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Original subtitles

Merde, merde.

Laurie.

Alex ! Alex ! Alex, venez ! Allez, Laurie.

Laurie, réveille -toi. S 'il te plaît. Allez.

Laurie.

Merde.

Allez, Laurie.

S 'il te plaît.

Non, papa, je t 'ai dit que je bossais pas avec Victor Montagnac et je

pas pourquoi je devrais me méfier de lui, en fait.

T 'as trouvé des trucs au ministère ? Non, pourquoi ? Non, je sais pas, comme

ça, par curiosité.

Bon, il faut que je te laisse.

OK, bon, bah, passe une bonne journée.

Bonjour. Bonjour.

Vous remplissez ce papier et vous revenez me voir.

Ça fait une heure que j 'attends. J 'ai une déclaration très importante à faire.

Oui, j 'ai compris, monsieur.

Et j 'avais déjà compris la première fois que vous me l 'avez dit.

Et la deuxième aussi.

Non, mais vous comprenez pas !

C 'est une question de vie ou de mort. Alors, t 'as entendu ? Oui, j 'entends

toujours quand il s 'agit de vie ou de mort.

On va au brief, tu me mets de côté.

Vous êtes sûr ? Oui.

Pas de problème, monsieur.

Vous allez être pris en charge par les meilleurs policiers de la ville.

C 'est nous.

Merci. C 'est moi, on est tombé sur une belle affaire comme on les aime.

Bonjour, commissaire.

Est -ce que je peux vous parler de mon coéquipier ?

Oui, si vous voulez.

9h03, on est un peu en retard.

La prochaine fois.

D 'accord.

Victor, je l 'ai déjà dit, le petit déjeuner, c 'est à la maison.

Je suis gentil, mais tu habites trop loin.

Bon, le menu du jour.

Commissaire ?

Est -ce qu 'on peut s 'occuper du vieux monsieur à l 'accueil ? Ok, si ça vous

fait plaisir.

Merci. Iris, Victor, on vient de recevoir ça, un suicide.

Une pompière qui s 'est jetée du haut de la tour de sa caserne.

Je compte sur votre délicatesse, surtout toi, Victor.

Les suicides dans la fonction publique, c 'est toujours très délicat.

Ok, chef.

Vous deux, vous restez ici en renfort. On a encore eu deux nouvelles plaintes

pour cambriolage. C 'est une vraie épidémie dans toute la ville. La

ne me lâche pas.

Allez au boulot.

Montagnac, allez ! Le petit -déj et le repas le plus important de la journée,

tout le monde s 'en fout.

J 'arrive, j 'arrive, c 'est bon.

C 'est fascinant, les pompiers.

Et les pompières, oh là là.

C 'est une nana comme ça qu 'il me faudrait.

Quelqu 'un de dévoué, qui a l 'essence de sacrifice, qui est là pour protéger

les autres.

Ben nous, on fait quoi ? Je veux dire, on parle de suicide.

Tu vois, il te faut plutôt une fille lumineuse, épanouie, souriante, tu vois

Qui aime la vie, en fait.

Enjouée, tu vois ? Enfin... Bon, excuse -moi.

Allô ? Quand est -ce que tu vas lui dire ?

Lui dire quoi ? Que tu le kiffes.

Que quoi ? Non mais arrête, n 'importe quoi, tu racontes vraiment... C 'est

le rapport ? Et pourquoi t 'es pas à l 'accueil, toi ? Il y a quelqu 'un qui te

va le déposter.

Quoi ? Tu m 'as vraiment pris pour un... bleu.

Elle ne s 'est laissé aucune chance en ce temps de la voie.

Tu vois, ça, c 'est une tour qui sert à sécher les tuyaux après une

intervention. Alors non, ça, c 'était à votre époque, quand les tuyaux étaient

encore en toile.

Aujourd 'hui, ça sert surtout de tour d 'entraînement.

C 'est dingue, il faut toujours que t 'étales ta science, toi.

Capitaine Villeneuve, Capitaine Montagnac.

Nicolas Vergé, médecin urgentiste.

J 'étais sur place.

Je suis intervenu immédiatement, mais le lieutenant Clément a chuté de l

'équivalent de six étages.

J 'ai rien pu faire.

Et ces marques, vous savez ce que c 'est ?

Je demandais intervention d 'un légiste.

Pour un suicide ? Oui, nous, avec les médecins, on préfère toujours demander

deuxième avis.

Merci,

madame la

juge.

Se suicider sur son lieu de travail, la symbolique est lourde.

En attendant la légiste, on va voir là -haut.

Qu 'est -ce que vous attendez ? Non, pour les constatations, je te fais une

confiance aveugle.

Moi, je vais aller jeter un oeil dans la chambre de la victime.

Alors, monsieur, qu 'est -ce qui vous arrive ? C 'est grave.

Je m 'appelle Charles Tilleul.

Tilleul. Comme l 'arbre ? Non, comme la tisane.

J 'ai découvert sur le mur de ma maison des inscriptions très inquiétantes.

Tenez, regardez.

Ça ressemble au repérage des cambriolages.

Vous voyez ça, le thé à l 'envers ? Ça veut dire que vous êtes un homme seul.

Le demi -soleil, que vous êtes très souvent chez vous, et les trois petits

points que vous avez du casse à votre domicile. C 'est le cas ? Ben oui, comme

tout le monde.

Mais de moins en moins, parce qu 'avec ma petite retraite...

Ce qui m 'inquiète le plus, c 'est ce sigle -là. Regardez.

JM.

JM.

Jean -Marc.

C 'est mon facteur.

Quand je pense que je lui ai acheté tous ses calendriers I2... Non, JM pour

jeudi matin, c 'est -à -dire demain matin. Vous faites quoi habituellement ?

vais jouer au bridge.

Vous pensez qu 'ils vont agir demain matin ? Vous ne changez rien à vos

habitudes. Nous, on est là pour vous protéger.

Vous pouvez y aller.

On vous tient au courant.

Merci beaucoup.

Merci.

La préfecture est à fond sur cette affaire de cambriolage. Là, on a l

de les taper en flag.

