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C 'est vraiment un taf de galérien ! Tu croyais que t 'avais mérité des vacances
? Ouais, c 'est quoi, hein ? Mais c 'est quoi ce boulot, lĂ ? Moi, je fais
comment, moi ? Pochet ! Je veux pas arrêter de râler, deux secondes ! Non,
veux pas arrêter de râler, non.
Mais tu vas comme des connards ! Ah ! T 'arrĂŞtes !
AllĂ´, oui, il y a eu un accident.
Je te fais le topo.
Hervé Levers, 55 ans, président de l 'association Seconde Chance et en charge
ce chantier.
C 'est une association de réinsertion parce que tous les ouvriers sont des
détenus.
Une sorte de chantier de placement extérieur ? Exactement.
Ils sont tous en fin de peine.
Le jour, ils bossent ici. Le soir, ils rentrent dans un centre dormir Ă
kilomètres. Je les ai tous regroupés sur le chantier. Je me suis dit que ça
serait pas mal si je pouvais... Très bien.
Moi, je vais retrouver Erwann.
C 'est bien ça ? Pardon.
Léa, à propos d 'hier soir... De quoi ? Oui ?
Bonjour,
lieutenant. Bonjour, commandant.
Il est tombé de là -haut ? Oui. On a des témoins ? Deux détenues et la
surveillante, qui travaillaient juste ici quand HervĂ© Levers s 'est Ă©crasĂ© Ă
leurs pieds.
Et ils ont entendu quelque chose ?
Non, je crois pas.
Pourquoi ? Bah, c 'est rare de tomber en silence.
Moi, si je tombe, je crie.
C 'est un réflexe.
Ou alors je suis inconsciente, ou peut -être déjà mort.
Donc c 'est bien ce que je pensais, c 'était pas un accident.
Et vous avez vu la contusion, lĂ ? Vu la position du corps, ce n 'est pas la
chute qui l 'a provoqué.
Donc on peut en déduire que cet homme a été frappé avant de tomber.
Ok. On a récupéré son téléphone.
Il s 'est cassé pendant la chute.
Très bien. Vous vous prévenez les tics ?
On ouvre une enquête pour un missile. Très bien, commandant.
Un détenu manque à l 'appel.
Christian Dumas.
J 'ai prévenu l 'administration pénitentiaire. Vous l 'avez vu quand
dernière fois ? Il y a 1h30 environ.
Je vous ai sorti la photo de son dossier. Une heure trente ? Vous vous en
pas aperçu avant ? Mais non.
Les détenus doivent pointer toutes les deux heures. Sans ça, ils sont
D 'accord. Il y avait un problème entre Dumas et le victime ? Ah non, pas du
tout. Ils s 'entendaient même plutôt bien et pourtant, c 'était pas le genre
'Hervé de se faire des amis.
Peut -être. C 'était un mec bien.
Il nous a tous donné une chance de redémarrer.
Dumas avait pas de raison de s 'embrouiller avec lui.
Aucun de nous d 'ailleurs.
Non.
Vous en pensez quoi, vous ? Où est l 'homme ? Rien de spécial, moi j 'ai rien
dire lĂ -dessus. C 'est marrant, je pense l 'inverse, moi.
Je sens que vous avez des petites choses Ă me raconter.
Hier, Dumas et Le Vert se sont engueulés sérieusement.
Même que Dumas a crié, tu vas crever, Le Vert.
On a du nouveau ? Euh, ouais, Dumas, un détenu en fuite.
L 'administration pénitentiaire est au courant ? Oui, ils envoient une équipe
pour la battue.
Tu l 'attends ? Qui ? L 'équipe pour la battue. Ah bah oui, bien sûr.
Rapport à la procédure, je m 'étais dit que j 'avais pas le choix en fait.
Oui, t 'as raison.
Merci. De rien.
Allez, par rapport Ă hier soir, je tenais Ă m 'excuser, je sais pas ce qui
pris.
On va pas t 'excuser, Paul.
C 'était... un moment d 'égarement.
Ça fait combien de temps que vous travaillez pour l 'association ? Hervé m
embauché à ma sortie de tôle il y a 5 ans.
Je gérais l 'administratif et lui le terrain.
Pourquoi il a monté une association comme celle -là , à votre avis ? Par
idéalisme.
Quand il était prof, il donnait déjà des cours en prison.
Et ensuite, après la mort de sa femme, il a décidé de monter seconde chance.
C 'était plus utile comme ça.
Et le vert, il avait refait sa vie ?
Comment ? Il avait refait sa vie ? Non, c 'était un solitaire.
MĂŞme pas d 'amis proches, rien.
La seule chose qui comptait pour lui, c 'était... C 'était ici.
Et il avait des problèmes avec des détenus ? Avec Christian Dumas, par
Non, au contraire.
Et puis les gars sont en fin de peine.
Aucun d 'eux va prendre de risques.
Par contre... Elle s 'est touchée avec les gens du village.
C 'est -Ă -dire ?
Bah, ils veulent pas de nous chez eux, c 'est clair.
Comme d 'habitude, quand on parle de prisonniers, les bras j 'en s 'inquiète,
non ? Alors que... En tout cas, pour tous ceux qui sont ici, c 'est juste des
braves mecs, quoi. Qui ont déconné, c 'est sûr.
Et qui veulent se réinsérer.
Très bien, à tout de suite.
Les équipes seront là dans dix minutes. Ok, super.
Bon, Dumas a pas pris la route.
