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Original subtitles

Je t 'ai pas prévenu, mais j 'ai pris un covoiturage de nuit. Ça va ? Qu 'est

-ce qu 'il y a ? Rien, sois pas désolée. Je suis tellement contente de toi.

Oh, maman ! Ah,

on t 'a réveillé. J 'ai entendu du bruit, alors je... Alice, je te présente

Grégory.

Grégory, je te présente Alice.

Enchantée. Enchantée, Grégory.

Je vais mettre un tee -shirt.

Je suis désolée, je pensais pas que... Ah non, c 'est moi qui... Je suis

désolée, t 'as pas prévenu plus tôt ? Le téléphone.

Ah ! OK.

Oui,

Juan ? Oui.

Eh ben, j 'arrive tout de suite.

À tout de suite.

Il y a des choses qui ne changent pas, je dois y aller.

Ah ben, je vais vous laisser faire connaissance.

Oui.

T 'es belle.

Il y a un truc qui a changé.

Je t 'aime.

Tu veux petit -déjeuner avec moi ?

Je fais des très bons pancakes.

Ali ? Oui ? Greg fait des pancakes délicieux. Il fait ses tisanes lui -même

il fait des flans au tofu et à la fleur de courgette.

Franchement. Dans ce cas -là...

Le port ne pousse pas du bâtiment là -bas.

Ok, merci Thierry.

Bonjour Karine, bonjour.

Bonjour commandant. Bonjour Erwan, qu 'est -ce qu 'on a ? Elle avait sa carte

professionnelle autour du cou.

C 'est son employé de Pyrotiel qui l 'a trouvée ce matin.

Je suis dite collée artificière chez Pyrotiel.

Ah, le feu d 'artifice que j 'ai entendu hier soir de chez moi était tiré d

'ici. Oui, un des plus gros de la saison, pour fêter l 'inauguration du

des folies qui va s 'ouvrir ici.

Une folie à Montpellier, c 'est... Oui, c 'est une maison noble ou bourgeoise,

construite sous l 'ancien régime, comme le château d 'Angaran.

J 'ai des petites notions en architecture.

Vous, c 'est les bateaux, moi, c 'est les châteaux.

Chacun son truc, hein.

Pas vraiment que sous l 'ancien régime, mais bon.

Elle a reçu une fusée en plein dans l 'abdomen ? Oui, on en a trouvé une à

proximité, juste à côté des batteries pyrotechniques. Donc peut -être un

accident, on ne sait pas encore.

La fusée part, elle percute la victime, elle rebondit et va s 'écraser là -bas.

Pourquoi pas ? Vous avez remarqué la manche là ? Regardez, elle a été

alors que la blessure est à l 'abdomen.

Effectivement, on peut imaginer qu 'il y a eu bagarre.

Personne n 'a signalé sa disparition.

Son mari a assisté au spectacle avant de partir pour Lyon.

Et il est parti sans sa femme ? Judith devait le rejoindre aujourd 'hui après

avoir supervisé le rangement du matériel ce matin.

J 'imagine que Marshall est déjà en train d 'explorer les alentours ? Tout à

fait, oui. Il s 'est enfoncé dans les bois et on ne l 'a pas revu depuis.

Et les gens là -haut ? Alors, Agathe Régnier, la conservatrice du château, et

Xavier Ortega, le responsable des espaces verts du domaine. Vous voulez

'en occupe ? Non, non, non.

Je vais y aller, merci.

Vous faites le point avec le technicien ? Très bien.

Alors ? Non, de mon côté, je n 'ai rien trouvé.

Et toi ? Alors nous, on a le portable de la victime et on a aussi trouvé ceci.

Qu 'est -ce que c 'est ? Des morceaux de verre qui étaient près du corps.

Des morceaux de verre de quoi ? On ne sait pas encore à quoi ils

mais il y a de la poudre dessus.

De la poudre genre de fusée ? Oui, sans doute. Le labo le confirmera.

Et pour finir, on a des traces de pas qui traversent l 'allée et qui mènent à

scène de crime. Mais pour l 'instant, rien d 'exploitable.

Ok, ok, ok. Donc le meurtrier arrive et repart par le bois.

Ensuite, il se fond dans la foule, incognito.

Potentiellement, ça nous fait un millier de suspects.

Oui, alors bon, je vais aller au labo avant que vous me demandiez tous les

interrogés. Non, je n 'aurais pas fait ça.

Non. Et au fait, capitaine, comment ça s 'est passé le colloque avec le colonel

? Je dois me préparer à vous appeler commandant Marchand ? Je ne sais pas si

'est pour moi, en fait.

Oui, c 'est vrai qu 'un commandant, ça ne peut plus aller fouiller dans les

bois, creuser, gratter partout.

Je ne suis pas un sanglier non plus, Arwana.

Ben non, non. Ben non.

J 'y vais, moi.

Ok. Moi, je vais aller renifler à droite à gauche, un peu.

À plus tard.

Le premier, M. Ortega, bonjour.

Commandant Solaire, Gendarmerie nationale.

Bonjour. Vous connaissiez Judith Collet depuis longtemps ? Non, j 'ai été mutée

ici il y a un mois seulement pour encadrer la fin des travaux.

On discutait un peu, mais je ne sais pas grand -chose sur elle.

Et vous, vous travaillez ici depuis combien de temps ? Ça fait cinq ans.

Je voyais régulièrement Judith depuis que Pierre Ossier l 'avait décroché le

contrat. Il y a à peu près un an.

J 'ignorais qu 'un peu d 'artifice demandait autant de préparatifs.

Judith nous avait expliqué que c 'était un événement spécial pour elle.

Elle s 'impliquait énormément.

Et vous savez pourquoi ? Oui, elle avait passé une partie de son enfance ici

avant que son père meure.

Il louait une aile du château qui servait de logement à l 'époque.

D 'accord, donc ce feu d 'artifice, c 'était quoi ? Une sorte d 'hommage ?

à son père.

Il était aussi artificier. Enfin, amateur.

Je ne l 'ai pas connu, mais Judith en parlait beaucoup.

Très bien.

Et vous n 'avez rien remarqué de particulier dans l 'attitude de Judith

derniers temps ? Non.

Hier matin, c 'était très tendu entre elle et M. Ballard.

M. Ballard ? Le patron de Pirosiel.

Et il lui a passé un énorme savon dans le parc.

Elle est partie en larmes. D 'ailleurs, c 'est pas elle qui a tiré son feu d

'artifice comme prévu hier soir.

C 'est Ballard qui a pris sa place.

D 'accord.

Merci. Bon courage.

