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On se connaît, non ? On s
'est vus ailleurs, je suis sûr.
À l 'agence de location de bagnole, au convoyage.
Trois fois par semaine, pour moi, du fromage dans les pâtes.
Pour moi, c 'est plutôt un coup de fromage, un coup des pâtes.
Merci.
Tu vas où ? Je vais chez mes parents, pour provoquer.
Pour voter ? Oui, première fois.
Hé, Mitterrand, j 'espère ! Euh... Ouais.
Ouais, ouais.
Ah ouais !
Mesdames et Messieurs, bonsoir. Nous sommes exactement 36 398 859 électeurs
inscrits pour le deuxième tour de l 'élection présidentielle demain. Le
tour de cette élection présidentielle risque d 'être extrêmement serré. Cette
fois, ça y est, la campagne électorale est définitivement terminée. C 'est le
silence après le jour.
C 'est le merdeux ? Salut du con. Oh non, commencez pas tous les deux sur le
week -end.
Coucou maman.
Ça va ? Tu pourras me rembourser le travail.
Tu fais attention avec l 'argent, oui.
Ça va, ta révision ? Ah ouais, ça va.
Je suis allé voir En attendant Godot au théâtre. Le B4.
Ça compte pour le bac, ça ? Bah à peine, ouais. Ça s 'appelle la culture
générale.
Pas toi que je dois rendre des comptes, en plus.
Ça va.
Comme l 'année dernière.
Tu sais combien ça a coûté à papa, ton bac raté ? Ton appart à Paris, tu sais
combien ça coûte ? Pourquoi ? C 'est toi qui paies ?
Comme c 'est pas un appart, c 'est une chambre, une petite chambre.
Ce que ça nous coûte, ça nous regarde, papa et moi.
Primo n 'aura pas une troisième chance, il le sait très bien.
Tiens, passe le fromage pour ton père.
Tu prendras bien un morceau, chérie ? Non, c 'est pas la peine. J 'ai les 50
bouquets du mariage à finir.
Bonjour papa.
Qu 'est -ce que tu veux ? Bah non mais rien, on ne s 'était pas dit bonjour, c
'est tout.
En soit, ils n 'ont pas tes bulletins scolaires à toi.
C 'était Marie -Anne.
Ils ont des troncs.
Pourquoi tu dis ça au lieu de répondre ? Bah non Marie -Anne, mais ils ont des
troncs, tu rigoles.
Détends -toi la conversation, tes bulletins.
Bon écoute papa, le bac c 'est dans 20 mois et c 'est le seul bulletin qui
compte.
Arrête de te foutre du monde.
Ta mère et moi, quand on s 'est mariés, on était pas plus beaux. Je me fous pas
de la gueule du monde, c 'est pas de ma faute si les gens sont... Bon, allez,
fous le corps ! Salut,
merdeux.
Mais qu 'est -ce qui s 'est encore passé ? Rien, je rentre à Paris.
Mais qu 'est -ce que tu lui as dit ? Mais tu devais pas aller voter demain ?
Non, je m 'en fous !
Merci.
Bonsoir. Bonsoir.
J 'ai mis le code, ça veut pas rentrer.
A2346B.
Ah merci.
Merci.
Merci à vous.
Merci.
Vas -y.
Salut.
François Mitterrand est élu président de la République.
Voilà.
Salut.
Alors,
t 'as vu, t 'as bien voté.
La prochaine fois, mon père aussi aura le droit de vote. Il me faut 7
en 2 équipes. 1, 2, 3, 1, 2, 4. On fait 21 voitures à bouger, 3 qu 'on voyage
par équipe. Allez hop, petit papier.
Ciao.
Porfirio. Portorio, chef d 'équipe.
José.
Mourad.
Malik.
Rachid.
Et Primo.
Rachid, second chef d 'équipe.
Les autres revenaient demain.
Oh ! Oh
!
Fais pas tenir un volant, toi.
Allez, va te coucher.
Hop, hop, hop.
C 'est vrai que c 'est complètement vrai, là ? Personne m 'a demandé si j
le permis, non plus.
Salut ! Salut, bienvenue.
Ça va ? Ça va.
Bon, je te présente pas Paul, hein. Salut.
Salut. Moi c 'est Delphine.
Oui. Ah, j 'aime bien tes mocassins neufs.
Olivier et Sophie... Ils sont à l 'intérieur.
Oui, merci.
On y va ? Oui, allons -y.
Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir. Bonsoir, madame.
Bon, mon père, il a un ami cambodgien, il a fui Pol Pot en 75.
Et crac. Il arrive ici, et six ans après, revoilà les Rouges.
Il a fait une attaque, tu vois.
Il est à l 'hosto depuis ce matin.
Oh là là, Mitterrand, le couteau entre les dents, faisant discrètement fusiller
la famille Giscard Romanov par la CGT.
Eh, tu rigoles, mais il va y avoir des cocos au gouvernement.
Mais alors, on avait déjà Maurice Papon jusqu 'ici.
Qui vient faire ici, Maurice Papon ? C 'est pratiquement un nazi. Il était
encore ministre du budget la semaine dernière.
C 'est bon ? Oh, ça va, c 'est du passé.
Va dire ça aux déportés de Bordeaux, en 42, ou aux arabes de Paris en 61.
