Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Accueillons M. James Stuart Wortley,
candidat du parti tory pour Halifax !
Messieurs !
Messieurs !
J'ai été convié
par des membres de la circonscription de Halifax...
dont le nombre dépasse considérablement
celui de mes soutiens passés.
À bas Wortley !
À bas les tories !
Je me porte candidat pour vous représenter au Parlement.
Dégage !
Et suite à la tentative
d'une coalition sans scrupule
de dicter à la ville...
Ferme-la !
J'estime qu'aucune considération d'ordre privé
ne justifie que je refuse...
Dégage !
Pourriture de tory !
Fais voir ton cul ! C'est mieux que ta gueule !
Pardon.
Je suis désolé.
Sale rupin.
Arrête de bouger.
Qu'a exactement dit M. Wortley dans son discours ?
J'ai pas pu entendre à cause du bruit.
Il y avait une fanfare jaune qui jouait.
On n'entendait rien.
Satanés radicaux !
Quand M. Protheroe a pris la parole,
une fanfare bleue en a fait autant.
- Certainement pas. - Si.
Non.
Les tories ne commettraient pas telles bassesses.
Pas un mot de tout ceci.
- Booth. - Qu'y a-t-il ?
Allez à Brierley Hill
et dites à John Bottomley
que M. Holroyd m'a écrit
au nom du comité électoral de M. Wortley,
pour lui demander de donner ses deux voix à ce dernier.
Maintenant ?
Non, la semaine prochaine. Après l'élection.
Maintenant !
Filez !
M. Abbott va passer tantôt.
Une petite heure, dans le salon.
Vous êtes naturellement tous bienvenus.
Père ?
Bien sûr.
Ma tante ?
Oui.
Anne ?
Miss Walker ?
Nous serons au coin du feu
dans notre petit salon à l'étage.
Si vous souhaitez nous rejoindre,
vous êtes tout aussi bienvenus. Ma tante.
Père.
M. Abbott est un fervent tory.
J'aurais cru que cela t'inciterait
à avoir une meilleure opinion de lui.
Je reste outrée par son audace à mon égard
lors de l'assemblée.
Il voulait faire la paix.
Il n'aurait pas dû. C'était gênant.
C'est un... nigaud.
Qui t'a tourné le dos.
C'est également ce que je lui reproche.
Pardon ? Attendez...
Il s'est joué de toi.
Tu as éhontément assisté à une réunion d'hommes.
Il t'a ouvertement humiliée.
Or, ce qui t'importune, c'est que l'on vienne te saluer ?
C'était gênant.
Et il ne m'a pas délaissée.
M. Rawson a inventé cette histoire au sujet de Miss Greenwood.
Je l'ai expliqué une quinzaine de fois.
Il n'est pas venu te voir pendant des semaines.
Cela t'a blessée.
S'est-il expliqué ?
À chaque fois qu'il est venu, il a été ignoré.
Tu es injuste.
Nous avons dû...
Nous avons souvent pris le thé avec lui et sa mère.
Je ne parlais pas de vous.
Madame ?
John.
- Je vous importune ? - Non, entrez.
Bottomley n'était pas chez lui,
mais sa femme a dit qu'il serait rentré d'ici 9 h
et qu'elle lui dira de venir vous voir prestement.
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Ce n'était qu'un message.
C'est pourtant ce qu'elle a dit.
Elle a ajouté qu'il avait déjà reçu
deux lettres du comité de M. Wortley.
La première pour lui dire d'aller voter au Talbot
et la seconde, au White Swan.
Forcément. C'est soit l'un soit l'autre.
Mais pourquoi venir ici ?
Je ne fais que répéter.
Peut-être ne veut-il pas voter pour Wortley.
Merci, John.
Ne soyez pas ainsi, père.
On ne peut laisser la victoire aux whigs sans rien faire.
On doit agir, même sans avoir le droit de vote.
Si j'écris à Lady Stuart que les gens sensés de Halifax
n'ont pas élu son neveu à la Chambre des communes,
j'en serai malade.
9 h et aucun signe de Bottomley.
Je soutiens Robert Peel. Il est modéré.
Il faut rassembler les gens pour gouverner.
Et diriger un pays.
Parfois, je désapprouve autant les ultras que les radicaux.
Voire pire. Ils sont censés être plus sagaces.