Allez, allez, allez ! Alors ?

Tu as eu un texto d 'Alice, elle est rentrée ? Elle commençait par dire

c 'est pas mal, tu devrais essayer un peu, Paul. Ok, d 'accord, pardon.

Bonjour, Léa. Bonjour, Paul.

Et sinon, tu disais quoi au sujet de ma fille ? De notre fille.

Ah, ça faisait longtemps, ça. Elle ne manquait pas en même temps.

Mais non, mais qu 'elle est rentrée, elle m 'appelle ce soir.

Alors, ça y est.

Elle a rencontré Grégory.

Ça s 'est passé comment ?

Ah, c 'est pour ça que t 'as l 'air bizarre.

Mais j 'ai pas l 'air bizarre, j 'ai l 'air tout à fait normale. Non, non,

ça c 'est des délires. T 'as fait très bien, je te remercie.

On peut enchaîner sur l 'enquête ? Oui, j 'ai une pièce.

Ah oui ? Monsieur Ballard ? Non, c 'est pas marrant, si tu sais tout, je sais

pas à quoi je... Non, non, j 'ai pas grand -chose et toute info est bonne

le proc, je t 'écoute.

Bon, d 'après les employés qui démontent les rampes, Ballard est un sanguin. Il

y a déjà 5 plaintes contre lui au prud 'homme pour agression verbale,

Sûrement ? Oui.

Et on sait pourquoi il s 'en est pris à la victime hier ? Ouais, ouais, ouais.

Ballard pense qu 'il y a eu une erreur sur le choix des obus qui aurait pu être

catastrophique pour le public. Et pour lui, la responsable, c 'est son

artificier. Raison pour laquelle il l 'a viré, qu 'il a tiré lui -même le feu d

'artifice. Le feu d 'artifice qui comptait énormément pour elle, a priori.

qui a pu l 'énerver, d 'où une dispute qui dégénère.

Ok, très bien.

Tu envoies Erwann et Inès chez Pierre -Ossiel, moi je vais chez le propre. D

'accord, ok.

Et moi, du coup, je... Bah enfin, monsieur Marshall...

Quand on veut devenir commandant, prendre des initiatives.

À plus tard, commandant.

Non, allez, sérieux.

Ah oui, c 'est sérieux, en plus.

Il y

a

un truc qui colle pas.

Si Ballard était à sa console de tir, il pouvait pas être en même temps de l

'autre côté du château en train de tuer Judith.

Bah si, parce que pire au ciel, GR a les lancements à distance de la console

avec une tablette. Donc l 'artificier peut se trouver n 'importe où.

Ok. Et c 'est quoi cette histoire d 'obus exactement ? Apparemment, Judith

Collet aurait installé des obus trop puissants pour le fait d 'artifice, mais

n 'en sait pas plus.

Ah ouais, et vu les règles de sécurité et la puissance de leurs explosifs, c

'est une sacrée boulette ça. M 'étonnerait que Ballard te dise le

Tu l 'interroges et je fous le bureau de Judith, ça te va ? Ok.

Bonjour monsieur.

Judith avait fait une connerie monumentale.

Bon, je ne l 'ai pas la tué pour ça.

Je ne comprends pas ce qui s 'est passé.

Après la dispute, je ne l 'ai pas revue.

Vous étiez où exactement quand vous avez lancé le feu d 'artifice ? J 'étais au

milieu de la cour avec plein de monde autour de moi. Vous pouvez vérifier si

vous voulez.

Vous inquiétez pas pour ça, on va vérifier, M. Ballard.

Bonjour.

Le bureau de Judith Collet, c 'est bien ici ? Ils sont d 'Amory National.

Vous travaillez avec Judith ? Élodie Gastien, responsable du pôle recherche

développement. On partageait le bureau avec Judith.

Depuis longtemps ? Dix ans.

Judith était une nana adorable, passionnée par son métier.

Et dans sa vie privée, vous savez si elle avait des soucis ? Pas du tout.

adorait sa fille et son mari.

Ils étaient tout pour elle.

Est -ce que Judith avait déjà commis des erreurs comme celle d 'hier ? Jamais.

Elle était très pro, hyper fiable.

C 'est incompréhensible.

Et bon, je pouvais pas laisser passer un truc comme ça.

Elle mettait en danger la vie d 'un millier de spectateurs.

Et elle a réagi comment quand vous l 'avez évincée de son feu d 'artifice ?

mal, c 'est sûr.

Mais bon, moi ce que j 'ai pas accepté, c 'est qu 'elle voulait pas reconnaître

son erreur.

Mais vous êtes sûr que personne d 'autre n 'aurait pu se tromper en apportant

des mauvais obus ? Moi, du jaune et du blanc.

Ça va ?

Tiens, passe -moi le 200, s 'il te plaît.

Voilà. Judith avait apporté des obus de 200 millimètres au lieu de 125 prévus.

Ah, d 'accord.

Ok.

Mais ça, ça peut être un acte de malveillance extérieure.

Non, tout est très sécurisé.

On est dans un entrepôt qui est classé CVO2.

Sous vidéosurveillance 24 heures sur 24.

Et les portes d 'accès sont contrôlées par un lecteur de batch.

Et vous pensez pas que quels dirigeants auraient pu intervenir sans que Judith

ne le voie ? Non, elle était très méticuleuse.

Elle choisissait elle -même ses fusées, elle les mettait dans les caisses

sécurisées. Elle vérifiait que tout soit bien chargé dans le camion. Et tout ça

dans la foulée ? Bah oui.

Elle n 'avait pas laissé son matériel sans surveillance.

Sérieusement, même sans connaître le produit, je ne vois pas comment on peut

comprendre.

Des projets pyrotechniques dessinés par Judith.

Elle les imaginait sur papier et moi, ensuite, je mélangeais les poudres et

colorants pour réaliser les fusées.

Au format du hot -shock.

Bonjour. Je m 'accroche.

Pardon, madame, vous êtes ? Elodie Gastia.

D 'accord. Je suis le lieutenant Pailletti, madame.

J 'ai une question pour vous.

Est -ce que vous êtes au courant de l 'erreur de Judith pour le feu d

hier matin ? Bien sûr.

Oui, personne ici n 'a compris comment elle a pu se tromper.

Elle a dû être distraite. Je vois pas d 'autre solution.

Ok.

Chez Pierrot Ciel, tout est minutieusement classé, étiqueté.

Ton hypothèse, c 'est que quelqu 'un a échangé les bombes pour faire accuser

Judith Collet.

C 'est pas un hasard, ça s 'est fait tuer juste après.

C 'est forcément lié.