Trop facile de se faire repérer. Les ruines, c 'est une bonne planque, mais
longtemps. En revanche, ce passage... On y va, alors.
Bah non ! Bah non, non, non ! Et la procédure, oh ! La procédure ? Qu 'est
qui vous arrive, capitaine ? La procédure, vous êtes sûr que ça va ?
non, tout va bien.
Mais il faut cacher quelque chose, hein. Parce que c 'est bien la première fois
que je vois rater une occasion d 'aller contre un ordre du commandant. Mais pas
du tout, qu 'est -ce que tu racontes ? N 'importe quoi.
Alors on y va ? Le duo, l 'arme fatale, tout ça ? Non, non, non, non, Erwan, je
peux faire. Il n 'y a pas de duo aujourd 'hui.
Ok, bon, bah j 'y vais en solo, alors.
Pas de regrets, vous êtes sûr ? Ouais.
Non, mais puisque t 'insistes, oui, si, je t 'accompagne.
T 'en sortiras pas sans mes talents de scout.
Je savais que tu me ferais avoir des envies, toi.
Je viens d 'apprendre.
Anthony Fourcaille.
Je suis adjoint au maire.
Je savais rendez -vous avec Hervé et Richard ce matin. Reparer la réception
chantier.
C 'était presque terminé, bon sang.
Alors lĂ , va falloir m 'expliquer parce que moi, lĂ , ce que je vois, c 'est des
ruines.
Des ruines.
Mais non, le château va servir de décor à un son et lumière. Les travaux, c
'était pour consolider l 'ensemble, en gardant l 'apparence extérieure.
Vous connaissiez bien la victime ? Depuis le début des travaux, c 'est moi
gère la rénovation pour la mairie.
Rénovation qui ne plaisait pas à tous vos administrés, paraît -il.
Peut -être quelques -uns, mais... Ça ne vous a pas empêché de lancer les travaux
? Non, attendez, attendez, attendez.
Moi, ce projet, je l 'ai défendu bec et oncle depuis le début, d 'accord ? Un
spectacle comme ça, ça va faire venir du touriste.
Et le prix de la main -d 'oeuvre de seconde chance est imbattable ? Je
pas pourquoi un habitant aurait pété les plombs alors que ce chantier allait
finir et que tout ce beau petit monde allait partir.
Allait partir ? Pas vraiment.
La mairie a déjà mandaté l 'association pour un autre chantier dans le village.
Ah ben ça, monsieur Fourcaille, c 'est une excellente raison d 'énerver vos
administrés.
Donc on a deux pistes, le détenu du mât en fuite et les villageois mécontents.
Merci, Inès.
Les cartons de la perquise ? Repart le PV du contenu, capitaine.
OK.
OK.
Donc, seconde chance lui permettait d 'échapper à tout ça et d 'obtenir sa
liberté conditionnelle à la fin du chantier.
Il a dû lui falloir une sacrée raison pour se disputer avec Hervé Levers.
J 'ai juste d 'application pour des peignes. D 'accord.
Et au fait, on se connaît depuis des années. Je l 'ai connu quand il était
magistrat. C 'est quelqu 'un de très professionnel. Vous êtes ok, papa. Et qu
'est -ce qu 'il t 'a dit ? Il m 'a dit que notre victime lui avait envoyé un
rapport défavorable sur Dumas.
Aucun motif ? Deux absences injustifiées au chantier.
Et pourquoi les surveillants l 'ont pas vu ? Mais parce que c 'est immense, ils
peuvent pas tout voir.
Puis c 'est une question de confiance, les détenus ne pointent que toutes les
deux heures.
Et alors pourquoi le verre l 'a remarqué ? Et pourquoi il a attendu la deuxième
absence pour le signaler ? Et oh oh oh oh, j 'en sais rien moi, j 'ai pas
les réponses.
A priori ils s 'entendaient bien, donc peut -être que le verre a passé l
sur la première absence et pas sur la deuxième, voilà c 'est tout.
Oui, et puis avec un rapport défavorable, c 'était retour à la casse
pour Dumas.
Autant dire la mort assurée.
Tu m 'as refait n 'importe quoi pour pas y retourner.
Bah dis donc, capitaine.
J 'ai jamais vu aussi prudent.
En fait, vous avez un truc Ă vous faire pardonner par le commandant ? La
procédure, c 'est la base. C 'est important de respecter les règles.
La procédure ? Non mais vous commencez à vraiment m 'inquiéter là , parce que
depuis qu 'on travaille ensemble...
Vous voulez aller oĂą ?
Je n 'avais
aucune raison de tuer Hervé.
Et comment vous avez réagi en apprenant que vous alliez retourner en prison ? De
quoi vous parlez ? De vos petites excursions en dehors du chantier,
Dumas. Je ne comprends pas ce que vous dites. Je n 'ai jamais été absent, moi.
Pourtant, la victime a fait un rapport contre vous.
Je ne sais pas pourquoi il a écrit ça, moi.
Ok. Alors pourquoi vous ĂŞtes enfuis ce matin ?
Je crois que j 'ai quelque chose lĂ .
Regardez.
Une ordonnance pour de l 'oxycodone.
C 'est pas le genre d 'antidouleur qu 'on trouve facilement.
C 'est même tellement fort que c 'est classé parmi les stupéfiants.
Et vu la dose qu 'il prenait, il devait sacrément planer.
La victime était un camé.
Un camé homédoque, mais un camé quand même.
Regardez qui a signé.