Bien sûr, je ne l'ai jamais dit à quelqu'un d'important.
J'ai beaucoup en commun avec Robert Peel.
Il s'est fait tout seul. Son père, du moins.
Il a de l'empathie. Cela facilite les choses.
Il a unifié le parti, chose vaine chez les whigs,
et il unifiera le pays à coup sûr.
- Votre soeur ? - Croyez-vous ?
C'est une ultra.
George !
Restez assise. Il est 9 h passées.
Allez voir ce que fabrique Bottomley.
S'il n'est pas chez lui, que votre frère y retourne
demain 5 h, avant qu'il n'aille travailler,
et qu'il s'assure qu'il donne un paquet
à M. Wortley.
Ses deux voix.
Bien, Madame.
Mal à la hanche ?
C'est le froid, Madame. Ça empire les choses.
Sunderland vient voir ma tante demain.
Voulez-vous que je le sollicite ?
Non, je ne veux embêter personne.
Sottises.
Vous ne pouvez travailler dans cet état.
Il pourra rien pour moi.
Et après ?
Elle est capable de m'abattre comme Percy.
Non, non.
N'y allez pas.
M. Abbott.
Encore vous.
Je disais à Miss Marian que...
J'ai mille choses à faire.
J'espère ne pas vous avoir froissée.
- Au revoir ! - Lors de l'assemblée.
Pardon, vous êtes affairée. Moi aussi.
Parfait.
L'avez-vous...
mise au fait ?
Pas encore.
- Miss Walker est là ? - Oui.
M. Washington.
Le vote est en cours à Halifax.
Bottomley était au White Swan, dès 5 h ce matin,
et nous avons pressé les indécis et les récalcitrants.
George, apportez une autre tasse.
Non, merci.
Je...
Asseyez-vous.
Votre soeur en Écosse vous a-t-elle écrit, Madame ?
Elle devait vous envoyer une lettre. Vous l'aurez sûrement aujourd'hui.
Elle a donné des instructions pour saisir les biens
de 25 de vos locataires.
Pour cause d'arriérés.
À hauteur de la somme due, mais...
pour moitié, ils seront expulsés.
Je vous en fais lecture ?
"Cher M. Washington...
"Puisque ma soeur demande le partage de nos biens communs,
"il me semble opportun de tout mettre en ordre.
"D'après les derniers comptes, il apparaît clairement
"qu'il y a un nombre conséquent d'arriérés de loyer."
Voyez-vous cela. Comment ?
"Je joins une liste de noms,
"de propriétés et de mesures à prendre.
"Je vous saurai gré de faire le nécessaire
"pour trouver un huissier qui appliquera ces mesures."
Comment expliquez-vous tous ces arriérés ?
Ils font ce qu'ils peuvent.
Je relance les débiteurs,
mais le travail manque.
Certains sont âgés et tous sont honnêtes.
Je serais prêt à écrire 25 lettres en leurs noms
plutôt que de saisir quoi que ce soit.
Si c'est la volonté de Mme Sutherland,
si elle pense que c'est mieux ainsi...
Il faudra de nouveaux preneurs.
Bien entendu.
Et vérifier qu'ils ont les moyens d'honorer leur loyer.
Dois-je attendre que vous receviez sa lettre
ou dois-je faire appel à un huissier ?
Si Mme Sutherland estime que c'est la marche à suivre,
respectons son souhait et allons de l'avant.
Bien.
Est-ce tout ?
Oui, Madame.
Vous verrai-je demain au Stags Head pour collecter les loyers ?
J'y serai à midi.
Pourquoi a-t-elle fait ça ?
Elle écrit à tout le monde, sauf à moi,
et maintenant, ça !
En revanche, elle a bien saisi le message.
Ça explique pourquoi Washington n'a pas voulu lui écrire.
Il devait pressentir que cela arriverait.
C'est M. Sunderland.
Quelle horreur...
C'est atroce.
Et avez-vous entendu ce que colportent les whigs ?
Wortley aurait chanté et bu dans les tavernes.
Juste ciel ! Ils sont prêts à tous les coups bas.
Mais je reste optimiste.
Bien dit, M. Sunderland.
Pareillement. N'est-ce pas, ma tante ?
Les soutiens de Wortley ont oeuvré sans relâche.
