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Comment t 'as pu me faire ça ? Ok, comment j 'ai pu te faire quoi ? Avorter
m 'en parler.
Mais de quoi tu parles ? Non mais Léo, t 'es enceinte et tu préfères en parler à
ton ex plutôt qu 'à moi ? Non mais Greg, c 'est un énorme malentendu. C 'est pas
moi qui suis enceinte, c 'est Alice qui était enceinte.
C 'est Paul qui t 'a dit ça ? Oui, c 'est Paul.
Enfin Greg, j 'ai deux grands -enfants, je...
Tu me vois avec un bébé à mon âge, t 'es sérieux ? Oui, je pourrais.
Si ça avait été vrai, si t 'avais vraiment été... Tu m 'en aurais parlé.
Évidemment que je t 'en aurais parlé.
Mais j 'ai plus envie de ça.
Les couches, les bibons, les nuits blanches.
Je veux pas retomber là -dedans, c 'est fini tout ça.
T 'as envie de quoi alors ? De la légèreté, de l 'insouciance, de la
Mais je veux plus d 'enfants et surtout pas de prise de tête.
Et moi, Léa, j 'ai envie de sérieux.
Si j 'ai envie d 'un enfant, on n 'en parle pas ? Écoute, Greg, je... Quoi,
? C 'est une conversation qui n 'est pas assez légère pour toi ? C 'est pas ça,
mais on... On ne s 'est jamais rien promis.
Ah, non, excuse -moi.
Léa, j 'écoute.
Oui, Sabine.
OK, très bien. Où ça ?
J 'arrive.
Je suis désolée, hein, mais...
Bonjour. Bonjour.
Bonjour, commandant.
Ça va ? Très, très bien, merci.
Qu 'est -ce qu 'on a ? Eh bien, nous avons Catherine Delos, 50 ans,
de l 'Institut botanique.
Pas mariée, pas d 'enfant, célibataire. On a retrouvé son corps dans la chambre
froide. Dans une chambre froide ? Il y a des chambres froides dans les instituts
botaniques ? Avant de numériser les plantes, il faut les congeler pour tuer
insectes. C 'est un des plus grands herbiers du monde.
Deux millions de planches sur six étages.
C 'est Erwann qui vous a fait l 'absence ? Non, non, non, pas du tout. J 'ai
juste lu sur Internet. C 'est très instructif, j 'adore.
Et sinon, la chambre froide, elle est par où ? Eh bien, elle est par là.
C 'était vers quelle heure ? 8h, 8h, 8h.
Vérifiez qu 'il n 'y a personne à l 'intérieur.
On peut pas l 'ouvrir à l 'intérieur ? Eh non.
Ils ont récupéré la porte de l 'ancienne chambre froide d 'une boucherie.
Mais comme le plan de numérisation a gagné tout le budget de l 'année, ils
fait des économies, y compris sur la sécurité.
D 'accord.
Après vous, je vous en prie.
Est -ce que la porte aurait pu se
refermer sur la victime pendant qu 'elle était encore vivante ? Non, je ne crois
pas. Elle serait dans une autre position. Elle serait recroquevillée sur
-même.
Faut garder un peu de chaleur.
Pas la peine de se fier à la rigidité de la daverique.
Peut -être pas un hasard.
La dernière fois qu 'elle a été vue, c 'était vers 20h.
Ça laisse un bon créneau.
Visiblement, elle a été violemment frappée.
Impossible de savoir par qui, parce qu 'il n 'y a ni système de caméra, ni
vidéosurveillance, ni badge.
Qui a trouvé le corps ? C 'est l 'homme de ménage à l 'entrée.
Ça, c 'est curieux.
Et qu 'est -ce qui vous perturbe ? Il n 'y a rien écrit dessus.
Alors que sur tout l 'Institut, tous les sachets sont étiquetés, numérotés...
Renseignez -vous quand même pour savoir ce que c 'est et pourquoi il n 'y a rien
d 'inscrit dessus, alors.
Où est Marshall ? Il est en train d 'interroger l 'adjoint de la victime.
Igor Mavitch.
Vous connaissiez bien votre patronne, monsieur Mavitch ? Non, pas
On avait juste des rapports de boulot, même si j 'étais son bras droit.
Ça m 'a l 'air de vous toucher.
C 'est la première fois que quelqu 'un meurt comme ça dans mon entourage.
J 'arrive pas à le croire.
Oui, je comprends.
Catherine Delos était surnommée le dragon.
Pourquoi ? Comment vous savez ça ? J 'ai eu l 'occasion de la rencontrer l 'an
dernier.
Elle avait un management dur, mais c 'était juste parce qu 'elle aimait le
travail bien fait.
Et est -ce qu 'il y a un collaborateur avec lequel elle aurait été plus rigide
Non.
Elle a eu des mots avec le responsable des jardins hier, mais ça arrivait
souvent, ça. Ah bon ? Pourquoi ? C 'était tendu entre les deux.
Surtout depuis qu 'elle avait mis au placard l 'année dernière.
C 'était lui qui tombera droit avant que j 'arrive.
Vous parlez d 'Hervé Chastain ? Oui.
Très bien, je fais au plus vite et j 'arrive tout de suite. Léa, attends deux
secondes.
J 'ai une bonne nouvelle.
J 'ai une piste.
Hervé Chastain, jardinier.
Et tu l 'as interrogé ? Non, pas encore. Avant, je voulais faire un point avec
toi. Un point avec moi ? Oui, avec toi.
Vas -y, je t 'écoute.
Alors, tu sais, l 'an dernier à Pâques, t 'es parti en vacances en Bretagne avec
les enfants.
Et alors, c 'est un reproche ? Non, c 'est pas un reproche, c 'est pour situer
le truc.
Bref, avec l 'équipe, on a géré un incendie ici, d 'origine criminelle, ici
même.
Et en arrivant, l 'homme de ménage a réussi à l 'éteindre, mais il s 'est
blessé. D 'accord, et ton jardinier, Hervé, a été suspecté ? Il était le seul
sur place.
Il avait un mobile ? Il était farouchement opposé à la victime sur la
numérisation de l 'herbier.
