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C 'est quoi ce truc ? Merde !
Mademoiselle ?
AllĂŽ ? Oui, faites venir les secours ! Une
femme s 'est fait agresser !
Petit déj de princesse, viennoiserie, tartine de pain complet confiture et jus
'orange pressé.
Et petite rose.
Et petite rose, évidemment.
Oh, mais t 'es trop mignon.
C 'est comme ça. Mais j 'allais venir.
Ah non, non, non, non, repos, pas d 'effort. Mais Paul, ça fait des semaines
je suis sortie de l 'hĂŽpital.
T 'as plus besoin de jouer les infirmiers. Regarde -moi, je suis
forme lĂ .
Et prĂȘte pour notre week -end en amour. Ouh lĂ lĂ .
Tu peux pas imaginer Ă quel point j 'ai besoin que tu sois trĂšs, trĂšs, trĂšs,
trĂšs en forme pour notre petit week -end.
Sérieusement, les gars ? D 'accord, ils ont retrouvé un corps à la grande motte.
J 'y vais, je file, Ă tout Ă l 'heure. Bisous ! Je te rejoins.
Salut. Salut.
Salut.
Bonjour, Capitaine. Léa n 'est pas là ? Non, j 'ai essayé de l 'appeler
plusieurs fois, mais elle est sur répondeur.
J 'imagine qu 'elle a une panne d 'oreiller, je ne sais pas.
On va le faire sans elle. On a quoi, alors ? Le meurtre a eu lieu aux
de 8h.
Elle a reçu un coup mortel à la tempe.
On a son identité ? Oui, Manon Casal. Il n 'y avait pas de portable ni de
papier, mais par contre, il y avait ça dans sa poche.
Elle était employée dans le plus gros hÎtel de luxe de la région.
Tous les matins, je fais mes exercices par ici, parce qu 'Ă cette heure -lĂ , c
'est encore calme.
Est -ce que vous pouvez nous décrire la personne qui t 'en suit ? Non, j 'étais
trop loin. Je ne sais mĂȘme pas si c 'Ă©tait un homme ou une femme.
Par contre, le cycliste pourra vous renseigner.
Le cycliste ? Quel cycliste ?
J 'ai vu un cycliste partir Ă la poursuite de l 'agresseur.
Ok. Vous me dites que c 'était de quel cÎté ? Voilà .
Bon, on a peut -ĂȘtre un deuxiĂšme tĂ©moin du meurtre, un cycliste.
Aucune trace de lui pour l 'instant, mais on a retrouvé un vélo et ce casque
pourrait ĂȘtre Ă lui. Mais non, mais c 'est le casque de LĂ©a, ça. Quoi ? Mais c
'est le casque de Léa, je dis.
Viens, viens, viens.
Allez, allez, allez, regarde -moi.
Regarde -moi, je te supplie.
Paul, elle est oĂč ? Comment elle va ?
Elle a pris un sacrĂ© coup sur la tĂȘte.
Elle est solide.
Elle va s 'en sortir.
T 'as pratiqué les enfants ? Ouais.
Qu 'est -ce qu 'elle faisait lĂ -bas ? Elle devait s 'entraĂźner.
D 'aprÚs nos infos, elle a été témoin du meurtre et elle a poursuivi le suspect.
Et quoi ? Il s 'est enfui aprÚs l 'avoir assommé ? Si, mais inouï.
Paul, il faut trouver celui qui a fait ça.
Priorité absolue.
Bon, écoute, là , c 'est pas trop de maman, donc je te rappelle en fin de
journée.
Ciao.
Ăa va, tu te fais pas trop de soucis ? Ăa va, je vous remercie.
On est tous inquiets pour la commandante.
Vu la situation exceptionnelle, le colonel m 'a nommé responsable de l
Provisoirement.
Manon Casal, on en est oĂč ? En recherche ses proches, pour les prĂ©venir.
Et du cÎté de son boulot ? InÚs et Célestin sont partis interroger ses
employeurs, monsieur et madame Verdi, Ă la Villa Blanca.
L 'hĂŽtel oĂč elle travaillait.
Ăa claque, hein ? TrĂšs bon arrivĂ©, c 'est ça ? TrĂšs bien, c 'est ça.
La saison commence en trois mois. Tu peux accélérer le mouvement.
Vous pouvez pas rien faire, moi.
Allez, dĂ©pĂȘchez -vous.
Les travaux, c 'est vraiment une tannée.
Tu vois, moi, la salle de bain, j 'ai voulu la faire de mes propres mains.
Quelle erreur ! J 'ai galéré.
T 'as déjà fait un joint de civicode ? Célestin, regarde -moi.
Est -ce que tu sens dans mon regard que tu peux me parler de tes travaux ?
Attends, si tu bouges là ... C 'est une blague, c 'est juste pour détendre l
'atmosphÚre, ça va.
Oui,
madame Verdier.
Madame Verdier ? Bonjour, lieutenant Zaidi et lieutenant... Moret.
Nous vous attendions.
Venez, je vous emmĂšne voir mon mari.
En quoi peut -on vous aider ? En nous donnant des infos.
Ăa faisait combien de temps que Manon travaillait pour vous ? Moi, je dirais.
Oui,
on venait de terminer sa formation.
Dans un hÎtel de luxe comme le vÎtre, vous embauchez des débutants.
C 'est trÚs difficile de trouver du personnel compétent aujourd 'hui.
Et on avait besoin d 'une femme de chambre.
Et Manon était trÚs volontaire.
On ne refuse pas les gens qui veulent bosser.
Ma femme a choisi de lui faire confiance.
Vous savez si elle avait des soucis ?
Un problĂšme Ă l 'hĂŽtel, peut -ĂȘtre ? Avec un client ou un membre du personnel
Non, pas Ă notre connaissance.
Manon a été logée à l 'hÎtel.
Elle n 'a jamais fait de vagues.
Vous pouvez nous montrer sa chambre ? Oui, bien sûr.
Oui, allĂŽ ?
