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Original subtitles

...

Musique trépidante

...

- Ils arrivent.

Plus vite !

Plus vite, putain !

...

Merde !

- Merde. - Putain !

...

Je vais vomir !

...

Allez, magnez-vous !

- Allez, ça passe. - Non, non !

Non ! - Ca passe.

- Ca passe pas !

- Ca passe !

C'est passé.

Merde...

- A droite !

...

- Ah, putain...

...

Eh merde !

A droite.

...

Merde. - Arrêtez ! Arrêtez.

- Allez, ça passe.

- Non, arrêtez. C'est bon, on arrête !

On arrête, OK ?

- OK.

- SORTEZ !

- Mains sur la tête !

- Sors de là !

- Au sol ! - On va expliquer !

- Viens par là ! A terre !

- Je suis flic.

- Viens par là ! - A genoux !

- On peut s'expliquer.

- Fouille le véhicule.

- Attendez... - Non !

- La ferme !

Musique sombre

- Non, mais...

- Vous vous expliquerez auprès des autorités.

Embarquez-les.

Générique

...

Alarme de porte

- Commandante Randal, IGPN.

Mon collègue, l'agent Brion.

- Bonsoir.

- Ecoutez,

c'est un malentendu.

- Vous nous prenez pour des cons ?

- Vous êtes entrés par effraction dans une zone secret Défense.

Vous y êtes entrés avec un véhicule,

vous avez refusé d'obtempérer aux injonctions des militaires,

et vous êtes soupçonnés de tentative de meurtre.

Vous voulez nous faire croire que c'est un malentendu ?

- Tentative ? Il est pas mort ?

Il est où, là ? A l'hôpital ? - Evidemment, oui.

On va lui enlever la rate.

- Génial ! - Pardon ?

- Vous êtes auxiliaires de justice,

vous devez faire appliquer les lois.

Vous nous faites honte.

- Expliquez depuis le début,

et...

soyez convaincante.

- Hier matin, j'ai été appelée

sur une scène de crime dans un bowling.

C'était... un vrai carnage.

On a fait les premières constat', et j'ai appelé le légiste.

Musique cool

...

- Je trouvais pas mes chaussures de bowling !

Je les mets pas souvent, alors j'ai dû rentrer les chercher,

mais... - Vous êtes en retard.

- ..en bas, dans ma cave...

Elles sont belles, non ? - Elles sont sublimes.

- J'ai envie de me faire une roulade par terre !

Non, mais c'est pas gentil, ce que vous faites, là !

Exagérez pas, j'avais pas les chaussures !

- Vraiment ? Vous voulez qu'on vérifie

sur la vidéosurveillance ?

- Bon, je les avais, mais par hasard !

Je trouvais pas celles de ville.

- Oh !

Reprenez.

- C'est pas comme ça que ça s'est passé.

Hier matin, ils ont été appelés sur une scène de crime, un bowling.

Un vrai carnage.

Ils ont fait les premières constat',

et puis ils ont appelé... le légiste !

Comme d'habitude. Le légiste, c'est moi.

Musique envolée

- Merci d'être venu si vite, Balthazar.

On est démunis, sans vous.

- C'est normal. - Vous êtes l'étoile du Berger,

notre lueur au bout du tunnel, notre phare dans la nuit...

Merci. Merci vraiment.

Quoi ?

J'ai pas dit ça !

- Ah bon ?

Ah, j'ai dû mal entendre. - Vous savez quoi ?

Tenez-vous-en aux faits.

Vous êtes arrivés. Ensuite ?

- Ensuite... Vibration

Ensuite, ensuite,

on a parlé de...

- N'y pensez même pas.

Donc, accélérez. Vous avez parlé de quoi ?

- De l'affaire.

On a parlé de l'affaire. - Voilà.

Attendez !

Je savais pas qu'elle était rentrée, c'était pas prévu.

Je suis désolé.

Vraiment, je suis vraiment désolé.

- C'était juste un dîner.

On aura d'autres occasions. Avec Maya.

- Capitaine, vraiment... - Y a pas de problème.

- Capitaine !

Capitaine, capitaine, capitaine...

- J'avais pas envie de dîner, après la chambre froide.

Y a pas de problème, vraiment.

