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Original subtitles

Alors, le café, quand est -ce qu 'il ouvre ? Ah, ben, on y est presque. Là,

est presque. On a encore reçu des fournitures hier, mais ça va pas tarder.

ben, c 'est super. Et au fait, votre petite, comment ça va ? J 'étais un peu

inquiète. Oh, c 'est... Allez, allez ! Fille de banal ! Défensez -vous !

J 'ai même eu ton message hier soir, mais c 'était trop tard. Du coup, je me

suis dit, pourquoi pas lui faire une petite visite ce matin ? Une visite

surprise ? Je ne m 'y attendais pas du tout, d 'ailleurs.

C 'est réussi.

En fait, tu me prends au saut du lit. Ah bon ? Si tu veux y retourner, je peux t

'accompagner.

Ok.

Tu n 'as plus du tout envie, quoi. Non, ça n 'a rien à voir. Ce n 'est pas ça du

tout.

J 'ai envie de faire les choses bien, tu comprends ? Les choses bien ? C 'est -à

-dire ? Un verre tous les deux.

doucher, shampooiner. J 'ai même envie d 'enfiler une chemise, histoire d 'avoir

l 'air moins con, quoi.

Chacun son truc, hein.

Ce soir, 20h aux Arceaux.

Ah, ok.

D 'accord.

Pardon.

Jamais avant le petit déjeuner.

Dommage.

J 'ai eu un mal de chien à vous trouver.

Très étrange, ce village -là. C 'est un village fantôme, en fait.

On a eu le taux de criminalité de proche de zéro.

Zéro soixante -dix -sept, c 'est exactement.

Ah, ça, c 'est précis.

En même temps, ça ne m 'étonne pas de vous.

En fait, c 'est dû à l 'histoire du village.

Saint -Martin a subi de plein fouet la désertification rurale pour passer de 1

200 habitants à 150 en 15 ans.

D 'accord. Moi, ça va relire la liste du suspect. Bonjour.

Et qui est la victime ?

Vincent Restier, 30 novembre, premier adjoint au maire.

C 'est la secrétaire et un conseiller municipal qui ont découvert le corps.

Bonjour, M. Lang.

Ah, bonjour, Franck.

Bonjour. Vous prenez goût aux scènes de crime ? Oui. On m 'a demandé de venir

parce qu 'il y avait deux types de blessures sur le corps.

Ça me fait l 'occasion de plus pour vous voir.

Et on peut estimer l 'heure de la mort ? D 'après mes premières constatations

hier soir.

L 'agression brutale, dans le bureau.

Très bien.

Vous avez parlé de deux blessures ? Oui, il a été d 'abord frappé au niveau de

la tête et ensuite poignardé dans le dos avec un couteau ou une lame très

tranchante. On n 'a pas retrouvé l 'arme de crime ? Non, pas encore, mais on

ratisse ses alentours.

Par contre, il y avait ça sur la scène de crime.

Alors, vu les traces de sang, je peux dire que c 'est avec ça qu 'il l 'a

assommé. C 'est un presse -papier ? Oui.

Très bien, on envoie ça au labo ? Bien sûr.

Merci, Franck.

À tout à l 'heure.

Notre info sur la victime ? Oui, Vincent Restier était un homme d 'affaires et

un enfant du pays, de retour après 25 ans d 'absence.

Et il est revenu depuis combien de temps ? Presque un an.

Sinon, il vivait ici avec sa compagne Isabelle Lecomte, native de Saint

à Lossy, qui possède un domaine avec son frère Étienne, hérité de leurs parents.

Très bien. Je vous laisse vous occuper de la famille. Vous en profitez pour

perquisitionner. Prenez quelqu 'un avec vous.

Ok.

Ah bah, ça va mieux, hein ? T 'amuses bien ? Là, je joue pas, je bosse.

C 'est important de travailler l 'imagination.

Ah bah oui, certainement.

Mais sinon, on a du concret. Ouais.

T 'as quel niveau, toi, au jeu des sept erreurs ? Euh, je suis plutôt pas mal.

Ouais ? Ok, viens, on va voir.

Qu 'est -ce qu 'il y a là ? Vas -y.

Ah, c 'est monsieur le maire et il est pas derrière ton bureau.

Et sinon, il est où ? Il est en congrès à Marseille depuis hier matin. Il rentre

en urgence.

Tant que ce n 'est pas ça.

Alors, le presse -papier, je l 'ai vu en bas.

Le coupe -papier ? Bien. Bingo. Voilà.

Le meurtrier, c 'est -à -dire du premier truc qu 'il trouvait.

Deux armes par destination.

Improvisation plutôt que préméditation. Alors quoi ?

Il est tombé sur un voleur, il s 'est disputé avec quelqu 'un.

Ouais, peut -être bien. En tout cas, on va m 'enquêter.

Je vais interroger les témoins, moi, et puis je te tiens au courant. Et tout et

tout, je ferai comme d 'hab.

Paul, je voulais te parler pour hier soir, mais on en parlera plus tard

'est bien comme ça. Oui, c 'est beaucoup mieux.

Bon, d 'accord. Vous êtes vraiment sûre ? J 'ai regardé partout.

A ma connaissance, rien n 'a été volé.

Je ne sais vraiment pas qui a pu faire ça.

C 'est vrai, tout le monde apprécie M. Retti ici.

Précisément, j 'étais sûr que vous alliez dire ça.

La maquette qui était dans le bureau, c 'est quoi comme projet ? Eden, un futur

complexe de loisirs.

