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Bonjour,
merci Anthony.
Bonjour Erwan. Bonjour commandant.
Je suis désolée pour le retard, j 'ai mis un temps fou à vous trouver.
J 'avais oublié à quel point c 'était aussi immense ici.
Oui, oui, port Camargue, premier port de plaisance d 'Europe, 5000 emplacements.
Ah, et une victime, pieds hauts ? J 'ai dû prendre la responsabilité d 'envoyer
le corps à l 'IMS, je ne savais pas quand vous alliez arriver.
Ben, super, vous avez bien fait, Hermione.
Je vous écoute.
Hervé Briançon, 50 ans, photographe professionnel, il est une expo en cours
le port.
Il a été tué d 'une flèche du fusil à repos en plein cœur hier vers 23h, d
'après le légiste.
On alarme du crime ? Non, on ne l 'a pas retrouvé.
Le cadavre était dissimulé dans la cabine de ce bateau, alors que son
'est celui -là.
D 'accord.
Ça va ? Ça va.
Le capitaine Marshall vous a dit pour Camille ? Oui.
C 'est du mal à réaliser qu 'elle soit mutée.
Je veux dire, je sais qu 'elle a fait une connerie, mais... Mais c 'est
difficile de la voir partir loin de nous.
J 'ai fait ce que j 'ai pu, Erwan.
Vous lui avez parlé ? Non. En tant qu 'ancien collègue, je ne suis pas sûr qu
'on lui rappelle de bons souvenirs en ce moment.
Seulement ancien collègue.
Enfin, pour Camille, j 'ai l 'impression que vous êtes un peu plus que ça quand
même.
Pourquoi ? Parce que... Au théâtre de la mer, vous n 'avez pas été très discret.
Racontez.
Dites -lui ce que vous avez sur le cœur.
C 'est important.
On y va.
On a retrouvé des traces de vent.
Là et ici.
Donc en fait, M.
Brilhanson aurait reçu la flèche et le choc l 'aurait fait tomber en arrière.
Pour atterrir sur le bateau voisin.
Et dans la panique, l 'assassin aurait cassé le corps pour ne pas se faire
repérer.
J 'ai demandé à ce qu 'on drague la zone pour retrouver le fusil à repond. Vous
avez bien fait.
Vous avez interrogé les propriétaires du voilier ? Oui, ils sont arrivés ce
matin de Paris, ils ont roulé toute la nuit, on a vérifié.
Et bien c 'est super.
Autre chose ? Oui, peut -être. Il n 'y avait ni appareil photo, ni objectif, ni
aucun matériel. J 'ai déjà tout fouillé.
Ah oui.
Vous pensez qu 'on aurait tué Brinson pour le voler ? Pourquoi pas, il faut
creuser.
Qu 'est -ce que fait Marshall tout seul là -bas ?
Vous savez, il s 'imprègne de l 'ambiance du port.
Oui, comme d 'habitude.
C 'est du bon boulot, Erwan. Bravo.
Je vais descendre, je me sens pas très bien. Je suis pas très bête au moins.
Allez -y, allez -y. Merci.
On va effectuer un prélèvement, s 'il vous plaît.
Ah, t 'es là.
Je te cherchais.
Oh, qu 'est -ce que c 'est beau.
C 'est bien, tu t 'imprègnes.
C 'est important de s 'imprégner du travail des pros pour s 'améliorer.
Et je te rappelle qu 'au début de notre mariage, j 'étais quand même le king du
flou artistique. Ah oui, du flou, et je me souviens bien de l 'artistique un peu
moins, mais... Donc c 'est l 'œuvre d 'Hervé Brianson.
Ah, petit gars du pays devenu célèbre.
C 'est magnifique.
Mais elle est super connue, cette photo.
Ah oui, on est bien d 'accord. C 'est celle qui lui a valu le prix Pulitzer il
a 19 ans. Ah c 'est ça ? C 'est magnifique.
Qu 'est -ce que c 'est que cette histoire ? Il n 'y aura pas de délai.
C 'est qui ça ? Pas de délai.
Lui, je ne sais pas. Mais elle, c 'est Isabelle Le Duc, capitaine du port.
D 'accord.
Tu l 'as interrogée ? Non, pas encore, mais j 'irai.
Non, mais je vais m 'en occuper.
Oui, je connaissais Hervé Brianson.
On était à l 'école ensemble il y a plus de 30 ans.
Et vous l 'aviez revu depuis cette époque ? Il avait quitté la région il y
vingtaine d 'années.
On l 'a vu amarrer son bateau ici il y a deux mois.
Ah oui, 20 ans, ça fait longtemps.
Et il est revenu pour son exposition.
J 'ai pas eu le choix. C 'est la mairie qui l 'a imposé.
D 'accord.
Ça vous posait un problème ? Disons que j 'ai autre chose à faire que de gérer
une galerie photo.
Oui.
Et vous l 'avez trouvé comment, Hervé Briançon, depuis son retour ? Je l 'ai
qu 'une fois à la capitainerie. Il avait l 'air d 'aller bien.
Vous ne l 'avez vu qu 'une seule fois, en deux mois, alors que l 'exposition
sur le portement.
Vous savez, c 'était quelqu 'un de solitaire qui faisait ce qu 'il voulait
rien d 'autre.
Ah, je connais bien le profil. Mais vous pouvez développer ? Par exemple, l
'expo devait être mise en place il y a un mois et demi, ils l 'ont installée il
y a trois jours.
Le temps que Hervé décide quelle photo il voulait.
D 'accord.
Et sinon, vous savez s 'il avait eu des problèmes avec des plaisanciers ou d
'autres personnes d 'ailleurs ? Je l 'ai aperçu en train de s 'engueuler avec
Pierrot.
Pierrot ?
Un ivrogne qui traîne souvent sur le port, dans les bars du coin.