Ouais, ouais, ouais.
Ok.
Ok, ok. Merci, Franck.
Bye, bye.
Comment va Léa ? Elle s 'est réveillée ? Non, non, pas encore.
Elle est toujours Ă l 'hĂŽpital, sous surveillance.
D 'ailleurs, pour notre petit week -end en amoureux, je... On annule.
C 'est mieux. Tu dois ĂȘtre lĂ pour ta famille, c 'est normal.
Ouais.
Franck vient de me dire que...
Voilà , il avait comparé les blessures de Manon et de Léa.
Apparemment, c 'est les mĂȘmes rĂ©sidus de bois.
Donc sans doute une branche morte.
Bon, et toi, de ton cÎté, du nouveau ? Pas grand -chose. On n 'a trouvé ni
portable ni sac Ă main de Manon dans sa chambre.
Sa voiture n 'est pas à l 'hÎtel. Elle n 'est pas non plus ici. J 'ai cherché
partout. Donc lĂ , je vais lancer un avis de recherche.
Et tiens, la PTS vient de me rendre le portable de Léa.
Il n 'y a aucune autre empreinte que celle de Léa dessus.
Ah, tu connais le code de Léa ? Oui, évidemment.
C 'est pas si évident. Alors ? Le dernier appel que Léa a reçu hier soir
provenait de Manon Casal.
Elle se connaissait.
Oui, on dirait.
Et tu penses qu 'elles se sont appelées pour se donner rendez -vous ce matin ?
Je sais pas, c 'est possible. Mais alors attends, ça veut dire que si Léa
connaissait Manon Casal, peut -ĂȘtre qu 'elle connaĂźt aussi le meurtrier.
Madame Solaire, vous m 'entendez ? Madame Solaire ?
Vous m 'entendez ?
Tu
nous as fait peur.
Alors ? Comment ça va ? Coucou mon amour.
J 'ai mal Ă la tĂȘte.
AĂŻe, j 'ai mal votre truc lĂ .
Est -ce que vous pouvez me dire votre prénom ? Léa.
Qui c 'est ? Qui c 'est ?
Léa ?
En quelle année sommes -nous ? Léa, s 'il te plaßt, c 'est important,
réponds.
En 1985.
Tout le monde est content ? Super.
Et on lui a dit qu 'elle avait fait une chute à vélo.
Histoire de ne pas la brusquer.
Elle n 'a vraiment aucun souvenir ? De ses 25 derniÚres années, non.
Elle ne reconnaĂźt pas les enfants.
Et elle est trĂšs amoureuse d 'Apple.
Quelles sont les chances qu 'elle recouvre la mémoire ?
Les médecins ne peuvent pas se prononcer pour l 'instant.
Il doit y avoir des traitements.
Alors, qu 'est -ce qu 'on va faire ? Attendons.
Le mĂ©decin dit qu 'il faut ĂȘtre patient.
Tout peut lui revenir comme ça, un beau matin, sans explication.
Elle n 'a pas perdu ses souvenirs, Annie.
Elle ne sait plus comment y accéder.
C 'est marrant, quand mĂȘme, parce que...
Je ne me vois pas porter du jaune.
C 'est pourtant pas mal.
C 'est ta mÚre qui te les a amenés.
Oh putain.
Paul, on m 'a toujours rĂȘvĂ© ma bague.
Quelle bague ? Tu plaisantes ou quoi ? ArrĂȘte.
Ma bague de fiançailles.
Dans un hĂŽpital.
Il faut vraiment qu 'on parle.
ArrĂȘte de t 'inquiĂ©ter pour moi. C 'Ă©tait un tout petit coup de rien.
à force de t 'inquiéter, tu sais ce qui te passe ? Tu vieillis d 'un coup. Là ,
tu as pris un coup de vieux.
MĂȘme au niveau des cheveux, tu vois... LĂ©a, s 'il te plaĂźt, Ă©coute -moi.
On n 'est plus en 1996.
ArrĂȘte avec tes mecs dĂ©biles. LĂ©a.
On est en 2021.
Femme de chambre, vous dites ? Ăa vous surprend ? Elle travaillait comme
graphiste dans une agence de pub Ă Montpellier.
Et elle adorait son métier.
Alors, oui.
Oui, ça nous surprend.
Est -ce que vous savez si elle avait des soucis dans son travail ou dans sa vie
personnelle ? Je sais pas.
On se parlait plus beaucoup ces derniers temps.
Et pour quelle raison ?
Manon avait son caractĂšre.
C 'était pas facile tous les jours avec elle.
Quitter un boulot qu 'on adore pour devenir femme de chambre, franchement,
comprends pas.
Montpellier, la grande motte, 30 kilomĂštres, il y a mieux pour fuir. C
la distance qui compte, il suffit de trouver un bon endroit pour se planquer.
Admettons. Dans ce cas, il faut trouver ce qu 'elle fuyait, ou qui elle fuyait.
Et comment elle connaissait la commandante ? Mais c 'est pas elle qui
aider, la pauvre.
Ăa pouvait pas plus mal tomber.
Dire que j 'ai dĂ» annuler mon week -end avec Paul ? Non.
C 'est pas du tout ce que je voulais dire.
Non, évidemment, c 'est terrible ce qui arrive à Léa, je compatis, mais tu vois,
avec Paul, il y avait son week -end et puis c 'était... Hop, c 'est pas...
VoilĂ , quoi.
Coucou.
Salut.
Bonjour.
Quoi ? Oh, mais comme j 'ai morflé, maman !
Et
alors,
on est en 2021.
Et c 'est chez moi. Enfin, chez nous.
C 'est ça.
Yalit et Thomas ont été demarrés les enfants.
Et qu 'est -ce que t 'as fait ? Je suis tombé pendant une intervention.
Ah, t 'es gendarme ? Non, je suis pompier volontaire.
Mais j 'aimerais beaucoup devenir gendarme comme toi et papa.
Ah yes, c 'est bon ça.
Yes. Super.