Le nouveau combat de M. le maire pour dynamiser la commune.

D 'accord, pour attirer des touristes.

Mais faire revenir surtout.

A une époque, pas mal de vacanciers s 'arrêtaient ici.

Quand le village vivait encore.

Du coup, ça a été le cercle vicieux.

Les commerces sont fermés et les habitants sont partis.

C 'est quoi le rapport entre Vincent Restier et ce projet ? C 'était son

Vincent était jeune, motivé, il connaissait le monde des affaires et il

des relations.

On dirait que quelqu 'un a détruit la maquette volontairement.

Et alors ? Le meurtrier ne s 'est pas acharné uniquement sur Vincent Restier,

mais aussi sur son projet.

D 'où ma question.

Quelqu 'un a été contre ce complexe ? Pas vraiment personne.

Ah bah si ! Vous ?

Jolie moto, hein ? Bonjour.

Je peux vous aider ? Gendarmerie nationale.

Ils tiennent le compte.

Vincent était mon beau -frère.

C 'était sa moto.

C 'était... Donc vous êtes déjà au courant de sa mort, c 'est ça ? Saint

est un petit village.

Tout s 'est très vite.

J 'aurais aimé parler à Isabelle, votre soeur, elle est ici.

Oui. Mais allez -y doucement, elle est en état de choc.

Le médecin de famille vient de partir.

Ok. Tu m 'occupes de la parquise ? Oui.

Monsieur le comte, vous voulez bien montrer les appartements de Vincent à

collègue ? Oui.

Vous me suivez ? Oui, Paul, j 'ai les infos que tu m 'as demandées sur

Venel. Alors, depuis le début, et à chaque réunion du conseil municipal, il

menacé de déposer des recours contre le projet Eden.

Et alors, en cherchant absolument tous les prétextes possibles.

Contentieux, ça peut ressembler à un mobile, non ? Du coup, faire semblant de

découvrir le corps, c 'est quand même une bonne façon de chino -santé. Ouais,

'est pas faux.

Bon, merci Fabien.

Bien, je prends le relais, merci Sandra.

Monsieur Venel, alors, dites -moi, vous étiez où hier soir ? Chez moi.

Ouais, quelqu 'un peut nous le confirmer.

Ah ok, je vois, ouais, d 'accord.

Je suis le seul à m 'être opposé avant ce restier, donc forcément, c 'est moi

coupable.

Eh bien non, je ne l 'ai pas tué.

Non, mais il y a un truc que je ne piche pas. Vous êtes attaché à votre village

? Oui, évidemment.

Alors pourquoi vous êtes opposé à ce projet ? Qui pouvait le sauver ? Parce

Vincent, il avait peut -être de l 'expérience et des idées, mais il avait

surtout du pognon.

Et ce n 'est pas le cas de tout le monde ici.

C 'est -à -dire ? Son projet, c 'était bien joli, mais ça allait tripler nos

impôts locaux.

Ça, il s 'était bien gardé de nous le dire.

D 'accord. D 'où vos recours pour lui mettre des bâtons dans les roues ? C

un bon motif de dispute, ça, d 'accord. Mais attendez, vous rigolez ou quoi ?

Les recours, je ne

Vous avez qu 'à vérifier.

Pourquoi ? Vous avez changé d 'avis ? Disons qu 'il a réussi à me...

Soudoyer.

Non, acheter. Me convaincre.

Non, je ne l 'avais pas su.

J 'avais un terrain à vendre. Il m 'a acheté le double de son prix.

Non.

Il avait deux fois plus pour vous faire taire.

Il m 'a dit texto qu 'il ne pouvait pas échouer dans ce projet.

Je m 'en veux tellement.

Vous n 'avez pas trouvé ça bizarre qu 'il ne donne pas de nouvelles hier soir

Non.

C 'était... C 'était dans ses habitudes de travailler tard.

Surtout depuis qu 'il était devenu adjoint.

Il était tout le temps sollicité.

Vous avez passé la soirée ici, donc ? Avec mon frère, on a regardé un film,

je suis allée me coucher.

Je pensais que Vincent rentrerait dans la nuit.

Mais ce matin, personne.

Vincent s 'est imposé très très vite à la mairie, non ? Vous insinuez quoi, là

Vincent était quelqu 'un d 'honnête.

J 'ai trouvé ça, lieutenant.

Elle est verrouillée, on n 'a pas trouvé de clé.

C 'est quoi ? Honnête, mais qu 'il y avait quand même ce petit secret.

Mais...

Vincent

Rastier avait des dossiers sur tous les habitants de la commune ?

Et certains d 'entre eux ont hypothéqué leur maison au profit d 'Eden et sa RN.

Et vous faites être la victime ? Mais non.

Il était en train de racheter tout le village ?

Vous

vous trompez.

Vincent n 'a jamais rien fait dans notre dos.

Donc, si je vous comprends bien, il vous a dévoilé ses plans dès son arrivée.

Il n 'avait aucun plan au début.

L 'année dernière, Vincent est venu pour l 'enterrement de sa tante.

Pour la succession aussi.

Elle lui léguait son terrain, non ? 25 ans que je ne l 'avais pas vu.

Quand je l 'ai vu débarquer dans sa voiture de luxe avec son costume sur

ça m 'a fait un choc.

Pourquoi ? Parce qu 'il avait grandi dans la misère.

Ses parents étaient pauvres, à peine de quoi l 'élever.