Messieurs Rawson, Norris, Waterhouse...
Chacun a fait sa part, à sa manière.
Je vais changer votre bandage
et augmenter la dose de laudanum.
Alors ?
La plaie est en train de s'élargir.
Et son coeur...
Je suis assez confiant.
Si elle passe l'hiver,
nous profiterons d'elle encore quelque temps.
Le capitaine Lister ?
Non, il est sorti.
Il a pris...
son briska flambant neuf.
Il va tuer Marian.
Bref, pourriez-vous jeter un oeil à la hanche de Mme Cordingley ?
Cette sempiternelle hanche !
Elizabeth, M. Sunderland va examiner votre hanche.
Tout va bien. C'est inutile.
Allons donc !
À l'évidence, elle vous fait souffrir.
Je ne préfère pas.
Marchez vers moi.
Le Dr Kenny l'a examinée l'hiver dernier, avant votre retour.
Il a dit qu'il n'y avait rien à faire.
Ça va mieux, dès qu'il fait plus chaud.
Asseyez-vous.
Je vais devoir me relever.
Dans ce cas, marchez vers moi.
Parfois, une simple manipulation au bon endroit suffit...
J'aime pas être palpée !
J'ai juste mal à la hanche !
Il n'y a rien à faire.
On peut pas tous se permettre de rester au lit !
Donc...
mieux vaut en rester là.
Je vous raccompagne, M. Sunderland.
Prenez de l'huile de ricin, Mme Cordingley.
Une cuillerée à café par jour.
Mais pour vous soulager,
il faut en prendre régulièrement un mois durant.
Je reviendrai jeudi.
Faites-moi prévenir si besoin.
Bonne journée.
Je ne le pensais pas.
J'ai énormément d'estime pour votre tante.
Vous devriez passer quelques jours chez votre soeur, à Bingley.
Pour vous reposer.
Qui cuisinera ?
Je trouverai quelqu'un.
Temporairement.
Écrivez-lui pour lui demander.
On vous emmènera à Bingley en briska.
Je vais y réfléchir. Merci, Madame.
Pardon, Madame.
C'est arrivé tout à l'heure.
C'est parfaitement affectueux par endroits
et étrangement pragmatique à d'autres.
Elle dit que l'on aurait dû régler la succession bien avant.
Il lui aura fallu du temps pour l'admettre.
Et une lettre d'avocat.
N'ergotons pas. C'est déjà un pas dans la bonne direction.
Enfin.
Je me demande à quelle heure les résultats du scrutin tomberont.
Le pouvoir au peuple !
À bas les radicaux !
Regarde où tu vas !
- Joseph. - M. Whitley.
Où sont affichés les résultats ? C'est Miss Lister qui m'envoie.
Quelle idée !
À peine remis de votre blessure,
vous remontez sur ce fichu véhicule !
À moi la ronde des médecins et des valets
quand il se sera rompu le cou.
Tu pourrais faire preuve de compassion, très chère.
Vous vous êtes blessé tout seul,
alors qu'il y a une vraie malade sous ce toit.
Madame, j'ai croisé M. Whitley. Il dit que rien n'est perdu.
Lisez-les-nous.
Wortley, parti tory : 260 voix.
Wood, parti whig : 294 voix.
Protheroe, parti radical : 273 voix.
Il a raison, rien n'est perdu.
Le vote se poursuit demain.
On savait que Wood allait remonter.
Du moment que Wortley l'emporte sur Protheroe, tout ira bien.
Pas d'affolement.
Il a ses chances.
Ses soutiens n'ont pas encore voté,
car ils encourageaient les gens à aller le faire.
Il lui reste encore nombre de voix.
Merci, Joseph. George.
Tout va bien ?
Oui, mais... il y a plein de banderoles bleues au sol.
Halifax est en liesse,
hommes et femmes sont ivres.
Ils chantent, crient et s'en donnent à coeur joie.
Allez dîner.
Quelle drôle d'époque...
Viendrez-vous collecter les loyers avec moi demain ?
C'est faisable.
Si vous arrivez à vous lever.
Elizabeth me cause du souci.
Pourquoi ?
Je n'oublierai jamais son expression,
lorsque j'étais en Écosse.
Elle était terrifiée.
Elle a dû subir les conséquences de mon départ.