Pourquoi ça ? Parce que d 'après Chastain, toutes les manipulations, ça
fragilisait vachement les plantins et puis c 'était pas bon pour la réputation
de l 'Institut.
C 'est compliqué les plantins. Et alors ? Ben non, rien. On n 'a pas pu
continuer l 'enquête en fait.
Comment ça, on n 'a pas pu continuer l 'enquête ? J 'ai fait une petite erreur
sur le procès -verbal. Non, non, toute petite. Une vise de procédure.
Donc l 'avocat a sauté dessus.
Bim, non lieu.
Et dans la foulée, Catherine Delos, elle a rétrogradé au jardin.
Et tu m 'as caché ça pendant un an, Paul.
Ça fait pas tout à fait un an. Oui, c 'est bon. Non, mais attends, le colonel
Vauvert était au courant. Et puis, comme on dit, si t 'as Vauvert, t 'es
couvert.
Ça se dit pas, c 'est moi qui l 'ai inventé.
Je vais interroger Chastain, non ? Ben voilà, c 'est comme ça.
Alors, si tu pouvais éviter un deuxième videoprocédure, ça m 'arrangerait. Ah
oui.
Léa ? Quoi, Paul ?
Ali, ça va ? Ça fait deux, trois jours, elle est bizarre.
Il y a un truc avec Julien ou quoi ? Je ne sais pas, je n 'arrive pas à lui
parler, elle est hyper fuyante.
Tu devrais peut -être l 'appeler, toi.
Oui, oui, c 'est fait.
Qu 'est -ce qu 'il fait ? De quoi qu 'il fait ? Tu dis c 'est fait quoi ? Eh
bien oui, je lui ai parlé.
Il y a un problème.
Non, il n 'y a pas de problème.
En revanche, ça serait bien qu 'on se parle, parce que moi, j 'ai deux, trois
choses à te dire, mais tu vois, on peut pas parler, là, il y a trop de monde,
trop de... Hein ? Tranquillement, cinq minutes ? Mais là, je veux aller chez le
premier.
Oui, en fait, c 'est ça, il y a un problème, quoi.
C 'est votre faute, tout ça, vous m 'avez accusé sans preuve, et du coup, ça
ruiné ma carrière.
Euh, sans ce non -lieu, vous dormiriez en prison, M. Chastain ? Non.
Parce que si j 'avais eu le droit à procéder, j 'aurais pu prouver mon
innocence. Ah.
C 'est pas ce que pensait Catherine Nolot, puisqu 'elle vous a écarté comme
du jour au lendemain.
Vous pensez quoi ? Vous pensez qu 'un an après, je me suis dit, tiens, et si je
la tuais ? Non, je sais pas.
Enfin, son adjoint vous a vu vous engueuler avec elle hier encore.
On s 'est engueulés pour des problèmes de numérisation, c 'est tout.
Bon, le fond du problème, c 'était quoi ? Tiens.
Capitaine Marshall.
Ah, tiens.
Madame Le Corbier.
C 'est Chastain, maintenant.
Et on s 'est mariés depuis.
On déjeune ? Ah d 'accord, je vois.
Donc la mort de Catherine Delon ne vous a pas coupé l 'appétit, c 'est bien ?
Pourtant vous travaillez ensemble, non ? J 'analyse les plaintes, elle dirigeait
l 'institut.
Nous avions peu de rapports.
C 'était une femme... difficile d 'accès.
D 'accord.
Et le fait qu 'elle brise la carrière de votre mari sur de simples présomptions
n 'a pas dû arranger vos rapports, j 'imagine.
Vous avez fini ? On peut aller déjeuner ? Oui.
Tous les employés de l 'Institut Botanique s 'accordent sur une chose.
Avant d 'être surnommée le dragon, la victime est appréciée par tous ses
collègues. Un événement dans sa vie qui aurait pu provoquer ce changement d
'attitude ? Peut -être. Il y a cinq ans, Catherine Delos devait se marier, mais
son fiancé l 'a plantée juste devant l 'hôtel.
À partir de là, ça n 'a plus jamais été la même. Elle est subitement devenue
plus dure.
Elle s 'est renfermée sur elle -même. Elle n 'avait plus confiance en
Enfin, en même temps, ça peut se comprendre.
Mais vous pensez que ça peut avoir un rapport avec son meurtre ? Je ne sais
mais je creuse.
Ah, vous creusez, vous aussi ? Incroyable ce qu 'on creuse dans cette
Et vous, Sabine, alors, cette plante retrouvée sur la victime, ça donne quoi
Eh bien, là, si tu es, personne ne comprend ce que c 'est. Mais Franck est
le coup.
Franck, le légiste ? Mais oui.
Cet homme a deux passions, en fait, les humains morts et les plantes vivantes.
Mais à part ça, il n 'est pas du tout flippant.
Bon, moi, de mon côté, j 'ai quelque chose d 'intéressant dans les mails de
victime, et ça date d 'hier matin.
Tu t 'en sortiras pas si facilement, t 'as intérêt à écouter ce que j 'ai à
dire. C 'est le même qui ? C 'est un mail de l 'institut, hc -imb .com.
Ah, c 'est des initiales, ça.
Vous pouvez me rappeler le prénom du jardinier, là ? Monsieur Chastain ? Euh,
Hervé ? Hervé Chastain ?
Je vous écoute, monsieur Chastain.
Oui, ben c 'est moi qui ai écrit ça.
Mais j 'étais en colère, c 'était pas des menaces.
Donc c 'est vachement bien imité, on s 'y croirait.
Bon, et alors, dites -moi, c 'était à propos de quoi, hein, ces non -menaces ?
Avant l 'incendie, je travaillais sur une nouvelle technique afin d 'allonger
date de péremption de certains aliments. D 'accord, et ?
Et j 'avais découvert qu 'en faisant subir un léger choc thermique à certains
aliments, on pouvait retarder l 'apparition de moisissures de plusieurs
semaines. Bon, alors écoutez, M. Chastain, moi j 'adore apprendre des
choses, mais là je vois pas très bien où tout ça nous mène.
La semaine dernière, je suis tombé sur un article scientifique sur Internet où
un groupe industriel annonçait un nouveau système de conservation via les
moisissures et via les chocs thermiques, justement.