- Je suis désolé. Sincèrement.

- Et alors, Maya, content de l'avoir retrouvée, non ?

- Ouais. Ouais, ouais.

C'est un peu le bordel, pour moi, d'ailleurs.

Vous voulez pas qu'on en parle calmement ?

- Je préférerais pas.

Je sais pas où on est, mais c'est l'enfer.

Allez, venez.

On a sept victimes et un survivant :

Samuel Lebas, 27 ans, dans un sale état,

mais ses constantes sont stables.

Il est à l'hôpital.

- Qui a appelé la police ? - C'est le gérant.

Le bowling a été privatisé.

Il les a accueillis, puis il est reparti.

Vers 1h du matin, il est revenu, il est tombé là-dessus.

- Présence sur les membres d'un purpura pétéchial,

hématomes d'allure... récents

sur tout le reste du corps.

Mmh...

Hémorragie sous-conjonctivale.

L'appareil bipe.

Les températures corporelles sont élevées,

étrange, vu la baisse normale

de la température après la mort.

Avec le purpura, on pourrait penser à une fièvre hémorragique.

Musique de tension

On dirait une contamination à grande échelle.

...

Les muqueuses nasales

sont irritées, voire enflammées.

Quasi perte de substance.

Ce qui les a tués, c'était dans l'air.

- On a vérifié, il n'y a rien dans l'air.

- C'est que ça s'est évaporé.

Musique intrigante

...

Venez voir.

Venez, je vais pas vous manger.

Là, regardez en haut.

- Non, mais... - Mettez la main.

Mettez la main.

Qu'est-ce que vous sentez ?

- Ca souffle.

- C'est une VMC.

Ca souffle. - Ouais, ça souffle.

Ca doit respirer, non ?

Le tueur a renversé le passage de l'air.

- C'est comme ça qu'il aurait envoyé le poison ?

En restant à l'extérieur pour être en sécurité.

- Il a dû venir pas mal de fois ici pour repérer les lieux.

Il avait probablement...

un plan bien précis.

- Pourquoi il a choisi ce bowling ?

- Je sais pas.

Je suis désolé.

- Euh...

La résa s'est faite par Internet,

mais bon,

il a envoyé du cash, impossible de remonter jusqu'à lui.

Voilà.

En revanche, on sait comment il a attiré les clients.

Ils avaient ça sur eux.

- "Vous avez gagné un voyage à New York.

"La soirée de remise des prix sera au bowling."

Ils ont pas été choisis au hasard.

Ils ont été ciblés et attirés ici pour les éliminer.

Brouhaha

- Laissez-nous passer !

- Messieurs, dames, messieurs, dames !

S'il vous plaît, s'il vous plaît !

S'il vous plaît, messieurs, dames.

- Il fallait qu'on trouve le lien.

Si on les avait attirés là, il y avait une raison.

Même en parlant à leurs proches, on n'a rien trouvé.

Vibration

- Venez voir.

Alarme de la porte

Balthazar soupire.

- Allez.

Allez, on va tout leur raconter, ça va s'arranger.

- On est dans la merde. Vraiment dans la merde.

- Voyez le bon côté des choses.

- Parce qu'il y a un bon côté des choses ?

- Il y en a toujours un !

- C'est quoi le bon côté qui m'échappe, là, ?

- Là, maintenant, tout de suite ?

Ben c'est que ça pourrait pas être pire.

Si quelqu'un venait et qu'il essayait

de faire en sorte que ce soit pire,

faut pas paniquer,

c'est pas possible. - OK.

- C'est le bon côté des choses. - OK, c'est bon.

- La balistique a analysé la balle du corps de la victime.

La comparaison a parlé, on a un match.

Ca venait de l'arme de service du capitaine Bach.

Elle lui a tiré dessus.

Musique de tension

Cet interrogatoire était informel,

mais vous passez en code noir, là.

- Ca a pas l'air bien, le code noir.

- Non. Vous êtes dans une merde noire.

- Le code merde noire.

C'est con, à un mot près, c'était plus clair, le code.

On est dans une merde noire, mais ça pourrait pas être pire.

- Il est toujours comme ça.

- Samuel Lebas est un étudiant de 27 ans,

inconnu de nos services.

