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me prêter votre lampe, s 'il vous plaît ? Je crois que j 'ai un truc là.
Encore une chambre vide, petite.
Il y en a partout dans le coin.
Elles ont toutes été pillées, tu le sais bien.
Merci.
M. Jolivet ! M. Jolivet
! M.
Jolivet !
T 'as bien dormi ? Oui.
Tu sais qu 'on n 'est plus obligé de chuchoter ? Ah si, si, si.
Si on parle trop fort, je vais réveiller mes parents, on va être obligé de
déjeuner avec eux. Bah et alors ? Non, non.
Le matin j 'aime pas moi, trop de bruit, trop de gens, ça me va pas.
Je crois que j 'aimais bien quand t 'étais mon petit secret.
Donc c 'est pas toi qui voulais une relation normale, stable, rassurante ?
Oui, Erwan.
D 'accord.
J 'arrive tout de suite.
Commandant, essayez de vous souvenir précisément.
Bonjour Erwan. Bonjour commandant.
On est par ici.
Merci Erwan.
C 'est juste là.
On n 'a pas voulu élargir le trou creusé pour ne pas effacer de preuves
potentielles. Vous avez bien fait.
La victime ? Marion Duval, 24 ans, étudiante en master d 'archéologie à
Montpellier. Spécialisation proto -histoire.
L 'âge de fer, avant la transition avec l 'antiquité. Une période fascinante.
Et sinon, il y a un domaine où vous n 'y connaissez rien ? Non, mais c 'est
juste la personne qui a découvert le corps, Edmond Jolivet, qui m 'a fait un
topo avant, c 'est tout.
Très bien. Bonjour, commandant. Vous descendez ? Ah, Franck, bonjour.
Je vous rejoins.
Et que faisait la victime sur le chantier ? Du bénévolat.
Avec d 'autres étudiants, ça fait partie du cursus. Et elle habitait là, dans
cette tente.
Très bien.
Marshall est là ? Oui, il interrogeait Edmond Jolivet.
Il a préféré ne pas descendre parce qu 'il m 'a dit que c 'était trop exigu.
Il vous a dit trop exigu ? En fait, il est claustro, mais il s 'arrête sans
tourner.
Trop exiguë.
Très bien. Vous perquisitionnez la tente de la victime. Et puis moi, je vais
rejoindre Franck. Très bien.
Vous êtes sûre que vous ne voulez pas attendre qu 'on remonte le corps ? C
super petit, le passage.
Non, non, mais ça va aller. J 'ai besoin de voir la salle in situ.
Très bien.
Alors, ça nous change de l 'IML, hein ? Ah oui, oui, oui.
C 'est plus intime.
D 'ailleurs, pourquoi on vous a demandé de venir ? Pour que je fasse les
premières constatations avant que le corps soit déplacé.
D 'accord.
Et alors ? Des traces de fractures apparentes ? Non, juste un coup porté à
tête. Elle s 'est morte depuis combien de temps ? Hier soir, pour l 'heure
exacte. Je vous le dirai après l 'autopsie.
Ok.
Drôle d 'idée d 'amener un corps jusqu 'ici.
Surtout comment on l 'a amené jusqu 'ici ?
Monsieur Jolivet.
Bonjour. Oui, bonjour.
Capitaine Marshall, gendarmerie nationale.
Est -ce que je peux vous poser quelques petites questions ? Oui, bien sûr.
Vous faisiez quoi, vous, ici, ce matin ? Je fouillais, comme toujours.
Monceau est un chantier d 'une importance primordiale. D 'accord.
Il peut permettre de déterminer si les Samnagenses ont vécu sur ce site
Galoroma. Ah, d 'accord. Vous êtes chercheur.
Un modeste étudiant.
Étudiant ? Vous n 'êtes pas un peu... Vieux.
Une fois à la retraite, j 'ai commencé à suivre les cours de Marc Samoas.
C 'est le directeur des fouilles ici.
Et c 'est un des plus grands spécialistes mondial de la Gaule
Vous connaissiez la victime ? Bien sûr.
Marion était une étudiante charmante, très enthousiaste.
Enfin, un peu moins depuis une semaine.
Ah, pourquoi ? Et il avait découvert une statuette inestimable qui aurait pu
prouver le bien fondé de nos recherches ici.
Mais alors que l 'expert de l 'INRAP allait l 'étudier, cette statuette a
disparu. De l 'INRAP ? C 'est l 'Institut National de la Recherche
Préventive. Bien sûr. Oui, bien sûr.
Elle a disparu comment, cette statuette ? Sans doute volée.
Ça se revend si bien que ça, ce genre de vestige ? C 'est un marché de niche.
Mais pour des passionnés.
Ça vaut une petite fortune.
Vous auriez une photo de la statuette ? Bonjour.
Bonjour.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Oui,
Paul. C 'est quoi cette statuette ? C 'est une découverte de Marion. Une
découverte qui a disparu.
Et a priori, ça vaut une petite fortune.
Si elle a su qui était le voleur... Il aurait pu vouloir s 'en débarrasser.
Exactement.
Bon, dis -moi, de ton côté, est -ce que tu peux interroger les personnes
travaillant sur le chantier et trouver celles qui sont capables de refermer
parfaitement une chambre mortuaire ? Ou chercher un éventuel passage secret, un
truc du genre ? Ça va, je m 'en occupe.
Ah oui ? Même si ça implique que tu ailles dans cette petite pièce très
toute petite, toute petite, tout exiguë ? Hein ? Est -ce que tu peux pas m
'envoyer Inès, s 'il te plaît ? Ah, c 'est ballot, ça. Elle vient de partir
Max à moi, c 'est le directeur du chantier. Elle va les interroger, lui et
femme.
Réagit Marion suite au vol de la statuette ? Ça l 'a beaucoup affectée.
C 'était sa découverte.
Et vous savez qui aurait pu faire ça ? Non.
