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Merde, avec tes tuyaux, tes robinets et tes joints.
J 'aurais parlé à mon père comme ça.
C 'est peut -être parce qu 'il était moins chiant.
Je pense à tous les sacrifices qu 'on a fait pour toi.
C 'est mon cœur.
T 'as le cœur à droite, toi.
T 'as tant que ça que je meurs pour toi.
Trois générations de gros les plombiers et monsieur... Arrête ! Ah tiens, le
doc. Mais dis -lui, là, au jeune Bill Gates, que les ordinateurs, c 'est juste
une mode.
Les ordinateurs, c 'est juste une mode, l 'affaire maintenant.
Vous venez pour quoi exactement ? On vient changer vos toilettes. Non, ça c
'était il y a deux semaines.
Ah bon, autant pour moi, je me suis trompé de page.
Pour une fois qu 'on était à l 'heure.
Et puisqu 'on est là, ça vous intéresse très peu, notre source des Alpes ? C
'est une nouvelle marque.
J 'ai les trucs sur la région, par mon cousin.
Voilà, c 'est quoi cette canard du Ferrigor ? Trois boîtes de 500 grammes
le bris de deux.
Ma bonne humeur, chaque instant, il est 8 heures et c 'est le début de la saison
des vacances.
Pas de votre gym ? Non, je fais juste quelque part, seul.
Tout seul.
Ok, je vous suis.
Alors, vous avez dit qu 'il n 'allait pas falloir.
Ça, c 'est la saison réussie et le plein de touristes. Bon ben, pour vous, ça
vous concerne moins.
Et pourquoi non ? Parce que personne n 'est malade à Port -Garec pendant les
vacances. Vous n 'êtes pas sérieux ? Personne ne vous l 'a dit.
Mais quoi donc ? Non, non, rien.
Enfin, juste pour vous dire que... Personne n 'est malade pendant les
à Port -Garec.
Vous comprenez ? C 'est quoi votre signe ? Hier.
C 'est pas vrai.
Comme moi. C 'est dingue, ça.
Et c 'est pour ça qu 'on se comprend si bien.
Ça doit être ça.
Alors bon, prêt ? Aujourd 'hui, attendez -vous à une plus de contrarité.
Euh, dites -moi, docteur.
Vous croyez au moins à la trilogie ? Plus que jamais. Oh là là.
Comme moi.
C 'est dingue, ça.
Bonjour, docteur. Vous allez bien ? Bonjour, Clémentine.
Je vais bien, merci. Et non, vous ne pouvez pas partir plus tôt ce soir.
N 'importe quoi, je...
Comment vous saviez que j 'allais vous demander ça ? Vous êtes à l 'heure et
souriante.
Ça vous ennuierait d 'utiliser votre ordinateur normalement au lieu d
vos autocollants ? Il ne marche pas. Il faut appeler un réparateur.
C 'est sûr.
Qu 'est -ce que vous faites ? Sortez de là. Vous me faites mal.
Docteur, ça suffit maintenant.
J 'essaie juste de brancher la prise.
Vous êtes tous témoins. C 'est du harcèlement physical.
Comment ça, tous témoins ? Bonjour, docteur.
À nous.
C 'est ça, bravo.
C 'est pas parce que vous passez à la radio qu 'il faut vous croire entre les
autres.
Vous allez passer à la radio, docteur ? Oui, après je vais faire une petite
interview sur les célébrités du village.
C 'est ridicule, mais bon.
Alors, que se passe -t -il ? C 'est son derrière et il a la courante depuis
hier.
Il ne voudrait pas qu 'il soit malade pendant les vacances.
Ah ben oui, parce que personne n 'est malade pendant... Voilà.
De la fièvre, des courbatures, touche pas à ça, toi.
Non, juste la courante.
D 'ailleurs, on a fait un prélèvement.
Si vous voulez l 'analyser. Non, non, ce n 'est pas la peine, merci.
Laisse quand même. Non, non, reprenez ça, je ne suis pas équipé.
Touche pas à ça, toi, il va déshabiller sur la table.
Va montrer ton derrière au docteur.
Le haut suffira.
Je suis sûre que c 'est juste un rotavirus ou des colibatiles qui m 'ont
déclenché une petite gastro.
Du bon n 'importe quoi, toi.
Hein, docteur ? Il dit n 'importe quoi.
