Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Tomber du lit quarantaine ? Euh, non, je suis sur un truc qui me travaille, en
fait. Au point de vous réveiller à l 'aube et de venir travailler ? Eh ben
c 'est une affaire non résolue, un truc un peu compliqué, tu vois.
Ah tiens, puisque t 'es là, je peux avoir ton avis sur un truc ? Quand il y
trois croix, ça veut dire que... La personne est enceinte ? C 'est un peu
piégeux, mais ça marche comme ça, plus, plus, plus, positif, positif, positif,
vous êtes enceinte !
C 'est bien ce que je pensais.
Non, mais comme il s 'agit d 'une femme, une suspecte d 'une quarantaine d
'années, je pensais que... Mais c 'est quoi, comme affaire ? Parce que là, ça
me dit rien, comme ça. Oui, non, mais ce n 'est pas la question, en fait. Ce n
'est pas la question.
C 'est un nouvel élément sur une affaire très ancienne, voilà.
Est -ce que vous voulez un coup de main ? Parce que là, vous n 'avez pas du tout
l 'air dans votre... Non, non, mais si, si, si. Je suis en plein dans mon
assiette, là.
À la carrière de Sadil, il y a une demi -heure d 'ici, vous remontez avec moi ?
Non, non, non, je vais bosser sur ce truc, moi, je te remercie. Ok, mais je
quoi, moi, au commandant ? Pourquoi tu ne m 'as pas vu ? Vu l 'heure, et vu que
c 'est vous, ça devrait passer crève. Et oh, un peu de respect, lieutenant.
Bonjour, lieutenant.
Le capitaine Marshall n 'est pas avec vous ? Non.
Enfin, il n 'était pas à la gendarmerie ce matin.
Oui, enfin, en même temps, vu l 'heure qu 'il est, ça ne m 'étonne qu 'à
Bon, c 'est vous qui me brifez sur ce cas ? Oui. Donc, deux adolescents ont
retrouvé cette jeune femme en tenue de travail, sans papier d 'identité.
Je vous laisse continuer.
Je vous écoute.
Ok.
Je dirais que la rigidité cadavérique
commence à peine.
Donc, l 'heure de la mort ? Entre 4h et 7h.
Arme à feu.
Les bords sont brûlés.
Donc le coup a été tiré à bout portant. Très bien. En revanche, l 'impact n 'est
pas l 'impact d 'une arme classique. J 'attends de voir ce que Franck va me
à ce sujet.
Et quoi d 'autre encore ? Vu la position du corps et
les traces là au sol, elle a vraisemblablement été traînée.
Quoi, ce truc -là ? Ça, c 'était un convoyeur à banque. Ça sert à
les matériaux dans les carrières.
Les privilèges doivent faire au moins un kilomètre, regardez.
Le corps a dû faire un sacré voyage avant d 'atterrir ici.
Donc on aurait tiré sur la victime au début du convoyeur avant de le mettre en
route. Pour l 'éloigner de la scène de crime primaire. Et le tireur aurait été
dérangé par les adolescents qui ont découvert le corps.
Ça va jusqu 'à l 'autre bout de la carrière de Sadil. Une carrière de boxe.
Vous connaissez ? La carrière de Sadil, non, mais la boxe, c 'est assez...
C 'est cette roche -là, sédimentaire, de couleur rouge. Ou blanche, d 'ailleurs.
Ou grise, aussi.
Ou grise, j 'allais le dire.
Et on fait de l 'aluminium avec ça.
Voilà. On doit identifier la victime, retrouver la scène de crime primaire.
je vais chez le proc. Vous me tenez au courant ? On ne fait plus vraiment d
'aluminium avec, en fait. Maintenant, on va faire surtout de pigments pour le
ciment.
T 'es calé, toi.
T 'as vu le sol ? Il a été labouré par des engins de chantier. Là, ça va pas
être facile de retrouver la scène de crime.
Tu vois, ça aurait été dans un western. Là, c 'est le moment où on tomberait
dans une embuscade. Oh, embuscade ! C 'est un des meilleurs westerns que j 'ai
vus avec Robert Taylor.
Tu connais ? Non.
Non, non, moi je suis plutôt Nouvelle Vague. Tu vois, ce genre de film. Tu
devrais, hein. Non mais attends, c 'est un cinéma trop stylé, ça.
Tu sais, il y a du suspense, des cascades, enfin, il y a tout.
Oh ! Qu 'est -ce que vous foutez là ? Vous avez pas vu le panneau ? Le panneau
Je vais voir où il parle. T 'as vu le panneau, toi ? Non, non.
Ouais, les panneaux, ouais.
On est en train de faire des tiers de mine dans la carrière.
Et on a frôlé la catastrophe, là. Oh, ça va ? On va baisser d 'un ton, déjà ? Un
gendarmerie nationale.
On peut parler au responsable ? On enquête sur un homicide et il se trouve
la victime porte une tenue comme la vôtre.
Il y en a bonne raison de croire que le crime a eu lieu ici même.
Regardez.
C 'est Patricia.
C 'est la directrice de la carrière.
On va vous demander de nous suivre. On a quelques questions à vous poser.
Il va falloir demander aux autres.
C 'est une scope ici.
Les mineurs ont racheté l 'entreprise il y a dix ans.
Et toutes les décisions sont prises à l 'unanimité.
C 'est quoi ? C 'est un genre d 'entreprise démocratique ? Ouais.
Pas de patron.
Le directeur est élu.
Et sa voix vaut pour autant que les autres.
La jeune femme que vous avez retrouvée, elle a été élue il y a trois mois.
Bon, c 'est pas Patricia qui va présider le vote aujourd 'hui.
Ce matin, il y a eu un problème.
Et la gendarmerie est venue m 'annoncer que...
On a retrouvé son corps près de l 'ancienne voie ferrée.
Il va y avoir une enquête.
Et ces messieurs -dames ont demandé notre collaboration.
Qui est contre ? Non mais,
attendez, c 'est une blague là ou quoi ? C 'est pas comme si vous aviez le
choix.
