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Original subtitles

La vie, elle ne loupe pas ! Ouais ! Tu l 'as eu ! T 'as eu ton premier canard

!

Oh

merde ! Attends, arrĂŞte -toi, bouge pas !

Et voilĂ  notre nouveau chez nous.

Qu 'est -ce qu 'ils font ? Alors, ça vous plaît ?

HĂ©, oh, je vous parle.

Ouais.

Bon écoutez, je sais que c 'est pas facile ce qu 'on est en train de vivre,

je sais pas moi, mettez -y un peu du vĂ´tre.

Waouh, c 'est extraordinaire maman. Même dans mes rêves les plus fous, c 'était

pas aussi beau.

Ok. Le premier rentré, choisissez sa chambre.

Vous prenez pas les sacs, hein ? AllĂ´, oui ?

Oui, Solaire, oui.

Ok, j 'arrive.

Alice, Thomas !

Toi, je

suis désolée, mais il faut que j 'aille, c 'est le boulot. Déjà ?

Mais regarde tout ce qu 'il y a lĂ , maman. Oui, oui, je sais.

Bon, soyez sages, sinon on ne peut plus sortir.

Mais quelle sortie ? Tous nos potes sont restés à Lyon.

Bon, enfin bref.

Je vous fais confiance.

Ă€ ce soir.

Presque 200 affaires résolues à la section recherche de Lyon.

Cette femme est un monument.

C 'est moi ou elle a pas l 'air très contente, là ? On pourrait peut -être

mettre une tente pour protéger le cadavre. S 'il pleut, on perd tous les

indices, lĂ .

Commandant Solaire, bonjour.

Oui, alors j 'aurais préféré un pot de bienvenue pour les présentations, mais

une scène de crime, c 'est pas mal aussi.

Lieutenant Lebelec.

Barbier.

Enchantée.

Alors, vous l 'avez identifiée ? Pas encore, mais elle avait pas de papier.

Mais on ratisse le coin.

Un portable, des bijoux.

Une montre et une alliance.

Le tueur s 'est carrément acharné. Elle a des entailles un peu partout sur le

visage. Non, le sang n 'a pas coulé. C 'est post -mortem.

Je trancherais plutĂ´t pour des corbeaux.

Elle a dû sombre les cheveux. A mon avis, elle a pris un coup derrière la

Un gros coup, avec une pierre ou un objet contendant.

La victime a été agressée par derrière.

Le tueur a laissé le corps sur place. Si le corps avait été traîné... Traîné, il

y aurait des traces depuis la route.

Les analyses sont toujours aussi pertinentes, capitaine Marshall.

Non, puis ça aurait été dommage que je rate ton premier jour.

Bon, fallait pas vous déplacer pour ça.

Puis alors, vous êtes en vacances, j 'aimerais pas avoir à gérer un vice de

procédure. Je déteste ça.

De quoi ? Le vice de procédure ou qu 'on discute de ton autorité ? Et on fait

comment, d 'ailleurs ? On se tutoie, on se vouvoie ? Vous ĂŞtes drĂ´les, Marshall,

j 'avais oublié.

Vous finissez les relevés ? Je vois qu 'on va les aimer.

Vous deviez pas ĂŞtre Ă  la plage, capitaine ? Si vous oubliez mon maillot.

Alors comme ça, vous connaissez le commandant Solaire ? Si on veut.

Vous avez bossé avec elle ? Il y a un truc pas normal, là. Quoi ? Oui, il se

connaît. Et alors ? Pourquoi il nous a rien dit ? Ça changerait quoi ? On a une

nouvelle patronne, on s 'adapte, point.

T 'as vu comment il s 'en parlait ? Il y a un contentieux entre eux, je te dis,

ça se voit.

Toi, t 'as juste peur de changer tes petites habitudes, en fait, non ? Pas du

tout.

J 'essaie juste d 'anticiper les emmerdes, c 'est tout.

Détends -toi, ok ? Tu connais Marshall, c 'est un électron libre.

On a bien placé pour savoir qu 'il fait toujours ce qu 'il veut.

La nouvelle a raison de défendre son territoire.

Ça va tester, c 'est tout. Je le sens pas, moi.

Elle attend pas l 'égiste, là ?

Oui,

Alice.

Oui, ok, passe -le -moi, passe -le -moi.

Oui, Thomas ? Qu 'est -ce qu 'il y a ? Ben quoi, le micro -ondes ? Je sais pas,

tu le branchais Ă  une prise, voilĂ , n 'importe laquelle, une prise.

Oui ? Bon, écoutez, vous êtes grand, vous allez pouvoir vous débrouiller un

tout seul, ou pas ? Je peux savoir ce que vous faites ? Thomas, il faut que je

le raccroche. Oui.

Votre boulot, ça vous arrive d 'être à l 'air ? Avec les vivants seulement.

Vous êtes la nouvelle, c 'est ça ? Commandant Léa Soler.

Ce sont des traces de lutte ? Oui, on a mĂŞme une...

Une empreinte partielle sur le bracelet.

Camille, date de la mort.

Hier, fin de journée.

J 'en saurais plus après l 'autopsie. Pour l 'instant, c 'est un premier

Des entailles sur le visage.

Des corbeaux.

Des entailles qui sont un peu profondes et parsent et correspondent toujours Ă 

un mouvement du haut vers le bas.

Cécatrice, tatouage, un film distinctif qui pourrait nous aider à l 'identifier

? Non.

La seule chose perceptible pour le moment Ă  la palpation, c 'est un nigroma

-reculien sur les deux genoux, lĂ  et lĂ . Et c 'est quoi un nigroma ? L

'inflammation chronique de la poche qui contient la synovie, ça peut provoquer

des calcifications. C 'est reconnu comme maladie professionnelle chez les

Carleurs. Non.

Elle aurait les mains beaucoup plus abîmées que ça si elle travaillait dans

bâtiment.

