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Zulu
Merci.
La machine à laver est encore en panne ou quoi ? Je crois pas, non. Pourquoi ?
Parce que la panière déborde et moi j 'ai plus rien à mettre.
Promis, je fais tourner l 'été ce week -end.
Tu sais qu 'on est lundi quand même.
Non, elle sait pas.
Ça fait deux semaines que papa a failli mourir et depuis elle est complètement à
la rue.
Je t 'entends, je suis là.
Tu m 'entends mais tu m 'écoutes pas.
Vous avez décidé de changer de travail ou pas ? Quoi ? Pourquoi tu veux qu 'il
change ? Je sais pas, on peut avoir des parents normaux qui arrêtent de risquer
leur vie sur le travail.
Et tu voudrais qu 'ils fassent quoi ? Piquer au boulanger ? Non mais tu
Pourquoi, t 'as quelque chose contre les épiciers ou les boulangers ? Bah non,
rien. C 'est juste que maintenant, tout le monde m 'adore depuis que papa est
devenu un héros.
Un héros ? Bon, bah redescends un peu, mon chéri.
Bon, du coup, j 'imagine que je vais encore devoir faire à manger ce soir ?
non, non, non, non, non.
Ce soir, c 'est la fête.
Tiens, mon chéri.
20 euros.
On va pas s 'y toucher avec ça, hein. Bah, c 'est déjà mieux que rien, ça fait
10 euros chacun.
Alors, maman, je suis une branle en calcul, mais quand même, celle -là, je l
'avais.
Oui, Camille.
Ok, j 'y vais. Merci.
Bonne journée, les amours. À plus tard.
On va quand même pouvoir essayer de se faire plaisir avec ça.
Bonjour, répondant à papa.
C 'est elle.
Je voulais savoir si tout allait bien.
Tu me répètes dès que tu peux ? Bisous.
Je te promets, c 'est la dernière fois que je te pose la question.
T 'es sûre que c 'est la dernière fois ? Oui, c 'est la dernière fois, je te
promets. Parce que ça fait 4 fois en 15 jours.
Et toujours la même réponse.
Je te jure sur ma vie que Solaire et Marshall se sont embrassés, pour de
Non, mais t 'es le seul à l 'avoir vu, tu vois ? Ils t 'ont vu ensemble ? Oui,
et d 'après Solaire, ça se passe très bien. Ils sont tellement amoureux que
Marshall a oublié qu 'il avait été pris en otage. Mais non, tu déconnes ? Ah
oui, j 'éconne. Qu 'est -ce que tu veux que j 'en sache ? De toute façon, il
quitte la brigade à la fin du mois, non ? De toute façon, on va le savoir vite,
il reprend le taf aujourd 'hui.
Et pour le baiser, je t'
On arrive, commandant.
Putain, on va encore se faire engueuler.
Tu sais pourquoi ? T 'arrêtes pas de poser des questions.
Bonjour.
Commandant ? Aucune info, pas de papier, pas de téléphone.
D 'après les plongeurs, le courant vient du large.
Je check avec la maritime s 'ils sont au courant d 'un accident ou d 'un
naufrage les derniers jours.
Les extrémités sont cyanosées, vous avez vu ?
Ça confirmerait la noyade, non ? Asphyxiée, en tout cas.
Mes jointures sont allumées.
Elle a des cales.
Elle avait l 'habitude de travaux manuels.
Arrêtez sur un bateau de pêche.
Une femme a été déclarée disparue au Gros -du -Roi ce matin.
Elle correspond au signalement.
Vous appelez Marianne Pella.
Marier, pas d 'enfant.
La reine cherche le mari.
Pella, venez vous terminer ici. Vous transférez le corps à l 'IML le plus
rapidement possible.
Ami, on va au Gros -du -Roi.
Oui Paul, tu devais reprendre le service, c 'est où ? Bon, tu me
te plaît.
Merci.
Camille, vous savez où est Marshall ? Si vous ne le savez pas, moi encore moins
quand même.
Ah, excusez -moi.
Vous êtes où, Marshall ? Ah, si près.
Et pourtant si loin.
D 'accord, mais sinon ? Ça va, votre bras ? Ça va, ça va.
C 'est juste une éraflure, Léa.
Bon, je vais pas reprendre le tennis tout de suite, mais en même temps, je m
fous, puisque je joue pas.
Et pour le boulot, ça va, je suis au top. Ouais.
Et le docteur Lasserre est d 'accord ? Et voilà, et voilà. Je savais qu 'il
fallait pas que tu laisses venir à l 'hôpital tous les jours, toi.
Enfin, je suis pas venu tous les jours, je suis venu un jour sur deux, et ça
suffisait largement, hein.
J 'ai l 'impression que mon infirmière me suit au boulot.
Mais justement, faites attention à vous, j 'ai le droit de le dire, ça ou pas ?
Bon, vous montez pour l 'apéro, là ? Ah, parce que la vue ici, elle est juste
sublime. C 'est moi.
Oui, Arwen ? Ah, je descends, alors.
J 'arrive, j 'arrive, j 'arrive.
Non, je crois pas que c 'est une bonne idée, on peut y aller directement.
Bon, on va respecter la procédure, Marshall.
OK.
Bonjour, monsieur.
Bonjour, excusez -moi, je cherche le délégué syndical.
Ah ok, très bien, merci.
C 'est lui que tu dois voir en premier.
Sur un port, il y a une hiérarchie à respecter. Ah oui ? Oui. Ah, c 'est
dans une journée.
Et les gens qui travaillent ici, ils respectent ça sans rien dire.
C 'est un bonheur, ça.
Vous allez nous emmerder longtemps avec cette histoire de thon rouge, on a déjà
tout dit à vos collègues.
Bonjour monsieur, commandant Solaire, capitaine Marshall, lieu d 'embarbier.
Alors, nous, on ne travaille pas dans le poisson, mais plutôt dans l 'humain et
mort en général.