Je suis heureuse que tu aies dit ça pour une fois.
Bon chĂ©rie, tu dois ĂȘtre morte de faim.
La nourriture Ă l 'hĂŽpital est infĂąme, je te servais Ă quelque chose.
Merci maman.
Comment tu te sens, maman ? Non.
Maman, ça fait un peu bizarre, mais je vais m 'y habituer. Je me sens bien. J
'ai un petit peu mal Ă la tĂȘte, mais je me sens bien.
Je vais aller m 'asseoir un peu.
Et tu fais quoi dans la vie, Ali ?
Je fais des études de droit pour devenir avocate.
Ah ouais ? Ăa, c 'est ta grand -mĂšre qui a dĂ» ĂȘtre fiĂšre. Une avocate dans la
famille.
Une avocate, un gendarme et un commandant, alors.
Et donc, je suis la chef de Paul.
C 'est ça, de votre pÚre.
De papa, en fait.
Et il le vit bien, il est content. Enfin, il le vit bien.
Quand on rentre à la maison, ça se passe bien ? Comment ça ? On
arrive Ă faire la part des choses entre le boulot, la famille, le couple.
Comment dire que... En fait, papa, il ne va pas rentrer ce soir.
Pourquoi ? Il y a un match de rugby, c 'est ça ? Il est encore avec des potes ?
Non.
Plus que...
Toi et papa, vous habitez plus ensemble.
Ah bon ? Parce que vous vous ĂȘtes divorcĂ©s.
Depuis 15 ans.
Mais ça va pas de lui balancer ça ? Le médecin a dit de ne pas la brusquer et
toi tu balances ta bombe, tranquille. Parce que tu préfÚres qu 'on lui mente ?
Non, mais on est censé prendre soin d 'elle, je te rappelle.
De toute façon, elle est pas bĂȘte. Elle s 'est trĂšs bien rendue compte qu 'il y
avait aucune affaire de papa ici.
Peut -ĂȘtre.
Mais essaye de mettre les formes la prochaine fois.
TrĂšs bien, elle n 'est pas avec vous ? Euh, non.
Elle n 'est pas à l 'intérieur ? Non.
Léa ? Léa ? Est -ce qu 'elle a pu aller ? Bonjour,
commandant. Bonjour.
Vous m 'entendez ? Vous m 'entendez bien ? Oui, oui, oui.
Oui, ça y est, je crois que c 'est revenu.
Bonjour.
Bonjour,
commandant. Salut.
Bonjour, commandant.
Qu 'est -ce que tu faisais ? J 'étais en visio.
Super.
Tu payes ta clope ? Oui, bien sûr.
Bonne journée. Oui.
C 'est un peu con quand mĂȘme de se les geler dehors pour fumer alors qu 'on a
des espaces fumeurs.
Non ?
de classe Ă Dallas, commandant solaire. C 'est bon, capitaine, elle est lĂ .
Je l 'ai trouvée.
Ah, au fait, t 'as pas du feu, stop ? Non, il est interdit de fumer ici d
l 'article 18.
Oui, ben ça va, je sais, mais j 'ai pas de briquet. Et d 'ailleurs, ils sont oĂč,
les espaces fumeurs ? J 'ai pas trouvé.
Tout le bĂątiment, ils n 'ont fumeur.
Depuis quand ? Depuis 2007.
Et pour votre gouverne, vous avez arrĂȘtĂ© de fumer, commandant.
Ah, putain, je suis malade, c 'est ça ? Non, non, pas du tout.
Tu es enceinte ? Non.
Ben pourquoi j 'ai arrĂȘtĂ© de fumer, alors ? Parce que fumez -tu.
D 'accord.
C 'est quoi ton prénom déjà ? Erwann. Le lieutenant Erwann Lebelec. Je travaille
sous vos ordres.
On va bien s 'entendre tous les deux.
Dis -moi, tu vas peut -ĂȘtre pouvoir m 'aider. Je vais envoyer un fax pour une
enquĂȘte en courant.
Vous voudriez pas plutĂŽt prendre un petit peu de repos ? Parce que toute l
'équipe est à fond sur l 'affaire Manon Cazal.
Manon Cazal ? Je connais pas, non. Moi, c 'est Rudy Ferro qui m 'intéresse.
Qui ça ? Rudy Ferro.
Enfin, le jeune de 22 ans qu 'on a retrouvé mort ce matin au pied de son
immeuble Ă la Grande Motte.
Ah, ce matin, vous voulez dire en 96 ? Eh oui.
Eh oui. Et on est en 2021.
Alors tu vas bouger tes fesses et tu vas me trouver tout ce que tu peux sur Rudi
Ferro.
Tu rigoles, Herman.
C 'est pas vous.
Je vous cache pas que ça va ĂȘtre pĂ©nible.
La commandante insiste pour continuer son enquĂȘte de 1996.
Ouais. Et le médecin ne s 'est pas opposé à son retour au travail, alors.
Bon, 96.
Faites -moi le topo.
La victime s 'appelait Rudy Ferroux.
Suicide. Il était dépressif.
Tous les témoignages vont dans ce sens. Dans son entourage, personne n 'a été
surpris.
On va laisser LĂ©a arriver Ă cette conclusion par elle -mĂȘme. Ăa l
Et surtout, ça la tiendra Ă©loignĂ©e de notre enquĂȘte principale sur Manon
Excusez -moi.
Oui, InĂšs ? J 'ai cherchĂ© d 'oĂč Manon et la commandante pouvaient se connaĂźtre.
Et du coup, j 'ai essayé de voir si elles avaient eu des contacts avant
j 'ai trouvé.
Vas -y, raconte.
J 'ai retrouvĂ© la trace de mail il y a deux ans. Manon et LĂ©a se sont connues Ă
l 'association de femmes battues dans laquelle s 'investit Léa.
Manon était une victime ? Je crois, ouais.
Bon, j 'ai pas trouvé de plainte, mais elle parlait souvent d 'un certain
Corentin. Son petit ami, il était violent ? Pas physiquement, mais elle
racontait des violences psychologiques type harcÚlement et jalousie et tout ça.