Il n 'a pas une vie facile.

Mais il s 'est battu pour s 'en sortir.

Et donc il est venu se réinstaller ici, comme ça, sur un coup de tête.

Non, c 'est moi qui lui demandais son aide.

Et j 'ai dû insister.

C 'est -à -dire ? Ça fait des années que je me bats pour ma commune, sans

résultat.

On essaie de s 'en sortir.

On se sent très seul.

Les gens souffrent, vous savez.

Et vous avez vu Vincent comme la solution à tous vos problèmes ? Un

pays avec un talent pour les affaires, je ne pouvais pas laisser passer l

'occasion. Oui, c 'est vrai qu 'il revenait avec un beau projet de complexe

loisirs.

C 'était un bon investissement pour la commune.

Dites -moi, monsieur le maire, personnellement, vous avez mis de l

ce projet ? Bien sûr.

Et je ne suis pas le seul.

En réalité, Vincent Restier avait proposé aux habitants d 'investir dans

projet.

Les hypothèques servaient de caution.

Et en échange de quoi, il faisait deux des actionnaires ? Oui, avec un retour

sur investissement.

Grâce aux bénéfices.

D 'accord.

Mais dis -moi, il devait être drôlement convaincant, ce Vincent Rattier, là.

Oui, il avait même organisé une réunion collective en expliquant que pour s 'en

sortir, tout le monde devait y mettre du sien.

Oui, c 'est un peu limite comme méthode.

Bon, on doit continuer à... À enquêter, bien sûr.

Paul, Paul, Paul !

Je voulais revenir sur hier soir.

J 'ai pas été très... Comment dire ? Attends, tu veux parler de quoi ?

Tu sais bien, la pizza hier soir, chez moi, à la maison.

La pizza.

Ma pizza ? Elle était comment ? Al dente.

A où ? C 'est une plaisanterie, mais c 'est pas très drôle.

J 'étais en colère.

Contre moi, contre nous, contre notre façon de faire avec Thomas.

Hop, hop, hop, hop, hop.

Alors, si tu arrêtes tout de suite, ne te mets pas la rate au courbouillon.

Je trouve qu 'on s 'en sort plutôt pas mal.

Oui, tu trouves.

Bah oui, oui, mais non.

Léa, t 'es une bonne maman, je t 'assure.

Et je trouve que Thomas devient un beau, grand jeune homme.

Mais, je crois qu 'il faudrait que tu arrêtes d 'essayer de...

De vouloir tout contrôler tout le temps.

Ouais.

C 'est vrai, t 'as raison.

Bah oui.

Bah évidemment que j 'ai raison.

Tu peux pas t 'en empêcher, c 'est plus fort que toi en fait.

C 'est comme ça que tu m 'aimes.

Que je t 'aime.

C 'est une façon de parler, Léa.

Oui.

Forcément.

Vincent Resti avait un bon paquet de fric à la banque, mais sur ses comptes,

rien de suspect.

Moi, j 'ai sa trace dans plusieurs boîtes internationales et deux sociétés

créées par lui en France ces derniers mois.

Une SCI pour le terrain familial et la SARL pour l 'exploitation du projet Eden

parce que j 'ai la même chose sur ses comptes professionnels.

Oui, oui, c 'est ça. Il vaut des statuts, rien à dire.

Et même le contrat de directeur de son beau -frère, Etienne Lecomte, il est

nickel. Attends, moi, je crois que j 'ai quelque chose. Viens voir.

On dirait qu 'il n 'a pas choisi sa banque par hasard.

Regarde qui était sa conseillère financière.

Isabelle Lecomte.

Il est peut -être tombé amoureux de sa banquière, c 'est pas interdit.

Sauf s 'il accouche avec elle pour obtenir des financements.

C 'est ça le projet Eden ? Ouais, ouais, ouais, c 'est ça.

Alors au fond, vous aurez la résidence hôtelière.

Là, de ce côté, la piscine avec sauna, toboggan, hammam. Je vois, je vois, je

vois. Enfin, quand je dis je vois, c 'est une façon de parler.

Non, sérieusement, je pensais que les travaux seraient plus avancés. Là, il n

a juste rien.

On attend le géomètre, il doit revenir.

Ah ouais ? Il prend son temps.

Il est très occupé. Oui, bien sûr, c 'est le seul géomètre du pays, alors

évidemment, il a beaucoup de boulot.

Non, monsieur le comte, apparemment, votre beau -frère n 'était pas du genre

laisser traîner les choses, alors il est où, le problème ? Disons que, à ce

point, il était quelqu 'un d 'exigeant.

Exigeant, pour moi, c 'est souvent synonyme d 'emmerdeur. Vous ne s

pas avec le géomètre ? C 'était souvent tendu entre eux.

On va dire que Vincent aimait que les choses soient faites à sa façon.

Vous avez son nom au géomètre ? Ouais, ouais, je dois avoir ça.

Vous me suivez ? Ouais.

Ça nous a fait bizarre de nous retrouver 25 ans après.

Vincent était un ami de mon grand frère.

J 'avais le béguin pour lui à l 'époque.

Quand il est revenu, il m 'a avoué que lui aussi.

Mais il vous a avoué ses sentiments avant ou après vous avoir choisi comme

bancaire ? Après.

Quand Vincent a voulu lancer son projet, il s 'est naturellement adressé à moi.

Il avait besoin de quelqu 'un de confiance pour l 'aider à créer ses

Donc en fait...

