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30 mètres, 30 mètres, 141 vous appelle.
Transmettez 141.
141, reçoit.
Ouais, tout bien, vous pouvez du croître.
Alors ? Prête à intégrer la SNSM ? J 'ai hâte de pouvoir trouver des gens, oui.
Oui, je sais ce que c 'est.
J 'étais stagiaire moi aussi.
Mais t 'inquiète, ça viendra vite.
Non, mais ce petit cœur, je l 'adore.
Il est trop mignon.
C 'est vrai ? Tu peux le prendre ? Yaya ! Tu
vois, c 'est ce que je me dis. Que là , si tu te faisais tatouer Inès en grand,
ce serait génial.
Vraiment.
Ne fais pas ça, Paul.
Non, parce que lĂ , t 'allais le faire.
Je te connais.
Bon, je suis sous la douche avant de reprendre le travail.
Euh, Inès, ton... Ah, putain !
Sérieux, là ? Bon, ok, rendez -vous à l 'écolier, façon
Marshall.
Paul ? Tu me rejoins ? Bah oui, carrément.
Euh, bah non, non.
Une autre fois, c 'est le boulot, j 'y vais.
Tant pis.
Ă€ plus.
Ă€ plus.
Bonjour. Bonjour.
Bonjour. Bonjour.
Je vous écoute.
Alors, Patrick Catala, 46 ans, c 'était le président de la station SNSM de Port
-Camargue. Apparemment, ce serait une noyade.
Un sauveteur confirmé qui se doit en intervention.
C 'est malheureusement possible, mais dans un port, c 'est improbable.
Le corps a été découvert dans l 'eau par une sauveteuse embarquée, Nina Delmas,
et par une stagiaire, Morgane Ferroian, pendant qu 'elle rejoignait leur poste.
La mort remonte Ă plusieurs heures.
Ah, vous avez vu l 'hématome là ? Comme s 'il avait été frappé derrière la tête.
Pour moi, ça ferait plutôt un homicide.
Bon,
autre chose ? Rien pour l 'instant, malheureusement.
S 'il vous plaît.
Où est -ce qu 'on a trouvé le corps ? Ici.
Très bien, je vais chez le croc. D 'accord.
Allez, allez, allez !
Le portable du chef de station. Ah non, le président.
Quoi ? Oui, on dit pas chef de station, on dit président de station. Ah oui ? D
'accord.
T 'es en pleine forme. Ah bah ouais, ça va, nickel.
Et donc ? Et donc, on a repêché ce téléphone près de la victime. Enfin, du
président.
Et qu 'est -ce qu 'il raconte ce portable ? On sait pas encore.
Pour le déverrouiller, il faudrait le code. Ou mieux, tiens, l 'empreinte du
propriétaire. Ah bah, t 'as raté parce qu 'il vient de partir à l 'IML. Oh
merde.
Euh... Tiens, Eric, Eric ! Est -ce que tu peux amener ça à la gendarmerie, s
te plaît ? Ok, d 'accord, je te ferai ça. C 'est urgent.
Merci.
Et donc... Ah, Léa ! En fait, j 'ai pas fini.
Patrick Catala, donc. La victime.
Enfin, ou le président.
Mais en tout cas, pas le chef de station, parce que j 'ai pas compris le
Elle a oublié comment t 'étais chiant quand t 'étais dans l 'humeur.
Je te jure ! Et donc, il était le compagnon de Sonia Lebrun. C 'est une
qui vend des bateaux de l 'autre côté du port.
Elle a été prévenue ?
Ouais, ouais, elle est en mer avec des clients, mais du coup, la capitainerie l
'a appelée, elle vient en arrondissement directement.
Bon, ben, je fonce chez le proc, je te laisse gérer la suite.
Ouais, ça marche. À plus.
Bonjour.
Bonjour. Vous ĂŞtes ? Nina Delmar.
Je suis le lieutenant Zaidi. Je viens vous poser quelques questions sur la
disparition de M. Katala.
Je comprends pas.
Tu aurais pu en vouloir Ă Patrick.
Pourquoi tu es quelqu 'un qui sauve des vies ?
On va reprendre depuis le début.
Ça faisait combien de temps que Patrick Catala travaillait à la SNSM ? Une
quinzaine d 'années, à peu près.
Puis il était président depuis cinq ans.
Son bureau, lĂ ? LĂ , ce sont vos vestiaires, j 'imagine ? Oui.
Est -ce que vous pouvez me montrer celui de Patrick Catala, s 'il vous plaît,
mademoiselle Delmas ? Bien sûr.
Merci.
C 'est celui -lĂ .
Il n 'y a aucune affaire personnelle, lĂ ? Il laissait ses affaires dans son
bateau. Comment ça ? Il avait eu l 'autorisation d 'amarrer pas loin de la
station et il y dormait souvent.
Ça lui permettait d 'être opérationnel plus vite.
Cette station, c 'était tout pour Patrick.
Merci.
Vous m 'embarquez tout, là , s 'il vous plaît. Merci.
Oui, Paul ?
T 'es encore sur les quais, là ? Ok, Inès, je m 'en occupe. T 'auras qu 'à me
rejoindre.
Eh ben... Ok, donc je dois trouver un bateau au milieu de ça.
C 'est pas stoch.
Oh ! Bonjour, capitaine Marshall, gendarmerie nationale.
Est -ce que vous pouvez m 'indiquer oĂą se trouve le bateau de Patrick Catala ?
Ah, il est un peu plus loin.
Je vous emmène si vous voulez. Ah oui, avec plaisir.
Merci.
Et vous vous appelez comment ? Morgane.
Morgane Saroyan.
Morgane Saroyan. C 'est vous qui avez découvert le corps de Patrick Catalin ?
Oui, avec Nina.