On va reprendre depuis le début. Nom et prénom. Gaillard.
Christophe Gaillard. Qu 'est -ce que c 'est que cette histoire de mort ?
Marianne.
Son bateau n 'est pas rentré depuis ce matin.
On se doutait bien qu 'il s 'était passé quelque chose.
Et vous avez signalé sa disparition ? C 'est son père, Albert Lopez.
Et on le trouve ? Au bout de la digue.
Ne quitte pas la mer des yeux depuis ce matin.
Il attend que sa fille revienne.
Merci, M. Gaillard.
J 'arrive.
Merci.
Bon, je vais faire un tour à l 'IML. Tant qu 'on ne sait pas si c 'est un
accident ou un homicide, on y va tout en douceur. D 'accord, comme d 'hab.
Camille ! Camille, Camille, Camille ! Rancine -toi sur cette enquête sur le
port. La Christophe Gaillard, les tons rouges, je veux tout savoir.
Ok, merci.
Bonjour. Je suis le capitaine Marshall.
Elle ne rentrera pas, c 'est ça ? Je suis désolé.
Marianne, c 'était la quatrième génération de pêcheurs dans notre
Je lui ai offert mon bateau quand j 'ai arrêté.
Vous deviez être fier qu 'elle prenne le relais ? Oui et non.
Au fond, je ne voulais pas qu 'elle fasse marin. C 'est trop dur, trop
dangereux.
J 'aurais dû la convaincre de finir ses études.
Oui, je comprends.
Je ne suis pas sûr d 'avoir envie que ma fille devienne gendarme.
Marianne a grandi avec moi sur le bateau. Elle connaissait la mer par
Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Ils me cherchent, monsieur Lopez. On cherche.
Est -ce que vous voulez que je vous aide à annoncer son décès au reste de la
famille ? Avec nous deux ? Ma femme est morte quand Marianne avait 15 ans.
Il y a Daniel et son mari.
Oui, un de nos hommes est parti le prévenir.
Prenez soin de votre fille, capitaine Marshall.
On n 'a pas de seconde chance.
Aucun doute, c 'est un homme liquide.
Et les causes de la mort ? C 'est bien la noyade, mais l 'osioïde a été
fracturé, ça veut dire qu 'il y a eu strangulation.
J 'ai relevé aussi des contusions dans le dos.
Ça veut dire qu 'on lui a tenu la tête le long ? Oui.
Et il y a plus d 'intérêt.
On l 'a bien noyé, mais pas dans la mer.
L 'eau qu 'elle a dans les poumons a une salinité de 14 grammes par litre. On
est bien loin des 36 grammes de la Méditerranée.
Et alors, ce serait quoi ? Un étang ? Oui, ou un bras de mer.
Et en plus, on les analyse, on peut savoir ? Ce sera difficile d 'être
mais on va faire le maximum.
Oui, mais comme vous êtes le meilleur.
Et sinon, Marshall est de retour ? Il paraît, oui.
Je me renseigne et je vous tiens au courant.
Vous pêchez, vous aussi ? C 'était avant le restaurant.
J 'ai eu un accident.
Marianne a continué sans moi.
Vous m 'avez besoin de deux salaires.
Chez moi, en Bretagne, c 'est pas facile pour une femme seule d 'être acceptée
en mer.
Et ici ? Marianne a grandi sur le port, tout le monde la connaissait, elle
aimait.
Vous savez pourquoi votre femme est sortie en mer hier soir ? Parce que la
de nuit est terminée depuis deux mois, je crois.
J 'ai reçu un appel vers 10h.
Apparemment, il y avait un problème avec le bateau. Et vous savez qui était au
bout du fil ? Non, j 'étais en plein service, j 'ai pas fait attention.
Elle est partie comme une furie.
Elle était encore au téléphone.
Son bateau, c 'était tout pour elle.
Vous n 'avez pas essayé de la rappeler ? Si, avant d 'aller me coucher.
Elle n 'a pas répondu.
Et ce matin, quand vous avez vu qu 'elle n 'était pas rentrée, j 'ai pensé qu
'elle avait dormi chez son père.
Elle habite à côté du port.
Seulement, quand j 'ai appelé son père, on a compris qu 'il y avait un problème.
Vous n 'avez pas cherché à savoir qui l 'avait appelée hier soir ? Non.
On n 'a jamais eu d 'histoire.
Comment j 'aurais pu penser que c 'était un truc grave ?
Ah tiens Camille, c 'est pas ça ton histoire ? La police maritime du Gros
-Roi a retrouvé 300 kilos de thon rouge à l 'étang du Médard, si c 'est ça.
Ils cherchent les braconnés.
C 'était pas une cargaison perdue ? Non, il n 'y avait pas de bague sur les
poissons. Ça c 'est pas relayé par la presse. Alors attends, 19 euros le kilo
300, ça fait presque 6 000 euros dans l 'étang, ouais.
Tu crois que le meurtre de Marianne Pella est lié au braconnage ? En tout
ça vaut le coup d 'en parler à Soler. Allez, je fais le proc.
Ah, marche -y alors.
Tu t 'en occupes parce que moi je récupère les relevés téléphoniques de la
victime. J 'allais prendre mon café là, et ma pause.
Mais comme tu as un téléphone portable et un cerveau, tu vas pouvoir tout faire
en même temps.
Un meurtre pour un braconnage, c 'est pas un peu bon, non ? Bon, ok, tu sais
quoi, je vais appeler le père, peut -être qu 'il est au courant d 'un truc
deux. Ouais, interrogez peut -être aussi son frère, non ? Elle avait un frère ?
Oui, en fait, dans l 'état civil de la famille Lopez, il y a un fils aîné qui s
'appelle Nicolas, et rien n 'indique qu 'il soit déjà mort.
Ok, ben renferme -toi sur lui et prends tout ce que tu peux. Bye.
Les gars ont été super.
Ma seule famille qui me reste, elle est sur ce port.
Sinon, votre fils, il habite plus la région ? Vous avez plus de nouvelles ?