On ne le voit pas.
En tout cas, le vol a forcément été commandité. On ne dérobe pas ce type d
'objet par hasard. Ce n 'est pas sa valeur marchande qui importe, mais sa
historique.
Ce vestige aurait pu empêcher la fermeture du chantier.
Empêcher ? Oui, le chantier ferme à la fin de la semaine. C 'était prévu de
longue période. Une erreur ? Selon toi.
Cette statuette semblait d 'une telle importance qu 'après analyse, l 'INRAP
aurait pu décider de prolonger le chantier. Oui, mais maintenant, elle a
disparu. L 'INRAP campe sur ses positions et les fouilles s 'arrêtent.
sais bien que c 'est pour rien.
Travailler à l 'INRAP comme directrice scientifique, ça n 'a rien à voir avec
chantier, mais ça, Marie a parfois du mal à le comprendre.
Très bien, monsieur.
J 'ai compris.
Je vous remercie. Je vais devoir y aller.
Je vous raccompagne. Je dois aller travailler.
Au revoir, monsieur.
Ce sont des dessins de votre mari, ça ? Non, c 'est moi.
Vous avez du talent.
C 'est gentil.
J 'ai passé toutes mes vacances et mes week -ends sur les fouilles à suivre mon
mari. Vous déménagez ? Maintenant que le site va fermer, on va partir vivre en
Bretagne. Après 20 ans ici, un peu d 'océan Atlantique nous fera du bien.
Votre mari et vous sembliez très proches de Marion.
On l 'a rencontrée l 'an dernier, après la mort de sa mère quand elle a rejoint
mon mari sur les fouilles.
On était un peu devenus sa famille.
En plus, vous aviez une passion commune pour les Samnagenses.
Samnagenses. Enfin, c 'est surtout la passion de mon mari.
C 'est que Marion, il pouvait en parler pendant des heures.
Quand est -ce que vous l 'avez vue pour la dernière fois, Marion ? Il y a trois
jours. Mais elle m 'a appelée hier après -midi.
Pour vous dire quoi ? Elle voulait juste savoir quand est -ce qu 'elle pourrait
passer ici pour récupérer des affaires avant qu 'on parte.
Et vous savez qui pourrait m 'en dire plus sur elle ? Karim Daoui, un autre
étudiant du site. C 'était le petit ami de Marion.
Karim Daoui.
Ne touchez à rien, s 'il vous plaît.
Vous êtes qui ? Gendarmerie nationale.
Et vous ? Vous êtes Karim Daoui, c 'est ça ? Oui, pardon, je venais juste
récupérer des affaires de mariage.
Je suis désolé, mais elles doivent rester aux mains de la justice le temps
'enquête. Vous pourrez faire une demande ensuite, si vous voulez.
De toute façon, je ne sais pas ce que j 'en ferai.
C 'est tout ce qui me reste d 'elle, des souvenirs.
Et vous étiez ensemble depuis longtemps ? Presque six mois.
Mais vous n 'habitiez pas avec elle sous cette tente ? Non, le camping c 'est
pas mon truc.
Je viens la journée pour creuser encore un peu.
De toute façon, vous vous doutez bien que le chantier allait fermer.
Mais elle avait prévu un voyage ? Pas que je sache.
Mais vous savez, Marion avait son petit jardin secret.
Et elle respectait le mien.
J 'aimais ça.
Au point de ne pas vous en parler du tout.
Non.
D 'accord.
Donc personne ne sait rien sur Marion, même pas vous.
Alors ? La chambre est bien marquée sur le plan.
Ouais ? Elle a été découverte il y a deux ans.
Mais bon, ils l 'ont rebouché parce qu 'ils n 'ont rien trouvé dedans.
Ok, donc tout le monde connaissait l 'existence de cette cachette, en fait.
Ouais. Et d 'après Inès, la statuette n 'a peut -être pas été volée pour être
revendue, mais pour empêcher la prolongation des fouilles.
Et elle disparaît juste au bon moment, comme par hasard ? Mais ouais, comme par
hasard. C 'est pratique, hein ? Ouais.
Il ne reste plus qu 'à découvrir qui a un intérêt à stopper les fouilles.
Ouais.
Bon, et ce passage secret, alors ? Non, mais il n 'y a pas de passage secret. Il
faut arrêter avec ça. C 'est dans les films.
Vous savez que le commandant se contentera pas de cette explication,
Oui, je sais, bien, mais... Tu veux pas y aller, toi, s 'il te plaît ? Ah non,
non, non, je suis trop grand, je peux pas.
Ben, pas beaucoup plus, hein. J 'ai le carton à ramener à la brigade en plus.
Priorité. Allez, va.
Désolé.
Ah, Erwann, ça a donné quoi, la perquisition de la tente de la victime ?
suis dessus, là, je suis en train de tout vérifier.
Et vous, capitaine ?
Je remonte la piste des collectionneurs et des receleurs, mais pour l 'instant,
ça ne donne absolument rien.
Ok.
Et le mystère de la chambre mortière, ça avance ? Eh bien, Marchal est dessus.
Enfin, plutôt dedans.
Il ne s 'est pas gagné. D 'accord.
C 'est peut -être ce truc.
Ce n 'est pas la statuette qui a été volée ? C
'est dans les affaires de Marion ? Oui.
que Karim Daoui a mis dans ce carton.
Ah, d 'accord.
En fait, c 'est elle qui l 'a piqué.
J 'ai eu marqué ta moite au téléphone.
Il est tombé des nues, il comprend pas.
Mais pourquoi Marion aurait fait ça ? Pour vendre la tatouette.
Elle avait peut -être besoin d 'argent.
Non.
Quand sa mère est morte, elle lui a laissé un héritage conséquent, donc c
pas fort.
Non, mais dans ce cas, elle voulait empêcher la prolongation du chantier.
Mais pourquoi ?