Tu sais ce que je sens ? Ton parfum, je ne peux pas l 'éviter.

Non, ça sent la promotion, à plein nez.

On ne peut pas installer des ascenseurs ici.

Bonjour, capitaine Montagnac, vous êtes ? Franck Duez, capitaine à la caserne,

chef du centre de traitement des alertes.

Vous permettez ?

Vous

étiez ensemble depuis longtemps ? Je vous préviens, je ne suis pas le

pour réconforter.

Il y a quoi que ce soit qui puisse expliquer son geste ? Non.

Lauriel est bien.

Elle grimpait souvent à la tour, mais...

C 'était juste pour évacuer le stress de la journée.

Elle était du genre stressée ? Plutôt du genre qui ne lâchait jamais rien.

Elle était exigeante avec elle -même comme avec les autres.

Elle avait le sens des responsabilités, du travail, du dévouement.

Elle essayait d 'arrêter de fumer, ça n 'y allait pas.

Elle avait plutôt le sens du sacrifice, j 'ai l 'impression.

Des gars tous les week -ends, des corvées d 'entretien à l 'appel.

Qu 'est -ce qu 'elle a fait pour mériter ça ? C 'est vrai que le

commandant a été super exigeant avec elle ces derniers temps.

Il la met à l 'épreuve.

À l 'amende, oui.

Et Laurie, comment elle le prenait ? Elle disait que ça ne servait à rien de

plaindre, ni de se chercher des excuses.

La pression a pu devenir insoutenable.

Elle vous a parlé de son rendez -vous avec le commandant ce matin ? Non.

Laurie Clément, 27 ans, elle a grandi dans la région et c 'est une héritière.

Elle a hérité de quoi ? De sa vocation.

Son père dirigeait une caserne et sa sœur est pompière. C 'est un peu une

affaire de famille, comme toi.

Je ne vois pas le rapport avec l 'enquête.

Bon, tu me rappelles si t 'as du nouveau.

Tu vois, si tu es à cause de la pression au travail, c 'est chaud.

Surtout que la pression, quand c 'est chaud, c 'est pas bon.

Bah la bière.

La bière pression, quand c 'est chaud, c 'est pas bon.

Ah, ouais.

C 'est drôle.

Non, non, c 'est pas drôle. C 'est nul.

Mais ces histoires de suicide, moi, ça me... ça me déprime.

Alors du coup, j 'ai essayé de l 'évacuer, justement, la pression. Enfin,

Affligeant.

Vous savez que vous feriez un beau petit couple, tous les deux ? Ah ! Popo et

moi ? Vos enfants auraient un humour pourri, mais ils seraient beaux.

N 'importe quoi. En plus, rien, c 'est pas du tout mon style, sans te vexer.

Mais moi, j 'aime bien les blondes, yeux bleus.

charismatique, un humour raffiné et qui font des blagues drôles.

Ouais. Bon, c 'est pas la peine d 'être désagréable non plus ? Hein ?

Parfaite la technique de drague.

Alors, c 'était comment la vue là -haut ? Jolie.

Et j 'ai trouvé ça.

Le portable de Laurie, j 'imagine.

Mais il est verrouillé.

Et oui, j 'ai essayé 1, 2, 3, 4 et 0, 0, 0.

Et ça y est, avec sa date de naissance, 25, 0, 3.

Une petite bélier.

Bien vu.

C 'est fou ce que les gens peuvent être prévisibles.

Elle était en train d 'écrire un message au commandant.

Quoi comme message ? Désolée.

Quoi, désolée, c 'est tout ? Ouais.

Désolée de quoi ? De se tuer ? Surtout, pourquoi elle l 'a pas envoyé ?

Déjà, elle avait rendez -vous avec lui au moment de sa mort.

La lieutenant Clément avait demandé à me voir et je lui avais accordé un rendez

-vous prévu après ma réunion au SDIS.

SDIS, service départemental d 'incendie de secours.

C 'est un peu comme la direction des pompiers. J 'adore les acronymes, c 'est

QFD. Je sais ce que c 'est le SDIS, merci.

Quand vous êtes revenu, elle avait déjà mis fin à ses jours ? Oui.

Pourquoi elle voulait vous voir ? J 'en ai pas la moindre idée.

Peut -être pour le harcèlement que vous lui faisiez subir.

Je sais que c 'est très à la mode de confondre exigence et harcèlement, mais

'excellence est une valeur primordiale des pompiers.

J 'ai cru comprendre que vous étiez très dur avec elle ces derniers temps. C

'était justifié.

L 'avant -hier, deux de mes hommes se sont battus par la lieutenant.

Qu 'est -ce que j 'aurais dû faire selon vous ? Laissez -la si on lit s

'installer dans ma caserne ? Je l 'ai sanctionné.

C 'était pas plutôt eux qu 'il fallait sanctionner ? Quand vous voulez éteindre

un incendie, vous ne vous attaquez pas à la fumée.

C 'était elle, la cause de cette rivalité amoureuse.

Ok. Et qui étaient les pompiers impliqués dans l 'altercation ?

laissez -moi deviner.

Déjà, il y avait son petit ami, Franck Duez, et... Le lieutenant Valentin

Merlet, un infirmier pompier.

Mais ce sont tous les deux d 'excellents éléments.

J 'imagine. Et l 'excellence est une valeur primordiale chez les pompiers, n

'est -ce pas ? Ah ! Amusant, hein ?

C 'est bon.

Ah, t 'es plus long, tu l 'as, non ?

À ton avis,

les chefs deviennent pètes secs parce qu 'ils sont chefs ou ils deviennent chefs

parce qu 'ils ont toujours été pètes secs ? D 'ailleurs, tu sais que tu

une super chef, toi.

J 'ai bien compris à ton petit jeu. C 'est super technique.

Parce qu 'en fait, dans un petit commissariat, elle peut plus rapidement

que dans un gros.

Vous en êtes la preuve vivante.

Salut Manu. Salut Vic, ça va ? Capitaine, bonjour.

Alors, t 'as pu faire connaissance avec notre victime ? Ouais, elle est morte

sur le coup. Sa nuque s 'est brisée dans la chute.