Et du coup, lĂ , je vais Ă l 'association, je vais essayer d 'en
Ok, Ă tout Ă l 'heure.
Vous me tenez au courant.
Je me suis fait mal.
Ah, fais pas ça.
Ăa
va
? Toujours, quand je te vois.
Ah, d 'accord. Pardon.
J 'ai perdu l 'habitude, ça me fait bizarre.
Pourquoi tu dis ça ? Mais parce que t 'es la patronne. Forcément, il y a plein
de trucs qui ont changé.
Je comprends pas, Paul.
Avant, quand on était lieutenants tous les deux, tu te souviens ? Tu te marais
toujours de mes conneries.
Et maintenant, c 'est plus pareil parce que t 'es la boss.
Bon, les ordres, les procédures, je les respecte souvent, mais pas toujours.
T 'es con ? Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi ? Je sais pas, moi.
C 'est une bonne question.
Pour t 'agacer un petit peu, je crois.
Ah non.
Et ça, c 'est pas possible, Paul. Tu peux pas m 'agacer.
Parce que moi, j 'adore ton humour débile.
Parce que j 'aime ton cÎté chien fou ingérable. Parce que j 'aime quand on
en balade tous les deux en moto.
J 'aime quand on rit ensemble.
J 'aime quand tu me fais l 'amour.
J 'aime tout chez toi, Paul.
Alors... Léa, il faut que je te parle d 'un truc. Oui, je sais.
Je sais.
Je sais parce que Thomas m 'a dit.
Ah bon ? Il m 'a tout dit.
Ah, d 'accord.
Mais je ne comprends toujours pas pourquoi on est séparés, pourquoi on est
divorcés. Je ne comprends pas.
Parce qu 'il y avait plein de raisons. Eh bien non.
En fait, il n 'y a pas de raison, Paul.
D 'accord ? Parce que tous les deux, c 'est une évidence.
Parce que tous les deux, on est fait l 'un pour l 'autre.
Parce que tous les deux, c 'était toute la vie. C 'est ce que tu m 'as dit quand
tu m 'as demandé en mariage. Vrai ou faux, Paul ?
La capitaine Moriaque a dit que je pouvais vous aider, commandant.
Oui, bah non, Patrick, il faut dĂ©jĂ arrĂȘter de me vouvoyer. Tu peux me
stop ? Ah, ouais, aucun souci.
Tu me le donnes, c 'est dos, Léa, stop.
Bah voilĂ , c 'est plus cool, non ? On y va ? Ă plus.
Ouais, Ă plus.
T 'inquiĂšte, ma grande.
Avec Célestin, t 'auras aucun pépin.
Célestin m 'a dit que vous pourriez avoir besoin de moi ? Oui.
Ah non, s 'il te plaĂźt, laisse ouvert.
J 'ai tout dans ce bocal, moi.
Vous ĂȘtes sĂ»re ? ArrĂȘtez de me voyer, on dirait que c 'est 50 ans.
C 'est le rapport d 'autopsie, tu sais, dans l 'affaire Rudi Ferron, qui est
conclu par un suicide, et je suis sûre que c 'est par un suicide.
D 'accord.
Qu 'est -ce qui vous fait dire ça ? La position du corps.
Tu sais, c 'est un truc que j 'ai appris à l 'école de Sous -Off, là . C 'est un
truc qui vient d 'arriver, l 'estate.
Qui vient d 'arriver, ouais.
Oui, qui vient d 'arriver.
Et vous avez parlé à quelqu 'un sur les lieux, ou... Eh ben, je m 'en rappelle
plus. Mais alors, comment je fais pour le prouver, moi, 25 ans plus tard ?
Alors, en 2021, il y a des nouvelles technologies qui peuvent nous aider.
Genre ? Genre Internet, déjà .
Je vais vous montrer.
Vous tapez des mots -clés, vous trouvez tout ce que vous voulez. Alors, vous,
par exemple, vous aimez bien le rock ? Non, non, non, pas trop le rock, plutĂŽt
le grunge, tu vois ? Genre Nirvana.
Ah bah ouais, Nirvana, bah oui, Rowan, arrĂȘte.
Vous savez combien j 'ai pu pleurer Ă la mort de Kurt Cobain ? Kurt Cobain ?
Vous ĂȘtes vraiment en train de parler de lui, lĂ ?
Ah, c 'est marrant, parce que moi, quand j 'étais jeune, on me disait que je me
ressemblais, mais alors, comme de gouttes d 'eau.
Absolument pas, non.
Ah, c 'est vrai aussi.
Mais sinon, t 'es qui, toi, Ă part celui qui ne ressemble pas du tout Ă Kurt
Cobain ? Docteur Franck Marveau, médecin légiste, membre du club de pathologie
de médecine légale depuis 1996, proctologue, enchanté.
Ah, proctologue.
Oui, enfin, je suis surtout légiste.
Ah, ben tu vas pouvoir m 'aider, alors. Regarde.
Oui, bien sûr. Non, mais c 'est vrai, parce qu 'on a tellement l 'habitude de
résoudre des affaires ensemble.
C 'est qu 'on fait un sacré duo, toi et moi.
C 'est cool. Tu peux jeter un coup d 'Ćil ou pas ? Devant un petit cafĂ©, au
calme, comme d 'habitude.
Comme d 'habitude.
Non mais arrĂȘte.
Tu ne vas pas me faire croire qu 'avec un ordinateur, on va comprendre comment
Rudy Ferro est tombé.
Exactement, Léa.
En fait, j 'ai modélisé la position dans laquelle le corps a été retrouvé à l
'époque.
Ensuite, Ă l 'aide de plusieurs algorithmes... Des algorithmes ?
Non, algorithme. Bref, je vais pouvoir vérifier les différents scénarios de
chute possibles en fonction des trois hypothĂšses.
Accident, suicide ou meurtre. Et tout ça avec une marge d 'erreur de 0 ,02%.