Les calcifications au genou, c 'est pas aussi ce qu 'on appelle les pierres de

piété ? Comment vous savez ça ? Si ma mère n 'avait pas épousé mon père, elle

serait rentrée au couvent.

Est -ce que quelqu 'un peut m 'expliquer, lĂ  ? Les religieuses, Ă 

à genoux, présentent le même genre de pathologie.

Une bonne sœur, en gym et en basket au milieu des vignes.

Je sais bien que la vie fait pas le moine, mais quand mĂŞme.

Et puis elle avait une alliance.

Oui, mais ça, c 'est pas incompatible. Les religieux en portent.

Signe de leur union avec Dieu.

Il y a un couvrant dans la région ? L 'abbaye de Valmagne, c 'est pas très

Bien, je vais y faire un tour. Vous prenez ces empreintes, vous les passez

fichier. Avec un peu de chance, elle est connue chez nous.

Vous faites commandant ? Oui.

Bienvenue chez vous.

Merci.

Je vous assure, aucune de nos fleurs ne manque Ă  la pelle. Pourquoi, vous voulez

compter ? S 'il vous plaît, je sais quand même ce qui se passe entre ces

Est -ce que vous la reconnaissez ? C 'est inutile, ça ne peut pas être une

nôtres. Madame, s 'il vous plaît, c 'est ma mère.

Ma mère, je vous en prie, c 'est important.

Je vous comprends, mais pourquoi une de nos pensionnaires ferait une fugue ?

Alors, est -ce que je peux voir au moins vos chambres ? On appelle ça des

cellules. De toute façon, n 'y sont pas, c 'est l 'heure de la prière.

Vérifiez par vous -même.

Mon Dieu.

C 'est affreux.

Sœur Mathilde, que lui est -il arrivé ? Je ne sais pas encore.

Vous n 'aviez pas remarqué son absence ? J 'étais allée décher.

Je suis partie tĂ´t ce matin et ne suis revenue que quelques minutes avant que

vous n 'arriviez.

Ça faisait longtemps qu 'elle était parmi vous ? Sœur Mathilde nous a

il y a presque 20 ans, juste après sa majorité.

C 'était une des plus ferventes.

Elle avait de la famille ? Personne ne lui rendait visite.

Elle avait un oncle, mais il ne se parlait plus depuis longtemps.

Passer les sorties hier, c 'était pour voir quelqu 'un.

Mais qui ? Nous vivons entre nous et nous sortons qu 'en de rares occasions.

Et surtout, nous n 'avons rien Ă  nous cacher.

Sœur Mathilde devait penser autrement.

Laquelle d 'entre vous l 'a vue pour la dernière fois ?

Sœur Bernadette ? Mon adjointe

et Sœur Hélène, une de nos novices.

Après la prière de midi, elle m 'a dit se sentir mal.

Elle m 'a demandé qu 'on ne la dérange pas.

Allons, allons.

Ça va aller, mon enfant.

Sœur Mathilde encadrait souvent les nouvelles venues.

C 'est elle qui s 'occupait d 'Hélène.

Vous êtes les proches ? Très.

Elle me guidait avant que je ne prononce mes vœux définitifs.

Nous menons une vie pleine de renoncements, vous savez.

Sœur Mathilde était tellement dévouée à Dieu que c 'était un modèle pour nos

novices. Sœur Mathilde était si douce, si pure, qu 'elle pouvait effacer nos

doutes en un seul mot.

Salut ! Tu te faisais lĂ , toi ?

Le plombier ne peut pas changer ma chaudière avant au moins 15 jours.

C 'est mon peignoir, ça.

T 'inquiète ? Je sors de la douche, je ne vais pas l 'abîmer, ton peignoir.

Au fait, t 'as eu les enfants ? Oui, je pense les prendre ce week -end.

Il ne va pas, toi.

Non, ça va.

C 'est juste qu 'on a retrouvé une femme ce matin.

Elle a été assassinée. Je la connais, mais je n 'arrive pas à me souvenir de

vous. Ne me la fais pas. C 'est mon frère, je te connais par cœur. Les

cadavres... C 'est pas ce qui te perturbe, hein ? Non, c 'est juste que j

une tonne d 'emmerdes qui se profilent à l 'horizon, mais ça va aller, je vais

gérer. Toi, t 'as croisé Léa ?

Merci, Frangine !

J

'imagine qu 'elle ne fait pas partie de votre communauté ? Non.

Nous accueillons des femmes victimes de violences conjugales.

Une sorte de refuge temporaire, si vous préférez.

Il n 'y a jamais eu de problème ? Excusez -moi, je suis un peu

'aurais dĂ» vous en parler plus tĂ´t.

Si, il y a une quinzaine de jours, un homme est venu. Il avait bu, il voulait

voir sa femme, il a menacé de tout casser.

Et ? Et c 'est Sœur Mathilde qui l 'a ramenée à la raison.

Vous n 'en avez pas un nom ? Francini, je crois.

Francini.

Merci, madame.

Ma mère.

Au revoir, ma fille.

Attends, laisse -moi deviner.

C 'est un peu hasard, c 'est ça ? Ah mais non, t 'es venu pour te confesser ?

'est -ce que tu fais lĂ , Paul ? C 'est marrant, je me posais la mĂŞme question.

Pourquoi t 'es venu ici ? Pourquoi t 'as quitté la brigade de Lyon ? Je te

manquais, c 'est ça ? Oui, oui, c 'est ça.

Je te repose la question, Paul, qu 'est -ce que t 'es fait lĂ  ? T 'as besoin de

te prouver des choses ? Non, pas du tout. Non, non, mais... Ce matin, quand

'ai vu la victime, je me suis dit que je la connaissais.

Seulement, sans son voile, impossible de la reconnaître.

Et comment ça t 'est revenu ? C 'est Magalie.

Non, mais ça serait trop long à t 'expliquer. C 'est quoi, ça ? J 'ai hâte

fumer. Encore ? Oui, bon, écoute, abrège.

Oui, alors je te disais que l 'année dernière, j 'ai amené une jeune femme

Son mari l 'a tabassée et c 'est la victime qui nous a reçus.