Et les marques dans ses mains ? Contrusion superficielle des deux côtés.

dû agripper quelque chose.

Ça peut pas être en entraînement ou en intervention ? Si, si, ça pourrait, sauf

que celles -ci elles sont récentes.

Comme les équimotes qu 'elle a sur le dos d 'ailleurs.

Causées par une pression trop forte, bon bah probablement une barrière.

Ou un garde -corps.

Mais bon, à moins d 'avoir peur du vide, on se suicide rarement en jetant de

dos. Et puis surtout, si on a peur du vide, on se suicide autrement.

Donc, Laurie Clément ne s 'est pas jetée, mais elle a été poussée.

Je vous fais ouvrir une enquête pour meurtre.

Le commandant était aux dix au moment de sa chute.

Mais selon le planning, ces deux prétendants étaient bien présents à la

On a passé la matinée en planque devant le domicile de Charles Tilleul, notre

potentiel futur cambriolé. Eh bien, pas un mouvement suspect.

Rien. Nada ou Alou.

C 'est une fausse piste ? Alors non, parce qu 'on a relevé pas mal d

'inscriptions dans le quartier. À chaque fois, le même genre de signes laissés

par les cambrioleurs.

C 'est certainement le même gang qui opère dans toutes les villas du

Il faut me le coincer avant qu 'il recommence. On s 'est compris ? Ok, mais

ne va pas planquer jour et nuit dans le quartier. Pourquoi pas ? On va vous

donner tous les moyens disponibles. Jolie voiture banalisée. Et même, pour

toute la nuit, des thermoses de café.

Vous connaissez le blog de Stolen44 ? Vous voyez pas qu 'on travaille ? Non

Stolen44, c 'est un mec qui poste des photos avec les inscriptions des

cambrioleurs sur son blog.

Sérieusement ? On est d 'accord. Qui a encore un blog de nos jours ? Mais c

de mieux en mieux. Il s 'échange les infos en libre accès sur Internet au nez

la barbe des autorités. Attendez.

Là, cette photo, elle a été prise il y a deux jours chez Charles Tillal.

Ben voilà, vous l 'avez votre piste.

Il y aurait pas un endroit sur le blog où il y aurait son nom ? Ouais, bien

Il y a aussi son adresse.

Son numéro de téléphone et le planning de ses futurs embrayolages.

Ben non, mais j 'ai craqué son IP.

Légalement ? Bon alors, je ne suis au courant de rien et je ne suis même pas

Vous allez me le convoquer illico presto. Jules, votre poste, c 'est l

mais vous deux, prenez exemple sur lui.

Pardon. Ouais.

Fayot.

C 'est vrai que c 'était une belle femme, Laurie est déterminée. Je

'on puisse se battre pour elle.

Se battre, c 'est pas trop mon truc.

Pourtant, vous avez bien secoué le capitaine Guez il y a trois jours à l

'entraînement.

C 'est lui qui a démarré ça.

Ce mec est super jaloux et en plus c 'est un gros con.

Il avait des raisons de l 'être.

Jaloux, je veux dire pas con.

Non. Laurie et moi, on était comme des frères et sœurs. Ça, Franck, il était

incapable de le comprendre.

Il était persuadé qu 'avec Laurie, on se chauffait.

Et il ne ratait jamais une occasion de me le faire payer.

C 'est de ne pas te blesser.

Oh la gonzette.

Sinon t 'inquiète, j 'ai des pansements avec des licornes.

Tu dis ce que tu veux qu 'on te porte.

T 'as quel âge franchement ? Il s 'est poussé par ça.

Mais sinon, c 'est la version pour les mecs.

C 'est bon, dégage, laisse -moi me gérer.

Oh ! Vous

croyez où, là ?

Allez, reformez les rangs.

Et vous, bravo.

Vous venez d 'hériter de la corvée de sanitaire.

Oui, chef.

Je comprends vraiment pas ce que Laurie foutait avec lui.

Vous savez, elle a toujours été là pour moi.

Surtout depuis ce qui s 'est passé au concours.

Vous m 'en racontez ? On doit tous passer par le parcours du sapeur.

C 'est un peu comme un parcours du combattant, si vous voulez.

Laurie s 'est coincée dans un tunnel avec son barda et moi j 'ai aidé à s 'en

sortir. Même si ça m 'a coûté du temps sur mon chrono.

Classe ! C 'est pas mon binôme qui ferait ça pour moi.

Même sa sœur qui passait le concours en même temps qu 'elle l 'a laissé en plan.

Ah bah là, je reconnais plus mon binôme.

Quand tu mets deux hommes en rivalité, ça finit toujours par celui qui pisse le

plus loin. T 'as pas remarqué ? Oh là ! Pardon, monsieur.

Au final, c 'est la femme qui en fait les frais, comme toujours.

Le petit ami était persuadé que l 'amitié homme -femme n 'existe pas.

c 'est possible pour garder deux.

On est collègues, pas amis.

Je désespère pas que tu comprennes mon humour avant la fin de l 'année. Ou peut

-être avant mon départ à la retraite.

C 'est la même chose, non ? Ah, pas mal ! Tu vois, quand tu veux. Si je suis sûr

que t 'as pas fait exprès. J 'ai retrouvé une plainte.

Contre Franck. Déposé par son ex -compagne il y a 4 ans.

Merci. Vous avez entendu ? Et voilà comment un petit ami devient un grand

suspect.

A plus tard.

Entrez ! Petit point sur le dossier Laurie Clément. On va convoquer son

ami Franck Duez, jaloux et potentiellement violent.

Allez -y, qu 'est -ce que vous avez à me dire ? Quand on me fait un rapport sans

que je le demande, c 'est soit un excès de zèle, soit un prétexte.

Pourquoi le dossier de Victor a récemment disparu des archives ? Vous

sur votre binôme ? J 'ai besoin de connaître ceux avec qui je travaille,

vous.

Certains dossiers se sont perdus la semaine dernière quand on a changé de

serveur.