T 'as trouvé autre chose pendant la perquisition ou pas ? Oui, une méthode
intensive pour apprendre le turc.
Ok. Bah écoute, chacun s 'oublie en même temps, j 'ai envie de te dire. Sauf que
son petit ami n 'était pas au courant.
Ce qui est bizarre.
Si t 'apprenais une langue étrangère, tu le ferais pas en cachette, toi.
Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, la tête des mauvais jours. Je t 'ai pas vexée au
hein ? Euh, de quoi ? Non, non, non, tout va bien, ça va, je gère.
Je viens juste vérifier un truc avec Erwann et je retourne sur les fouilles.
toi, ça va ? Ça va.
Bon, tu me tiens au courant ? Ouais.
Salut. Ouais, salut.
C 'est africain, ça y est.
Pardon ? Oui, non, pardon, le collier, il vient d 'Afrique.
Oui, mais non, Paul, on a dit qu 'on parlait pas de Greg.
Oula, j 'avais pas du tout l 'intention de parler de Grégory. Mais puisque t
'abordes le projet, t 'es pas un peu immature, non, de faire venir ton amant
comme ça, chez toi, alors que les enfants peuvent débarquer à n 'importe
moment, ils sont chez eux aussi, hein.
Tu vois, si toi, leur mère, tu leur mens sur ça, sur quoi d 'autre tu vas leur
mentir encore ? C 'est hyper destructeur pour les enfants, tu sais ça ? T 'as
raison. Non, mais c 'est vrai, nos enfants ont grandi.
Ils sont tout à fait capables de comprendre que leur mère peut préférer
Je leur parle ce soir.
Hein ? Mais non, pas ce soir, c 'est pas la peine de tout précipiter. Mais non,
mais comme en plus Greg est appelé à occuper une place absolument centrale
ma vie, c 'est important que Thomas et Alip soient au courant, je suis d
'accord. Puisqu 'on en est au changement de vie...
Je me dois de t 'informer que j 'ai fortement réfléchi à la proposition de
père pour te venir commenter.
Mais non.
Bon, enfin, Paul, dis pas n 'importe quoi.
Tout le monde sait très bien que tu diras non.
Ah, pas du tout, non. Alors là, au contraire, je sens plutôt bien ce truc.
Mais non, tu détestes l 'autorité, tu ne supportes pas les ordres, comment tu
veux en donner ? Quoi ? Mais non, mais ce n 'est pas un jugement de valeur,
Paul. Ce n 'est pas ton truc, c 'est tout. D 'accord, très bien. Eh bien, tu
sais quoi ? Tu pourras dire à tout le monde que vous risquez d 'être vraiment
très surpris par ma décision.
Paul, ne te vexe pas, enfin.
Et si tu deviens commandant, ça veut dire quoi ? Qu 'on ne travaillera plus
ensemble, en fait, c 'est ça ? Oublie, oublie, pardon.
Excuse -moi, Paul.
Ecoute -moi.
C 'est bien que tu penses à ta carrière.
Vraiment ? Ok.
Je suis fière de toi.
Mais je dois t 'appeler commandant tout de suite ou on attend un peu ?
Elle est venue à mort hier
soir vers 22h.
J 'ai eu un coup porté à la tête.
Et les bleus sur les bras là ?
Ça date de quand, à votre avis ? D 'après la coloration, c 'était il y a 3
jours.
3 ou 4 jours ? Donc elle se serait battue ou on l 'aurait agressée il y a 3
jours et on l 'a tuée hier soir.
C 'est ça.
J 'ai également retrouvé des résidus de sulfamate d 'ammonium sous ses ongles.
Du sulfamate d 'ammonium ? Qu 'est -ce que c 'est ? Un produit toxique. C 'est
interdit partout en Europe.
Très bien. Et ça sert à quoi ? C 'est un illifugent.
Mais elle n 'a pas de raison d 'en avoir sous les ongles. Normalement, ça se
diffuse en spray.
OK.
Autre chose ? Non.
Pas pour le moment.
Merci, Franck. C 'est un plaisir.
Bonne journée.
Je vous aime.
Super.
Merci, maman. Oui, oui.
Oui, ça va, ça va.
D 'accord. On se rappelle, maman, parce que là, je suis en train de travailler.
Oui,
je t 'embrasse. Moi aussi. Bonne journée, maman.
Voilà, c 'est bien ce que je pensais. J 'avais déjà entendu parler du sulfamate
d 'ammonium. Ma mère en utilisait quand j 'étais petite.
Elle en parlait pour quoi ? Comme désherbant.
Enfin, une époque où on ne savait pas trop ce que voulait dire le mot
Pourquoi Marion aurait utilisé du désherbant, qui plus est interdit ? Ça.
J 'ai commencé à creuser sur la Turquie.
Marion communiquait beaucoup par mail avec un chantier turc au sud de Bodrum,
ils ont trouvé des traces des Samnag... Samnag Genset.
Voilà, exactement.
Ok. Il y a quoi dans ces mails, en fait ? Ben, je sais pas. C 'est écrit en
turc, je parle pas turc, moi.
Moi non plus.
Moi non plus.
Bon. Je vais essayer de joindre quelqu 'un là -bas, pourvu qu 'il parle
français.
Monsieur Daoui ? Karine Daoui ? C 'est moi. Bonjour.
Capitaine Marshall, Gendarmerie Nationale.
Je peux vous poser deux, trois questions ? Allez -y.
On a...
On a retrouvé la statuette dans les affaires de Marion.
Vous pensez qu 'elle aurait pu la voler ? C 'est impossible.
Marion, elle était intègre, passionnée, entière.
Si elle a fait ça, elle avait forcément une raison.
Est -ce que vous pensez que Marion aurait eu un intérêt à ce que les
'arrêtent ? Au contraire.
Elle faisait tout pour que le chantier continue.
Quand elle a découvert la statuette, ils étaient fous de joie avec sa moince.