En lisant attentivement sa lettre,
on perçoit l'influence qu'il exerce.
Des petites expressions qu'elle n'utiliserait pas.
Le retard considérable de sa réponse,
c'est à cause de lui.
Et les saisies...
Le fait de ne pas m'en parler avant de prendre cette décision...
C'est lui.
Il cherche à me miner,
à me faire croire que ma requête était déraisonnable
et que cela a des répercussions.
Dans ce cas, tu n'as plus de raison de craindre
une quelconque connivence avec Washington.
Les temps sont incertains avec cette élection.
Si les résultats basculent en faveur de M. Wortley,
il se dit qu'il y aura des troubles.
Ce n'est pas Sutherland que l'on blâmera.
Non, il est à 400 miles d'ici.
Ce sera moi.
C'est très habile et fort fâcheux,
s'il a agi sciemment pour que ça coïncide avec l'élection.
Nous affronterons la tempête.
Tant que tu finis par obtenir ce que tu escomptes,
ça en vaut la peine.
C'est toujours ce que tu veux ?
Tu le sais bien.
Tu es si attentionnée depuis ton retour de Lawton Hall.
Comme toujours.
Pourquoi as-tu dit "Je ne te quitterai plus",
quand tu es rentrée ?
Quand ça ?
À ton retour de Lawton.
Ce furent tes premiers mots.
Ah oui ?
Parce que tu m'avais manqué.
Je ne m'en étais pas rendu compte...
jusqu'à ce que je pose les yeux sur toi.
Ça m'a frappée, quand tu l'as dit.
Depuis, plus un mot sur Mme Lawton.
Pas une seule fois.
Il n'y a que toi qui importes, désormais.
Tu le sais.
Je ne songe qu'à l'avenir.
Le nôtre. Ici.
Toi et moi.
Je vais souhaiter bonne nuit à ma tante et mon père
et voir Marian qui désire me parler.
Bonne nuit, père.
Dormez bien.
Bonne nuit.
Je ne t'attendais plus.
Si c'est à propos de ce que je pense...
Doit-on encore s'imposer cela ?
Assieds-toi.
Ce n'est pas la peine.
Je ne souhaite nullement te mystifier davantage.
Libre à toi d'avertir Miss Walker,
puisqu'elle fait, désormais, pratiquement partie de la famille.
Père est au courant. Je le lui ai annoncé cet après-midi.
J'ai décidé...
d'épouser M. Abbott.
Il gagne 2000 livres par an,
pour ta gouverne,
issus du négoce...
de laine.
Si nous avions des enfants,
chose que nous désirons tous deux,
ce ne serait pas suffisant
pour vivre.
Il a donc l'intention de continuer
à développer ses affaires ici, à Halifax.
Tu sais ce que je pense et ce que je vais dire.
Je le répète invariablement.
Je pense que tu commets une très grave erreur.
Je ne te demande qu'une chose.
Ne fais pas mention de Shibden.
Fais publier les bans
dans les journaux de Halifax, Leeds et York,
au nom de Marian, fille de Jeremy Lister,
esquire de Skelfler House,
du Yorkshire de l'Est.
Si tu y tiens.
Sait-il que tu n'auras rien d'ici ?
As-tu été claire là-dessus ?
A-t-il conscience que, quoi qu'il advienne,
tu n'hériteras jamais de Shibden ?
Même si vous avez des enfants.
Sait-il que s'il se voit un jour maître des lieux,
ses espérances risquent d'être contrariées ?
Ça n'a pas été évoqué.
Fais-le, alors.
Je t'encourage
à lui dire sans ambiguïté que,
si je meurs...
Si ?
Cette maison...
reviendra à quelqu'un d'autre.
Ni toi ni lui n'en hériterez.
Ce seront les Lister de Swansea.
Je clarifierai ce point, si tu le juges nécessaire.
Ça ne changera rien.
Comme tu es naïve.
Il a bon coeur.
Ça n'a pas d'importance,
contrairement au fait que tu seras mariée à un homme
inférieur à ton rang !
Tu es une Lister.
Notre famille est certainement l'une des plus anciennes de Halifax.
Si tu t'entêtes à vouloir cette mésalliance,
comprends bien
qu'il n'y aura plus d'échanges entre nous
et que nos liens seront définitivement rompus.