J 'ai regardé sur Internet.
Pas besoin d 'avoir Bac plus 8.
Bac plus 11.
D 'ailleurs, il serait préférable que je n 'aille pas à l 'école pendant
quelques jours pour ne pas contaminer mes camarades. Non ? Pour une gastro,
Mais pas pour une intoxication alimentaire.
Qu 'est -ce qu 'ils en disent sur Internet ? Sortez vos livres de français
Qu 'est -ce que j 'ai dit au sujet des vêtements ? On ne vient pas à l 'école
habillés comme des... Oh, les jolis nombrils ! Tu peux me parler deux
Ben non, non, non, non, c 'est pas joli ! Ah non ? Ben non, c 'est pas joli !
Madame,
vous êtes trop belle !
Mais pas trop, hein ? Qu 'est -ce qui se passe ? Ce qui se passe, c 'est Dylan,
le nouveau responsable de l 'entretien de l 'école.
Beau, célibataire. Ouais, j 'ai demandé avant de l 'embaucher.
Adorable. Et il fait le ménage. On dit merci qui ? T 'es incroyable.
Le balayeur, le vendeur de pizzas.
Après, t 'as traqué le nouveau médecin ? Pourquoi, il te plaît ? Quand est -ce
que vous vous mettrez dans la tête, Marie -Jo et toi, que je suis très bien
toute seule ? Mais personne n 'est bien toute seule.
Même les bulots vivent en meute.
Ça suffit ! Bon, on va laisser
tomber, il ne viendra pas.
Ah bon ? Et ma danse, mon striptease, je ne rembourse pas.
On fera un avoir, vous faites ça, non ? Je vous appelle très vite, d 'accord ?
Bonjour, c 'est le docteur Le Foll.
Bonjour, c 'est le docteur Le Foll.
Le Foll qui regarde.
Le docteur Le Foll à l 'antenne. Le docteur Le Foll.
Mais pourquoi est -ce qu 'il pendait ? C 'était pas ton anniversaire ? Le
docteur ? Ah ben justement, le voilà.
Je t 'avais, je vois ce que je peux faire.
Allez -y, rentrez ! Docteur Le Foll, quel plaisir !
Excusez le bazar, mais ma stagiaire est tuée au lit par une gastro. Ah, je
croyais que personne n 'était malade pendant les vacances à Port -Garec.
Vous croyez qu 'elle m 'aurait menti ? Je désirais quelque chose, thé, café,
coordonnée d 'une charmante célibataire.
Radio Goéland, votre radio à chaque instant.
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans votre émission avec aujourd 'hui
notre invité, le docteur Martin Le Foll. Bonjour docteur, comment allez -vous ?
Bonjour, je suis le docteur Martin Le Foll.
D 'accord, et vous allez bien ? Bonjour, oui, je suis le docteur Martin Le Foll.
Très bien.
Essayez de varier un peu, on va se faire chier.
Alors docteur, la première question qui me vient à l 'esprit, elle est simple.
Qui êtes -vous ? Je viens de vous dire...
Oui, oui, mais je veux dire au -delà du médecin qui est de vous en tant qu
'homme. Je ne sais pas, moi, est -ce que vous êtes marié, concubiné, divorcé,
veuf peut -être ? Pas du tout.
Je croyais que nous devions parler de ma vie professionnelle. Oui, quand on fait
un métier aussi prenant que le vôtre, ça ne doit pas être facile de faire la
part des choses, non ? Oui, c 'est -à -dire que ça dépend des horaires ? Ça
être difficile de trouver l 'âme sœur dans de telles conditions.
Je n 'ai jamais dit que je cherchais l 'âme sœur. Très bien.
En changeant de sujet, saison des vacances, saison des amours, comment
-vous les femmes du village ? Elle a fait du.
Au revoir. Très bien. C 'était donc le docteur Martin Lefebvre et toute une
petite page félicitaire.
Docteur, docteur, docteur, pardon. D 'accord, d 'accord, c 'était pas très
plein de ma part, d 'accord. Mais vous êtes célibataire, et alors ? Ma
amie aussi l 'est, alors si vous voulez... C 'est pas tel âge qu 'on m
des rendez -vous, hein ? Parfait ! Alors rappelez -la, c 'est Julie, l
'institutiste. Oh, c 'est une femme formidable.