Ok, on va prendre le problème à l 'envers. Alors, est -ce que quelqu 'un
eu un intérêt à ce que le site ferme ?
Je vois qu 'une personne.
Le promoteur.
Tailleron.
Livraison fin 2017.
Vous avez un peu de retard, non ? C 'est clair.
Chaque fois que le site devait fermer, Samoas déposait un recours auprès de
Générable pour le prolonger.
Ça a marché quatre ans d 'affilée.
Ouais, ça n 'a pas dû le revire, ça.
C 'est le moins qu 'on puisse dire.
Il a failli en venir aux mains avec Samoas.
Et ce...
Taïran, là, il connaissait Marie.
Pas que je sache.
Entrez.
Bon, alors, j 'ai vérifié. Entre Taïran et Samoas, c 'était pas le grand amour.
Un rapport avec la victime ? Peut -être du côté de Taïran, oui.
Il avait un projet depuis un bon moment d 'écologe au milieu des arbres. Un truc
genre nature et luxe.
Sauf que les arbres en question ont mystérieusement commencé à mourir il y a
quelques semaines.
Et donc, pas d 'arbres, pas d 'écologe ?
Ils ont beaucoup plus urbain, beaucoup moins nature.
Évidemment. Et donc le sulfamate d 'ammonium retrouvé sous les ongles de la
victime aurait servi à empoisonner les arbres ? Oui, il semblerait que ce soit
une pratique chez certains archéologues. Ils veulent fouiller quelque part, ils
tombent sur un arbre, ils le font crever discrètement, ni vu ni connu. Il y a
quelque chose qui ne va pas là.
Pourquoi d 'un côté Marion aurait tué les arbres pour continuer les fouilles,
'un autre côté elle aurait volé le seul élément qui permettait de les prolonger.
C 'est paradoxal, non ?
Oui, ça, j 'en sais rien, mais ce qui est sûr, c 'est que si elle continue son
petit jeu, Taïran allait forcément perdre des millions.
Bon, très bien. Envoyez Erwann et Inès.
Monsieur Taïran ? Oui ? Gendarmerie nationale.
On a quelques questions à vous poser.
Oui, bien sûr.
Vous connaissez Marion Duval ? C 'est la petite archéologue.
On m 'a dit qu 'elle était morte.
Je l 'ai vue une fois, je crois.
Non, on ne s 'est pas bien compris, monsieur Taillan. On est en train de
parler d 'un meurtre, là.
Bon, ok, ok, ok. C 'est bon.
J 'ai eu des mots avec elle.
Mais je ne vais pas tuer la gamine.
C 'était quand ? Il y a quatre jours.
Et qu 'est -ce qui s 'est passé exactement ? Ça faisait un moment que je
cherchais ce qui pouvait bien arriver à mes arbres.
Du coup, j 'ai fait faire des analyses.
J 'ai découvert qu 'une enflure les empoisonnait.
Et vous avez appris que c 'était Marion.
Du coup, vous êtes allé la voir. Oui.
Puis on s 'est expliqué.
Voilà, quoi.
Vous avez de sacrés griffes pour une discussion tranquille.
À mon avis, ça a dérapé. Vous l 'avez poussée. Non, mais pas du tout. Elle s
'est jetée sur moi.
Oui, je l 'ai un peu bousculée, oui, mais c 'est pas allé plus loin.
De toute façon, ça aurait servi à rien que je la tue.
Je savais que mon chantier allait enfin démarrer.
Comment ça ?
C 'est la femme du taré des fouilles qui me l 'a appris la semaine dernière.
Sylvie Samoas ? Oui.
Elle m 'a même dit qu 'elle s 'en occupait personnellement.
Marc s 'acharne depuis des années sur des bouts de cailloux alors qu 'il n 'y
rien à Montceau.
Attendez, je croyais que vous n 'aviez aucun pouvoir sur les chantiers de
fouilles. J 'ai menti sur ce point à mon mari. Je connais un peu la personne qui
est en charge des autorisations.
Du coup, votre seule solution, ça a été de magouiller dans son dos pour que le
chantier ferme. La fermeture était inéluctable et j 'ai juste mis le
Montceau au -dessus de la pile pour qu 'il soit traité en priorité.
Marion était au courant ? Bien sûr que non.
Donc elle l 'avait découvert.
Elle est venue vous demander des comptes, ça s 'est mal terminé.
Puis, de toute façon, Marion, douée comme elle l 'était, aurait très vite
retrouvé un autre chantier bien plus prestigieux.
S 'il vous plaît.
Si mon mari l 'apprenait, il ne comprendrait pas.
Incroyable.
Je viens d 'avoir le retour d 'un receleur sur la statuette.
Un receleur ? Mais on a retrouvé la statuette.
Marion l 'avait quand même mise en vente ? Pas du tout. Elle l 'a achetée il y a
un mois, 4000 euros.
Comment ça, achetée ? En fait, la statuette n 'a pas du tout été
le site de Monceau.
Elle provient d 'un chantier au Portugal.
Ok.
Ok, ok. Donc Marion a acheté la statuette pour faire retarder la
chantier.
Mais ça ne nous explique toujours pas pourquoi est -ce qu 'elle l 'a volée
ensuite.
Et si elle avait pris peur ? Imagine.
Marion apprend qu 'un expert de l 'INRAP va se déplacer sur le chantier pour
authentifier la statuette.
Elle réalise qu 'il va fortement découvrir la supercherie. Donc elle
elle la récupère.
Oui, ça peut tenir.
Mais pourquoi aller aussi loin pour éviter la fermeture d 'un simple
Capitaine ? Oui ? J 'ai étudié le plan du site.
J 'ai trouvé quelque chose pour vous. Ah quoi ? Mais quel imbécile, j 'ai dit de
ne pas y avoir pensé avant.
Non mais c 'est quoi ? Non mais descendez, je vais vous montrer.
Allez -y.