Dumas. Et c 'est daté d 'avant -hier.
Dumas était le dealer de Levers.
Mais alors, s 'ils étaient de mèche, pourquoi Levers a signé un avis
? Exercice illégal de la médecine pendant votre détention.
Vous m 'expliquez, docteur Dumas ? C
'est Levers qui m 'a supplié de lui donner des calmants.
Il vous laissait l 'accès à son ordinateur pour faire les ordonnances.
Il souffrait d 'hybromyalgie, avec des douleurs chroniques terribles.
Seul l 'oxycodone pouvait le soulager.
Et pourquoi il n 'a pas demandé à son médecin ? Parce qu 'en France, on
l 'oxycodone que 28 jours max pour éviter la dépendance.
Comment vous procédiez pour ne pas vous faire prendre ? Le verre changeait
chaque fois de pharmacie.
Je lui avais fourni une liste de pharmaciens pas très regardants.
Il disait avoir oublié sa carte vitale, il payait et la sécu ne recevait rien.
Et pourquoi avoir menacé de le tuer ? Quoi ? Un témoin vous a entendu lui dire
tu vas crever le verre.
Non, non, non, non, c 'était juste une mise en garde à cause de sa consommation
d 'oxycodone, c 'était pas du tout une menace.
C 'est pour ça que vous êtes en fuite ce matin.
Oui, j 'ai pensé que les médicaments avaient pu provoquer un vertige, qu 'il
avait chuté. Et comme c 'est moi qui avais fait la prescription, j 'ai
Il était bien gavé d 'oxycodone. Son médecin m 'a envoyé le dossier qui
le diagnostic d 'une fibromyalgie.
Mais tenez pas tout.
Vous n 'ĂŞtes pas du genre Ă payer que pour le plaisir.
Si.
C 'est ce coup Ă la tĂŞte.
Qui l 'a tué.
Ça a créé un élatome sous -lural et la mort a été instantanée.
D 'accord, donc le meurtrier le frappe, le tue et la victime bascule. C 'est ça.
C 'est tout ? Non.
J 'ai relevé ça aussi sur le bras.
On dirait des traces de garrot.
Il s 'est injecté l 'oxycodone ? Non, ça se prend uniquement par voie orale.
Aucune trace d 'aiguille non plus, je n 'ai pas encore compris. Mais je vais
continuer Ă chercher.
Très bien.
Je vous appelle.
Dumas n 'était pas au courant que Le Verre voulait le renvoyer en prison. Le
juge l 'avait pas encore notifié.
Et il a pu lui dire de vivre.
Mais pourquoi il aurait fait ça, en fait ? Notre victime avait besoin de lui
pour prescrire ses doses d 'oxy.
Non, je le vois pas tuer.
C 'est vrai, c 'est pas violent.
Puis il est médecin.
Ah, il est médecin ! Ah bah oui, les médecins, ça tue pas, c 'est bien connu.
J 'ai peut -ĂŞtre une autre vie de temps.
J 'ai creusé la piste du conflit avec les villageois et franchement, c 'était
chaud. Pétition, accrochage, le vert a même porté plainte une fois contre X
après une bagarre.
Jocelyne Dubosc, la patronne du bar du village, est la plus véhémente contre
prisonniers. C 'est elle qui a lancé la pétition.
Et si elle a appris que le vert avait décroché un nouveau chantier pas très
loin, ça a pu l 'énerver.
Je vais l 'interroger. Ben oui.
Inès, vous l 'accompagnez ? Oui, bien sûr.
Je me suis dit que moi j 'allais... T 'interroges la patronne et je m 'occupe
des clients, c 'est ce que t 'allais dire ? Voilà , c 'est ça, oui.
Je ne suis pas contre les détenus en réinsertion, mais pas à côté de chez
Vous auriez voulu qu 'ils se réinsèrent où ça ? Je m 'en fiche, mais pas là .
Ces racailles n 'amènent que des problèmes.
Ok, admettons. Et avec Hervé Levers, qui lui -même avait amené ces racailles
ici, ça allait comment ? Plutôt bien.
Tiens, Jojo.
Il venait boire son café tous les matins. On n 'était pas d 'accord sur
mais on s 'appréciait vraiment.
D 'accord, donc vous ne lui en vouliez pas d 'avoir obtenu un deuxième chantier
au village ? Parce que quand même, ça fait beaucoup plus de détenus.
Mais ce n 'était pas lui le responsable. C 'est cette raclure de Fourcaille qui
a tout fait pour qu 'il l 'obtienne.
Anthony Fourcaille, l 'adjoint -maire ? Mais oui ! Au début, il était vent
debout contre l 'implantation de seconde chance.
Vous savez pourquoi ? Il a une boîte de BTP.
C 'est Ă lui que le chantier aurait dĂ» revenir.
Mais l 'association de Le Verre était moins chère.
Ok, donc Fourcaille l 'aurait mal pris.
Oui, sauf qu 'il y a deux mois, il n 'a retourné pas avec.
Alors, capitaine, on en est où ? Je suis en train d 'étudier l 'association qui
a été montée par la victime, seconde chance.
Elle avait de très beaux résultats.
15 % de récidive seulement contre 63 % pour ceux qui restent en détention.
Eh oui, la réhabilitation par le travail, il n 'y a que ça de vrai.
Alors lĂ , je suis tout Ă fait d 'accord, colonel. Une punition constructive est
toujours plus utile qu 'une simple répression.
Les comptes, vous les avez lĂ ? Oui, j 'y arrivais.