Alors docteur, on cherche les grands amours ? Ils l 'ont dit à la radio.
Pas mal, on a.
Oui, j 'ai bien compris.
Mais non, je ne peux pas vous donner un rendez -vous pour un bête mal de ventre.
Et bien rappelez demain si vous avez toujours mal.
Très mal.
Voilà.
Quoi ? Elle était pourrie votre interview.
Et écoutez pas sur moi pour vous présenter mes copines.
Vous êtes trop vieux.
C 'était quoi cet appel ?
Un loser qui a la diarrhée depuis deux jours. Et vous l 'avez refusée parce que
? Pas prioritaire.
C 'est ce qu 'on appelle faire du tri médical. Non, c 'est ce qu 'on appelle
envoyer pêtre un patient.
C 'était qui ? Je vais quand même pas noter le nom des gens qui vont bien.
Si j 'avais fait comme vous dites, vous auriez une douzaine de diarrhées depuis
hier. Combien ? Au moins.
Un coup à faire revenir le grand mal.
Le quoi ? Non, rien.
Vous êtes tous malades.
Personne n 'est malade pendant les vacances.
Merci, c 'est pour les chiens.
Tu vas me foutre la paix ? Allez, fous -moi le camp.
Au revoir.
Au revoir.
Je tombe ?
Reviens ? Reviens ?
Reviens ?
Alors, ça va le jumeau astrologique ? Pas trop de travail ? Et d 'une, j
mon activité professionnelle comme bon me semble. Et de deux, je ne suis pas
votre jumeau astrologique. Je suis votre... rien ! Voilà.
Alors, allez coller quelqu 'un d 'autre. Je ne sais pas, moi, inviter Julie la
maîtresse, ou prenez un chien, mais moi, vous me foutez la paix, c 'est clair ?
Ah,
docteur, que ton vent vous amène ? Un grave problème de santé publique.
Une authentique baraque à frites belge. Une alluve de main.
Un petit coup de peinture, c 'est le succès assuré pour les vacances. C 'est
aussi réussi que ta gondole vénitienne charrette à glace ? Ah, mais il a plu
tout l 'été.
Avec la frite, il n 'y a pas de saison. Vous n 'avez pas remarqué l 'absence de
clients habituels ces derniers temps ? Ah non, pourquoi ? Parce qu 'il y a
visiblement une vague de troubles digestifs et je n 'ai pas d 'en savoir
'est peut -être une gastro ou une intoxication alimentaire. Ah ça, non !
je veux dire, c 'est sûrement pas ça. Pas dans la région.
Plus dans le sud, oui, c 'est possible, mais pas ici.
Parce que personne n 'est malade à Port -Garec ? Ben si, ça peut arriver.
Mais pas pendant les vacances.
En vous souhaitant.
Mademoiselle, vous savez pas où se trouve la pharmacienne ?
Elle n 'est pas là ? Non, c 'est pour ça que je vous demande.
Marie, tu sais où est Mme Perret ? Alors,
ce n 'est pas ce que vous croyez.
Non, non, je vois bien.
En fait, c 'est comme elle... D 'accord.
Je fais de temps en temps des petits dépannages informatiques. D 'accord, ça.
Mais alors, mon père ne doit rien savoir.
Je vous comprends. Moi aussi, mon père voulait que je fasse comme lui.
Militaire. On ne s 'est plus parlé pendant des mois.
Et finalement, il a compris ? Non, on ne se parle toujours pas.
Dites donc, vous pourriez peut -être donner des cours d 'informatique à ma
secrétaire. Le basique.
Allumer, éteindre, bouger la souris.
Votre secrétaire Clémentine ? Celle -là est unique.
Ah, ouais, d 'accord, ouais, ouais.
Très bien, on fait comme ça.
T 'es là, t 'allais m 'appeler, rentrez, rentrez.
Oh, c 'est juste pour les vacances, les gens aiment bien ramener un petit
souvenir.
Madame Pérez, avez -vous constaté récemment une recrudescence de diarrhée
'autres troubles digestifs ? Je pense bien, j 'ai vendu tous mes sachets de
réhydratation. Oh, je vous ai trouvé formidable à la radio.
Merci. Y avait -il un point commun au niveau des symptômes de ces patients ?