M. Jolivet, vous êtes sûr, là ? Oui, oui, pas de souci.
Je vous rejoins.
Edmond, c 'est un peu long, là, non ? Edmond ? Il n 'y a pas d 'air, en fait.
Eh ben voilà, capitaine, par où votre meurtre y est passé.
Ça va, capitaine ? Je pensais que vous seriez content.
Mais vous êtes tout pâle.
Non, non, c 'est bien ça. Vous pouvez m 'ouvrir maintenant, là, c 'est possible
ou pas ? Non, mais franchement, monsieur Jolivet, vous auriez
pas pu m 'en parler avant de ce passage secret ? Mais j 'aurais dû.
On l 'a découvert il y a deux ans et comme il n 'y avait rien d 'intéressant,
'avais oublié. Faut croire que je suis un piètre étudiant.
Non, non, mais non.
Donc le meurtrier, après avoir déposé le corps, a remonté un mur à la manière de
Samnagenseth. C 'est ça.
Avec du bitume gaulois, comme au 1er siècle avant Jésus -Christ.
C 'est un bitume artisanal fait de matière végétale et de roches calcaires.
'est incroyable.
C 'est possible d 'en refaire dans le genre ? Pour un spécialiste, oui, oui.
Vous connaissez qui, alors ?
À part Marion, Marc Samoens.
C 'est tout ? Et Karim ? Il était en master sur les Stamnagenses.
Oui, c 'est ça. Et non, je vois personne d 'autre.
Ok. Très bien.
Merci.
Et ils m 'ont dit que t 'avais été prise parmi huit candidats.
C 'est énorme. Je suis tellement fière de toi. T 'as entendu, Thomas ? C 'est
super.
Et du coup, tu rentres quand ? La semaine prochaine.
Je finis mes partiels et après, j 'attaque le stage.
D 'accord, génial. Et Julien ? Et si Julien est pris à son école d 'art, ça
dire que je peux faire ma deuxième année à Montpellier.
Eh ben, c 'est super.
C 'est super.
Mais quand tu vas rentrer ou quand vous allez rentrer, vous comptez habiter où
exactement ? Comment ça ?
Je ne sais pas. Vous, tu, ici ? Vous allez vous installer ici, à la maison ?
pose un problème ? Non, pas du tout.
Thomas ? Tu peux venir deux secondes, s 'il te plaît ? Qu 'est -ce qu 'il y a ?
Je suis tellement fière de toi, ma chérie.
C 'est trop fort.
Ça va, maman ? Oui.
Alors, en fait, voilà, quand ta soeur, quand tu vas rentrer,
On ne sera pas que nous.
Papi et mamie n 'avaient pas trouvé un appartement ? Ah, c 'est si.
Papi et mamie, ils ont trouvé un appartement pas très loin d 'ici.
Plutôt joli. C 'est très pratique.
Mais on ne sera pas que nous, quand même.
Voilà.
Ça va, maman ? Ne me coupe pas la parole. Attends, je ne vais pas y
sinon. Merci, mon chéri.
Alors, voilà. On ne sera pas que nous pour la bonne raison que... Depuis un
certain temps... Maman, t 'as chopé un mec.
Eh ben, voilà. Alors, je ne l 'aurais pas formulé comme ça, mais...
Mais non ! Mais si, si, si. Il s 'appelle Grégory, c 'est mon prof de
Tu te rappelles ? Mais non ! Mais si, si, si. T 'as pas trouvé autre chose,
Thomas ? Voilà.
Eh ben voilà, hein.
Thomas, prends maman dans tes bras.
Prends maman dans tes bras et tu lui fais un câlin.
C 'est le moment.
Et tu lui dis que t 'es heureux pour elle.
Je suis heureux pour Tom.
Mais moi aussi, je suis heureux de mon chéri.
Tu me dis que tu l 'aimes.
Je t 'aime, maman. Moi aussi, je t 'aime.
Et bien voilà, ça c 'est fait.
Salut, Ferdie. Salut, Marchand.
Paul.
Ça va ? Oui, Lionel.
Dis -moi, j 'interviens ce soir dans un colloque sur le cyber et un terrorisme.
Sujet dramatiquement d 'actualité. C 'est sûr, ouais.
Je voudrais que tu viennes.
D 'abord, ça te permettra d 'en savoir un peu plus.
Et puis de rencontrer des gens qui comptent.
C 'est primordial, ça, quand on veut devenir commandant.
Oui, oui, c 'est sûr. C 'est tentant, ouais.
Il faut que vous sachiez que je suis très, très attaché au terrain, en fait.
Alors du coup, je m 'interroge sur le... Non, mais en fait, j 'ai besoin de
temps. Il faut que je mûrisse ma décision. Vous avez raison, capitaine.
Mûrissez, mûrissez.
Rendez -vous ici à 20h.
Hé, on est d 'accord, je n 'ai pas pris ma décision.
Tu veux rester sous les ordres de ma fille toute ta vie ? Allez, à ce soir,
me réjouis.
Jean -Captien.
Venu le killer.
Mais alors ? Guerre vectone.
Vous êtes déjà là ? Hyper bizarre comme langue. Vous êtes déjà là ? Ah, bonjour
! Excusez -moi, je n 'avais pas mes appareils. Vous disiez ? Je disais déjà
Oui, et bien depuis l 'aube blanche, comme c 'est ma grand -mère.
Je suis arrivée un peu plus tôt pour commencer à défricher les mails de
J 'ai bien suivi la piste turque.
Et vous avez trouvé quelque chose ? Oui, j 'ai choqué un logiciel de traduction
et j 'ai commencé à déchiffrer les messages et le dernier se termine par «
vous attendons dans dix jours ».
D 'après Sylvie Samoas, Marion était une fille intelligente. Elle allait pas
tarder à trouver un autre chantier.
La Turquie ne fait pas partie de l 'Union Européenne.