Oui, enfin, peut -être. Mais les nazis ne sont plus là, les cocos aussi.
Et si on vous pétit, on va se retrouver avec les stars sur les champs comme à
Prague. Oh là, les mecs, vous croyez vraiment que ça peut arriver en France,
trucs pareils ? Non, parce qu 'il va pas faire six mois, le Mitterrand. Mon père
a un ami qui connaît son médecin personnel, il est condamné.
Ah bon ? Wow, c 'est dingue.
Tu vas te manquer.
Moi ? Je sais pas, il faut voir.
Attends, primo, dis -moi, tu serais pas de gauche, par hasard ? Non, en fait, j
'ai un ami qui est... Mais, tu sais, on peut très bien être riche et être de
gauche.
Qu 'on peut être pauvre et sans opinion ? Pour monsieur, une pêche de vigno
comme d 'habitude.
Et toi Primo ? Ton père, qu 'est -ce qu 'il en fait de son fric ? Mon père ? Et
Primo, ça vient d 'où ? Il est juif ton père ? Ou italien ? Ou les deux ? Mon
père est italien.
Enfin il était.
Il est mort.
Ah bah bon, il est mort ?
Oui, enfin, on n 'était pas très proches.
Il était photographe de mode, il travaillait surtout en Italie.
Mais donc, tu n 'es pas juif ? Non.
C 'est quoi, j 'ai un ami de mon père qui devait sûrement le connaître, alors.
Il est couturier à Milan.
Voilà des amis partout.
Quelqu 'un veut du vin ? Je suis maladroit, c 'est
terrible.
Merci. Vous pouvez rentrer, viens.
Bonne soirée.
Bonne soirée.
Hop là.
Tu rentres chez toi à pied ?
Je peux pas monter ? Non.
Mon père est là cette nuit.
Demain, il va me regarder à la loupe, me dire que je suis ternie.
Ça me serait rien que d 'y penser.
En plus, je crois qu 'il faut qu 'on se connaisse mieux.
C 'est à cause de Paul, c 'est ça ? Quoi, Paul ? Je sais pas, vous vous
connaissez bien. Enfin, vous avez l 'air proches.
T 'es parano.
Paul, il m 'a vu naître. C 'est un ami, c 'est tout.
Fais pas la gueule.
J 'ai quand même pas envie de te taper une fille facile.
C 'est moi, je suis rentrée, je vais dans ma chambre, j 'ai du boulot.
Tu vas tuer les yeux.
Ah non.
On voit que t 'es dans.
C 'est quoi ça ? C
'est
ton ex sur la photo là -bas ? Non, non.
C 'est mon père.
Tu trouves ça bizarre ?
Non. Tu viendrais avec moi à Ramatwil pour les vacances ? Où ça ? Ramatwil.
C 'est où ? À Saint -Tropez.
Ah oui, à Saint -Tropez. Je confondais avec l 'autre.
Ouais, mais tu parles. Ouais, j 'aime bien.
T 'es tout mou.
Viens là.
Ding -dong, Bramsi.
Primo Bramsi.
Je suis désolé, monsieur, j 'avais bossé toute la nuit.
Ah oui ? L 'année prochaine, vous faites quoi ? Une troisième terminale ?
Non, en fac.
En fac ? Il faut au moins avoir le bac pour s 'inscrire en fac.
Vous avez trois de moyenne partout.
La philo, c 'est dans trois semaines.
Je l 'aurai.
Vous pouvez répéter, j 'ai mal entendu.
Si, je l 'aurai.
Il faut que tout le monde en profite. Levez -vous.
Allez, levez -vous, Bramsi.
Répétez -nous ça.
J 'ai dit, je l 'aurai.
C 'est ça, oui.
Moi, je suis Gloria Gaynor, ma copine, c 'est les Beatles.
Allez, je vous parie, mille contraintes, vous n 'avez pas votre bac.
Topla, on parie 100 francs. Pardon ? Topla, on parie 100 francs ? Non.
Mais je vous paye le champagne.
D 'accord.
Vous pouvez déjà le mettre au frais.
Complètement pareil.
Moussa, Primo, Rachid,
leader Rachid,
Mirko
et Mohamed, leader Mirko. C 'est tout. Lundi, après le pont, il y aura du
boulot. Revenez.
Madame ?
Excusez -moi.
Comment il faut faire pour être leader ? C 'est une question d 'ancienneté, de
régularité.
Parce que moi, ça fait six mois que je viens et je suis jamais leader.
Moi, je veux bien que tu sois leader si Rachid te laisse sa place.
C 'est ça. C 'est pas une réponse.
Pourquoi on n 'a toujours pas de contrat ? Pourquoi on n 'est pas déclaré ?
Alors toi, c 'est pas la peine de revenir. Tu files tes listes noires.
Putain, mais c 'est dégueulasse.
Salope ! Dégage ! Dégage, mais je m 'en touche. Je vais vous foutre l
'inspection du travail, enfoiré.
Si c 'est comme ça... Non, toi, t 'as le job tout de suite. Ah non, non, non,
mais moi, si t 'es viré, je veux bien. Arrête tes conneries, je vais t 'en
vouloir, ma parole.
Bon, eh ben, je t 'irai un autre nom, alors ? Non, je garde, je prends, je
reste. Ok. Primo.