Bon, tous ceux qui veulent finir en garde à vue, lève la main.
Non mais attends. Non mais, vous avez raison, moi je vous comprends.
Mon père était marin pêcheur, tant mieux qu 'il est solidaire, comme le vôtre.
Mais là, je crois que vous vous trompez d 'ennemi.
Quelqu 'un a tué votre collègue, votre ami.
Écoutez, nous, la seule chose qu 'on vous demande, c 'est de nous aider à
retrouver l 'assassin de Patricia.
Il n 'y a pas besoin de vote pour ça, si ? Si.
Dans le cadre de l 'enquête pour trouver le meurtrier de Patricia Reynaud, qui
est pour collaborer avec la gendarmerie.
Il va falloir marcher sur des oeufs, le coupable pourrait très bien se cacher
parmi les mineurs. Oui, la victime était en tenue de travail quand elle a été
tuée, quand elle avait commencé sa journée.
Monsieur Delgado, c 'était vous le précédent directeur ? J 'ai été
ans, oui. Pas facile de céder sa place après tout ce temps.
Elle a été élue, c 'est le jeu. Oui, enfin, ça a dû quand même vous faire un
mal de vous faire battre par une gamine.
Non mais attendez, pourquoi vous me posez toutes ces questions ? Vous me
suspectez ou quoi ?
Vous allez mettre en garde à vue parce que vous avez vu deux affiches ? Les
marins à côté, c 'est de la rigolade, en fait.
C 'est votre café, Mme Reynaud.
Et sinon, votre fille travaillait depuis longtemps à la carrière ? Depuis
toujours.
C 'était bien plus qu 'un emploi pour elle.
C 'était une affaire de famille.
Moi, je travaillais à la carrière et... Mon père était mineur.
Pourquoi était -il ? Il a disparu il y a dix ans.
Et il n 'a plus jamais donné signe de vie.
On est allé voir les gendarmes, mais ils nous ont dit qu 'on ne pouvait rien
faire.
Il n 'y a pas un motif réel et sérieux de penser que la disparition est
inquiétante. Rien ne justifie l 'ouverture d 'une enquête, vous savez.
Une famille morte d 'inquiétude, ce n 'est pas un motif réel et sérieux.
Patricia avait 12 ans.
Elle n 'a jamais compris pourquoi son père l 'avait abandonnée.
Je comprends votre douleur, madame.
Vous n 'avez pas remarqué de changement dans le comportement de votre fille ces
derniers temps ? Si.
Si, elle était triste ces derniers jours.
Mais bon, ça, c 'était normal.
Patricia Reynaud venait de faire une demande officielle pour déclarer le
de son père.
Ça allait faire 10 ans qu 'il avait disparu.
Quand on n 'a pas de corps, ça ne doit pas être évident de prendre une décision
pareille. D 'autant que l 'administration lui a posé un refus.
Sans plus d 'explication.
Et quelques jours après, elle s 'est fait tuer.
Vous pensez que le meurtre de Patricia pourrait avoir un lien avec la
disparition de son père ? Pourquoi pas, oui.
Ça vaudrait la peine de ressortir toutes les infos sur sa disparition. Ok, on s
'en charge.
Ah ouais, donc tu passes tout ton temps à textoter avec Grégory.
Tu m 'en envoyais pas autant quand on était mariés.
Bah oui, forcément.
Le portail n 'existait pas, donc... En 2005, quand on s 'est séparés, si, bien
sûr. C 'était un trait d 'humour, mais c 'est pas très drôle.
Je voulais te dire que je t 'admire beaucoup.
Tu vois, arriver à t 'investir comme ça dans une nouvelle relation, à 100%, c
'est...
Voilà, t 'as passé le cap.
Chapeau. En même temps, je demandais seulement à Greg s 'il y avait des
J 'ai super envie de fraises en ce moment.
Des fraises ? Déjà ? C 'est la meilleure période pour en manger.
Cap ? Tu vas aller prendre l 'air. Ça va te faire du bien. Au carrière de sa
ville. Ça serait bien qu 'on en sache plus sur la relation entre la victime et
les mineurs pour déterminer si le meurtrier n 'est pas l 'un des leurs.
Hein ?
Et il y a un souci, Paul ? Euh, non, non, non, mais pas ça.
On parlera plus tard, enfin, je veux dire, c 'est... Prends ton temps, d
? Je veux pas te stresser.
Ok.
Bon, j 'avoue que je n 'ai jamais vu ce genre de blessure.
Oui, parce que le projectile est rentré à faible vitesse.
La victime n 'est pas décédée à l 'impact, mais suite à une hémorragie
Quel type d 'arme ? À ce stade, c 'est difficile à dire, mais pas une arme
classique, en tout cas.
Et puis le projet qui l 'est ressorti, il faudrait le retrouver pour savoir.
On est en train de passer le suite au peigne fin, mais on n 'a toujours pas
retrouvé la scène de crime primaire. C 'est normal.
Pourquoi ? Je viens d 'avoir un premier retour du labo concernant la terre
retrouvée sur la victime.
Il y a 30 % d 'une terre rouge qui correspond à l 'échantillon prélevé sur
carrière, mais il y a 70 % d 'un minerai qui n 'ont pas encore identifié.
Ok, merci Franck. Vous me tenez au courant, hein ? Bien sûr. Au revoir.
Alors, vous avez avancé sur votre affaire ? Ah, non, pas franchement. Je
qu 'elle n 'a pas fini de me surprendre, en fait.
L 'idée, ça serait que tu ailles diriger l 'équipe qui s 'occupe de la
perquisition chez la victime.
Moi, je prends le relais ici, OK ? Tu me mets au parfum ? Déjà, vous n 'attendez
pas un accueil hyper chaleureux.
On est un peu chez les peaux rouges ici. Ils n 'aiment pas trop voir débarquer
la cavalerie. Alors, un Marshall...
Ouais, t 'as appris quoi ? Les employés de la carrière commencent le travail le
matin à 8h et personne n 'a vu la victime depuis hier soir.