Le genre qui attire des problèmes.
Bon, si vous avez besoin de moi, commandant, vous savez où me trouver ?
bien sûr, capitaine.
Allô, Paul, c 'est Léa.
D 'accord, mais non, non, mais Pyro, Pyro quoi, t 'as que son prénom ? Bah
je m 'en occuperai plus tard.
Bonjour.
Capitaine Marshall, gendarmerie nationale.
Je peux vous poser deux, trois questions ? Vas -y.
Vous avez des petits soucis avec les autorités maritimes ? Ah non, pourquoi ?
chauffait pas mal tout à l 'heure avec la capitaine Duport.
La capitaine Duport, qui est avant tout ma femme.
On n 'est pas toujours d 'accord, si vous voyez ce que je veux dire.
Oui, je vois très bien, je sais ce que c 'est.
Et donc, vous êtes pêcheur ? Plus maintenant, non.
Là, je leur ai une offre pour le vendre.
Trois générations qu 'il était dans la famille.
C 'est pas malheureux.
La pêche, je ne sais plus ce que c 'était.
Entre les zones protégées et le prix du diazoil, on ne bosse pour rien.
Mais bon, je n 'ai pas l 'impression que vous êtes venu pour me parler poisson.
Non.
Vous le connaissiez, Hervé Brilhanson ? Pas vraiment.
Pourtant, ce n 'est pas faute d 'avoir essayé de lui parler au début, mais il n
'était pas du genre bavard.
Ah, ok.
Et Pierrot, ça vous dit quelque chose ? Pierrot ? Vous pensez que c 'est lui le
coupable ? Pourquoi ? Ça pourrait ?
Non, c 'est un type qui squatte les bateaux vides parce qu 'il n 'a pas de
logement, mais il n 'est pas méchant.
Même quand il est bourré.
Bon, j 'imagine que je peux le trouver dans un bar, ce Pierrot. Dans un bar,
oui.
Mais lequel ? Capitaine Vanille m 'a envoyé son casier, la police municipale
connaît bien.
Pierre Coudray, 25 ans, alias Pierrot.
Et apparemment, il commence souvent la journée ici, au bar.
Et quoi, son casier ? Un vol avec violence, entre autres.
Ah, c 'est Sophie.
Camille est au bureau, en train de ranger ses affaires et de signer son
mutation.
Ça va, fais pas cette tête.
Bon, tu sais quoi ? On arrête notre gars et puis on rentre lui faire un petit
bisou pour lui dire au revoir. Ça va ? Oui, au revoir.
Oui, au revoir Erwan, pas adieu, c 'est bon.
Oh putain, on smile et puis on lui apporte du positif pour son départ.
Ok, ok. Ok ? Allez, go.
Alors ? La deuxième table alors, c 'est ça ?
Ben ouais, salut, oui.
Ok. C 'est comme d 'hab ? Oh non. Si, si. Top chrono.
Je me
suis
recoudré.
Euh, Pierrot.
Eh ouais, des années d 'expérience pour plus avoir à courir. C 'est payant, hein
? J 'ai rien fait.
Oui, tous les innocents s 'enfuient quand on crie leur nom, c 'est bien
'est pas un sac de photographe, là, Capitaine ? Oui, mais c 'est pas à vous
plus. Bon, allez, on y va.
J 'ai rien fait, je vous dis. C 'est pas moi qui l 'ai tué.
Je vous dis que c 'est pas moi. Tiens.
Vous allez me manquer.
Oh là là, vous aussi.
Il faut que j 'aille bosser là parce que... Wow !
Cadeau de départ ! Mais qu 'est -ce que c 'est ? C 'est un mouton.
Mais non, c 'est une licorne. Oui, c 'est une licorne, ouais.
Oui, mais c 'est discret, c 'est raffiné, c 'est tout ce que j 'aime.
On a fait ce qu 'on a pu avec les boutiques du port aussi. C 'est vrai.
'est toujours utile.
Oui. Enfin, sauf si je suis mutée à la montagne, mais...
Au pire, il y a des piscines à la montagne.
Oui, puis je vais avoir l 'air crédible dans ma nouvelle brigade.
Et quand tu sais où t 'es mutée, tu nous le dis. Et si c 'est bien, on viendra
peut -être te voir.
Ok.
Bon, je vais me garer. Parce qu 'on compte moins, quoi.
Tiens.
Merci. Et je voulais te dire, Camille... Tu as tous beaucoup nous manqué, ici.
Mais je suis sûr que ça se passera bien là -bas.
Voilà,
on s 'appelle ? Ouais, on s 'appelle, salut.
Oh, et puis merde, tiens -la, toi.
Merci,
Castel. Merci à toi.
Faut que je vous le dise comment.
J 'ai pas tué Hervé.
On était potes.
Potes ? Ah bah ça tombe bien, tiens, parlons -en. Parce que la dernière
déposée contre vous il y a un an, c 'était justement par un de vos potes que
vous aviez agressé pour lui voler son smartphone.
Et puis d 'abord, comment vous savez qu 'Hervé Brionçon est mort ? Mais tout le
monde ne parle que de ça sur le port depuis ce matin.
Pourquoi vous vous étiez disputé avec lui il y a deux mois ?
J 'avais squatté son bateau. Il l 'a mal pris.
Mais après, il a été sympa. Il a compris que j 'étais vraiment dans la merde.
Alors il me filait des petits boulots.
Et pour le remercier, vous lui voulez son appareil photo ? Mais non, c 'est
qui m 'a demandé d 'aller le faire réviser à Montpellier.
Je devais lui rapporter l 'appareil aujourd 'hui, mais tenez.
C 'est la monnaie, la facture. Vous n 'avez qu 'à compter tout ce qui est au
compte -compré.
Vous n 'avez qu 'à les appeler, vous verrez que je ne mens pas.
Admettons.