Miss Walker et moi n'assisterons pas au mariage.
Tes meilleurs amis te parleront rarement de moi.
Nous ne prononcerons plus jamais ton nom.
Mon unique crainte
est que la mortification...
de ton appauvrissement
soit plus conséquente que tu ne le crois.
Ce qu'il y a de plus triste, c'est l'inutilité de la chose.
Je n'ai jamais manqué de te dire
qu'il y aurait toujours un couvert pour toi ici.
Mais je veux l'épouser.
Je n'ai nulle envie de te faire renoncer à ce qui te tient à coeur.
Je ne demande qu'une chose.
Prends le temps de considérer sérieusement
ce que tu gagnerais
et ce que tu perdrais.
Il est très difficile d'acquérir une position sociale
et très facile d'en être privé.
Tout ça pour qui ?
Un négociant en laine.
Les gens seront ébaubis.
C'est inconcevable.
Je n'ai pas l'impression d'épouser un homme inférieur à mon rang.
Il est membre des cercles et des institutions de la ville.
Il est très estimé.
Suffisamment estimé.
Il est volontaire, travailleur
et ambitieux.
Il est fort probable qu'il s'enrichisse, avec le temps.
C'est sans importance.
Cela ne change rien au fait
que tu es une Lister.
Et qu'il est... négociant en laine.
Nul autre n'a fait sa demande.
Ce n'est pas une raison pour se marier.
Il me plaît.
Au point de t'exclure de tout ce que tu as connu ?
J'aimerais être mère.
Notre tante est au courant ?
Pas encore.
Pourrais-tu...
ne pas lui dire ?
Cela lui ferait énormément de peine.
Elle a déjà bien trop à penser.
Il y a loin de la coupe aux lèvres.
Les choses pourraient à nouveau tourner court.
Autant ne pas l'importuner avec ça.
Vas-y.
Ça ne changera rien.
Je n'irai pas mieux.
Va donc.
Le temps que je m'habitue à ne rien faire, il faudra rentrer.
Et ? Vas-y.
Et ce sera deux fois plus difficile
de reprendre la cadence.
Et si j'y allais ?
Je vais y aller.
Je me ferai passer pour toi. Ta soeur remarquera rien.
J'imagine que Nancy sera contente de me voir.
Et je pourrai me reposer.
Tout à fait.
J'aimerais bien me trouver quelqu'un de gentil.
Je ne m'occuperais que de lui.
Rends ça !
Coupez-lui les bourses !
C'est ça, sale tory ! Cours !
- Rentrez chez vous ! - C'est Dick ?
Il va bien ?
Ils ont agressé M. Atkinson, le marchand de vin.
On est intervenus. Le pauvre est infirme.
Sa femme tentait de les chasser.
On a rossé ces salauds.
Les Atkinson sont à l'abri, à l'étage.
Il s'est pris un coup sur le crâne.
Pourquoi ?
C'est Wortley !
Il a battu Protheroe d'une voix. Ils saccagent la ville.
Vous feriez mieux de retourner là-haut comme nous.
Hue !
Restez pas là !
Quelle victoire laborieuse !
Je dois en informer Lady Stuart.
Mais en ville, Madame...
Jamais on a vu pareille chose.
Les devantures des échoppes ont été pillées,
ainsi que les tavernes favorables aux tories.
À ce point ?
Je ne l'ai pas vu de mes yeux, mais apparemment,
les portes du presbytère ont été détruites.
Un homme m'a dit qu'au logis de M. Norris,
les bris de vitres, les meubles et les tableaux
étaient éparpillés partout dans son jardin.
Puis la foule est allée à Hope Hall pour tout saccager.
Ils avaient l'intention de traîner Christopher Rawson dehors pour...
Pour ?
Quoi donc ?
Le pendre.
Vous n'avez pas idée de la colère qui les anime.
Contre les tories.
Moi-même, je l'ignorais.
Pensez-vous qu'ils vont venir jusqu'ici ?
C'est peu probable, Madame.
Ils en veulent surtout au comité de soutien de M. Wortley.
Je voulais vous tenir au fait.
Je n'avais jamais rien vu de tel de toute ma vie.
Avez-vous parlé à M. Goodall ?
Oui.
Je lui ai remis la liste de Mme Sutherland.