Sœur Mathilde ? Voilà, sœur Mathilde.

Enfin, moi, je traite surtout avec Sœur Bernadette. Oui, alors tu sais, Paul, si

tu t 'ennuies, tu peux aller faire du bateau, faire des mots croisés, mais

arrĂŞte de mettre ton nez dans mon enquĂŞte.

Oui, alors non, je ne sais pas si tu es au courant, mais le bateau, je ne l 'ai

plus. Et puis, je ne m 'ennuie pas du tout.

Oui, enfin, tu sais, ce genre d 'infos, tu

VoilĂ , voiture, maison.

T 'oublies pas, t 'as les enfants ce week -end.

Ouais, alors cite -moi une seule fois où je les ai oubliés.

Oui, Camille.

Non, laissez tomber l 'identification. Elle s 'appelle Mathilde Lagné.

Par contre, essayez de me trouver un certain Francini.

Non, c 'est pas son prénom.

Non, je suis désolée.

Vous me rappelez. Merci, Camille.

Je vais prendre fini.

Mon amour est national.

Ça va ? Pas trop fatiguée ? Je t 'ai mis qu 'un seconde dans la vue, là.

Viens t 'entraîner avec moi.

Je peux te coacher, si tu veux.

Allez. T 'es du délire ! Assis.

Qu 'est -ce qui vous arrive, M. Frantini ? Ça vous perturbe quand une femme vous

donne de l 'ordre ?

Ah si, j 'ai dit... Je connais bien des filles comme vous.

Vous avez envie de me connaître, c 'est ça ? Ça vous démange ? Votre femme vous

manque ? Eh oui, on ne fait plus pour qu 'elle se défouille maintenant, hein ?

Elle est partie, on n 'a plus personne sur qui frapper.

Bah allez -y, cognez.

Allez -y, vas -y, c 'est ça ? C 'est ça que tu fais, Mathilde Lanné ? J 'y suis

pour rien, je vous jure ! Reste lĂ , je te dis.

Tu la décores.

Toutes logées à la même enceinte.

Notre foi nous impose de vivre dans le dénouement et la santé.

Les

carmélites

n 'ont que deux tenues.

C 'est pareil pour eux.

Oui. Quand l 'une de nos tuniques est faille, nous portons l 'autre.

Sœur Mathilda a été retrouvée en jean et basket, ce qui veut dire qu 'elle s

'est changée quelque part.

Et l 'autre robe ? Elle n 'en fait rien.

C 'est vrai, ça.

Si vous deviez faire le mur et passer incognito, vous feriez comment ? Non,

Je marche.

Admettons que vous ayez envie d 'assister au concert géant de Sœur

que la mère supérieure vous l 'interdise, vous passez par où ?

Vous vous coupez Ă  travers la forĂŞt ou vous contournez la colline ? Je vous

jure, je dis rien.

Je vous l 'ai dit.

Vos enfants ont l 'air de plutĂ´t bien s 'en sortir.

Avec un peu de chance, leur mère vous laisserait les avoir un jour.

Si vous êtes derrière les barreaux, ça va être plus compliqué.

Bruce qui est 20 ans, Anthony.

Ok, c 'est vrai.

Je l 'ai revu après être allé au couvent. Mais c 'est elle qui m 'a

'ai jamais voulu la tuer.

Quand j 'ai su que ma femme s 'était cachée au couvent, j 'ai essayé de la

J 'étais un peu... Et c 'est cette bonne sœur, la Mathilde, qui m 'a calmé.

Pourquoi elle vous a recontacté ? Elle m 'a téléphoné pour que je passe la

chercher et que je la dépose en ville.

En ville ? Pourquoi vous ? J 'en sais rien, moi. J 'ai juste fait le taxi.

Le couvent, il est paumé en pleine nature.

Elle a besoin de quelqu 'un qui avait une bagnole.

Qu 'est -ce qu 'elle vous a dit d 'autre ? Que ça devait rester entre nous.

Vous êtes allé la chercher au couvent ? Non.

Elle m 'a donné rendez -vous sur la route, à l 'écart.

Et quand je suis arrivé au point de rendez -vous, elle s 'est déjà changée,

ne l 'ai pas reconnue.

J 'aurai gagné la nationale en contrebas.

Et s 'il n 'y a personne pour venir me chercher, je ferai du stop.

Il y a pas mal de camions qui transitent par ici.

Quoi ? Ben, c 'est parce que vous m 'avez demandé, hein.

Vous n 'allez pas croire que j 'y ai déjà pensé. Ah non, mais je crois rien,

soeur, je crois rien.

Vous trouvez quelque chose, M. Marshall ? Non, pas pour l 'instant.

Regardez ! C

'est la tunique du matin.

OĂą est -ce qu 'elle a bien fait de changer ? C 'est moi.

Merci.

Carnet de commande.

Ah, une page a été arrachée.

Bon, vous me croyez maintenant ? Si vous ĂŞtes innocent, pourquoi vous avez

essayé de vous enfuir en voyant mes collègues ? Parce qu 'un putain de lui m

interdit d 'éclairvoir ma femme.

J 'ai cru que vous étiez là pour ça.

Et effectivement, une ordonnance de protection, j 'ai vérifié. Il n 'a pas

droit d 'approcher sa femme.

Vous l 'avez déposée où, Mathilde ? Place Jean Moulin.

Il y a quoi là -bas ? La mairie, la bibliothèque.

Si vous touchez encore un cheveu de votre femme...

Ou mĂŞme d 'une autre femme.

C 'est Ă  moi que vous aurez affaire.

Bonjour. Capitaine Paul Marshall de la brigade de recherche de Montpellier.

On s 'est déjà vu il y a deux ans sur une enquête et vous m 'aviez donné deux,

trois infos.

Oui, peut -ĂŞtre.

Pardon.

Simon, sois lĂ .

Je suis Ă  la recherche d 'une femme.