Bon, d 'après les premiers témoignages qu 'on a, Briançon, c 'était un
solitaire, c 'est vrai ? Il avait gardé contact avec personne.
Enfin, je crois qu 'il voyait une meuf.
Ah oui ? Qu 'est -ce qui vous fait dire ça ? Je l 'ai vu la semaine dernière en
ville, il tenait un bouquet de fleurs.
Hervé, c 'était pas le jour à décorer son bateau.
Et puis, il y a eu plein d 'autres fois, là, où il se préparait comme pour aller
à un rencard.
Ok.
Non, mais merci beaucoup.
Merci, bonne journée. Au revoir.
Ah bah tiens, je viens d 'avoir le magasin d 'appareils photo.
Pierrot leur a bien déposé celui de la vie qui signe il y a deux jours pour une
révision. D 'accord.
Donc la seule piste qu 'on a, c 'est cette mystérieuse femme qu 'avait
envoyée en cachette.
Et d 'ailleurs, je me demande bien pourquoi en cachette ? Moi, c 'est peut
elle qui n 'avait pas envie de se faire remarquer.
La victime entretenait une relation extra -conjugale avec une femme mariée ?
Oui, c 'est possible.
La question est, comment il l 'a rencontrée alors qu 'il voyait personne
son retour ? Eh ben, il la connaissait peut -être d 'avant son départ.
Ah, pas bête, ça. Non, pas bête du tout.
Donc ça serait pour elle qu 'il est revenu à Port -Camargue au bout de 20
Attends, on ne s 'était pas dit qu 'il était revenu pour son expo ? Oui, non,
mais si, je me suis renseigné.
Et c 'est la première fois qu 'il acceptait qu 'on lui consacre une
Tu sais...
T 'as des artistes comme ça qui aiment pas être mis sous le feu des
Ils préfèrent l 'anonymat.
Moi, je sais que j 'ai été pas mal sollicité, j 'ai plutôt... plus souvent
refusé, quoi.
Je sais pas, je préfère être discret. J 'aime pas me mettre en avant.
Tiens, tiens, regarde.
Allez,
on check.
Ça sent bon, hein ? Ouais, mais c 'est un peu fort, quand même. Mais non.
Yeah.
Tu vois ce que je vois ? Un bateau puissant qui livre des cigarettes
au petit matin. Très bien.
On pense la même chose ? Absolument.
Hervé Bouillanson voulait certainement dénoncer le trafic et on l 'aura fait
tard.
Capitaine Marshall, quelque chose a apporté à ce débrief.
Ah oui ? Ah oui, alors moi j 'ai compris un truc vachement important.
Ah bah super, on vous découpe.
C 'est ça qui m 'a manqué pour devenir un bon photographe, tu vois, du matos
pro. C 'est fatiguant, Marshall.
Alors on a peut -être trouvé les meurtriers, quelque chose à dire là
Non, bah non, rien.
Je pense pas qu 'il y ait un lien entre le meurtre et le trafic.
Et pourquoi ? Bon, j 'ai appelé un pote.
Un pote qui travaille aux douanes. Et pour lui, ce genre de trafic, ça se
à quelques cigarettes.
Tu vois ? Rien de très sérieux de là à tuer un homme.
Et moi, je devrais revenir sur mes hypothèses à cause de l 'avis d 'un de
potes qui n 'y connaît certainement rien en matière de meurtre. C 'est ce que
vous êtes en train de me dire. Ouais, exactement.
Ouais. Et t 'as le mode opératoire aussi. Les trafiquants, ils auraient
le corps en pleine mer. Ils l 'auraient pas fait comme ça vite fait. Oui, enfin,
ils ont peut -être pas eu le temps.
Et alors, quoi ? Ils auraient saisi un fusil à repond qu 'ils auraient trouvé
par hasard au lieu de venir armer ? Non.
Ça tient pas.
Donc la seule solution pour appréhender nos suspects, c 'est d 'en savoir plus
sur ce trafic et d 'organiser un flag lors de la prochaine livraison. Eh ben
super. Je te laisse avec tes trafiquants et moi je file sur la piste de la
romance mystérieuse.
La femme, Léa.
Toujours la femme.
Si vous en avez marre, il suffit de lui donner un ordre et de l 'obliger à
obéir. Ça aussi, ça fait partie de votre rôle de commandant.
Ah mais c 'est bien ça Sophie, je vois que votre séjour dans mon bureau vous a
donné des idées.
Voilà, alors merci pour le conseil et fermez la porte en portant.
Ok.
Alors, t 'as du nouveau ? Oui.
Primo, le harpon a sectionné la horte. La mort a été très rapide.
D 'accord, et secondo ?
C 'est quoi ça ? Le bol alimentaire de la victime.
Son dernier repas peu de temps avant sa mort était constitué de champagne, de
homard et de truffes.
Bizarre comme repas pour un homme qui vivait seul sur son bateau.
Ça ressemble davantage au menu d 'un retour en gastronomie.
Oui, et un repas romantique.
On sait qu 'il y a des trafics ici, comme sur tous les ports du monde.
Mais vu la taille des lieux, il ne me faudrait qu 'un homme de plus pour tout
contrôler. Oui, je le comprends. J 'ai le même problème à la brigade. On manque
d 'hommes.
Mais quand ça devient un mobile de meurtre, je suis obligée de mettre mon
peu partout.
Qu 'est -ce que vous appelez partout ? En chemin, j 'ai appelé les douanes.
Et ils m 'ont dit que quand il y avait un trafic de cet acabit, il y avait
souvent une complicité interne. Pas chez moi.
Je m 'en doutais.
Mais je vais quand même devoir vérifier.
Donc il me faudrait la liste de toutes les personnes qui travaillent sous vos
ordres. Je réponds de mon équipe.
Oui. J 'aurais pu dire la même chose il y a quelques semaines.