Donc, le meurtre a eu lieu avant l 'embauche de ce matin.
Ou alors il se couvre.
Tu sais, dans ce genre de groupe, il y a une très forte solidarité.
Du coup, on ne peut pas se baser sur les témoignages. C 'est bien ce que je
pense. On est en train de vérifier les alibis de tout le monde.
Et ce Louis Delgado dont tu m 'as parlé au téléphone, tu penses qu 'il peut être
impliqué ou pas ? Ben...
Franchement, c 'est qu 'une intuition, mais je le trouve pas très à l 'aise. J
'ai l 'impression qu 'il cache quelque chose.
C 'est bon, ça.
Non, les intuitions, c 'est bien. Ça fait pas tout, mais en tout cas, ça fait
bon départ, je trouve.
Ah, ben, voilà notre sherpa.
Notre sherpa ? Bonjour.
René Lebrac.
Paul Marchal.
Les carrières sont dangereuses. Vous avez besoin d 'un guide.
J 'ai été choisi d 'un commun accord entre vos collègues et les miens.
On a voté. Voilà, vous verrez, on vote beaucoup ici.
Monsieur Lebrac a été choisi pour la solidité de son alibi.
Oui.
Et la plus.
J 'ai passé toute la nuit chez les perdros, alors.
Chez les perdros ? Oui, vos collègues, les poulets, quoi.
Hier, on a emmené ma petite nièce devant monsieur le maire. Alors, après, vous
voyez le tableau ? Ah oui, oui, je vois.
Alors, vous voulez savoir quoi ? Je veux savoir qui a tué cette jeune femme,
monsieur Lebrac.
Et vous pensez que... Moi, je sais ça.
Je pense que vous savez des choses qui peuvent m 'aider à le découvrir, oui.
Ah ouais ? Oui.
Louis Delgado et Patricia entretenaient quel genre de rapport
? C 'était toujours un peu compliqué, mais jamais bien méchant.
Non, René, je vais avoir besoin de vous faire confiance pour me dire la vérité.
Bon, écoutez, c 'est vrai, ils disputaient souvent, mais ça datait pas
Elle a toujours reproché à Delgado d 'avoir pris la place de son père.
Comment ça ? Il y a dix ans, l 'ancien propriétaire de la mine, Alain Borde, il
a voulu mettre la clé sous la porte et faute tout le monde dehors.
Ça a déclenché un bordel de mouvement social, je vous dis pas. Non mais quel
rapport avec le père de Patricia ? Pierre Reynaud.
Il a convaincu tous les mineurs de mettre leurs primes de licenciement en
pour racheter la mine au Pompriot.
D 'accord.
Quand il a disparu, Louis Delgado a pris le relais, c 'est ça ? Oui.
Quand on a monté la scope, Pierre avait foutu le camp.
Alors Delgado, il a été élu directeur et réélu directeur pendant des années et
des années. D 'accord.
Jusqu 'à ce que Patricia se mette en travers de son chemin.
Elle disait que c 'était pas le principe d 'une entreprise démocratique de
réélire le même directeur pendant dix ans.
Alors elle a parlé à tout le monde.
Elle avait du bagout, la moum.
Et puis c 'était la vie à Rénault.
Delgado a essayé de s 'accrocher au poste, mais... Mais Patricia a été élue
place. C 'est ça, commandant.
Euh, capitaine.
Pardon.
Euh, Patricia Arreno a bien dit à sa mère qu 'elle ne savait pas pourquoi on
refusait de déclarer son père officiellement décédé.
Pourquoi ? Parce qu 'elle a menti. Ils lui ont dit pourquoi.
C 'est le crime noir sur blanc dans ce courrier.
Il perçoit le RSA depuis dix ans.
Et regardez dans quel cas il est inscrit.
Montpellier.
Mais ça se trouve, il a jamais quitté la région, dis donc.
Bon. Alors, t 'avais quelque chose d 'important à me dire ? Oui, oui, oui. Et
'ailleurs, ça va changer pas mal de choses, donc je voulais te parler
rapidement, en fait.
Super, je suis très content que tu te sois décidée à me parler, en tout cas.
D 'accord.
Ce document prouve qu 'une semaine avant sa mort, la victime a découvert que son
père était encore en vie et vivait peut -être encore dans la région et tout ça
sans rien dire à sa mère.
C 'est tout.
Je ne sais pas ce qu 'il faut de plus.
Admettons qu 'elle ait retrouvé son père, tu penses qu 'il pourrait l 'avoir
? Je ne sais pas, mais peut -être quelqu 'un qui n 'avait pas intérêt à ce qu
'elle le retrouve.
C 'est ça le problème.
Avec les gens qui font des cachoteries à leur entourage, c 'est chiant.
Oui. Enfin, en même temps, parfois, on n 'a pas le choix, hein, Paul, donc...
Voilà. Alors moi, je vais continuer de fouiller la piste du père.
Toi, ça serait peut -être bien que tu retournes en carrière pour creuser un
? Bah oui, bien sûr. De toute façon, dans une carrière, qu 'est -ce que je
faire ? Moi, je vais creuser.
C 'était quand tes dernières vacances, Paul ? Une petite cure de repos ou une
thalasso, ça pourrait te faire du bien ? T 'as une petite mine, hein ? Bah mine,
carrière, on est dedans, c 'est bon.
OK. Bon, bah, salut.
Et tu vas où, là ?
J 'ai un petit truc.
J 'ai une course perso à faire.
Quelle course perso ? Dis -moi, quand tu vas vérifier un truc, je te demande pas
où j 'y vais, toi.
Non. Ben voilà, pareil.
Tu fermes la porte en partant.
C 'est bon, je suis là. Excuse -moi.
J 'ai pas vu l 'heure passer.
Très bien, tout va bien. J 'ai prévenu le gynéco.
OK.
Ça va ? Oui, oui.
Alice... T 'es pas à deux jours près, tu sais. J 'ai pris ma décision.