La quarantaine, cheveux longs, châtain.

Je ne sais pas, les yeux marrons.

Elle avait les yeux marrons.

Et elle ressemblait à ça.

Non, désolée, je ne vois pas.

Merci, mademoiselle.

Et là, laisse -moi deviner, t 'es venu toucher tes ailes là -haut, c 'est ça ?

Ça va, t 'énerves pas. J 'ai l 'air énervé, Paul, je suis pas du tout

devrais en reprendre quelque chose.

Oh, ça va.

Bon, ok, alors, on va oĂą ? Ton bureau, mon bureau ? Quel bureau ? Je vous place

en garde Ă  vue ce jour Ă  17h55 pour entrave Ă  la justice, dissimulation d

'indices et insubordination.

C 'est une blague, là ? Ah non, non, non, tu vas apprendre à les connaître,

blague, c 'est pas son truc.

Bon, Léa, je suis... Marshall, je ne plaisante pas, vous êtes en train de

le bordel sur mon enquĂŞte. Le bordel ? Mais quel bordel ? Mais t 'es toi qui n

'as pas le choix, t 'es en vacances, je peux pas te suspendre, il me reste quoi

? Ok, ok, combien d 'heures ? Eh ben je sais pas moi, 24, 48, non 87 si j

'arrive Ă  prouver que t 'es un terroriste.

Elle est par oĂą la cellule ? LĂ  -bas. Je vous remercie.

Et là bien sûr tu vas me dire que tout est normal.

Il y

a

un mec sur Terre obligé de bosser avec son ex -femme et il a fallu que ce soit

moi. Ça va, il y a Pierre.

Ah non, ça non ?

Tu t 'es posé la question de savoir ce que j 'avais pu ressentir quand t 'avais

fait ta demande de mutation dans ma brigade ? J 'étais très bien ici, moi.

Ah oui ? Je crois pas, non.

Enfin, t 'es pas ce que m 'a dit mon prédécesseur.

Pas grave.

Je le cite.

Très bon élément, mais totalement ingérable, il n 'en fait qu 'à sa tête.

Ah l 'enfoiré.

C 'est pour ça que t 'as voulu m 'éloigner.

Mais pas du tout.

Écoute, quand j 'ai vu ta réaction quand je t 'ai annoncé que je prenais la tête

de la brigade, je me suis dit qu 'une petite semaine de vacances, ça ferait

de mal et puis on aurait pu commencer en douceur.

C 'est normal que je pète un câble.

Avec tes états de service, tu pouvais te faire muter n 'importe où. Pourquoi ici

? Quand Alice et Tom m 'ont dit que

vous veniez vous installer ici, j 'ai cru que c 'était une blague.

de mariage et deux enfants, je te connais par cœur.

Et quand tu fais ton petit truc avec ton sourcil, je sais qu 'il y a quelque

chose qui va pas.

Eh ben, tu te trompes.

Voilà, je... J 'avais envie de changer d 'air. Je me suis dit que c 'était bien

pour les enfants de se rapprocher de leur père, qu 'il allait pouvoir enfin s

'investir. Ouais, ben je te rappelle que c 'est toi qui as voulu divorcer, c

'est pas moi. Oh, tu me pratiques.

Euh, je vous dérange ? Oui.

Euh,

on a du nouveau ? Oui.

Vous croyez en l 'immaculée conception ?

Accrochez -vous, sœur Mathilde a eu un enfant. Le légiste a analysé les os du

bassin, il est formel. Une bonne sœur qui accouche ? Ça remonte à plusieurs

années. La dalle ? Elle est dans l 'immeuble de la place Jean Moulin.

C 'est pour ça que Francine voulait déposer Mathilde là -bas.

Pour retrouver l 'enfant qu 'elle a abandonné.

C 'est bon ça ! Qu 'est -ce que tu fais là ? Je prends de l 'avance.

Eh bien merci quand mĂŞme.

Les services sociaux refusent de lever le secret.

J 'ai demandé une commission regatoire.

Mathilde n 'a aucun enfant connu, ni décédé, et rien sur son état civil.

Pourtant, elle a donné une grossesse à terme.

Une bonne soeur.

C 'est dingue.

C 'est une épreuve difficile.

On n 'abandonne pas un bébé comme ça.

Ok, mais encore, ça aurait un lien avec sa mort.

Si Mathilde recherchait son enfant, peut -ĂŞtre que quelqu 'un a voulu l 'en

empêcher. Les parents adoptifs ? S 'ils n 'ont pas dit qu 'il était adopté, ils

n 'étaient pas spécialement en vie que Mathilde débarque comme ça dans leur

Il faudrait la date de naissance de l 'enfant pour la retrouver.

Oui ! Trouvez l 'hĂ´pital le plus proche de lĂ  oĂą habitait Mathilde avant de

rentrer au couvent. Elle a dĂ» accoucher lĂ  -bas avec un peu de chanvre.

Je crois que le capitaine Marshall vous appelle.

Il est tard, mes amis.

On se retrouve demain, il dit.

De bonheur et de bonne humeur.

C 'est quoi ce truc entre vous et le commandant solaire, lĂ  ?

Thomas, c 'est maman.

Je suis rentrée.

Je suis encore désolée pour ce matin.

J 'ai vécu une journée de dingue.

Alors, vous avez choisi vos chambres ? Qu 'est -ce qui se passe ? Ouais, on a

quelques petits problèmes, en fait, maman.

Dans un premier temps, on n 'a pas trouvé les câbles ni pour la télé, ni

console. Le micro -ondes est complètement mort. Du coup, on n 'a pas

Ă  bouffer ce midi, mais peut -ĂŞtre encore.

Il n 'y a pas d 'Internet.

Ah ouais, putain, maman, c 'est le bordel, ça.

Non, mais il va falloir que tu fasses quelque chose, lĂ .

Sinon, ça peut causer des traumatismes irréversibles à l 'enfant. De pas avoir

un cadre de vie sain et équilibré.

Ă€ cause d 'Internet.