Si je refuse de vous donner cette liste, vous n 'avez pas le droit de me forcer
sans commission rogatoire.
Mais non ! Et vous avez raison.
C 'est pour ça que j 'ai pris mes précautions.
Et donc avant de venir ici, je suis passée chez le juge.
Voilà, madame. Euh, capitaine.
Je vous envoie ça dans l 'après -midi.
Ce sera parfait.
Merci.
Alors, ça y est, Camille, sur le départ ? Oui.
Je suis vraiment désolée.
Non, non, mais c 'est moi, commandant.
Je suis désolée de vous avoir déçue.
Non.
À aucun moment vous ne m 'avez déçue, Camille.
J 'ai tellement appris avec vous.
Vous êtes un bon flic, Camille.
Vous avez une belle carrière devant vous.
Et puis...
Au pire des cas, vous avez une reconversion toute trouvée.
Avec la voix magnifique que vous avez.
Bref.
Où que vous soyez.
Peu importe avec qui.
Et un jour, on vous tombait.
Vous n 'avez qu 'à m 'imaginer en train de lui crier dessus, avec mon sale
caractère.
Alors ça ne changera pas grand -chose, mais... Mais au moins, vous penserez à
moi.
Il va me manquer.
Oh la vache.
Putain.
Capitaine ?
Capitaine, j 'ai allé relever Bancard d 'Avray -Brionçon.
Il a effectué plusieurs virements la semaine dernière, plus de 7000 euros au
total. C 'est bien ça.
Et il a donné à qui cet argent ? P'tain, laisse -moi deviner.
Une femme.
Une certaine Anna Marins, prof d 'art plastique à 7.
Donc des fleurs, du champagne, du homard et maintenant de l 'argent.
Oui, mais le commandant Solaire a une autre théorie qui colle bien. Oui, les
contrebandiers, je sais, oui.
Du coup, ça mérite peut -être une petite visite à cette Madame Marins.
Du coup, pourquoi, c 'est quoi le rapport avec le trafic ?
Non, mais elle est peut -être au courant de ce qui se passe sur le port.
Une prof d 'art plastique à fait.
Je crois surtout que vous voulez suivre votre piste.
Ma piste ? C 'est notre piste, Erwan. C 'est toi qui m 'as apporté l 'info de l
'argent de la femme.
Du coup, c 'est un peu de ta faute, je dois y aller.
J 'espère que tu ne te trompes pas.
Sinon, tu vas devoir expliquer à Léa pourquoi tu m 'as envoyé dans une
direction.
Je ne veux pas être toi.
Il faut assumer.
Madame Marins ? Oui ? Bonjour, capitaine Marshall.
Vous venez pour le meurtre d 'Hervé ? Oui.
Vous le connaissiez donc ? Hervé était un ancien professeur de pierre.
Mon mari.
Il est là ? Non.
Il est mort dans un accident de voiture.
Il y a longtemps.
Désolé.
Bonjour. Bonjour.
Ange, mon fils.
D 'accord.
Vous étiez resté en contact avec Briançon ? Non, pas vraiment, non.
Enfin, il s 'arrangeait toujours pour prendre des nouvelles de mon fils.
Et puis il lui envoyait de l 'argent à chacun de ses anniversaires.
Pourquoi il faisait ça ? C 'était mon parent.
J 'ai jamais connu mon père.
Hervé voulait être sûr que je manquais de rien.
Vous l 'aviez revu depuis son retour ? Oui.
Il savait que je voulais faire comme lui et comme mon père.
Alors il m 'a pistonné pour entrer dans une école de photo.
Ok. L 'argent, c 'était pour les cours ? Oui.
J 'avais pas les moyens.
Hervé a insisté.
Et la dernière fois que vous l 'avez vu, c 'était quand ?
Il y a une semaine, il est venu déjeuner à la maison. Moi, je l 'ai aidé à
installer les photos pour l 'exposition.
Je dois y aller.
Je vais être à la bourre.
Au revoir. Au revoir.
Alors, vous êtes photographe, ma fille ? C 'était un peu mon mari à l 'époque.
Hervé voulait enseigner à Ange autre chose que le numérique étudié à l
Il avait bien raison.
L 'argentique, ça donne une âme aux photos.
Oui, c 'est vrai.
On travaille avec le matériel de son père.
Pierre était le meilleur élève d 'Henri Brianson.
Alors il lui a proposé de l 'accompagner pour un reportage.
En Amérique du Sud.
Ils étaient prêts à prendre beaucoup de risques.
Et c 'est là que l 'accident de voiture a eu lieu.
Oui.
Au Brésil.
Hervé et lui venaient juste de découvrir une tribu amazonienne qui n 'avait
jamais eu de contact avec la civilisation.
La fameuse photo d 'Hervé Briançon, celle qui lui a valu le poulie de Zéroé.
Vous avez mangé du homard aux truffes, vous aussi, hier soir ? C 'est quoi
question ? Enfin, on a mangé des pâtes avec Ange.
Hervé Briançon vous a apporté des fleurs la semaine dernière ? Non, une
bouteille de vin.
Pardon, je ne vois pas où vous voulez en venir.
On pense qu 'Hervé Briançon est revenu à Port -Camargue pour une femme. Vous
pensez que c 'est possible ? Avant de partir au Brésil il y a 20 ans,
Hervé devait se marier.
Avec qui ? Aucune idée.
Ah oui, mais non, là, il ne faudrait pas que ça devienne une habitude non plus.
Désolé, commandant, je suis venu là pour être un petit peu au calme.
Mais personne ne va vous prendre votre bureau, commandant.
J 'ai l 'autorisation du propre pour le flag.
Alors avec tout ce bordel, dites -moi, vous avez des renseignements sur les
trafiquants ? Oui, on a récupéré le time code des photos. Briançon les a prises
ces deux derniers mardis, le matin à l 'aube.