Il est mort pour moi depuis longtemps.
J 'ai tout essayé avec ce gosse.
Il travaille avec vous sur le bateau ? Oui, mais... Entre deux campagnes de
pêche, on reste parfois longtemps à terre sans rien faire.
Et c 'est pas bon pour les jeunes.
C 'est -à -dire ? On lui appelle les conneries.
Il va être quel genre de connerie ? De moins en moins de patrons voulaient l
'embaucher.
Il n 'y a que Daniel, mon gendre, qui continue à le prendre.
Faire plaisir à Marianne. Qu 'est -ce qui s 'est passé pour que vous ne lui
parliez plus ?
Un matin, Nicolas est arrivé pour bosser. Il venait à peine debout. Oui, d
'accord. Il avait bu.
Pire, Dieu se le fait ce qu 'il prenait.
Il a fait une fausse manœuvre en remontant un chalut et mon gendre s 'est
retrouvé avec la jambe en miettes.
Et il y a dix ans... Justement, il serait peut -être temps que vous lui
Daniel Pellat nous a bien affirmé que sa femme avait reçu un appel sur son
portable à 22h.
Oui, quand elle est partie du restaurant, elle était encore au
Pourquoi ? Le seul appel qu 'elle a reçu hier soir, c 'est celui de son mari.
Donc, rien ne lui a menti.
Ou alors, c 'est lui qui nous mène en bateau.
Ça va ? Salut, salut.
Vous m 'avez fait appeler, commandant ? Oui, oui, oui.
Tu désinfectes régulièrement ? Je rêve, tu m 'as convoqué pour me faire une
ordonnance au corps.
Non, non, non.
Alors voilà, je viens de recevoir un mail du colonel. Aïe, aïe, aïe, c 'était
jamais bon.
Et donc, tu n 'es plus autorisé à aller sur le terrain jusqu 'à nouvel ordre. Et
voilà. C 'était jamais bon.
Et en même temps, je suis plutôt d 'accord avec lui, avec ce qui s 'est
'est bien que tu prennes pas trop de risques.
Bon,
dis -donc, on dirait que t 'en vas.
Enfin bon, quoi qu 'il en soit, jusqu 'à ta mutation effective, tu restes au
bureau. Léa, Léa, je ne suis pas en sucre.
J 'en ai vu d 'autres.
Ah oui, vraiment ? Enfin, je te rappelle juste que t 'as failli crever, Paul.
Alors, on arrête de discuter. Il y a plein de moyens de se rendre utile à la
brigade. Ça vient d 'en haut, s 'il te plaît. On écoute les ordres. Et aide
-moi, Paul.
Sinon quoi ? Tu vas me virer ? Tu peux pas. Je suis muté.
Tu peux pas changer, Léa. Mais je vais pas changer maintenant.
D 'accord.
Courage. Plus qu 'un mois à tenir.
Celui -là.
Je savais qu 'il réagirait comme ça, je te connais bien.
Eric, t 'as quelque chose sur le frère de la victime ? Oui, ça va pas être très
dur parce que c 'est plutôt un habitué de la maison, votre Nicolas Lopez.
Alors, vol de voiture, petit trafic, bagarre, il a même fait de la prison.
super, s 'il te plaît, dis -moi qu 'il habite encore dans la région.
Il habite encore dans la région.
Et d 'après son contrôleur judiciaire, il vit à 7 du côté de la pointe courte.
Bien joué. T 'es un champion.
Vous en êtes où avec Erwann sur l 'histoire des braconniers ? Il est parti
brigade maritime pour creuser la piste. Brigade maritime, ok.
Capitaine, vous partez là ? Non, parce que le commandant Solaire nous a dit que
vous deviez arrêter le terrain.
Oui. Non, mais c 'est bon, ça finit ce soir en fait. C 'est vu avec elle.
Si t 'as un doute, tu peux lui demander.
Je t 'en voudrais pas.
Oui, commandant.
Vous avez du nouveau, Erwann ?
La brigade maritime ne comprend pas comment le thon rouge est arrivé dans l
'étang. Elle leur enquête piétine.
Et l 'étang de Médard, c 'était un endroit où pêchait Marianne Pella ? Oui,
c 'est bien ça.
D 'accord, donc elle aurait croisé des braconniers, j 'aurais mis quelques
pour les identifier et qu 'on aurait décidé de la faire taire.
Oui, c 'est possible.
Ah, il y a aussi eu quelque chose d 'étrange le même jour. Un hélicoptère
repéré Marianne à 12 000 des côtes.
Ah oui ? Et en quoi c 'était étrange, un bateau en mer ? Elle avait un permis de
troisième catégorie. Elle n 'était pas autorisée à aller au -delà des 5 000.
Mais qu 'est -ce qu 'elle faisait au large alors ?
C 'est bien ça le problème.
La brigade maritaine m 'a été de la joindre plusieurs fois. Elle n 'a jamais
répondu à leurs appels radio.
Du coup, ils nous ont adressé un PV et elle a reçu le recommandé hier matin.
Le jour même de sa mort.
Et les recherches sur son bateau, on en est où ? Un hélicoptère quadrille la
zone, mais pour l 'instant rien.
Ok, merci Erwan.
Je vous en prie.
Commandant, Camille n 'a rien trouvé d 'autre dans le relevé des appels de
victime. Par contre, on s 'est intéressé au coup de fil du mari.
Pourtant, Daniel Pella a dit qu 'il n 'avait pas réussi à joindre sa femme.
Oui, mais l 'appel a duré 13 secondes.
Donc, il lui a laissé un message ? Tenez, écoutez.
Marianne, Théo, c 'est moi.
T 'es encore avec lui, je suis sûr.
D 'accord.
Bon, vous l 'interrogez à nouveau ? OK.
Merci, Bernard.
Oui, mon commandant.
Oui, Paul, ne me dis pas que t 'es sur une piste sans m 'en avoir parlé, hein ?