Il s'est pris une balle,

balle provenant de votre arme de service.

Alors, pourquoi avez-vous tiré

sur un civil innocent ?

- C'est juste long à expliquer.

- Capitaine, Samuel Lebas vous a-t-il menacée ?

- Non. - S'agit-il d'un accident ?

- Non.

- Vous admettez avoir sciemment tiré une balle

dans le ventre d'un homme innocent

et qui ne menaçait pas votre vie ?

Musique de tension

...

- C'est moi.

- Pardon ?

- C'est moi qui ai tiré, le capitaine Bach y est pour rien.

- Balthazar... - Je lui ai volé son arme de service.

Je lui ai tiré dessus, mais j'avais pas le choix.

- Bien... Il se racle la gorge.

Docteur, reprenez

au moment où vous avez quitté le bowling.

Balthazar soupire.

- Notre seule piste, c'était Samuel Lebas,

le seul qui pouvait nous expliquer ce qui s'était passé.

On est allés le voir à l'hôpital.

- Comment vous vous sentez ?

- Ca va.

J'ai mal à la tête,

et je vois flou, comme une grosse myopie, mais ça va.

- Vous venez de vivre un moment difficile,

mais j'ai des questions.

Vous savez qui vous a invité ?

- Non, pas du tout.

Je me sens un peu stupide, en fait, parce que...

Ce voyage, il avait l'air fou,

et je voulais faire plaisir à ma copine.

Et j'ai appelé le bowling,

qui m'a confirmé que la salle avait été privatisée,

alors j'y suis allé.

- Vous aviez déjà vu les autres invités ?

- Jamais.

La soirée se passait bien,

et puis on a senti un truc dans l'air.

Ils se sont mis à tousser,

à suffoquer...

Ils arrivaient plus à respirer, alors, j'ai...

J'ai voulu les aider. J'ai fait du bouche-à-bouche,

mais ils s'étouffaient. J'ai voulu appeler les secours,

et je me suis effondré et me suis réveillé ici.

(- Ca va ?)

- Ca va.

(- J'ai eu peur...)

- Ca va.

Je suis un peu maudit, mais ça va.

- Pourquoi vous avez dit que vous êtes maudit ?

- C'est la 2e fois que je frôle la mort.

J'ai eu une leucémie il y a 5 ans.

- Une leucémie il y a 5 ans ? - Oui.

- Pourquoi réunir huit inconnus sans aucun point commun

dans un bowling pour les empoisonner ?

Ca n'a aucun sens.

Vous pensez à quoi ?

Il soupire.

- A ça.

Eddy vient de m'envoyer les photos des cadavres.

Vous voyez ces deux points, là ?

- Mh. C'est quoi, c'est du crayon ?

- Non, des tatouages utilisés par les médecins

en traitements de radiothérapie : cancers du poumon ou du sein.

On utilise ces tatouages pour positionner les radiations

avec précision sans avoir à refaire les calculs à chaque fois.

Vous voyez ?

- Donc, cette femme a eu un cancer. Comme Samuel Lebas.

- Mh mh.

Ca peut être une coïncidence.

- Ou pas. - Ou pas.

- Ca peut aussi être leur point commun.

- Ca peut.

Il faut que j'aille revoir les cadavres.

- Balthazar !

Musique douce

...

Vous êtes extraordinaire.

Vraiment, vous... Vous êtes brillant.

Je sais pas comment j'ai survécu sans vous tout ce temps.

Non, mais c'est pas possible.

J'ai jamais dit ça.

- Non, vous l'avez pensé.

Je l'ai vu dans vos yeux quand vous me regardiez.

- Bon, docteur.

- Oui, pardon. Euh...

Donc... Après,

je suis retourné à l'IML,

pour examiner les cadavres.

J'étais en salle d'autopsie, en train de parler à...

A...

- Oui ?

- A... à moi-même, parce que ça m'aide à réfléchir.

Voilà. J'étais tout seul,

et je me parlais tout seul.

Cancer du sein, très agressif.

Mais tu t'en es sortie.

Lymphome de haut grade pour toi il y a deux ans.

Mauvais pronostic.

Rémission inespérée. Tu t'en sors.