Donc si il garde le rythme, ça voudrait dire que la prochaine livraison est dans
moins de 12 heures ? Oui.
Ok, je mets les douanes sur le coup en renfort.
Et le capitaine Marshall ? Eh bien, le capitaine Marshall est en planque avec
nous, Sophie.
Je m 'en occupe, ne vous inquiétez pas.
Merci.
Merci.
Bon, sinon, Camille, je voulais te dire repartir sur une page blanche, c 'est
bien.
Pouvoir laisser tous les mauvais souvenirs derrière soi.
Ouais.
Mais...
Si dans deux semaines, dans trois mois ou même dans un an, tu as envie qu 'on
revoie, n 'hésite pas.
Il est tôt, je n 'ai pas dormi.
Toi, tu es en vacances en plus.
À bientôt.
Bisous, bisous.
Moi, j 'aimerais juste faire remarquer, mais discrètement, que j 'ai une femme à
trouver.
Ça y est, tu vas te marier.
Tu la connais ? Pas mal, ça.
Non, mais il n 'empêche que tu ne peux pas dire que j 'ai tort.
Hervé Briançon a bien quitté la région il y a 20 ans en laissant une femme
derrière lui.
Non, tu n 'as pas tort.
T 'as conscience que...
C 'est la première fois qu 'on repasse une nuit ensemble depuis qu 'on est
divorcés. En même temps, ça s 'appelle une planque. C 'est pas non plus une
torride dans un hôtel 4 étoiles.
Regarde, écoute ça.
Le bruit de la mer, l 'histoire du bateau, tout ça.
Tu sais ce que ça me rappelle, moi ? Non.
La croisière qu 'on avait faite pour nos deux ans de mariage.
C 'était inoubliable.
Inoubliable.
Ouais, c 'est vrai.
Je crois que je n 'ai jamais été autant malade avec mon mal de mer. Tu te
rappelles ? Je n 'étais pas bien. Ouh là là, je n 'étais pas bien.
Et ce n 'est pas là où tu as fait une insolation ? Tu n 'étais pas bien non
plus.
Pendant trois jours, tu avais mal à la tête.
Je m 'y revois.
Inoubliable. C 'est ça, c 'est le mot. C 'est inoubliable.
Moi, j 'ai l 'impression que parfois, tu as un peu de mauvaise foi.
Mais parfois alors.
Attention, ça bouge du côté du parking là. Je viens de repérer la camionnette.
On attend qu 'il commence à décharger pour intervenir. Ok.
On y va doucement.
Ok.
Personnel, personne ne bouge ! Erwan !
On
se
fixe, vous levez les bras et vous vous retournez doucement.
Passer de pêcheur à trafiquant, c 'est une sacrée reconversion, monsieur le
J 'ai passé des mois à chercher du boulot.
J 'étais prêt à la gorge.
Et comment êtes -vous rentré dans ce réseau ? C 'est un copain de Barcelone
m 'a mis sur le coup.
J 'arrivais plus à m 'en sortir, moi, avec toutes mes dettes.
Oui, je sais, vous l 'avez déjà dit.
Alors, évidemment, trafiquant de cigarettes, c 'est une chose, hein.
Mais... Mais pour le meurtre d 'Hervé Briançon, vous risquez tout de même 20
ans.
Attendez, pourquoi vous voulez me coller ça sur le dos ? C 'est quoi le rapport
avec lui ? Regardez, ce
sont des photos prises par Hervé Briançon.
Et ce bonnet, ressemble étrangement à celui sur les photos.
Attendez, mais c 'est quoi ces photos ? Je savais pas qu 'il me surveillait.
Vous étiez où le soir où il a été tué ? J 'étais chez moi, avec ma femme.
Tu veux un jus ? Que si c 'est toi qui l 'appréciais.
Bon alors, tu veux pas trop à Rennes ? Non ça va, on a de la chance pour le
moment.
Julien a finalisé son inscription à la fac et moi je l 'attends.
On va aller jeter un appartement. Je suis trop contente.
Contente ? Pas trop désespérée de plus vivre avec moi ? Si si Thomas, je prends
sur moi tu sais.
Ce matin j 'ai passé 30 minutes dans la salle de bain.
Et c 'était horrible.
Il n 'y avait personne pour m 'engueuler.
Et tu imagines quand tu seras tout seul, dans une tente, au fin fond du bouton.
Ouais, ça c 'est pas dit.
Je ne suis toujours pas envoyé mes lettres de motivation.
Il n 'est pas là, papa ? Non, il a passé la nuit avec maman.
Pardon ? Il était en opération.
Enfin, j 'espère.
Tu sais, Julien, il pense aussi qu 'avec papa, maman allait rester bloquée dans
la zone grise.
Ah ouais, genre il n 'était pas vraiment en opération.
Non, si, mais c 'est juste qu 'avant, ils avaient leur petit équilibre.
Le boulot, les enfants.
Mais quand on sera plus là, je sais pas ce que papa va trouver comme excuse pour
se rapprocher de maman.
Un petit café ? Ouais, merci.
C 'est gentil.
J 'avais oublié à quel point c 'était cravant, ces planques de nuit, ces
flaques, j 'en peux plus, c 'est plus de mon âge. Tu m 'étonnes.
En même temps, c 'est excitant, non ?
Oui, enfin, quand ça donne quelque chose, mais là, en l 'occurrence... Pas
blanc, hein ? C 'est un peu chou blanc. Mais non ! On a démantelé un trafic.
Oui, qui n 'a visiblement aucun rapport avec la mort d 'Ave Bruyanson. Les zones
ont vérifié, tous les trafiquants étaient sur Barcelone avant -hier.
Sauf Laurent Leduc.
Sauf Laurent Leduc, mais il a un alibi qui a été confirmé par sa femme.
Pourquoi tu me regardes comme ça ? J 'attends.