Et vous pensez que c 'était votre découverte ? Mais évidemment que c
découverte ! Alors sur un autre ton, M. Chastain, vous avez remarqué, je suis
appareillée.
Je travaillais plus au labo.
J 'ai jamais publié mes travaux, y 'a quand même pas 36 solutions, non ? C
Catherine Delos qui vous les a volés.
Ouais.
Oui, c 'est ce qu 'ils ont fait.
Ah bah, merde alors.
T 'as bien fait de l 'interroger, t 'as raconté n 'importe quoi.
Tu t 'es fait avoir comme un débutant.
Je savais qu 'il mentait, j 'avais le coincé, c 'est juste une question de
temps, c 'est tout.
Bah, oui.
Bon, on est d 'accord que là, il vient de se trouver un mobile de meurtre tout
seul comme un grand, quand même.
Et j 'aime pas ça.
Ah bon ? Il est encore en colère contre Catherine Delon.
Et s 'il l 'avait tuée, il serait rongé par la culpabilité, mais il serait plus
en colère.
Ouais, c 'est pas faux.
On laisse ça en garde à vue, quand même, puis nous, on creuse du côté de l
'histoire de la découverte, vous voulez ? Eh ben non.
Parce que tu vois, son avocat... Pardon.
Excusez -moi.
Solaire, j 'écoute.
Oui, Franck ?
Très bien, j 'arrive tout de suite.
Pourquoi non ? Parce que son avocat nous attend au tournant cette fois -ci.
Et j 'aimerais bien qu 'on évite de faire une deuxième erreur. Donc on va d
'abord vérifier son alibi et ensuite on verra ce qu 'on fait avec lui.
D 'accord.
Tu voulais qu 'on se parle ? Ah bah oui, alors justement... Pardon, excuse -moi.
Oui papa, mon colonel.
Oui.
Tu parleras demain.
Ou après demain, c 'est pas grave.
Ah, capitaine, je viens d 'avoir l 'industrielle qui va exploiter la
des moisissures.
Et Hervé Chastain a raison, c 'est bien Catherine Delos qui est venue leur
parler du projet.
D 'accord.
Et pourquoi tu faisais cette tête ? Apparemment, ce n 'était pas non plus la
révolution. Plusieurs labos étaient déjà plus ou moins sur la même technique.
Moi, ce que je ne comprends pas, c 'est pourquoi une directrice d 'institut
prendrait le risque de voler les travaux de son ancien adjoint ? Bon, moi, de
mon côté, concernant la libide d 'Hervé Chastain, sa femme continue d 'affirmer
qu 'elle a passé la soirée avec lui.
Enfin bon, c 'est sa femme, et quand le cul s 'en mêle, les alibis s 'en vont.
C 'est pas faux.
Pourquoi vous n 'avez pas porté plainte pour le vol de vos travaux, M. Chastain
? Parce que j 'avais aucune preuve.
Qui m 'aurait cru ? Vous ? Pourquoi ma parole aurait pu se compter maintenant
'au moment de l 'incendie ? Je comprends que vous vouliez qu 'on trouve le
responsable de l 'incendie, mais la priorité pour l 'instant, c 'est de
l 'assassin de Catherine Delau.
J 'aimerais bien vous aider, mais...
Je sais pas comment.
Vous lui connaissiez des ennemis ou des gens avec qui elle s 'entendait pas ? Il
y a peut -être quelque chose.
Vous savez qu 'elle était experte auprès des tribunaux ? Ah non ? Et puis elle
était pas commode.
Elle a fait condamner un paquet d 'industriels.
Pour quelle raison ? Eh bien, elle rédigeait des rapports déterminant si l
'activité des entreprises avait un impact néfaste sur l 'environnement.
Le juge l 'écoutait et ce genre de sanctions, ça peut être très lourd.
Bonjour, Franck.
Bonjour, Léa.
Ah, vous avez bonne mine. J 'ai plaisir.
Merci. Vous avez pu déterminer les causes de la mort ? Oui.
Catherine Delos a succombé à un hémopéritone sur une rupture de rate
à un traumatisme costal gauche.
Un gros choc.
D 'ailleurs, il y a un très, très bel hématome basithoracique.
D 'accord.
Et les autres hématomes sur le corps, ça voudrait dire que le meurtrier s 'est
acharné ? Oui, mais pour tenter de la réanimer. Je pense que c 'est un
Les personnes n 'ont rappelé les cours.
Ah oui, et la plante qu 'on a trouvée, Torella, on m 'a dit que vous aviez des
talons cachés. Ah, oui, oui.
Alors déjà, je peux vous dire que c 'est une plante non répertoriée.
Non répertoriée, ça veut dire quoi ? Eh bien, ça veut dire qu 'elle n 'est pas
encore enregistrée au niveau de l 'Institut.
Que c 'est donc une plante inconnue.
Il y en a encore des milliers, comme ça, à découvrir.
Mais je vais me pencher sur son cariotype et je vais bien finir par
revoir, je vous fais bonne chance. Déjà, je peux vous dire que c 'est une plante
de la famille des graminées, apparentée aux acéracées avec un génotype...
typique de l 'Amérique du Sud.
Je pencherai pour le Pérou, et avec des propriétés naturelles herbicides... Ok,
vous m 'en direz plus après. Oui, lieutenant Zaidi, c 'est le commandant
Solaire. Vous êtes où ? À l 'Institut Botanique.
Très bien, alors la plante qu 'on a retrouvée dans la poche de la victime n
pas répertoriée. Si vous pouviez en savoir davantage, hein ? Franck vous
les premières infos. Les analyses et le job de Servane Chastain. Je vais voir ça
avec elle tout de suite.
Eh bien c 'est parfait, tenez -moi au courant.
Donc, je vous disais... Merci Franck.
Non, cette plante ne vient pas de chez nous.
Vous êtes sûre ? Certaine.
Je répertorie toutes les nouvelles plantes qui arrivent, je la connaîtrai.
Est -ce que Catherine aurait pu la réceptionner à votre place ? Oui, on me
disait que le labo lui manquait. Le travail de directrice, c 'est surtout
administratif. Alors, pourquoi ce sachet n 'était ni étiqueté, ni identifié ? Je
ne sais pas.