J 'ai 19 ans.
Je suis à la fac.
J 'ai plein de rêves.
Julien aussi.
On peut pas avoir un enfant maintenant.
On n 'a jamais eu l 'occasion d 'en parler tous les deux, mais... C 'est
Je sais ce que tu ressens.
Moi aussi, je suis passée par là.
C 'était avant que je rencontre ton père.
J 'avais à peu près ton âge.
Relancer à une grossesse, c 'est pas anodin. Alors on aimerait bien croire le
contraire, mais... C 'est une décision qu 'on n 'oublie jamais vraiment.
Vous en avez parlé avec Julia ? Oui, oui, bien sûr.
Je sais ce que je fais.
Faites -y donc.
Le procureur vient de m 'appeler, il veut des infos.
Vous avez trouvé quelque chose sur le père de la victime ? La banque où est
versé le RSA de Pierre Reynaud m 'a donné l 'adresse de son domicile, mais
n 'est pas à jour.
Et le compte en banque est vide, il vient une fois par mois retirer du
au guichet.
Ils l 'ont vu quand la dernière fois ? Le mois dernier.
Il n 'est pas encore passé ce mois -ci, ils nous préviennent.
Quand je pense que cette gamine a cherché son père toute sa vie... Ça a dû
faire un sacré choc quand elle s 'est rendue compte qu 'il était encore
Et qu 'il était à quelques kilomètres de chez elle.
Ah, j 'ai les relevés de la triangulation de son portable.
La veille de sa mort, Patricia Reynaud est allée chez Alain Borde.
C 'est l 'ancien propriétaire de la carrière.
Il est aussi l 'ennemi juré des mineurs.
Oui, la petite est venue me voir, c 'est vrai.
Vu les rapports que vous entretenez avec les mineurs, j 'ai du mal à croire qu
'elle soit venue pour vous dire des gentillesses.
Sauf que c 'était pas pour le boulot, c 'était pour des raisons personnelles.
Elle serait pas venue vous parler de son père, par hasard.
Je ne sais pas si je peux vous le dire, elle ne voulait pas trop que ça se
sache.
Oui, mais elle est morte, M. Borde.
Donc elle ne vous reprochera rien.
Le mieux, c 'est de me raconter pourquoi elle est venue vous parler.
Elle voulait savoir si j 'avais revu son père depuis sa disparition.
Pourquoi vous ? Je veux dire, à l 'époque, son père n 'était plus un
qu 'autre chose, non ? Elle n 'obtenait de réponse nulle part.
Elle voulait comprendre pourquoi son père avait disparu juste après la vente.
Et ? Vous lui avez dit quoi ? Je n 'avais pas grand -chose à lui dire sur
était passé à l 'époque.
En revanche, je lui ai dit que j 'avais aperçu son père dans la région il y a
deux ans.
Le pauvre homme vivait dans la rue.
Il avait dit calme, le covoiturage.
Résultat, ils ont causé tout le trajet.
Pardon, je suis pas super frais.
Merci d 'être venu.
Évidemment.
Moi et toi, ça va ? C 'était pas trop dur chez le médecin ? Alice, je suis
vraiment désolé de ne pas avoir été là.
T 'inquiète pas, tu seras là demain.
C 'est le deuxième rendez -vous le plus important.
Ils ont réagi comment tes parents ? Maman, elle a été super.
Elle m 'a accompagnée chez le gynéco, elle a été top.
Papa, je ne lui ai pas encore dit.
Je ne suis pas prête.
Bye -bye.
Bon, c 'est bon, les gars ? C 'est comme ça ? Je t 'ai le gâteau ? C 'est pas
vrai, ils sont combien ? Bon, on se retrouve tout à l 'heure.
Bonjour.
Capitaine Marshall, dites -moi, c 'est quoi ce truc, là ? C 'est un pont
bascule.
L 'équipement s 'arrête sur la plaque et on les pèse quand ils arrivent.
Ah, d 'accord, c 'est une grosse balance, quoi.
Ouais, c 'est ça, ouais, c 'est une grosse balance.
Après, on change les camions de cailloux dans la carrière et on les repèse quand
ils partent.
Et en faisant la différence entre les deux, on sait ce qu 'ils ont chargé.
C 'est possible de tricher là.
Non mais je veux dire, ça doit être tentant de rajouter quelques kilos à la
sortie histoire de saler la note, non ? Qu 'est -ce que vous insinuez là ? Ah
non, rien, j 'insinue rien.
Je cherche juste à comprendre pourquoi vous vous êtes tellement accroché à
poste quand Patricia s 'est présentée contre vous.
Si c 'est pas pour l 'argent.
Il y a un truc à cacher non ? Si je me suis accroché au poste, c 'est pour les
mineurs et pour la carrière.
Patricia, c 'était une gamine.
Elle avait pas les épaules pour le job. Eh ben voilà, ça y est, on avance.
Hein ? Vous en parlez déjà, comme vous la voyez vraiment.
N 'importe quoi.
Vous me faites des cachoteries, M. Delgado, j 'en mettrai ma main à couper.
ouais, c 'est ça.
Vous savez que je finis toujours par trouver ?
Borde l 'ancien propriétaire de la carrière de la vérité, hein ?
Dans les fadettes de la victime, il y a plusieurs numéros d 'association qui s
'occupent de personnes sans domicile.
J 'imagine qu 'elle les contactait pour retrouver son père.
Elle a commencé à les appeler au moment où elle a reçu le courrier lui indiquant
que son père touchait le RSA.
Ce n 'est pas rare que les disparus volontaires se retrouvent à la rue.
Il y a un numéro qu 'elle compose souvent quand même.
Bon, je préviens Erwann et j 'y vais.
Et la photo de Pierre Reynaud ? Nouvelle génération.
Vous savez, vos collègues, ils l 'ont déjà fouillé, le bureau de Patricia.
je sais, mais comme je dis toujours, on n 'est jamais mieux servi que par moi
-même.