Vincent était un homme d 'affaires qui n 'avait pas de banque. En France, il

possédait que des entreprises aux Etats -Unis.

En attendant que ses actifs soient transférés ici, on lui a accordé un prêt

qu 'il puisse commencer les travaux.

Elle est très jolie, cette maison -là.

Un de nos derniers week -ends en amoureux dans le Luberon, c 'était la

Vincent. Il était sur le point de la vente pour s 'installer ici, avec moi.

D 'accord.

Je peux vous l 'emprunter ? Hop.

Voilà. C 'est coordonné.

Attends, attends. C 'est lui le géomètre ? Ouais, c 'est lui.

Vous le connaissez ? Ah bah ouais, carrément.

Et alors, d 'où ? Laurent Giraud ?

C 'était rien ce mot -là.

Je vous l 'emprunte.

Allez -y.

Merci.

Ah, mon colonel.

Il y a un truc qui va pas ? Bon, Paul, tu me réponds franchement.

Ouais ? Est -ce que tu crois que j 'ai tort de m 'obstiner ?

de refuser la retraite, quitte à provoquer le divorce avec Annie.

Parce que là, j 'ai l 'impression de faire une grosse connerie.

Rien qu 'à l 'idée de me retrouver seul, ça me fout la trouille. Tu comprends ?

Oui, je comprends. Je comprends très bien.

De toute façon, un divorce, c 'est pas une décision très facile. Et ça, je sais

de quoi je parle.

Mais Pierre, si vous me permettez, on reste pas avec quelqu 'un juste parce qu

'on a peur de se retrouver tout seul.

Oui, certes.

Vous êtes un homme d 'action, un homme de terrain.

Vous êtes passionné par votre boulot et c 'est ce que Annie a toujours aimé chez

vous.

J 'imagine, oui.

Pierre, il y a plein de raisons d 'éviter ce divorce.

Il y en a plein, je ne dis pas.

Mais ne culpabilisez jamais d 'être qui vous êtes.

Jamais.

Merci, Paul.

J 'avais vraiment besoin d 'entendre ça.

Je l 'ai senti, oui.

Le coup porté sur le lobe temporal a été violent, mais pas mortel.

En revanche, la blessure dans le dos a été fatale, avec perforation de l

sous clavier.

La plaie et les lésions proviennent d 'une lame très fine, 15 cm environ, un

seul bord tranchant.

Il pourrait s 'agir d 'un coup de papier, comme le pressentait Marshall ?

doute, oui.

Des blessures de défense ? Aucune.

Soit il n 'a pas vu venir l 'agression.

Soit il connaissait l 'agresseur et il ne s 'est pas méfié.

J 'ai quand même relevé quelque chose de bizarre. Il avait de la poussière en

grande quantité sous les ongles. De la poussière de bois, type balsa.

Putain, mais c 'est dingue, ça. Mais d 'où je connais ce type, là ? Bah, tu l

'as peut -être croisé sur une autre affaire.

Ou même arrêté. Il a une vraie tête d 'escroc.

Ouais, c 'est clair, mais non, je crois pas.

Dis -moi, la maquette, elle était bien balsa ? Euh, ouais.

Pourquoi ? Parce que je crois que c 'est la victime qui l 'a fracassée juste

avant de se faire tuer.

Tenez. Ah, merci. C 'est Fred sur la photo ? Voilà, il fait partie de la

Non, pas du tout. Il est acteur. Il jouait dans le film de recrutement de la

gendarmerie il y a 4 ans.

Vous vous rappelez pas ? Qu 'est -ce qu 'il a fait ? Pourquoi il est en photo ?

Sabine, c 'est à toi.

Isabelle Lecomte est sur le point d 'être licenciée parce qu 'elle a accordé

Vincent Restier des prêts sans qu 'il soit capable de lui fournir le moindre

justificatif. Donc, on a tout repris à zéro.

Enfance, école, études supérieures. Il n 'a aucun diplôme de commerce.

Il n 'a jamais été dans les affaires. Tout est faux dans sa vie. Faux

fausse entreprise, fausse facture. Tout faux.

Fausse maison dans le Luberon ? Absolument. Il n 'en était que le

pendant l 'absence des propriétaires. On a retrouvé son contrat de travail.

Donc, en fait, le type a trompé tout le monde.

L 'imposteur dans tous les standards.

Exactement.

Ouais.

Aïe, aïe, aïe.

Encore des révélations pour la victime ? Vas -y, je t 'écoute, je suis plus à ça

près. Non, non, non, non, non.

Non, pas du tout.

Non, en fait, je voulais juste te prévenir que... Avant que j 'oublie, j

un peu discuté avec ton père.

Ouais, il avait pas l 'air bien.

J 'ai eu le sentiment qu 'il avait besoin de soutien.

Après le coup de ta mère... Le coup de ma mère ? Je suis pas au courant, quel

coup ? Bah si, si.

Soit il part en retraite, soit elle le quitte.

Pardon, mais c 'est un peu piquer des hannetons, quoi.

Ah, et mon père qui fait des promesses à ma mère tout le temps et qui les tient

jamais, c 'est pas un peu piquer des hannetons, ça ? Tu le vois, ton père,

partir à la retraite, là ? Tu le vois en voyage organisé, en bus avec des vieux

? Ou faire de la poterie, hein ? Ton père, faire de la poterie ? Et si ça

heureuse ma mère ?

Ah d 'accord, donc c 'est à lui de faire tous les sacrifices en fait.

