Bon, allez, Paul, à plus tard. Non, mais je crois qu 'elle a raison de s
'inquiéter. Il est pas bien en ce moment.
Fais tes coups de Paul.
Il est complètement dérafiné, là.
Je te rappelle que s 'ils ont voulu venir une semaine sur deux avec toi, c
pour te voir, Paul.
Si tu racontes, ils me voient.
Passez pas en dînant chacun dans votre chambre avec un plateau repas. Vous
arriver à renouer le contact.
Tu comprends ça ? Ça fait dix ans que je les ai un week -end sur deux.
Je les connais pas. Moi, je les ai pas vus grandir, mes mômes. Toi, t 'arrives,
tu débarques sans aucune explication.
Attends, c 'est pas évident pour moi pour trouver des repères. Merde ! De
marque tu parles, Paul ? Un dîner en famille, tous les trois autour d 'une
table. C 'est là -bas, c 'est une question de bon sens. Merde !
Je pense qu 'il va falloir qu 'on ait une petite explication.
Vous, moi et le capitaine Marshall.
Vous me suivez ? Tout de suite, mon colonel.
T 'as entendu ? Tu ramènes ta fraise.
Qu 'est -ce qu 'on est bien chez vous.
Eh oui.
Depuis votre arrivée, commandant Solaire, nous avons dû faire face à un
nombre de couacs dans le fonctionnement de l 'équipe.
Dieu sait que ça n 'était pas simple avant que vous preniez le commandement.
Enfin, ça s 'est pas arrangé.
La discussion est saine dans une équipe.
Mais le débat n 'a pas sa place dans une brigade.
La hiérarchie, dois -je vous le rappeler, est sacrée dans la
En d 'autres termes, vous pouvez pas continuer à vous bouffer le nez comme
le faites.
Vos disputes incessantes perturbent le fonctionnement de la brigade et c 'est
pas tolérable.
Alors, je sais bien que vous avez été marié, mais vous êtes prié de laisser
histoires personnelles de côté quand vous êtes en service. Je ne veux pas
entendre parler d 'un seul conflit supplémentaire.
Marshal, vous obéissez aux ordres sans discuter.
Vos argusties font perdre du temps et de l 'énergie à tout le monde.
Quant à vous, Solaire, je vous invite à faire la part des choses.
Et à ne pas laisser...
Vos ressentis personnels impactaient votre gestion de l 'équipe.
Ne m 'obligez pas à vous sanctionner.
Je suis content.
Si je reprends la clope, c 'est à cause de toi.
C 'est toujours à cause de toi que je reprends la clope.
La porte !
Ok, je fais comme d 'ailleurs, je finis tout.
Luc Renard, vous êtes en garde à vue à compter de ce jour.
14h48. Ah ouais ? Lâchez ça, monsieur.
On n 'a plus le droit de prendre des photos.
Allez, suivez -nous pourront. C 'est bon, lâchez -moi, je vous suis.
Pour quelle raison fréquentiez -vous le groupe de parole de Myriam Lancelot ?
C 'est avril 2010.
Explosion d 'une mine artisanale à l 'est de Kaboul.
Ça vous marque aussi là -dedans ? Vous reconnaissez cette arme ?
J 'avais un pistolet de ce type.
Où est -il ? On me l 'a volé il y a quinze jours.
C 'est incroyable, ça s 'attend bien, non ? Parce que la balistique est
formelle, c 'est bien l 'arme qui a tué Sylvie Delattre.
Je vous l 'ai déjà dit, j 'ai fait une déclaration de vol il y a deux semaines
pour ce flingue.
Oui, enfin, vous avez pu faire une déclaration pour vous protéger.
Ben, c 'est pas le cas.
Quelle était la nature de votre relation avec Sylvie Delattre ?
Modèle
? Muse ? Maîtresse ? J 'ai pas à vous répondre.
C 'est ma vie privée.
Et c 'est une enquête criminelle ?
Et vous êtes en garde à vue.