Putain, mais t 'es malade ! Hé, je vais très bien.
Je t 'explique pourquoi je suis leader.
Parce que je travaille plus vite, ça te va ? Et si je devais pas me faire faire
des petits pédés dans ton genre, j 'en coucherais l 'heure plus tôt.
Alors je te conseille de pas me doubler.
Le fric, j 'en ai besoin.
Je suis pas un fils de papa, moi. Mais je t 'emmerde, je suis pas un fils de
papa ! Bah, tu m 'emmerdes, moi ! Ouais, ouais, t 'as peur, ouais. Mais je suis
pas con, tu peux être rentier au plus que moi.
Putain, mais t 'es un vrai con !
Et à quand c 'est qu 'il y en a ? Ça se prend à voir.
Merci bien.
C 'est des copines à toi, tu les as trouvées où ? Dans un autocar à Perial,
rentrer à leur hôtel.
J 'aurais dit qu 'elle aimait avoir que les magasins de l 'avenue Montaigne.
Là, elles m 'ont dit « Moshi Moshi ! » Elle était mignonne, toi ! Là, j 'aurais
parlé de Champs -Sous -les -Toits, de Robert Badinter, des 39 heures qu 'on va
avoir, mais pas elle.
Et voilà.
Oui, Gabriel.
Ça va ? Ouais, ouais.
Chez Delphine ? Aïe, aïe, aïe. Ouais, non, ça tombe. J 'ai un barbecue,
justement, au bord de la piscine chez mes parents.
Donc... Ouais, non, enfin, chez ma mère. Chez ma mère, ouais.
Ouais.
Ouais, ouais.
Euh... Écoute, non, donne -moi toujours le numéro, je... Enfin, on se rappelle,
j 'ai... Oui,
non, pas toi, je... Je vais faire mon maximum pour venir.
Voilà, je vais voir ce que je peux faire.
Ouais.
D 'accord.
Ouais, moi aussi, je t 'aime.
Quoi, qu 'est -ce qu 'il y a ? Faut bien que tu trouves une excuse. Je vais pas
aller avec ma gueule de raton laveur, là, manique. Je suis... J 'ai un thème,
thème comme t 'es.
Ouais, non, mais moi, je suis rien, c 'est ça, le problème. Je suis rien, de
père en fils, je suis rien ! Maintenant, t 'es rien,
sans téléphone.
Je te couvre.
Gabriel, quelqu 'un pour toi ?
C 'est un raton laveur.
Non mais reste Primo, reste ! C 'est arrivé.
Ce qui est étonnant est de voir...
Émouvant, c 'est la justesse des expressions populaires tout de même.
Moi, j 'avais jamais vu une tête de raton laveur avant.
Je pensais que c 'était une image.
Je veux dire, une image sans fondement précis.
Alors que justement, c 'est la force de l 'image qui a donné l 'expression « une
tête de raton laveur ». Ça y est, t 'as fini ton numéro.
Non, mais bon, ça va, on a dit qu 'on était désolés. On dédramatise
On n 'est plus dans le compassionnel, on est dans l 'analytique.
C 'est humiliant, la compassion.
Quand tu dis à quelqu 'un « Oh, mon pauvre chéri », au final, tu t
pas au chéri.
Mais à l 'image que tu donnes de toi en disant, mon pauvre chéri.
Tu es resté comme ça combien de temps ? J 'ai toujours été comme ça.
Je parle pas à toi, connard.
En fait, le problème, c 'est que tu as les hématomes.
Il faudrait masser pour faire circuler le dessus mort par écrasement.
Ça, c 'est bien faux.
Si tu veux, je te masse.
Non, c 'est gentil, mais quand tu masses, ça fait mal.
Ça va, on va pas passer la soirée là -dessus.
Je suis... Excusez -moi.
Je vais y aller, j 'ai un mal de crâne à vomir.
Tu veux de l 'aspirine, journée ? J 'en ai fait moi.
Je vais prendre un taxi.
Je t 'accompagne ? Écoute, je suis pas bien, j 'ai la filo à réviser.
Je préfère rester seule.
Mais tu m 'appelles ? Évidemment.
Demain ? Oui, demain.
Ce soir ? Non, ça ira mieux demain. D 'accord.
T 'as trouvé Andalinta avec l 'amour ? De rien.
Tu l 'as lu ? Non.
T 'as vu, j 'ai mes pieds.
Bah oui, je sais, tout le monde en a, mais... Ils sont jolis, non ? Tu peux
passer des heures à regarder mes pieds.
Pas toi ? Non.
Manifestement, non.
Et alors, comme ça, Gabriel, t 'as demandé de venir à Ramaxel ?
Tu vas y aller à la baraque.
C 'est le paradis.
Au mieux, t 'auras une carte postale.
Pourquoi tu dis ça ? Je vois pas Gabriel débarquer à Ramatuel avec un type qui
ressemble à un accident de chemin de fer.
Je la connais, Gaby.
Elle aime pas les situations compliquées, elle aime pas les drames.
À 15 ans, elle a reçu un hamster.
Elle a laissé crever de soif dans sa cage.
Mais elle a quand même réussi à pleurer pendant une semaine après.
Et depuis, elle dit qu 'elle a trop souffert dans sa vie.
Bon, j 'ai rien contre les écrevées à hamster.
Ça peut être beau, une belle agonie de hamster.