Et puis alors ne me mens pas, ça sert à rien.
Ah, alors là, fâcheux dilemme.
Soit je te dis ce que tu veux entendre, soit je te dis la vérité. Mais les deux
en même temps, ça va être chaud.
Paul, s 'il te plaît.
Je vais interroger le frère... Allô ? Non, non, mais il fait exprès, c 'est
possible.
Là, plus de batterie, je le défile. Une fois que c 'est vrai, il va jamais me
croire.
Excusez -moi.
Pardon, je cherche Nicolas Lopez.
Nicolas Lopez, ouais ? Il habite à côté de chez moi.
Venez, je vous emmène si vous voulez. Ah, c 'est cool, merci.
Qu 'est -ce qui se passe ? Vous confirmez que votre femme a bien répondu
téléphone hier soir ? À 22h, c 'est ça ? Oui, dans ces eaux -là.
Le problème, c 'est que dans ces eaux -là, on relève aucune trace d 'appel sur
son portable.
Elle m 'a menti ? Oui.
Mais je pense que vous l 'avez deviné.
Marianne, t 'es où ? C 'est moi.
T 'es encore avec lui, j 'en suis sûr.
Ça fait des semaines que tu prends pour un con. Et cette fois, j 'en ai marre.
Des semaines ? Vous étiez cocu depuis quand, exactement ? Mais c 'est pas ça
tout. Elle a jamais eu d 'amant. Ah bon ? Mais vous parliez de qui, alors ? De
son frère.
Nicolas.
Au coup du bateau, je me suis douté qu 'elle avait inventé ça pour aller le
voir. Son frère ? Pourquoi faire tant d 'histoires ?
C 'est à cause de ce petit con que j 'en suis là aujourd 'hui.
Personne ne lui parlait dans la famille.
D 'ailleurs, pourquoi vous me posez toutes ces questions ? Mon beau -père a
tout dit sur Nicolas à votre collègue.
C 'est quoi cette histoire de frère ? Ton chéri vous a rien dit ? Visiblement
non.
Il vous a fait une Marshall, alors ? C 'est très drôle, ça. Et sinon,
géographiquement parlant, il est où ? Aucune idée.
Faites attention, Vernet, je peux vous rétrograder pour un coup pareil. Il est
où ? Si je vous le dis, vous me donnez une promotion ? Vous avez fumé ou quoi ?
Je vais y aller.
Vernet, où est Marshall ? Miner.
Mon Dieu, qu 'il m 'énerve.
C 'était ma grande -sœur.
Elle m 'a toujours protégé.
Ces derniers temps, on essayait de renouer.
Seulement, elle ne voulait pas en parler à son mari et à votre père.
Ça fait pas mal de conneries.
Mais plus maintenant.
Ça m 'aidait pour mon projet.
Quel projet ? Je suis devenu guide de pêche.
Je connais tous les coins.
Avec les Parisiens, ça paye bien.
Et alors, pourquoi vous vous êtes engueulé ? Eh oui.
Les murs ont des oreilles.
C 'est le voisin qui vous a entendu.
A cause de son mari.
Il y a du chantage pour plus qu 'on se voit.
Non, non, non, je suis pas avec ton père.
Ça fait plusieurs fois que j 'essaie de l 'appeler et je tombe tout de suite sur
sa messagerie. Mais t 'inquiète pas, il a plus de batterie comme d 'habitude, tu
le connais, non ? Qu 'est -ce que je peux faire pour toi, ma fille ? Rien, je
vais voir avec lui.
Eh ben écoute, dès que je le vois, je lui dis de te rappeler.
Sérieux, j 'ai plus une fringue de propre et en plus ce soir j 'ai basket.
Bon et toi pourquoi est -ce que t 'arrêtes pas d 'appeler papa là ? Pour
juste comme ça.
Ouais moi je fais comment avec ça ? Je sais pas moi Thomas, t 'apprends à faire
une lessive ? Bon, un indice.
Faut trier les vêtements par leurs étiquettes.
C 'est pas plus compliqué que ça ? Bah non.
Si j 'avais su.
C 'est la dernière fois que je parle à ton répondeur. Si tu ne me rappelles pas
dans la demi -heure, je te fais interpeller.
On a retrouvé le bateau de la victime.
Où ça ? A 2000 de la côte, au fond de l 'eau. C 'est un chalutier qui l 'a
repéré sur son sonar. Les brigades maritimes sont en charge ? Oui.
Bon, ça va prendre un petit peu de temps. En revanche, bonne nouvelle, les
plongeurs ont découvert un système délinque sous la coque.
D 'accord.
Et pour quelqu 'un qui ne connaît rien d 'un bateau, ça veut dire quoi ? En
fait, c 'est des sangles qu 'utilisent les contrebandiers pour transporter des
marchandises ni vues ni connues.
Et si les gardes -côtes passent par là, hop ! Il suffit d 'ouvrir les sangles
depuis le pont et la cargaison part au fond de l 'eau.
Donc Marianne Pella n 'aurait pas seulement creusé les braconniers.
C 'était ma sœur, jamais je lui aurais fait du mal.
En plus, hier soir, je bossais.
Tu faisais encore rien demander, moi ? J 'ai commencé avec les flics.
J 'ai l 'habitude.
J 'ai un appel pour vous.
Une certaine commandante Solaire.
Je sais pas comment elle a eu mon numéro.
Je sais pas, vous êtes dans le botin, non ?
Voilà.
C 'est ma supérieure.
Enfin, c 'est surtout mon ex -femme.
Ah non, non, non, non, Paul. Ton ex -femme, mais surtout ta supérieure.
Euh, ouais, d 'accord, si tu veux.
Pardon ? Bon, écoute, Paul, ça fait une heure que j 'essaie de te joindre.
Je te rappelle que tu n 'as pas encore été muté et que tu travailles toujours
sous mes ordres.
