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Original subtitles

Mon fils,

je ne suis que ta m�re.

Mais toi, mon h�ros,

mon seul amour,

tu es tout pour moi.

Et tout ce que j'accomplirai

jusqu'� ma mort,

ce sera pour toi.

On y va ?

Pour la petite.

Le fils de ma cousine �tait l�-bas.

Comme la petite.

Un d�ficient.

Bonjour madame.

Que puis-je faire pour vous ?

Maria, ils nous attendent. Il faut y aller.

Dr Montesano.

Vous nous faites l'honneur de votre pr�sence.

Auriez-vous la bont� de nous expliquer

en quoi les bains permettent de soigner l'idiotie ?

Vous avez d�montr� la relation �troite

entre sensibilit� g�n�rale et sentiment moral.

Les criminels, les prostitu�es

ont une sensibilit� tactile et dolorifique peu d�velopp�e.

Nous constatons qu'il en va de m�me pour les d�ficients.

Vous soutenez donc ma th�orie.

Les criminels, les prostitu�es, et donc les d�ficients

appartiennent � la m�me cat�gorie de d�g�n�r�s

qui menacent la race de notre pays.

Pas si nous les soignons.

Les bains d�veloppent la sensibilit� de la peau,

tonifient les tissus musculaires.

L'alternance de bains chauds et froids

est un moyen puissant pour attirer l'attention de l'enfant.

Ainsi, nous les pr�parons � recevoir l'�ducation.

Ces pauvres enfants ne sont-ils pas avant tout malades ?

Leur place est-elle vraiment dans un institut p�dagogique ?

Il est d�sormais prouv�

que les enfants idiots peuvent apprendre.

Sachant cela, il serait inhumain de les laisser avec les fous.

Il faut faire preuve de lucidit� �conomique.

Entretenir des idiots dans des asiles co�te cher.

Les m�thodes que nous employons ici,

parmi les plus modernes au monde,

leur permettent d'apprendre � lire, �crire, compter, mais aussi � travailler

et donc � se rendre utile � la soci�t�.

C'est pour cela

que nous vous avons confi� la direction de cet institut.

Mais...

Quand aurez-vous des r�sultats ?

D'ici quelques mois, les enfants de l'institut pourront passer

le m�me examen que les enfants ordinaires.

Je doute fortement

que vous y parveniez en leur donnant le bain.

Nous serons l�

pour examiner

vos singes savants,

mademoiselle Montessori.

Si j'ai pu devenir m�decin en �tant une femme,

il y a de l'espoir pour ces petits idiots.

Maria.

J'ai cru qu'il allait exploser de rage.

Il m'a fait vivre un tel enfer � l'universit�, il le m�rite !

Viens Matteo.

Regarde-moi.

Passe-moi l'objet, Serena.

Regarde l'objet, Matteo.

Porte ton attention sur l'objet.

Regarde.

Avec les deux mains,

ouvre et ferme.

Ferme tes mains sur l'objet.

Ferme.

Allez.

Bravo !

C'est la volont� du ma�tre qui doit s'imposer, jamais l'inverse.

Je vais examiner la petite Fran�aise.

Tu seras mon assistante.

Trente-sept.

Bonjour.

Mario, regarde.

Maman et papa sont l�.

Comment �a va ?

Bien. Il essaie de se lever.

Tu veux de la pomme ?

Pas la peau, la pomme.

Regarde.

Un ami me l'avait envoy� de Paris.

C'est madame Curi�re.

Que fait-elle � Rome ?

Elle dissimule s�rement l'enfant.

J'ai eu une id�e

dont je voulais te parler.

Je t'�coute.

Et si tu prenais Mario chez toi ?

Pourquoi ?

Mario est tr�s bien l� o� il est.

Je pourrais aller le voir plus souvent,

alors que la ferme est si loin.

Maria, tu sais bien que...

c'est impossible.

Pourquoi ?

Je perdrais mon travail,

ma r�putation.

Personne n'oserait, tu es un homme.

Maria, je t'aime

et je ferais tout pour toi.