Vous saviez qu 'on avait un club de biologie moléculaire ? Et au niveau des
lieux qu 'ils ont pu fréquenter ? Bon, c 'est pas grand -chose. C 'est juste moi
et le docteur Fauvet. Enfin, avant que le docteur... Oh ! Mais j 'y pense, vous
pourriez le remplacer.
Madame Pérez, il me faut une liste de ces patients.
Je redoute une crise sanitaire à l 'échelle du village. Il faut absolument
circonscrire. Une crise sanitaire ? Ici ? Si on n 'en a pas.
J 'insiste, Madame Pérez.
Alors, Abbalan, non.
Abatid, non.
Abgral, non. Oh, ah ben... Oh, il est mort.
Alphandari, non.
Alphandari, non.
Non, attendez, je pensais à une liste de têtes, vite fait.
Ah ben non, mais vous imaginez si j 'oubliais quelqu 'un ? Non, non, revenez
tout à l 'heure.
Et puis surtout réfléchissez, pour notre petit club.
Ici Thérèse, viens partir.
Oui, il a clairement dit crise sanitaire.
Alors il faut l 'arrêter et vite.
Qu 'est -ce que vous faites là ? On est dans une rue à stationnement
résidentiel. Ah ben ça tombe bien, j 'y réside.
C 'est pas mon problème.
Je m 'excuse.
Mon cher monsieur Gratzky, je m 'excuse, ça va ? Mon ami ?
Mario. Moi aussi.
J 'exerce mon activité professionnelle comme je veux.
Vous voyez ? Ça nous fait un autre poids commun.
Ça va pas ? C 'est depuis hier.
J 'ai rien pu avaler.
Eh ben venez.
Je vais vous ausculter, je vais vous faire une ordonnance, vous allez rentrer
chez vous, vous reposez.
Ah non mais attendez.
Je peux quand même aller à la piscine parce que je prépare les intercommunaux
natation depuis seulement trois jours et... Et vos maux de ventre remontent à
hier ? Non, c 'est à avant -hier et... Je pensais que ça allait partir.
Donc, depuis que vous fréquentez la piscine.
Madame Saint -André ? Bonjour, Martin Le Paul à l 'appareil.
Oui, oui, Marie -Jo, bien entendu, oui.
Dites -moi, votre stagiaire, là, qui était malade, elle ne s 'est pas rendue
récemment à la piscine municipale par hasard ? Si ? Ah, ben parfait.
Non, non, mon intérêt pour elle est purement médical.
En vous souhaitant.
Ludovic.
Il faut que je fasse un prélèvement d 'eau de la piscine.
Il y a de fortes chances qu 'elle soit à l 'origine d 'une épidémie de gastro
-entérite. Alors déjà, de l 'une, c 'est l 'huile d 'eau, et de deux, ça m
'étonnerait beaucoup, parce que l 'eau de la piscine est filtrée en permanence.
Par contre, le Cryptosporidium parvum est une bactérie très agressive. On
potentiellement d 'une crise sanitaire majeure.
Alors...
Il n 'y a pas de crise sanitaire dans le village.
Jamais. C 'est compris ? Je crois que vous ne me comprenez pas. Non, non, non.
Je crois que vous ne me comprenez pas. L 'eau, elle est propre.
Pas de crise.
Pas d 'analyse.
Finalement, je vais en profiter pour piquer une petite tête.
Vous vendez des maillots ?
Kévin, tu ne cours pas bien.
C 'est plus juste un concours d 'apnée.
On ne fait pas de concours d 'apnée.
Un peu fraîche pour moi.
Vous devriez les faire sortir. J 'ai de bonnes raisons de croire que l 'eau est
contaminée.
Donc, l 'eau, l 'eau est contaminée ? J 'ai eu plusieurs cas de gastroenterite
cette semaine et je pense que la piscine est le foyer d 'infection. D 'accord.
Vous ne faites rien ? Il reste 10 minutes, je les laisse profiter un petit
Mais merci.
C 'est comme ça que vous assurez la sécurité de tes enfants ? Vous insinuez
? Essayez de les faire sortir puisque vous êtes si malins.
Les enfants, c 'est le docteur qui vous parle.
Vous devez sortir, l 'eau n 'est pas propre.
Sortez ou vous allez tous être très très malades.
Très bien.