Oh lĂ ! Ah, oui.
Elle n 'allait pas si bien que ça, l 'assaut.
Les comptes sont complètement à sec.
Alors, pourquoi l 'adjoint nous a dit que tout allait très bien ? Eh bien, il
vous a menti.
Et vu l 'état de la trésorerie, je me demande même comment ils ont pu terminer
le chantier.
Allez réinterroger cet adjoint, ce terneux, c 'est ça ? Bon.
Bon, euh... D 'après un habitué qui sait tout sur tout, l 'association avait des
problèmes parce que leur chantier avait pris du retard.
Ah bon ? Pour quelle raison ? Le vol de matériel. Des palettes entières qui se
sont volatilisées.
Et le verre n 'a pas porté plainte ? Ça aurait mis en danger l 'association si
le voleur avait été un détenu.
Non, je pense qu 'il a préféré régler le problème par lui -même. D 'accord. Et
ça, ce serait mal terminé.
Je ne pense pas parce que figure -toi que les vols se sont brusquement arrêtés
il y a deux mois. Deux mois ? Oh, mais quelle drĂ´le de coĂŻncidence.
Merci pour l 'apport.
Bon, on va convoquer l 'adjoint au maire.
Fernand ne nous a rien dit sur les problèmes de trésorerie.
Non, non, ni pour les vols sur le chantier.
D 'ailleurs, en parlant de vols, combien de cœurs tu as cambriolé depuis que tu
es sur ton appli ? C 'est une sacrée transition, ça, Capitaine.
Oui, je reconnais que ce n 'est pas terrible.
Alors ? Écoutez, compte tenu de votre proximité et de votre regard, je me sens
un peu obligé de vous répondre. Donc oui, il y a bien une fille avec qui je
discute un petit peu.
Oui, mais bon.
Une foufou, quoi, en papote. La papote mène à la capote.
Encore une expression de Picardie, capitaine ? Ben oui.
Quelle belle région.
Monsieur Terre -Neuve, si on vous dérange, vous nous le dites.
Excusez -moi.
Bon, alors, ces vols ? Ben, on n 'avait pas de suspect ?
Le Vert ne voulait pas qu 'on attire l 'attention sur les détenus.
Ensuite, ça s 'est arrêté.
Et concernant les soucis de trésorerie ? Le Vert m 'avait promis qu 'il allait
régulariser tout ça avec l 'assurance qu 'on attendait pour le prochain
chantier.
J 'avais juste Ă ĂŞtre un peu patient.
Patient ? Ben dis donc, vous ĂŞtes sympa, vous.
Alors, en attendant, vous faisiez comment sans salaire pour survivre ? Je
débrouillais.
Lui, avec pas grand -chose.
Les commandes de matériaux ont triplé depuis deux mois.
Après les vols, le verre a dû racheter du matériel.
Je sais pas, c 'est lui qui s 'occupait des finances.
J 'en sais rien.
Ah bon ? C 'est marrant, ça, parce que vous avez dit à notre collègue que c
vous qui gérez l 'administratif.
Dans les commandes, je vois des baies vitrées, une rampe d 'escalier moderne
des néons.
Ah ! En fait, c 'est une ruine high -tech que vous restaurez.
Je sais pas, je vois pas de quoi vous parlez.
Bon, arrĂŞtez de vous foutre de nous, M. Terre -Neuve.
Sur ce bon de commande, regardez lĂ .
Il y a votre signature.
Et celle d 'Anthony Fourcaille aussi.
Donc, c 'était M. Fourcaille qui commandait et vous qui réceptionniez.
Oui, c 'est... C 'est la mairie qui commande directement les matériaux. C
le client, quoi.
Nous, on est juste prestataires.
Allô, commandant ? Oui, on a du nouveau, ça y est.
Votre rôle était de commander des matériaux financés par la mairie pour le
chantier du château. Oui.
Je ne vois pas où est le problème.
Le problème est que certaines commandes ne correspondent pas du tout à un son et
lumière au milieu des ruines. Eh bien, c 'est qu 'il doit y avoir une erreur.
En revanche, elles pourraient parfaitement correspondre Ă un autre
réalisé par une autre boîte de BTP, en l 'occurrence la vôtre. C 'est marrant,
cette coïncidence, ça me parle.
Bref, vous n 'avez pas supporté de perdre le chantier du château, donc vous
décidé de vous venger en sabotant le chantier, en volant les matériaux. Non,
arrĂŞtez de me couper la parole.
L 'adjoint de Levers, Richard Ferneuf, s 'est rendu compte de tout ça. Mais au
lieu de vous dénoncer, il a décidé de vous proposer un deal.
Vous récupériez les matériaux et vous lui donniez du cash.
Sauf que M. Levers s 'en est rendu compte Ă son tour et alors, voilĂ .
Oui, c 'est pour ça que je l 'aurais tué.
Oui.
Ben oui, si vous dénoncez, vous perdiez tout. Votre boîte de BTP, votre poste d
'adjoint Ă la mairie.
Ça fait deux très bons mobiles. D 'habitude, avec un, nous, ça nous va.
non, mais non ! Quand Richard m 'a proposé le marché, évidemment que j 'ai
accepté. Ça ne fait pas de moi un assassin.
C 'était le seul moyen de finir ce chantier en temps et en heure.
C 'était important à ce point ? Bien sûr, c 'est important pour obtenir le
chantier suivant.
C 'est la seule façon qu 'on avait d 'aider les gars à se réinspirer.