Vous êtes rassurée ? Donc aucun cadavre au placard ? Ou aucun lien avec le fait

qu 'il soit bloqué au même grade depuis 30 ans ? Aucun.

Vous savez, je connais Victor depuis très longtemps.

C 'est un policier sans histoire et un homme tout ce qu 'il a de plus normal.

Son seul crime est d 'habiter au -dessus d 'un cabaret interlope.

D 'ailleurs, Fifi, le patron, est son meilleur ami.

Venant de lui, plus rien ne m 'étonne.

Merci.

Vous fermez la porte.

Tu ne sais pas où il est, Riem ? Pourquoi je ne le saurais ? Parce que c

ton binôme.

Il y a une meuf qui a laissé son nom à l 'accueil. Elle a flashé sur lui. Tu lui

diras de passer me voir ? Elle était comment ?

Euh... Je sais pas.

Tu l 'as vue ? J 'ai pas fait gaffe.

Elle a laissé son nom ? Ouais.

Amélie Chabot.

Ah bah, finalement, ça t 'intéresse.

C 'est seulement pour protéger R .I .M.

Le pauvre, il a vécu une rupture difficile, donc j 'ai pas envie que...

C 'est pas du tout ton style.

Attends, tu rigoles ? Elle est super canon.

Ouais, enfin, elle a surtout le teint jaunâtre.

Ça se voit qu 'elle sort pas de chez elle.

Ouais, pas sûr, hein. Regarde, là, elle est en train de faire un truc dans le

désert. Ouais, bon, d 'accord, madame est hyperactive, mais franchement... Et

plus, égocentrique, parce que... Et que je me prends en photo à la plage.

Et que je me prends en photo à la montagne.

Et que je me prends en photo en train d 'aider des SDF. Tu vois, elle fait

partie du Nassau.

Ça va ? Vous faites quoi ?

Voilà, c 'est qui cette meuf ? Elle est hyper canon.

C 'est Amélie ? Amélie.

Chabot.

Ma cousine.

Ah oui, c 'est toi, là.

Mais désolé, elle est en couple depuis dix ans, avec sa meuf.

De toute façon, d 'après Pauline, c 'est pas du tout ton genre.

Pourquoi tu dis ça, Bobo ? J 'y vais, j 'ai du travail.

Tu rigoles, regarde.

Elle est mignonne.

T 'as son petit sourire, là.

Dommage qu 'elle préfère les filles.

Oui, Valentin, je le charrie parfois, mais c 'est jamais méchant.

Oui, des petites humiliations quotidiennes, des trucs sympas.

En droit pénal, ça a un nom.

C 'est du harcèlement par personne ayant autorité.

Vous étiez jaloux de sa complicité avec Laurie ? Jaloux de Valentin ? De toute

façon, Laurie m 'aurait jamais trompé. Elle était trop intègre.

Je l 'admirais tellement.

J 'aurais dû la protéger.

La protéger de quoi ? D 'être une femme dans un monde de mecs ?

Vous faisiez quoi hier matin ?

Mais attendez, j 'y suis pour rien moi.

Non mais j 'étais au centre d 'appel au moment de sa chute. Vous pouvez vérifier

les enregistrements.

Jamais j 'aurais fait de mal.

Si je retrouve celui qui a fait ça, Je le massacre.

Concentrez -vous sur votre boulot et laissez -nous faire le nôtre.

Merci beaucoup.

Au revoir, monsieur.

Les gens sont d 'un bavard. T 'appelles pour une petite info et là, ils

commencent à m 'expliquer que ta voiture est en panne à cause d 'un problème de

durite. Et donc ?

Et donc oui, pardon. L 'alibi du petit ami est confirmé. Il était en train de s

'occuper d 'une crise cardiaque au centre d 'appel au moment du meurtre de

Laurie. Ok. Est -ce qu 'on a reçu les résultats d 'analyse des empreintes sur

téléphone de Laurie ? Oui. Il n 'y a que celle de la victime.

Donc le meurtrier a pris soin d 'effacer ses traces. Ou de porter des gants. C

'est ça.

Alors moi, je me suis rencardé sur la grande sœur de Laurie.

Anna Clément, 27 ans. Vous devinez quoi ? Je me dis quand

même. Son portable a borné à la caserne le matin du crime.

On peut savoir ce que vous faites ? Je m 'entraîne à la planche des

pompiers, mais là, je crois que j 'ai pas le bon matériel.

Oui, je pense que le problème, c 'est le matériel, ouais.

Donc, la soeur de la victime ? Oui, alors, Laurie et Anna, inséparables,

les deux doigts de la main, parcours identique, même désir de devenir

comme leur cher petit -papa.

Sauf que la grande soeur n 'a pas aidé la petite lors du parcours du sapeur.

Toujours est -il qu 'après ça, Anna s 'est faite épingler par ses instructeurs

pour, je cite, « mauvais état d 'esprit et manque d 'esprit de corps ».

Résultat, elle n 'a pas obtenu la titularisation qu 'elle espérait et elle

'est retrouvée dans une caserne de seconde zone.

Ok, je vais chercher Anna Clément et vous, vous allez à la caserne vous

renseigner sur pourquoi elle y était le jour de la mort de sa soeur.

Allô, ça y est, elle donne des ordres.

Elle est mûre pour être commissaire, il faut faire gaffe.

Ah, Rihem, désolé pour ma coudoune, mais si tu veux, je peux te présenter des

copines à moi ? C 'est quoi ton style de fille ? Franchement, je ne sais même

plus. Depuis ma dernière rupture, je pense qu 'il faudra mieux que je me

éloigné des femmes.

On n 'a pas besoin d 'elles pour s 'amuser, non ? Ça aussi, Rihem, ce n

moi qui vais te dire le contraire.

Mais tu ne crois pas que ce serait le moment de découvrir de nouveaux horizons

De penser hors des sentiers battus ?

Si, pourquoi pas. T 'as une idée ? Tu me fais confiance ? Ouais.

Tu peux.

Solène 44, c 'est vous ? Et c 'est à vous aussi qu 'on doit cette jolie

de photos artistiques ? Je confirme. Je vous cache pas que je commence à avoir

une jolie collection.