Bon.

À l 'unanimité, on a décidé d 'aller dormir chez papa.

Le temps que les conditions optimales à notre épanouissement soient enfin

réunies. Sinon, on risque de faire des tas de conneries.

Le sexe, la drogue... Échec scolaire, tentative de suicide... Oui, c 'est bon,

Thomas. C 'est bon, on a compris.

Votre père est au courant ? Oui.

Et d 'ailleurs, il a très bien compris nos revendications.

Le taxi est lĂ .

Un taxi ? Mais ça va pas bien.

Maman,

c 'est toi trois secondes.

Ça sert à rien d 'avoir emménagé à côté de chez papa si on peut pas en profiter.

Puis maintenant, on est grands.

Papa, il va pouvoir s 'occuper de nous.

Et puis... Et puis ça va être bien pour toi.

Tu vas pouvoir profiter de ta vie.

Tu vas pouvoir souffler.

Allez, passez.

Je t 'appelle quand on arrive.

Salut papa.

Salut Loulou. Bien dormi ?

Oh non Pat, c 'est très bien que je mange pas de croissants.

Mais je sais ma chérie, c 'est pour ça que tu as acheté tes céréales préférées.

Oh merci.

C 'est top.

Alors par contre, non.

Parce que comme c 'est du bois, ça fait des taches et après ça part pas.

Tu vois ? Ok, d 'accord, parce que c 'est du bois. Non, non, c 'est pas

Ok, y 'a pas faute toi.

On est mieux ici qu 'en plein milieu des cartons.

Attends, c 'est que le premier jour qu 'on est ici. On verra la fin de la

semaine.

Comment ça, la fin de la semaine ? Bah, avant, on passait que les vacances

ensemble. Et ouais ? Maintenant qu 'on est à Montpellier, ça n 'a plus de sens.

Qu 'est -ce qu 'elle veut dire ? Qu 'est -ce que tu veux dire ? Ce qu 'elle veut

dire par là, papa, c 'est que maintenant, on va squatter la moitié du

toi.

D 'un coup, là... Ah non, alors, pas de précipitation.

Maman est au courant ? Bien sûr.

Ah bon ?

Non, OK.

Mathilde Lagné ? Oui, je m 'en souviens.

Très bien, même.

Elle a accouché d 'un magnifique petit garçon.

Vous avez une très bonne mémoire.

Rassurez -vous.

Je ne me rappelle pas de tous les bébés que j 'ai mis au monde.

Mais ceux nés sous X, ceux -là, je m 'en souviens.

Et croyez -moi, c 'est pareil pour toutes les femmes.

Elle vous a expliqué pourquoi elle a fait ça ?

On pose pas beaucoup de questions, nous, quand ça arrive.

On respecte le choix des mères.

Tout ce que je sais, c 'est qu 'elle ne se sentait pas capable de l 'élever

seule. Est -ce qu 'il y avait de la famille avec elle ? Non.

Juste une bonne sœur.

Mathilde pleurait beaucoup.

Elle a demandé à prendre son bébé dans les bras.

Elle lui a parlé pendant un long moment.

Elle évitait ? Peut -être.

En général, les femmes qui accouchent sous X ne veulent pas avoir de contact

physique avec leur enfant.

Pour ne pas s 'attacher.

Mais elle, si.

C 'est tellement rare.

Je me souviens de l 'avoir écrit dans le dossier d 'abandon.

Écrit quoi ? Qu 'elle l 'a pris dans les bras.

Je me suis dit que si un jour son fils retrouvait son dossier,

Ça l 'apaiserait de savoir que sa mère ne l 'a pas abandonné froidement.

Elle l 'aimait, cet enfant.

Ça se voyait.

Vous auriez une date à nous donner ? Oui, mais en précis, d 'au moins un

une année.

Le 21 septembre 1997.

Ah ouais, quand mĂŞme.

C 'était la veille de l 'anniversaire de mon fils.

Je peux vous dire que j 'ai eu du mal Ă  faire la fĂŞte. J 'en ai pas dormi la

nuit.

Maman, j 'arrive pas à vous joindre, vous êtes où ? Bon, enfin, écoutez, j

'espère que tout va bien. Rappelez -moi.

Bisous, bisous.

Monsieur, dame, bonjour.

Bonjour. Alors, la sage -femme, ça donnait quoi ? Mathilde Lannier a

21 septembre 1997.

Ah, mais c 'est pas nécessaire, moi.

La commission rogatoire, on l 'a reçue ? Oui, elle vient d 'arriver.

On va pouvoir cibler nos recherches dans les dossiers de la DAS.

Ce serait bien.

Bon, on n 'a plus qu 'Ă  reprouver les parents adoptifs, autre chose ? On a

vérifié avec les dates. Mathilde était enceinte de six mois quand elle est

entrée au couvent. Et d 'après la sage -femme, elle était avec une religieuse

quand elle a accouché.

On connaît son nom ? Pas encore.

Et devinez qui s 'occupait à l 'époque au couvent des femmes victimes de

violences ? La mère supérieure.

Merci.

Pourquoi vous n 'avez rien ? Parce que je ne pensais pas que ça pouvait avoir

rapport avec sa mort.

Et puis certaines choses relèvent du secret de la confession.

En gardant le silence, vous avez peut -être protégé un assassin.

Vous en avez conscience ? Sœur Mathilde était une toute jeune femme, sans

repères.

Elle a perdu sa mère très jeune.

Quand elle est arrivée ici la première fois, c 'était pour s 'éloigner de son

petit ami.

Pourquoi il la battait ? Non, mais c 'était une relation amoureuse toxique.

Intense, mais dangereuse pour elle et pour...

Pour le bébé ? Mathilde était enceinte de six mois.

Le père de l 'enfant était un petit voyou. Quand elle a compris qu 'il ne

changerait jamais, elle a décidé de le quitter.

Et le père savait pour son enfant ? Non.

Elle a préféré le cacher.

On n 'aurait pas un nom, par hasard.