Dites -moi, monsieur Lebrac, Patricia a été à ce bureau depuis combien de temps
? Depuis que les mineurs l 'avaient élue directrice, il y a trois mois.
Pourquoi vous dites toujours les mineurs ? Les mineurs, c 'est dans les mines,
justement, c 'est sous terre.
Ici, c 'est une carrière.
Oui, à l 'origine, il y avait des galeries.
Et les mineurs, on les appelait les gueules rouges.
Seulement, ces galeries, elles ont été condamnées il y a dix ans. Plus personne
n 'y met les pieds.
Ah bon ? Pourquoi ça ? Ben, ça devenait trop dangereux.
Maintenant, on extrait la bauxite en surface.
La mine est devenue une carrière.
Ben, nous, on continue à s 'appeler les mineurs, comme ça, pour le symbole.
Donc, plus personne ne descend dans les galeries.
Ben non, commissaire, je vous l 'ai déjà dit, ça devient trop dangereux.
Non, moi, en fait, c 'est que... Ça, c 'est pour la déco.
C 'est une antiquité, ça.
Ça n 'a pas servi depuis dix ans.
Waouh !
Depuis dix ans ? Elle dure longtemps vos piles.
Patricia Reno s 'est bien rendue au restaurant solidaire, elle cherchait d
'anciens mineurs de bauxite.
Et, et, il y en a un qui est devenu SDF et qui vient souvent chercher des repas.
Donc quand Patricia l 'a su, elle a cherché à le rencontrer.
Malheureusement, c 'est impossible de savoir si c 'est son père.
Tout le monde le connaît sous le surnom de Diogène.
Bon bah, vous le trouvez et vous vérifiez son identité.
Exactement, c 'est ce que je me suis dit. Mais il y a un petit problème, en
fait, ça fait trois jours qu 'il ne s 'est pas rendu au restaurant solidaire
ils ne savent pas quand il va revenir.
Bon bah, vous lancez un avis de recherche sur ce Diogène, ok ? Très
capitaine.
Oui, entrez.
Petite, petite seconde.
Et voilà, je suis tout à vous.
Enfin, dans la mesure du possible.
Donc, la terre qu 'on a retrouvée sur la victime était bien de la bauxite, c
'est bien ça ? Oui, mais pas n 'importe laquelle.
Regardez, la ligne, ici, là.
L 'échantillon présente un taux très élevé en argile caractéristique du
jurassique supérieur dolomitique.
C 'est parfait, ça.
Mais sinon, en langage courant, ça veut dire quoi ? Que la terre qui recouvrait
la victime provient probablement des sous -sols.
Ça s 'appelle les mines de Sadiel. Ça voudrait dire qu 'il y a des parties
souterraines, en fait.
Alors, qu 'est -ce que tu vois là ? De la lumière.
Même si je ne suis pas sûre qu 'on est à tous les étages.
C 'est rigolo parce que dans les galeries, justement, on parle d 'étages,
vois. D 'accord. Et vous pourriez aller droit au but, Marshall ? Oui, c 'est
très bien parce que là, vraiment... Eh bien, la pile fonctionne.
Bon, alors, je ne sais pas si tu es au courant, Léa, mais en général, une pile,
même la plus balèze, ne dure jamais dix ans.
On suit quand même parce qu 'on a les piles au lithium. Du coup, ce que je me
dis, c 'est que la victime est descendue visiter les galeries récemment alors
que... On les croyait fermées.
Très bien, j 'appelle le proc, on va avoir besoin d 'une commission. Une
commission rogatoire comme celle -ci ? Je suis en coup d 'avance, moi.
Eh bien, visiblement, je t 'ai quand même appris des petites choses.
On dirait bien, oui. Bravo, Paul.
Oh ! Franck, t 'es là ? T 'étais où ?
Ok, bon, je vais envoyer une équipe sur place pour vérifier cette histoire de
galerie et on prévient la scientifique. Ça ne m 'étonnerait pas qu 'on ait
trouvé la plane de crime.
Merci, messieurs.
Du coup, comme tu n 'étais pas là, je disais aller avec... Ouais, mais... Mais
'est ça, c 'est obligatoire.
Tenez -moi ça.
C 'est ce qu 'Adneil a fait il y a moins de dix ans.
Vous croyez ? Je peux vous le dire.
Allez.
Attendez, c 'est dingue, là.
Non, sérieusement, on se croirait dans une mine d 'or.
Non ? Moi, ça me rappelle un western incroyable.
Un des premiers avec John Wayne.
Et en fait, l 'action, vous voyez, elle se passe dans une mine d 'or qui
ressemblait à ça, en fait.
C 'est génial.
J 'adore.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Ils n 'ont rien à faire ici, ces bidons.
Pour l 'heure, on repartira.
Déchets toxiques.
Déchets toxiques.
Ah, Léa, Léa, Léa, Léa, Léa, vous aviez raison avec Franck.
On a notre scène de crime.
La scientifique a trouvé le projectile fiché dans une paroi de la mine.
Oui, je sais, on m 'a prévenu.
Bon, cette histoire de la chute, t 'en penses quoi ? Vu la réglementation pour
le traitement de ce genre de saloperies, à mon avis, ça doit être très, très
lucratif d 'aider des industriels à se rendre débarrassés à moindre frais.
Reste à savoir si la victime était complice ou si elle avait découvert le
trafic. Enfin, dans les deux cas, c 'est un excellent mobile.
Et l 'argent ? Euh, on cherche.
Tu vois, je pense que ce Delgado est mêlé de près ou de loin à cette
'ancien directeur ? Mais tu n 'as rien pour le relier à ça ? Non, pas encore,
mais je vais chercher, là.
Bon, écoute, Paul.
Il est avéré que la victime tentait de retrouver un certain Diogène qui pouvait
être son père quelques jours avant sa mort. Donc voilà, moi je suis convaincue
de ce lien -là. On doit le retrouver.
sûr qu 'il y a un rapport entre ce Delgado et ces bidons, je trouverais.
mais tu vas pas aller à la carrière maintenant parce qu 'il est 20h, d
Je ne veux pas d 'invite de procédure, donc tu iras demain matin. Ah merde, il
est 20h. Une petite bière, ça te dit ? Non, il est 20h, je rentre chez moi.