Hervé ne les aurait jamais laissés tomber.
Mais il était au courant de vos magouilles.
C 'était son idée.
Ternov et Fourcaille ont très bien pu faire le coup à deux.
Ils se sont inventés un alibi mutuel et ils ont tout mis sur le dos de la
victime. Non, non, je pense pas, non.
Sans leur arnaque, Levers aurait dĂ» arrĂŞter l 'association et je crois que c
'est un peu sa raison de vivre.
Donc ? Donc on va chercher ailleurs.
Paul, je suis désolée qu 'on en soit arrivé là .
Moi aussi, ouais.
J 'espère qu 'on pourra continuer à bosser ensemble.
Ah, donc pour toi, lĂ , c 'est fini, fini.
Mais je sais pas, tu me dis rien.
Tu me dis rien sur ta nuit Ă l 'hĂ´tel, ni sur tout le reste, alors... Le reste
La Guyane, par exemple.
Qu 'est -ce qui s 'est passé avec ton commandant pour que tu arrives ici
précipitamment ? Tu débarques et je dois m 'adapter sans poser de questions ? J
'ai pas envie d 'en parler.
Oui.
Il est là le problème en fait.
Si moi j 'ai envie d 'en parler, ça compte pas.
Il n 'y a pas de confiance en fait.
Il n 'y a pas de confiance.
Et moi sans confiance, je vois pas ce qu 'on peut construire tous les deux.
Alice ? Qu 'est -ce qui t 'arrive ma chérie ? T 'es bien matinale ? C 'est
? Non, tout va bien.
D 'accord, donc c 'est grave.
Qu 'est -ce qui se passe ma chérie ? T 'as pleuré ? Oh non !
Viens là , viens là , viens là . Je vais te raconter tout ça.
Pose -toi.
Qu 'est -ce qui se passe ? On s 'est disputé avec Julien.
Ah ben, c 'est un peu votre quotidien souvent, non ? Hier soir, on avait l
'anniversaire d 'un pote.
Moi, j 'ai complètement zappé.
Je suis restée au cabinet pour bosser jusqu 'à pas d 'heure.
Julien, lui, il est allé.
Il s 'est mis la tĂŞte Ă l 'envers.
Et il a embrassé Sophie.
Mais non.
Sophie, Sophie ? Oui, Sophie.
Ma meilleure amie.
Je suis perdue, maman. Je suis paumée.
Ça peut se comprendre.
Mais tu vois, en même temps, je me dis que s 'il m 'en a parlé,
c 'est qu 'il s 'en veut.
C 'est un peu la moindre des choses, quand mĂŞme, non ? Tu crois pas ? Peut
-ĂŞtre.
Tu sais, un moment dégarant, ça peut arriver à n 'importe qui en même temps.
Tu te sens...
Un peu seule, un peu perdue.
Donc toi, tu ne l 'en veux pas ? Je n 'ai aucune raison de lui en vouloir en
mĂŞme temps.
Ce n 'est pas mon histoire. Je ne supporte pas qu 'on fasse du mal Ă ma
mais ce n 'est pas mon histoire, c 'est la tienne, c 'est la vĂ´tre.
Alice, tu l 'aimes ou tu ne l 'aimes plus ? Je l 'aime.
Alors il faut lui laisser une seconde chance.
J 'aime bien la soirée.
C 'est rien.
C 'est rien.
Alors, ça chope ? Pardon ? Moi aussi, je suis sur cette appli.
Ça a changé ma vie.
Ah oui ? Avant, c 'était le teint galérien.
Aujourd 'hui, c 'est Célestin le roi du canin.
Intéressant.
Bon, tu m 'expliques ? En fait, ça fait un moment que j 'échange avec cette
fille, on dîne, on discute bien, mais à chaque fois, elle trouve une excuse pour
pas qu 'on se rencontre.
Comment tu dînes avec si tu la rencontres pas ? Non, c 'est ton prénom,
Elle t 'a envoyé une photo ? Non, non, non, elle veut pas.
LĂ , je te le dis tout de suite.
Tous les experts en drague catégoriques, c 'est un plan foireux.
Pas de photo. Je m 'y remets.
Pas de photo.
Allez, viens.
Merci, Sandra.
On va pouvoir relâcher Fourcaille et Terre -Neuve parce qu 'au moment du
meurtre, ils étaient ensemble à 20 km d 'ici.
Dépreuve. Oui, les bandes vidéo du magasin de matériel dans lequel ils se
trouvaient tous les deux.
C 'est super.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Non, rien.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? C 'est juste que Julien a embrassé Sophie à une
C 'est n 'importe quoi.
Julien, Sophie, je... Mais si, tu sais, Julien, tu sais le mec d 'Alice, Alice
ta fille, et Sophie ta meilleure amie.
Quoi ? Mais il est con, lui. Je vais lui péter la gueule. Pourquoi il a fait ça
?
Beaucoup de choses, je sais pas, moi, un moment d 'égarement.
La peur de perdre l 'autre.
Alice travaille beaucoup en ce moment, Julien doit se sentir délaissé. Tu sais,
ça arrive à des gens très très bien.
D 'accord, si tu fais allusion à ce qui s 'est passé l 'autre soir... Mais pas
du tout, toi, je fais allusion Ă rien du tout.
Ce qui s 'est passé l 'autre soir, c 'est... D 'ailleurs, pourquoi ça s 'est
passé, là , là , maintenant ? Non, mais c 'est vrai.