L'huissier.
Il s'occupera des saisies, Madame.
Quand s'en acquittera-t-il ?
Dans la semaine.
M. Sunderland... Que fais-tu ?
Je descends à Halifax.
Pourquoi ?
Je vais verser le dernier acompte pour Staups.
Ensuite, ça fera partie de Shibden.
Un billet...
de M. Sunderland.
Il ne passera pas, il ne se sent pas bien.
Mais il peut envoyer le Dr Jubb.
Est-ce avisé ?
D'aller à Halifax.
- Ne pas y aller... - Je sais !
Serait malavisé ! Suis-je bête !
Je vais informer Sunderland
que nous solliciterons Jubb si besoin.
Je te confie la lettre, si tu veux bien.
Si tu consens à attendre que je l'écrive !
Elle est des nôtres ?
Vous êtes jaune ?
- C'est une jaune ? - Demande-lui.
- Vous êtes jaune ? - On vous cause.
Vous êtes jaune ?
C'est une bleue.
Jaune, Monsieur ?
Madame.
Non, je ne suis pas jaune.
Je suis en noir.
Je suis endeuillée par les méfaits qui ont été commis.
Je ne pensais pas vous voir vous aventurer par ici.
En voyant l'état de la ville,
j'ai cru que vous ne seriez pas là.
Tout comme vous, Miss Lister,
bien que les gens me voient autrement,
je suis un irréductible.
J'ignorais que vous conseilliez le beau-frère
de mon amie Miss Walker.
Le capitaine Sutherland.
Si... Après la mort de John Walker en pleine lune de miel.
Quel est votre avis ?
Sur Sutherland.
Cela remonte à cinq ans maintenant, mais en effet...
il est aimable,
méticuleux en affaires,
dévoué à son épouse.
Pourquoi ?
Miss Walker souhaite procéder au partage de l'héritage
entre sa soeur et elle.
Mais il semble être déterminé à contrecarrer ce projet.
Alors que, manifestement, sa femme convient
que cela aurait dû être fait depuis longtemps.
Voici 525 livres en billets de la Banque d'Angleterre,
255 livres en coupures locales et 170 souverains.
Soit un total de 950.
Vous avez les 1000 livres empruntées à 4,5 % à M. Wainhouse,
plus 1000 autres
que je lui rembourserai avec les fonds de Miss Walker.
J'ai versé 330 livres d'avance, le 23 mai dernier.
Donc je suis redevable de la somme de 3225 livres
5 shillings et 3 pence.
Moins 6 livres, 17 shillings et 6 pence,
soit les loyers du dernier semestre
des locataires Moore et Oates.
Ce qui fait 3218 livres, 8 shillings et 11 pence.
C'est juste.
J'ai reçu un mot de la vendeuse, Mme Barton.
Quelle incorrection.
Elle est prête à signer.
Nous sommes attendus chez Maîtres Stead et Dyson.
Ils ont hâte de vous rencontrer.
Allons-y.
Certainement pas.
Je me rends chez Whitley,
mais je serai de retour dans une heure.
Reste là.
Tout va bien ?
Oui.
Je pensais que les faits rapportés par Washington
étaient exagérés, mais...
Les dommages s'élèvent à plus de 10 000 livres.
Deux mille rien que pour chez M. Norris.
Ils réclamaient son sang, hier soir.
Ils l'exhortaient à sortir.
Il était déjà parti.
Ils ont forcé l'entrée
et mis à sac tout le rez-de-chaussée.
Tout a été souillé.
De même à Shay House.
Ils ont enfoncé la porte, cassé le mobilier.
La voiture et le cabriolet de Jeremiah Rawson
ont été tirés de la remise et mis en pièces dans la rue.
Même chose à Hope Hall. D'après ce qu'il se dit,
ils comptaient venir chez nous, à Well Head.
Mais Protheroe a su les dissuader à temps.
Il sait que Catherine est malade.
Vous savez que ma fille est mourante.
Oui, et j'en suis navrée.
Imaginez-vous...
s'ils étaient entrés chez nous.
Je ne savais pas qu'il y avait tant de colère.
Pas seulement à Halifax. Il en va de même à York,
Rochdale, Blackburn,
Stockport, Salford, Birmingham.
Étions-nous aveugles
pour ne rien voir ?