Ouais, forcément, forcément.

On n 'a rien à quoi s 'accrocher, quoi.

Bon, imaginez qu 'elle ait découvert qu 'elle a fait ça.

Ok, vous imaginez, là ? Ouais, ouais.

Elle a les boules d 'avoir loupé le lancement de son feu d 'artifice, elle

menace de le dénoncer, et bim, on la tue pour pas qu 'elle parle.

C 'est un peu facile comme hypothèse, ça.

J 'en ai rien pour étayer.

Bah si, mon instant.

Ah ouais, d 'accord. Donc là, vous faites votre commandant solaire, quoi.

Moi, non ? Bah si, vous faites votre petit chef, là. Si, un petit peu, quand

même. D 'accord, d 'accord. Non mais, sérieusement, on n 'a rien d 'autre sur

Judith, d 'accord ? Elle a une vie normale, une fille, un mari qu 'elle

aucun problème perso, donc... Alors, c 'est là que je te coupe, parce qu 'on a

réussi à déverrouiller son portal.

Et voilà le message que lui a laissé Maxime Collet il y a trois jours. Son

donc.

J 'en peux plus, Judith. Je sais qu 'il y a un autre homme.

Dis -moi qui c 'est. Merde ! J 'ai besoin de savoir.

Où étiez -vous au moment du meurtre, M. Collet ? À l 'écart sur le parking.

J 'aime pas spécialement les bains de foule, mais c 'était important pour

que je sois là.

Vous étiez seule ? Sur son portable, on a retrouvé un message

où vous l 'accusez de vous tromper.

Oui, j 'ai regretté tout de suite après.

Pour quelle raison ? Parce que je n 'ai aucune croix de son infidélité.

C 'est juste qu 'elle était différente ces derniers temps.

Différente comment ? Elle s 'habillait plus féminine.

Elle chantait le matin.

Elle paraissait plus sûre d 'elle.

Comme une femme amoureuse ? Je lui ai dit de me cacher des choses. Je le

sentais.

Alors j 'ai craqué et je lui ai laissé ce message.

Et comment a -t -elle réagi ? Elle m 'a demandé de lui faire confiance.

Qu 'elle m 'expliquerait bientôt.

Et ça suffit pour vous rassurer ?

Je l 'aimais.

J 'avais envie de lui faire confiance.

Colonel ? Vous voulez me voir ? Pour l 'instant, on a étudié toutes les pistes,

tous les éléments.

Oui.

C 'est quoi ce mail hier soir ? T 'as changé d 'avis ? Tu veux plus que je t

'aide à devenir commandant ? Non, non, c 'est pas ça.

Je sais pas si c 'est le bon moment, là.

Si ce n 'est pas maintenant, ce sera quand ? Je suis bien, ici.

Avec mes collègues, avec ma famille. Tes collègues ne resteront pas ici

éternellement. Tes enfants non plus.

Ici, dans les gens que j 'adore.

Paul, tu as le bon âge.

Si tu attends, tu vas perdre ton tour.

Oui, je sais, oui.

Et ? Moi, ça fait 20 ans que je vis comme ça,

au présent.

Je suis honoré que vous proposiez d 'être mon mentor, très honoré même,

sincèrement, mais... J 'ai pas d 'autre ambition que de

continuer à vivre comme ça, au présent.

Je suis impressionné, Paul.

Sincèrement.

Dubitatif, mais impressionné.

C 'est une force de savoir ce qu 'on veut.

Et surtout ce qu 'on ne veut pas.

Vous avez vu le capitaine Moriac ? Ah non, je n 'ai pas vu.

Il est disparu ? Marshall ? Quoi ? Vous avez vu Moriac ? Non.

Allez, allez, allez !

Est -ce que tu boirais un petit café avec moi parce que j 'en ai deux, du

Et pourquoi t 'en as deux ? J 'en ai deux parce que la machine déconne, du

voilà.

Ma mère t 'aide ? Ouais, je suis prêt.

J 'ai passé un super moment avec ton père, moi.

Encore ? Mais c 'est pas possible, tu passes ta vie avec mon père en ce

Pourtant, quand on a été mariés, t 'es pas le grand amour, c 'est marrant, ça.

Pas du tout.

J 'ai toujours bien aimé, moi, ton père. On s 'est toujours bien entendus.

Et dis -moi, au sujet de l 'enquête, là, t 'en penses quoi, toi ? Euh... Et toi

? Tu penses que le mari de Judith Collet pourrait être coupable ? Il a un bon

mobile, pas d 'alibi.

On doit d 'abord vérifier si ta femme avait effectivement une liaison ou pas.

Alors Inès a peut -être une autre piste et j 'ai envie de l 'accompagner.

Tu me demandes l 'autorisation ? Non.

Bah non, pas exagéré.

Je te tiens à former, c 'est bien déjà. Tu m 'as fait peur.

Allez, allez, allez.

Deux secondes.

J 'ai réfléchi à la proposition de ton père pour devenir commandant.

Et alors ? Et alors, ça claque.

Capitaine Marshall, ça claque. Non, tu vois, commandant Marshall, c 'est... Ça

furette, un commandant ? Ça furette pas, commandant ? Moi, ce que j 'aime, c

'est fureté.

Et puis,

c 'est vrai, t 'as raison, l 'autorité, l 'ordre, c 'est pas mon truc, voilà.

J 'aime bien cette hiérarchie, en plus, qu 'il y a entre eux.

Celle que tu aimes tant respecter.

Voilà, celle -là.

Mais elle est là, c 'est ça qui compte.

Je t 'avais dit qu 'il y avait un an.

Merci pour le café.

Ouais, c 'est rien.

Je vais en perquis sur la victime.

Alors moi, je n 'ai absolument rien trouvé sur elle.

Sur sa liste de déplacement, c 'est métro, boulot, dodo.

Aucune fenêtre pour caser un amant.

C 'est quoi cette liste ? Ah, c 'est dans les trajets enregistrés par le pass

tramway Judith, c 'est ça ? Des primes.

Attendez.

Elle allait où, là, deux soirs par semaine ? Alors ça, c 'est la salle de

après le travail, d 'après ses collègues et son mari.

Vous ne connaissez pas encore bien Montpellier, Capilène, parce que là, il

a pas de salle de sport près de cet arrêt de tram.

C 'est certain ? Oui, certain.

C 'est le trajet de la nounou de ma fille, j 'y vais deux fois par jour.

Alors, il y a quoi, là -bas ? Des usines et des bureaux, principalement.

Je vois mal Judith Collet retrouver son amant dans une zone industrielle.

Je ne suis pas d 'accord.