Ah non, c 'est pas du tout ce que j 'ai dit.

Mais en même temps, ça fait 50 ans que ma mère sacrifie tout pour mon père,

tout l 'amour que j 'ai pour lui.

Donc si les rôles s 'inversent un peu de temps en temps, c 'est aussi ça un

couple. Oui, mais c 'est pas que ça un couple. Non, mais j 'ai jamais dit que c

'était que ça un couple, Marshall, s 'il vous plaît. On pourrait revenir à l

'enquête là deux minutes avant que vous quittiez le bureau.

Ok, donc, Vincent Respier, qui a menti visiblement à tout le monde, peut -être

que quelqu 'un s 'est rendu compte de la supercherie et a voulu se venger.

Aussi, j 'aimerais réentendre tous les gens qui auront hypothéqué leur maison

surtout les Lecomptes.

Moi, je miserais tout sur le maire.

Ça m 'étonne, ça qu 'on soit pas d 'accord. C 'est vraiment très étonnant.

vérifié les comptes communaux. Figure -toi qu 'il a investi tout le budget des

deux prochaines années sur le projet de Rastier. Oui, très bien, très bien. Mais

alors, Georges Parventier était à Marseille hier. Tu t 'en souviens ou pas

Oui, je sais, oui.

Mais il y a un truc qui cloche dans son alibi.

Il y a un truc qui cloche dans son alibi ? Et tu me le dis que maintenant ?

Mais non, si. Enfin, de ton père.

Le colonel, il est sur le coup.

D 'accord, mais c 'est quoi qui cloche ? Paul ! Marshall a...

Vous devez vous

tromper. C 'est pas possible.

Tout ça, là.

Les plans, les devis, les études, c 'était bien réel.

C 'est ressemblant, hein ? Ils sont tous fous.

Vous vous en êtes vraiment jamais rendu compte ? Non, mais surtout non.

Bon, je ne suis pas menti.

Le soir du meurtre, vous étiez à Marseille à un dîner organisé par votre

congrès, c 'est bien ça ? Oui.

Mais, parce qu 'il y a un mais, les témoins vous ont vu quitter l 'hôtel à

pour y revenir au petit matin.

Vous avez donc eu tout le temps de faire aller -retour jusqu 'ici.

Monsieur le maire n 'a rien fait.

Au lieu de l 'accuser, vous feriez mieux de vous intéresser à Étienne et

Isabelle Lecomte. Ça sent la magouille familiale, moi je vous le dis. Rassurez

-vous, on s 'en occupe également.

Je voudrais juste savoir où vous étiez exactement la nuit du meurtre.

J 'étais bien à Marseille.

Mais avec une femme.

C 'est bon, c 'est bon, c 'est bon.

On ne bouge pas. C 'est bon.

Refus d 'en s 'empérer.

Délit de fuite.

Vous savez qu 'on ne fait pas mieux comme avec culpabilité.

Un aveu de meurtre, par exemple.

Quoi ? Mais non, mais pourquoi on aurait tué Vincent ? Bah surtout, pourquoi

vous avez voulu vous enfuir ? C 'est la banque qui m 'a dit que vous les aviez

appelés. Mon frère est innocent.

C 'était moi la complice de Vincent. On a tout monté ensemble. Vous allez en

garde un peu pour la gendarmerie parce que moi j 'aime bien être au foire pour

écouter les belles histoires.

On les place en garde à vue pour qu 'on puisse aider l 'escroquerie.

Ok.

Je vous écoute, capitaine.

Vous trouvez pas ça un peu énorme qu 'elle aide à monter une arnaque moins d

an après leur retrouvaille ? En même temps, Vincent n 'était pas un inconnu.

C 'est son amour de jeunesse.

Retrouver son premier amour, c 'est pas anodin.

C 'est renouer avec son passé, son insouciance.

On a gardé que les bons souvenirs, idéalisé la personne et on reste dans le

fantasme. Ouais.

Sauf qu 'après plusieurs années, la donne n 'est plus la même.

Les gens changent.

Et pas forcément dans le bon sens.

Donc pour vous, Isabelle aurait pu se rendre compte que Vincent s 'était joué

'elle ? Et dans ce cas -là, ça deviendrait un excellent mobile ? Je

chercher donc son sort ? Très bien. Vous me tenez au jeu ? Merci.

Hey Inès, on a trouvé un coup de papier couvert de sang dans un bosquet à Saint

-Martin. On l 'a tout envoyé au labo et on s 'est vite fixé.

C 'est pas possible.

Pourquoi ça ne veut pas enregistrer ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

? J 'ai fait que je te parle peut -être de l 'arme du crime, là.

Ah, ça ne veut pas enregistrer. Ça me saoule. Depuis tout à l 'heure, j

et ça ne marche pas.

Regarde, voilà, échec.

Ben oui, parce qu 'il faut que tu appuies là -dessus.

Voilà.

Ben, c 'est ce que je faisais.

Vraiment. Mais merci. C 'est gentil. Je t 'en prie.

Tu veux que je termine, là ? T 'as l 'air un peu prétendue. Ouais,

ouais. Ok.

Je te remercie. Je te revaudrai ça.

Ben, je ne voudrais pas faire attendre ton prétendant.

Je le connais, d 'ailleurs.

Pas de prétendance. Rien à voir. C 'est un dîner de famille.

Ah, ta famille qui habite à 600 kilomètres.

Parle maintenant parce que vous allez manger tard, sinon.