Si vous voulez aller bosser là -bas, vous avez besoin d 'un visa.
On a un passeport ? Ben oui.
Et un visa.
Eh ben parfait, ça c 'est fait.
Oui, donc Marion devait partir en Turquie dans 10 jours, mais elle n
dit à son amoureux.
Et alors, quoi ?
Elle serait partie comme ça, alors qu 'elle s 'est battue comme une dingue
empêcher la fermeture du site.
Non, Léa, ça colle pas.
Oui, enfin, en même temps, c 'est l 'hypothèse la plus logique.
Est -ce qu 'on a vérifié la fréquence des appels entre Marion et Karim ?
Ah, pardon, excuse -moi, j 'avais pas compris.
Tu joues au commandant, là ? Tu répètes ? Pardon, pardon, pardon.
Oui, mon commandant, on a mis une équipe sur le coup. On va vérifier tout ça.
Mais il semblerait qu 'il n 'avait pas appelé la victime depuis la veille.
Donc, en fait, soit il respectait leur indépendance, comme il le crie au
soit... Soit il n 'a pas appelé parce qu 'il savait qu 'elle était morte. Ça se
vérifie, ça.
En tout cas, moi, je suis sûr que le meurtre est lié au chantier.
D 'accord ! Je ne comprends pas pourquoi Marshall bloque à ce point sur cette
histoire de statuette voulu.
Parce que ça ne correspond pas à la personnalité de la victime.
Et dès qu 'il y a une incohérence, ça fait tilté Marshall, tu sais bien.
Monsieur Jolivet ? Bonjour, je vous présente ma collègue, le lieutenant
Bonjour, monsieur.
Est -ce que vous connaissez le chantier de Jerez au Portugal, où les Samnagenses
seraient passés ? Non, non.
Attendez, ça me dit quelque chose.
Portugal... Marc Samoas connaît tous les chantiers, c 'est une sommité mondiale.
Attendez.
Portugal, Jerez... Espagne...
Jerez, voilà.
Il a même rédigé une note sur le sujet il y a quelques années.
Quel rapport avec la mort de Marion ? On peut vous l 'emprunter, ce livre ? Oui,
bien sûr.
Merci, monsieur.
Merci.
Non, ça avait raison.
Ça va même plus loin. Moi, c 'était au courant parce qu 'il était de mèche avec
Marion Duval. C 'est lui qui savait où trouver la statuette.
Sabine, ça a donné quoi les relevés de téléphone de Karim Daoui ? Vous avez
raison, lui et Marion ont absolument pas communiqué le jour du meurtre.
Alors qu 'en général, ils échangeaient entre 4 et 5 SMS par jour.
Donc on suit la pique de l 'amoureux et conduit.
Sauf que c 'est pas si simple, parce que j 'ai aussi fouillé les comptes de
Samoas, et le mois dernier, il a tiré 4000 euros en liquide.
4000 euros ? Oh, pile poil la somme pour acheter la statuette, dis donc ! Qu 'il
était le seul à pouvoir en trouver.
Comme le sulfamate d 'ammonium, d 'ailleurs.
Pardon ?
D 'ailleurs, il a fait plusieurs achats sur des sites étrangers et il se trouve
que le sulfamate d 'ammonium est interdit à la vente en France.
Donc Marion aurait fait tout ça guidé par Marc Samouin. C 'était son mentor.
Donc Marion a pu trouver tout ça, aller un petit peu loin. Elle a volé la
statuette. Ensuite, elle a menacé Samouin à se détourer.
Pour la faire taire, il la tue.
D 'ailleurs, j 'ai relevé un truc un peu étrange dans le parcours de la victime
avant son arrivée dans la région.
Il y a un truc qui m 'aurait échappé ?
Contrairement à ce qu 'elle racontait à tout le monde, sa première passion n
'était pas du tout les Sam... Samnaganses. Voilà. Non, elle étudiait
Guerre mondiale.
Ah oui, en effet, ça n 'a rien à voir avec l 'époque gallo -romaine. Donc on
pourrait très bien imaginer qu 'elle ait changé d 'orientation pour retrouver
Marx à moins.
Attends, attends, attends. Quoi ? Tu veux dire qu 'ils auraient pu être
Je ne sais pas, mais il faut convoquer l 'amoureux et Marx à moins.
Je prends Karim Daoui.
Merci.
Samoins, c 'est répondeur.
Moi aussi.
Je vous localise.
Ben voilà, les deux portables bornent exactement au même endroit.
C 'est Marc Samoins.
Ah, ça va être pratique, on va pouvoir les interpeller tous les deux en même
temps, dis donc.
T 'as entendu ? Ouais.
Ça vient de derrière, non ? Ouais.
À vous.
Qu 'est -ce que tu foutais avec Marion ? Mais c 'est à toi qu 'il faut te
répondre à la question, un petit con ! C 'est toi qui l 'as butée ! Tu mens, tu
mens ! Carly ! Carly ! Lâchez votre arme.
Ce salopard, il l 'a tuée ! C 'est toi, enfoiré ! J 'aurais jamais fait ça !
Pourquoi, hein ? Elle allait te dénoncer ? Je vois pas de quoi tu parles.
Espèce de connard ! La statuette qui était bloquée sous son lit ! J 'ai tout
suite compris ! Karine, on baisse l 'arme.
Avec moi, Karine.
C 'était
vendredi.
Parlez plus fort, M. Daoui, il n 'entend pas.
C 'était vendredi.
Elle m 'a juste dit que c 'était fini.
Qu 'elle voulait rattraper le temps perdu.
Vous avez pas essayé de comprendre ce qu 'elle voulait dire ? Non.
Qu 'est -ce que vous voulez que je fasse ? Bah je sais pas, moi, péter un plomb,
cogiter, puis retourner la voir pour une explication qui tourne mal, par exemple
? Non.
Si vous voulez tout savoir, je me suis saoulé en espérant qu 'elle chante à
Et puis j 'ai...