Tumeur cérébrale. Cancer du poumon.

Insuffisance cardiaque.

Accident vasculaire cérébral.

Pourtant, vous êtes tous en rémission

après une maladie grave,

au sombre pronostic.

Ca peut pas être un hasard. - Oui,

c'est pour ça qu'on nous a tués.

- Ca n'a pas de sens. - Tu sais de quoi on est morts ?

- Vous êtes tous porteurs d'oedèmes tissulaires majeurs,

avec des reins atrophiés, signe d'une insuffisance

rénale, avec saignements

par nappe sur tous les tissus.

Vous étiez contaminés par voie aérienne après diffusion

d'un toxique par le système

d'aération. L'analyse microscopique des lésions tissulaires

révèle une absence de réaction inflammatoire,

et indique une mort

survenue moins d'une demi-heure après exposition à l'agent toxique.

Il faut vite qu'on identifie ce truc.

Ca permettra de remonter

jusqu'à la personne qui a fait ça. Notification du PC

Musique douce

...

- C'est les résultats des analyses ?

- Oui. - Alors ? Qu'est-ce que c'est ?

- La toxine a complètement disparu de votre corps. Plus aucun germe.

Bips

Mais...

l'analyse de l'eau

de la VMC est arrivée au même moment.

Et... elle révèle

une présence d'ADN.

- Celui du tueur ?

- Non.

De l'ADN animal.

C'est très bien.

Je suis retourné dans ce bowling,

en pleine nuit.

Et je me suis faufilé dans les conduits.

Musique héroïque

...

Quand j'ai trouvé l'ADN animal,

je me suis dit qu'en passant par les conduits,

la molécule avait forcément dû toucher les rongeurs.

...

Or, il faut savoir que le foie des rats élimine

plus lentement les toxines que le foie des êtres humains.

En analysant les corps de ces animaux,

on avait une chance

de trouver une trace d'agent toxique.

- Ouais.

- Ca veut dire quoi, ce "ouais" ?

J'ai l'impression que ça veut dire autre chose que "ouais".

- C'est pas vraiment ce qu'on m'a raconté

sur la récupération des rats.

- Putain, mais quel enfer !

En plus, moi, je suis claustro !

Je te jure ! Une chance sur deux que je fasse une crise d'angoisse.

- Je vis ma meilleure vie, là.

- Attends ! Je te jure, j'étouffe, là !

Je me sens pas bien !

- Oh ! Ils sont où, ces rats, bordel ?

Exclamation de dégoût

- Non, mais eux ou moi, c'est pareil.

- Ah ! Bien sûr !

- Poursuivez, on n'est pas au cirque.

- C'est pour ça que l'affaire a dérapé ? A cause de...

cette tension entre vous ?

Musique intrigante

- Il n'y a aucune tension entre nous.

...

- Le capitaine et moi avons une relation professionnelle...

..professionnelle.

...

Neutre.

Normale.

- Normale.

- Donc...

y a aucun problème ?

Soupir - Entre Hélène et Balthazar ?

Alors là... Ah non, je vois pas. Ah non.

- Parfois, y a quand même des petits problèmes.

- C'est parce qu'on travaille. C'est professionnel.

Heureusement qu'on travaille comme ça.

On n'a pas les mêmes avis. C'est une façon de rechercher aussi

ce qui s'est passé. Enfin, c'est notre travail.

- Ils sont vraiment pros, carrés. Là...

Vraiment. Y a rien qui dépasse.

- Vous êtes sûr ? - Ah oui. Alors là,

je suis sûr. Ah ouais.

- On a beaucoup d'admiration l'un pour l'autre.

...

- Très bien.

- On travaille ensemble, presque main dans la main,

je dis "presque", parce qu'on n'a pas...

On n'est pas littéralement les mains dans les mains.

- Je suis désolée. C'est consternant.

Il est comme ça tout le temps.

Je préfère qu'on revienne à l'enquête.

- Après ça peut arriver,

des relations homme-femme dans le travail.

Vous savez ce que c'est.

Enfin, vous, par exemple.

Enfin, quand je dis "vous", ça peut être n'importe qui.

Peut-être qu'une fois, enfin, parfois,

il peut arriver... Il peut... Il y a...