Je sais qu 'il était mystérieux et rebelle.

Que c 'est ce qui l 'avait séduite.

Oui, je vois.

On fait tout de fait avoir un jour ou l 'autre.

Enfin, je... Je veux dire, je comprends pas pourquoi elle a pas gardé son

enfant. Elle aurait pu très bien refaire sa vie, comme tant d 'autres.

Je vous l 'ai expliqué, elle était extrêmement jeune.

Elle ne se sentait pas capable de l 'élever.

Et puis, ici, avec nous, elle a trouvé la paix qu 'elle n 'avait jamais trouvée

ailleurs. La paix.

Oui.

Tu peux peut -ĂŞtre lui dire que t 'as du boulot et pas trop de choses Ă  faire

aussi. T 'es jaloux ? Appelle -le ton prêtre Armand, ça ira plus vite.

Ouais, t 'as raison.

AllĂ´ mon amour ? Ouais.

Ah d 'accord, ok.

Ouais, ouais.

Oui Camille ? AllĂ´ ? Oui, oui commandant.

Oui, c 'est confirmé, Mathilde Lannier avait bien pris rendez -vous avec l

juridique de la DAS.

Elle voulait savoir la procédure pour retrouver ses droits parentaux.

Elle leur a également dit qu 'elle voulait quitter les ordres.

Eh ben, ça nous oriente un peu plus vers les parents adoptifs. Ça, on en est où

? Vous les avez trouvés ? Oui, Jean et Isabelle Labatte. Je les ai convoqués

pour 13h. C 'est dans 10 minutes.

Ah. Bon, bah écoutez, faites les patienter, j 'arrive.

Vous auriez pu laisser notre fils en dehors de ça.

J 'aurais préféré moi aussi, madame Labatte.

Mais il s 'agit d 'un homicide.

Il y a toujours quelque chose qui vous rappelle que vous n 'êtes pas sa mère.

Les amis, qui ne savent pas, qui vous parlent des ressemblances.

Les médecins qui vous posent des questions sur les antécédents familiaux.

Alors qu 'ils ne savent mĂŞme pas de votre ventre.

Et aujourd 'hui, vous ? Je comprends.

Donc vous êtes bien sûr de ne jamais avoir rencontré Mathilde Lannier.

Puisqu 'on vous le dit.

Où étiez -vous avant -hier entre 18h et 20h ? Parce que vous nous soupçonnez.

Vous étudiez entre toutes les pistes.

Et vous avez un excellent mobile.

On était à la maison.

Je suis même restée très longtemps en téléphone avec ma sœur. Il suffit de lui

demander.

Est -ce que votre fils sait qu 'elle a été adoptée ? Je vais devoir lui parler.

Il ne suffit pas de mettre au monde un enfant pour prétendre être une mère.

Marc n 'en a qu 'une.

Bonjour, Marc.

On vient de m 'expliquer.

Et ? Vous savez quelque chose qui pourrait nous aider ? Non, je ne savais

pas qu 'elle essayait de me retrouver.

Et de toute façon, je n 'ai pas besoin d 'aide. C 'est juste la personne qui m

'a mis au monde, pas celle qui m 'a élevé.

Donc vous n 'avez jamais rencontré Mathilde Lannier ? Parce que je vous dis

je suis heureux, j 'ai tout ce qu 'il faut.

Et un premier départ en formidable.

Et avant que vous lui demandiez, notre fils était au tennis à l 'heure du

meurtre.

N 'est -ce pas, Marc ? Oui.

Elle n 'est pas lĂ  ? Qui ? Solaire.

Elle est sortie, pourquoi ? Non, je comprends pas un truc sur l 'enquĂŞte.

Ah, vous avez retrouvé l 'oncle de la victime ? Oui, mais rien de spécial.

C 'est un gros fermier de la région.

Il avait pas vu Mathilde depuis qu 'elle est entrée au couvent et il savait pas

que... Il savait pas quoi ? Excusez -moi, capitaine, mais je préférais que

voyiez directement avec le commandant. Avec le commandant ? Vous n 'ĂŞtes pas

cette affaire ? Erwan, tu me connais, tu crois franchement que je vais partir d

'ici sans avoir mon info ? Ok.

Alors moi, je vous dis ce que je sais.

Mais en échange, vous me dites ce qu 'il y a eu entre vous et le commandant

Solaire. Il y a eu une histoire, un contentieux, non ? Ouais, c 'est un truc

comme ça, ouais.

Un contentieux ou une histoire ? Eh ben, les deux en mariage et deux enfants.

Bon, l 'oncle, il savait pas quoi.

Que Mathilde voulait sortir du couvent.

C 'est étrange, ça, qu 'il ait pas eu de nouvelles.

Quand tu bouleverses ta vie Ă  ce point -lĂ , t 'as juste envie de rentrer chez

toi, non ? Retrouver tes repères.

Bon, je te le prends.

C 'était pas dans le livre, ça, Capitaine. Non, non, non.

Capitaine.

Dès le mois, je vais te faire engueuler.

Monsieur Lagné.

Capitaine Marshall, brigade de recherche de Montpellier.

Si c 'est pour Mathilde, j 'ai déjà tout dit à vos collègues. Oui, je sais, mais

j 'ai du mal à croire que vous ne l 'ayez pas revu récemment.

Pourtant, c 'est la vérité.

D 'autres questions ? Belle exploitation.

Si je ne me trompe pas, vous l 'avez montée avec votre frère, le père de

Mathilde. Et quand il est mort, votre nièce a touché ses pas.

Mais elle vous en a laissé l 'usufruit. Juste.

Vous voulez en venir oĂą ? Est -ce que vous saviez que Mathilde voulait quitter

le couvent ? Ça fait presque 20 ans que je ne l 'ai pas vue.

C 'est marrant, ça. Ce n 'est pas du tout ce qu 'elle raconte dans son

intime. Elle y écrivait tout, absolument tout. Et notamment vous avoir revue il

y a quelques semaines.