Alors, quelle était la nature de votre relation avec Sylvie ? Juste une amitié
entre traumatisés, rien qui ne pourrait rendre jaloux son mari.
Reconnaissez que ce serait ballon, hein ? Avec tout ce qu 'il a enduré, tout ce
qu 'il a supporté.
Les crises, les névroses, les peurs, les angoisses.
Tous les conjoints n 'ont pas le même courage, hein ? Rappelez -moi, votre
vous a quitté combien de temps après les premiers symptômes ? J 'aurais pu aller
de coups sans permis.
Monsieur Reynard.
La situation est la suivante.
Vous n 'avez pas d 'alibi.
Vous étiez secrètement proche de la victime.
L 'arme du crime vous appartenait et Sylvie se sentait suivie.
Nous avons là tous les ingrédients du crime personnel.
Alors si vous avez quelque chose à dire, c 'est maintenant.
Parce que si nous découvrons que c 'est vous qui suivez Sylvie, alors je ne suis
pas sûre que le procureur aura très envie de discuter avec vous.
Maman, j 'ai une bonne nouvelle.
Thomas a enfin lâché sa console.
Bisous, à ce soir.
Et voilà.
Ça rigole. Non, pas du tout. Pourquoi ? Elle serait super contente pour toi.
Allez, tu vas t 'acclimater.
C 'est normal que ça prenne du temps.
Tu vas t 'en faire des copains.
C 'est en effet, pourtant c 'était pas gagné.
Ça c 'est sûr.
En tout cas, je suis content que vous soyez là.
On m 'avait manqué pendant toutes ces années, je compte bien en profiter.
OK.
Ça bosse, ma puce ? Toujours.
Tu veux pas faire quelques paniers avec moi ? Yvan, bonjour.
Erwann, Camille.
Alors, vous en êtes où ? Ça avance.
Regardez, là, on a encore le break qui suit Sylvie quand elle rentre sur le
parking. Merde, les matriculations sont toujours pas lisibles.
Fouillez les rues adjacentes.
Il y a toujours un parano qui installe une caméra sur son portail histoire de
surveiller ses nains de jardin. OK.
Là, c 'est la rue empruntée par Sylvie pour aller à l 'hôpital.
J 'adore faire ça.
Vous savez qu 'un jour, il y a un pote à moi qui a découvert comme ça que ça n
'en a le trompé ? Il a vu place de la comédie dans les bras de son meilleur
Wow.
Salut.
Ah, regardez là.
Deux caméras pour le prix d 'une.
Ok, vous francez Camille.
Ok, ça marche.
Erwann, vous avez trouvé quelque chose pour faire parler Renard ? Alors n
'évitez rien.
Vous allez reprendre l 'interrogatoire.
Ah bon ? Oui.
Allez -y, je vous regarde.
Vous méritez bien après tout ce que vous avez dragué.
Ok.
Le commandant solaire est débordé, c 'est ça ? Ça, c 'est
votre Beretta.
J 'ai passé deux jours pliés en deux à gratter dans la saumure pour le trouver.
Alors je vous garantis que j 'ai pas du tout, du tout envie de rigoler là.
Vous êtes atteint de stress post -traumatique.
Une vraie saloperie, syndrome.
Ça rend parano.
On a l 'impression d 'être tout le temps en danger.
Et parfois, il paraît qu 'on peut même devenir violent. C 'est pas vrai, je m
'en suis sorti.
Ça m 'a pris des années, mais je vais mieux.
Demandez ma psy.
Un militaire qui se fait voler son arme... Après, c 'est pas commun, quand
J 'ai écrit une déclaration de vol au nom de Luc Renard.
C 'est bien vous.
Vous déclarez ici vous être fait voler votre Beretta qui se trouvait dans la
boîte à gants de votre véhicule. Ce vol aurait eu lieu alors que vous étiez en
train de prendre de l 'essence dans une station service près de Montpellier le 6
septembre aux alentours des 8h30.
Mais, à cette heure -ci, vous étiez en train de photographier ceci, dans les
marais.