Ah oui.
Retrouvez Grégory.
Comment tu te sens, ma chérie ? Ça va.
Julien n 'est pas avec toi ?
Non, il est parti chercher des petites.
Ah mais non, regarde, j 'avais tout acheté pour faire des lasagnes comme
'étais petite.
Je suis désolée.
Je suis désolée.
Ça va aller, ça va aller.
Je pensais que ça serait plus facile que ça.
C 'est jamais facile.
Je t 'admire, tu sais.
Je sais pas si c 'est admirer le mot.
J 'admire le courage de ma fille d 'avoir fait des choix difficiles et de
assumer.
Et pour papa, on fait quoi ?
m 'en occuper si tu veux, d 'accord ? T 'inquiète pas avec ça, t 'as déjà assez
de choses à penser comme ça.
Tu peux attendre quelques jours.
Tu veux que tout ça soit fini ? Oui.
Tout comme tu veux.
Oui, entrez.
Bonjour, commandant.
Bonjour, Inès.
Ça sentait très bon. C 'est floral, c 'est très doux. Merci.
On a eu les retours de la basic et vous aviez raison, ce n 'est pas un cas
classique. À moins que le tireur soit un cow -boy et qu 'il ait tiré en 1850.
Une arbre à poudre noire. Oui, comme celle des cow -boys.
Mais les vrais, ceux des films.
C 'est -à -dire ?
En fait, à l 'époque du Far West, il y avait les Colts et les Remington et ça
demandait un temps fou à se charger. D 'abord, il fallait mettre la poudre,
ensuite le projectile, ensuite on fermait la chambre avec de la graisse.
je veux dire, c 'est qu 'on ne défouraillait pas comme ça dans le reste
Vous êtes incollable, dites -moi.
Oui, j 'adore ça. C 'est ma passion.
Et sinon, c 'est pertinent pour l 'enquête ? Pardon.
Aujourd 'hui, ce sont des armes de collection ou des armes sportives en
libres sur Internet.
Dans les deux cas, ce sont des armes de catégorie D, donc pas de port d 'armes
ni d 'identification nécessaire.
Ça ne va pas nous aider à mettre la main sur l 'arme du crime.
Ça, c 'est sûr.
Bon, faites quand même le tour des armuriers de la région et puis
liste des collectionneurs, on ne sait jamais.
Entendu.
Sur ma porte.
Merci.
Dites -moi, c 'est vrai ce qu 'on raconte ? On a trouvé des trucs pas
dans les galeries ? Quoi ? Vous n 'étiez pas au courant ? Comment j 'aurais pu l
'être ? Je ne sais pas.
Vous n 'étiez pas le directeur ? Il n 'y avait rien dans les galeries à mon
époque. Ça ne vous a pas effleuré que ça pouvait être Patricia la responsable ?
Qu 'est -ce que vous faites bien, l 'innocent, vous ? C 'est peut -être
que je le suis, en fait.
Allez, les gars, on y va.
Voilà, colonel.
Vous prenez goût à l 'ami, on dirait.
Et il y a des vieux qui partent à la retraite. Il y a peut -être des postes
vont se libérer. Je vais réfléchir, bien.
Dites -moi, est -ce que vous savez qu 'il y a un historique du pont en bascule
Ah oui, en trifouillant ce machin -là, on peut voir les données de ces derniers
mois.
Alors, qu 'est -ce que vous cherchez là -dedans ? Comme d 'habitude, le petit
truc anormal.
Le petit truc anormal... Tiens.
Il y a des camions qui partent très tôt le matin.
Et ça, c 'est anormal ? Non, non, non, c 'était une erreur.
Pourquoi ? Les chiffres ont été inversés.
Les camions repartent plus léger qu 'à l 'arrivée.
Normalement, ça devrait être le contraire. Non, non, non, c 'est pas une
Ça veut juste dire qu 'ils arrivent pleins et qu 'ils repartent vides.
Les bidons qu 'on a trouvés dans les galeries sont pas arrivés tout seuls.
Qui a accès à ces informations ? Oh ben, un peu tout le monde.
L 'ordinateur n 'est même pas protégé par un mot de passe, alors.
Mais par contre, il n 'y a qu 'une seule personne qui puisse faire marcher le
pont bascule en dehors des heures d 'ouverture.
Il faut une clé pour l 'allumer.
Et cette clé est remise au directeur quand il est élu.
Voilà. Donc, Patricia.
Je ne sais pas, mais ça, ça a commencé il y a plus d 'un an.
Et Patricia n 'avait été élu que depuis trois mois.
Monsieur Delgado.
Dites -moi, ils vont en faire une drôle de tête, vos copains, quand ils vont
savoir que vous faites du beurre sur leur dos ? C 'est pour qu 'elles parlent
pas que vous avez tué Patricia.
C 'est n 'importe quoi.
Bon, c 'est vrai, j 'ai planqué des déchets.
Mais chaque centimètre est investi dans la mine, et ça, c 'est facile à prouver.
Si je l 'ai fait, c 'est...
Pour protéger les emplois des camarades.
Waouh ! Vous êtes le Robin des mines, en fait.
J 'ai pas eu le choix.
Au début, la mine marchait bien, mais depuis trois ans, on est dans le rouge.
Bon.
Et... Sans qui, ces déchets ? C 'est Alain Borde qui m 'a proposé le marché.
Et je sais pas comment il a appris qu 'on avait des difficultés, lui. C 'est
Alain Borde qui vous paie pour planquer ces saloperies ? On parle bien du même
Alain Borde ?
Ancien propriétaire de la mine ? Je pensais que ça durait qu 'un temps, mais
fait, on remonte jamais la pente.
Elle a dû être enchantée, Patricia, de savoir que le rêve de son père survivait
en ayant baptisé avec le diable.
Quand elle a pris le trafic, elle est venue me voir.