Ça peut être excitant, un peu d 'aventure et d 'imprévu. Ça met du

? Non ? Tu n 'es pas d 'accord ? Je suis en retard, je crois qu 'on m 'attend là

-bas. Pardon.

À plus tard.

On est d 'accord, je ne sais pas du tout où on va, mais je te suis.

Capitaine Marshall, rock 'n 'roll comme jamais.

On va dire ça comme ça, capitaine.

Sinon, c 'est quoi le projet ? J 'ai lu la déposition du mari de la victime. Il

y a un truc qui paraît anodin, mais qui peut être très important.

Hé, tu travailles à l 'instant. J 'adore.

Exactement. Vas -y, j 'écoute.

Judith travaillait depuis dix ans chez Pierrotel.

Elle a commencé comme simple stagiaire et elle a gravi un à un tous les

échelons. Il y a quelques mois, Ballard lui propose une super promotion, devenir

directrice artistique de la boîte.

Oui, mais ça n 'a pas pu se faire puisqu 'elle est restée artificielle.

Exactement, elle a refusé. Mais elle a demandé à Ballard un délai de un an.

Ah bon ? Pour quelle raison ? Elle n 'a pas voulu en dire plus à son mari, mais

Ballard devrait le savoir.

Et je savais, je savais que je pouvais te faire confiance à toi.

Voilà, on va lire ça comme ça.

C 'est marrant quand même cette mode.

Tu sais quelle mode ? De refuser les promotions.

Les gens n 'ont plus beaucoup d 'ambition de nos jours, vous trouvez pas

a un message caché là ? Non, aucun.

Ah d 'accord.

Enfin, aucun de caché en tout cas.

Deux ?

Julie ne se sentait pas prête à devenir directrice artistique.

Elle voulait un an pour se préparer et être sûre d 'avoir les capacités.

Et vous ? N 'aviez aucun doute ? Aucun.

Surtout qu 'elle faisait plus ou moins ce boulot depuis des années.

Donc son refus était plus ou moins inexplicable. Enfin, si on peut dire ça

ça.

Oui, mais comme je n 'avais pas envie de la perdre, je n 'ai pas cherché à en

savoir plus.

Et le boulot a continué comme avant.

Ça va faire un an que vous lui avez proposé le poste.

Vous pensez qu 'elle allait l 'accepter, là ? Normalement, oui. Elle devait me

donner sa réponse à la fin du mois.

Vous cherchez quoi, vous, juste là ? Qui a pu échanger les deux obus et faire

accuser Judith ? Vous êtes vraiment têtu ou quoi ? Très.

Suivez -moi.

Voilà la seule façon d 'ouvrir cette porte pour accéder au stock.

Un code à huit chiffres.

Judith ne l 'a jamais donné à personne et il y a plus de 100 millions de

combinaisons possibles.

Alors, qu 'est -ce qu 'il vous faut de plus ? On a visionné les vidéos de

surveillance et personne d 'étranger à l 'entreprise n 'a pénétré dans le

bâtiment. Donc, si Judith n 'a pas procédé à l 'inversion, c 'est forcément

quelqu 'un de chez Pyrosial.

Tu sais ce qu 'il te reste à faire ? Les empreintes sur le clavier.

Bonjour, Franck. Bonjour, Léa.

Vous en êtes où ? Je n 'ai pas encore eu le temps de faire l 'autopsie.

Mais d 'après l 'imagerie médicale, c 'est pas joli là -dedans.

La fusée lui a foudroyé le foie, la mort a été immédiate.

Ok, donc elle aurait été pensée sur les mortiers au moment du tir, c 'est ça ? C

'est ça.

Bon, ben vous me prévenez quand vous avez fait l 'autopsie ? Ouais.

Ah, Léa, en fait, je sais pas si c 'est un rapport avec l 'enquête, mais je

voulais quand même vous montrer ça, regardez.

Au niveau de la dernière articulation du majeur.

C 'est quoi cette bosse ? On appelle cette cale la bosse de l 'écrivain.

La bosse de l 'écrivain, c 'est pas quand on écrit de manière intensive, ça

Plus qu 'intensive.

Je n 'en avais jamais vu une aussi énorme.

Surtout à notre époque du tout numérique.

C 'est bizarre, ça. Parce que dans son travail, elle faisait des croquis, mais

elle avait aucune raison d 'écrire de manière intensive.

Pourtant, je vous confirme que pour avoir une telle déformation, elle

plusieurs heures par jour.

Ok, très bien. Bon, vous me faites parvenir le rapport ? Bien sûr.

La bosse de l 'écrivain.

Merci beaucoup.

Bonne journée.

Sabine ?

Ça donne quoi, les recherches sur la zone industrielle où se prend la victime

deux fois par semaine ? Alors, j 'ai commencé à appeler, mais il y a une

cinquantaine d 'entreprises et d 'associations diverses.

Pas d 'hôtel ? Aucun.

Sur mon avis, le mari s 'est trompé. Il ne s 'agit pas du tout d 'une histoire

de cul.

C 'est vrai qu 'une zone industrielle, c 'est pas vraiment romantique.

Regardez, commandant, ce que j 'ai trouvé pendant la perquisition chez la

victime.

Des phrases soulignées, des mots cochés, des syllabes entourées.

Ça me rappelle quand mes enfants apprenaient à lire et à écrire.

Et c 'est quoi ces photos -là ? C 'est le stock de pire au ciel.

À votre avis, c 'est quoi les symboles sur les étagères ? Je pense que ça peut

être un système pour trouver plus vite ce qu 'on cherche.

Comme à l 'école maternelle.

Je pourrais avoir la liste des associations qui vous fait ? Merci.

Ben voilà.

Association de lutte contre l 'illettrisme.

Voilà où se rendait Judith.

Les livres griffonnés, les symboles sur les étagères.

La bosse de l 'écrivain. Judith Collet était en train d 'apprendre à lire et à

écrire. Vous vérifiez, s 'il vous plaît ? Merci, Erwann.

Pendant tout ce temps, j 'ai cru qu 'elle me trompait, qu 'elle apprenait

simplement à lire et à écrire.

Pourquoi vous nous avez caché que Judith était illettrée ? Tu crois que c 'est

facile d 'en parler ? Judith adorait les surprises.

Je suis sûr que c 'est pour ça qu 'elle m 'a rien dit.

Et moi, j 'ai rien vu.

Ne vous oubliez pas à savoir.

En revanche, notre légiste a découvert sur le majeur droit de Judith ce qu 'on

appelle la bosse de l 'écrivain.