Si vous restez, des millions de bactéries vont rentrer dans votre corps,
ranger de l 'intérieur et vous allez tous mourir. Oh, ça ne va pas dire des
choses comme ça, non ? Non, mais vous êtes malades ! Et vous, vous allez dire
votre amie Marie -Jo qu 'elle se trouve une autre bonne fois pour occuper vos
soirées.
Monsieur, les bactéries, elles vont nous manger là tout de suite. Ah oui, tout
de suite, tout de suite.
Ah,
docteur.
Alors, vous avez réfléchi pour le club ? Non, je viens pour la liste.
Ah oui, la liste.
C 'est tout ?
Je croyais que vous aviez vendu tous vos sachets de rédactation.
Ah mais c 'est exact.
J 'ai vendu tous mes trois sachets.
Alors habituellement, nous réunions au lieu le mercredi à partir de 20h. Mais
enfin, si ça vous arrange, on peut déplacer.
Oui, c 'est Pérez. Je viens de lui donner ma fausse liste. Mais à mon avis,
crois qu 'il se doute de quelque chose.
Et arrêtez de téléphoner dès que j 'ai le dos tourné. C 'est agaçant à force.
Non mais c 'est dingue, c 'est dingue. C 'est comme s 'il refusait le concept
même de crise sanitaire, quelles qu 'en soient les conséquences.
À vous, ce qui t 'énerve, c 'est pas cette gastro.
C 'est de voir des gens qui refusent de faire comme tu as dit. Mais oui, bien
sûr, c 'est de ma faute.
Pas étonnant que tu sois devenu médecin.
Pour avoir l 'impression de contrôler la vie.
Merci pour la psychanalyse de comptoir.
Mais dis donc, c 'est pas bizarre qu 'il soit parti sans ses bouquins, le vieux
Fauvet ? Ouais.
Même toi, enfin regarde.
T 'es censé être responsable des affaires sanitaires du village et t 'es
m 'écoutes comme si on parlait tricot.
C 'est parce que tu n 'étais pas là en 1999.
L 'année du grand mal.
À l 'époque, le village coulait des jours heureux.
Quand débuta une étrange vague de troubles digestifs, comme tu dirais.
Des cas de diarrhées, de vomitements, de plus en plus nombreux.
À deux semaines du début de la saison touristique, c 'était dangereux.
Il fut alors décidé de mettre le village en quarantaine pour tenter de
déterminer la cause de l 'épidémie.
Tout fut testé.
La mer, la plage. On a parlé d 'un nouveau nuage de Tchernobyl qui serait
passé par chez nous.
Puis d 'autres ont dit que la CIA avait fait de drôles de trucs sur les
crustacés du pays. Mais moi, j 'ai jamais cru à toutes ces conneries.
Au final...
ont découvert que l 'épidémie n 'était qu 'une gastro -transmise lors d 'une
récente fête du Cidre.
Mais le mal était fait.
La saison touristique fut catastrophique et certains y ont perdu jusqu 'à leur
commerce.
Ce fut le cas de Ludo, qui avait tout juste monté une petite entreprise de
visite de la côte en 20 ans.
Autant dire que les mots crise sanitaire, ça n 'évoque pas que de bons
souvenirs.
Vous êtes tous givrés.
Tu veux venir dîner à la maison ? Merci, j 'ai besoin de prendre l 'air.
Et bravo pour cette belle histoire.
Je t 'ai mis une petite
bricole, un kilo de pâté de foie. Faut se dépêcher, il périme demain.
Aldoc !
Vous tombez bien.
Donnez -moi votre avis.
Vous préférez lequel ? C 'est difficile.
C 'est très coloré.
Santé.
Santé.
Comme ça, il paraît que vous allez donner du travail à mon fils.
Non, trois fois rien.
Je lui ai demandé de former mon incompétente de secrétaire. J 'ai tout
Clémentine, vous êtes là.
Reconnaissez que sur certains points... Je suis votre assistante, votre
secrétaire. Ah, c 'est ça.
Donc, incompétente, je peux.
Écoutez, je ne sais pas ce que vous a dit votre fils. Je veux des excuses.
Foutez la paix à Romaric. Ou une promotion. Jusqu 'à preuve du contraire,
moi Jean -Pierre. Par exemple, secrétaire médical de directeur... Stop
ferme. Et vous aussi, la ferme. Tout le monde, la ferme. Vous, votre grand mal,
vos flics crampons et vos instincts célibataires.
Vous êtes sur Radio -Gohéland.