J 'ai découvert la statuette sous son lit.
Marion aurait jamais eu cette idée toute seule.
Quelqu 'un l 'avait poussée.
C 'était forcément sa moindre.
De la penser que c 'était aussi lui qui l 'avait tuée ? Il aurait tout fait pour
sauver sa réputation.
Mais alors pourquoi vous nous avez rien dit ? Pour qu 'après un pauvre procès,
il s 'en sorte pas un manque d 'épreuve.
Non, je voulais qu 'il avoue.
Et il l 'aurait fait si vos collègues n 'étaient pas intervenus.
Excusez -nous de faire notre métier, monsieur Daboui.
Ce que ça ne part, c 'est lui qui l 'a tuée, parce qu 'elle l 'avait quittée.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Comment vous êtes au courant ? Parce que... Elle
me l 'avait dit, on était proches.
Ah bah oui.
D 'ailleurs, tellement proches que c 'est pour vous qu 'elle a tout quitté.
Enfin, je veux dire, c 'est pas pour les Samna... Samna Genseth.
Je vous remercie.
C 'est pour vous rejoindre qu 'elle a tout quitté.
Je vois pas... Et c 'est aussi pour vous qu 'elle a empoisonné les arbres, volé
la statuette.
On ne voulait pas que le chantier ferme, il restait tellement de choses à
découvrir ici.
Elle a quitté Karim en lui expliquant, je cite, je dois rattraper le temps
perdu.
Ça signifie quoi à votre avis ? Ok,
donc si on refait un peu votre historique.
En 1996, vous êtes professeur à la fac de Lille, cette même fac où étudiait la
maman de Marion.
Marion, qui est née quelques mois après votre départ de père inconnu.
Vous êtes le père de Marion.
Évidemment, mais qu 'elle est douée, qu 'est -ce qu 'elle est forte.
Ça reste entre nous, ça, d 'accord ? Je le répéterai pas, promis.
Dis -moi, est -ce que tu penses que tu pourrais vérifier un truc pour moi ?
oui, dis toujours.
Eh bien, vu tout ce que Marion a fait pour son père, je serais pas étonné d
'apprendre qu 'elle allait pas partir toute seule en Turquie, tu vois.
Ah oui, bien vu. Je vais vérifier avec l 'ambassade tout de suite. Merci.
Elle est arrivée l 'année dernière.
Comme ça.
Vous ne saviez rien de son existence ? Absolument rien.
Je sais pas pourquoi ta mère ne m 'a jamais rien dit.
Vous étiez mariée à l 'époque.
Ça peut expliquer beaucoup de choses.
Marion a découvert qui j 'étais à la mort de sa mère et... C 'est tout elle,
Elle a décidé de venir se présenter.
Et comment vous avez réagi ? J 'ai eu peur.
Vous savez, on n 'a jamais eu d 'enfant avec Sylvie, alors... Découvrir que j
'avais eu une fille avec une autre femme... Vous lui avez fait promettre de
garder le secret ? Oui.
Je ne voulais pas que ma femme sache.
Et donc ? Marion voulait tellement rattraper le temps perdu qu 'on apprenne
connaître.
Elle s 'était inscrite à mon cours et trois mois après, elle était plus calée
que tous les autres étudiants plus passionnés.
On se ressemblait tellement.
C 'est à ce moment -là que vous avez commencé à la manipuler ? Ça ne s 'est
passé comme ça. Marion était partante. Les arbres, c 'était son idée.
Oui, sauf que Taïran l 'a coincée.
Et que Marion s 'est rendu compte que tout ça allait beaucoup trop loin. Donc
fait, elle s 'apprêtait à révéler que ce chantier n 'était pas son rêve, mais
votre rêve.
Et vous allez tout perdre, à commencer par votre réputation. Non.
Bien au contraire.
D
'accord.
Bon, tant pour moi.
En fait, vous comptiez partir tous les deux en Turquie, c 'est ça ?
C 'est Marion qui voulait.
Elle pensait que ce nouveau chantier recelait de telles promesses.
Et votre femme dans tout ça ? Pour le voyage, elle aurait compris.
Elle a toujours compris.
Et pour votre fille ? Vous comptiez garder le secret encore longtemps ?
Je n 'arrivais pas à lui dire.
En même temps, c 'est un excellent mobile pour M. Samoan.
Quand même, un père qui tue son propre enfant.
Je ne sais pas, on ne doit écarter aucune piste.
Il venait de retrouver sa fille, alors peut -être qu 'il ne la considérait pas
comme telle.
On retourne sur la piste de l 'amoureux, c 'est ça ? Non, non.
Quand Karim sera allé menacer Samoan chez lui avec une arme pour se forger un
alibi, pourquoi faire ? Il ne savait pas qu 'on allait venir.
Non, tu as raison, ça ne tient pas la route.
Et en même temps, c 'est les deux seuls à savoir manier parfaitement le mastic à
la manière des femmes.
Il y a peut -être une troisième personne à laquelle on n 'a pas pensé, qui ne
fait pas partie de l 'équipe, mais qui a les connaissances nécessaires.
Et qui aurait des bonnes raisons de faire disparaître Marion ? Tu penses à
femme ? Oui.
Sylvie Samoas, une femme délaissée par son mari, plus passionnée par son métier
que par elle, et qui ne rêve que d 'une seule chose, c 'est une retraite bien
méritée en Bretagne.
Et puis par hasard, elle avait découvert que son mari comptait partir en Turquie
avec Marion.
C 'est la fin du rêve.
Il faut la réinterroger.
Bon, très bien, je m 'en occupe.
Enfin, en même temps, si elle a été capable d 'enterrer une gamine, je ne
pas sûre qu 'elle parle facilement.
Et on a zéro preuve.
Moi, je pense que la dite preuve se trouve sur le chantier des fouilles. Une
tes fameuses intuitions. Non, c 'est l 'effort du mastique.