Et vous le connaissiez bien ? C 'est lui qui m 'a accueillie quand je suis
arrivée il y a trois semaines et qui m 'a donné ma chance.
D 'accord.
Il nous préparait aux formations, les deux stagiaires et moi.
Ah, je comprends.
VoilĂ , c 'est celui -lĂ .
Le premier, lĂ ? Ouais, je vous laisse y aller, moi j 'y retourne. Oui, bien
sûr, merci beaucoup.
Au revoir.
Ah, Patrick Catala est toujours lĂ , parfait. Bonjour Franck. Bonjour. J 'ai
besoin d 'un de ses doigts pour checker ce qu 'il y a lĂ -dedans.
Donc vous avez besoin d 'un coup de pouce.
Je vous en prie.
Ah, non.
Je ne tripe pas un cadavre juste après le petit -déj. C 'est comme l 'apéro.
Jamais avant 18h, j 'ai les principes.
Ça ne fonctionne pas.
Les doigts sont encore tout gonflés d 'eau.
Il vous reste le code ? Je pensais aller plus vite que le labo.
Mais tant pis.
Et accessoirement, mon rapport d 'autopsie, ça vous intéresse ? Ah bah
carrément, Franck. C 'est pas si rapide.
Je suis tout fouille.
Donc, Patrick Attala est bien mort noyé hier soir entre 23h et minuit.
Probablement parce qu 'il était déjà inconscient lorsqu 'il a atterri dans l
'eau. Ah mais il est alors, Franck, pas atterri.
Donc, il prend un coup sur la tĂŞte, paf, puis plouf et glou glou.
Oui. Alors c 'est pas comme ça que je vais rédiger mon rapport, mais l 'idée
lĂ .
Donc, il pourrait aussi bien s 'agir d 'un meurtre prémédité que d 'un homicide
involontaire. En résumé, nirc -nirc.
Alors, oups.
VoilĂ .
J 'ai hâte de lire votre rapport.
Bonne journée.
Bonne journée, Franck.
Ah oui.
C 'est une véritable résidence secondaire.
Alors, alors, Marshall ? Alors, alors, rien. Pour l 'instant, j 'ai l 'invite
commencer. Et toi ? Bah, pareil, hein.
Patrick Catala était un président aimé de tous, aucun ennemi, blablabla,
habituel. C 'est toujours pareil, hein. Ah, ouais.
Bon, et t 'as rien d 'autre à me dire ? Bah, non, c 'est que le début de l
'enquĂŞte. Non, mais je veux dire sur nous deux.
Ah, euh... Bah, je suis contente d 'être ici, mais ça, je te l 'ai déjà dit.
Non, mais je...
Un truc Ă me dire, je sais pas, quelque chose Ă me confier, quoi.
T 'es bizarre, hein, ce matin.
Non, non, non, c 'est toi qui es bizarre.
D 'accord, t 'as rien Ă me dire.
Wow, wow, wow, wow, wow, personne ne nous a parlé de ça.
Allez, on finit tout ça et on rentre.
Non, vraiment, je ne peux pas m 'en occuper maintenant.
On m 'attend dans le patio, mais je vous promets, dès que je peux... Léa, quand
je t 'ai dit que j 'en savais pas plus sur les raisons du retour d 'Inès, ça
sous -entendait que tu ne devais pas en savoir davantage, d 'accord ? Ah, mais
moi aussi je suis contente de te voir, papa, t 'as bien dormi ? Donc ça va, t
'arrĂŞtes de faire l 'enfant ? On m 'a dit que tu continues Ă te renseigner.
Oui, je continue à me renseigner, évidemment.
Enfin, imagine, j 'envoie Inès en intervention et son problème de santé la
en danger. Je fais comment, moi, après ? Léa, la hiérarchie a décidé que tu ne
devais pas être informée, c 'est tout.
Si tu continues, tu vas nous mettre dans une situation délicate.
Et je serai obligé de te sanctionner. Et tu pourras me dire que je ne suis pas
prévenu. Oui, je connais la chanson, papa.
Bon, on en est où avec le téléphone de Katana ? Sabine est toujours au labo. Je
peux y aller, lĂ ? J 'ai Sonia Lebrun, la compagne de la victime, qui m 'attend
dans le patio.
Je vous en prie, commandant.
Eh bien, merci, mon colonel.
Je ne l 'ai pas vue depuis dimanche.
Et Patrick était un marin avant tout, il avait besoin de solitude.
Alors ça lui arrivait de passer du temps sur son bateau tout seul.
Mais il vous donnait des nouvelles régulièrement ? Bien sûr.
Plusieurs fois par jour.
Donc pas de problème de compte particulier ? Aucun problème.
On était très amoureux.
Pourquoi cette question ? Eh bien, parce que pas plus tard qu 'hier, Patrick
Catala a réservé un aller simple pour le Costa Rica.
De plus, nous avons retrouvé dans ses affaires personnelles cette lettre
adressée à la SNFM.
Est -ce que vous reconnaissez son écriture ? Je comprends.
Pourtant, c 'est plutĂ´t clair.
Visiblement, votre amoureux comptait démissionner de la SNFM et...
Et partir pour le Costa Rica d 'en dessous.
VoilĂ .
L 'empreinte.
Justement, t 'as pas vu mon agrafeuse ? Elle est rose avec des petites étoiles,
je la retrouve pas.
C 'était à toi ce truc ? Elle marchait une fois sur quatre, elle me faisait mal
à la main, du coup je l 'ai jetée.
Non mais sérieusement, tu l 'as pas vue ? Je l 'ai jetée.
Enfin, pourquoi t 'as fait ça en fait ?
C 'était mon agrafeuse ? Je suis désolé, mais c 'est ce qu 'on dit, il ne faut
pas être matérialiste.
Ça n 'a rien à voir, c 'est juste que c 'est mon agrafeuse, j 'y tenais, c 'est
une copine qui me l 'a offerte.