La terreur est injustifiable.
La faim.
La pauvreté.
La souffrance causée par la rudesse de l'hiver.
Ce sont des motifs valables.
Les radicaux ont peut-être raison de dire
que nos institutions séculaires et nos façons de faire
ne correspondent plus à cette époque en mutation
et aux ravages que la population subit.
Je ne sais pas.
Quand vous dites "même chose à Hope Hall",
les voitures de Christopher Rawson ont aussi été détruites ?
Mises en pièces et brûlées.
M. Hinscliffe.
Vous êtes courageuse de venir en ville aujourd'hui.
Je suis là pour affaires.
Je ne céderai pas à quelques irresponsables
qui abhorrent leur prétendue démocratie.
Savez-vous
que les Rawson ont pris 4 à 5 acres de votre charbon ?
Pourquoi les laisser faire ?
C'est du vol manifeste !
- D'où tenez-vous cela ? - De certains.
De ceux qui travaillent à la mine.
C'est un fourbe !
Je compte bien lui régler son compte.
Ah oui ? Alors, agissez.
N'importe qui offrirait un bon prix pour ces gisements,
mais vous le laissez vous piller.
Pardon, mais il y a de quoi révolter ceux d'entre nous
qui tentent de gagner honnêtement leur vie.
Voilà, je l'ai dit.
Je vais lui régler son compte.
Qui vous conseille ?
James Holt ?
Un autre avis sur la stratégie à suivre serait appréciable.
Je serai l'ami de quiconque sera le mien.
Il s'est servi de nous sans vergogne,
avec ses manigances à la mine de Willy Hill.
Passez donc à Shibden un de ces jours.
Nous en parlerons.
Tout s'est très agréablement passé.
Ils étaient déçus de ne pas vous voir.
Mme Barton aurait beaucoup aimé vous rencontrer.
Je l'ai échappé belle.
Staups fait désormais partie du domaine de Shibden Hall.
Félicitations, je suis ravi pour vous.
Excellente acquisition.
Faisons imprimer les prospectus
pour la mise en location du Stump Cross.
Entendu.
Il y a des intéressés. On pourra en demander un bon prix.
Je suis tout de même inquiète.
Comment dire ?
À la lumière
de notre courte victoire,
hier soir,
j'aimerais que le locataire...
partage mes opinions.
Pardon ?
Quelqu'un de fiable, qui votera comme il se doit,
sans broncher.
Cela pourrait...
Quoi ?
Les résultats seront vérifiés, suite au faible écart.
Ils vont envoyer quelqu'un de Londres.
Évidemment.
Ce que vous sous-entendez pourrait être
considéré comme...
de la corruption.
Sauf que je ne le sous-entendrais qu'avec vous.
Nous nous comprenons.
J'ai contacté M. Bradley, un architecte d'Elland,
pour Northgate House.
Il me dira quoi entreprendre pour en faire un bel hôtel.
C'est toujours prévu ?
Tout à fait.
Ainsi, avec le bon locataire,
au prochain scrutin, les tories auront une voix de plus.
Hardcastle !
- Êtes-vous allé à Halifax ? - Non, Madame.
Depuis longtemps ?
Une quinzaine. Voire plus.
La ville a été mise à sac par les insurgés.
Le saviez-vous ?
À cause du vote ?
Ils se sont introduits à Hope Hall.
Les voitures de Christopher Rawson
ont été tirées dans la rue pour y être brûlées.
Pareil chez Jeremiah Rawson, à Shay House.
D'autres maisons ont été vandalisées.
Fenêtres fracassées, tableaux et mobilier saccagés.
C'est fâcheux.
Mais il n'y a qu'à Hope Hall et à Shay House que les voitures
ont été détruites.
Écoutez...
je ne vous ai rien dit à l'époque
faute de preuves.
J'ai essayé.
Je ne voulais pas vous donner de faux espoirs.
Mais je pense...
que Christopher Rawson conduisait le cabriolet
qui a provoqué l'accident où Henry a perdu sa jambe.
Le valet de Miss Walker l'a reconnu.
Il n'a pas témoigné
pour préserver des proches qui étaient au service des Rawson.
J'ai reçu M. Rawson à Shibden Hall,
je l'ai accusé sans détour, mais il a évidemment nié.