Autant dire rien quoi.
T 'avais raison, Léa.
Rudi Ferro n 'est pas tombé tout seul.
C 'est un meurtre.
Je vais la faire courte, mon colonel. On a maintenant deux meurtres sur les
bras. Un colt -caisse d 'il y a 25 ans et un tout chaud.
Oui, mais enfin, le colt -caisse, il va ĂȘtre confiĂ© Ă une autre brigade que la
nĂŽtre, alors. Ăa m 'Ă©tonnerait. La commandante me l 'a appelĂ© le proc.
Elle lui a dit qu 'elle était la mieux placée pour s 'occuper du meurtre de
Ferro.
Pas oublier d 'ĂȘtre tĂȘtu, toi.
Alors, dis -moi tout, on en est oĂč ? Manon et LĂ©a se sont connues il y a deux
ans à l 'association des femmes battues. à l 'époque, Manon cherchait à se
séparer de son petit ami Corentin Laval.
Ok, et l 'association lui a aidé ? Oui, Manon a fini par quitter Corentin. D
'accord, donc on écarte cette piste. Si tu me laisses finir. Et donc j 'ai
interrogé ses anciens collÚgues de boulot à l 'agence de pub. Et devine
Manon s 'était remise avant de se faire embaucher à l 'hÎtel ? Son ex, Corentin.
Moi, je comprends pas.
De quoi ? Pourquoi les gens se remettent avec leur sexe ? Je veux dire, quand c
'est fini, c 'est fini.
Non, tu sais, parfois, c 'est plus compliqué que ça.
C 'est pas la réponse que j 'attendais.
Bref, Manon s 'est remise avec Corentin pour le quitter de nouveau deux semaines
plus tard.
Ah ouais, donc si le type est jaloux et possessif, il a plus de mal Ă le
prendre. Et le faire payer Ă Manon. Ouais.
Euh, un souci avec Léa.
Faut que j 'y retourne.
Juste pour savoir.
Oui. Tu lui as dit qu 'on était ensemble ? à qui ? Ah oui, non.
Mais le médecin a dit qu 'il fallait y aller doucement.
Mais promis, je vais lui dire.
Salut, excuse -moi, mais t 'as pas vu Hervé ? J 'ai eu un message du colonel,
'est -ce qu 'il se passe ?
Sachez bien que d 'avoir un pĂšre colonel, je te le dis, Paul.
Léa fait partie, blablabla les ordres, Léa fait pas ça, blablabla la
Tu m 'expliques ton numéro avec le procureur, là ? Euh, oui.
En fait, je croyais que c 'était au commandant de demander au procureur de
rouvrir l 'enquĂȘte.
Léa, je vais devoir prévenir la famille.
Mais non, pas du tout, je m 'en suis occupée, papa. Je gÚre.
J 'allais les interroger avec Hervé, mais personne ne l 'a vu, personne ne
connaßt Hervé, alors... Qui ? Hervé. Ah, oui, Herman.
Erwan.
Erwan. Bon, LĂ©a, j 'aimerais que tu cesses de prendre des initiatives Ă
'est pour le bien de l 'enquĂȘte, papa, tu sais, et puis je respecte les
procédures, contrairement aux autres. Bon, d 'accord, d 'accord.
Hein, t 'as gagné.
Tu gardes ton enquĂȘte sur Rudi Ferro, Paul sur Manon Casal, mais avec Sabine
comme appui pour vous superviser tous les deux.
Et tu ne fais plus rien sans mon autorisation, c 'est compris ? Ă vos
mon colonel.
Rompez.
Encore un écart et c 'est la sanction, Léa.
Ok, papa.
C 'est marrant de la retrouver comme ça.
Enfin, marrant, non. C 'est bizarre.
Ah ouais ? Je trouve ça trÚs... pénible.
Rudi avait perdu ses parents trĂšs jeunes.
Il est élevé par sa tante Germaine qui a un fils aussi, Samuel.
En tout cas, je n 'en ai pas en vacances ici, c 'est tout pourri.
Bonjour. Bonjour.
Bonjour. Bonjour.
Armourie nationale.
Germaine Ferro, Samuel Ferro.
Non, moi c 'est Victor Coppa.
Un ami de la famille.
Et un employé fidÚle.
Bonjour. Samuel Ferro. Bonjour. C 'est vous qui nous avez appelés ? Au sujet de
mon neveu, c 'est ça ? C 'est exact.
Excusez -moi, ma mĂšre n 'a pas bien compris pourquoi vous vous intĂ©ressez Ă
Rudy. Nous avons rĂ©ouvert l 'enquĂȘte sur sa mort.
D 'aprÚs les derniers éléments, il semblerait que Rudy ne se soit pas
mais qu 'il ait été assassiné.
Quoi ? Qu 'est -ce que vous dites ? Maman, ça va ? Maman ? Vitor, tu peux t
'occuper d 'elle ? Ouais.
Ăa va aller, maman. Ăa va aller.
Excusez, ma mĂšre, elle est fragile.
Vous dites que Rudy a été tué ?
J 'arrive pas Ă y croire.
Nous sommes conscients du choc que ça représente pour vous, mais nous avons
quelques questions Ă vous poser.
25 ans aprĂšs, je sais pas si je vais pouvoir vous aider.
Vous vous souvenez pas d 'un événement ou quelque chose dont vous aurez parlé
Rudy à l 'époque ? Il allait pas bien.
Et mon cousin, il a toujours été compliqué.
MĂȘme quand j 'Ă©tais petit Ă l 'Ă©cole, il y avait des problĂšmes, c 'Ă©tait pas
pour lui.
Il y a qu 'à 18 ans qu 'il a trouvé sa voie. Quand il s 'est engagé dans l
'armée, c 'est ça ? J 'ai relu votre témoignage de l 'époque.
L 'armée, c 'était toute sa vie.
Et un jour, il s 'est fait virer aprĂšs s 'ĂȘtre battu avec un de ses supĂ©rieurs.