Mais le process est clair.
Arrivé de la plante, analyse, numérisation, intégration dans l
Donc, elle aurait récupéré le sachet à l 'arrivée de la plante avant l 'analyse.
Oui, mais elle l 'avait sans doute gardé pour l 'analyser plus tard.
Mais quel rapport avec son meurtre ? Peut -être aucun.
En revanche, il semble que la victime est experte pour la justice. Est -ce que
vous savez si elle avait une expertise en cours ? Oui, l 'entreprise d
Un habitude.
Oui.
Vous en avez trop dit, vous n 'en avez pas assez dit.
Tout le monde savait ici qu 'elle l 'avait dans le nez et qu 'elle voulait
coincer.
Ça faisait beaucoup de choses à gérer pour elle.
C 'est très difficile et douloureux ce qu 'elle est en train de vivre.
Et c 'est dur d 'en parler aussi.
Je crois qu 'elle avait besoin de souffler un peu avant de devoir tout
réexpliquer. Mais ça n 'a aucun rapport avec toi, Paul.
Je sais combien ta fille t 'aime et...
Et combien elle a confiance en toi ? Ouais, je sais. T 'aurais dû m 'en
quoi.
Je sais.
Je suis désolée.
Putain, j 'ai même pas été là à ce moment -là, quoi.
Comment c 'est possible, ça ? Elle a oublié la
pilule un soir. Ça arrive à n 'importe qui.
Bon, comment elle va ? C 'est plus dur qu 'elle l 'imaginait, mais ça va aller.
Elle est courageuse, ta fille.
Tu en sais de sa mère, alors ? Non, c 'est con.
C 'est con. Je reprends que la grecque, je lui dis que t 'es toi qui... Comment
il a réagi ? Bien.
Ça nous a fait beaucoup rire.
Et en vrai ?
Oui, Juan ? Oui ? Et Dagoso cultive quoi ici ?
Maïs, sorgho, surtout des céréales fourragères pour le bétail.
La Trine de l 'eau a culté Dagoso depuis des années de polluer le sol de ses
cultures. Et elle avait déjà réussi à le faire condamner ? Oui, plusieurs fois.
Et en tant que multirétédiviste, avec un nouveau procès, il resterait plus qu
'une simple amende.
Ça pourrait aller jusqu 'à six mois de fermeture administrative.
Je ne l 'ai vu qu 'une fois.
Après, j 'ai demandé à mon adjointe de traiter avec elle.
Elle se pointait en douce, elle faisait ses prélèvements, puis elle rédigeait
ses expertises, et puis le juge statuait.
Le prochain rapport aurait sans doute été plus difficile à enquêter, non ?
croyez ? Je paye une armée d 'avocats.
C 'est un bordel monstre au niveau de la législation européenne en termes de
pollution.
Aucun juge ne prendra le risque d 'aller au -delà d 'une amende.
En tout cas, l 'utilisation de pesticides n 'a pas l 'air de vous
dormir, c 'est bien ? Non.
Et même s 'il m 'est arrivé de parfois dépasser un peu les quotas, vous pouvez
remarquer que je n 'utilise que des pesticides parfaitement légaux.
Maintenant, si vous voulez fouiner, faites -vous plaisir.
Moi, j 'ai du travail.
Il était regordant.
Plutôt, oui.
J 'appelle Moriac.
Oui, Moriac, c 'est Solaire.
Dites -moi, vous avez quelque chose sur M.
D 'Agosto. Il est insupportable.
Oui, commandant, j 'allais vous appeler. Le tribunal vient de m 'envoyer le
dernier rapport d 'expertise de Catherine Delau.
Et il y a un truc étrange, l 'expertise est favorable.
C 'est la première fois depuis des années.
Vous en êtes sûre ? Ah ben, certaines, j 'ai tous les yeux.
Mais elle a justifié sa décision ? Que nenni.
Il semblerait que le rapport d 'expertise soit favorable.
Ça veut dire quoi, ça ? Que la botaniste, juriste, écolo, reconnue pour
convictions... aurait accepté un pot de vin de la part d 'un industriel ? Mais
il y a un truc qui colle pas, là. C 'est pas possible.
Et il y a autre chose.
Non seulement Delos ne recommande pas de peine, mais en plus, elle vient juste d
'autoriser D 'Aguesso à étendre son exploitation.
Vous me finissez la parcelle pour ce soir, OK ? Allez.
Monsieur D 'Aguesso, vous ne seriez pas déjà en train d 'agrandir votre
exploitation ?
C 'est étrange de commencer alors que le rapport n 'a pas encore été rendu
public. Vous ne trouvez pas, commandant ? Ah si, si, si.
Comment saviez -vous que Catherine Delos allait vous donner l 'autorisation ?
Alors voyez -vous, monsieur Lagosso, il y a quelque chose qui nous étonne au
lieutenant Lebelec et à moi -même.
C 'est ce lien qui semble exister entre vous, l 'industriel peu scrupuleux en
matière d 'écologie, et la victime, Catherine Delos.
Intransigeante, surnommée le dragon.
Eh oh, vous n 'allez pas me coller ce mur sur le dos, j 'ai rien fait, moi.
Ce qu 'on veut comprendre, c 'est ce qui se cache derrière votre relation et qui
ressemble fort à un arrangement douteux.
Bon, ok, on avait magouillé un petit arrangement.
Mais c 'est Catherine qui est venue me le proposer.
Et que vous a -t -elle demandé en échange ? De créer un poste de
scientifique sur l 'exploitation.
Elle voulait quitter l 'institut pour venir travailler ici ? C 'est pas pour
elle.
Mais pour un type, un certain Igor Mavitch.
Ok, très bien. Vous pouvez interroger la jeune femme ? Ok, d 'accord. Merci.
Alors, ce fameux Igor Mavitch ? Niet.
Il a disparu.
T 'as lancé un avis de recherche ? Oui, monsieur.
J 'ai même interrogé toute son équipe, mais personne n 'est au courant de rien.
Igor Mavitch a été embauché juste après que Chastain a été placardisé.