Vous reconnaissez que ce sont des informations visant à préparer les

cambriolages ? Oui.

Et vous les communiquez à qui ? Aux victimes.

A qui d 'autre ? En fait, j 'ai monté mon business d 'alarme et de

vidéosurveillance. Du coup, sur mon temps libre, je sillonne la ville pour

repérer les inscriptions et sensibiliser les riverains.

Je suis un peu dans la prévention, en quelque sorte.

Puis comme je sais que la police n 'est pas vraiment efficace sur les voiles

avec effraction, j 'exploite le créneau.

Et avant de faire de la prévention, comme vous dites, vous étiez capitaine

police à Montauban jusqu 'en 2022.

Affirmatif. Quinze ans de bon loyer au service.

Et comment on passe de policier à expert en cambriolage ? Par passion, par

altruisme.

Je déconne pour le fric, évidemment.

Avec ma petite entreprise, j 'ai réussi à multiplier mon salaire par trois.

Par contre, si j 'étais à votre place, je commencerais à m 'inquiéter.

Parce que j 'ai pu constater une recrudescence d 'inscriptions dans ce

certainement un gros coup qui est en train de se préparer. Et avec une équipe

très bien organisée. Merci, c 'est bon, on ne vous a pas attendu pour enquêter.

Bon, en tout cas.

Si vous avez besoin d 'aide, vous n 'hésitez surtout pas.

Alors, vous le reconnaissez ? Non, jamais vu de ma vie.

Mais si vous avez d 'autres suspects, je peux rester, parce que j 'ai le temps.

Je suis sûr que j 'aurais fait un bon enquêteur.

Pourquoi vous étiez à la caserne le matin de la mort de votre père ?

cette question ? Pourquoi ne pas y répondre ? Il y a quelques semaines, j

demandé ma mutation dans la caserne de Laurie.

Je suis allée pour voir où était ma demande.

Et alors, votre demande, elle en était où ? Laurie m 'a assuré que c 'était en

bonne voie, que c 'était une question de temps.

Désolée, mais j 'arrive toujours pas à croire qu 'elle est morte.

On était toujours collées l 'une à l 'autre.

À l 'école, on nous appelait les Siamoises.

Pas vraiment main dans la main pour des Siamoises.

Pendant le concours, vous l 'avez même joué plutôt perso.

Notre père nous a toujours appris à nous dépasser pour être les meilleurs.

Même l 'une envers l 'autre.

Surtout l 'une envers l 'autre.

Écoutez, j 'ai payé cher pour cette erreur.

Ma mutation dans un trou poumé et ma soeur qui voulait plus me parler.

Vous vous êtes réconciliée assez rapidement.

Laurie m 'a toujours admirée.

Je suis l 'aînée, j 'ai toujours été douée, du coup elle se mettait la

La pression d 'être à la hauteur.

Surtout par rapport à notre père.

Mais bon, vous pouvez pas savoir ce que c 'est.

Si, si, je vois très bien ce que c 'est.

Je savais pas que la soeur de la lieutenant était ici le matin du drame.

Mais je la connais pas, je l 'ai jamais rencontrée.

Ah bon, pourtant elle avait fait une demande de mutation pour rejoindre notre

caserne.

Parfaitement, ouais.

Mais sa demande était partie directement de l 'oubliette.

Pourquoi ? Parce que c 'était une femme ?

Certainement pas, non ? On va arrêter de voir le mal partout, là.

Les mals partout, c 'est bien le problème dans notre société, encore

'hui. Ah, ce petit là.

La lieutenant Clément était venue expressément me demander de... Excusez

mais c 'est pour mon confort d 'écoute, ce qu 'elle a fait.

Allez -y, continuez.

Laurie était elle -même venue me demander de refuser la mutation de sa

Et elle vous a dit pourquoi ? Juste qu 'elle avait des relations compliquées

avec elle.

Trop d 'affect. Elle craignait de mauvaises prises de décision à court

Redoutable, la frangine.

On a rêvé d 'être durs avec elle.

Mais on ne pouvait pas lui retirer sans sens des responsabilités.

C 'est bon ? On a fini ? Oui.

Vous devriez essayer.

Pour votre confort physique, vous entrez dans l 'âge des risques cardiaques. Des

gens comme vous n 'en peuvent tous les jours.

Le canal m 'aurait baladé avec cette histoire de mutation.

Ah, c 'est probable.

Laurie a tout fait pour que Sacha ne bosse pas dans sa caserne.

Parole du commandant.

Ça va, on dirait que vous êtes en train d 'agoniser, là.

Ah non, au contraire.

Je travaille mon cœur.

Et alors, elle s 'éteint pour s 'évanger ? Ça se creuse ! Je te laisse la

réinterroger ! Ok, ciao !

Pour une soeur modèle, vous êtes bien tombée de votre piédestal.

Votre mutation, Laurie vous a mis des bâtons dans les roues.

Quoi ? Mais pas du tout, elle aurait jamais fait ça.

Le 10 vous a notifié le refus d 'affectation il y a trois jours.

C 'est pour ça que vous étiez à la caserne.

Pour demander des comptes à votre soeur.

Je voulais juste comprendre.

Vous étiez où au moment de la mort de votre soeur ? Pardon ? Enfin, je l 'ai

tuée. Je vous promets que je ne l 'ai pas tué.

Les promesses, c 'est plus efficace quand c 'est accompagné d 'un alibi.

Vous étiez où au moment de la mort de votre sœur ? J 'ai pris ma voiture et je

suis allée sur l 'autoroute pour me vider la tête.

J 'étais seule.

Monte ta garde.

Monte ta garde, on t 'a dit.

Et tes coudes, là.

Les jambes hautes, tu ne fais pas attention aux jambes.

Regarde.

C 'est bon ? Oui.

Oui quoi ? C 'est bon, c 'est bon Victor. C 'est bon, j 'ai gagné ? Non,

soumission. Par soumission. Voilà.

Bon allez, j 'y vais. Oulala, je suis à la bourre.

Bonne soirée.

Salut Popo.

Salut.

À quoi tu joues ? À la salade.