C 'est pratique les métadonnées, il y a la date et l 'heure, et même les
coordonnées GPS.
Vous êtes en très mauvaise posture, monsieur Reinhardt.
Le béretage les donnait Sylvie.
Je sais, j 'aurais jamais dû, c 'était une énorme connerie.
Pourquoi vous avez fait une chose pareille ? Depuis le procès, elle avait
nouveau. Elle me disait qu 'avoir l 'âme avec elle, ça la rassurait.
J 'aurais pas dû l 'écouter.
Je sais pas, je pouvais pas lui dire non. Vous pouviez pas lui dire non parce
que vous l 'aimiez ?
Quand elle m 'a dit qu 'elle voulait quitter son mari, j 'ai espéré.
On était très proches.
Mais finalement, elle voulait pas de moi.
Je lui ai juste servi de révélateur pour quitter Jacques et Jacques lui a servi
de médicament pour se remettre de son agression.
Au fond, elle nous utilisait autant l 'un que l 'autre.
Un médicament, un révélateur ?
Ça fait des ravages, les psys.
D 'ailleurs, j 'étais quoi pour toi, moi ? Allez, on n 'en a jamais parlé, vas
-y. Paul, c 'est clairement hors sujet, là. Surtout après ce qu 'on s 'est pris
hier.
Après le dernier, hein. Dire qu 'on s 'engueule toujours alors qu 'on s
'engueule jamais.
Ouais, c 'est clair.
Bon, notre suspect numéro un est clairement innocent. Tu proposes quoi ?
'ai bien envie d 'aller interroger de nouveau le mari.
Anne -Arte a dit que vous voulez la quitter.
De là, elle se fait passer pour le mari parfait, aimant, protecteur, l 'épaule
sur laquelle elle peut se reposer pour se remettre de son trauma.
Et pourtant, quand elle a peur d 'être suivie, elle lui dit rien.
C 'est vrai que c 'est bizarre, cette histoire.
Sauf si elle pensait que c 'est lui qui la faisait suivre.
On peut se parler ?
Bonjour,
c 'est Delatte.
Depuis quelque temps, votre femme avait l 'impression d 'être suivie. Vous le
saviez ? Non.
C 'est bizarre qu 'elle vous ait rien dit.
Comment vous l 'expliquez ? Elle avait peut -être peur de t 'inquiéter.
Et pourtant, elle vous disait tout. Vous étiez son psy un temps. C 'est vous qui
l 'avez dit.
Vous comptez sur vous pour la protéger, non ? Vous ne voulez peut -être pas
décevoir mon frère.
Jacques était tellement ravi de ses progrès.
Une rechute l 'aurait sûrement affecté. Une rechute ? Madame Delattre, qu 'est
-ce qui vous fait penser que sa surveillance n 'était pas réelle ?
Sylvie était très fragile, limite paranoïaque.
Monsieur Delattre, elle a été assassinée. C 'est peut -être qu 'elle n
pas si parano que ça.
Vous saviez qu 'elle avait une arme ?
Écoutez -moi... Non, alors, madame Delattre, je sais que vous êtes l 'aînée
la famille, mais je pense que votre frère est assez grand pour répondre seul
mes questions.
Non ? Si.
Donc, vous étiez au courant que Sylvie avait une arme en sa possession ? Non.
Et pourtant, elle vous disait tout.
Tiens, Juan, viens voir.
L 'œil de Moscou a parlé.
Alors, voilà notre break et une belle plaque d 'immatriculation.
Fais voir.
Alors...
Et devine, il n 'y a qu 'à partir de cette voiture.
Allô, Crémart ? André Clément. Est -ce que vous travaillez ? Non. C 'est les
mères.
Oui, ma chérie. Ça va ? On arrive.
Thomas ne deviendra pas un épicomorie.
Bon, c 'est bien, c 'est une bonne nouvelle, ça.
Écoute, ma puce, je suis obligé de te laisser parce que je suis au boulot.
Bisous.
André ! Faut qu 'on parle !
Je ne sais pas.