Mais faut pas pleurer, après.
Attends, je comprends pas pourquoi tu me dis tout ça, là.
Parce que toi, t 'es pas un hamster.
Ce serait dommage.
Écoute, t 'es super adorable, mais... Enfin, je suis amoureux.
Je suis amoureux d 'elle.
Je crois pas que ça puisse aller entre nous.
Non.
Mes parents veulent pas que j 'invite un mec à ramatuel, alors...
Putain, merde, merde, non !
Je crois pas à l 'amour à distance, voilà.
J 'aurais préféré te parler.
Mais je me dis que t 'es peut -être encore chez Delphine, et c 'est peut
mieux comme ça. Voilà.
Oh putain, qu 'est -ce que tu fous ?
Bon, t 'as rien brûlé de la journée, quoi. Pourquoi faire ? Il y a 950 000
chômeurs. Ouais, t 'as raison.
Laisse la place à ton ami Paul, il en a besoin.
Je me suis bien marré, moi, ce soir. Tu veux voir ? Viens.
Allez !
Regarde
ça.
200 affiches à moi tout seul.
J 'en ai collé partout dans le quartier.
Pour la majorité de la France.
Et alors qu 'est -ce que tu veux que ça me foute la majorité de la France, Malik
? Primo, putain, tu vas pas te gâcher la vie à cause d 'une pétasse BCBG, merde
! Retire ça tout de suite.
Allez, ça va, je ne vais pas te taper dans ton état.
Arrête ! Je te tiens à la jambe, je te tiens à la jambe.
Arrête, je vais souffrir vite.
Arrête ! Adieu !
Oh non, les cons, putain ! Arrête, arrête ! Tu vas te faire péter la gueule
des prunes, là.
Par des prunes ? Petit con, on va voir.
Ça fait sympa les gars, devant chez moi, à la fois que j 'avais une belle vue.
Écoutez, j 'ai collé toute la soirée tout seul, ça m 'aurait fait plaisir que
reste au moins une journée.
Revenez demain.
Bon bah si on en est là.
Oh tu fais pas ça ! D 'accord, vous le faites bien vous.
Ouais mais nous on est chez nous.
Moi aussi, je suis chez moi, j 'habite ici. Bon, casse -toi ! Non, ne me casse
pas ! J 'ai le droit d 'être là.
Eh, t 'as pas compris qu 'est -ce qu 'on t 'a dit, toi ? On te bat.
Bon, qu 'est -ce qu 'on fait, on continue ? Non, non, non, on se casse.
C 'est pas ça ton bac ? C 'est que ces mecs -là passent le continent à me
traiter de dos nul et que tu t 'en fous.
Suffit -il de changer pour avoir une histoire ? Cette question vous inspire ?
Vous auriez pu disserter pendant trois heures dessus ce matin, alors vous
dû passer le bac philo.
Ramzi, qu 'est -ce que vous faites là ? Je ne m 'attendais pas à vous voir.
Le champagne au frais ? Comment
vous avez fait ? Le champagne, vous l 'avez ou pas ? Ben oui.
On va trinquer ?
Il y avait cru.
La probabilité était proche des Psyllones, mais pas entièrement nulle.
Et puis de toute manière, dans six mois c 'est Noël, on l 'aurait bu.
C 'est un tour
de main après un petit pas.
Allez, à votre bachelot, Bramsi.
Mon Dieu, c 'est reparti.
Vous vous
rendez
compte qu 'ils vont abolir la peine de mort, ces cons -là ?
Si moi j 'avais été condamné à mort, tu serais content, non ? Enfin, quoi que, c
'est pas sûr.
En attendant, on fête ton bac, Thibault.
T 'as vu ce que les rouges ont fait à l 'Italie ? Deux que ce soit pareil ici.
Arrête, tu dis toujours la même chose.
Mais bon, moi je sais ce que je veux.
Toi, c 'est un coup à droite, un coup à gauche.
Tu voulais faire philo à la Sorbonne, maintenant c 'est science éco à
Demain, ce sera quoi ? Pompier, pilote de ligne ? Ou chanteur d 'opéra ? J 'ai
pas le droit de changer d 'avis ? Si, si.
T 'as le droit aussi de passer ta vie le cul entre deux chaises si tu veux et
rien foutre.
La jeunesse, c 'est pas une excuse.
Quand on est jeune, il faut savoir qui on est. Toi, tu sais pas.
Et en plus, on dirait qu 'il t 'en fout.
Si ça peut aider, Marion, j 'ai une idée très précise de ce qui déprime.
Hein ? Tu veux qu 'elle te dise ?
Non, ça va gâcher l 'ambiance. Si, si, bah vas -y, dis -lui. Non mais si, vas
-y, ça m 'intéresse, il a raison.
Ah bon.
Alors, disons que t 'as toujours été chouchou à ta maman, et ils t 'avaient
sur un pied d 'estade, genre statue grecque.
Ils savent qu 'ils se sont trompés, tu le sais, et ils savent que tu le sais.
Alors ils ont honte.
Du coup, pour avoir moins honte, ils font comme s 'ils s 'étaient pas
et puis toi, t 'en profites.
T 'es un petit con.
J 'y vais.
Je m 'étais promis de te faire un cadeau si tu avais le bac.