Bougez pas, je vais retrouver la date.

Vous êtes toujours sûr de ne pas l 'avoir revue ? Je peux vous placer en

vue, si vous préférez.

Comme ça, ça vous laissera tout le temps de réfléchir à votre réponse.

Après, je comprends.

Ça doit être horriblement dur d 'imaginer devoir partager tout ce qu 'on

construit, seul, de ses mains.

Du temps de mon frère, c 'était une petite ferme familiale, ici, avec...

Trois loupins de terre autour.

Aujourd 'hui, j 'ai 30 personnes qui travaillent.

Et ça, Mathilde me l 'enlèvera jamais.

Et vous n 'auriez pas dû la tuer pour ça ? Il ferait mieux de chercher du côté

du père de son môme.

Pourquoi ça ? Pour qu 'elle entre au couvent.

Il n 'a pas dĂ» lui laisser que de bons souvenirs.

Vous pourriez peut -ĂŞtre me noter son nom ?

C 'est quoi, ça ? Y a rien là -dedans, c 'est pas un journal intime.

Préparez -vous, monsieur Lagné. Je crois que la famille va s 'agrandir.

Salut, maman.

Qu 'est -ce que vous faites là ? Je vous croyais chez votre père.

Mais non, Paul, on va pas fixer les règles ici aussi.

T 'inquiète pas, en fait, passé, ils sont juste venus récupérer quelques

affaires. Je comprends pas, je croyais que c 'était juste pour deux, trois

jours.

Euh, ben, en fait, on s 'est dit qu 'une semaine sur deux, ça serait pas mal.

Allez m 'attendre dans la voiture.

J 'ai l 'impression d 'avoir raté tellement de choses avec eux.

C 'est pas facile de tourner de front.

Ouais, c 'est vrai.

Tu sais.

Et t 'essaies quoi exactement ? Toi, tu les avais pour les vacances.

Les vaccins, les rendez -vous chez le médecin, le dentiste, les poules, les

devoirs, les convocations au collège, les chagrins d 'amour.

T 'as toujours eu le beau rôle, toi. C 'est moi qui ai géré le quotidien.

Alors tu sais, une semaine sur deux, moi ça me va.

Si toi, ça te va.

T 'es prêt à renoncer à ta petite vie de célibataire endurcé ?

Oui.

Ok. On va faire ça, alors. Ok.

Ah, j 'ai... J 'ai une info pour ton enquĂŞte.

Tu m 'énerves.

Le dernier petit copain de Mathilde s 'appelait Patrick Granger.

C 'est le père de son fils ? Oui.

C 'est peut -ĂŞtre aussi le meurtrier.

Enfin, j 'ai tout. Adresse, numéro de téléphone, numéro de sécu... Tu veux

retourner en garde Ă  vue ?

Non, je crois pas que tu feras ça, je te connais trop bien.

Tu préfèreras m 'avoir sur le dos que de laisser courir la cesse.

Demain matin, 9h pétante, mais je te préviens, c 'est la première et dernière

fois.

En tout cas, moi, je l 'aime bien, la nouvelle patronne.

Ouais ?

J 'ai parlé avec Paul et tu sais quoi ? Non, quoi ? Elle s 'est encore plus

énorme que ce que je pensais.

Vas -y, développe.

Ils ont été mariés.

Moi, je te le dis, on va en baver.

Pourquoi ? D 'après toi, qu 'est -ce qu 'il y a de pire que d 'avoir des parents

divorcés ? Avoir des patrons divorcés.

Vous n 'étiez pas obligé de venir me chercher au boulot.

Personne ne savait que j 'avais un casier.

Vous nous envoyez vraiment désolé.

Voilà ma armée, violence sur personne.

Non, c 'est fini tout ça.

Mathilde Delaney, vous connaissez ? Bien sûr que je la connais.

Elle est venue me voir il y a un mois Ă  peine.

Ça fait presque 20 ans.

Et qu 'est -ce qu 'elle voulait ? Ben on sait que j 'avais un fils.

Comme ça.

Sans me prévenir.

Vous l 'étiez pas au courant ? Ben non.

Bien sûr que non, elle m 'a ignoré pendant des années.

Sans rien m 'expliquer.

Elle disait qu 'elle avait du mal à vivre avec ça sur la conscience.

Si ça m 'était arrivé, ça me aurait tué.

C 'est un beau mobile pour se venger et la tuer, non ? Quoi ? Mathilde a été

assassinée.

Et on a retrouvé vos empreintes sur le brasset de sa montre.

Attendez.

Non, vous n 'y ĂŞtes pas du tout.

C 'est vrai, j 'ai pété un câble quand j 'ai su que j 'avais un enfant et qu

'elle me l 'a caché.

Vous l 'avez frappé ? Non, je l 'ai attrapé par le bras, par les épaules, je

sais plus, mais c 'est tout.

Je venais d 'apprendre que j 'avais un enfant.

Je n 'allais pas tuer sa mère.

Vous avez pu refaire rencontrer Marc ? J 'ai payé, oui.

Je voulais le voir en chair et en os, le sentir.

Et ? Je suis tombé sur ses parents adoptifs.

Le père m 'a menacé de...

de porter plein de boires salement.

Ça peut se comprendre.

Vous débarquez dans leur vie en provoquant le même cataclysme que

la vĂ´tre.

En général, ce genre de trucs, ça se coud, non ? Et vous avez respecté leur

ultimatum ? Disons que mon casier m 'a aidé à rester à distance.

J 'ai déjà eu assez d 'emmerdes comme ça avec la justice.

C 'est d 'ailleurs pour ça que Mathilde m 'a largué à l 'époque.

Elle pensait que vous feriez un mauvais père.

Oui.

Parce qu 'elle m 'a dit oui.

Elle avait peut -ĂŞtre raison.

Brigadier, s 'il vous plaît.

Je... J 'ai pas d 'enfant caché, moi.

Je crois pas, non.

On doit rappeler les parents adoptifs, ils nous prennent pour des imbéciles

depuis le départ.