Ok, on a quoi comme info ? Non, c 'est Vélon comme le bras.
Avant, il bossait pour le plus grand labo de Moscou et depuis qu 'il arrive
rien n 'a signalé. Tout le monde était ravi de son travail, y compris Catherine
Delors. Alors, pourquoi l 'envoyer chez Bergusson ? Hervé Chastain d 'abord,
Igor Mavitch ensuite.
La victime éloignait tous ses adjoints les uns après les autres.
Tu penses qu 'elle voulait lui voler ses idées, lui aussi ? Parce qu 'elle était
un bon mobile de meurtre pour Chastain, elle est aussi pour Mavitch, tu crois
pas ?
Bon, de toute façon, on peut rien faire de plus pour ce soir, donc on va laisser
une équipe en planque devant l 'Institut.
Donc à vous, si ma vie, tu viens pendant la nuit ? Exact.
T 'as raison.
Paul, Paul, attends, j 'ai un truc à te dire.
Qu 'est -ce que tu vas m 'annoncer encore, Thomas ou Marie ? Ah d 'accord,
tu vas être en boucle, je me suis déjà excusée.
En revanche, tu m 'as pas caché un petit détail ? À propos de ?
L 'incendie, l 'incendie botanique, il y a un truc qui colle pas dans ton
histoire. Oui, vice de procédure, donc.
Alors, dans le privé, t 'es un véritable boulet. Tu n 'as jamais fêté mon
anniversaire à la bonne date.
T 'es toujours à la bourre, mais même si t 'es toujours sur le fil, un vice de
procédure, ça te ressemble pas.
Ça arrive même au meilleur.
Le grand Paul Marshall glisse tristement son piédestal.
Et Léa Soler a appelé Camille Barbier.
Il lui a confirmé que le vice de procédure, c 'était bien elle.
Mais je...
Tu aurais fait comme moi, non ? Oui, oui, certainement. Enfin, sauf que là,
travaille plus là, donc je vois pas l 'intérêt. Il y a plus de raison de la
protéger. Oui, c 'est vrai. Je sais pas. Ça réflexe.
Et sinon, pour la semaine prochaine, l 'anniversaire d 'Alice. Chez toi, chez
moi, ma mère a proposé de donner un coup de main. OK. Moi, j 'adorerais que ce
soit chez moi, tu vois. Mais ce que je me dis, c 'est qu 'entre Grégory et ta
mère, j 'ai peur que ça fasse une grosse journée, quand même.
Oui, alors... Il y a des chances que Greg ne soit pas là.
Ah, bon ? Pourquoi ? Il a...
Une formation ? Sur les tisanes ? Non, sur les massages tantriques. Pourquoi tu
veux essayer ? Donc chez toi, chez moi ? Bah chez moi.
Ok. Et le cadeau d 'Alice, j 'imagine que je m 'en occupe ? Ça m 'arrangerait
parce que tu me connais. Bah oui, je te connais tellement bien, t 'as vu ? D
'ailleurs, tu peux rien me cacher.
Salut Thomas.
C 'est gentil, mais moi, tu sais, je préfère le chocolat.
C 'est pour ta mère. C 'est pour Léa.
Elle n 'est pas encore rentrée.
Je crois qu 'elle a un truc ce soir avec le préfet.
Je sais.
Si elle a un doute, tu lui diras que les fleurs viennent de moi.
Pas plus.
Tu ne restes pas ? Non, pas ce soir.
On a eu un petit souci de compréhension ce matin.
Mais rien de grave.
Tu sais, Greg, ma mère, elle est pas trop bouquée de fleurs.
Une conversation en tête -à -tête, ça marche beaucoup mieux avec elle.
Merci du conseil.
A plus.
Salut.
Bonjour, Inet.
Bonjour, capitaine.
J 'ai déjà déjeuné, mais Maupassant disait, de toutes les passions, la
gourmandise est sans doute la plus acceptable.
Encore un qui n 'avait pas de meuf.
Des nouvelles d 'Igor Mavitch ? Non, son portable est toujours éteint, mais
Erwan a mis en place une surveillance électronique. S 'il le rallume, on le
saura tout de suite.
Ok, ben moi de mon côté, j 'ai découvert quelque chose et c 'est du lourd.
Il a trompé son monde, cet homme -là.
C 'est -à -dire ? Eh bien, quand il s 'est fait embaucher à l 'Institut
Botanique, il s 'est survendu comme un brillant scientifique. Je vais donc
appeler tous ses anciens employeurs.
Et en réalité, il s 'est fait virer de partout.
C 'est le roi de l 'incompétence.
Et Catherine Delos, elle s 'est rendue compte de rien.
C 'est bizarre quand même pour une scientifique de son calibre.
Ça dépend.
On peut imaginer qu 'Igor Mavitch a trouvé une astuce pour lui faire croire
ses travaux étaient pertinents.
Comme voler ceux d 'Hervé Chastain ? Ben ouais, pourquoi pas.
Et Catherine Delos, elle l 'aurait compris le jour où Hervé Chastain est
réclamer la paternité.
Ah, c 'est bon.
Bon, c 'est gras, mais c 'est bon.
Bien. Catherine était au courant et pourtant, elle ne vous a rien dit.
C 'est impossible.
Pourquoi elle m 'aurait caché que c 'était Igor qui m 'avait volé mes
Je ne sais pas, peut -être qu 'elle était sous le choc de ce que vous veniez
lui révéler.
Au point de se laisser accuser sans broncher, non.
Si Catherine était innocente, elle me l 'aurait dit directement, puis elle
aurait viré Igor avec part et fracas.
Il aurait pu la menacer, lui.
Ah non. Catherine, c 'était pas le genre de femme à être laissée menacer par qui
que ce soit.
On l 'appelait pas le dragon pour rien, vous savez.
Bon, allez, j 'y vais, j 'ai du travail.
Ouais, merci.
Pourquoi elle a rien dit, alors ?
C 'est moi.
Je me demande s 'il n 'y aurait pas eu un peu de fricotage entre la victime et
Igor Mavitch. Tu peux vérifier, s 'il te plaît ? On manque d 'effectifs, papa.
Très bien. J 'ai quelque chose.