En compagnie de ma plume.
Restez sur Radio -Gohéland.
Je ne prends pas la porte maintenant.
Halte ! Stop ! Ah ! Wunderbar !
Je t 'ai
raconté la piscine ? Oui, trois fois.
Moi aussi.
Pardon les filles, mais c 'est mon homme qui garde les petits, c 'est toujours
un poème.
J 'ai raté quelque chose ? Oh ben non, rien du tout. Le docteur Patati, Patata,
le docteur. Quoi, quoi, le docteur, le docteur, le docteur, merci.
Grâce à vous, je passe pour la pauvre gourde du village désespérée.
Je fais quoi ? Je sais pas, moi, tu vas lui parler ? J 'ai rien à lui dire. Ça
fait une heure que tu nous saoules avec ce mec, alors à un moment donné, il faut
y aller.
Ah non, non, non, je peux pas, je peux pas débarquer comme ça chez lui, je peux
pas. Pourquoi pas ?
Il s 'est gêné, lui, à la piscine ? Non, il ne s 'est pas gêné.
C 'est une mineuse, c 'est une battante.
Eh bien, c 'est maintenant.
Oui.
Oh la vache, je ne suis pas sûre, mais...
Le démanchement, il y a du potentiel.
Bonjour Clémentine, comment allez -vous ? Donc, j 'aurais cru qu 'avec les
vacances...
Dans deux jours.
Qui ici présente les symptômes d 'une gastro ? Qui a
récemment fréquenté la piscine municipale ? Bien.
Vous avez mangé quelque chose de douteux ? Vous avez fréquenté quel lieu public
? Vous pratiquez la natation ? Vous pratiquez la natation ? Vous avez
quel lieu public ? Vous avez mangé quelque chose de douteux ?
Il n 'y a pas pour vous.
Trapez avant d 'entrer, non ? Il y a une patiente qui incite pour vous voir
immédiatement. Docteur, pour que je vous voie immédiatement.
Ah, madame Gauthier de Lalande, qu 'est -ce qui vous arrive ? Je lis ce fax,
mais je vous écoute.
Je pense que j 'ai du mal à la tête, du mal au ventre, je m 'attarde partout.
Déshabillez -vous, juste le... J 'imagine que ce n 'est pas la première
'une femme s 'offre ainsi à vous, docteur. Pour des symptômes préposés.
Je ne sais pas ce que je l 'ai mis depuis quelque temps, je me sens...
Comme une boule de flipper.
Moi, personnellement, je serais plutôt du genre, voulez -vous coucher avec moi
Mais bon, chacun son truc.
Vous connaissez Julie ? Vous n 'allez pas vous y mettre, vous aussi ? Alors,
pour une raison qui m 'échappe, elle a flashé sur vous.
Et pourtant, Dieu sait que je vais présenter à lui. Mais bon, c 'est comme
Déshabillez -vous. Non, rhabillez -vous.
Rhabillez -vous.
Si je me mettais à crier là, tout de suite.
Venu pour une angine, il l 'oblige à déshabiller complètement.
Effectivement, compte tenu de votre pudeur légendaire, ça serait très
Autre chose ? Oh là là ! Vous êtes insérieux ! Ah, au fait,
c 'est quoi ce virus qui traîne en ce moment ? Aucune idée, aucune idée.
Je ne sais pas comment il est venu, ni comment il se propage, mais je fais
tout le monde.
Je m 'en lave les mains.
C 'est le docteur Le Foll.
J 'ai besoin de voir le directeur pour une urgence sanitaire.
Je vous ouvre.
Le docteur Le Foll.
Grouillon ? Grouillon.
Je connais bien votre tente.
Il paraît que vous voyez des urgences sanitaires partout.
Je ne vois pas.
Il y a une urgence sanitaire dans le village.
Je vous demande de faire procéder à une analyse de l 'eau du réseau public. C
'est déjà lancé. Les résultats devraient tomber demain matin.
Vous comprendrez que tant que la contamination n 'est pas avérée, je ne
déclarer l 'eau impropre à la consommation. C 'est la procédure.
Donc les gens vont continuer à s 'empoisonner.
C 'est vrai que vous avez une petite tendance à dramatiser.
Voyez avec la responsable des affaires sanitaires.
Mais à mon avis, avec les petites vacances qui arrivent... Oh, pardon !