Mais je sais jamais ce qui pourrait te faire plaisir.
Alors j 'ai pensé qu 'un peu d 'argent.
Ah bah merci, maman.
Primo.
T 'as la logeuse à téléphoner.
C 'est moi qui ai décroché, heureusement.
J 'ai arrangé les choses.
Avant, comment ça ? Primo, qu 'est -ce que tu fais avec ton argent ?
Tu te drogues ? Non, ça va pas, non.
Non, c 'est juste que la vie à Paris, c 'est dur.
C 'est cher.
Tu as une petite amie ? Oui.
Mais si c 'est que ça.
Tu me promets de payer ton loyer régulièrement.
Promis. C 'est juré, juré.
Qu 'est -ce que tu fais pendant les vacances ? Tu vas la voir ? Oui, je suis
invité chez ses parents.
Merci beaucoup.
Que tu veux ? Me dire que je suis une garce ? Non, tu veux dire que je t 'aime
toujours. Je suis avec Paul maintenant.
Ah bon ? Paul, non mais ça craint. Paul, il est... Il est très bien pour moi.
D 'ailleurs, je l 'attends, il va pas tarder.
Écoute, on va se voir toute l 'année à Dauphine. Toi, ton Paul et moi.
Voilà.
T 'es malin.
Tu vas me voir, qu 'est -ce que tu veux de plus ? Non mais tout. Je peux pas
imaginer ma vie sans coucher avec toi, tu comprends pas ? Quoi, tais -toi ? C
'est pas une réponse, ça, tais -toi.
Écoute.
Soit tu m 'embrasses, soit je crie comme ça, là, sur la terrasse. Mais arrête, c
'est n 'importe quoi. C 'est n 'importe quoi.
T 'es complètement dangereux, toi. Faut que tu te calmes. Pourquoi ? Tu peux pas
te calmer, toi, c 'est ça ? Salut ! Salut.
C 'est marrant, maintenant qu 'on se connaît, on se croise.
Je m 'en viens.
Eh ben ! La suite dans les idées, toi.
Ce qui est arrivé, c 'est de ta faute. On n 'a pas idée de se faire casser la
gueule à trois semaines de vacances.
Tu veux la revoir ? Quoi ? Ailleurs qu 'ici.
Tu veux la revoir ? Tu verrais tes yeux.
C 'est évident que tu veux la revoir.
Écoute, je fais un dîner fromage et grand cru chez moi, samedi.
Viens.
Tu connais le chemin ? Faut juste apporter une bonne bouteille.
Une très bonne bouteille.
Pourquoi ? Je pourrais te dire que j 'aime la compétition, mais c 'est pas
parce que je suis sûr de la garder.
Je voudrais que tu comprennes que Gabriel n 'est pas pour toi.
D 'accord, je viens avec une très bonne bouteille.
Paul, on est là ? Ouais.
Au revoir, primo.
Ah oui, primo.
J 'avais oublié ton nom.
Pardon.
Papa, mais qu 'est -ce que tu fais là ? Te voilà, toi. Tu déménages.
Ah non, mais pourquoi ? La loyer, ça évoque quelque chose pour toi ? Oh
j 'ai oublié de payer, c 'est ça ? T 'as oublié d 'en payer trois, petit con ! C
'est la honte ! Ta mère en a payé un derrière mon dos parce qu 'elle te coupe
encore à 18 ans, mais il en reste deux ! Qu 'est -ce que tu crois, que
Mitterrand a aboli la propriété ? Mais non, mais je vais les payer ! Mais avec
quoi ? Je suis passé à la banque, t 'es en découvert ! On te donne 1500 balles
par mois, qu 'est -ce que t 'en fous ? Mais il me reste rien pour vivre, je
travaille pas ! On te demande pas de vie, mais on te demande d 'essuyer ! On
'a payé le bac pour ça, alors maintenant c 'est la vie active ou les athlétiques
? Demande à ton copain, là, il s 'y connaît sûrement.
T 'es clé.
T 'es clé ! Tiens André, tu fermeras.
Mais papa, je vais où ?
Il y en a de la route.
Tu veux pouvoir te racheter un break ? Mets -toi à terre, toi.
Ça y est, t 'as acheté à boire ? Regarde.
T 'as payé ça 1800 balles ? Non mais c 'est pas possible.
Là, je vais leur en foutre plein la vie, tu vois.
Non mais tu vas rien foutre du tout. Tu vas te faire rembourser, connard, et tu
leur apportes de l 'accro.
Ah ouais, une bonne bouteille de bière pour une dégustation de vin, ça va être
classe, ça. Non mais 1800 balles, mais ! Tu te rends pas compte ? Tu voles ta
mère pour ça.
Tu voles ton père. Non, ça va, ta gueule ! C 'est ma vie, ok ?
Bon d 'accord, je la ramène. Non, non, non, ne touche pas à ça. D 'accord, d
'accord.
D 'accord.
Alors donne -moi une bonne raison de rester ami avec un con qui vole sa mère.
Qu 'est -ce que tu fais là ? Non, non, non, non,
attends, attends, attends, écoute -moi, écoute -moi, écoute -moi.
Tu la rapportes et tu la changes contre un pack de gros.
arrête arrête arrête arrête arrête arrête arrête arrête arrête arrête
arrête arrête arrête arrête arrête arrête
arrête
Amène -toi, qu 'est -ce que tu fous là ? Mambo.