Mais sinon, il y a une porte, capitaine. Non, commandant. Je suis sûr que le
capitaine a des informations cruciales à nous communiquer.
La capitaine.
Oui, suite aux suppositions de Marshall, j 'ai mené ma petite enquête sur
Catherine Delos et Igor Mavitch et j 'ai trouvé plusieurs choses.
Entre autres, des week -ends dans des relais des châteaux très romantiques et
très discrets.
Ils étaient amants.
Oui, depuis un an et demi.
Donc, ils étaient ensemble avant qu 'elle l 'embauche.
Oui, apparemment, ça a commencé six mois avant qu 'il devienne son adjoint.
Il venait juste d 'arriver de Moscou.
Après s 'être fait licencier pour incompétence, chose qu 'il n 'a
dû jamais dire à Madame Delau.
Du coup, quand une place se libère, elle, elle le fait rentrer à l 'Institut
lui, il vole les travaux de Chastain pour éviter qu 'elle découvre qu 'il n
pas du tout à la hauteur du poste. Elle le découvre lorsque Chastain vient l
'accuser, mais elle préfère protéger Igor Mavitch par amour.
S 'il se faisait virer, il perdait son visa de travail.
Le Quai d 'Orsay ne rigole pas avec ça.
Il aurait dû retourner illico à Moscou.
Elle n 'aurait jamais supporté un second choc amoureux. Et donc, elle y trouve
un placard doré chez M.
Lagosso.
Et pourquoi il l 'aurait tué ? Pour quel mobile ? Il n 'est pas clair, ce type.
Ah, ça y est, il vient de rallumer son portable.
Il est à l 'Institut Botanique.
C 'est là que sont toquées tes dernières recherches. Espérons qu 'ils veuillent
aussi les embarquer avant de partir.
Ok.
Jormavitch, gendarmerie.
Coucou.
Laissez -moi me gêner.
Vous n 'avez rien fait, c 'est un malentendu.
J 'ai bon ? Je sais que les appalances sont
contre moi.
Ben voilà, j 'avais presque le bon.
Mais je ne l 'ai jamais tué, Catherine.
Jamais.
Je l 'aimais, moi. Elle aussi, elle vous aimait. D 'ailleurs, elle vous aimait
tellement qu 'elle a préféré que votre histoire reste clandestine. Ça a dû être
un sacré choc pour elle, hein ? Lorsqu 'elle a découvert que vous aviez utilisé
les travaux d 'un autre scientifique dans son propre institut... Oui, c 'est
vrai ! Elle était en colère, mais elle m 'avait pardonné.
Elle m 'avait même trouvé un poste ailleurs qu 'à l 'institut, pour sauver
couple.
Attendez, vous étiez au courant pour Dagueson ? Oui, évidemment.
J 'aurais été bien là -bas.
On aurait pu enfin vivre notre histoire au grand jour.
Et vous aviez l 'intention de faire quoi avec tout ça ? C 'est loin.
Utiliser les travaux des autres sous votre nom.
C 'est devenu une habitude, en fait. Ça va.
Hervé Chastain, il en fera d 'autres de découverte.
Catherine avait décidé de lui rendre son poste de directeur adjoint.
Alors qu 'elle l 'avait mis au placard à cause de l 'incendie ? Elle avait dû
comprendre que ce n 'était pas Chastain qui a émis le feu.
En tout cas, Catherine Delon n 'a pas donné le nom de l 'incendiaire à Igor
Mavitch. Ni à personne d 'autre, apparemment.
Un incendie volontaire avec blé -plé, ça va chercher dans les cinq ans ? C 'est
un bon mobile de meurtre.
Mais ça ne nous avance pas sur son identité.
Bon, OK, reprenons à la base.
Pourquoi déclenche -t -on un incendie ? En général, c 'est pour faire
disparaître quelque chose. On est bien d 'accord ? Oui, mais là, c 'est un
herbier.
À part un amoureux du béton qui déteste la verdure, je vois pas.
C 'est pas si bête ça.
Cette fameuse plante qu 'on a retrouvée dans la poche de la victime, c 'était ça
le lien entre l 'incendie et le meurtre.
Ok, je vais aller parler avec Hervé, moi il va m 'apprendre mes trucs. Hervé
Chassat ? Oui.
Ah, tu l 'appelles par son prénom, c 'est ton nouveau meilleur ami alors.
Bah non, en même temps c 'est son prénom.
Catherine Delos n 'est pas la seule victime dans l 'histoire.
Lui, il a vu sa vie briser aussi.
Léa, avec Thomas, ne prévois rien jeudi soir, s 'il te plaît.
Pourquoi ? Parce que je lui offre son premier tatouage. Quel tatouage ? Le
dragon. Quel dragon ? Dans le dos.
Mais quel dos ? Je plaisante.
Il y a ton groupe préféré qui passe en concert. Je voulais lui faire la
surprise. Les Blue Parrots ? Oui.
Je pourrais peut -être venir avec vous, non ? Non, c 'est facile, mais pas là.
Je savais pas que tu les aimais, moi.
J 'ai pris que deux places.
T 'as déjà acheté les places ? Oui.
Mais pour de vrai ou comme la dernière fois ? Je les ai achetées il y a trois
mois en fait.
Je fais des preuves ? Ah ça c 'est sûr.
Paul ? Oui ? T 'es vraiment un chouette papa.
Alors ça y est.
Je vais être innocenté officiellement.
Quand on aura trouvé le vrai coupable, oui.
Ça, ça m 'étonnerait.
J 'ai moi -même cherché pendant des semaines et j 'ai rien trouvé.
Maintenant que Catherine est morte, on saura jamais qui c 'est.
Votre confiance dans les forces de l 'ordre de ce pays fait plaisir.
C 'est censé être drôle, ça ? C 'est peut -être un peu trop tôt pour ce genre
blague. Bref,
on a une piste et j 'aurais besoin de vos connaissances sur certaines plantes.
Bien sûr, lesquelles ? Celles qui ont été détruites.
Par l 'incendie ? Oui, sauf que les spécimens qui ont été détruits étaient
découvertes mineures apportées par des particuliers, rien de plus.