C 'est ce qu 'on appelle de la boxe française, quoi.

Tu connais pas ? Ah, fais pas le malin.

Avec Riem.

Tu crois que j 'ai pas compris ton petit manège ? Non, mais c 'est vrai qu 'il

est attachant avec son petit air gauche, ses blagues pourries et son charme de

guy next door.

Non, mais en fait, t 'as kiffé sur lui.

Non.

Enfin, peut -être.

De toute façon, tu t 'en fous, puisque c 'est pas du tout ton genre.

Oui, mais Riem, il n 'est pas du tout... Ah, alors ça, ça reste à prouver.

Il est doux, sensible, ouvert.

Et en plus, il aime Lady Gaga.

C 'est quoi le rapport ? Mon père aussi ? Ça ne veut rien dire.

Il n 'y a pas plus d 'hétéro que Riem.

Bon, ben voilà.

Dans ce cas, tu t 'en fous. Tu n 'as aucune raison de t 'inquiéter.

Mais oui, mais moi, je l 'ai pour te protéger.

Ah oui, d 'accord.

En fait, tu veux me protéger de Riem.

Tu veux protéger Riem des nanas.

En fait, tu veux protéger tout le monde, quoi.

Sainte Pauline, merci de nous protéger.

T 'es ridicule.

Bonne soirée.

T 'es avec ? 190.

Le cul de la commissaire ? Non.

T 'es conqué depuis le début de l 'année ? Non plus.

Le nombre de jours qu 'il y a à faire pour récupérer mes courbatures ? Peut

-être. 190 km heure.

C 'est la vitesse à laquelle a été flashée Anna Clément sur l 'autoroute

Pézenas. Elle va perdre son permis, mais c 'est moins pire que d 'être accusée

de meurtre.

La sœur a un alibi et un rapide.

De mon côté, je viens de raccrocher avec le directeur du CODIS.

Il a bien eu notre victime au téléphone le matin de sa mort.

Laurie se renseignait sur une intervention d 'un de ses collègues, la

son domicile la semaine dernière.

Ah, et c 'est qui le collègue ? Attends, ne me dis pas, laisse -moi deviner.

Valentin, mon chéri. Valentin, j 'allais le dire. Bien sûr.

Il devait avoir des choses à se reprocher pour que Laurie se renseigne

C 'est vrai que c 'est étrange de se renseigner sur ses collègues.

Bon allez les gars, vous prenez le VFR, allez, allez, on bouge.

C 'est pas le moment là.

Chaleureux. J 'aurais dit éculion.

Lieutenant Merlet part aux urgences.

Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Il s 'est injecté 12 mg de morphine.

Alors ces joueurs sont pas en danger, mais vous devez attendre pour l

'interroger. Il a essayé de se suicider ? Pourquoi ?

Il a laissé ça.

Décidément.

Désolé.

Désolé de quoi ? De nous mettre dans une situation, je sais pas moi, aussi

merdique.

Belle leçon d 'empathie. Sur ce, j 'ai des comptes à rendre, moi. Un meurtre,

une tentative de suicide.

On est censés sauver des vies, non pas en perdre.

Vraiment très sympathique.

Non, non, c 'est pas.

C 'est le même mot que Laurier a laissé.

Pertinent.

Quand l 'histoire se répète, c 'est jamais par hasard.

Laurie s 'apprêtait sûrement à dénoncer Valentin auprès du commandant. De quoi

le pousser à l 'empêcher de parler.

Donc la tentative de suicide du lieutenant Merlet sera un aveu de sa

? On voulait vous tenir informés de notre enquête. On a pu identifier

la cambriole.

Une femme de ménage du quartier ? Elle profitait de ses visites à domicile pour

faire du repérage.

Mais... Peut -être que vous la connaissez.

Ok.

Oui, c 'est ma femme.

C 'est votre femme.

Voilà, ce n 'est pas si difficile.

On a jeté un œil au relevé de compte de votre petite entreprise.

Ce n 'est pas aussi florissant que vous nous l 'avez dit.

Je vais tout vous expliquer. Non, ça va, c 'est bon, merci, on a compris.

Monsieur a besoin d 'argent, alors il profite de la psychose autour du gang

cambrioleurs. Pendant que madame intimidait les gens du quartier avec ses

C 'était mon idée.

Laissez Chantal en dehors de tout ça.

Ben non.

Fallait y penser avant. C 'est votre complice maintenant.

Je vous informe que monsieur Thiel a déjà déposé plainte.

Attendez.

Celle -ci, j 'y suis pour rien.

Je l 'ai prise en photo, d 'accord ? Mais c 'est pas du tout le style de ma

femme. Même moi, je me suis demandé qui avait fait ça.

Merci madame, on vous envoie les secours dessus. Et la mort d 'un sans -abri la

semaine dernière, ça vous parle ? Peut -être.

Après, c 'est des intérêts assez fréquents, malheureusement.

Intervention terminée.

Les deux blessés ont été annulés à 24 heures.

Bon,

je

file, on m 'attend à l 'hôpital.

Dites -moi, Doc, que je comprenne bien.

Les médecins urgentistes, ils travaillent avec les pompiers, mais ils

pas à la caserne.

Voilà, c 'est ça, oui. Notre QG à nous, c 'est le CHU.

Et vous interveniez parfois avec le lieutenant Valentin Merlet ? Ben oui.

Oui, il est infirmier, ça arrive souvent, oui.

Swingum ? Je peux ? Ah non, non, non, c 'est des bêtas bloquants.

Je fais de l 'hypertension.

C 'est l 'inconvénient des boulots stressants, ça. Je connais pas.

La mort d 'un SDF, la semaine dernière, ça vous parle ?

Allô, Doc ? Bon.

Vous allez bien finir par le savoir.

Valentin a merdié sur cette intervention.

Quand il est arrivé, le SDF était inconscient sur le trottoir et il a

diagnostiqué une fracture de la côte du Rhône.

Et une chute d 'ivrone, si vous préférez.

Et en fait, c 'était plus grave que ça.

Comment est -il, Ick ? Le SDF est mort deux minutes après son arrivée aux

urgences.