C 'est un problème d 'alternateur, hein ? Non, mais à un moment donné, il va
être temps de la changer, cette bagnole, non ? Tu crois pas ? Ouais, non, mais
plus de batterie. Et en vrai, hein ? Par contre, je suis sur un truc, là, Léa.
Ah oui, oui, j 'imagine avec le frère de la victime, c 'est ça ? Alors
justement, j 'ai peut -être quelque chose qui pourrait t 'intéresser, nous
retrouvé le bateau de Marianne Pella.
Et ouais, mais t 'aurais dû attendre avant d 'appeler la dépanneuse. Eh oui,
oui, oui, sans doute, bien sûr Paul.
Oui, alors comme je te disais, ce bateau servait certainement à faire de la
contrebande et peut -être que Nicolas Lopez est au courant de quelque chose.
Donc il serait judicieux de le faire passer par la case gendarmerie au lieu
se la jouer en solo.
Hein ? Hein Paul ?
Ah, au fait, la dépanneuse est sur le point d 'arriver.
La mécanique et les femmes, c 'est... Enfin, surtout les ex. Surtout mon ex, d
'ailleurs. Bon, Paul, tu le ramènes ici le plus rapidement possible.
Ok, bisous.
Et voilà, disons qu 'on est séparés. Il y a une tendance, c 'est pour qui ? Je
vous le demande. Mais non ! Non, non, non, non, pas courir ! Arrêtez -vous !
Je raconte, c 'est juste incroyable.
Ah, mais je rêve.
Je t 'ai dit que tu n 'étais pas prêt à retourner sur le terrain. Ah, mais non,
non, non. Pas du tout, pas du tout. Ça n 'a rien à voir. Ah oui, c 'est pas à
cause de ton épaule qu 'il t 'a échappé. Pas du tout, pas du tout. Tu ne m
'aurais pas appelé, je le ramenais comme une fleur.
Oui, mais en même temps, si je ne t 'avais pas appelé, tu n 'avais aucune
de l 'amener ici.
J 'ai fait envoyer le GPS du bateau au labo. Ils m 'ont dit qu 'ils sont
en priorité.
Non.
J 'ai interrompu quelque chose, là. Non, non, non, Irwan, rien d 'important.
On a du nouveau sur le système d 'élingue du bateau de Marianne ? Non,
'a pas encore interrogé le père ni le mari.
Le thon rouge largué dans l 'étang du Médard, ça pourrait être elle.
Oui, la zone était dans son plan de pêche.
Et le thon rouge, ça expliquerait aussi pourquoi la brigade maritime a
intercepté Marianne au grand large. Si elle pêchait également... Et tout ça
comme par hasard au moment où elle renoue avec son frère. C 'est tellement
dommage qu 'on n 'ait pas réussi à l 'arrêter.
Vous envoyez un avis de recherche sur Nicolas Lopez, s 'il vous plaît. Juan,
merci.
Ok.
Moi, je vais aller interroger le père. Tu sais, Albert, il s 'était perdu de
vue, mais je suis sûr qu 'il peut nous aider à le retrouver.
Oui, alors tu ne vas rien faire du tout parce qu 'il est tard. Et si on pouvait
éviter de rajouter des vices de procédure sur cet énorme marasme, c 'est
fatigant, Paul.
Je te promets que c 'est fatigant.
Alors tu vas y aller demain matin. De toute façon, je n 'ai pas le choix. Et
moi, je vais aller voir le mari de Marianne.
Je ne vois pas comment elle a pu faire ce trafic sans qu 'il soit au courant.
Allez, une sopéolie.
Ah oui.
Et la porte ?
Allô, Camille, c 'est Solaire.
Vous n 'aviez rien de prévu ce soir ? Voilà, en fait, il faudrait éplucher les
comptes bancaires de Daniel Pella.
Ben, en fait, pour demain matin.
Merci beaucoup, Camille. Merci.
Eric. C 'est vraiment vous.
T 'es sûr de ce que t 'as vu la dernière fois ? Parce que là, c 'est très très
tendu entre Solaire et Marshall. Qu 'est -ce qu 'il t 'en a parlé ? Ah ben, c
'est Camille.
Non, c 'est Arthur.
Arthur. Donc, tout le monde est de son courant.
Ben, on a une grande famille, tu sais bien.
En même temps, c 'est pas forcément une mauvaise nouvelle.
Pour eux, je sais pas, mais... Pour nous, c 'est vrai que... Ouais, c 'est
qu 'il y a vraiment des fois... Ouais.
Bref, il faut aller perquisitionner chez Nicolas Lopez.
Ils nous fassent ? Fassent.
Normal. Allez, à plus tard.
Oui papa, c 'est moi.
On n 'a plus rien à manger dans le frigo et maman n 'a pas eu le temps de faire
des courses.
Tu me rappelles ?
Nicolas
Lopez a habité ici depuis longtemps.
Ça faisait des mois.
Je savais que je finirais par avoir des soucis avec celui -là.
Il est louche.
Vous êtes un intuitif, vous. C 'est bien.
Et sinon, à part le délit de sa gueule, qu 'est -ce qui vous fait penser ça ? Il
avait six mois de loyer à retard.
Ça fait une somme.
La dernière fois qu 'il est venu, il m 'a tout payé d 'un coup.
En liquide.
Et vous savez d 'où vient l 'argent ? Non.
Mais il était là avec la fille qui est venue hier soir.
Marianne ? Sa soeur ? Oui.
Vous êtes certain ? Oui, oui.
Bonsoir Camille. Salut Alice.
Papa est là ?
Euh... Non, je suis toute seule.
Ah. Je voulais dîner avec lui. J 'avais apporté des sandwichs.
Mais j 'arrive pas à le joindre.
Ah ben, je vais l 'appeler.
Il doit plus avoir de batterie, mais ça lui arrive tout le temps.
Tu voulais lui dire quelque chose, Sergent ? J 'avais envie de lui parler
que... C 'est mon père.
J 'ai pas à me justifier quand même.
Ok.