Admettons que t 'aies un million.
Un million à 1200 balles par jour.
Il te faut quand même... Tu sais combien de temps il te faut pour claquer un
million ? Nishtha.
555 jours.
Ça fait plus d 'un an et demi.
Un an et demi et dix jours, on le sait pas.
Et un milliard.
Un milliard à 1800 balles par jour, il te faut... Il te faut
1520 ans pour le claquer.
Et il y a des mecs qui ont un milliard.
Même 10 milliards.
J 'en ai plus.
Tu calcules, c 'est deux têtes là ? Putain, tu m 'étonnes, qu 'est -ce que c
'est ça ? Il y a même à manger là -dedans.
Mais non, mais ça c 'est parce qu 'on va se couer, ça se fait pas normalement. C
'est du cinéma ça.
Un truc de feignant, il n 'y a qu 'à le filtrer.
Faut croire que c 'est à toi de faire gaffe alors que c 'est eux qui font pas
boulot.
À la tienne.
Tu vas leur apporter quoi, maintenant ? Oui ? Tu vas leur apporter quoi,
maintenant ? De l 'accro ? Non ! Putain ! Putain, mais t 'es bourré ou quoi ? Qu
'est -ce qu 'il y a ? Mais j 'ai besoin du bouchon, moi, je fais comment,
maintenant ? Tu leur apportes de l 'accro. Quoi ? De l 'accro !
T 'es grave.
Si ! Il est venu ! Salut.
Salut.
Je savais que tu étais un petit peu à la bourre alors je l 'ai ouverte il y a
deux heures. Je pense que le mieux c 'est de le mettre en carafe.
Ouais ouais.
Pardon, tiens.
Je vous avais bien dit qu 'il fallait l 'inviter.
Regardez ça, la conseillante de 1961.
Premier grand coup de pomme rouge.
Les années du siècle.
Salut, Simon.
Salut.
Tu as tombé le maître.
De quoi ? Tu es redevenu joli, quoi.
Oui.
Monsieur Nougat, vous n 'avez jamais que quelques semis qu 'à boire.
Franchement, les gars, je ne trouve pas ça très distingué derrière de ça.
Bonsoir. On peut cultiver le cynisme sans être grossier ? Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir. Bonsoir. Alors, disons plutôt une pensée pour nos pauvres amis...
Pauvres. Hein, Primo ? Pardon ? Une pensée pour nos amis pauvres, ça t
pas ? Bonsoir. Bonsoir. Primo. Nicolas.
Ah, Gabriel.
Mais te gêne pas, Primo. Il y a du Aubrion, du chassin de Morachet.
Serre -toi.
Profite.
À chaque fois, je me demande si tu me reconnais.
Tu fais rien pour qu 'on t 'oublie.
En fait, Primo, mes amis et moi, on voudrait enfin connaître ta position vis
-vis des socialo -communistes.
On a un peu du mal à se fermer, tu vois.
Socialo -communiste.
Un beau vocabulaire de con.
Quoi ? Ce ne sont pas des socialo -communistes, peut -être ? Il y a des
socialos, il y a des cocos, ils se détestent. Les socialos vont bouffer des
cocos, c 'est de la politique.
Les appeler socialo -communistes, c 'est aussi de la politique.
Non, ça s 'appelle de la propagande ! Pardon.
Je me fous de savoir comment tu appelles ça, Delphine.
C 'est la vie de primo qui m 'intéresse.
Alors, primo ?
Non, attends, excuse -moi, mais j 'ai mieux à faire.
C 'est ton héritage, à terme.
Oui, enfin, il y a plus important qu 'un héritage.
On dit quand on n 'en a pas. Bon, écoute, Paul, je ne comprends pas
m 'agresses.
Tu m 'as invité pour que tu te débarrasses de Gabriel et j 'y
justement. Alors, laisse -moi faire. Tu es prudent.
Tu retires ta cliquette. Je t 'ai dit que je l 'aimais, tu m 'as dit que tu n
'avais qu 'à la prendre. C 'est pas vrai. Gabriel, ce type est un mytho et
le prouve. On va faire ça une autre fois.
Non, non.
Tu vas boire son vin mythique.
L 'année du siècle, la compréhension de 61.
Sur l 'étiquette.
Parce que le bouchon... Qu 'est -ce qu 'il dit, le bouchon ? Hein ? Il dit quoi
? Il dit « quand n 'acte 78 ». Un margot, 17 ans de moins.
C 'est pas un mytho qui fait ça ? Un mytho con, qui se trompe de bouchon
avoir transvasé ? Il disait bien qu 'il était un petit peu vert.
Alors ? Est -ce que tu crois, au juste, qu 'une fois qu 'on est des gosses de
riches, on fait pas boire ?
Qu 'on a juste du fric et de la gueule ? C 'est ça ? Bah tu vois, manque de
peau, ça va encore faire la différence entre un Médoc et un Margaux.
Et c 'est peut -être aussi pour ça qu 'on a ce qu 'on a.
Bravo.
Paul ? En fait, c 'est pas un Margaux 78 non plus.
C 'est juste un Madiron à 10 balles que j 'ai acheté chez G20 et le bouchon, je
l 'ai trouvé dans les poubelles de ce Taïwan.