Super le cadeau, belle preuve d 'amitié.
Pardon, t 'as dit quoi là ? Tu peux me la rendre s 'il te plaît ? Bref,
sinon à la station SNSM de Port -Camargue, personne n 'a parlé du départ
Patrick Catala.
Apparemment seule la direction était au courant.
C 'est eux qui te l 'ont dit ?
Patrick Catala les a appelés avant -hier pour leur dire qu 'il allait envoyer sa
lettre. Il leur a dit pourquoi ? Ils se plaignaient depuis un bon moment du
manque de moyens pour pouvoir bosser correctement.
A mon avis, c 'est plus un audit imposé par la SNSM il y a 15 jours qui a motivé
sa décision.
La direction a dû réagir suite à plusieurs plaintes déposées contre la
de Port -Camargue.
Des plaintes ? Pour quel motif ? Pour des retards d 'intervention.
Certainement dû au manque de moyens que dénonçait Patrick Catala. C 'est le
serpent qui se mord la queue, cette histoire.
En tout cas, il a réglé le problème.
Environ 100 mécanos pour incompétence.
Depuis, plus de panne.
Je vais prévenir le commandant Solé.
Oui, c 'est ça, vas -y, bouge.
D 'accord, merci.
Donc en fait, le mécano aurait mal vécu son éviction et s 'en serait pris à M.
Catala. Oui.
Je trouve ça un peu léger, moi, comme mobile.
Enfin, surtout pour du bénévolat, non ? Oui, vous avez raison, commandant. Ce n
'est pas évident, parce qu 'une réputation de mécano, c 'est sérieux.
Faire virer de la SNFM, ça peut coûter cher au final.
C 'est quoi le nom de ce suspect ? Jules Gomez.
C 'est une blague.
Je vois pas ce qu 'il y a de drĂ´le.
Jules Gomez, c 'est plutôt classique pour un nom de mécanicien. Oui, en fait,
tous les Gomez ne sont pas non plus mécaniciens.
Bien sûr, commandant, mais tous les mécaniciens sont pas des Gomez.
C 'est le fils du meilleur ami de mon père. C 'est un excellent mécano.
J 'en ai jamais entendu parler.
Parce qu 'on s 'est perdu de vue au collège.
Je l 'ai revu après notre divorce quand je suis revenu ici.
Ah oui, mais alors du coup, vous n 'êtes pas le mieux placé pour interroger le
témoin, Marshall ? Je suis le seul à connaître ce milieu.
Allez, il faut en faire partie si tu veux qu 'on te fasse confiance.
Personne n 'a parlĂ© Ă Marshall l 'enquĂŞteur, d 'accord ? On se confiera Ă
le loup de mer.
Le loup de mer ? Ah, vous n 'étiez pas au courant ? Oh, à sa grande époque,
Marshall avait un pédalo.
Pendant quoi, six semaines ? Bon, c 'était un bateau, ça a duré six mois, d
'accord ? Bon, j 'y vais avec Inès.
Bien, je vais aller déjeuner avec mon fils.
Je veux tout savoir sur ce Jules Gomez.
Très bien, commandant. Bon appétit. Bon appétit, commandant.
Hum, dis donc, on dirait que ça match sur ton site de rencontre. Ben, cinq,
que ce matin.
Ah ben, moi j 'en aurais marre de la gendarmerie, je pourrais faire Marieuse.
Ou Macrel.
Non, pardon, capitaine.
Ben oui, j 'aime autant parce que ça n 'a rien à voir.
Une vie sexuelle épanouie, ça devrait être un droit élémentaire.
Une vie sexuelle, je crois qu 'on n 'en est pas encore lĂ .
Mais on y est presque, Erwann. On y est presque.
T 'es sexy.
Pour peu que tu t 'en donnes la peine.
J 'aurais pas trop le temps de lire parce que c 'est mieux un homme qui est
et qui le fait pas.
Ça disant que moi, je préfère.
Moi franchement, je suis pas très emballé là .
Bon, alors Erwann, qu 'est -ce que tu cherches ? La femme idéale pour vivre un
conte de fées ? Une vraie femme ? Pour partager un truc vrai dans la vraie vie.
C 'est encore long la tournée ? Ça fait 45 minutes. Allez maman, fais du pas là .
Ok, 5, 4, 3, 2, 1, stop.
Et on finit par une minute de rĂ©cupĂ©ration active et on s 'arrĂŞtera lĂ
aujourd 'hui.
Je suis contente de moi. Moi, j 'ai tout donné.
C 'est cool, non ? J 'ai bien travaillé.
Non, il va falloir que je rouvraie tout le planning.
Dès demain soir, je vais devoir te remettre des séances de cardio.
Non, mais ça ne va pas être possible, Thomas. Parce qu 'au cas où tu ne le
saurais pas, j 'ai une vie en dehors du vélo. J 'ai un travail.
Demain soir, c 'est apéro chez Audrey. Et ça, c 'est non négociable.
Tu sais, maman, si on veut ĂŞtre des champions, il faut savoir faire des
confessions.
Si on veut être des champions ? Mais toi, tu pédales à quel moment exactement
Alors, c 'est petit, hein, de te moquer comme ça du handicap de ton fils.
Du handicap de son fils ? Non mais Thomas, tu t 'entends ou bien ? Regarde,
'as un plâtre, on dirait ton père, là .
Arrête de faire ton caluméro, s 'il te plaît.
Tu sais, maman, moi, si je fais ça, c 'est uniquement pour ton bien.
T 'es pas obligée d 'être méchante comme ça avec moi.
Je vais peut -ĂŞtre me barrer chez papa.
Je suis pas méchante, Thomas.
Pédale !
Viens, viens.
Qu 'on peut vous filer un petit coup de main, jeune homme ?