Pour quelle raison ils se sont battus ? Je sais pas.
AprĂšs, c 'Ă©tait plus le mĂȘme.
Il disait qu 'il avait plus de buts, plus rien.
On a toujours cru que c 'était à cause de ça qu 'il s 'était foutu en l 'air.
T 'as plus cette histoire de bagarre à l 'armée, là . Faut qu 'on creuse, là .
Ăa fait 25 ans, mais je vais chercher, oui. On a compris que ça faisait 25 ans.
Attends, attends, attends, attends, je vibre.
Ăa marche pas ? Non, mais essayez sans les gants, commandant. Bah tiens,
toi.
Ăa coĂ»te combien, un marchand comme ça ? Euh, dans les 800.
800 francs ? Non, 800 euros.
Ăa fait dans les 5000 francs, quoi.
Mais non, déconne.
Regardez, c 'est le capitaine Marshall, et il veut que vous le rejoigniez sur la
plage oĂč on vous a retrouvĂ©s.
Ăa, ça sent le petit tĂȘte -Ă -tĂȘte romantique, tu crois pas ?
Non mais j 'avale, je plaisante, c 'est l 'extrĂȘme est tombĂ©.
Commandant, moi c 'est Erwann.
Oui, c 'est pareil, c 'est pas grave.
C 'est pas pareil.
Dis -moi, toi qui connais un peu Paul, tu crois qu 'il a quelqu 'un dans sa vie
en ce moment ? J 'en ai aucune idée.
On se dĂ©pĂȘche parce qu 'il vous attend, je vais vous dĂ©poser, d 'accord ? Oui,
on y va.
Tu m 'as fait super peur. Je peux faire un arrĂȘt cardiaque. C 'est une mĂ©thode
pour t 'aider à retrouver la mémoire.
J 'ai vu dans les films, ça marche super bien. J 'ai mal Ă tĂȘte maintenant.
Tu te retrouves ? Tu ne m 'as jamais perdue, Paul.
Je veux dire que tu m 'engueules.
ArrĂȘte avec ça. Je t 'engueule pas.
Il faut arrĂȘter. C 'est difficile pour moi. Je suis complĂštement perdue. Je ne
sais pas ce qui m 'arrive.
Il faut arrĂȘter maintenant, parce que moi, je n 'ai pas envie d 'ĂȘtre
commandant, je n 'ai pas envie d 'avoir des enfants.
Je n 'ai pas envie qu 'on se quitte. D 'accord, d 'accord.
Léa, Léa, Léa, Léa.
Léa, Léa, Léa, Léa.
Ce que tu traverses lĂ , c 'est vertigineux, d 'accord ? J 'en ai
tout le monde en a conscience. Mais justement, c 'est qu 'une traversée, d
'accord ? D 'accord, ça va finir par passer, c 'est sûr.
TrĂšs vite, je te le promets.
Ăa va aller, ça va aller.
Et tu sais quoi ? Tu ne la connais pas encore, la Léa de maintenant, mais c
une nana extraordinaire.
Et tout le monde te le dira, c 'est vrai.
Ce qui est vrai aussi, c 'est qu 'on ne vit pas l 'histoire qu 'on avait
imaginĂ©e, mais notre vie est super belle quand mĂȘme.
Regarde, on est ensemble.
D 'une certaine maniĂšre, on est ensemble.
Et moi, je suis toujours lĂ .
J 'ai tellement peur.
Je sais.
Mais ça va aller.
Ok. Ăa va aller.
Pour mi.
J 'ai pas tombé à vélo ? On m 'a agressée, Paul ? Pourquoi tu m 'as menti
te préserver. Et concentre -toi, est -ce qu 'il y a un détail qui te revient ?
Non.
Je sais mĂȘme pas si c 'est un homme, une femme... Non, non, c 'est bien dĂ©jĂ , on
progresse, tu vois.
En tout cas, c 'est InĂšs.
Elle est locatrice en suspect.
Je vais la rejoindre.
Elle est jolie, InĂšs.
Tu passes beaucoup de temps avec elle, quand mĂȘme.
Attention, parce que je pourrais ĂȘtre jalouse.
Allez, je te dépose.
Ben oui.
Rudy, fais haut. On en est oĂč ? J 'ai contactĂ© le service des armĂ©es. Le gradĂ©
avec qui il s 'est battu à l 'époque s 'appelle François Gramont.
Ok, donc c 'est à cause de lui que Rudy s 'est fait virer de l 'armée et qu 'il
a dĂ» tirer un trait sur sa carriĂšre militaire.
Il aurait pu l 'en vouloir et avoir envie de se manger.
Et la dispute se serait retournĂ©e contre lui ? Ou est -ce possible ? Ăa vaut le
coup de poser la question Ă Gramont, non ? Tu nous le convoques.
Alors ? Corentin Laval travaille ici, à l 'hÎtel de région. Bonne situation.
Mais j 'ai creusé un peu et il y a environ un mois, il a eu quelques soucis
travail. Il y a un mois ? C 'est pas Ă ce moment -lĂ qu 'il s 'est fait larguer
pour la deuxiĂšme fois par Manon ? Exact.
Mais quelle coĂŻncidence.
Quel genre de soucis il a eu ? Il a outrepassĂ© ses fonctions pour accĂ©der Ă
fichiers confidentiels. Du coup, il s 'est pris un blùme, mais il a aussi été
rĂ©trogradĂ© Ă un poste subalterne. Ouf ! Ăa a dĂ» lui mettre les nerfs, ça. Si t
'ajoutes en plus une rupture à digérer quand tu vois le profil du gars... Bah,
'obtiens un mec dangereux, capable de déchaßner sa violence sur sa victime
préférée, ton ex -copine. Manon Cazal. J 'ai vraiment hùte de le rencontrer,
lui. Oh, pas autant que moi, je crois.
Ouais ? Morte ? Mais comment ?
Et Léa Solaire ? Tu te rappelles d 'elle ? Qui ça ? Attendez, j 'y comprends
rien. Vous voulez quoi, en fait ? On s 'est renseignés sur toi.