Mais ne me demande pas

d'imposer un tel d�shonneur � ma m�re.

- Tu pourrais dire que c'est ton neveu. - Arr�te, Maria.

R�glons ce probl�me

comme nous aurions d� le faire depuis longtemps.

�pouse-moi.

- Nous en avons d�j� parl�. - La situation a chang�.

Sois r�aliste,

nous travaillons ensemble, nous avons Mario...

De quoi as-tu peur ?

Quand ma m�re �tait jeune, elle voulait faire des �tudes.

Toi, tu en as fait.

Mais mon p�re n'a pas voulu.

Elle a ob�i parce qu'elle lui appartient.

Le mariage n'est pas un acte d'amour entre deux personnes libres et �gales.

C'est un esclavage, un asservissement.

Arr�te.

Tu me parles comme si j'ignorais tout �a.

Comme si j'�tais ton p�re ! Je ne suis pas ton p�re.

Je sais.

Je te promets d'y r�fl�chir.

Promis.

Il est tard maintenant...

Tes parents...

Ils vont s'inqui�ter.

Bonne nuit, papa.

Alors...

Qui conna�t la plume ?

Qu'est-ce qu'une plume ?

La plume...

est douce,

elle est blanche.

La "plume".

Tu dis comme moi.

Regardez comment je prononce.

Tr�s bien.

Vas-y, Ciro.

Maintenant, nous allons �crire le mot "plume".

Alors...

Anna, tu �cris � la main.

Qu'est-ce qui se passe ?

Excusez-moi.

Mais...

Comme ils sont joyeux !

Cette musique a un effet

des plus curieux sur eux !

Et si une le�on de danse succ�dait � l'heure de travail ?

Regardez-moi.

Carlotta, viens.

Madame Rosa ?

Encore un instant.

Bravo !

Merci. Maria, viens avec Mario.

Excusez-moi.

Bien s�r.

Il avait arr�t�.

Il veut imiter la petite derni�re.

Mario, apr�s c'est fini...

Elle a bien grandi, la petite !

Regarde, elle a l'air en forme.

Oui, en pleine forme.

Elle adore Mario, elle le suit partout.

Ils sont tr�s mignons.

Hier je suis all�e voir Mario.

Je voudrais qu'il vienne vivre ici.

Avec moi, avec nous.

Tu sais bien que c'est impossible.

Ce qui est impossible, c'est de ne pas avoir pu reconna�tre mon fils.

Nous pourrions le cacher.

Un,

deux,

et...

trois.

Qui c'est ?

Bonjour.

Bonjour Madame.

Mademoiselle.

Que puis-je faire pour vous ?

Qu'est-ce que tu as fait ?

On ne touche pas la nourriture sur la table.

Sors Mario. Sors !

Malheureusement, je ne peux pas porter les deux.

Sans parler de mes a�n�s.

Tu sais ce qu'on va faire ?

Regarde ce que je te donne.

Viens ici.

Avec l'�uf,

tu sais ce qu'on va faire ?

Oui, c'est l'�uf.

Il suffit de le casser comme �a.

Bravo, prends la louche.

Tu l'ouvres comme �a.

Tu gardes la coquille pour toi.

�a ne se mange pas.

M�lange.

Oui, Mario.

Comme �a.

Ils ne cherchent pas � vous g�ner.

Ils veulent seulement vous imiter.

Mesdames et Messieurs,

Messieurs les professeurs,

Messieurs les ministres,

ici, nous formons enseignants et �ducateurs

et nous travaillons avec un groupe d'enfants d�ficients,

afin de d�velopper notre nouvelle m�thode p�dagogique scientifique.

Apr�s un an d'exp�rimentation, nous sommes ravis de pr�senter

le fruit de ce travail.

Merci.

Commen�ons par les math�matiques.

Combien font 2 x 3 ?

On t'a demand� combien font 2 x 3.

C'est comme quand on va au magasin.

Tu as achet� pour deux sous de haricots.

Et avec un sou, tu ach�tes trois haricots.

Combien de haricots as-tu achet�s ?

Six.