Mais c'était lui.
Il s'est débarrassé du cabriolet peu après l'accident.
C'est bien la preuve.
Bref, sachez que j'ai fait...
ce que j'ai pu.
Comme toujours, avec mes preneurs.
Les honnêtes, comme vous.
Mais je n'ai pas été à la hauteur.
Puis tout a pris un sens,
aujourd'hui.
Une justice immanente.
Une intervention divine.
Je ne dirais rien à votre femme.
La jambe d'Henry ne repoussera pas. Ça la tourmenterait inutilement.
Mais je ne sais pas...
Je tenais à vous le dire.
Merci, Madame.
On annonce à nouveau de la neige.
J'ai quelques doutes.
Merci, Madame.
C'est elle.
Elle avait pris ses pistolets.
C'est moi !
George, vous irez à Halifax
pour remettre une lettre
et postez cet exemplaire du Halifax Guardian
à l'attention de Lady Stuart.
Matthew...
vous ferez le service, ce soir.
Couvrez-vous !
Il commence à neiger !
Mme Oddy sera aux fourneaux en l'absence de Cordingley.
Père, si vous pouviez la déposer chez sa soeur en briska.
- Où vit-elle ? - Bingley.
Mais un des garçons peut s'en charger.
Ou même moi.
Et il faudra retourner la chercher.
Levons nos verres.
Oui, à Mme Oddy. Je préfère sa cuisine.
Non, ma tante. À Staups.
Bien sûr.
Ma dernière acquisition.
À Staups.
Qu'y a-t-il, Marian ?
Et à M. Wortley pour sa victoire durement acquise.
Espérons que les résultats finaux nous réjouiront autant.
Enfin...
"Là où est la discorde,
"apportons l'harmonie.
"Là où est l'erreur,
"apportons la vérité.
"Là où est le doute,
"apportons la foi.
"Et là où est le désespoir,
"apportons l'espoir."
Dis-tu cela à l'instant ?
Elle a ouvert la bouche et parlé.
Non, pas dans ce sens.
Était-ce une fulgurance ?
Non, ma tante, hélas. Je citais saint François d'Assise.
Bonsoir, pardon d'interrompre votre repas.
Vous m'attendiez plus tôt, mais la neige m'a ralenti.
Dois-je repasser plus tard ?
Je peux attendre une demi-heure.
Vous pouvez attendre au salon, mais ne préférez-vous pas rentrer ?
J'aimerais autant.
J'ai les loyers de Bailey Hall, Miss Walker. Dois-je...
- Posez-les où bon vous semble. - Ici ?
Merci.
Rentrez vite, M. Washington,
pour profiter d'un bon feu.
Je n'y manquerai pas, Madame.
Mais il reste...
une dernière chose.
Quoi ?
Avez-vous lu...
l'édition du jour du Leeds Mercury ?
Non, uniquement le Guardian.
Pourquoi ?
Qu'y a-t-il ?
C'est...
dans la rubrique "Carnet blanc".
Un mariage ?
Ah oui ?
J'ai pensé que ça vous intéresserait.
Eh bien ?
Qu'est-il écrit ?
Dans les mariages de mercredi dernier.
"Aujourd'hui, à l'église paroissiale de Halifax,
"le capitaine Tom Lister de Shibden Hall
"a convolé avec Miss Walker de Crow Nest,
"tout près de là."
C'est une plaisanterie, une farce.
Qui aurait fait publier cela ?
- Je l'ignore. - Quel intérêt ?
C'est pour rire.
Tu trouves ça drôle ?
C'est plutôt amusant.
Qui est le capitaine Tom Lister ?
Pensent-ils que vous avez épousé Miss Walker, père ?
Il y a erreur sur le prénom.
Il ne s'agit pas de moi.
Comme c'est drôle.
Vraiment très drôle.
Pourrez-vous nous le donner, après lecture,
pour continuer à en rire ?
Vous pouvez garder cet exemplaire.
Si seulement celui qui a dépensé son argent
dans le but de nous contrarier
pouvait voir que nous réagissons avec calme
et amusement...
Merci de nous l'avoir apporté, Washington.
Filez avant que le chemin soit malaisé.
Bonsoir, Madame.
Adaptation : Nathalie Turac
Sous-titrage Iyuno.SDI Group Paris
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.