Ah bon, il y a des particuliers qui vous envoient des plantes ? Oui.
Je les appelle les touristes tropicaux.
Dès qu 'ils rentrent de voyage, ils nous ramènent tout et n 'importe quoi. Ils
ont l 'impression d 'avoir fait la découverte du siècle.
Enfin, si c 'était si simple, ça se saurait, non ? C 'est pas simple, mais c
'est pas impossible.
Ça y est ! Je l 'ai retrouvé.
Putain, merde.
Vas -y.
Voilà l 'inventaire des plantes qu 'on brûlait pendant l 'incendie.
Merci.
Comme je vous le disais, il n 'y a rien de spécial.
Et celle -là ? Graminée inconnue, découverte par Balthazar Mercandier au
Pérou.
Catherine avait dans sa poche une plante inconnue aussi, une graminée provenant
du Pérou.
Qui nous dit qu 'il n 'y a pas un deuxième exemplaire de cette plante ?
On peut vérifier sur votre base de données ? Oui, oui, bien sûr.
Alors, la dernière analyse a eu lieu avant -hier.
Attendez, c 'est bizarre, ça.
De quoi ? La plante n 'a pas été numérisée.
C 'était à quelle heure ? 19h43.
43, c 'est juste avant le meurtre de Catherine Delos. Il y a moyen de savoir
quelle plante c 'était ? Non.
Attendez, la plante a été envoyée par Balthazar Mercandier ?
C 'est lui qui a déjà envoyé une plante du Pérou.
Plante qui a brûlé l 'année dernière dans l 'incendie. Eh oui, encore. Elle
disparaît tout le temps, cette plante.
Je suis sûr que c 'est la clé de l 'enquête.
Ouais, Erwan, dis -moi, est -ce que tu peux te renseigner sur un certain
Balthazar Mercandier et lui demander des renseignements sur ce qu 'il a envoyé à
l 'Institut Botanique, s 'il te plaît ? Parce que je crois que j 'ai trouvé
notre plante inconnue.
Enfin, on était deux, en fait. Bref, merci.
Très bien. Merci, monsieur Mercandier. Au revoir.
Ça y est ? T 'as trouvé ton balthazar ? Oui, il est à l 'étranger depuis une
semaine, mais j 'ai réussi. Notre botaniste amateur est persuadé d 'avoir
la découverte du siècle.
La découverte du siècle. Rien que ça. Avec une plante.
Au Pérou, dans certains villages, on s 'en sert comme herbicide naturel dans
cultures locales. Et vu que le glyphosate et compagnie finiront bien
interdits en Union européenne... C 'est sûr qu 'un herbicide naturel, pour les
agriculteurs, ce serait le Graal.
Mais donc l 'intérêt aurait été plutôt de la voler que de la détruire, cette
plante. Un sourcil meurtrier ne voulait pas que la plante soit exploitée.
Notre plante mystérieuse est très similaire à l 'ambroisie qu 'on trouve
L 'ambroisie ? Pourquoi ça me dit quelque chose ? Parce qu 'elle a posé
de problèmes ces dernières années dans notre pays.
Elle provoque de graves chrysasmes, parfois même mortels.
Et on l 'a pas éradiquée ? Non, au contraire. Elle s 'est implantée en
avec la culture croissante du soja et du tournesol.
C 'est bien après qu 'on a compris qu 'elle provoquait de l 'asthme chez les
enfants.
Les autorités sanitaires ont mis des années à réagir. Merci, Franck.
Mais c 'est vrai que vous êtes incroyable, en fait.
Un vrai passionné. Oui, c 'est vrai que j 'aime bien.
Si vous voulez, un jour, je vous montrerai mon herbier.
Votre herbier ? Oui.
Pourquoi pas.
Mais vous devriez en parler à Marshall.
Bon. Ah oui, il a deux passions.
Les motos et les plantes.
Oui.
Les belles plantes.
Voilà.
Si la plante avait été répertoriée dans l 'herbier de l 'Institut botanique, un
groupe industriel aurait pu découvrir ses propriétés herbicides et se jeter
dessus, sans tenir compte des risques sanitaires potentiels.
Et le temps que les autorités réagissent, elle serait répandue un peu
Et on aurait été confronté à un nouveau drame, identique à celui de l
'ambroisie.
Donc quelqu 'un à l 'Institut avait conscience du danger et a voulu la faire
disparaître ? Ben oui.
La première fois avec l 'incendie et la deuxième quand Catherine Delos a voulu
la numériser.
Justement, pourquoi elle a voulu la numériser elle -même alors que ce n 'est
son taf ? Je ne sais pas. Peut -être qu 'elle a voulu préserver le spécimen d
'un nouvel accident.
En tout cas, ce qui est certain, c 'est que le coupable était forcément motivé à
la faire disparaître.
Imagine, si Thomas ou Aliette avaient été victimes de l 'embroider.
Je crois qu 'on aurait été capables de tout pour que ça n 'arrive pas à d
'autres personnes.
Tu penses que le coupable a pu être touché personnellement ? Et a tout fait
que ça se reproduise ? Ouais,
ça peut être une petite taille.
L 'association des victimes de l 'ambroisie est hyper active.
Interpellation des pouvoirs publics, action coup de poing. Attends, attends.
Regarde. La présidente pousse même les adhérents à planter de l 'ambroisie dans
les jardins du député.
Salut. Ah, salut Thomas.
C 'est l 'heure du jogging ? Non.
Si, mais non, ce soir j 'aimerais voir des potes. Enfin, si ça te dérange pas.
Ah non, pas de soucis.
Et tu penses que je pourrais venir dormir chez toi ce soir ? Oui, bien sûr.
Pourquoi ? Je vais éviter de repasser chez maman.
Du coup, on dit l 'ensemble.
D 'accord, ok. Il y a un souci à la maison ? Non, c 'est rien. C 'est Greg
déposé des fleurs hier en mode qu 'elle lui mette de la paix.
Bilan, c 'est moi qui ai dû les mettre moi -même dans un vase, sinon elles
auraient crevé sur la table.
Des fleurs ? Mais ça marche pas, des fleurs, avec maman. Enfin, n 'importe
Mais non, c 'est mauvais, ça.