Ce qui voudrait dire qu 'elle l 'a certainement dû écrire pendant des

Et on n 'a rien trouvé qui puisse confirmer ça.

Je ne sais pas. Ces derniers mois, on ne se voyait pas beaucoup.

Judith passait beaucoup de temps au travail.

Quelqu 'un d 'autre était au courant pour son maillotisme ? Oui, sa collègue

Élodie. Pour l 'administratif à la maison, c 'est moi qui gérais. Mais au

boulot, pour passer les bandes commandes et tout ça, il fallait que ma femme

puisse s 'appuyer sur quelqu 'un de confiance.

Bien sûr.

Qu 'est -ce que tu fais ici, toi ? Ah, on rapatrie tout à la brigade.

Ok, mais pourquoi le capitaine Moriac m 'a demandé de venir si t 'es déjà là ?

Bah, parce qu 'elle le sait pas, j 'imagine.

Non, moi je suis dans la team Marshall aujourd 'hui. Enfin, vu que c 'est moi

qui ai résolu le mystère de l 'échange des obus, on va plutôt dire que c 'est

Marshall qui est dans ma team.

C 'est ça ton esprit d 'équipe ? Je préfère pas, non.

Le mystère de l 'échange des obus ? Oui, c 'est grâce au relevé d 'empreintes

digitales qu 'on a compris. Que j 'ai compris.

Ok, donc vous pouvez m 'expliquer clairement ce qui se passe là, s 'il

plaît ? Il n 'y a pas que Ballard et Judith qui ont ouvert la porte du stock.

y avait un troisième jeu d 'empreintes sur le clavier.

C 'est Elodie Gastien qui a interverti les obus.

Et qui a fait accuser Judith Collet.

Ah ok.

Tu m 'invites du coup ? Oui, Juan.

J 'ai le parcours d 'Elodie Gastien. Ah.

Une formation scientifique des états de service irréprochables.

Et comme Judith, elle a gravi un à un tous les échelons chez Pyro -Ciel. Jusqu

'à devenir aujourd 'hui responsable du pôle recherche.

Mais visiblement, elle aimerait bien sortir de son labo.

Regardez toutes les formations qu 'elle a suivies depuis un an.

Oui.

Formation F4T2 pour devenir artificière, complétée par un module de direction

artistique en pyrotechnie.

Attends, mais pourquoi son papon dans un navire ? Parce qu 'elle a payé toutes

les formations de sa poche. D 'accord, Ballard n 'était pas au cran. Non.

Ouais, donc Élodie Gatien brigait en secret le poste promis à la victime.

Et durant dix ans, elle est restée la bonne copine qui couvrait l 'illettrisme

de Judith. Et alors qu 'Élodie a tous ses diplômes en poche, M.

Ballard offre le poste tant convoité à Judith.

Qu 'elle allait forcément accepter après avoir appris à lire. D 'où l 'échange

des bons billets.

Parce que la meilleure solution a été de faire virer Judith pour une faute

grave. Oui, sauf qu 'elle n 'a pas été virée, mais tout simplement sanctionnée.

Donc Elodie aura trouvé un moyen, disons, plus radical pour se débarrasser

rivale. Ça se tient, ça ? D 'autant qu 'on a trouvé ça dans un tiroir d

Un carnet de croquis de feux d 'artifice, tous dessinés par Judith

'adore ! C 'est hyper joli.

On peut voir, nous aussi, ou pas ? Oui.

Oui.

Vous arrêtez vos salades, Madame Castien, mais vous me fatiguez ! Dix

'artifice déjà préparés, c 'est avant ou après avoir tué Judith Collet que vous

avez eu l 'idée de lui donner son carnet ? Non, non, non, j 'ai rien fait de

tout ça.

Judith me l 'a donné, ce carnet. Ben voyons.

Alors expliquez -vous.

Ok.

J 'ai fait une énorme bêtise hier.

Mais je trouvais ça tellement injuste que Ballard lui propose cette place

que j 'étais la mieux placée.

Vous avez espéré que Judith n 'arrive pas à apprendre à lire et à écrire aussi

vite. Sauf qu 'elle a travaillé dur.

Elle a progressé.

En un an, je l 'ai vue se transformer et reprendre confiance en elle.

J 'étais sûre qu 'elle allait accepter le poste après le feu d 'artifice au

château. Et c 'est là que vous avez eu l 'idée d 'échanger les obus.

Quand j 'ai su qu 'elle ne lancerait pas ce spectacle qui comptait tant pour

elle, je m 'en suis voulue.

Bien sûr.

Mais quand même pas au point d 'aller vous dénoncer auprès de Ballard.

Si, si, je voulais le faire, mais j 'ai d 'abord appelé Judith pour tout lui

dire. C 'était hier en fin d 'après -midi.

Et elle m 'a dit que c 'était pas la peine de lui en parler.

Et pourquoi ça ? Pour la même raison qu 'elle m 'a dit de garder le carnet.

Elle allait refuser le poste.

On va vérifier, vous savez.

Je comprends pas pourquoi Judith, elle aurait fait tous ses efforts pour, au

final, refuser la place chez Pierrotiel.

Élodie, on sait rien, Judith avait promis de tout lui raconter ce matin.

C 'est quoi, ça ? Ce que Judith a écrit pendant un an.

Elle avait caché ses cahiers au labo.

Et t 'as trouvé quelque chose d 'intéressant ? Pas encore, mais

pense qu 'il y a de quoi faire.

Elle a rattrapé 40 ans d 'illettrisme, là, elle écrit toute sa vie depuis sa

naissance.

J 'en ai pour la nuit, au moins.

Bah écoute, ça tombe bien, c 'est le moment le plus propice à la lecture.

Enfin, entre autres choses.

J 'ai un mail, moi sinon.

Claudie avait raison en fait.

Judith allait vraiment refuser le poste pour avoir plus de temps libre.

Pour aller faire quoi ? Du bénévolat dans des associations contre l

'illettritme. Elle voulait aider les gens qui avaient connu les mêmes

difficultés qu 'elle et partager son parcours.

Oh, flûte ! Ouais, c 'est pénible, tous ces gens qui veulent aider les autres.

Non mais c 'est pas ça, mais disons que si Judith avait été chassée par un

concurrent par exemple, ça nous aurait fait une bonne piste, j 'aurais préféré.

Je vais continuer à chercher, mais je crois que j 'en ai pour la nuit moi

Bon courage, les enfants. Moi, j 'y vais.

Je vous fais livrer des pizzas. C 'est pour moi.

Merci, capitaine.

Tu vas où, toi, du coup ? Je vais courir un petit peu avec Marshall avant de

passer la nuit collé à l 'écran.