PlutĂ´t crever qu 'accepter un coup de main d 'argent d 'armes.
Tu vas bien
? Tranquille et toi ? Nickel.
Je te présente Jules Gommet.
VoilĂ , c 'est un peu insolent, mais c 'est un ami d 'enfance, et c 'est le
meilleur mécano de la région. Et qui a souvent dépanné Paul Marshall, le pire
marin qu 'on ait jamais vu dans le coin. Ouais, c 'est pas faux.
T 'es là pour enquêter sur la mort de Patrick, c 'est ça ? Ouais, ouais.
Et l 'éco, je te présente le lieutenant Zaidi, avec qui je suis, le jeu auquel
je travaille.
Vous pouvez nous dire quoi de votre renvoi de la SNFM ? À part que j 'ai
toujours pas compris, rien.
Et en attendant de savoir ce qui s 'est passé, je bricole à droite, à gauche.
Ce qui s 'est passé, c 'est -à -dire ? Bah, quand Patrick m 'a viré.
J 'ai compris qu 'il y avait un truc qui clochait. Genre quoi ? Que vous aviez
mal réparé un bateau ? T 'es tombé sur une rigolote ma parole.
Non, genre ce que la SNSM me reprochait était juste impossible.
Je dois interpeller M. Gomez et le ramener Ă la gendarmerie, ordre du
commandant. Je suis désolée, est -ce que vous pouvez tendre vos poignets s 'il
vous plaît ? Non, ça me la pète.
Non, on va y aller comme ça.
T 'as des trucs à récupérer ou pas ? Non, c 'est bon.
Dis -moi, c 'est parce que Jules est un copain que tu l 'accuses du meurtre de
Patrick Catalin ? Ben évidemment.
Et oui, c 'est mon nouveau but dans la vie, ça, en fait.
Je vais mettre en prison toutes les personnes que tu ne m 'as pas
Paul.
Moi, je trouve ça très constructif comme stratégie, moi.
Non, mais il ne faut pas virer parano non plus.
Bon, écoute, tu tombes bien.
Le portail de la victime est revenu du labo. Et voici le relevé des textos. Tu
peux lire celui en vert, par exemple.
Je sais que c 'est toi. Si tu ne t 'expliques pas, j 'appelle les flics.
Envoyez avant -hier à Jules Gommel, comme tu l 'auras deviné.
Oui, mais ça ne prouve pas que... Oui, mais voilà . Donc, c 'est toi qui nous as
expliqué que dans ce petit milieu fermé, la réputation était essentielle.
Mais il y a sûrement une explication.
Sûrement, oui. Je vais l 'interroger. Non, c 'est Sabine qui va l 'interroger.
Est -ce qu 'au moins... Oui, tu peux aller en salle de visionnage.
Merci. VoilĂ . La porte.
Ben, dis donc.
Vous nous avez pas dit que Patrick Catala voulait vous dénoncer aux forces
'ordre. Mais vous êtes gonflé, vous.
J 'allais justement tout raconter Ă Paul, mais votre gendarmerie de choc m
arrêté. Vous voyez, maintenant je suis là .
Alors je vous écoute, et cette fois vous n 'oubliez rien.
Avant -hier, je me suis introduit discrètement dans la station pour
'ordinateur.
Donc vol, puis meurtre de Patrick Catala.
Pour ne pas qu 'il vous dénonce.
Mais non, pas du tout.
L 'ordinateur, je l 'aurais rendu le soir mĂŞme.
Juste après avoir reçu le texto.
Ou juste après l 'avoir tué.
Mais non, je ne l 'ai pas tué.
Très bien.
Alors, pourquoi vous l 'avez piqué cet ordi ? Mes fiches de dépannage y sont
enregistrées. Et comme j 'avais été viré, je voulais les vérifier.
Par vérifier, vous entendez effacer les preuves de vos erreurs ? Mais non, pas
du tout.
Je voulais justement prouver que je n 'en avais pas fait.
Ça faisait des semaines que cette histoire me prenait la tête.
Et alors ? J 'avais raison.
Les pannes, ce n 'était pas ma faute.
Il y a quelqu 'un qui sabotait mon travail dans mon dos.
Et ça, vous l 'avez dit à Patrick Catala ? Bien sûr.
J 'avoue, j 'ai gueulé un peu.
Mais il a dit qu 'il s 'en occupait et qu 'il me réintégrerait dès qu 'il
trouvé le coupable.
On est d 'accord que Jules n 'a pas du tout une attitude de suspect ? Je me
rarement sur une attitude, Marshall.
Ce que je vois, c 'est qu 'il a un mobile et pas d 'alibi, donc c 'est
vue immédiate.
Mais attends, il n 'a pas pu tuer Patrick Catala avant de réintégrer sa
la SNSM.
Et cette histoire de sabotage, alors ? Tu n 'as jamais envisagé que ton pote le
fait peut -ĂŞtre mal ? Et qu 'il nous mentait ? Ce n 'est pas moi, c 'est
'un qui veut me faire accuser. C 'est la défense la plus entendue dans les
tribunaux. Ça fait 20 ans que Jules répare des bateaux, tout le monde lui
confiance.
Moi, je n 'y connais rien.
Tout ce que je sais, c 'est qu 'on va lui offrir une chambre pour la nuit.
Non, mais...
Il
est incroyable, lui.
Écoute, il faut que je te rappelle.
Je t 'embrasse.
Tu fais quoi, lĂ ? Les bons outils font les bons ouvriers.
Ok, mais c 'est pourquoi ? Figure -toi que demain matin à la première heure, je
pars vérifier moi -même les réparations de Jules sur la vedette de la SNSM.
Alors je te le dis, ce soir Paul Marshall se couche avec les poules.
Dire que j 'avais prévu un petit dîner romantique pour nous.