Regarde, moi, je suis bien dans ma vie, toi, tu te lances dans une nouvelle
histoire.
C 'est pas parce qu 'on avait toujours besoin de se faire du mal, en fait.
Tu vois ? Faut qu 'on arrĂŞte.
Faut qu 'on arrĂŞte.
Pour toi, pour une aile.
Pour moi, pardon, excuse -moi.
C 'est le labo.
Commandant Soler, j 'écoute.
Oui.
Très bien.
Ils nous transmettent un message retrouvé sur la boîte vocale de Le
On avait un accord.
Il sortait pas, tu m 'avais promis. LĂ , j 'apprends que ce connard va s 'en
sortir.
Je vais te défoncer.
C 'est la voix de Jocelyne Dubosc.
D 'accord.
Ben oui.
Tu me tiens au courant ? Oui.
Entrez. J 'ai fait les recherches sur Jocelyne Dubosc.
Elle a perdu sa fille renvertée par un chauffard alcoolisé. Oh, quelle horreur.
Regardez, le chauffard s 'appelle.
Cédric Fauché.
Le détenu qu 'elle a agressé.
Donc, elle agresse en premier le meurtrier de sa fille et ensuite, elle s
prend à Levers à cause de ce rapport favorable qu 'il aurait libéré.
D 'accord.
Merci, Célestin.
Pardon ? Pardon, Erwann.
Je ne la reverrai plus jamais alors que cet assassin va sortir de prison.
Comment vous l 'avez su ?
Non, Cédric Fauchel lui -même n 'était pas au courant.
Le juge m 'a appelé pour me prévenir que le meurtrier de mon enfant allait être
libéré.
On avait un accord.
Il ne sortait pas, tu m 'avais promis. LĂ , j 'apprends que ce connard va s 'en
sortir. Je vais te défoncer.
C 'est votre message Ă Le Verre.
De quel accord vous parliez ? Le Verre buvait son café au bar tous les matins.
C 'était notre moment. Il me parlait de sa femme et je lui parlais de ma fille.
Il savait que Fauché avait tué Isabelle.
Je lui avais dit.
Pourquoi il vous avait promis qu 'il ne serait pas libéré ? Pour Hervé, Fauché
faisait des efforts, mais pas assez.
Ça restait une forte tête qui ne méritait pas sa mise de peine.
Donc il avait prévu de le renvoyer en prison pour finir de purger sa peine ? C
'est ce qu 'il m 'a dit.
Ça n 'aurait pas fait revenir ma fille.
Mais c 'était mieux que rien.
Et quand le juge vous a appelé, c 'est là que vous avez compris que le verre
vous avait menti. J 'ai pété les plombs, j 'ai voulu aller au chantier et
puis... Oui, vous êtes énervé, le ton est monté.
Mais non, je n 'y suis pas allée puisque j 'ai appris qu 'il était mort.
Je te signe du boss qu 'une nuit en bloc, mais elle n 'a pas d 'alibi.
Tu veux un café ? Non, merci.
Et ? Allez, suis ton instinct.
Elle n 'a pas d 'alibi, elle a un excellent mobile, mais en mĂŞme temps, il
quelque chose qui me gĂŞne.
Si un des détenus l 'avait vu sur le chantier, il ne se ferait pas gêner pour
dénoncer. Vu les tensions qu 'il y a entre elle et l 'association.
Mais qu 'est -ce que tu comptes faire ? En fait, je pensais Ă une reconstitution
du meurtre. Tu vois, pour vérifier si quelqu 'un d 'étranger aurait pu entrer
sur le chantier. C 'est une excellente idée.
Excellente. Bon, je vais l 'organiser. Je m 'occupe de tout. D 'accord ? Je
préviens les équipes.
Et toi, tu te bouges, Elie. Dans cinq minutes, on est parti.
Très bien, messieurs, vous allez reprendre vos places d 'hier, c 'est -Ă
M. Lomou et M.
Abili sur les safodages à ma droite, s 'il vous plaît.
M.
Fauché et Martel à ma gauche.
Ferré et Dumas, vous étiez à l 'intérieur, je crois.
Oui. Et pour finir, M.
Itkander et M.
Pont à l 'angle des ruines, s 'il vous plaît.
Alors, vous.
Vous allez jouer le rôle de l 'élément extérieur qui s 'introduit sur le
chantier sans se faire remarquer.
Vous allez vous faufiler comme quelqu 'un qui ne peut pas se faire repérer.
Ok. Ça va ?
Oui. Ça m 'arrive de temps en temps.
Vous ĂŞtes enceinte de combien ? Quatre mois.
Ça se voit tant que ça ? Non, j 'ai deux enfants.
Félicitations. Merci.
Commandant ! Vous ĂŞtes avec nous ? Merci.
Alors, tout le monde est en place, on va pouvoir commencer.
Oh, Franck, par pitiĂ©, arrĂŞtez de prendre cette aire de chien battu Ă
fois que c 'est pas la commandante solaire qui vient vous voir.
Mais pas du tout. Je suis très heureux de vous voir.
Autant de plaisir avec vous qu 'avec le commandant.
Ah vous ? Ben, justement plus alors.
Ah ben, si, parce que vous êtes comme... Vous êtes saignante, pétulante.
Vous savez vraiment parler aux femmes, Franck.
Chez vous, c 'est pas juste un talent, c 'est carrément un don.
Merci.
J 'ai compris d 'oĂą venaient les traces sur le bras de la victime.