Bon, ben, tu lui diras de me rappeler quand tu le verras ? Oui.
Ah ! Tu lui donneras les sandwichs, du coup ?
Mais bien sûr, Commandant Solaire Junior.
Je trouve pas que maman est bizarre, en ce moment.
Voire même, depuis la prise d 'otage, en fait.
Hein ?
Tu trouves pas ? Franchement, oh ! Même toi, t 'es pas dans ton état normal.
J 'ai pas d 'habitude, t 'adores ce genre de petites discussions.
T 'as toujours à vouloir faire de la psychologie féminine à deux balles.
Oh, Alice, y a quelqu 'un, là ? Arrête, Thomas, c 'est bon.
Je sais pas ce qu 'il se passe dans cette maison, mais il se passe quelque
chose, ça, c 'est sûr.
Hein ? Je comprends plus quoi.
J 'ai trié en fonction des étiquettes, comme tu l 'as dit. Ça m 'étonnerait.
Regarde, c 'est les mêmes marques partout.
Tu as trié les vêtements par marque ? Oui, en fonction des étiquettes, comme
l 'as dit.
Bonjour.
Alors Camille, la pêche a été bonne ? Sans mauvais jeu de mots.
Miraculeux, capitaine.
Il y a régulièrement des transactions en liquide sur le compte de Daniel et
Marianne Pella, mais que des petites sommes.
Difficile de trouver quelque chose avec ça.
Mais comme je te connais, la pêche est devenue miraculeuse quand tu t 'es mise
gratter. Alors ? Exactement.
Ils ont contracté plusieurs prêts ces dernières années et le restaurant est
hypothéqué. De quoi se laisser tenter par des trafics pour rentrer du liquide.
Ok, bien joué Camille. Tu préviens la commandante, elle doit être en route
le resto.
Ah, capitaine ! Alice a déposé ça hier soir pour vous.
C 'est quoi ?
C 'est un peu raciste, mais c 'est l 'intention qui compte.
Elle arrête pas de m 'inonder de textos, de messages super bizarres depuis que j
'ai repris.
C 'est un peu normal, non ? Elle a eu très peur, elle a besoin d 'être
Vous êtes le seul à pouvoir le faire, a priori.
Mais je lui ai expliqué que le risque zéro existait pas. Qu 'il y avait plus
morts sur la route que chez les gendarmes en intervention.
Je sais pas quoi lui dire de plus.
Fais pas tant de parler que de l 'écouter, capitaine.
Soyez disponible pour elle.
Ça se fera peut -être.
Ok.
Bon. Merci.
Bon courage. Ouais.
Bonjour.
Wow.
C 'est à vous ? Il vaut pas grand chose ce bateau. Je suis en train de le
retaper.
Je l 'avais acheté pour Nicolas à l 'époque.
pour qu 'il se lance.
J 'ai un garçon et une fille, moi aussi.
Et parfois, pas même assez souvent, j 'ai l 'impression qu 'on parle pas le
langage, moi et moi.
Quand il était petit, on était cul et chemise.
On allait à la pêche ensemble.
Puis ma femme est tombée malade quand elle est morte.
Vous aviez du mal à communiquer avec Nicolas.
C 'est à partir de là qu 'il a commencé à faire ses conneries, c 'est ça ? À
traîner avec ce petit con de Fabien, oui.
Ouais, je connais.
Il suffit parfois d 'une seule mauvaise personne.
L 'ironie, c 'est que Fabien a fini par rentrer dans le rang.
Nicolas, lui... Il a un nom, Fabien ? Gaillard.
Gaillard ? Comme le délégué syndical du port ? Oui.
Sauf que moi, on le connaît depuis longtemps.
Il est veuf, lui aussi.
Mais lui, il a réussi à faire rentrer son gamin dans le ventre.
Monsieur Lopez, je pense que votre fils peut peut -être nous aider.
Bon, ben, vos enfants se revoyaient, voilà.
Je vous ai pas menti. Non, non, mais j 'ai pas eu le moindre contact avec lui
depuis des années.
Pourquoi ma fille ne m 'a pas dit qu 'elle lui reparlait ? Malheureusement,
crois qu 'elle vous cachait pas mal de choses.
Notamment le système des lingues qu 'elle avait fixé sous le bateau.
Bonjour, M. Pellat.
Bonjour.
Ça va du nouveau ? Oui, on avance, on avance.
Mais parlez -moi plutôt de vos problèmes financiers.
Des embrouilles dans lesquelles semblait être mêlée votre femme.
C 'est compliqué, vous savez.
J 'imagine.
Ce reste tout, c 'est un gouffre.
Et la pêche, c 'est pas mieux.
Les revenus, on n 'est jamais sûr de rien, et les charges, elles continuent d
'augmenter.
Alors vous vous êtes dit que braconner du thon rouge pourrait être la solution
Ça va pas.
Pourquoi pas transporter de la drogue pendant que vous y êtes ? C 'est vrai,
n 'y avais pas pensé.
Mais sinon, c 'était quoi vos solutions, Alain ? Juste un peu de blague.
On vendait des poissons au -dessus des quotas sans les déclarer.
Rien de méchant.
Enfin, on reste quand même dans le domaine des braconnages.
Je sais très bien, mais c 'était ça ou crever de faim.
Je ne pensais pas qu 'on aurait tué Marianne à cause de cette histoire.
Je ne l 'avais jamais cherchée bien loin.
Et vous le vendiez à qui, ce poisson ? À un marailleur du port.
Oui.
Camille, j 'ai besoin que tu me trouves tout ce que tu peux sur Fabien Gaillard,
s 'il te plaît.
Je suis déjà en train de chercher pour le commandant Pellard.
C 'est elle ? Oui.
Alors, les grands esprits se rencontrent ? Les grands esprits au pluriel ? Non,
parce qu 'il y en a quand même un qui est beaucoup plus rapide que l 'autre.