Allez, bonne soirée.

Oui, c 'est ça, bonne soirée.

Arrête de me regarder comme ça.

Et à part toi, ma chérie, comment s 'est passée ta journée ? Écoute, fatiguante,

mais la routine, j 'ai envie de te dire.

Non, c 'est...

Plutôt papa qui m 'inquiète. Tiens, prends les tomates, elles sont

Je les ai achetées chez une petite primeur. Maman, tu veux pas t 'arrêter 5

minutes, s 'il te plaît ? Ça fait quoi, 2 semaines que tu vis à la maison ? Ça t

'a pris 1 seconde pour parler de ta séparation avec papa.

Je lui ai dit ce que j 'avais en tête, c 'était de lui savoir ce qu 'il veut

maintenant. Oui, je suis d 'accord avec toi, mais... Toute ta vie, t 'as été la

femme dévouée. T 'as tout accepté.

Les mutations de papa, les ambitions de papa, les absences de papa.

Et là, du jour au lendemain, tu fais volte -face sans prévenir personne.

C 'est normal que tu sois perdue, tu crois pas ? Ben voilà, c 'est pour ça

je voulais pas t 'en parler. Tu prends toujours son parti.

Moi, je prends son parti. C 'est pas vrai ? Mais non.

Mais non, maman, c 'est pas vrai. Je suis désolée, je prends pas le parti de

papa. J 'essaye d 'être juste.

Et cet après -midi encore, je me suis pris la tête avec Paul parce que j 'ai

pris ta défense. Donc non, je prends pas son parti, maman.

Toi, tu m 'as défendue, moi.

Oui, maman.

Moi, je t 'ai défendue, toi, oui.

Elle est pas mal cette chemise.

Ça aurait été dommage de ne pas la sortir.

Je l 'aime bien, je ne la mets jamais.

Ça change des carreaux.

Merci.

Voilà.

C 'est joli les cheveux comme ça sur le front.

La frange.

Ça fait un bout de temps que je l 'ai.

Tu peux te détendre.

Ça va bien se passer.

Non mais ça va.

C 'est juste le manque d 'habitude.

Et quoi, t 'as pas eu de rendez -vous depuis ton divorce ou quoi ? Ah si, si,

quand même, oui.

Ah, t 'en as eu combien ? 10, 20, 30 ? Non, non, bah non.

40 ? Non, tu peux les compter sur les doigts, et encore d 'une main.

Pour dire les choses simplement, en fait, j 'ai l 'impression de te forcer

peu la main, tu vois, et ça me met mal à l 'aise parce que c 'est vraiment pas

ce que c 'est. Non, non, non, mais non, non, non, sois pas mal à l 'aise. C 'est

bien parfois de sortir de sa zone de confort.

Surtout quand on est attiré par quelqu 'un.

Ton père, je l 'aimais parce qu 'il était ambitieux et dévoué aux autres.

Et maintenant, en lui demandant de renoncer à sa carrière, j 'ai l

de lui demander de renoncer à l 'homme qu 'il a toujours été.

En même temps, il t 'avait promis de prendre ta retraite cette année, donc...

bah oui, mais au pied du mur, il peut pas y arriver.

C 'est conforme à sa nature, tu le connais.

C 'est vrai que j 'ai du mal à m 'imaginer à la retraite.

Il a besoin d 'action, il a besoin d 'être sur le terrain. Je le vois tous

jours. En fait, il est bien que c 'est Lucien ou bien je le garde comme il est

ou effectivement je m 'en vais.

Il peut bien exister un entre deux, non ? Tu fais des efforts, il fait des

efforts.

C 'est pas ça le couple, faire des concessions.

Le couple, oui, pas l 'amour.

Quand on aime vraiment quelqu 'un, on n 'a pas envie de le changer.

Je crois que c 'est important d 'être prêt à changer, tu vois.

Pour donner toutes les chances que ça fonctionne.

Je sais pas.

Moi, je t 'aime bien comme t 'es.

À la tienne.

Dis -moi, Paul, ça fait deux jours que t 'es arrivé à la... Tu crois que ça peut

devenir une habitude ? Vous félicitez le héros de ma part.

Pardon ? La vidéo de Thomas.

Quelle vidéo ?

Regardez. Il fait le buzz depuis ce matin.

Il a sauvé quelqu 'un.

Pour moi ? 3200 likes.

C 'est énorme.

Vous avez pas vu ? Oui,

allô Thomas, c 'est maman. Et papa.

Je viens de voir la vidéo.

Bravo !

Bravo. J 'ai vu aussi.

Je voulais te féliciter, mon amour.

Félicitations. C 'est génial ce que tu as fait.

Énorme, énorme.

Écoute, Thomas, je te rappelle plus tard parce qu 'il y a ton père qui est

revenu là.

Je t 'aime, mon amour, je te rappelle. Bisous, je t 'aime, bravo.

Non, déconnez. Paul, fais attention.

Attends, attends.

Oui,

Thomas, c 'est papa.

Mais oui, je viens de voir la vidéo avec maman.

Oui.

Monsieur, pardon, c 'est bonjour.

Bonjour. Merci d 'être venu.

Je vous en prie.

Je souhaitais en savoir un peu plus sur l 'enfance de M. Vincent Vestier.

Vous étiez déjà maire de Saint -Martin à l 'époque, n 'est -ce pas ? Mon tout

premier mandat, oui.

Et vous savez s 'il y a eu quelque chose de particulier le concernant lui ou sa

famille ? Quand Vincent avait 14 ans, je...