Non, alors venez plutĂ´t ici, j 'ai la version en gros plan, vous verrez mieux.
Super, des igouigouillins forment bleu et marron. Ah non, non, non, ce sont des
fibres textiles différentes.
Hervé Levers a été pendu par le bras à l 'aide d 'une corde en nylon bleue par
-dessus sa chemise. Et les traces de lividité cadavérique indiquent que ça s
'est produit après sa mort.
Alors ? Alors, impossible de venir de l 'extĂ©rieur sans ĂŞtre vu. Donc c 'est Ă
Innocente Jocelyne Dubosc.
Sauf si elle a un complice parmi les détenus. Non mais ça c 'est pas
Ils se voyaient tous les uns les autres au moment du meurtre.
J 'ai bien fait d 'organiser cette reconstitution, non ? Commandant
'écoute.
Oui, capitaine.
Du nylon bleu.
Regarde, lĂ , lĂ , lĂ , lĂ . Les cordes. C 'est du nylon bleu. Regarde. Il y en a
plein.
Oui. Oui, bien sûr.
D 'accord, très bien.
Merci.
Bon, alors, d 'après Franck, le bras de la victime aurait été attaché par une
corde de ce type, mais après sa mort et avant de tomber de là -haut.
Bon. Je prends en charge le bas et vous le haut.
Colonel. C 'est un nom.
Il a le vertige.
Moi aussi, commandant. Mais vous n 'ĂŞtes pas colonel.
J 'ai du mal à comprendre l 'idée d 'attacher le bras de la victime après sa
mange.
Le nœud de l 'évadé.
Pardon ? C 'est le nœud de l 'évadé, commandant. Pardon ? Notez -moi telle
corne. Bien sûr.
VoilĂ , merci.
Je peux prendre votre bras ? Oui. Je vais vous montrer.
Alors, est -ce que je vais m 'en souvenir ? C 'est comme ça.
Et je repasse par lĂ .
Voilà . Donc, le meurtrier a attaché le bras de le vert avec cette corde. Puis,
il a placé le corps juste au bord, recroquevillé sans doute.
Après, il n 'y avait plus qu 'à attendre que quelqu 'un tire sur la corde.
Et voilĂ .
C 'est ça le nœud de l 'évadé.
Donc, le coupable savait que les détenus allaient tenter de démêler les cordes.
Oui, et quand il rentre dessus, ça défraie le nœud en entraînant le corps.
Mais alors, ça veut dire que... Le Vert a très bien pu être tué avant l 'arrivée
des détenus sur le chantier. Et donc le meurtrier n 'était plus ici quand Le
Vert est tombé ? Ou pas. Mais quoi qu 'il en soit, il a maquillé son crime de
façon à se créer un super alibi.
Prenez point ce coup tout quoi.
Seul le que je sais faire, c 'est l 'humain l 'affaire.
Le Vert et vous, c 'était un peu tendu sur le chantier.
Vous avez quelques petits problèmes avec l 'autorité, Florentine.
Disons que j 'ai mis un peu de temps Ă comprendre le respect, les horaires,
ça, quoi.
Ouais, à tel point qu 'il avait commencé par vous refuser la libération
anticipée.
Faut croire qu 'il avait fini par changer d 'avis, non ? Ouais, faut
ouais.
Et alors, comment vous l 'expliquez, ça ? Eh ben, disons que j 'ai fini par
comprendre que c 'était dans mon intérêt et que je suis devenu un détenu modèle.
Le ver a dĂ» s 'en rendre compte.
Vraiment ?
Dans une semaine, je me barre au soleil avec ma meuf.
Faudrait vraiment que je sois complètement con pour buter le mec qui
avec les du paradis.
Bon, on est d 'accord que c 'est pas fauché non plus ? Qu 'est -ce que t 'as
Pourquoi la victime a brusquement changé d 'avis ? Et pourquoi rompre la
promesse faite Ă Jocelyne Dugosk ?
Écoute, je pense qu 'il faudrait étudier attentivement tous les rapports que
Levers a fait sur Fauché pour comprendre son revirement.
Bon, j 'envoie Erwann s 'occuper de ça.
Paul ? Oui ? On peut te parler ce soir ?
Euh... J 'ai quelque chose d 'important Ă te dire, en fait.
Ok.
19h ? Chez moi ? Ok, parfait.
Merci.
Cédric Fauché avait des rapports mitigés chaque mois.
A priori, il avait du mal Ă suivre un ordre sans discuter.
C 'est pas parce qu 'on est rétif à l 'autorité qu 'on est prédestiné au
? Oui, bizarrement, le dernier rapport, celui qui va le faire libérer, il est
impeccable. Regardez.
Détenu consciencieux et impliqué. On dirait que le verbe parle d 'un autre
homme.
T 'arrives Ă lire, lĂ ? Euh... Non, c 'est trop petit, lĂ .
Oh lĂ lĂ , voilĂ , c 'est la fin.
Alors... Regarde.
Les rapports de Christian Dumas.
Et Cédric Fauché.
Ils ont tous les deux été imprimés de 14h à 16h46.
Alors que celui des autres détenus, la veille.
C 'est quoi cette histoire là ? Ça veut dire que Le Verre aurait imprimé ses
rapports après les autres.
Mais pourquoi est -ce qu 'il les aurait modifiés au dernier moment ? Est -ce que
tu as le CD de l 'agenda de Le Verre ? Oui.
Il ne peut pas avoir imprimé ses rapports le 14 à 16h46, vu qu 'il était
rendez -vous à l 'extérieur toute la journée.