Si Valentin avait appelé le SAMU, on aurait peut -être pu le sauver.

Et vous, vous n 'avez pas signalé cette erreur ? J 'ai accepté de le couvrir.

Il est jeune, ça aurait pu briser sa carrière.

Classe.

Vous avez quand même me sorti à le rapport d 'intervention.

C 'était quand exactement ? C 'était jeudi, je crois.

Fin de soirée, minuit.

Je comprends pas.

Le rapport a été effacé le jour de la mort de Laurie. Comment ça, effacé ?

Visiblement, quelqu 'un avait tout intérêt à faire disparaître l 'épreuve.

Tu serais pas un petit peu hypochondriaque, toi ? On a retrouvé ça

chambre de Valentin.

Anxiolytique, somnifère.

Ça ne justifie pas un suicide, mais ça témoigne d 'un vrai malaise.

Surtout quand tu as des raisons de t 'en vouloir pour une fracture de la côte du

Rhône.

La mort du SDF, c 'était dû à une erreur de diagnostic de Valentin.

C 'est tragique.

Est -ce que ça justifie un suicide ? Ce pauvre monsieur SDF.

Il n 'avait pas de famille, personne ne l 'a pleuré, et encore moins demandé

réparation. Rien que d 'y penser, ça me fout le bourbon.

Laurie l 'avait découvert.

Elle pouvait ruiner la carrière de Valentin.

Ça a beau être son meilleur ami, c 'est avant tout une femme de principe.

Attends, elle a cuit.

Désolé, j 'ai pas fait exprès.

T 'inquiète pas.

Des affaires de rechange. Du coup, je te disais, si t 'aimes les jeux vidéo, tu

peux passer à la maison.

J 'habite pas dans un palace, mais j 'ai une console avec plein de jeux et des

bières au frais.

Une soirée entre mecs ? Sans meuf pour nous prendre la tête.

Mais grave, je suis chaud.

Et puis, si t 'as trop bu, tu peux rester dormir.

Avec plaisir, ça me rappellera les années d 'été.

C 'est notre adresse.

Ah, c 'est au cinquième, sans ascenseur.

Mais ce que je vois, ça devrait pas poser problème.

Bon, je ramènerai des bières. Il est pas question que tu rentres toute la

soirée. Non, non.

Tout le plaisir est pour moi.

Vraiment.

Vous m 'expliquez ? Désolée de l 'avoir loupé le diagnostic du SDF ou d 'avoir

tué Laurie.

Les deux, on n 'est pas exclusifs. Enfin, moi.

Le job d 'infirmier, je n 'avais pas mesuré la pression.

Pour le SDF, je pensais avoir demandé l 'avis du Toubib, mais apparemment non.

Mon équipe était en train de sécuriser la zone parce qu 'une bande cherchait

problèmes.

J 'étais paumé, j 'ai paniqué.

Je n 'ai jamais voulu que ça se passe comme ça.

Je suis vraiment désolé.

Il faut arrêter d 'être désolé.

Et Laurie, comment elle a appris votre erreur ? C 'est moi qui lui en ai parlé.

J 'étais super mal, mais...

Après, quelquefois, je devais me dénoncer.

Sauf que vous ne l 'avez pas fait.

Vous avez même supprimé le rapport d 'intervention.

Je ne sais plus.

Quand j 'ai appris que Laurie avait rendez -vous avec le commandant, j 'ai

beaucoup bu.

Trop bu.

Je me voulais tellement pour ce pauvre gars et pour elle, sans te l 'avoir

Mais comme je n 'ai pas l 'habitude de boire, j 'ai fait un black -out et je ne

me rappelle plus de rien.

Je voulais m 'expliquer avec Elsa, je m 'en souviens.

Bon, je sais pas, peut -être que... Peut -être que j 'ai pu le... La rejoindre

au haut de la tour et la pousser dans le vin ? Je sais rien, putain, je... Je me

rappelle pas, j 'arrive pas à me rappeler.

Valentin Merlet, il est 14h36 et vous êtes placé en garde à vue pour le

de Laurie Clément.

Tu vois, autant j 'arrive à imaginer qu 'à la limite, dans un état alcoolisé,

Valentin pousse l 'oreille du haut de la tour, autant j 'ai du mal à croire qu

'après, il faut aller au centre d 'appel pour effacer le rapport d

'intervention.

Et cerise sur le gâteau, qu 'il n 'ait plus aucun souvenir de tout ça.

Pourquoi ? Ça t 'arrive jamais, toi, de perdre ta lucidité quand t 'as trop bu ?

Ah ben non, évidemment.

Question idiote.

La lucidité.

Elle est exigeante avec elle -même comme avec les autres.

Nos pères nous ont toujours appris à nous dépasser pour être les meilleurs.

l 'excellence est une valeur primordiale des pompiers. Je pensais avoir demandé

l 'avis du tout -bible.

Apparemment non.

C 'est des métabloquins.

C 'est de l 'hypertension.

Il y en a un autre qui manque les chemins de lucidité.

Vous allez où ? Montagnac !

On a mis la main sur le responsable des inscriptions retrouvées dans votre

quartier. À la bonne heure, alors. C 'est qu 'il ne vaut rien.

Sans alertement.

Une femme de ménage peu scrupuleuse qui cherchait à effrayer ses employeurs pour

qu 'ils achètent des alarmes à son crétin de mari.

Mais vous êtes sûr ? Parce que moi, je ne l 'ai jamais vu de ma vie.

Jamais. C 'est bien ce qui nous étonne.

Il faut continuer l 'enquête.

Parce que le coupable, le vrai...

Il court toujours dans la nature.

Dans la nature ou en face de nous ? Moi ? Charles, on sait que c 'est vous.

La coupable a reconnu toutes les inscriptions dans le quartier, sauf

votre domicile.

Alors on veut bien vous trouver des circonstances atténuantes, mais il faut

aider.

C 'est que... Mes voisins, ils avaient été ciblés.

Et moi, rien, comme d 'habitude.

Alors j 'ai pensé que, en imitant ces signes, ça me ferait l 'occasion de

pouvoir venir ici, de parler un peu.