Il hésite.

Enfin, je... Enfin, ça peut arriver.

Je dis pas ça pour vous, parce que vous,

je suis sûr que c'est pas arrivé. Enfin,

ça peut parfois arriver, quoi. Mh.

Je sais pas où on en était, là. Je suis perdu.

- Des rats morts.

- Voilà.

Les rats morts. Les rats morts.

Eh ben après, on a été en salle d'autopsie avec Balthazar.

Qui a été pro, concis.

Comme d'hab.

- Je vous présente mon ami Rémy. Rémy, c'est le nom

du rat dans "Ratatouille". La plupart des gens pensent

qu'il s'appelle Ratatouille, mais c'est le plat...

- Vous savez ce qui les a tués ?

- Souci d'intonation.

Vous avez employé une intonation, qui indique une question,

ce qui sous-entendrait que la réponse pourrait être "non",

donc vous vous adressez

à un autre légiste, et ça, c'est pas possible. Oui,

je sais ce qui les a tués et c'est pas une bonne nouvelle.

C'est une souche

de l'hantavirus.

Ca a été confirmé par l'Institut Pasteur de Lyon.

C'est une maladie orpheline très rare,

une arbovirose essentiellement présente dans l'est de la France

et à l'origine de fièvres hémorragiques,

avec syndrome rénal. Ca colle totalement

aux constatations faites sur les cadavres,

ainsi qu'au problème de la vue, type myopie, de Samuel Lebas.

Un des symptômes.

- Comment cette maladie aurait pu être balancée ?

- Justement, c'est pas exactement l'hantavirus,

c'est une souche mutée, accélérée.

- Quelqu'un aurait empoisonné huit personnes

avec un hantavirus muté ? Pourquoi il aurait fait ça ?

- Il a inoculé ça à des survivants de maladies graves,

donc avec des systèmes immunitaires solides.

Pourquoi il ferait ça ?

Moi, je pense qu'il leur a filé cette souche

pour voir qui survivrait.

C'était des cobayes.

- Des cobayes ? - Mh.

- Pour quoi faire ?

- Trouver un antivirus.

- Samuel Lebas a survécu. - Mh. Et donc, il va vouloir

comprendre pourquoi,

ce qui veut dire que Samuel Lebas, c'est sa priorité.

Musique intense

...

- Samuel, il est où ? - Je le trouve pas. Il a disparu.

- Depuis quand ? - Je suis partie 5 minutes.

- Merde ! Putain ! Fait chier !

Putain !

- Demande de renfort. Samuel Lebas a disparu.

...

- Donc...

Musique grave

Vous avez laissé votre témoin principal se faire enlever,

quasiment sous vos yeux.

- Le type avait tout prévu. Il est rentré dans l'hosto

avec une blouse blanche. La caméra du couloir était HS.

Il a récupéré Samuel et s'est barré.

Un hélico de la gendarmerie a repéré une voiture suspecte.

On a vérifié l'immat' et c'était une location sous un faux nom.

Comment vous voulez qu'on anticipe tout ça, franchement ?

Après, on a repris l'enquête à fond. Pas une minute à perdre.

Partie tendax. On est allés vite,

on savait qu'il n'y avait pas de temps à perdre.

Il fallait le retrouver vite, alors on y est allés.

A fond.

- Bon, on recommence depuis le début.

Le tueur cherche un traitement contre l'hantavirus.

Il enlève Samuel Lebas pour analyser ses anticorps,

et essayer de comprendre comment il a fait pour survivre. OK ?

- Arrêtez avec ça, c'est pénible.

- Je réfléchis.

- OK, je vous écoute. Sans tergiverser.

- Pourquoi est-ce qu'il cherche ce traitement ?

- Parce qu'il est malade ? Parce qu'il est condamné ?

Il sait que c'est sa dernière chance.

(- Tut tut...)

Quand on est infecté par ce virus,

on n'est pas en état d'enlever qui que ce soit.

- Il le fait pour un proche.

Pour son père, une femme, un enfant ?

Quelqu'un qu'il aime et qu'il veut sauver à tout prix ?

- Oui, Samuel a été transféré dans mon service hier,

après sa contamination.

Il doit prendre un traitement toutes les 6 heures.