Non, c 'est pas plutôt demain soir ça ? Ah non, demain soir je peux pas. Non, je
serai pas lĂ .
Tu fais quoi, là ? Tu fais dans mon téléphone ? Non, pas du tout. En fait,
matin, t 'as reçu un message d 'un hôtel, donc j 'ai cru que... Quoi ? Tu
surveilles, maintenant ? Mais non, mais c 'est quoi cette réservation en fin d
'année, si c 'est pas pour nous ? C 'est mes affaires, Paul. Ça te regarde pas.
Pardon ? Eh oh ! Alors, ne pas se mettre de pression. D 'accord, ça, c 'est une
chose. Mais ne pas se faire confiance, c 'en est une autre. Alors, je veux que
tu me dises pourquoi tu vas dans un hĂ´tel et pas finir de m 'asseoir.
C 'est quoi que tu comprends pas, Paul, dans ces mes affaires ? Hein ? C 'est
quoi ? T 'es pas prĂŞt Ă me laisser de l 'espace ? Autant rester lĂ .
Pardon ?
J
'en
peux plus de ces engueulades avec Julien.
Oui, oui, je comprends.
Et vous avez peur, on discute un petit peu tous les deux.
Ah oui, bien sûr, mais il est en boucle.
Il ne fait que dire que c 'est de ma faute si on ne se voit plus, que je
travaille trop.
Oui, oui, il parle tout le monde.
C 'est un gros classique, ça. Oui, non, mais il veut quoi ? Que je sacrifie ma
carrière pour lui ? Mais c 'est bon, moi, je peux avoir une vie
et une vie intime.
Et j 'adore mon métier, moi, je ne peux pas m 'arrêter.
Ne t 'inquiète pas, Julien, il est quelqu 'un de très bien. Il va
tout va rentrer dans l 'ordre.
Ah oui, donc en plus, tu es de son côté ? Non, tout le monde, je suis ton frère.
Non, mais ça va. Tu as vu quelle heure il est ? Il ne va jamais se réveiller.
Écoute, Alisa, je viens l 'enfer.
J 'ai plus le droit de dormir, j 'ai plus le droit de manger. Je dois faire
km par jour. J 'en peux plus, tu comprends ça ? Il ne faut pas cesser de
maman.
Comment ça,
Jules Gomez n 'est pas dans sa cellule ? Ta patronne, elle ne va pas gueuler que
tu m 'aies amené ici ? Qui, Léa ? Tu rigoles ou quoi ? Elle me fait
les yeux fermés.
Déjà , quand on était gamin, tu pouvais pas t 'empêcher de raconter des gros
bobards. Ouais, bon, je viens de faire le tour de tes réparations, et
apparemment, tout correspond.
Alors, ça m 'ennuie un peu de te dire ça, mais je crois que t 'as raison.
Monsieur est trop bon.
Eh, bouge pas, j 'arrive ! Non, mais t 'as raison, c 'est quand mĂŞme bizarre
toutes ces pannes avec autant de maintenance.
Je sais, c 'est ce que je dis depuis le début.
Donc, attends, ça veut dire que quelqu 'un sabotait discrètement la vedette,
mais oĂą ? En pleine mer ? Non, impossible de toucher au moteur sans que
autres te voient.
Ouais, donc ça se faisait forcément un quai.
Qui a accès au moteur de la vedette ? À part les gars de la SNSM, personne.
J 'ai vu dans l 'ordi qu 'il y avait le planning des sauveteurs. Avec un peu de
chance, on pourra vérifier qui était là à chaque panne.
Ça me fait une bonne liste de suspects à interroger, ça.
Bah merde.
Quoi ? À chaque avarié moteur, c 'est toujours la même personne qui est
présente.
C 'est forcément lui le saboteur, c 'est qui ? La victime, Patrick Cattela.
Un président de statut aurait fait ça ? Je ne sais pas.
Je ne sais pas.
J 'ai envoyé Arouane se renseigner à Port -Camargue.
Et tu crois que c 'est pour ça qu 'il a voulu fuir le pays ? Oui, peut -être que
quelqu 'un a découvert ses sabotages.
Un autre sauveteur.
Et pourquoi il n 'aurait pas dénoncé tout de suite ? En fait, Léa, ça fait
vachement de questions et je n 'ai aucune réponse.
Je ne sais pas.
Bon.
Enfin, tout ça n 'innocente absolument pas ton pote Mécano.
Jules !
Ouais, non, je l 'ai remis en garde Ă vue. VoilĂ , je tiens Ă le signaler avant
que tu m 'engueules.
Mais ça colle pas, en fait, parce que c 'est lui qui nous a mis sur la piste.
Enfin, il est peut -être très malin, genre, je vous mets sur une faute de
Non, non, non.
Jules, non, non, non.
Bon, hé, oh, tu m 'engueules pas, là .
Pour quelle raison, Paul ? Eh ben, mais pour avoir sorti Jules de sa cellule
pendant sa garde Ă vue sans son autorisation.
Pourquoi ? Enfin, tu ne changeras jamais, Paul.
Non,
c 'est pas une question. Tu ne changeras jamais, donc non.
J 'ai décidé d 'arrêter de perdre mon énergie.
Je préfère la consacrer à des choses importantes.
Et d 'ailleurs, en parlant de ça, je pense qu 'on a un souci avec Thomas.
Pourquoi ? Il s 'est mis en tĂŞte qu 'on allait devenir des champions.
Donc il m 'a préparé un planning de dingue. Je dois faire 50 km de vélo par
jour. Je ne dois pas manger, je ne dois pas dormir, Ă peine venir au bureau.
Non, mais c 'est pas drĂ´le.
T 'exagères pas un peu, non ? Mais non, j 'exagère pas.