Les journées sont longues.

Et puis vous, vous êtes gentils.

Oui, tous les deux, vous êtes gentils.

Vous faites chier, Charles.

Mais on va fermer les yeux.

Et si vous vous ennuyez, vous pourrez toujours nous apporter des croissants.

On vous racontera nos histoires de flics.

Mais c 'est vrai ! Vous

filez

déjà ? J 'ai pas pour habitude de traîner entre les deux interventions.

Ah oui, c 'est vrai que votre QG, c 'est le CHU, c 'est ça ? Voilà, c 'est ça.

Pourtant, le jour où Laurie a été tuée, lorsque vous avez prodigué les premiers

soins, vous êtes resté une bonne heure à la caserne.

Vous n 'étiez pas pressé de partir, ce jour -là ? C 'était une journée

particulière. Ah oui, je vois, oui.

L 'occasion de prendre un bon petit remontant.

Les bêtas bloquants.

C 'est pas seulement pour gérer le stress.

C 'est typique du sevrage aux eaux piacées.

Comme vos tremblements.

Cocaïne, j 'imagine.

Vous avez arrêté après avoir tué Laurie parce qu 'elle vous a menacé de vous

dénoncer.

C 'est bien ça ? Arrêtez -vous ! Ah ouais, ils veulent ma mort. Moi, j 'ai

encore des courbatures.

Oh, pardon. Ça va pas trop de bobos ? Il y a de moins en moins d 'effectifs.

De plus en plus d 'heures de garde.

Moi, je suis dépassé, moi.

Quand Valentin m 'a appelé pour le SDF, j 'étais shooté.

Incapable de décaler.

Je suis au courant pour la mort du SDF.

Au courant de quoi, toi ? Valentin t 'a bien appelé. C 'est toi qui n 'as pas

voulu te déplacer.

J 'ai confirmation du CODIS.

T 'étais encore shooté, c 'est ça ? Même toi, ce qui te regarde, ça plaît.

Justement, tu vois, c 'est ce que je suis en train de faire. Et Valentin, il

'a pas payé pour toi.

Payé pour quoi ? C 'est juste un SDF, tout le monde s 'en fout.

Personne n 'y a raccordé.

Mais Valentin, c 'est en train de le foutre en l 'air, là, tu vois.

Je trouvais ça dans ta saccage.

T 'as replongé, c 'était ça ? Tu peux plus

exercer, Nicolas.

T 'es devenu trop dangereux.

Quand j 'ai su qu 'elle avait récupéré le rapport d 'intervention et puis qu

'elle avait pris rendez -vous avec le commandant, j 'ai compris qu 'elle

pas marche arrière.

Alors je l 'ai suivi.

Qu 'est -ce que tu fais là ? Pourquoi tu me tues ? C 'est fini Nicolas, je vais

tout dire au commandant.

Ne t 'éconne pas putain.

Mon boulot fait tout ce qu 'il me reste.

Ça fallait y penser avant.

Messieurs, écoute -moi. Écoute -moi ! Écoute -moi ! Écoute -moi !

Quand j 'ai réalisé ce que j 'avais fait, j 'ai tout fait pour la réanimer.

Vous n 'avez pas tout fait pour la réanimer.

Vous avez pris le temps d 'aller récupérer son téléphone, avant d

gants d 'intervention, et d 'envoyer désolé par SMS au commandant pour

accréditer la thèse du suicide.

Et vous ne l 'avez pas envoyé parce que l 'ordre d 'envoi vous aurait trahi.

Et vous vous êtes débrouillé pour aller au centre d 'appel et effacer le

rapport.

Alors, désolé.

Mais non, vous n 'avez eu aucun remords.

Ça va les cheveux comme ça, Popo ? Ouais, ouais, ouais, nickel.

Ouais, merci, Popo.

C 'est une bonne idée.

Ce changement de direction dans ma vie sentimentale.

Oui, d 'accord, mais je t 'ai pas dit non plus de prendre un virage à 180

degrés.

On n 'est pas toutes comme ton ex.

Ça, je le sais, t 'inquiète même pas. Ce soir, je fais dans la nouveauté.

Ce soir, je date une intello, une chercheuse du CNRS.

À votre avis, flingue ou pas flingue ? Ok, flingue.

Allez, bonne soirée.

Tu bois de la bière, toi ? Plutôt profico.

J 'ai aussi.

Tu viens ? Ouais.

Tu sais que depuis que tu travailles avec Iris, t 'as explosé ton nombre d

'affaires résolus ? Tu vas rire, je crois même que je commence à l

C 'est inespéré.

Mais garde quand même tes distances.

Elle continue de fouiller dans ton passé.

Elle a essayé d 'accéder à tes états de service.

Mais elle trouvera rien.

N 'est -ce pas ? Non.

J 'ai noué le poisson, je lui ai parlé de Sifi, du cabaret.

C 'est drôle qu 'il t 'ait demandé de passer.

D 'habitude, je suis plutôt la vieille maîtresse qu 'on garde bien cachée.

Enfin, je te rassure, avec Vic, c 'est platonique.

Mais vous voyez, je suis stupide.

Je peux vous appeler Fifi.

J 'ai vraiment de la chance de travailler avec Victor.

Vraiment.

Ça prend beaucoup avec Fifi parce que parfois, je ne me sens pas trop à la

hauteur.

Pourquoi tu dis ça, ma petite ? Un petit dernier ? Allez.

C 'est juste que j 'ai... J 'ai merdé.

Je ne sais pas pourquoi je vous dis ça.

J 'ai merdé. Si Victor l 'apprend, j 'ai peur qu 'il me juge.

Tu sais, Victor aussi, il a merdé quand il était jeune.

Il y a 30 ans.

Il a même été suspendu de la police après la mort d 'un suspect.

Mais... Vous faites quelque chose ? Ah bah tu tombes bien, on t 'attendait.

Et c 'est gentil de parler de moi à tes petits camarades.

Je vous savrais, il n 'y a pas mieux, il n 'y a pas... Merci.

Merde. Je crois que j 'ai perdu l 'occasion de me taire.

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