Ah ben oui ! Et oui, forcément, on n 'a plus de piste. Enfin, sauf une, la
tienne.
Celle de la femme éplorée qui a été abandonnée il y a 20 ans et qui a
retour de son prince charmant pour le tuer. Eh bien, merci, c 'est vraiment du
bien. Tu sais, j 'en ai besoin parce que je doute de moi au fond, tu sais.
Et il est bientôt 8h. Ah oui, pourquoi ? Eh bien, en fait, la remplaçante de
Camille va pas tarder à arriver et je me sens pas. Ça va trop vite, c 'est
beaucoup trop tôt pour moi.
Et puis en plus, j 'ai l 'impression que tout le monde me fait la gueule parce
que j 'ai pas su ou pas pu sauver Camille. J 'ai rendez -vous avec le
pour lui faire le contrôle. Ok, ok, j 'ai compris, j 'ai compris. Est -ce que
veux que je m 'en aille ? Oui.
Deux petites minutes de votre attention, s 'il vous plaît. Je voudrais vous
présenter le lieutenant Zaidi, qui nous rejoint aujourd 'hui.
Bonjour.
Vous pouvez m 'appeler Inès, sauf pour les bleus, bien sûr, qui sont obligés de
me donner du lieutenant.
Respect de la hiérarchie oblige.
Non, je déconne, c 'est Inès pour tout le monde.
Bon, donc sinon, je viens de Paris, je suis sortie de l 'école des officiers en
2017 et ici, c 'est mon second poste.
Voilà.
Et une dernière chose, si quelqu 'un a un numéro de plombier, je suis preneuse
parce que je rame un peu dans mon nouvel appart.
Voilà. Merci, allez au boulot.
Le type là, il a pas l 'air hyper content de me voir.
Erwann Belek, c 'est ton nouveau coéquipier.
Tu remplaces Camille Barbier, d 'accord ? Tout le monde va adorer, du coup
Erwann va avoir besoin d 'un petit peu de temps.
Mais Barbier... Quoi Barbier ? Elle est morte.
Pardon, je déconne.
Non, non, non, pas du tout. Elle a été mutée.
Mais comme c 'est une sanction disciplinaire, du coup, elle risque de
être gâtée. C 'est pour ça. Pardon.
Bon, capitaine, on commence par quoi ? Eh bien, par une perquise chez un
suspect, Laurent Leduc.
Tu comptes te cacher encore longtemps ? Je ne me cache pas, je bois un petit
chocolat pour me détendre, c 'est tout.
Tu dois être bien détendu alors.
Tu veux qu 'on en parle ? Non, c 'est bon, il n 'y a rien à dire.
Vous avez vu le petit tombier -le qu 'elle avait avec le capitaine quand même
Alors d 'abord, elle, elle s 'appelle Inès.
Et ensuite, c 'est son premier jour, elle essaie d 'être un peu sympa.
Je sais, c 'est juste que ce n 'est pas facile.
Je comprends.
Mon Camille a cherché les ennuis, elle les a trouvés, mais t 'y es pour rien.
Bon allez, j 'ai du nouveau.
Ça te dirait d 'aller interroger une suspecte histoire de te changer les
Pourquoi ? Vous avez retrouvé la mystérieuse fiancée de Brian Son, c 'est
'ai suivi la piste de Barchal et je suis remontée jusqu 'au mariage.
À l 'époque, Libor avait déjà été publié.
Ok, donnez -moi l 'adresse et j 'y vais tout de suite.
Facile.
Capitaine de Port -Camargue.
Non.
Encore ? Si vous voulez nous voir moins souvent, capitaine Leduc, faudra arrêter
de nous mentir.
De quoi vous parlez, lieutenant ? De votre mariage raté avec Hervé Briançon,
vous connaissiez soi -disant à peine, capitaine.
Bon.
Hervé a été le premier amour de ma vie.
J 'ai reçu une sacrée claque quand il m 'a laissé tomber alors.
J 'en suis pas fière.
Pourquoi vous n 'avez rien dit ? Parce que c 'était il y a longtemps, ça n 'a
aucun rapport avec son meurtre.
Et puis aussi...
Pas à cause de mon mari.
Il n 'était pas au courant pour vous deux ? Non.
Il y a des blessures qu 'on préfère garder pour soi.
Sauf que certaines ne cicatrisent jamais et peuvent mener au meurtre.
Vous insignez quoi, là, lieutenant ? Aucune nouvelle d 'Hervé Briançon
20 ans.
Et soudain, il y a deux mois, le hasard fait que la mairie l 'invite pour son
expo juste sur votre port. Mais j 'ai un alibi.
Avant -hier soir, j 'étais chez moi, avec mon mari. Oui, oui. Et il dit la
chose, mais vous pouvez très bien vous protéger mutuellement.
Madame le Duc, veuillez nous suivre à la gendarmerie, s 'il vous plaît.
Pardon ? Il se passe quoi, là, exactement ? Le couple Leduc vous balade
le début.
Tu me ramènes et je t 'explique en chemin ? Ah, au fait, enchantée, je m
'appelle Inès.
Je sais, ouais.
Pareil. Ah bon ? Tu t 'appelles Inès, toi aussi ? Non, enchantée. Ah, tu t
'appelles enchantée ! T 'as dû en chier à l 'école, toi, hein.
Lors de la perquisition chez vous, nous avons trouvé ces photos dans le tiroir
de la commande.
Vous pouvez m 'expliquer ? Tout a commencé quand Hervé est revenu.
Vous pensez que son exposition était un prétexte pour vous revoir ? Au début, je
ne savais pas.
Quand la mairie m 'a informé de ce qu 'ils allaient faire, je n 'ai pas pu
refuser. Mais vous n 'étiez pas tellement enchantée du retour de celui
avait abandonné 20 ans plus tôt. Non.
Pas vraiment.