Vous avez suivi pendant plusieurs semaines.
Je sais.
Je n 'ai rien contre elle.
Je l 'aimais bien. Alors pourquoi vous l 'avez suivi ? Je ne peux pas vous le
dire, sinon je vais être viré. Ah d 'accord. Vous préférez faire de la
pour meurtre ? Qui vous payez ? Christiane.
La frangine.
Pourquoi ? Elle voulait savoir s 'il lui trompait Jacques.
Et ? Il y avait bien quelque chose avec un type qui vivait près des étangs, dans
une cahute.
Renard, tu vois. Oui.
C 'était juste un ami. Je les ai vus qui s 'engueulaient au moment où ils
voulaient... Christiane vous demande d 'espionner sa belle -sœur et vous vous
faites sans vous poser de questions.
Ça fait bientôt 40 ans que je bosse ici. Quand la patronne vous demande quelque
chose, vous le faites. Quelles étaient les relations entre Christiane et Sylvie
? Je ne sais pas, moi.
Ah bon ? Pourtant, vos collègues m 'ont dit qu 'ils ont assisté à une grosse
dispute entre les deux belles -sœurs.
Et vous y étiez.
Sylvie voulait changer les choses.
Elle voulait qu 'on ait des pauses.
des soins si on avait mal au dos, ces trucs -là, quoi.
Christian n 'était pas trop pour ce genre d 'efforts.
Et oui, avoir la femme du patron du côté des employés, je sais, ça le fait pas.
André, dites -moi, entre le frère et la sœur de l 'âtre, le vrai boss, c 'est
qui ? Vos filations,
vous les avez notées quelque part ? Ouais.
Eh ben, je veux les notes.
Jacques lui avait proposé de rentrer dans le capital.
Je voulais m 'assurer qu 'elle était suffisamment stable et sincère avec mon
frère. Ça ne devait pas vous plaire, cette idée qu 'elle puisse vous
dans vos affaires.
C 'est les mères, une entreprise familiale depuis des générations.
Sylvie faisait partie de la famille. Oui, surtout que le notaire nous a dit
'elle était bénéficiaire sur le testament de Jacques et qu 'en cas de
votre frère, vous vous retrouviez toutes les deux à 50 -50.
J 'imagine que cette perspective ne vous en comptait pas.
Vos insinuations sont vaines.
La marche de l 'entreprise n 'intéressait pas du tout Sylvie.
Et d 'ailleurs, elle avait refusé de prendre des parts dans la société.
C 'est pour cette raison que j 'ai décidé de cesser de la faire suivre.
Comment ça, la refuser ? Mais qui peut refuser ça, madame Delattre ? Jacques
était au courant de cette filature ? Non, absolument pas.
Et ça le blesserait énormément de le savoir.
S 'il vous plaît, ne lui dites rien.
Elle ment !
Christiane Delattre ment.
Elle couvre son frère depuis le départ et je n 'arrive pas à comprendre
pourquoi. Dans le carnet où le sauvetier notait ses filatures, je suis tombé sur
un truc bizarre. Sylvie avait souvent des rendez -vous dans les agences
immobilières.
Ça veut dire qu 'elle cherchait un appartement.
Donc Christiane savait que Sylvie voulait quitter son frère.
Et elle aurait prévenu Delattre ? Oui.
Il tient sa femme sous sa coupe depuis leur rencontre. Il ne supporte pas de
voir sa petite chose, sa créature voler ses propres ailes.
Sylvie...
Il ne faut aucune erreur l 'un que l 'autre en fait.
Je l 'ai pris.
Je voulais mourir.
Je voulais me tirer une balle dans la tête juste devant elle pour qu 'elle
comprenne ce qu 'elle m 'avait fait.
Alors je l 'ai attendu sur le chemin.
J 'ai pris l 'arme.
Je l 'ai mis sur ma tempe et j 'ai armé.
Et elle vous en a empêché ? On s 'est battus.
Mais le coup est parti tout seul.