Ta relation avec Manon était un peu chaotique, non ? Ouais, plutÎt du genre
possessif avec tes copines, non ? Ă la limite du harcĂšlement.
N 'importe quoi.
Quand j 'aime, je sais pas, j 'aime Ă fond, c 'est tout.
Bon, et puis merde, vous voulez quoi, Ă la fin ?
Comment tu l 'as vĂ©cu quand Manon t 'a larguĂ©, pile poil, au moment oĂč t 'as
soucis au boulot ? Vous vous trompez sur Manon.
Elle m 'a manipulé sur toute la ligne, ok ? Comment ça ? Elle s 'est servie de
mes codes perso pour accéder à des fichiers confidentiels.
Je suis sûr que c 'est uniquement pour ça qu 'elle s 'est remise avec moi.
Quand elle a eu ce qu 'elle voulait, elle m 'a lùché comme une merde. Oh, c
vilain, ça.
Non, non, de balancer la faute sur les autres, tu sais. Mais en plus, quand ils
peuvent pas se défendre.
C 'était la vérité.
Manier Archie m 'a fait payer, mais t 'étais pas moi le coupable.
ArrĂȘte. T 'as voulu te venger de Manon ? Bien sĂ»r, j 'ai eu la haine contre
Manon, mais pas au point de la tuer.
La preuve, je l 'ai mĂȘme pas dĂ©noncĂ©e. Ah non, c 'est pas une preuve, ça.
Non.
Bon.
Tu faisais quoi ce matin de 7h à 9h ? J 'étais à la salle de sport, avec une
dizaine d 'habitués.
Allez vérifier.
Mais oui, merci, c 'est ce qu 'on va faire.
Excusez -moi, M. Gramont.
Colonel Gramont.
Alors, j 'étais en train d 'étudier votre dossier, là . Dites -moi, waouh, ça
fait carriÚre militaire, hein ? Alors, moi, c 'est l 'année 1996 qui m
'intéresse.
1996 ? C 'est loin.
Ăa dĂ©pend pour qui.
Donc, à l 'époque, vous étiez sergent à la caserne de Béziers, c 'est bien ça ?
Et vous avez eu une altercation avec un militaire de premiĂšre classe, Rudy
Ferro. Vous vous souvenez des raisons ? Vous ĂȘtes sĂ©rieuse ? Pourquoi ? J 'ai
pas l 'air.
Comment voulez -vous que je me rappelle ? Ăa devait ĂȘtre un truc de gamin, une
broutille.
Une broutille qui lui a coĂ»tĂ© cher quand mĂȘme, parce qu 'il a dĂ» dire adieu Ă sa
carriĂšre militaire.
OĂč est -ce que vous voulez en venir ? Figurez -vous qu 'aprĂšs ce renvoi, Rudy
Ferro est mort.
Nous avions été informés de son suicide à la caserne.
Ah, vous voyez.
La mémoire vous revient en fait, hein ? Alors, Rudy Ferro ne s 'est pas suicidé
en fait.
Quelqu 'un l 'a tué.
Alors je me suis dit, peut -ĂȘtre qu 'il a cherchĂ© Ă se venger.
Que vous vous ĂȘtes revus, que vous avez discutĂ©, que la discussion a mal tournĂ©.
Enfin, vous voyez, vos enfants, c 'est quoi vous ? AprÚs son départ de la
caserne, je n 'ai plus jamais eu de contact avec Rudy Ferro.
Nous en avons terminé ? Commandant ? Colonel ?
Alors il nous ment.
Mais ça va ĂȘtre difficile de lui tirer les verres du nez.
Ma petite Léa, rÚgle numéro un quand on s 'attaque à un officier supérieur,
avoir du biscuit.
Avoir du biscuit.
Eh oui.
Dis papa, je suis un bon commandant.
Excellent commandant.
Mais comme lieutenant,
T 'as encore beaucoup de choses Ă apprendre.
Alors ? Ăa fait quoi de retrouver la femme qu 'on a connue il y a 25 ans ?
Ben... C 'est troublant.
Ouais, c 'est trĂšs troublant.
Et toi ? Avec Sabine ? De quoi vous parlez ? Tu lui as demandĂ© si c 'Ă©tait Ă
Londres ? Donc c 'est pas vous ? Tu vois, je te l 'avais bien dit.
J 'y travaille, j 'y travaille.
Ah lĂ lĂ , tu y travailles de quoi ? Pose -lui la question, point, c 'est tout.
C 'est pas si simple, capitaine, et puis j 'ai déjà essayé.
On ne sait pas y faire, c 'est juste de la psychologie. Je vais m 'en occuper,
moi. Bon, sinon, l 'alibi de Corentin Laval, on en est oĂč ? Il Ă©tait bien Ă la
salle de sport.
Plusieurs tĂ©moins ont confirmĂ©. D 'accord, bon, peut -ĂȘtre qu 'il dit la
aussi concernant...
Manon et le piratage informatique au Conseil Régional.
Qu 'est -ce qui l 'intéressait là -bas, alors ? J 'ai vérifié. Les fichiers
piratés appartenaient au CNAOP.
Le Conseil National d 'AccÚs aux Origines Personnelles ? En épluchant les
comptes de Manon, je suis tombé sur une facture qu 'elle avait réglée à un
laboratoire espagnol pour un test ADN. Et je viens de recevoir les résultats.
Regardez.
Les parents de Manon ne sont pas ses parents biologiques ?
Donc Manon était à la recherche de ses origines. C 'est ça.
Mais alors pourquoi les Casals nous ont rien dit ? Erwan est parti les
réinterroger.
Ok. TrĂšs bien.
Vous savez, capitaine, depuis le temps qu 'on travaille ensemble, je commence Ă
vous connaĂźtre.
Et j 'ai remarqué que depuis quelques jours, vous aviez une attitude un peu...
Comment dire ?
Typique. Typique ? De quoi ? Typique.