Son père s 'est retrouvé au chômage.

Et tout ce qui restait à la famille, c 'était la maison.

Et puis le terrain à côté.

Le terrain de la tente, c 'est bien ça ? Le père a voulu monter une petite

entreprise de transport sur ce terrain.

Mais j 'ai refusé le permis de construire.

Pour quelle raison ? Le village se portait bien.

Je voulais pas d 'une entreprise bruyante et polluante.

Et c 'est suite à cette décision que la famille a déménagé ? Je l 'ai su après,

mais le père avait tout investi dans ce projet.

Y compris la maison.

Je n 'avais pas du tout imaginé que le projet pourrait trop toquer.

Il se retrouvait sans rien.

Donc le déménagement, la galère, les dettes, c 'est de là que tout est parti.

Alors vie aurait sans doute été différente si le père de Vincent Oresti

fait les choses correctement.

Au lieu d 'investir comme ça sur un coup de tête.

Et Vincent a nourri sa rancœur contre vous et contre ce village qui lui avait

tout pris.

Pendant toutes ces années.

Et là, il tenait enfin sa vengeance.

Je pensais que tout ça, c 'était loin derrière lui.

D 'accord. Très bien.

Commandant, je vous remercie. Au revoir.

Il s 'appelle le comte, vous avez encore menti.

Elle n 'était pas au courant des arnaques de Vincent, enfin, pas au

Et de vous faire tel cas ? De ses collègues, à la banque, elle se sentait

vis -à -vis de sa hiérarchie.

Elle n 'arrêtait pas de relancer Vincent pour qu 'il lui transmette des

justificatifs. Qu 'il ne pouvait évidemment pas lui fournir puisque tout

faux. Et on a aussi retrouvé un mail où elle le supplie de lui expliquer ce qui

se passe. Regardez.

D 'accord. En fait, Isabelle Lecomte n 'était pas sa complice, mais sa première

victime.

Mademoiselle Lecomte, comment vous dire qu 'il va falloir nous dire la vérité

maintenant ? Alors, je veux bien croire que vous étiez folle amoureuse de

M. Restier, mais entre nous, c 'est un amour de jeunesse ascensionnique, n 'est

-ce pas ? Il vous a manipulé, trahi.

À quel moment vous avez compris que tout était faux ?

J 'ai fini par chercher ses comptes aux Etats -Unis.

Il n 'en avait pas.

Ensuite, j 'ai découvert que sa villa n 'était pas la sienne.

Alors j 'ai foncé à la mairie.

Il n 'a même pas cherché à nier.

Il s 'en foutait.

Qu 'est -ce qui vous a le plus blessé ?

De tomber amoureuse d 'un escroc ? Ou d 'avoir été trahi ?

Ça concernait pas que moi.

En nommant mon frère directeur, il l 'a impliqué jusqu 'au cou.

Il lui a fait signer des tas de papiers en son nom.

Au moindre problème, Étienne plongeait à sa place.

J 'étais tellement au colère.

J 'ai pris le presse -papier et je l 'ai frappé.

Il est tombé au sol, j 'ai eu peur et je suis partie.

C 'est qu 'en apprenant son décès le lendemain que j 'ai compris ce que j

fait.

Le coupe -papier, Isabelle.

Quel coupe -papier ?

Je ne sais pas.

Alors, si on reprend.

Vincent Restier a seulement été mis KO par Isabelle Lecomte.

Il se réveille quelques minutes plus tard et il réalise qu 'il était en

puisqu 'elle a découvert ses mensonges et qu 'elle va très probablement le

dénoncer.

Quand elle s 'est enfuie après l 'avoir frappée, elle dit que la maquette était

toujours intacte.

Donc Vincent l 'aurait fracassé après son départ.

J 'ai consulté son navigateur. Sa dernière recherche en ligne, c 'est une

de voyage.

S 'apprête à s 'enfuir.

Le meurtrier l 'aurait surpris à ce moment -là.

Elle l 'aurait tué pour l 'empêcher de partir.

Ça se tient.

Vincent Restier avait fait des promesses à tout le monde.

Il avait des responsabilités à assumer.

Personne l 'aurait laissé s 'en tirer comme ça.

Ok, donc il faut chercher du côté de ceux qui ont tout intérêt à ce que le

projet se réalise.

Et ils sont sacrément nombreux.

Ouais, surtout ceux qui ont hypothéqué leur maison.

Ah ouais, 14 heures en salle de travail ? Merde ! Enfin, pardon, mais du coup

vous étiez tout le temps avec elles ? Vous avez pas bougé ? D 'accord.

Ben merci monsieur.

Au revoir. Et félicitations.

Alors ? Alors, sur les 150 habitants, 60 ont hypothéqué leur maison et tous...

ont un alibi solide.

Et du côté de ceux qui auraient pu être impactés indirectement.

Indirectement, c 'est -à -dire ? C 'est -à -dire ceux qui attendaient que

Vincent Restier relance l 'économie avec son super projet.

Mais je croyais que c 'était un village mort.

Aujourd 'hui, oui, mais à l 'époque.

Il y a forcément une association de commerçants.

Voilà, elle est là.

Bingo.

Elle a été dissoute.

au moment où tous les commerces ont commencé à disparaître les uns derrière

autres. Et regardez, les stations étaient relancées il y a deux mois.

Puis quand Vincent Restier s 'est mis à leur faire miroiter le retour des

touristes, ils y ont tous cru.