Qu 'est -ce que vous faites ? Vous venez pour la fête ? Otez -moi d 'un doute.
Vous ne vous baignez quand même pas dans les réservoirs.
Avant le retraitement final.
Mais le consommateur ne risque strictement rien.
Les analyses, dès que vous les avez.
Dites à monsieur le maire que s 'il refuse de me recevoir, je lui fais
sa perruque.
Qu 'attendez -vous de notre comité aux affaires sanitaires ? Eh bien, il est
amplement temps de prendre des mesures de précaution. À commencer par déclarer
impropre à la consommation l 'eau du robinet. Vous l 'avez parlé du grand mal
Bien sûr.
Mais vous ne connaissez pas, mon Martin, une vraie tête de mule.
J 'ai recoupé toutes les données, c 'est rationnellement la seule hypothèse
possible. Vous savez, jeune homme, les gens ne me repenseront jamais d 'avoir
été tous malades quelques jours.
En revanche, si vous leur gâchez la saison touristique...
C 'est l 'avenir de ma carrière politique que vous me demandez de mettre
L 'avenir de quoi ? Si je comprends bien, personne ne lèvera le petit doigt
enrayer cette crise.
En vous souhaitant.
Vous pouvez absolument parler. Coupez votre bazar.
C 'est à propos de Géry ? Non, c 'est au sujet de la santé publique de ce
village de malades.
Oh, alors là, c 'est pas possible.
Donne assistance à personne en danger.
Vous savez ce que ça peut vous coûter ? Radio Goéland, votre radio
sans faux semblants.
Et me voici de retour sur Radio Goéland avec un invité surprise qui a, me semble
-t -il, un message urgent à faire passer.
Bonjour.
Ici le docteur Martin Le Foll.
Ceci est un message concernant la crise sanitaire qui sévit dans le village.
Je répète.
La crise sanitaire.
Tous les habitants sont invités à ne plus consommer l 'eau du robinet sans l
'avoir au préalable fait bouillir.
Mieux, utiliser de l 'eau minérale en bouteille. Il y va de la santé publique.
Merci.
J 'espère que vous savez ce que vous faites.
Oui, mon devoir.
Le grand mal revient.
Espèce de pourri, vous voulez un homme mort ? Dieu est grand.
Dieu va nous sauver.
Dieu ! Ah, Doc, Doc !
Venez, venez ! Formulez votre speech à la radio.
J 'aurais pas mieux fait.
Tenez, prenez un pack d 'eau.
Je vous dois bien ça.
Allez, on se dépêche pour les packs d 'eau !
Je vais lui dire que je ne m 'occupe pas de toi.
Allez, bois mon pépère.
Ah non ! T 'as soif mon pépé ?
Docteur Le Foll à l 'appareil.
Gérard Grouillaud. Ah, alors, c 'est tout.
C 'est négatif ? C 'est bien ce que je pensais.
Alors, pour savoir d 'où vient l 'infection.
C 'est pas vrai ! Faites demi -tour immédiatement. Ils sont malades !
Faites demi -tour immédiatement. Mais c 'est des malades ! Je vais les
faire interdire.
Oula, oula, oula, oula.
Ah, l 'obstacle.
Ah, qu 'est -ce que c 'est que ça ?
Vous voulez me tuer ou quoi ? Qu 'est -ce que vous venez faire ici ? Elle
d 'où votre eau ? Je vous l 'ai déjà dit.
Elle vient de... De la source.
Quelle source ? Le temps.
Pardon ? Elle vient de la source du champ.
Ça fait des générations qu 'on la voit.
Faut pas vous le problème.
Et vos moutons là ? Ils seraient pas en période de reproduction par hasard ? Bah
si, comme tous les ans.
Comme tous les ans, ils rejettent dans votre champ des cryptosporidium parvum
qui infectent votre source.
Et grâce à vos petits trafics, vous avez refilé la courante à tout le village.
C 'est pas vrai, si les gens l 'apprennent, ils vont nous détriper.
Vous les connaissez pas.
Pardon.
Regardez le pauvre docteur Fourbet.
Merci, le doc.
Où sont vos toilettes ? Quoi ? Vos toilettes. Vite.
Tout ça, c 'est pour Romaric.
Tous mes petits trafics, comme vous dites, c 'est pour lui mettre un petit
pécule de côté pour quand il quittera le nid. Vous pourriez rappeler votre
mouton, s 'il vous plaît, c 'est très gênant.