Eh ben, je prends la tĂŞte. Eh ben non.

Vous ĂŞtes Ă  vacances, Marshall.

Pourquoi vous n 'avez rien dit ? Pour protéger Marc.

Ces gens sortis de nulle part ne sont pas ses parents.

Ils l 'ont abandonné.

Foutez -leur la paix.

Je vous le répète, vous n 'êtes qu 'un père et une mère et vous les avez en

de vous.

Et nous, nous voulons retrouver l 'assassin de Mathilde Lannier.

Marc, si tu as rencontré cette femme, tu peux le dire.

C 'est pas grave, tu sais.

Mais non, je... Pourquoi je le recherchais ? De quoi ta maman traite d

quitté ma mère ?

Savoir s 'il m 'a pris dans ses bras avant de... De vous abandonner ? Vous

venir avec moi, Marc.

Je crois qu 'on a des choses Ă  dire.

Mathilde t 'a tenu dans ses bras le jour de ta naissance.

La sage -femme l 'a écrite sur ton dossier d 'abandon.

Pour connaître ce genre de détails, qui n 'en est pas un, tu as forcément

rencontré ta mère biologique.

Marc. Nous allons comparer ton ADN avec celui qu 'on a retrouvé sur le corps de

ta mère. Si tu as quelque chose à dire, c 'est maintenant.

C 'est vrai, je l 'ai vue.

J 'avais besoin de la retrouver.

C 'est moi qui ai fait toutes les démarches.

Pas elle.

Tu avais peur de blesser tes parents, c 'est ça ? Ils ont toujours eu peur que

je les n 'aime pas.

Je pouvais pas leur dire sans leur faire du mal.

On peut les comprendre.

C 'est eux qui t 'ont élevé, qui t 'ont aimé, qui t 'ont fait grandir tous les

jours.

Est -ce que quelqu 'un d 'autre était au courant ? Non.

Elle aussi, elle voulait que ça reste secret.

On se voyait tous les lundis soirs, au Carbona, un café en ville.

On a beaucoup pleuré.

C 'était merveilleux.

Marc, je suis obligée de te poser la question.

Est -ce que tu l 'as tué ? Non.

Jamais je ne le ressens.

On avait tellement de choses Ă  rattraper.

On imaginait la prochaine fois.

Le

carbona, vous

connaissez ? Ouais, il y a un café dans le fond.

Quoi ? Il devait y avoir des caméras de surveillance.

Une banque, un feu rouge, une entrée d 'immeuble.

Si je ne me trompe pas, il y a un distributeur de billets juste en face.

On va vous récupérer les bandes. On va vérifier si Marc nous dit la vérité.

Vous n 'avez pas une cigarette ? Bon, j 'ai arrêté.

Attends, attends, attends.

Reviens derrière.

Je suis en train de faire des brouettes lĂ .

J 'ai prié pour que tout cela s 'arrête.

Il vient de m 'exaucer.

Où vous avez -tu que soeur Mathilde était en ville ? Elle n 'était plus la

elle avait l 'air absente, préoccupée depuis quelques jours.

Alors je l 'ai suivie.

J 'ai prétexté une livraison.

Et de la voir en civil, ça vous a fait croire ? Sur le coup, je n 'ai pas

compris.

Je la voyais parler, rire avec un jeune homme très beau, lui prendre les mains,

caresser son visage.

Alors j 'ai attendu qu 'elle sorte du café.

Je l 'ai suivie, je l 'ai regardée marcher.

Elle ressemblait plus Ă  celle que je connaissais.

Je l 'ai attrapée par le bras.

Mathilde a paniqué.

Elle m 'a demandé de la ramener au couvent et surtout de ne rien dire.

Elle vous a expliqué ce qu 'elle faisait dans le café ? Au début, elle était

confuse.

Et puis elle m 'a parlé de ses erreurs de jeunesse, de son accouchement, de l

'abandon. Et de ce jeune homme, son fils qu 'elle venait de retrouver, elle

avait l 'air tellement heureuse.

Vous avez dĂ» vous sentir trahi.

Sœur Mathilde était censée vous montrer le chemin et elle mentait sur sa vie.

Ce qui me faisait le plus peur avant de prononcer mes voeux définitifs, c 'était

de ne jamais avoir d 'enfant.

Sœur Mathilde me disait qu 'il fallait penser à Dieu, que c 'était ça le plus

important. Alors qu 'elle, elle en avait eu un. C 'était qu 'une menteuse, une

pécheresse.

Elle me disait qu 'elle était comblée de n 'être mariée qu 'à Dieu et de n

'avoir pour seule famille que les sœurs de la congrégation. Vous vous êtes

sentie abandonnée ? Je ne pouvais plus me contrôler.

Mathilde était mon seul repère, je lui faisais confiance.

Je n 'avais qu 'elle, moi.

Qu 'est -ce qui s 'est passé ensuite ? Je me suis arrêtée sur le bord de la

route.

J 'ai couru sur le chemin, je pleurais de rage. Mathilde a essayé de me calmer.

Elle m 'a attrapée par le bras.

Je l 'ai repoussée.

Elle est tombée en arrière.

C 'était un accident, je vous le jure.

Que Dieu vous pardonne.

Allez, trois plates, 17.

Je suis désolée, Marc.

On venait juste de se retrouver et mon ange doit aller la voir au cimetière.

T 'es sûr que tu veux y aller ? Tu risques de te faire beaucoup de mal.

Oui, j 'en ai besoin.

Ça se comprend.

C 'est mes parents, ça va aller.

Oui, c 'est même eux qui m 'ont proposé de venir là -bas.

Prends soin de toi.

Salut.

Au revoir.

Et tu

crois qu 'il va retrouver son père

biologique ?

J 'imagine qu 'il a droit Ă  une seconde chance, lui aussi.

C 'est vrai, ça y est. Il y a des gens qui changent.

D 'autres pas.

T 'embrasses les enfants pour moi ?

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