Fais cette soustraction : 10 - 3.

Un,

deux,

trois...

sept.

"Alessandro mange une poire."

Souligne le verbe.

"Hier..."

"Hier,

"Alessandro

"mangea

"une poire."

Fais ce calcul mental : 3 + 3 x 3.

Douze.

Elle ne parle pas italien.

Elle n'a pas l'air de comprendre.

Excusez-moi !

Ayant travaill� aux c�t�s de mon admirable coll�gue

Giuseppe Montesano depuis un an,

je me permets de vous partager mes conclusions personnelles.

Nous avons utilis� les m�thodes scientifiques

du Docteur S�guin,

inspir�es par le grand Itard

et imit�es en France par le Docteur Bourneville.

Mais ces m�thodes ne sont rien sans un ingr�dient secret.

La nouvelle p�dagogie

doit reconna�tre l'art sublime de la maternit�

afin de prot�ger la part normale, mais aussi anormale de la soci�t�.

C'est une �ducation pleine d'amour,

dont la femme est le symbole,

qui nous a permis

de vous pr�senter ces enfants � l'examen du cours pr�paratoire.

Pour les �duquer,

nous les avons avant tout aim�s.

Qu'est-ce que c'est que tout �a ?

Pourquoi as-tu pris le mat�riel de l'institut ?

Il n'y avait rien ici.

Il faut bien que je m'occupe de mon enfant.

Pourquoi es-tu partie ? On te cherchait !

- C'�tait une mascarade ! - C'�tait un immense succ�s !

Nos financements sont garantis pour l'avenir.

Tu ne comprends pas ?

Quoi donc ?

Que vaut un succ�s si tel est le prix � payer ?

Il me reconna�t � peine.

Il appelle une autre femme "maman".

- �a arrive aux enfants en nourrice. - Je n'en peux plus.

Je veux �tre avec mon fils.

C'est un journaliste.

Un journaliste ?

Oui.

Les enfants, silence s'il vous pla�t !

Un, deux et trois !

Madame Montessori, expliquez-moi ce paradoxe.

Quand je vous regarde,

je vois une femme belle, f�minine, charmante.

D'o� vient cette force virile qui semble pourtant vous animer ?

Je regrette le temps o� les hommes mettaient des perruques

et de la poudre pour soigner leur apparence.

Ils �taient moins laids qu'aujourd'hui.

Plus f�minins, peut-�tre.

Bien des femmes, dont la mienne, se plaisent � la maison sans travailler.

Elles ne veulent pas endosser des r�les masculins.

Si les femmes choisissaient leur partenaire

apr�s avoir acquis leur ind�pendance �conomique,

les hommes seraient contraints de s'am�liorer, non ?

Pouss�s par la loi du march�.

Les autres, ne pouvant se reproduire, resteraient seuls.

Bonjour, je suis Giuseppe Montesano, directeur de l'institut.

Venez. Je vais vous faire visiter.

Maria, tu reprends le travail avec les enfants ?

Non, je te laisse t'en occuper. Excusez-moi.

Ils jouent ainsi pendant des heures.

Ils ne jouent pas.

Ils travaillent.

Regardez comme ils sont concentr�s.

Votre a�n� saura bient�t lire.

C'est pareil avec vos petits idiots ?

Non, c'est tr�s diff�rent.

Les enfants de l'institut ont besoin qu'on les guide.

Alors qu'ici,

ils s'emparent des objets tout seuls.

On dirait qu'ils ont l'intuition de comment s'en servir.

C'est stup�fiant.

Suivez-bien la couleur.

Rouge.

Betsy m'a propos� d'enseigner � l'universit�,

au magist�re des femmes.

- Betsy ? - Oui.

Une amie. Une femme puissante.

Que vas-tu enseigner ?

L'anthropologie.

Tu le fais pour l'argent ?

Tu aurais d� me demander, je t'en aurais donn�.

Je t'ai demand� de prendre Mario. Tu as refus�.

C'est pour �a que tu as besoin d'argent ?

Oui.

Vert !

Tu as pens� � moi ?