Surtout une personne.

Regardez qui préside l 'association.

Sylvie Mazurot.

Rebonjour, monsieur le maire. Je souhaiterais m 'entretenir avec votre

secrétaire.

Je lui ai donné sa journée.

La pauvre, avec tout ce qui s 'est passé, elle est anéantie.

Oui, oui, Paul, c 'est Léa.

Non, Sylvie Mazurou n 'est pas là. Il faudrait vérifier son domicile et moi,

vais lancer son signalement.

Très bien.

À plus.

Vous suspectez Sylvie d 'être la meurtrière ? Voyons, mais c 'est

Sylvie est une femme honnête et tellement investie.

Elle tenait le café avec son mari. Ils allaient... Oui ?

Je suis désolé, c 'est la procédure.

On doit aussi l 'interroger.

Vous êtes très fière.

À mon âge, prendre la fuite... Pour aller où ? J 'ai grandi.

Je me suis mariée.

Ce village, j 'ai jamais voulu le quitter.

Je comprends.

Ça a dû être dur de... De le voir mourir à petit feu, année après année.

De voir ses habitants qui déménagent, ses commerces qui ferment.

Comme votre café.

C 'est pour ça que vous avez relancé l 'association des commerçants.

Il fallait servir de modèle.

Pour convaincre nos anciens collègues de revenir s 'installer.

Vincent était censé présenter la maquette du projet.

Moi, j 'étais juste venue pour l 'installer à l 'avance.

La maquette, d 'accord. C 'est ça que vous êtes venue chercher.

Et les choses se sont gâtées.

En me garant, j 'ai vu Isabelle Lecomte qui partait.

Elle pleurait.

Je me suis dit qu 'elle avait dû se puter avec Vincent.

Alors je suis entrée à la mairie et je l 'ai trouvée à son bureau.

Il était blessé.

Du sang plein la tête.

Moi, j 'ai paniqué.

Je lui ai dit qu 'il fallait appeler les pompiers et les gendarmes.

Et il a réagi comment ? Il ne m 'a dit surtout pas.

Il était furieux.

Alors je n 'ai pas insisté.

C 'était un problème de couple.

Moi, je voulais juste récupérer la maquette.

Mais il a refusé.

Et là, il a craqué.

Il s 'est mis à pleurer, me disant que ce village avait ruiné sa vie et celle

ses parents.

25 ans de rancœur qu 'il vous a crassé au visage.

J 'entends encore ses paroles.

Vous allez voir ce que ça fait, tout perdre.

Il a saisi la maquette. Et il l 'a détruite, devant vous, en vous disant qu

avait escroqué tout le village.

Et quand certains ont décidé d 'investir dans son projet, vous vous êtes lancé

dans... La rénovation de votre café.

Ce café, on l 'a tenu pendant plus de 30 ans avec mon mari.

Alors quand il a fallu arrêter, plus de boulot, plus de salaire, plus rien.

Et les traites à payer.

J 'ai convaincu mon mari d 'y mettre nos dernières économies.

On allait enfin sortir la tête de l 'eau.

Il n 'avait pas le droit de nous faire ça.

Je n 'y avais pas le droit.

Thomas est arrivé, bien sûr.

Prenez votre temps.

Soyez prudent.

Je te fais un bisou, ma puce.

Quelqu 'un a des nouvelles d 'Ali ? Je viens me raccrocher avec elle. Ils sont

dans les bouchons, mais ils arrivent. D 'accord, donc on commence sans eux. Oui,

oui, oui.

OK.

Merci, papa.

Je voulais porter un verre au héros du jour, notre Thomas,

qui a réussi deux exploits aujourd 'hui.

Deux ? Il a sauvé une vie.

Il a réuni toute la famille, ce qui n 'était pas gagné.

Donc voilà.

À Thomas.

À Thomas.

À Thomas.

Merci, mais ce n 'était pas grand -chose.

Non, pas grand -chose.

Enfin, t 'aurais pas été là, il serait mort, le gars. Pas grand -chose.

Bel acte de courage, mon gros.

Bien, je vois que la relève est assurée.

Thomas, tu viens avec moi ? Voilà.

Papa et moi, on vous laisse excuser.

Parce que depuis que tu veux devenir gendarme, au lieu de te soutenir, de t

'encourager, on fait un peu l 'inverse quand même.

Mais c 'est parce que pour nous, enfin, surtout pour moi, C 'est toujours mon

petit garçon.

Et c 'est vrai que je dois te laisser grandir. Oui, exactement.

On est très fiers de toi.

On est sûrs que tu vas réussir dans ce boulot.

Je m 'occupe du barbecue.

On passe faire toutes seules ces saucisses.

C 'est mon chéri.

J 'ai toujours cru qu 'aimer les gens, ça me donnait le pouvoir de les changer.

Pour les pousser à donner le meilleur d 'eux -mêmes. Oui, je sais, tu me l 'as

déjà dit, moi.

Oui, mais non.

Parce qu 'en fait, vouloir les changer, c 'est prétentieux.

Aimer quelqu 'un, c 'est vouloir le meilleur pour lui. C 'est l 'aider, c

'accompagner, c 'est les accepter comme ils sont, avec leurs défauts, leurs

qualités.

Pourquoi tu me dis tout ça, moi ? Je t 'aime, mon chéri.

Et je suis fière de toi.

Tiens. Non, non, pas moi, pas moi.

Il faut qu 'il fasse le changement.

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