Mais pas pour m 'engueuler.
Elle voulait s 'en servir pour faire tomber Borde.
Comment ça ? Pour elle, c 'était le salaud qui avait tous voulu nous foutre
chômage et empêcher la SCOP d 'exister.
Et en plus, elle le tenait pour responsable de la disparition de son
Bon. Eh ben, je vais aller rendre une petite visite à ce monsieur, moi.
Et puis vous, vous restez ici, gentiment, bien à chaud.
Diogène de Sinope. Moins 413, moins 327 avant Jésus -Christ.
Vous avez trouvé notre SDF en Grèce antique ?
Un peu. J 'étais bloqué dans mes recherches, alors je me suis demandé
ce surnom. Alors figurez -vous que moi aussi j 'y ai réfléchi et je me disais
que ce Diogène -là, ce n 'est pas ce philosophe avec son écuelle, son manteau
qui vivait dans le dénuement, dans un tonneau.
Oui, à l 'époque on appelait ça un pitos.
C 'est devenu tonneau au fil du temps dans le langage populaire. Et justement,
regardez ce que j 'ai trouvé sur une carte des environs de la mine.
Ah bah oui, ça doit être drôlement populaire. Vous avez vu, c 'est marqué
tonneau et non pas le pitos.
Ah bon ? C 'est un ancien pulmine désaffecté depuis 30 ans. Et d 'après
la victime s 'est rendue trois fois la semaine dernière.
Très bien, je vais m 'y rendre.
Au pitos.
Bonjour, monsieur.
Commandant Foller, Gendarmerie Nationale.
Vous êtes Diogenes ? On m 'appelle comme ça, oui.
Et votre vrai nom ne serait pas Pierre Reynaud, par hasard ? C 'est une manie,
ma parole.
Je suis Gérard Donzère.
Pourquoi une manie ? Sa fille est venue me poser la même question il y a une
semaine. Sa fille est Patricia Reynaud ? Et qu 'est -ce qu 'elle voulait ?
Elle a entendu parler d 'un ancien mineur devenu SDF qui allait
Resto Solidaire.
Elle a imaginé que c 'était son père.
Mais c 'était moi.
Et vous vous êtes revu par la suite ? Ouais.
Elle voulait que je lui parle de lui.
Vous le connaissiez ? C 'était un ami à l 'époque.
Je l 'ai bien connu.
Et puis elle a pensé que je pouvais l 'aider à le retrouver.
Moi je vois pas ce que je pouvais faire pour elle.
J 'ai pas vu Pierre depuis dix ans.
Inès, le commandant a vérifié l 'identité de ce Diogène, alors c 'est
tout le père de la victime.
En plus, il affirme n 'avoir jamais revu Pierre Reynaud depuis sa disparition.
Un vrai fantôme, ce gars.
Ouais. Bon, et toi, de ton côté ? Moi, j 'ai quelqu 'un en chair et en hôte.
Très bien, il se passe un truc.
Il y a trois mois, il y a eu une vente d 'armes datant de la guerre de Sécession
à la fin des ventes de Montpellier. Et la majorité d 'entre elles a été achetée
par une seule et même personne.
Oh, j 'ai hâte.
Un riche industriel de la région.
Bravo Inex, je préviens le commandant.
Pardon, excusez -moi.
Merci.
Qu 'est -ce que tu fais là, Paul ? J 'avais raison, pour Louis Delgado.
Le trafic de produits, c 'était bien lui.
Et son client n 'est autre qu 'Alain Borde, l 'ex -proprio de la mine.
Et tu comptais m 'en parler quand exactement ? Je sais pas, si t 'es là, c
que t 'es au courant, non ? Ah non, moi je suis là parce que ce monsieur
pourrait être le propriétaire de l 'arme du crime.
Et oui, c 'est bien de communiquer. Je crois qu 'on a déjà eu cette
conversation. Oui, c 'est vrai. Et c 'est toi qui me dis ça.
Ok.
C 'est très bizarre depuis hier matin, Paul. Qu 'est -ce qu 'il se passe ? Tu
veux qu 'on en parle ? Il y a un souci ? Ok.
Je suis au courant pour le bébé, Léa.
Le bébé ?
Écoute, Paul, je suis désolée que tu aies été tenu à l 'écart de tout ça,
mais... Ça me fait du bien que tu sois au courant. Non, mais c 'est vrai, c
'était trop lourd à porter pour moi.
On allait t 'en parler, forcément, mais c 'est juste qu 'on avait besoin de
deux, trois jours pour souffler un petit peu, si tu comprends.
Et puis, alors que les choses soient claires, il n 'a jamais été question de
garder. Mais vraiment.
Non, puis c 'était sa décision, donc... Mais c 'est mieux comme ça, non ? Tu
crois pas ? C 'est bien de prendre son temps, d 'apprendre à se connaître. Faut
pas aller trop vite dans ce genre de situation.
On a toute la vie pour faire un enfant, tu vois, donc ça va, quoi.
OK, j 'ai tout dit.
Embrasse Grégory, de ma part, d 'accord ? Ça peut pas être facile pour lui. Je
me mets à sa place et... Monsieur Bordeaux, recevoir.
Bon, monsieur Bordeaux, on va arrêter les cachoteries.
C 'est pour vous parler du trafic qu 'elle avait découvert à la mine que
Patricia est venue vous voir la veille de sa mort.
Oui.
Et je lui dis les choses comme elles sont.
Elle n 'avait pas plus intérêt que moi à parler de ça aux gendarmes.
Ah tiens, non.
C 'est vrai ? Ça m 'aurait coûté quoi à moi ? Une prune un peu salée ? En
revanche, pour la carrière, la rébellation d 'un tel trafic, c 'était
sous la porte. Une prune un peu salée ? Vous êtes soupçonné de meurtre, monsieur
Borde ? Soupçonné de meurtre ? Qu 'est -ce que c 'est que ces conneries ? Il
manque un revolver, là.
Un Colt Walker 1847.