Léa, j 'ai eu Alice au téléphone tout à l 'heure.
On a besoin de preuves, Paul. Je ne suis pas sûre que ce soit le moment.
Alors, ça y est, la grande nouvelle a été annoncée.
Effectivement, oui, j 'ai suivi tes conseils.
J 'ai clarifié la situation.
Voilà. Thomas m 'a dit que Grégory préparait ses
propres tisanes.
Oui, oui, Grégory prépare ses propres tisanes.
Et tu devrais essayer, ça a beaucoup de vertu contre la connerie. Puis alors,
puisqu 'on en est là, il paraît que tu vas faire un colloque avec mon père.
Ce soir ? C 'est marrant, en fait, compléter soudaine entre vous deux, là.
Tu sais qu 'il va falloir que tu sois sur ton santerre ? Je le sais, oui.
-toi que j 'y ai pensé. Je mets mon costume du mariage. Mais non.
Le lit de vin ? Tu fais une photo, je ne voudrais pas rater ça.
C 'est tout porc, là.
Fais rire.
Bonne journée à tous.
Bon, allez.
Edmond ?
On est bien d 'accord, ce pan de mur, c 'est une reproduction exacte faite par
les étudiants à la manière des Samnaganses.
Oui, pourquoi ? Et si le meurtrier n 'avait pas refait le mastic entièrement,
mais avait volé celui -là ? C 'est possible, ça ?
Oui, c 'est possible.
Bon, il ne reste plus qu 'à appeler une équipe pour faire des relevés d
'empreintes.
Sylvie, nous avons découvert vos empreintes sur le matique qui a servi à
refermer la chambre dans laquelle nous avons trouvé le corps de Marion.
Je ne sais pas de quoi vous parlez.
En fait, le seul moyen de retrouver votre mari, c 'était de la faire
disparaître. Mais votre plan était voué à l 'échec quoi qu 'il arrive.
Je ne comprends rien.
Que vous me dites.
Marc serait inquiété de la disparition de Marion. Alors non pas parce qu 'elle
était son étudiante, ni même sa maîtresse.
Mais parce que Marion était la fille de Marc.
Lorsque Marc était professeur à Lille, il a eu une histoire d 'amour et de
histoire est né Marion.
Sylvie, j 'ai besoin de savoir ce qui s 'est exactement passé.
J 'ai découvert qu 'il voulait partir en Turquie avec elle.
J 'ai devenu folle.
C 'était insupportable pour moi.
Donc vous avez appelé Marion ? Non, c 'est elle qui m 'a appelée.
Elle avait découvert de son côté que j 'avais fait pression pour faire fermer
chantier. Alors, vous vous êtes vue et... Elle allait tout dire à Marc.
Il ne me l 'aurait jamais pardonné.
Il fallait qu 'elle se taise, alors je l 'ai frappée.
Mais je ne voulais pas.
Elle est tombée.
Et
maintenant,
ma femme, elle fait quoi, ces conneries ?
Elle avouait, monsieur Samoas.
Ma chérie.
Pourquoi ?
Pourquoi vous rigolez ? Non, non, c 'est bien. C 'est quoi ? C 'est le costume
qui vous fait rire ? Non, pas du tout, Capitaine. Je vois bien.
C 'est du sur -mesure.
C 'est ma maman qui me l 'a cousu pour mon mariage.
Ah oui ? Il vous va très bien, Capitaine. C 'est vraiment la bonne
Le velours cochelé et cette couleur lit de vin. C 'est comme ça qu 'on dit ? Je
trouve que c 'est... Non, mais ça va, j 'ai compris.
Je suis ridicule.
Vous voulez que je vous prête ma veste, capitaine ? Non, c 'est bon.
Ça ne coûte rien d 'étayer.
Ton gilet.
Ben oui, il faut enlever le gilet, là. Ah,
une cravate ! Mais oui ! Une cravate.
La bleue, la fine. Oui, plus sobre.
Ah, voilà.
Là, c 'est mieux, là.
Là, c 'est bien, capitaine. À part peut -être le... Le pantalon.
Ça ne va pas du tout, le pantalon.
Oui, d 'accord. Vous êtes mort. Je n 'ai que celui -là, moi.
OK.
Là, c 'est bien.
C 'est classe, c 'est tendance.
Ouais ? Ah ouais. Bon ben... Du coup, merci.
Ouf ! Ah ouais, si, non, non, il te va super bien, mon pantalon.
Vous êtes sûr ? Oui.
Vous êtes vraiment très beau, hein. C 'est vrai ? Ah ouais.
Je sais pas, je me sens un peu déguisé, non ? Ah, pas du tout. La veste et le
jean, c 'est hyper tendance. J 'ai l 'impression que ça fait un peu l 'année
Ah ouais, non, c 'est pas mal. Je suis pas mal, je suis pas mal.
Par contre, faut pas oublier le nœud de cravate. Ah oui, non, ça, je sais pas le
faire, moi.
J 'ai jamais su.
Tu sais faire, toi ? Je veux bien essayer.
Allez.
Bon.
C 'est vrai ce qu 'on dit, alors ? Vous allez devenir commandant ? Je vais à un
colloque, rien de plus.
Mais vous en avez envie ? De ?
De devenir commandant.
Je veux dire, vous ne faites pas ça pour prouver quelque chose à quelqu 'un ?
Pour prouver quoi à qui ? Je ne sais pas.
Commandant en colère, par exemple ? Non, non, non, ça n 'a rien à voir.
Et voilà.
Commandant.
J 'y vais, alors.
Ah oui, oui.
Mais c 'est ce que vous voulez vraiment ? Tout le
monde avance. Je ne peux pas être le seul à rester sur place.
Mais vous êtes heureux sur place.
Non ? Je vais être à la bourre. Il faut vraiment que j 'y aille.
Vous êtes vraiment
très beau.
Bonne soirée.
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