Je croyais que vous vouliez que Romaric prenne votre suite.
Le matin où il est né, j 'ai eu comme une vision.
Lui et moi, plombiers tous les deux.
Il faut croire que je ne sais pas trop y faire.
Et les trois générations de gros laits plombiers ? Ah, ça, c 'est du côté du
cousin de la deuxième femme de mon père.
C 'est une branche de la famille qu 'on ne voit pas beaucoup.
Il faut dire qu 'ils sont tous morts, alors... Bon.
Bernard, sans vous commander, vous récupériez toutes vos bouteilles.
Je pense que la santé publique passe avant votre code de popularité.
Vous avez raison.
J 'ai fait une connerie. Je dois en payer le prix jusqu 'aux derniers
Avec les intérêts.
Bon, ben, au revoir, Doc.
Je vous aimais bien.
Mais si je ne revenais pas, vous, pour acheter un oeil sur le mari, hein ? Doc.
Le docteur Le Foll a un nouveau message
à nous faire passer.
M. Pérez, il parle à la radio.
Oui, oui, je sais, Mme Pérez.
Merci. Vous pouvez cesser d 'appeler. Maintenant, tout est réglé.
Je voulais dire que les récents problèmes de santé publique que j 'avais
ici même sont désormais résolus. Avec les patroces administratives, le quota
européen et tout le bazar, je vais tout remballer. Ca veut dire qu 'on peut
boire de l 'eau du robinet à nouveau alors ? Tout à fait.
Il s 'agit au final d 'un petit virus de saison comme il en existe partout, tous
les ans.
Tout ça pour ça. Vous avez quand même un peu surréagi.
J 'ai voulu tester...
À la veille des vacances, les services de veille sanitaire du village, et je n
'ai pas été déçu.
Formule 1, voilà qui va ravir nos auditeurs. À mon sens, tout est prêt
accueillir nos prochains vacanciers, y compris, me semble -t -il, une toute
nouvelle baraque à frites.
Eh bien, merci. Ludo ! Va chercher la peinture ! C 'est pour moi, ça.
C 'est la première fois.
Que ? Vous avez dit nos vacanciers. C 'est la première fois que vous dites
en parlant du village.
Ça m 'a échappé.
Bien.
Vous
faites
quoi là ? Rien.
Je rentre chez moi.
Ça vous dit de boire un café ? Oui, d 'accord.
Pardon ? Rien, rien.
Il y a un gros poisson, là.
C 'est justement vous que je voulais voir.
Ça m 'aurait étonné.
Je voulais venir.
J 'ai bien réfléchi.
Vous aviez raison.
Sur quoi ? Surtout.
Juste, j 'hésite.
Entre quoi et quoi ? Sur ce que vous avez dit, en fait.
Entre inviter Julie ou prendre un chien.
En même temps, Julie, c 'est compliqué.
Mais elle est là.
Alors c 'est peut -être un signe.
Le chien ? Prenez le chien.
Vous êtes sûr ? Sûr et certain.
On porterait le café en salle ? Bon,
ben... À la vôtre.
À la nôtre, enfin.
Je vais commencer par le café.
Viens ici, arrêtez ! Police ! Viens ici, police, s 'il te plaît ! J 'ai lu une
étude.
Une étude ? Très intéressante.
Et ? Comme quoi, les buveurs de bière avaient deux fois plus de risques d
victimes de démence sénile après 65 ans.
Ça va, j 'ai encore le temps.
Oui.
Ceci dit, c 'est pareil avec le vin.
Qu 'est -ce que vous voulez encore ? Le chien, le pain.
Et alors ? Pas se plomber.
Alors, je sais.
Toi et moi, on a eu des hauts et des bas.
Mais ce que ça te dirait de prendre un verre ensemble avec moi ?
Oui.
Jackie,
un demi, s 'il te plaît.
Non, mais pas maintenant.
Ah non, c 'est juste pour moi.
Ah, pardon.
Vous étiez en train de parler de quoi, là ? Est -ce que tu savais que le
et moi, on était du même signe astrologique ? C 'est pas rien.
Bon, je vais vous laisser.
Au revoir.
Au revoir.
Vous buvez pas votre eau, là ? Non, non.
Regardez -vous.
Il est impayable, hein ?
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