C 'est génial.
Ouais, c 'est...
Je suis désolé, je pensais pas très déliculeuse à ce point, mais... Bonne
soirée. C 'est dégueulasse d 'avoir un truc pareil ! Clément, reste.
Je sais te faire plaisir.
Non, va plutôt te faire foutre, Paul.
Gabriel, je suis venu pour toi. Tu viens ? Bon, allez, ça suffit.
Je t
'ai bien fait de rester.
Gabriel ! Gabriel, ton père n 'est pas mort ! Il n 'est pas non plus
de mode, il est fleuriste dans un bled pouilleux d 'André Loire.
Ce type te baratine depuis le premier jour ! C 'est pas vrai ? Je vois pas ce
que ça change.
Mytho et inconscient.
Dis -moi, Roméo, quand vous aurez fait trois folles tours de Paris sur ton
qu 'est -ce que tu vas lui dire ? Arrête, Paul ! Vous commencez à me faire
! Attends ! Gabriel, ouvre ! Gabriel !
Gabriel ! C 'était pour rester avec toi, c 'était pour te garder, c 'était au
Ouvre ! Gabriel ! C 'était pour te garder, il est resté à Ouvre ! Gabriel !
Putain !
Tu avais très envie de me faire l 'amour, je me souviens. Tu m 'as même
à genoux de t 'accorder une nuit de folie.
Après, il y a un bus qui t 'est passé dessus, qui fait cette bosse -là.
Aïe, t 'es conne.
Ça fait que je t 'ai fait livrer en taxi.
Tu as lu mon badine ? Quoi, badine ? On ne badine pas.
On ne badine pas avec l 'amour ? D 'Alfred, oui.
Adieu Camille, retourne à ton couvent.
Lorsqu 'on te fera de ces récits hideux qui t 'ont empoisonné, réponds ce que je
vais te dire.
Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites
Méprisables et sensuels.
Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses.
Curieuse et dépravée, le monde n 'est qu 'un égout sans fond. Où les phoques les
plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fanges.
Vas -y donc, quand tu lis, toi tu lis.
Mais il y a au monde une chose sainte et sublime.
C 'est l 'union de deux de ces êtres si imparfaits et si
affreux.
On est souvent trompés en amour.
On est souvent blessé et souvent malheureux, mais on aime.
Quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et
on se dit, j 'ai souffert souvent, je me suis trompé quelques fois, mais j 'ai
aimé.
C 'est moi qui ai vécu et non pas un autre factice créé par mon orgueil et
ennui.
Tu veux pas jouer au faux qu 'informe avec moi ? Pourquoi ?
Je suis moche ? Je suis conne ?
Je te plais pas ?
Tu plais des pieds, alors ? Je plais des pieds, hein
? Arrête.
C 'est ça ?
Pourquoi tu ris ? Je ne ris pas, je souris.
Pourquoi tu souris alors ? Toi aussi tu souris.
Delphine ?
Delphine ? Qui est -ce ? Où les coton -tiges
? Bonjour, jeune homme.
Vous trouverez les coton -tiges à droite du lavabo dans une boîte rose.
Il y avait une brossage bleue à côté des cotons de fige.
Bon.
Orange, fraise, pomme et abricot.
Abricot.
Merci.
Moi, le dimanche, je fais des tartes pour ma fille.
C 'est ça, on vient foutre.
Merci. Et vous, vous faites quoi le dimanche ? Moi, d 'habitude,
je lis.
Vous lisez ? Sur les paquets de cornflakes ? Non, je lis des
livres.
De qui ? Je n 'ai pas de préférence.
Paul Valéry, Nabokov, Beckett.
Musset, aussi.
Alors comme ça, on lit Paul Valéry dans la bande de ce grand couillon de Paul.
On n 'a plus grand -chose à faire avec Paul.
Surtout depuis hier soir.
Paul a invité Primo au dîner. Genre, tu viens, mais avec une bouteille à mille
balles. Or, il savait très bien que Primo était fauché. Ah, c 'est toi ! Ah,
mais t 'es fille de ma racontée.
Alors, Primo s 'est ramené avec une bouteille.
Attends, t 'as raconté quoi, quand ? Quoi, j 'ai raconté quoi, quand ? J 'ai
rien raconté ? Si.
Enfin, t 'as raconté que j 'étais fauché, c 'était quand ? Depuis quand tu
que je suis fauché ? Ça, je l 'ai vu dès le début.
Et Paul aussi.
Enfin, fauché, non, mais on voyait bien que...
Y 'a que Gabrielle qui n 'a rien vu.
Bon, en même temps, elle ne voit qu 'elle.
Mais qu 'est -ce que tu fous ? Qu 'est -ce qu 'on t 'a fait ? Mais arrête tes
conneries ! Il est où mon slip ? Je l 'ai pas retrouvé.
D 'accord.
Il reste, y 'a rien de grave.
Oui, non, je sais, l 'honneur des pauvres, c 'est pas grave.
Dis pas ça, tu es pas comme ça, moi.
T 'es comment, toi ? T 'en connais beaucoup, des pauvres, avec des pères
font des bouquets de marguerite toute la journée ? On s 'en fout de ton père.