Sans, arrêt cardiaque.

- On a 5 heures pour le retrouver.

Dr, on va avoir besoin de vous. Vous vous occupez

de la majorité des cas d'hantavirus

en France. Un proche de patient aurait pu basculer ?

Il soupire.

- C'est vrai que ce virus est une malédiction.

J'y ai consacré ma vie, j'ai vu la plupart des malades en mourir.

C'est toujours pas

une priorité pour la recherche.

- Moins de cas, moins de budget. La loi du marché.

- Oui, et puis, ça crée de l'amertume

chez les malades et beaucoup de colère dans les familles.

C'est normal. Elles se sentent abandonnées.

De là à penser à quelqu'un

de précis... - Je sais que c'est délicat.

J'ai besoin de récupérer vos dossiers.

J'envoie une réquisition dès que possible.

- Oui, enfin, ça, je vais pas pouvoir.

Je suis désolé, c'est le secret médical.

- Je comprends tout à fait,

je suis médecin, j'ai prêté le même serment.

Pensez à Samuel. Ca fait partie du serment d'Hippocrate.

On peut pas le laisser mourir sans rien essayer.

Musique douce

...

- Ca y est, je viens d'envoyer les dossiers à Delgado.

Il s'occupe des cas les plus critiques.

Non, merci. Notification

Un hélicoptère vient de repérer un véhicule suspect

qui a l'air de correspondre. - Ils envoient une patrouille ?

- Non, ils peuvent pas. Toutes nos équipes sont mobilisées.

Laissez-moi deviner : vous êtes garé devant,

et on peut y être en 10 minutes ? C'est pas une bonne idée.

- Capitaine, si c'est une fausse alerte,

c'est juste un crochet. Si Samuel est sur place,

il a besoin de premiers soins.

D'urgence.

Super idée !

Super idée ! - Vous vous rendez compte

que c'est une décision stupide

de partir en opération avec un civil ?

- On n'avait pas le temps.

La vie d'un homme était en jeu.

Oui, on a contourné la procédure.

- Ca vous arrive souvent,

de contourner la procédure ?

- Non.

- Non.

- C'est Fatim

qui m'a poucave ?

Oui, ben oui, je fume de temps en temps de la weed

dans les frigos de l'IML pour faire un aquarium.

Et je vous préviens : je balancerai pas mon dealer.

- Tu crois que l'IGPN nous convoque

parce que t'es un délinquant ? Faut que j'autopsie ton cerveau

à ta mort. - Quoi ?

- Vous êtes ici à cause

de votre patron, le Dr Balthazar,

soupçonné de tentative de meurtre avec complicité.

- Leurs états de services prouvent qu'ils ont transgressé

la procédure à plusieurs reprises.

- Témoins de comportements borderline ?

Il s'éclaircit la voix. - Borderline ?

Il hésite.

Est-ce qu'ils sont borderline ? Non, non.

Non, franchement, je...

Ils sont... Ils sont très respectueux des...

des protocoles, tout le temps.

- Et vous ?

- Ben... Ca...

Ca peut leur arriver, mais... (- Quoi ?)

- Mais toujours dans un seul objectif :

améliorer la situation. - Bien sûr.

- Pas l'impression qu'ils aient réussi, là.

Musique glaçante

...

- La voiture devrait être par là. J'espère que c'est la bonne.

Putain, y a pas de réseau, là.

Merde !

- Excusez-moi.

Dites-moi, capitaine, j'ai besoin de savoir.

Il se serait passé quoi, entre nous...

si Maya était pas arrivée ?

- On aurait couché ensemble, non ?

Et après, on se serait réveillés

en se disant que c'était une belle connerie.

- Pourquoi ?

- Vous voulez que je dise quoi ?

On a rien à faire ensemble.

On est trop différents, on est jamais d'accord,

enfin voilà, on a rien à faire ensemble.

- Différents, ça peut vouloir dire complémentaires.

- Mais sérieusement, vous nous voyez au quotidien ?

"Chéri, t'as vidé le lave-vaisselle ?

"T'as acheté du pain ?

"Mon amour, tu rentres à quelle heure ?"

Enfin, c'est pas possible. On va... Non.