Mais je l 'aimais, moi ! Je voulais pas la tuer !
Vous avez mis là -dedans ? Vous savez qu 'au Japon,
le sel est un élément purificateur.
Les gens s 'en aspergent pour éloigner le mauvais esprit.
Je vais le mettre.
Commandant Solaire, unité de réanimation, s 'il vous plaît. Sel et
Empoisonnement au sel.
Vite. Je vais le mettre.
Accrochez -vous.
Je ne voulais pas.
Le tuer, oui.
Ça va, mon ange ? Ça va.
T 'as passé une bonne journée ? Oui.
Alors, t 'étais où, toi ? J 'ai fait un basket.
Je pouvais prévenir.
T 'as enfin réussi à quitter ta chambre ? C 'est bien, bravo.
Ça va, je suis pas taré non plus.
Ne stigmatise pas l 'ikikomori.
Ça arrive à des adolescents japonais très bien.
Voir même aux plus intelligents.
C 'est pour ça que ça t 'est passé à côté.
Oh, allez, c 'est bon, là.
Vous mettez la table, faites attention que ça brûle pas, là. J 'ai une petite
course à faire.
Tu vois ? C 'est ce que je t 'avais dit.
Ils vont se remettre ensemble.
Je la connais, cette tête.
Quoi ? Quelle tête ? Là même que le jour de la finale de la Coupe d 'Europe,
quand j 'avais invité Chris et Manu à la maison, on avait défoncé le bar. Ouais,
ouais, c 'est bon, c 'est bon. C 'est bon, abrège.
Qu 'est -ce qu 'il y a de plus urgent, Paul ? Pourquoi t 'es revenue, Léa ?
Pourquoi tu m 'as rien dit ? Pourquoi j 'ai eu aucune explication ? Ça aurait
été la moindre des choses, non ? T 'arrives, tu débarques avec ton suit de
thème, il faudrait qu 'on fasse avec.
C 'est lourd, hein ? Franchement, bonne soirée, Paul.
T 'as honte, peut -être ? J 'ai entendu dire que t 'étais pas forcément une
récompense, cette mutation.
Parce que tu t 'es renseignée sur moi. Mais bien obligée, Léa, tu me dis rien !
La vérité, c 'est que j 'ai un peu merdé à Lyon.
Un peu ? Écoute, j 'avais pas spécialement envie d 'y penser, j 'avais
d 'en parler, et surtout pas avec toi.
Pourquoi ? J 'étais sur une
affaire.
Une femme victime de violences conjugales.
Elle était fracassée, j 'étais bouleversée.
J 'ai voulu la défendre, je suis allée un peu trop loin avec le mari.
Je te l 'ai payée, quoi.
Disons que...
Je l 'ai un peu bousculé verbalement, voilà.
Un peu ou... Ça s 'est passé devant des témoins.
Le type était un manipulateur, pervers jusqu 'au bout. Il a porté plainte.
Il a convaincu tout le monde qu 'il était victime de violences policières.
Voilà, le colonel a dû me sanctionner. J 'avais clairement dépassé la ligne
jaune. Motif, perte de contrôle.
La mutation, c 'était la suite logique.
En même temps, il devait t 'avoir à la bonne, le colonel, non ? Tu aurais pu
être muté à Vesoul.
Ah non, non, non, c 'est moi qui lui ai suggéré. Je me suis dit que ça pouvait
être bien, tu pourrais voir les enfants plus souvent, mais alors je ne pouvais
pas imaginer une seconde qu 'on allait travailler dans la même brigade, puisque
j 'ai demandé Castelnau.
Castelnau ? Castelnau.
Ça te dit quelque chose ? C 'est là où exerce maintenant le commandant Pavard,
mon prédécesseur. Tu sais, ton ex -supérieur hiérarchique.
Ah, tu ne comprends toujours pas. Parce que le commandant Pavard, il en a eu
tellement marre de l 'ingérable capitaine Marshall, qu 'il m 'a piqué
Mais non.
C 'est pas vrai.
Réalisé par Neo035
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