Attention à ce qu 'il ne te transmette pas son manque de motivation pour

dans la hiérarchie.

Non, mais moi, je le comprends. Je suis très bien à mon poste de lieutenant et

je ne compte pas bouger.

Étonne.

Eh bien, le jour de la distribution des grands masses dominants n 'a pas

vraiment été servi ici.

À la fois, ça nous arrange.

Bon courage.

C 'est vrai.

Bonne soirée.

Salut, Grégory.

Salut.

Tu sais, Alice, je t 'invite à écouter davantage de musique classique.

Ça favorise la dopamine, le sommeil.

Ça aide à se relaxer.

Ok.

En parlant de relaxation, je vais aller dans ma chambre.

Parler à mon copain.

Allez, je vais aller méditer une petite demi -heure sur la terrasse. Si tu veux

me rejoindre, n 'hésite pas.

Tu sais, la méditation, ça permet une meilleure connexion avec les autres.

Je vais aller me connecter à mon copain.

Tu m 'étonnes.

Ouais, à la suite.

Ça va ? Ça va et toi ? Ouais, je suis au téléphone avec Alip. Je crois que t 'as

pas trop collé avec Grégory. D 'abord, pourquoi ? Qu 'est -ce qu 'il se passe ?

Oh bah rien, c 'est Grégory quoi.

Il mange des graines, il médite.

Puis il remercie l 'univers et son ange gardien avant d 'aller se coucher à 22h.

Ouais, pourtant toi ça se passe bien avec lui non ? Oh bah ouais tu sais, à

partir du moment où maman est contente.

Ouais.

Mais Alice, elle parle déjà de venir gicher toi.

Ah bon ? Elle n 'a rien contre, c 'est l 'univers.

Tu peux écouter la musique qu 'elle veut sans avoir à faire attention à son taux

de dopamine.

Son quoi ? Taux de dopamine ? Ouais, je... Bon allez, t 'es chaud ? On va

'au jardin des plantes aujourd 'hui ? Ouais, attends, attends. Alors du coup,

même pas une journée passée avec Grégory et ça y est, ta soeur elle en peut

plus. Eh ouais, qu 'est -ce que tu veux ? Et elle t 'a vraiment dit qu 'elle

voulait vivre chez moi ? Enfin avec moi ? Ouais.

Voilà, je suis là.

Pardon, je suis en retard. Ça va Thomas ?

Qu 'est -ce qu 'on fait alors ? Jardin des plantes, on se dit ? Ah ouais, non,

ce que je m 'étais dit, c 'est pour changer un peu, parce qu 'on n 'est pas

obligés de courir comme des chiens de traîneau, on pourrait très bien se poser

une terrasse de café, tu vois, boire un coup.

Il fait beau, il fait chaud, on en profite. Ah non, mais capitaine, en

suis en short, je ne vais pas aller prendre un verre comme ça. Non, mais je

motivé, j 'ai envie d 'aller courir, là.

Allez, on y va.

Et non, mais ça n 'empêche pas, on va quand même boire un coup, non ? Tom,

a dit autre chose sur Grégory, ta sœur ?

Bonjour, Ferdinand, j 'ai du courrier.

Oui, commandant.

Voilà.

Allez, allez, allez.

Ah non, Paul, on dit bonjour, bonjour. Oui, bonjour, Paul. J 'ai eu Alice hier

soir. Ça ne m 'étonne pas.

J 'imagine qu 'elle t 'a demandé à venir s 'installer chez toi quelque temps. Et

voilà, exactement.

Je ne sais pas quoi, toi, elle veut.

Pas du tout.

C 'est un peu compliqué pour elle en ce moment. Les études, Julien qui est loin,

la peur de l 'avenir, sa mère avec un nouvel homme, tout ça, tout ça, tout ça.

Tout ça, tout ça, tout ça.

Bon, attends, avec n 'importe qui, ça aurait été difficile.

Je veux dire, c 'est pas automatiquement lié à Grégory.

Autre chose.

Eh non, mais je te connais.

Je te voyais pas avec ce genre de type, tu vois.

Oui, ben alors je t 'arrête tout de suite, Paul.

Greg n 'est pas un type, c 'est un homme. Wow.

Ah ouais ? C 'est à ce point -là ? Un homme solide, fiable.

Un homme ancré, très, très ancré. T 'as besoin de légèreté, de fantaisie, d

'être avec quelqu 'un de marrant, de spontané, tu vois.

Attention, j 'ai rien contre la dopamine.

La dopamine ? Ouais.

Bon, t 'es heureuse, quoi. Oui. T 'es heureuse.

C 'est ça qui compte ? Ben oui, merci Paul. Et sinon, au sujet de l 'enquête,

avance ? Ah oui, aussi.

J 'ai reçu les résultats du labo, tu sais, par rapport au petit bout de verre

brisé qu 'on a retrouvé près du corps de Julie de Collet. Ouais.

Tu sais ce que c 'est ? C 'est des verres de lunettes, voilà.

D 'accord. Des verres non correcteurs.

D 'accord. Vert neutre.

Super, mais en tout cas, la vie qu 'il ne portait pas de lunettes. Voilà, donc

il s 'agit peut -être de celle du meurtrier.

J 'y vais.

Et tu vas où ? Eh ben, je vais au château.

J 'y retourne, fouiller. Un truc à vérifier.

D 'accord.

Bonjour, Inès.

Bonjour, capitaine.

Alors, votre nuit sur les cahiers de Judith, ça donnait quoi ? Ben, j 'ai

-être trouvé quelque chose qui dit le meurtre de la victime à son illettrisme.

Les premières années de Judith avec ses parents au château.

Alors, qu 'est -ce qu 'on a ? Eh ben, une enfance heureuse, apparemment.

Jusqu 'au décès de sa mère. Judith avait 6 ans. À partir de là, rien ne va plus.

C 'est le décrochage total à l 'école.

Son père qui se remet en couple en plus avec une affreuse belle -mère.

Chaque fois que j 'avais besoin de mon père, elle se mettait en travers de ma

route. J 'avais perdu maman et Folcoche me privait du seul parent qui me

restait.

J 'ai une mémoire édétique.

Je retiens tout ce que je vois.

Ah bon, on est bien toutes les deux ? Entre toi qui te souviens de tout, puis

moi qui n 'entends rien.

Quique est Fluc ? Alors, Folcoche, comme la méchante héroïne du roman d 'Hervé

Bazin, il perd au point.

C 'est quand même un peu violent, non ?

C 'est à cause d 'elle que Judith a abandonné l 'école très tôt, et après

lui en a toujours voulu.