Je pense que Thomas a un problème de positionnement. Et il ne trouve pas sa
place dans ce monde. Et du coup, il surinvestit mon entraînement. Non, non,
En fait, Léa, Thomas, tu sais, il s 'emmerde avec sa jambe dans le plâtre.
Alors, une fois qu 'il sera remis sur pied, qu 'il va retrouver la fac, ses
potes, crois -moi, il va tout oublier.
Super.
Génial. Pour une fois qu 'il y en a un qui s 'intéresse à ce que je fais.
Ok, je vais aller prendre une douche.
Capitaine, c 'est Erwann.
Quoi de neuf, ma poule ? Pas trop le genre de Paul Marshall, ça, Capitaine
Moriac. Je peux lui parler ? Partie se doucher.
Bon, est -ce que t 'as découvert pourquoi Patrick Catala sabotait le
Non, mais j 'ai autre chose de bizarre.
Vous savez les plaintes qui ont été déposées contre la station SNSM et qui
conduit à un audit ? Je te remercie, Erwann, je suis pas encore complètement
fénile. Eh ben, elles n 'ont été déposées que par des pêcheurs.
Huit, très exactement.
D 'accord, donc la mer, des pêcheurs, ça paraît logique. Tu m 'aurais dit 8
patineurs artistiques, bon, je ne dis pas.
Non, non, mais la SNSM intervient aussi auprès des plaisanciers et des
touristes. Donc pourquoi seuls des pêcheurs auraient porté plainte ? Alors
'est une très bonne question.
On reconnaît l 'expérience du breton, le BLEC.
Oui, ou plutĂ´t celle du gendarme, mais bon.
Le représentant des pêcheurs, c 'est aussi celui qui allait poser les
Donc il est en mer, je vais l 'attendre un petit peu, d 'accord ? Ça roule, ma
poule.
Au revoir.
On ne se parle jamais comme ça.
Alors, quoi de neuf ? Ton péché en chef, il est où ? Le voilà , regardez.
Augustin Bouvet.
D 'accord.
Oui, Inès ? Bonjour, capitaine. On a quelque chose sur Augustin Bouvet.
Il a porté plainte à la SNSM et également au tribunal contre la station
Port -Camargue.
D 'accord.
Pour quel motif ? Perte financière. Les pêcheurs qu 'il représente ont dû payer
les bateaux qui les remorquent Ă la place de la vedette des topteurs.
Ah oui, et puis un dépannage privé coûte trois fois plus cher.
Et tout ça à cause de Patrick Catala.
Ok, je m 'en occupe. Dis -moi, Inès, est -ce qu 'on peut se parler quand je
rentre Ă la brigade ?
Je crois qu 'on sait tout, dit Paul.
Vous pouvez ? Ça ne m 'étonne pas de vous voir.
Vous ĂŞtes lĂ pour le meurtre de Patrick Catala ? VoilĂ .
Qu 'est -ce qu 'on fait, on passe directement aux aveux ? C 'est ça, moi j
rien fait.
Et lui par contre, il m 'aura bien fait chier.
MĂŞme mort.
Oh, bel éloge. C 'est funèbre, hein ? Même si je trouve que ça manque un petit
peu de chaleur, je sais pas toi ? Un petit peu, oui.
Et si on allait finir cette conversation Ă la gendarmerie ? VoilĂ , maintenant,
lĂ ? Ah ouais, maintenant, lĂ , ouais.
Vous en vouliez à Patrick Catala de ne pas vous avoir sauvé, vous et vos
collègues ? Je l 'ai jamais caché, ok ?
J 'ai même porté plainte pour ça.
On sait.
C 'était pas une question.
Bref.
Quand vous avez découvert qu 'il faisait exprès de ne pas vous sauver, vous avez
pété un câble.
Et vous l 'avez tué.
Comment ça, Patrick faisait exprès ? Il sabotait les bateaux de la SNSM.
Et si vous l 'avez découvert, ça vous fait un bon mobile.
C 'est débile, ça.
Si je l 'ai découvert, je gagnais mon procès facilement.
J 'ai aucune raison de le tuer, moi.
Mais pourquoi Patrick faisait ça ? Peut -être qu 'il en voulait aux pêcheurs,
mais il pensait pas que vous porteriez plainte.
Quand les sauveteurs viennent remorquer un pêcheur, nous, on leur pèse ce qu 'on
leur doit, sans souci.
Par contre, c 'est de raquer le triple à des bateaux privés, ça, ça passe pas.
Attendez.
Votre procès, c 'était pour que la SNSM vous rembourse ? Bah oui.
Nous, on n 'est pas responsables des retards des sauveteurs.
On sait que la SNSM, elle a pas assez de moyens, mais bon, certains parmi nous
gagnent Ă peine de quoi vivre.
Moi, je suis là pour défendre les collègues, alors oui, le procès, on
besoin de le gagner.
Dites, quand l 'un de vous tombait en panne, il y avait toujours un bateau
providentiel pour vous remorquer ? Ouais.
C 'est un gros hasard, ça, quand même.
Il aurait si bien débrouillé le petit Célestin pour son premier
J 'en ai jamais douté. J 'ai tout de suite vu que c 'était un bon élément.
Il faudrait demander Ă Erwan.
de se renseigner pour en savoir un peu plus sur ces bateaux providentiels -lĂ .
Ouais. Je peux te rendre un bout ? Non.
Non, mais un petit bout. Mais non, mais non, mais j 'ai faim, en fait. Tu vois,
tu verras ça avec ton fils.
C 'est pas possible, ça.
Et il faudrait aussi comprendre comment Catala arrivait à prévenir les bateaux
privés du pseudo -retard de l 'intervention de la SNSM. Enfin, plutôt
interventions de la SNSM.
VoilĂ . Je te parle, en fait.
Oui, mais voilà , on n 'a qu 'à faire ça. C 'est bien, ça.