Oui, par exemple, j 'ai remarqué que vous étiez toujours un peu dans la lune,
dans vos pensées.
Je vous ai vu rouler vos cheveux autour du doigt.
C 'est comme ça que j 'ai compris.
Et qu 'est -ce que tu as compris ? J 'ai compris qu 'il se passait quelque
chose.
Du coup, je me disais, comment ça va, vous ?
La famille, les enfants, la marie.
Pas de tentations amoureuses.
Envie de vivre des nouvelles expériences.
Je vois que vous avez juste envie de me péter la mùchoire, donc je vais m 'en
aller.
On a adopté Manon quand elle était bébé.
Pourquoi vous ne nous avez rien dit ? Adopter ou pas, c 'est nous ses parents.
Quel rapport avec son meurtre ? Le rapport, c 'est que Manon Ă©tait en quĂȘte
ses origines, ce qui l 'amenait Ă la grande motte.
Elle ne nous avait vraiment rien dit ? Non.
Elle t 'en a parlé à toi ? Non.
A aucun moment.
Merci de m 'accorder ces quelques minutes, colonel. C 'est normal,
J 'ai vĂ©rifiĂ© les relevĂ©s de communication de la caserne oĂč vous
il y a 25 ans.
Il s 'avÚre que, aprÚs son renvoi, vous l 'avez appelé plusieurs fois.
Alors j 'aurais voulu savoir pourquoi vous nous avez menti.
Ăa n 'a rien Ă voir avec la mort de Rudy.
Ăa pourrait quand mĂȘme apporter prĂ©judice encore aujourd 'hui.
Bon, Ă©coutez, ça n 'a pas un rapport direct avec mon enquĂȘte.
Je vous promets que ça restera entre nous.
Vous avez ma parole d 'officier.
La vérité, c 'est qu 'avec Rudy, on était copains.
Cette bagarre à la caserne, c 'était incommonté.
Quoi ? Vous voulez dire que vous avez mis en scĂšne cette dispute ? Rudy
se faire virer sur le champ.
Son appart a terminé son service obligatoire.
Et pourquoi ? Sa famille dit que l 'armée était toute sa vie, qu 'il avait
trouvé sa voie.
C 'était vrai au début de son engagement, mais du jour au lendemain,
supporter la vie militaire.
Et quoi ? Il s 'est passé quelque chose pour qu 'il change d 'avis ? Je sais
pas.
Quand je l 'ai appelé aprÚs son renvoi, c 'était pour prendre de ses nouvelles.
Et je peux vous dire une chose.
Il était trÚs heureux.
PrĂȘt pour une nouvelle vie dans le civil.
Merci, colonel.
Ă demain.
Capitaine, je voulais vous dire, j 'ai une désaffaire de l 'application de
rencontre. Quoi ? Mais non, mais fais pas ça malheureux. Si, si, si, ça vaut
mieux. Mais non, elle est prĂȘte Ă te rencontrer.
Qui ça, elle ? Bon, écoute, il faut que je t 'avoue quelque chose.
Mais pas lĂ , pas maintenant, il faut que je lui parle d 'abord.
Ă qui ? Ăcoute, j 'ai un rendez -vous urgent, je suis trĂšs trĂšs Ă la bourre,
mais demain je t 'explique tout, c 'est promis.
Tu me fais confiance ? Non mais franchement, j 'ai comme un doute lĂ .
Si, si, si, tu me fais confiance. Ă demain !
La chance que tu as, c 'est que ma mĂšre n 'a jamais voulu m 'acheter une
console.
Moi, ça me rassure. Je n 'ai pas vu une de Nicole Marie.
Ăa, c 'est sĂ»r.
Regarde, regarde, regarde.
Ăa me rappelle que j 'ai un vieux jeu qui vient de remasteriser.
Attends, je vais te le chercher. Peut -ĂȘtre que ça te rappellera quelque
Tu es en train de dire que je suis vieille, lĂ , non ? Non, mais genre
Elle était tellement plus cool quand elle avait 20 ans, maman.
Oui, d 'habitude pas trop. J 'espÚre qu 'elle ne va pas rester comme ça.
Comment tu te sens, ma chérie ? M 'aider bien ? Léa.
J 'ai un petit peu mal Ă la tĂȘte, mais ça va passer.
Léa.
Je... Je fais comme si tout allait bien, mais je suis un peu paumée, quoi.
C 'est normal.
Mais tu verras, aprĂšs les souvenirs vont revenir petit Ă petit.
Et si ça revenait pas ?
J 'ai l 'impression d 'avoir tellement changé, maman.
Mais tout le monde change, puis c 'est... Manon, pas toi ? Oh, Manon, t
toujours aussi belle.
Je crois que ce qui me fait le plus de mal, c 'est... C 'est le regard de Paul.
Je vois bien dans ses yeux qu 'il m 'aime plus.
C 'est plus compliqué que ça.
T 'as dĂ» ĂȘtre contente, toi.
Ah oui ? Tu l 'aimais pas, donc t 'as dĂ» ĂȘtre contente quand on s 'est quittĂ©s.
Détrompe -toi, j 'ai appris à le connaßtre.
Et puis tu sais, vous ĂȘtes peut -ĂȘtre sĂ©parĂ©s, mais il y a encore une Ă©norme
place dans le cĆur de Paul. Ah ! Ah voilĂ ! Toi aussi tu penses qu 'on peut
recoller les morceaux ? Ah non mais pas du tout, c 'est pas du tout ce que je
voulais dire. Ah bah si, c 'est ce que t 'as dit.
Tom ! Tu sais ce que je vais faire ? Je vais lui écrire une belle lettre d
'amour avec plein de petits cĆurs partout. Tu sais oĂč je range le papier Ă
lettres ? Le papier Ă lettres...
Dans ta chambre, avec les trucs qui servent Ă rien.
Les trucs qui servent Ă rien ? Ăcrire une lettre, ça sert Ă rien ? Maman, plus
personne n 'écrit de lettres.
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