Une arme à poudre noire, comme celle qui a servi à assassiner Patricia Reynaud.
C 'est Patricia Reynaud qui me l 'a volée, cette arme.
Ben voyons.
Mais vous n 'avez pas fait de déclaration de vol.
Je pense qu 'il va falloir trouver quelque chose de plus percutant, M.
La gamine était sonnée, elle a fini par faire un malaise.
J 'ai laissé seule pour aller chercher de l 'aide, et quand je suis revenu, la
gamine avait disparu, et l 'arme aussi.
Et on peut savoir pourquoi elle était folle de rage ? Parce que je lui dis la
vérité.
Pierre Reynaud est mort.
Il est enterré sous la mine de Stadil depuis dix ans dans une galerie qui s
effondrée sur lui.
C 'était un accident.
Il y a dix ans, presque jour pour jour, en plein processus de rachat de la mine
par les mineurs.
On avait réussi à convaincre les camarades de réinvestir leurs primes
rachat de l 'entreprise.
Mais ça suffisait pas.
Et Born, il voulait pas baisser le prix.
Mais si l 'achat n 'avait pas eu lieu,
Alain Borde était toujours propriétaire de la mine.
Alors juridiquement, c 'était lui le responsable.
Oui.
D 'ailleurs, on a été le voir tout de suite.
Pour lui dire qu 'on allait voir les gendarmes et tout arrêter.
C 'était la merde. J 'allais pas aller en taule pour ça. J 'y étais pour rien,
moi.
Alors j 'aurais proposé un marché.
J 'ai pas pris le prix de la mine. Je m 'en tirais sans ennui. Et eux, ils
pouvaient monter leur projet de scope.
Gagnant, gagnant.
Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?
Vous avez pensé à Patricia ? À sa mère ? Jamais je ne s 'y ai dit penser.
Chaque jour.
Depuis le moment où on a pris la mauvaise décision, c 'était trop tard.
Tu parles d 'un choc.
Dire que pendant toutes ces années, elle était en train de chercher son père
alors qu 'en fait, il était là, sous ses pieds.
Bon, Marshall, vous aviez raison.
Patricia avait bien découvert le trafic de déchets.
Mais tu n 'avais pas tort non plus.
C 'est ce qu 'elle a découvert ensuite qui a sûrement causé sa mort.
Lui et l 'accident dont son père a été victime dix ans plus tôt.
Vous pensez qu 'on l 'aurait tué pour l 'empêcher de révéler la vérité ? Il n 'y
a pas de crime.
L 'accident est prescrit.
Elle n 'est pas allée chez le bord de prendre une arme comme ça sans raison.
Attendez deux secondes. Si Pierre Reynaud est mort, ça veut dire que
touche le RSA depuis dix ans à sa place.
Patricia a dû comprendre qui c 'était.
Quelqu 'un qui pourrait ressembler à son père s 'il avait passé dix ans dans la
rue.
Commandant, je sors de la banque. La guichetière vient d 'identifier Gérard
Donzère, alias Diogène, comme l 'homme qui venait chercher l 'argent du RSA.
Avec sa barbe et ses années en plus, il n 'a eu aucun mal à se faire passer pour
l 'homme sur la carte d 'identité.
Ok, très bien, Mère Perroine.
Bon, visiblement, Diogène n 'est plus au Pythos et il a pris les bagages.
Et les billets qu 'on a trouvés dans la galerie, ça donne quoi ? Les numéros de
série correspondent.
Il s 'agit bien du RSA que Diogène a perçu pendant 10 ans en se faisant
pour le père de Patricia Reynaud.
De toute façon, le commandant a envoyé le portrait de Diogène à toutes les
unités de la région. Il ne pourra pas se cacher longtemps.
Ah ben non, on vient de le trouver.
Il a été admis au CHU de Montpellier. Il a tenté de se foutre en l 'air.
Je suis soulagé.
Même si je finis ma vie en prison.
Vous n 'étiez pas tout seul à aborder le secret ? Je l 'ai porté un peu plus que
les autres.
Il y avait cette poignée de mineur qui était dans la galerie au moment de l
'accident.
Il n 'y a que lui qui savait.
Et Alain Borde.
C 'est lui qui a eu l 'idée de faire croire à une disparition volontaire.
Il fallait brouiller les pistes.
Et faire croire qu 'il était devenu SDF.
C 'est ça.
Il fallait aussi semer des preuves.
C 'est moi qui ai accepté de le faire.
J 'ai fait quelques achats avec sa carte bleue.
Je l 'ai inscrit au RSA et j 'allais retirer l 'argent.
Un argent auquel vous n 'avez jamais touché.
Ah non.
Non, c 'était pour Patricia.
Qu 'est -ce qui s 'est passé avec elle, justement ?
Elle m 'a donné rendez -vous dans la galerie, juste avant l 'ouverture de la
carrière.
J 'ai tout de suite compris qu 'elle savait.
Si je mets l 'argent du RSA dans un sac, elle avait cette arme.
J 'ai eu peur.
J 'ai voulu la désarmer, mais le coup est parti tout seul.
La carrière allait ouvrir d 'un instant à l 'autre.
Alors vous avez déposé son corps dans le convoyeur ?
Je voulais pas la tuer.
Même si ce n 'est pas vous qui avez appuyé sur la gâchette, M.
Dondère.
C 'est bien vous qui l 'avez tuée.
Quoi ? C 'est pas la balle qui l 'a tuée.
Dans le convoyeur, elle a fait une hémorragie interne.
Vous auriez pu la sauver.
Salut Paul. Ça va ? Ça va.
Tu viens voir Léa, j 'imagine ? Ouais.
Elle avait pas l 'air bien hier soir, je voulais l 'inviter au resto histoire de
lui changer les idées. Ouais, je comprends, c 'est sûr.
Ouais, ça a pas dû être facile pour vous.
Attends, je veux dire, ça doit pas être un renoncement évident, quoi.
Pardon ? Le bébé.
Léa m 'a dit.
Je suis désolé.
Quoi ?
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.