Bon, moi je vais aller à la SNSM me renseigner, vérifier les retards d
'intervention.
Quand
un
appel de détresse est lancé par quelqu 'un en pleine mer, c 'est bien le centre
régional opérationnel de surveillance.
Et de sauvetage qui le reçoit.
Vas -y, c 'est ça.
Et ensuite, c 'est le CROSS qui dispatche l 'info Ă la station SNSM la
proche. Le sauveteur de garde répond et puis il lance l 'intervention.
Et c 'est là que Patrick sabotait la vedette sur l 'équipe avant que d
sauveteurs n 'arrivent.
Le temps de laisser un autre bateau intervenir.
Apparemment, oui.
Je n 'arrive toujours pas à croire qu 'il ait fait ça.
Est -ce qu 'il y a moyen de récupérer les rapports d 'intervention lancés par
Patrick Catala ? Oui, je peux vous les imprimer.
Par contre, ça risque de prendre un peu de temps.
Oh non, c 'est pas grave, parce que j 'ai vraiment tout mon temps.
Bon.
Oh, ce sourire de merdant frit.
Si tu savais comme je le connais.
Tous les hommes qui ont croisé ma route l 'ont eue.
On dit pas des yeux de Merle en fruit, plutĂ´t ? Ah bah si, peut -ĂŞtre, mais tu
les as aussi.
T 'as me sonné, c 'est ça ? Ah non, pas du tout, j 'étais en train d 'échanger
avec ma mère, c 'est pas important.
Tu, tu, tu, une sirène est tombée dans tes filets.
Capitaine, je vous en conjure, si vous pouviez arrêter avec les références sur
la pêche, parce que je suis breton... Ah, ça c 'est vu.
Moi qui pensais avoir été un peu subtil.
Bon, allez, je te laisse mener ta barque, je lève l 'encre.
Juan, je te parie, mais tu sais que si ça marchait, je serais super contente
pour toi.
Merci, capitaine.
Oui, ma chérie, t 'es sûre que ça va mieux ? J 'aime pas te voir toute triste
comme ça.
Oui ? Il y a ton père qui vient d 'arriver. C 'est Alice. Coucou, ma puce.
rappelle, ma chérie, je t 'aime. Bisous, bisous.
J 'ai un gros truc.
Un gros truc ? J 'ai retrouvé les interventions lancées par Patrick
lesquelles il avait du retard.
Elles ont toutes eu lieu sur des remorquages, aucune sur des sauvetages
humaines.
Je te crois sur parole, je n 'ai pas tout compris, mais ce n 'est pas très
grave. Et donc c 'est ça ton gros machin ? Non, mais je n 'ai pas fini en fait.
Il y a eu une dizaine de plaisanciers qui ont été remorqués par des bateaux
privés. Aucun n 'a porté plainte.
Peut -être qu 'il ne rencontre pas les mêmes difficultés financières que les
pêcheurs. Je ne comprends pas très bien où tu veux en venir, Paul.
C 'est le dernier en date qui nous intéresse, un certain Jean Blandin.
Pourquoi ? Il y a un mois, il a lancé un appel de détresse et il n 'y a aucun
bateau privé qui est venu.
Et quand la SNSM est arrivée, son avion avait coulé.
Pourquoi il n 'a pas porté plainte ? Parce que pour le coup, il avait des
raisons, il avait perdu son bateau.
Oui, mais il n 'a pas eu l 'occasion parce qu 'il s 'est noyé.
Ce qui veut dire que Patrick Catala avait la mort d 'un homme sur la
Je vous remercie.
Des lancements de fusée. Pardon.
On sait qui Patrick Catala a contacté pour les sauvetages à la place de la
? Oui.
Après chaque appel du CROSS, il prévenait sa compagne Sonia Lebrun qui
ses navires. J 'ai vérifié avec la capitainerie.
Et après avoir remorqué le bateau requérant, elle facturait au prix fort.
Tout bénève sur le dos de la SNSM et du marin sauvé. Et un bon paquet d 'argent
dans la poche de Sonia et de Patrick, son compagnon. D 'accord. Donc en fait,
tout se passait bien jusqu 'au sauvetage raté il y a un mois qui a engendré la
mort de Jean Blandin.
Et ensuite, Patrick Catala décide de s 'enfuir au Costa Rica en laissant sa
complice Sonia Lebrun seule pour affronter les problèmes.
Et si elle a découvert, elle a pu mal le prendre.
Une hypothèse se tient, mais en même temps, j 'ai vraiment l 'impression qu
'elle ignorait complètement ce projet de voyage de Katala. En tout cas, quand on
a discuté ensemble.
Oui, mais enfin, il y a des gens qui mentent très bien.
Oui, je ne vous le fais pas dire, Inès.
Et qu 'est -ce qu 'on a sur ce blondin ? Pas grand -chose pour l 'instant. Il
était veuf, sans enfant, un solitaire, mais à part ça, rien.
Ok, bon.
Je m 'occupe de Sonia.
Patrick ne m 'a jamais dit qu 'il venait partir.
Je me jure.
Quand bien même, il n 'aurait pas tué pour ça.
On est au courant pour les remorquages, les sabotages. En revanche, on n 'a pas
encore compris la raison de tout ça. C 'était son idée.
Il voulait se consacrer Ă la vraie mission de la SNSM.
Sauver des vies.
L 'année dernière, notre meilleur ami a fait une crise cardiaque en pleine mer.
Les sauveteurs sont arrivés plus d 'une heure après son appel.
Trop tard.
Vous étiez en intervention sur un bateau en panne ? Oui.
Ça a rendu Patrick complètement dingue.
C 'est pas comme ça qu 'il envisageait son métier. Il manquait clairement d
'effectifs, de moyens.
Pour lui, les sauveteurs devaient rester des pompiers de la mer.