Hein ? Fabien Gaillard, t 'as quelque chose de concret, toi ? Non, non, on
juste le cuisiner un peu. Eh ben voilà, alors un point pour moi.
C 'est lui qui a acheté au Black le poisson de Marianne Pellard.
Ah, ok, ok.
Camille, Camille... Aidez -le, là, parce que je le sens en panique.
Vous avez rien à rajouter ? Euh, non, quelques erreurs de jeunesse, mais c
un tranquille de vie.
Eh ben voilà. Bon, moi, j 'ai une réunion à la préfecture, donc, Marshall,
vous occupez de l 'interroger ? Ouais, puis j 'envoie les lieutenants
interpellés et je reste à la brigade.
C 'est parfait.
Qu 'est -ce que vous comprenez vite quand vous voulez.
Bon courage, capitaine. Ouais, ciao, toi aussi.
C 'était un bateau comme celui -là, celui de Marianne Pella, non ? Oui, c
ça.
Un chalutier ? Non, ça c 'est un filet hier, Camille.
Et un marailleur, c 'est un plus petit bateau, c 'est ça ? Non, un marailleur,
'est un métier, pas un bateau.
C 'est un vendeur de poissons.
T 'en sais des choses.
Quand on s 'appelle le bel ex, ça vient tout seul.
Je sais, j 'ai grandi dans le Finistère et toute ma famille est plus ou moins
liée à la pêche, alors... Sauf toi.
Oui, sauf moi.
Tu n 'auras pas eu le chercher longtemps, tiens.
Monsieur Gaillard ? Bonjour.
Gendarmerie nationale.
Papa, j 'ai vraiment besoin de te parler.
Je rigole pas.
Rappelle -moi.
Et voilà.
À peine sorti du lycée, bim ! Dix ans d 'interdiction de pêche pour braconnage.
C 'était il y a longtemps, toi.
Tu viens de passer mon brevet de capacitaire et je vais reprendre le
de mon père. Ah bravo, c 'est bien ça.
À condition, bien sûr, de ne pas repasser devant le juge.
Il n 'y a pas de raison, je me tiens tranquille, je vous dis.
Et...
Marianne, tu lui as jamais acheté de poisson au black ? Non, jamais.
Attendez, j 'ai rien à voir avec ça.
Oui, mais Nicolas Lopez, rien à voir avec lui non plus ? Nicolas, c 'est un
paumier qui savait pas où s 'arrêter. On a été potes dans le temps, mais ça a
toujours été un boulet.
Je l 'ai pas vu depuis longtemps.
Ouais.
Tu sais ce que disent les innocents quand ils atterrissent dans cette pièce
Bah ouais, qu 'ils ont rien fait, moi je dis ça aussi. Non, non, non, non.
La première question qu 'il pose, c 'est, mais pourquoi je suis là ? Et toi,
rien. T 'as même pas l 'air surpris.
Vous avez fait de m 'embrouiller ? Non, pas du tout, non, non, non, ça t 'y
arrive très bien tout seul, comme un grand. Bon, tu sais quoi ? J 'en ai
13h08, garde à vue.
Hop, t 'as droit à un médecin, un avocat, un coup de fil à la famille,
-y, on te prie de fort, c 'est moi qui régale, ça me fait plaisir.
Fabien Gaillard n 'a pas d 'alibi pour inventer le soir.
Ce serait quoi son mobile alors ? Il en voulait à Marianne d 'avoir largué 300
kilos de thon dans les temps.
Daniel Bella m 'en parle.
J 'ai vérifié et leur magouille s 'est portée sur quelques centaines d 'euros
par -dessus par là, mais pas plus.
Et puis ça explique pas pourquoi Nicolas Lopez s 'est enfui.
Excuse -moi.
Tiens, quand on parle du loup, il y a une patrouille qui vient de le retrouver
moitié mort dans les marais.
Quelqu 'un ? Il a reçu une injection de morphine, d 'une dose quasiment létale.
A reçu ? Il s 'est pas piqué lui -même ? Ah non.
Les tissus se sont rétractés autour de la plaie.
L 'injection a été faite, il était déjà inconscient.
Ça s 'est passé quand ? Pas très longtemps avant qu 'on le retrouve.
Heureusement pour lui, je dirais deux heures, à peu de choses près.
Il peut parler ? Oui.
Il fait quelques minutes, le temps qu 'il émerge.
D 'accord, je vais l 'attendre.
Merci, docteur.
La culpabilité t 'aura fait replonger.
Non, je crois pas.
Voilà, le labo a enfin envoyé le tracé GPS du bateau de Marianne Pella.
Regardez.
D 'accord, mais c 'est quoi en fait ? Attendez Camille, je suis sûre qu 'Erwan
va nous expliquer tout ça.
Alors, ça, c 'est le parcours du bateau le jour où il a été vu à 12 000 des
côtes. En fait, il n 'est pas rentré tout de suite au gros du roi, mais il a
fait un crochet par le port de Sète.
Là -bas, il y avait une webcam météo, il y a une image enregistrée toutes les
minutes, et je crois qu 'on ne peut pas se tromper.
C 'est le frère de Marianne qui était sur le bateau et pas elle.
Et elle savait que Nicolas utilisait son bateau ? Oui, oui, c 'est obligé. On ne
peut pas emprunter un filet d 'ailleurs comme un vélo. Par contre, elle ignorait
sûrement qu 'il venait du trafic.
Donc quand elle a reçu le PV de la brigade maritime, elle a tout compris, d
l 'engueulade avant -hier.
Bravo Erwann, bon boulot.
Ah, excusez -moi.
Voilà, j 'écoute.
D 'accord, très bien. Ok, merci.
Le père de Fabien Gaillard vient d 'arriver. Vous allez vous en occuper ?
pêcheurs, vous allez vous comprendre.
Vous l 'avez écouté ? Non.
Monsieur Gaillard, mon fils m 'a appelé. Pourquoi il est en garde à vue ? Tenez
-vous, monsieur Gaillard. On vérifie juste quelques petites choses.