Les causes qui mènent à l 'illettrisme sont extrêmement complexes, mais si en

plus un enfant n 'est pas épanoui dans son foyer... Elle s 'appelait comment la

fameuse belle -mère ? Ça malheureusement elle ne le dit pas, mais c 'est là que

j 'ai la bonne nouvelle du jour.

Notre victime Judith était en train de mettre en place un blog pour raconter

parcours.

Elle allait quand même pas balancer sur Internet le vrai nom de Folcoche ? Ben

si, mais malheureusement, elle n 'a pas eu le temps de l 'écrire.

La pratique du name and shame.

Avec le buzz des réseaux sociaux, les faits auraient été dévastateurs.

De quoi se faire lyncher virtuellement sur Internet.

Menaces, insultes, vies ruinées.

Eh bien, vouloir faire taire Judith, c 'est un bon mobile de meurtre, non ?

Merci Inès.

Merci Capitaine. Et bravo.

Bien sûr que Julie te m 'avait parlé de son enfance.

Elle m 'a jamais dit le nom de sa belle -mère.

Elle va tirer un trait sur tout ça.

En ma part, on se peut -être, mais quelqu 'un qui a besoin d 'écrire sur

passé, c 'est qu 'il a encore des choses à régler. Non, c 'était fini tout ça.

D 'après rien à moi, elle a même pas eu peur de retourner dans le grenier pour

chercher des infos sur le feu d 'artifice que tirait son père à l

Ça fait presque un an qu 'elle travaille sur ce feu d 'artifice et elle attend

aussi longtemps pour aller récupérer ce genre d 'infos ?

On peut les récupérer ? Bien sûr.

Ah, bien, merci. Je vous laisse finir, du coup.

Excusez -moi ! Excusez -moi ! Pardon. Vous pouvez me faire peur ? Capitaine

Marshall, Gendarmerie Nationale.

Bonjour. Je peux jeter un oeil à vos lunettes, s 'il vous plaît ? Euh, oui.

Ah mais non, ouais. Elles ne sont pas correctrices.

Ben non, je n 'ai aucun problème de vue.

D 'accord.

Mais ce n 'est pas du verre.

Ah, du verre pour protéger les yeux.

Vous ne devez pas bricoler, vous jardinez souvent, vous... Enfin, j

Plastique incastable, il n 'y a rien d 'autre qui existe.

D 'accord.

Bon, merci.

Merci.

Excusez -moi, je sais que vous n 'avez pas le droit de m 'en parler, mais...

Pour Judith, vous avez avancé sur le coupable ? On cherche toujours.

D 'ailleurs...

Est -ce que vous savez combien de personnes portent des lunettes ici ? Une

dizaine, je dirais.

Même quinze, peut -être. Ah, d 'accord.

Du coup, est -ce que vous pourriez me noter les noms, s 'il vous plaît ? Si

pouviez écrire pendant que je vous dis, parce que quand on transpire ses gants,

c 'est une tannée à remettre. Oui, je comprends. D 'accord, je vous écoute.

Alors, avec des lunettes, il y a Georges.

Georges Wisnowski.

Je ne vous l 'épèlerai pas. Mais je ne vais noter que les prénoms.

Judith avait fait un album photo.

Ça, c 'est ses carnets scolaires de début de primaire.

L 'année où sa mère est morte, elle a des gros problèmes de concentration et

deux ans plus tard, elle décroche totale, comme je vous avais dit.

Là, c 'est probablement avec ses parents, une époque où elle est encore

heureuse, j 'imagine.

Ah, ça, c 'est intéressant.

À mon avis, la deuxième partie du puzzle, c 'est la belle -mère.

La pauvre Judith.

C 'était une gamine complètement traumatisée, en fait.

On était en train de revisiter son histoire, mais ça a rouvert toutes ses

blessures.

Merde.

Vous faites voir ? Regardez ça.

D 'accord, les années ont passé, mais on est d 'accord qu 'on reconnaît le

visage. Ah ben oui.

La belle -mère tyrannique.

C 'est Agathe Regnier, la conservatrice du château.

Très bien. Merci beaucoup, monsieur Ortega.

De rien.

Oui, Inès.

Oui, oui, Agathe Regnier est ici.

Vous avez quoi ? Tout coincide.

Agathe Regnier habitait dans la région il y a 30 ans. Elle en est partie

de nombreuses années, avant d 'y revenir il y a un mois, suite à sa mutation au

château. Alors que Judith Collet est en train de créer un feu d 'artifice pour l

'inauguration du musée, le destin remet sur sa route à Gatrenier la belle -mère

qui lui a fait vivre ses pires cauchemars.

Ok, bon, j 'appelle Marshall, il doit être encore sur place.

C 'est fait. Enfin, il est prévenu.

Je veux dire, je l 'ai déjà appelé.

Super.

Mes amis, chers collaborateurs, je tenais à tous vous remercier.

Si ce musée des folies montpellieraines peut enfin avoir le jour, c 'est d

'abord et avant tout grâce à vous.

Mais aussi grâce à M.

Verbier, maire de la commune, Mme Lecoeur, responsable régionale des

culturelles, et enfin M.

Durand, directeur de la culture et du patrimoine de l 'agglomération de

Montpellier.

Et je voudrais qu 'on ait une pensée émue pour celle qui nous a offert avant

-hier un si merveilleux spectacle, ce feu d 'artifice.

marquera un nouveau départ pour le château de Langaran et une nouvelle ère.

À ta santé, Judith.

Merci, Judith.

Amie du cynisme, bonjour.

Je vous invite à vous restaurer.

Pardon.

Madame Regnier, bonjour.

Capitaine Marshall, gendarmerie nationale.

Est -ce que vous pourriez m 'accompagner, s 'il vous plaît ?

Pourquoi vous nous avez menti à propos de Judith ? Parce que j 'étais la

coupable idéale.

Et je suis pas fière de cette période de ma vie.

Ça peut se comprendre.

Maltraitée une petite fille, on a connu plus glorieux.

Je sais que j 'ai pas été la hauteur à cette époque, mais j 'ai jamais été un

monstre avec Judith.

C 'est pourtant pas ce qu 'elle raconte. Elle n 'a sûrement pas tout inventé

alors qu 'elle écrivait pour la première fois de sa vie.

J 'avais que 8 ans quand je suis tombée amoureuse de son père.

J 'étais qu 'une gamine.

Je n 'ai pas pris conscience du soutien dont avait besoin la petite.

De l 'amour, surtout, qu 'elle réclamait.

Et ça, je m 'en suis toujours voulu.