� ce qu'on va dire de moi

si tu vis seule avec notre enfant ?

Personne ne saura que c'est ton fils.

Bleu.

Quand j'ai commenc� mes �tudes,

il �tait impensable qu'une femme fasse m�decine.

La connaissance du corps devait rester exclusivement masculine.

Le cours qui me faisait le plus peur

et qui posait le plus probl�me � la hi�rarchie universitaire,

�tait le cours d'anatomie.

Il �tait inimaginable qu'une femme

se retrouve, qui plus est en compagnie d'hommes,

en pr�sence d'un cadavre.

Je me souviens du premier cours.

J'�tais tortur�e,

j'avais l'impression que mon corps �tait en train de mourir.

Mais au loin,

j'apercevais un objectif lumineux.

Certes,

la route qui y menait

�tait difficile.

Horrible m�me.

Mais j'ai senti en moi

une foi int�rieure,

un appel profond.

Ainsi,

j'ai bu la coupe am�re

jusqu'� la lie.

Depuis le p�ch� originel d'�ve,

on a inculqu� aux femmes l'id�e

que la connaissance est coupable.

Non.

Les femmes doivent se lib�rer de l'apathie,

de l'ombre de l'ignorance.

Elles doivent s'approprier la science pour s'�manciper.

Les femmes doivent sortir de la maison,

porter au monde les valeurs qu'elles d�veloppent dans la sph�re intime.

La maternit� deviendra ainsi un mod�le social,

structurant l'ensemble de la soci�t�.

Les femmes doivent �tre les patronnes et non les esclaves de la maternit�.

La maternit� est le principe fondamental de la cr�ation.

Tout coule de cette source.

Et �ve...

�ve est la m�re symbolique de l'humanit�

puisqu'elle conna�t les secrets de la vie,

de la sexualit�,

et de la mort.

Approchez-vous.

Excusez-moi.

Ma m�re,

Teresa Montesano,

venue de Calabre pour me rendre visite.

Enchant�e, madame Montesano.

Giuseppe m'a beaucoup parl� de vous.

Je m'en allais.

Charmante.

Il faut apprendre � la conna�tre.

Tu as vu l'agitation suite � mon cours � l'universit� ?

Oui, j'ai vu.

Tu vas trop loin, Maria.

Je ne peux plus me laisser �craser par ton �go�sme et ton ambition.

Le recteur m'a fait appeler suite � ton num�ro.

Il m'a demand� si on utilisait ici aussi des cadavres

pour subvertir la jeunesse.

Quelle exag�ration.

Ce n'est pas un bon moment.

Je dois m'occuper des papiers du mariage.

Quoi ?

Je vais me marier.

Avec une autre femme.

Tu plaisantes ?

Elle est � Rome depuis une semaine.

Elle attendait ma r�ponse.

Je ne comprends pas.

Tu dois d�cider ce que tu fais pour Mario.

Pour Mario ?

Oui.

Le mariage est dans une semaine.

Soit tu le prends avec toi,

soit je le reconnais, mais tu ne pourras plus le voir.

Il est temps d'�tre � la hauteur des discours que tu tiens en public.

Une femme moderne ?

Lib�r�e ?

Montre-leur celle que tu es vraiment :

une m�re c�libataire avec un enfant de deux ans.

Mario !

Il se noie !

Tu d�lires.

Il �tait si lourd.

Cela fait trois jours que tu es ici, inconsciente.

Reste allong�e.

Tu dois te reposer.

Papa...

C'est ton nom.

C'est toi qui le portes

et qui le rends c�l�bre.

Mon fils,

c'est pour toi que je vis,

c'est pour toi que tout a lieu.

�a doit �tre ainsi.

Je dois te laisser.

Pour ton futur,

pour que tu sois heureux.

Voil� ce pour quoi je suis pr�te � tout endurer.

C'est ma croix :

je pars en guerre pour conqu�rir les droits de l'enfant.

C'est le destin,

l'appel sacr�.

Un jour, je reviendrai et je te donnerai tout,

mon fils.

� toi les joies,

� moi les peines.

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