J 'avais refait ma vie depuis longtemps.
Et alors ? Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Revoir Hervé a
été plus dur que ce que je pensais.
Surtout qu 'il était adorable avec moi.
Il multipliait les attentions.
Comme vous offrir des fleurs la semaine dernière ?
Par exemple.
Comment est -il venu à vous donner ces photos qui mettent à mal votre mari ?
son arrivée, j 'avais été très claire.
J 'étais mariée.
Et heureuse.
Ça ne vous a pas empêché d 'accepter un dîner romantique avec lui avant -hier ?
Ça devait être un repas d 'adieu.
Hervé allait repartir en Amérique du Sud.
Il vous a sorti le grand jeu.
Il a insisté lourdement pour avoir une nouvelle chance alors.
Je lui ai redit plus fermement que j 'étais très heureuse.
Que j 'aimais Laurent.
Et c 'est la raison pour laquelle il a voulu vous montrer qu 'il était
réellement votre mari.
Quand Isabelle est rentrée et m 'a montré les photos, je lui ai tout
Pour les dettes et pour le trafic.
Et je lui ai promis de tout arrêter.
La semaine d 'après, vous recommencez. Bravo.
Je n 'avais pas le choix. Ils m 'ont menacé.
J 'étais obligé de faire la dernière livraison prévue.
Votre femme vous a couvert.
Oui, mais on n 'a pas tué Briançon.
Entrez.
Moi, j 'ai un problème avec Laurent Leduc, commandant. Je pense qu 'il est
vraiment sincère.
Et ça va, moi aussi.
Ils avaient tous les deux de bonnes raisons de nous mentir, mais aucune
valable de tuer Hervé Brianson.
Ouais. Mais s 'ils sont étrangers ou meurtres, ça veut dire qu 'on n 'a plus
aucune piste.
Commandant, il y a le feu à la capitainerie.
Bonjour. Bonjour, monsieur.
Des plaisanciers ont aperçu la fumée, ils se sont précipités avec leur
extincteur. Grâce à eux, le pire a été évité.
On a des témoins ? Pose déj, personne n 'a rien vu.
D
'allume
barbecue.
Je me disais, du coup, ils n 'auraient pas mieux fait ? D 'en verser
devant les portes du bâtiment ? Quoi ? Non, je disais, ils n 'auraient pas
fait d 'en jeter directement sur les portes du bâtiment, vous savez ? Non,
non, pas du tout.
C 'est pas le bâtiment qui était visé, là. C 'est l 'exposition d 'Hervé
Brionçon, c 'est réussi.
Bon ben, on a trouvé le profil du coupable.
Un incendiaire qui déteste l 'art. Non.
Non, mais je plaisantais.
Vous avez trouvé un autre indice ? J
'aurais besoin que tu ramènes à la brigade tous les clichés pas trop
Il faut que je vérifie un truc.
OK.
Pas trop cramés, donc.
Pas trop cramés, c 'est subjectif. Du coup, je trie comment ?
J 'ai juste besoin de voir le bas des photos, le reste...
Ok.
Euh... Ouais.
Non.
Oh non.
Bonjour.
Bonjour. Est -ce que... Vous pourriez me filer un coup de main, s 'il vous plaît
? Mais bien sûr. Merci, c 'est gentil. Je vous en prie. Vous pouvez les mettre
l 'accueil. Moi, je verrai ce que je peux faire pour vous, ça vous évitera de
faire la queue. C 'est gentil, mais je travaille ici.
Ah ! Cool ! Moi, je suis nouvelle, je suis arrivée ce matin, du coup, je
pas encore tout le monde.
Inès Zaidi, lieutenant.
Enchantée. Néa Solaire, commandant.
OK.
Du coup, je suis désolée, en fait, je savais pas que...
Madame, vous pouvez pas savoir.
Et puis j 'aurais dû être là pour vous accueillir. J 'avais mille choses à
régler. Je suis désolée. Non mais aucun souci, commandant. Vraiment, je
comprends. Du coup, je vais vous débarrasser. Non, non, je vais vous
accompagner. C 'est pour les scellés ? Non, c 'est pour le capitaine Marshall.
Il prépare une expo.
Il prépare une expo ? C 'est par là, après vous.
Ah, très bien.
Celle -ci, merci. Ah d 'accord, donc mon bureau est un véritable hall de garde
en ce moment.
Ah non, enfin... Euh...
J 'ai trouvé le petit truc qui nous manquait.
Enfin, t 'es pas obligé de mettre tout ça dans mon bureau. Un rapport m 'aurait
suffi, Marjolaine. Bon, lui a un rapport, enfin, sans manque de panache.
OK. Bon, alors ? Non, mais là.
Vous voyez quoi, là ? Oui, Inès ? Des clichés brûlés de l 'expo
Briançon. Oui, c 'est sûr. Et des photos intactes.
Bien, oui, oui.
Et ce sont toutes des photos argentiques prises à ses débuts.
Ok. Et on est censé voir quoi ? Parce que là, à part une rétrospective de
travail, d 'air et brillance... Il n 'y a rien qui vous interpelle.
Non, vous êtes trop loin.
Allez -y, venez, approchez -vous. Approchez -vous.
Regardez de plus près.
Alors ? Vous me servez bien ? Bon, allez, d 'accord, je vous aide. Ok.
Regardez.
Là. Là.
Là. Et en bas de chaque photo, il n 'y a... Il n 'y a rien.
Il n 'y a rien. Bien.
Mais c 'est un problème, du coup, que les photos soient parfaites ? Non, c
'est... Et sur ce cliché mondialement connu... Ah, là,
par contre, en bas, il y a une rayure.
Caractéristique d 'un boîtier argentique usé. Tu connais un petit peu le système
? Non, pas du tout.
Non, je vois.
D 'accord, et donc ?