Non, on s 'en fout pas de mon père ! Mon père, il est là, chaque putain de vers
que je fais, chaque départ, c 'est pour m 'en débarrasser, tu comprends ça ? Et
puis, tu vois, j 'ai beau m 'agiter, bah, j 'y arrive pas.
Alors non, on s 'en fout pas de mon père.
Ok, mais moi, ça fait un mois que je rêve de toi, donc dis -moi que je suis
folle. Non, mais c 'est ça, le problème d 'Aphine. C 'est que je suis un rêve
pour toi, tu vois, un truc
Comme pour Gabriel, en fait.
Gabriel ne savait pas que si j 'appelais cette salope, j 'aurais dit. T 'en es
capable, non ? Qu 'est -ce qu 'un fusible ? Ah bon, ça va.
Alors, qu 'est -ce que t 'attends ? Tout ce que tu cherches, c 'est un prétexte
pour aller la retrouver, alors vas -y.
Mais non.
Quoi, mais non ? Tu l 'aimes plus ? Non.
C 'est un petit non, ça c 'est timide.
C 'est dommage parce qu 'elle, elle t 'aime encore.
Arrête de faire ton innocent. T 'as vu comme elle te bouffait des yeux hier
soir.
Et tout à l 'heure, elle m 'a téléphoné.
Elle m 'a dit que t 'étais l 'amour de sa vie.
Qu 'elle avait eu envie de toi au premier regard.
Et qu 'elle regrettait d 'avoir pris ce taxi.
Tu te fous de moi ? Elle m 'a dit aussi qu 'elle avait compris que t 'étais
fauchée.
Et que c 'est pour ça qu 'il est tombé amoureux de toi.
Parce que t 'étais fier et gonflé.
Et depuis, vous étiez faits l 'un pour l 'autre.
Ça te ferait chier que ça soit pas vrai, hein ? Bah si c 'est vrai, t 'as qu 'à
y aller.
Je croyais que tu m 'aimais.
Tu dirais pas ça si tu m 'aimais ? T 'es nulle.
Basse -toi !
Oui, bonsoir. Excusez -moi de vous déranger, je voudrais parler à
'il vous plaît.
Gabrielle ? Elle vous attend ? Oui.
Enfin, je crois, c 'est Primo.
Primo ? Un instant.
Primo ? Oui.
Mais t 'es taré, t 'as vu l 'heure qu 'il est ? Gabrielle, il faut que je te
parle. Écoute, il vaudrait mieux que tu te calmes.
Non, je peux pas, je sais que tu veux me revoir. Moi, je veux te revoir.
Qui t 'a dit ça ? Delphine.
Gabriel, t 'es là ? Écoute, je sais pas pourquoi Delphine t 'a dit ça, mais elle
l 'a inventé. Je crois qu 'elle est folle.
Non, Gabriel, fais -moi monter, je t 'en supplie.
Je veux savoir quelque chose. Non, c 'est pas possible. J 'aimerais bien,
mon père est là.
Non, mais il faut que je te revois, je sais plus quoi faire, là. Ouvre.
À la fac, demain.
Non, maintenant, maintenant.
Manu Papa.
C 'était qui ? Je ne sais pas.
Une erreur.
T 'es une malade.
Salut.
Comment t 'as fait ?
Écoute,
je vais te faire sortir par la porte sans faire de bruit. D 'accord ? D
mais demain matin ? Ah non.
Tu me lâches ou j 'appelle mon père ? Ah mais pourquoi ? Parce qu 'on rentre pas
chez les gens par la fenêtre. Ah non mais si, au contraire, il y a toute une
tradition, justement. Papa ! Silence, je saute.
Oui ? Non, rien.
Bonsoir.
Qu 'est -ce qu 'il fait là, celui -là ? Je sais pas, je le connais pas.
Quoi ? Quoi ?
Alors, bonjour. Oh ! T 'es encore dans le coup, toi ? C 'est gentil.
Non, allez, on...
Oh oh.
Ouais, monsieur Pachan.
Salut.
Ce qui est bien avec toi, c 'est qu 'on a toujours l 'impression que t 'es un
nouveau copain.
T 'as jamais la même tête.
Non mais sérieux.
Pour faire tes photos d 'identité, faut choper le bon moment.
Mon frément, il va pas s 'arrêter tant que tu seras là.
Alors quoi, t 'es venu pour t 'excuser ? Excuse -toi et casse -toi.
Je te ramène ton route, man.
Et puis je t 'ai pris un poil Valérie, aussi.
Merci.
Bon,
ben on va vous laisser.
Vous venez, les gars ? Oh, Fred, on se bouge,
là !
Je
suis venu.
Oui, dis -moi pourquoi t 'es venu, ça m 'intéresse.
T 'as le droit d 'être méchante.
Méchante.
Moi, mon chanteur.
Alors, tu es venu ? Tu es venu pour que je te regarde ? Pour que je m
'habille de toi ? Tu es venu pour voir si j 'avais encore mal ?
Non, je suis venu pour te dire.
Pour me dire quoi ? Que tu es vivant ? Youpi, il est vivant !
T 'aimes -tu ? J 'ai des pieds.
Tu crois que tu vas réussir à me faire rire, là ? J 'y crois pas.
Aidez -nous.
T 'as des genoux ? Je te demande si t 'as des genoux.
Parce que tes pieds, ça va pas me suffire.
C 'est bon, tu peux partir maintenant.
Bon.
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