Et les hurlements, les humiliations, quand Judith récitait mal ses leçons ?

Alors ça, ça s 'appelle du harcèlement psychologique, Mme Regnier.

Et ça n 'a absolument aucun rapport avec l 'âge que vous aviez à l 'époque.

C 'est à cause de vous que je ne savais ni lire ni écrire.

C 'était une petite fille fragile et votre attitude l 'a traumatisée.

Vous avez caché sa vie, Mme Regnier, vous le savez ? Judith ne voulait plus

taire. Elle voulait que tout le monde sache que vous étiez réellement.

Alors elle vous a dit qu 'elle allait dévoiler votre nom sur son futur blog.

Oui.

La veille de sa mort, cette petite peste m 'avait fait du chantage.

Ou je lâchais mon poste au château, ou elle balançait mon nom sur le net.

Elle voulait me pourrir la vie jusqu 'au bout.

Et là, forcément, votre image, votre carrière, votre réputation, tout ça

devenu beaucoup plus compliqué.

Au moins, maintenant, l 'affaire est réglée.

Plus personne pour vous menacer.

Même si Judith allait me faire la pire des saloperies en publiant son torchon,

jamais je l 'aurais tuée.

Jamais !

Bon,

un gars traînier refuse d 'avouer et on n 'a aucune preuve contre elle. Non,

mais c 'est normal, c 'est pas elle la coupable.

Pardon ? Oui, non, elle, elle porte des lunettes à verre correcteur.

D 'accord, donc je ne la défaire pas au parquet sous prétexte de myopie sévère ?

Non, Paul, s 'il te plaît, un peu de concret.

D 'accord. Lis la dernière page que Julie de Collet a écrite il y a quelques

jours.

Oui, d 'accord, mais ça confirme qu 'elle voulait aider les illettrés, et

? Non, mais lis la dernière phrase.

Et aujourd 'hui, j 'ai trouvé quelqu 'un qui a besoin de moi, c 'est mon devoir

de l 'aider.

C 'est mon devoir. C 'est qui ce quelqu 'un, à ton avis ? Quelqu 'un qui n 'a

pas besoin de verre correcteur.

Monsieur Ortega, de la part d 'Agathe Régnier, elle nous a demandé de vous

remettre cette lettre en main propre.

Vous étiez très proche d 'elle tout à l 'heure au cocktail.

C 'est peut -être une lettre d 'amour.

Vous n 'êtes pas pressé de la lire ?

Monsieur Ortega va nous dire qu 'il a oublié ses lunettes. Non, ah non, non,

non, non, ça c 'est l 'astuce qu 'il utilise habituellement avec les gens. D

l 'intérêt d 'avoir des fausses lunettes parfois.

Ah ok, stratégie d 'évitement classique pour ne pas montrer son illettrisme.

Voilà, seulement tout à l 'heure, moi il m 'a dit qu 'il avait une très bonne

vue, donc du coup il est coincé, il ne peut pas nous sortir son excuse

classique, tu comprends ? Oui, mais j 'y pense, alors les morceaux de verre

trouvés près du corps de Judith pourraient appartenir à monsieur.

Ah bah alors ça, lui je ne l 'aurais pas vu s 'enfuir, tu vois. Bon, j 'y vais

quand même. Oui, carrément, oui.

Monsieur Ortega, à part pour vous blesser, c 'est une très mauvaise idée,

Je voulais pas.

Je suis sûr que je voulais pas.

Raison de plus pour venir en parler avec nous tranquillement.

Regardez -moi, monsieur Ortega.

Je vais faire un pas vers vous. Regardez -moi.

Regardez.

Donnez -moi la main.

On va en parler tous ensemble, d 'accord ?

Voilà. Je voulais pas.

Je voulais pas.

Finalement, vous partagiez pas mal de choses avec Judith.

Vous étiez même devenus assez proches.

Vous pouvez nous confirmer qu 'elle était en train de vous apprendre à lire

écrire, monsieur Ortega.

Elle m 'a redonné confiance en moi.

Mais on était encore loin du compte.

Vous le saviez, pour son blog ? Le matin du feu, j 'ai trouvé Agathe en larmes.

Elle m 'a raconté que Judith allait sortir des choses horribles sur elle.

Qu 'elle allait devoir quitter son poste ici.

Partir loin.

Que sa carrière était foutue.

Je ne l 'avais jamais vue aussi mal.

Alors le soir de l 'inauguration, vous êtes allé trouver Judith ?

Pour la convaincre de ne pas dénoncer Agathe.

Elle m 'avait dit qu 'elle s 'installerait là, à l 'écart.

Pour mieux voir le feu.

Depuis des mois, elle me répétait de tout faire pour réaliser mes rêves.

Que rien n 'est jamais impossible.

Moi, mon rêve, c 'était d 'avouer enfin mes sentiments à Agathe.

Et peut -être vivre une jolie histoire avec elle.

Sauf que pour Judith, c 'était impossible.

Je ne pouvais pas imaginer une seconde que vous puissiez tomber amoureux de

cette femme qui lui avait pourri toute son enfance.

Alors Judith a tenté de vous convaincre qu 'Agathe n 'était pas une femme pour

vous ? Elle m 'a dit qu 'Agathe était encore moquée d 'elle parce qu 'elle

faisait beaucoup de fautes d 'orthographe.

Qu 'à nouveau elle l 'avait humiliée.

Comme quand elle était enfant.

Et qu 'elle n 'en avait rien à foutre de moi.

Qu 'elle ne voudrait jamais d 'un type qui ne sait pas lire et écrire.

Alors vous avez pris la défense d 'Agathe et ça s 'est mal passé.

Non.

Non.

Judith m 'a pris par la main.

Pour qu 'on aille voir tout de suite Agathe.

Et qu 'elle me dise en face ce qu 'elle pensait délivrer.

Je voulais pas.

Je vous jure que je voulais pas.

Je l 'ai repoussée un peu trop fort et... Elle est tombée sur les mortiers

moment où je l 'ai partie.

Il n 'y a rien dedans.

T 'es sûr que ça ne te dérange pas que je revienne habiter chez toi ? Ben si,

me dérange forcément.

Je plaisante.

Pardon. Je suis super content.

Évidemment, je suis super content.

Et cet appart, je l 'ai acheté pour Thomas et Edouard. Tu sais ça.

Chez moi, c 'est chez vous.

Merci, papa.

Ça n 'a rien à voir avec Grégory ou maman. Je sais, t 'inquiète pas.

Oh la toute petite valise ! Euh

non, pas le sac,

celui de maman. Ah d 'accord.

Prends que le carton.

Ah merde.

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