Et donc, ça voudrait dire que cette photo qui a reçu le prix Poulet d 'air
a 20 ans n 'a pas été prise par l 'appareil d 'Hervé Brianson.
Qu 'est -ce que vous faites ?
Attendez, deux secondes.
Une rayure.
Rayure.
Rayure, rayure. Rayure partout.
John. Capitaine.
Tu me mets ça sous ses lèvres, s 'il te plaît.
Et ça aussi.
Pourquoi vous faites ça ? Eh bien, nous avons la preuve que la photo qui a reçu
le Pulitzer a été prise par votre mari, mais ça, j 'imagine que vous le saviez
déjà.
C 'est moi qui ai tué un fébrile.
Pardon ?
Il y a deux jours, sur son bateau, avec un fusil à repos.
Cette soir -là, je suis allée le voir sur son bateau pour lui demander des
explications.
Il va falloir développer un peu.
Des explications pour quoi ? Pour avoir gagné le Pulitzer avec une photo volée à
mon mari.
Pour avoir... de la mort de Pierre.
Ok.
Et Briançon a tout avoué ? Comme ça ? Je l 'ai menacé d 'aller voir les journaux
pour tout leur dire.
Alors... Alors il s 'est énervé, il est devenu violent.
Il a voulu me frapper.
Donc vous vous êtes simplement défendue ? Oui.
Oui.
Il y avait plusieurs ponts. Alors je l 'ai menacée avec.
Je ne voulais pas le tuer.
Du coup, il est parti tout seul.
Le fusil est armé ? Oui.
Oui, j 'imagine.
Non, ce n 'est pas d 'imagination dont j 'ai besoin, mais de souvenir.
Un fusil à arpents, c 'est comme une arbalète.
On doit l 'armer avant de tirer.
Vous l 'avez fait ou vous ne l 'avez pas fait ? Oui.
Oui, je crois.
J 'ai fait peur. Je ne me souviens plus vraiment.
Je voudrais juste te signer mes aveux.
Madame Marin, c 'est une dernière question.
Pourquoi avoir mis le feu à l 'exposition tout à l 'heure ?
On
est bien d 'accord que...
Un homme malin se raconte n 'importe quoi.
Donc il n 'en reste plus qu 'une seule possibilité.
Tu es alloucement, hein ? On a besoin d 'aveu.
Ouais.
Elle est où, ma mère ? Les voisins m 'ont dit que vous l 'avez embarquée.
avoué. Elle a signé sa déposition, ça y est, là, c 'est fini.
C 'est du délire ! Non, pas tant que ça, non.
Tu vois, je...
Je vais t 'avouer un truc, j 'ai deux enfants.
Si jamais il y en avait un des deux qui faisait une grosse connerie, j
'hésiterais pas à me laisser accuser à sa place.
C 'est comme ça, c 'est dans les gènes. Pourquoi vous me racontez ça ? T 'avais
remarqué la petite rayure sur le vieil argentique de ton père.
Quand on s 'intéresse à la photo, ça saute aux yeux.
Et puis il y a quelques jours, en installant l 'exposition...
Tu as eu le cliché original du poulet de verre dans les mains.
Et tu as vu le même défaut. Et là, tu as compris.
Tu as compris que c 'est ton père qui aurait dû avoir la célébrité.
Même et peut -être surtout d 'ailleurs à titre posthume.
Briançon ne pouvait pas continuer à mentir.
Je lui ai demandé de tout raconter.
Que mon père méritait bien ça.
Et ce salaud m 'a répondu que mon père était mort et que ça le ferait pas
revenir.
Avec son fric, il m 'a dit... Il m 'a dit qu 'on était quitte.
Il avait acheté mon affection et là, il voulait acheter mon silence.
Erwan ? T 'as deux minutes ? Oui, pourquoi ? Qu 'est -ce qu 'il y a ?
donc je sais que je suis pas à Camille, mais si t 'as besoin de parler d 'elle,
enfin d 'autre chose, d 'ailleurs je suis là.
Oui, merci, ça va aller.
Non mais t 'es mon partenaire, donc vraiment je suis là. Ah oui, on est
partenaire, ça y est, c 'est officiel.
Ben ouais, moi j 'ai vu Solaire, Marshall, tout ça, on a l 'air d 'être
grande famille ici.
Ben moi je dois être l 'ado qui a pas envie de parler alors.
Tu vois ? Même si je t 'offre un chocolat ? Il paraît que ça te
détend.
C 'est moi le breton, mais c 'est toi qui es têtu, en fait.
Tu viens ? Bonne soirée. Vous aussi.
Mon colonel.
Votre demande de mutation, commandant.
Vous n 'êtes plus qu 'à signer.
Quelle demande de mutation ? Je ne suis pas au courant. Après votre façon de
vous opposer à moi pour défendre Camille Barbier, vous pensiez que vous pouviez
encore rester ici.
Vous êtes forte et indépendante. Vous commencez bien, mais maintenant, il faut
assumer.
Assumer ? Eh oui, vous avez raison.
Assumer.
Oui, bien ça.
Excusez -moi, s 'il vous plaît.
Assumer. J 'imagine que tout le monde est au courant de la rumeur.
Voilà, le colonel a décidé que je n 'avais plus ma place ici parmi vous.
Commandant, s 'il vous plaît.
Ah, mais je vous en prie, allez -y.
Dites -leur que vous n 'avez jamais accepté mon arrivée ici, que vous n
jamais accepté qu 'on m 'impose à vous. C 'est ridicule.
Allons dans votre bureau. À aucun moment vous ne m 'avez laissé une chance.
Je n 'avais pas mis un pied ici que vous m 'aviez déjà jugé.
Alors, puisqu 'il est question d 'assumer, très bien, demandez ma
Mais peut -être que je ne l 'assumerai pas.
C 'était quoi ça ? Ça, c 'est la famille.
Bienvenue donc.
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