Ta mère, ce qu 'elle aime, c 'est les vraies discussions.
Si tu le dis. Bon, allez, à ce soir.
Ciao. Bisous.
Des fleurs.
Je suis dispo, moi, pour un jogging.
Ah bon ? Bah OK, ouais. J 'espère que t 'as des bonnes baskets.
Je m 'accrocherai, promis.
Des familles touchées, il y en a des dizaines.
Beaucoup ont même perdu un enfant.
À cause de l 'ambroisie ? Bien sûr.
On a averti les pouvoirs publics en vain pendant des années.
Et maintenant, regardez le désastre.
Excusez -moi.
Parmi les membres de votre association, est -ce qu 'il y a des partisans plus
virulents que d 'autres ? Virulents ? Non.
On est tous concernés.
On se bat peut -être contre des moulins avant, mais on continuera le combat
jusqu 'au bout.
Vous auriez la liste de vos adhérents, s 'il vous plaît. Je vous l 'ai préparée
suite à votre appel.
Même si je ne comprends pas pourquoi.
Merci.
Ah oui.
Il y a des centaines de noms, là.
Quand je vous dis qu 'on est tous touchés, autant de vie est brisée.
Vous aviez des liens avec un membre de l 'Institut botanique de Montpellier ?
Pas que je sache pourquoi.
Mais vous ne le savez pas.
Capitaine.
Alors ce coupable, vous l 'avez trouvé ? Oui.
Et on avait raison. C 'est bien la même personne qui a mis le feu à l 'Institut
l 'an dernier et qui a tué Catherine Delos avant -hier.
J 'en étais sûr.
Alors ça y est, tout le monde va savoir que j 'y suis pour rien.
Le corbier.
Votre nom de jeune fille.
Votre sœur a été une des premières victimes des ravages de l 'Ambrosie.
Dernier mois, elle pouvait quasiment plus respirer.
Elle avait tellement mal.
Mais ça n 'a rien à voir avec l 'enquête, ça.
Quand elle est morte, je suis un peu morte avec elle.
Mes parents s 'en sont jamais remis.
Et alors vous vous êtes promis de tout faire.
Ça ne recommence pas.
Je suis tellement désolée.
Qu 'est -ce que t 'as fait ?
Mais
il y a eu le fils de procédure.
Elles n 'ont lieu.
Et vous avez pensé que la vie reprendrait son cours ? Il était trop
faire magie d 'arrière.
On aurait fini par oublier.
Sauf qu 'il y a eu la deuxième expédition de Balthazar Mercandio au
planteur est apparue.
Et le cauchemar a recommencé.
Alors, à mon tiers -soir.
Quand Hervé s 'est endormie sur le canapé.
Vous en avez profité pour aller à l 'institut parce que vous saviez que
Catherine Delos travaillait tard le soir et qu 'elle serait seule.
Oui.
Je lui ai tout avoué.
Je lui ai expliqué pourquoi il fallait faire disparaître cette plante.
Qu 'elle pouvait tuer des innocents.
Je lui ai raconté pour ma soeur.
J 'imagine qu 'elle n 'a rien voulu savoir.
Que détruire une plante pour elle, c 'était contraire à son éthique, c 'est
Elle m 'a regardée avec un tel mépris.
Elle m 'a dit qu 'elle allait numériser la plantée elle -même pour éviter qu 'il
lui arrive quoi que ce soit.
Alors vous avez décidé de l 'en empêcher ? Elle voulait rien entendre. Alors je
l 'ai agrippée, je voulais la convaincre.
Elle m 'a repoussée.
Et là, elle s 'est cognée.
Et après, vous avez essayé de la réanimer ? Elle a commencé à suffoquer.
C 'est juste que ma soeur ne peut pas m 'être pour rien.
Ah, tu es déjà là ?
Je pensais que j 'aurais eu droit à un petit message aujourd 'hui.
Je suis désolée, j 'ai pas eu cinq minutes à moi.
Arrête, Léa.
On trouve toujours le temps d 'envoyer un message.
Greg, j 'ai... Écoute, Léa, je sais pas ce que tu ressens pour moi.
Mais moi, je t 'aime.
Ça fait des années que ça m 'était pas arrivé.
Bon, tu sais, moi, je... Je suis un peu un diesel dans les sentiments.
Tu me reproches quoi, d 'aller trop vite ? Je ne te reproche rien.
Ce n 'est pas toi le problème.
On va où tous les deux si on ne peut pas faire des projets ensemble ? Alors,
je
ne sais pas ce que je veux, mais en tout cas, je sais ce que je ne veux pas.
Et je ne veux pas de la routine, du quotidien.
J 'ai peur de tout ça, moi.
Je ne veux pas me lever tous les matins avec toi, me coucher tous les soirs avec
toi. Alors je sais, c 'est très égoïste, mais je n 'ai pas envie d 'avoir des
comptes à rendre parce que j 'ai envie de passer une soirée avec une copine ce
soir -là. Je ne peux pas.
Je ne sais pas faire.
Je ne sais pas.
Tu m 'as donné les clés de chez toi, tu m 'as présenté tes enfants.
T 'as quand même une sacrée foulée.
Vous vous débrouillez pas mal aussi.
Tu parles.
Bon, vu la raclée que tu m 'as mise, t 'as le droit de me tutoyer et de prendre
la douche en premier.
Merci à toi, mais je crois que ton fils t 'attend pour dîner, donc... Ouais,
non, mais moi, je vais prendre deux secondes parce que, tu sais, à mon âge,
'est pas loin de la crise cardiaque.
Mais arrête.
T 'es dans la fleur de l 'âge, là.
Vas -y, vas -y, j 'irai après moi.
Vraiment, j 'ai tout mon temps.
Moi aussi.
On a tous les deux notre temps.
Alors ?
Tu
veux quoi exactement ? Que tu me surprennes ?
Qu 'on fasse des trucs à la dernière minute, qu 'on prévoit rien, qu 'on se
retourne du tout.
Quand on s 'est rencontrés, ce que tu voulais, c 'était de la stabilité.
Je devrais te demander après quoi tu cours.
Ou plutôt après qui.
rendez vous at the break of dawn and leave no one behind
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