Mais ce qui est certain, c 'est que Fabien avait une fâcheuse tendance à ne
déclarer tout le poisson qu 'il négociait.
Vous l 'envoyez devant le juge pour juste un peu de blague.
Non, non, s 'il y a que ça, un PV suffira.
Mais on cherche à comprendre son lien avec le frère de la victime, Nicolas.
Nicolas ? Mais il se voit plus depuis une éternité.
Oui, c 'est ce qu 'il nous a dit.
Et on attend la confirmation de Nicolas maintenant.
Il est à l 'hôpital, on l 'a retrouvé blessé.
Vous pouvez voir mon fils ? Non, pas pour le moment.
Pas pendant la garde à vue, je suis désolé.
Je vous tiens au courant ?
Camille, Christophe Gaillard a été très surpris quand je l 'ai appris que
Nicolas était encore en vie.
J 'ai l 'impression qu 'il nous cache un truc pour protéger son fils.
Ok.
Ok, réfléchissons.
Pourquoi Fabien aurait tenté de tuer ton ancien pote ? S 'il est lié au meurtre
de Marianne, il a tout intérêt à ce que Nicolas ne parle pas.
Oui.
Mais comment il aurait fait pour se procurer de la morphine ? Il y en a,
les trousses médicales des chalutiers.
Et si Fabien a eu accès au bateau de son père ? Je reviens du labo.
L 'eau dans les poumons de Marianne Pellap revient de l 'étang du Ponant.
Les temps du peau, non ? C 'est entre le Gros du Roi et la Grande Motte.
Donc le courant a emporté le corps de Marianne jusqu 'à la plage d 'à côté et
'assassin a pu retourner au port du Gros du Roi pour aller voler le filier, c
'est ça ? Donc elle aurait bien été tuée.
C 'est quoi ça ? Il y a deux mois, Fabien a appris que Marianne
m 'apprêtait son bateau de temps en temps.
Il m 'a proposé de faire la mule pour des trafiquants de thon.
J 'ai accepté.
Uniquement pour aider ma sœur.
Comment ça ? Je lui ai donné tout l 'argent.
Alors qu 'elle paye ses dettes.
La semaine dernière, l 'hélicoptère de la brigade maritime vous a repéré au
large. Vous revenez avec les 300 kilos de thon rouge.
J 'ai paniqué.
Avant d 'arriver à terre, j 'ai jeté toute la cargaison.
Fabien était furieux.
Il allait perdre son plus gros client.
Il m 'a juré que j 'allais le payer très cher.
Vous avez pensé qu 'il avait tué Marianne pour se venger ? Oui.
Hier soir, je suis allé chez lui.
Mais c 'est pas lui qui m 'a voulu.
Regardez comme avant.
Voilà un ensemble de pontons pour les bateaux de loisirs. J 'ai vérifié auprès
de la capitale de la Grande Motte et il semblerait qu 'il y ait une concession
au nom de Gaillard.
Fabien Gaillard ? Non.
C 'est ton père. C 'est toi.
Marianne est allée voir son frère avec le PV.
Ensuite, elle est allée demander des comptes à votre fille Fabien.
Et là, vous avez tout entendu.
Et forcément, vous avez tout compris.
Ce petit con était mouillé dans un trafic de thon rouge.
Je pensais qu 'il avait laissé tomber tout ça, moi.
J 'allais tout lui laisser, le chalutier, l 'équipage, tout.
Ma réputation que j 'ai mis 20 ans à bâtir, elle allait prendre ma place au
conseil syndical.
Et c 'est pour une sorte de réputation que vous avez tué Marianne Bella ?
Je voulais pas la tuer.
Elle allait dénoncer Fabien.
Moi j 'ai voulu protéger mon fils, c 'est tout.
Mais elle ne voulait pas se taire.
Elle ne voulait pas se taire.
Il va aller en prison ? Peut -être, mais pas longtemps, puis vous serez là quand
il sortira.
Merci.
Je te demande pardon.
Merci à tous.
Une affaire rondement menée. Je vous dois des félicitations.
À vous et à votre équipe.
Quant à vous, Paul, je me félicite du temps très court qu 'a duré votre
convalescence. Merci, mon colonel.
Dans ces conditions, je vois pas de raison de retarder plus votre mutation.
Si vous voulez toujours partir, ce sera à la fin de la semaine.
Vous avez trois jours pour venir signer les papiers.
Vous avez une bonne nouvelle.
Vous allez enfin être débarrassé de votre ex -mari.
T 'es content ? Ça va ou... Oh, mais...
C 'est bon.
Ça guérira jamais, putain, jamais.
Coucou, ma chérie.
Je vous ai ramené un petit quelque chose.
Tu peux comprendre que t 'avais envie de sandwich hier.
Bon, alors, 12 appels, 5 textos.
Mon petit doigt me dit que tu veux me parler.
Non. C 'est juste que... Je savais pas si... Si tu pouvais me
déposer à mon stage de danse samedi.
Alice, ma chérie.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Depuis la...
La... Ce qui t 'est arrivé ? La prise d 'otage. Faut pas avoir peur de le dire.
Depuis, j 'ai des angoisses, voilà.
J 'ai toujours peur que ça recommence et que la prochaine fois, t 'aies pas
autant de chance.
C 'est pour ça que j 'ai paniqué hier quand j 'arrivais pas à le joindre.
J 'ai eu peur que... C 'est pour ça que je suis passée à la brigade.
Je suis désolée, papa.
J 'arrive pas à le contrôler.
Ça me fait comme une boule au ventre et j 'arrive pas à penser à autre chose.
Alice, ma chérie.
Pendant la prise d 'otage, j 'ai vraiment cru que je t 'avais perdue.
Tu seras parti de Montpellier, ça sera pire.
Ici, au moins, je peux passer de voir.
Et une semaine sur deux, le soir, je sais que tu rentres à la maison et que
va bien.
Je sais pas comment je vais faire, papa.
et enfin...
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