Quelqu 'un d 'autre que Le Verre a donc trafiqué les rapports de Frédéric
Faucher et Christian Dumas.
Vérifie quand même s 'il a bien été à ses rendez -vous. OK.
La seule façon de transformer l 'avis défavorable de Faucher en favorable
était... D 'intervertir avec un des sept autres favorables.
Celui de Dumas.
VoilĂ . Et Levers s 'en est rendu compte quand Jocelyne Dubosque a appelĂ©. Tout Ă
fait. Il a pu confronter le responsable et ce dernier l 'a tué pour ne pas être
découvert.
Qui avait accès à l 'ordinateur de Levers pendant son absence ? Plusieurs
personnes. Son salarié, Richard Ferneuve, qui est un alibi, et les
Ce jour -lĂ , Sandra Marino.
Sandra Marino était surveillante dans la prison où était Cédric Fauché.
Quand il a été accepté à seconde chance, elle a demandé son affectation là -bas.
Une histoire d 'amour entre une surveillante et un détenu ? Interdite
loi. D 'autant qu 'elle est enceinte.
Et c 'est pas tout.
Sandra Marino est fan d 'escalade. Sur les réseaux sociaux, il y a plein de
photos d 'elle en train de grimper.
Donc logiquement, elle connaît le nœud de l 'évadé.
Très bien. On interpelle Sandra Marino ? Avec plaisir.
Le secret d 'un bon interrogatoire, c 'est la psychologie, Sabine.
Capitaine. Oui, capitaine Sabine.
Je sais lire ce qu 'il y a dans l 'esprit des femmes.
Ah oui ? Oui, je sais ce qu 'elles pensent quand elles remettent une mèche
cheveux, quand elles rient avec la tête en arrière, quand elles ont le coude sur
la hanche.
Alors lĂ , par exemple, je pense Ă quoi ? Oui, non mais lĂ , je ne suis pas du
tout prĂŞt.
Oui, c 'est bien ce qu 'il me semblait.
Bonjour, gendarmerie nationale.
Nous recherchons Sandra Marino.
Elle finit des examens de contrĂ´le.
Madame Marino, veuillez nous suivre, vous êtes en état d 'arrestation pour le
meurtre d 'Hervé Levers.
On est tombés amoureux.
Contre toute attente.
Une belle histoire, secrète, inespérée.
J 'ai un rapport défavorable venu mettre à mal.
Cédric avait fait tout son possible, mais ce n 'était pas suffisant pour
Alors qu 'en plus, il a découvert que Cédric avait quitté deux fois le
en douce pour vous accompagner Ă l 'hĂ´pital.
Vous ne pouvez pas lui dire.
Je suis surveillante pénitentiaire.
Vous savez ce que ça coûte d 'avoir une liaison avec un détenu ? C 'est moins de
prise en ferme.
Donc vous avez paniqué et vous avez interverti les deux rapports.
Je pensais que le temps que quelqu 'un s 'en rende compte, on serait déjà loin.
Le soleil.
Et M.
Levers s 'est rendu compte de la supercherie.
Oui.
Il m 'a dit que Cédric retournerait en prison.
Et que j 'allais avoir de gros problèmes.
Pour lui, c 'était inadmissible.
Bébé ou pas bébé.
J 'avais enfreint la règle.
La sacro -sainte règle pas de rapport intime avec un prisonnier.
Notre enfant pouvait pas naître en prison.
Alors j 'ai pris une pierre.
Et c 'est après que vous avez eu l 'idée de l 'évader ? Pour vous créer un alibi
en béton à Cédric et vous.
Ah, Léa, Léa, Léa, je peux te parler deux minutes ? Bah, évidemment.
Bon, ok.
VoilĂ , je voulais dire que t 'as eu raison de mettre les choses au clair ce
matin, tu vois.
Et je vais faire pareil de mon côté parce que j 'en ai marre de me prendre
tĂŞte et de perdre du temps dans cette relation qui ressemble Ă rien et puis
mène nulle part surtout.
C 'est pas le...
Quoi qu 'il se passe entre Inès et toi, ça ne change rien pour nous ?
Oui, je suis d 'accord.
Je n 'arrête pas de penser à ça.
Je me demande pourquoi j 'ai eu autant besoin de t 'embrasser.
Pourquoi maintenant ? Je vis trop dans le passé.
J 'ai trop envie de retrouver ce qu 'on a vécu tous les deux.
C 'est bête, je sais, ça marche pas comme ça.
Je vais vivre au présent.
Je vais mettre de l 'ordre dans ma vie.
Bon, deux adultes responsables qui sont plus ensemble, qui l 'ont jamais
réellement été.
Si ? Tu le dis.
Tu sais, concernant ta mutation de Guyane, si tu veux m 'en parler, je suis
en tant qu 'ami.
Paul, moi, j 'ai pas envie d 'ĂŞtre que ton ami.
Je comprends que tu m 'en veuilles d 'être distante, mais moi, ça fait
que je suis seule, tu vois.
Je m 'interdis de m 'attacher parce que je pensais que ça me rendrait plus
forte.
Pourquoi tu me dis ça que maintenant ? J 'ai toujours été là .
Je me suis rendue compte que...
Que j 'étais amoureuse de toi.
Et voilĂ . C 'est peut -ĂŞtre trop tard, mais je te dois une chose, c 'est la
vérité.
Sur quoi ? Sur mon retour précipité de Guyane.
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