Sauf que ce n 'est pas lui qui décidait.
Non.
C 'est pour ça qu 'on a mis ce système en place.
Pour montrer à la SNSM que si des sociétés privées sont chargées, alors
sauveteurs pourraient avoir tout le temps d 'aller secourir des gens en
détresse.
Et... Et qu 'est -ce que t 'es passé pour Jean Blandin ?
Patrick
m 'a bien envoyé un message.
Je l 'ai jamais reçu.
On n 'a pas compris pourquoi.
Un homme est mort Ă cause d 'un putain de bug.
Non, ce n 'est pas Ă cause d 'un bug qu 'il est mort, madame Lebrun.
On était rongés par la culpabilité.
On faisait ça pour sauver davantage de gens, c 'est tout.
Oui, enfin, surtout Patrick.
Vous, c 'était surtout un moyen de gagner beaucoup plus d 'argent.
De toute façon, après l 'accident, on a tout arrêté.
Vous saviez qu 'il avait viré Jules Gomez pour éviter l 'audit ?
C 'était la seule solution.
On va savoir que celui -ci n 'entendait pas du tout cette oreille. Il commençait
à chercher à comprendre pourquoi on l 'avait écarté de la SNSN.
Je ne savais pas ça.
Alors c 'est pour ça que Patrick a voulu fuir loin d 'ici, non ? Je ne sais
rien.
Qu 'est -ce qui va m 'arriver maintenant ? On va vous défaire devant un juge et
vous devrez répondre de la mort accidentelle de M. Blandin.
Je suis prĂŞte Ă payer.
S 'il vous plaît.
Trouvez qui es -tu, Patrick.
Fabienne, dites -moi où vous avez avancé.
Jean Blandin, le plaisantier qui est mort à cause de Patrick Catala. Il était
veuve depuis dix ans.
Mais avant, sa femme et lui étaient famille d 'accueil.
Super, on avance bien lĂ .
Il y a vingt ans, ils ont accueilli une petite fille.
Morgane Saroyan.
Morgane Saroyan, mais... C 'est la stagiaire qui a découvert le corps, ça ?
Marshall est déjà en route.
Morgane Saroyan, vous êtes en état d 'arrestation pour le meurtre de Patrick
Catala.
J 'en étais comme mon père.
Même s 'il m 'avait adoptée, j 'avais que lui.
Comment avez -vous découvert la vérité sur sa mort ? Peu de temps après,
des pĂŞcheurs sont venus Ă la mairie.
C 'est lĂ que je travaille.
Ils voulaient parler au maire de la plainte qui s 'avait déposée.
Et j 'ai vite compris qu 'un truc n 'était pas clair dans la mort de Jean.
et que le problème venait forcément de la station.
Alors j 'ai fait croire à Patrick que je voulais intégrer la SNSM pour sauver
des gens.
Mais j 'ai rien trouvé de bizarre.
Forcément.
Il avait tout arrêté suite à la mort de M. Blondin.
Morgane, qu 'est -ce qui s 'est passé avant -hier ?
J 'ai entendu Julie et Patrick s 'engueuler dans le bureau.
Le mécano disait que quelqu 'un sabotait son boulot.
Mais dès que Julie est partie, Patrick a appelé la SNSM pour leur dire qu 'il
démissionnait.
Alors c 'était pas dur de comprendre que c 'était lui qui était à l 'origine des
sabotages.
J 'ai attendu qu 'il soit seul.
Je l 'ai suivi jusqu 'Ă son bateau.
Je voulais juste qu 'il avoue ĂŞtre responsable de la mort de Jean.
Il m 'a dit que c 'était un accident, qu 'il ne pourrait jamais le reconnaître.
Vous ne pouvez pas.
En avouant, il dénonçait la femme qu 'il aimait.
Mais il ne m 'a rien dit. Rien.
Pas un mot. Il m 'a juste tourné le dos.
Alors vous l 'avez frappé.
J 'ai attrapé un cordage.
Mais je ne voulais pas le tuer.
Je voulais juste lui faire du mal.
J 'étais tellement en colère.
Il est tombé à l 'eau, il a coulé à pied.
J 'ai paniqué, je suis partie, voilà .
Ferdinand, s 'il vous plaît.
Je vous jure, je voulais pas en arriver.
Je sais, Morgan.
Je ne sais pas toi, mais cette histoire m 'a complètement retournée, moi.
Ah ouais ? Ça va ? Ouais, ouais, ça va, ça va.
Oh non, Paul, arrête de faire ton caliméro, là .
Qu 'est -ce qu 'il y a encore ? Non, ouais.
Bon, enfin, Inès est rentrée.
Alice et Julien, ça a l 'air d 'aller beaucoup mieux.
Notre fils a libéré ton espace pour venir envahir le mien.
C 'est terminé avec Inès.
Enfin non, en fait, pour être précis, c 'est pas terminé, puisque ça a jamais
vraiment commencé, cette histoire.
Je suis désolée, qu 'est -ce qui t 'est passé ? Elle a pas confiance en moi.
Bon, ceci dit, moi non plus.
C 'est tellement pas ça que je voulais vivre, putain.
C 'est fou.
Non, mais le doute, la dissimulation, les cachotteries.
Pitié, c 'est pas moi, c 'est tellement pas moi. Tu le sais, toi, que c 'est pas
moi, ça.
En
fait,
c 'est... J 'ai peur de...
de jamais... de jamais retrouver l 'amour.
J 'ai peur de jamais retrouver ce qu 'on a vécu, nous, il y a 25 ans.
En plus, c 'est con parce que je sais qu 'on n 'a qu 'une chance dans la vie, tu
vois.
Il y en a qui la saisissent et qui la gardent.
Eh ben voilĂ .
Comme un con, je n 'ai pas su te garder, toi.
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