Alors, c'est sûr, on aurait sûrement passé une super nuit,

parce qu'on est...

Mais... Mais franchement,

on se respecte trop pour une histoire de cul, non ?

- Ouais... Ouais.

On... se respecte. - Mh.

- On se respecte. - Mh.

C'est une zone militaire.

Je peux pas entrer. Je vais appeler le proc.

- Avec le brouillard, ça capte pas.

- Ah bon ?

Non, non, Balthazar ! Non, non, non !

- Y a pas de réseau. On va pas perdre du temps pour rien.

- Putain, putain...

- Voilà.

- Le suspect connaissait cette zone militaire

et pouvait entrer

comme il voulait. Pas nous.

Quand Balthazar a défoncé le cadenas,

il a déclenché l'alarme dans la caserne d'à côté.

- Vous réalisez le nombre de délits que vous avez commis, là ?

- J'ai pas compté, non.

Musique sombre

...

Le coffre est vide.

- Le siège passager est baissé.

Il a transporté quelqu'un en position allongée.

...

Musique cristalline au loin

... ...

- Capitaine Bach, police criminelle.

Madame ?

Vous m'entendez ?

Boîte à musique

Madame ?

Bips du moniteur

- Morphine, 10 mg.

... ...

Purpura diffus.

... ...

Saignement muqueux diffus.

Et bulle hémorragique buccale.

Purpura thrombopénique.

- Euh... - Un des symptômes de l'hantavirus.

- Mh. C'est un autre cobaye ?

- Elle est bien traitée, alors.

- C'est la malade,

celle qu'il essaye de sauver. - Oui.

Samuel doit pas être loin.

Là-bas.

Bips d'un moniteur

OK. OK.

...

Et merde.

- Samuel.

Samuel !

Samuel ? - Merde.

On a lui perfusé une forte dose d'hantavirus pour stimuler

ses anticorps.

Il est brûlant.

Les bips s'accélèrent.

Il est en tachycardie. Pourquoi ?

...

Séquestration splénique.

- C'est quoi, ça ?

...

- Sa rate va exploser.

(- Putain... On fait quoi ?)

On l'emmène à l'hosto.

Hein ?

Putain, on fait quoi, là ?

Oh !

Musique à suspense

- Bougez.

- Putain...

- Je note que vous avouez pour la deuxième fois de la soirée

que c'est bien vous qui avez tiré sur M. Lebas.

Il soupire.

On s'est renseignés sur vous, docteur :

ce qui est arrivé à votre femme,

vos dérapages permanents,

ces 6 mois où vous avez disparu

après la mort de votre confrère,

et cette enquête concernant ces différents meurtres.

- Et ?

- Les circonstances génèrent une question :

êtes-vous passé de l'autre côté de la barrière ?

- C'est-à-dire ?

- Etes-vous devenu un meurtrier ?

- Non mais vous êtes... (- Balthazar...)

- OK.

Je vous l'ai déjà expliqué tout à l'heure.

Je vais essayer de le refaire.

Je n'avais pas le choix. D'accord ?

Oui, je lui ai tiré dessus. En plein dans le mille.

- Putain,

vous êtes fou !

- Ablation de la rate avec les moyens du bord.

Vous voyez ces poches de sang ? Amenez-moi du O négatif.

Et des compresses,

une perf

et de l'antiseptique.

Compresses, perf et antiseptique ! On a 4 minutes

pour le transfuser. Sinon, il meurt.

Super, génial. Mettez la compresse.

J'ai fait un tir oblique

pour percer que la rate et la transfixer

pour qu'elle se vide vers l'extérieur du corps.

C'était le seul moyen pour le sauver. Tenez ça.

- Il va s'en sortir ?

- Pas si on l'emmène pas à l'hôpital.

Il a besoin d'une splénectomie chirurgicale

complémentaire d'urgence. - Ce qui veut dire ?

- Qu'on lui enlève le reste de la rate.

- J'espère que vous êtes sûr de vous.

- Je lui ai tiré dessus

dans le seul but de lui sauver la vie.

C'est clair ?

- Oui. Ca explique la poche de sang retrouvée sur M. Lebas, mais...

- Mais quoi ?

- Mais il sort du bloc, et le complément de splénectomie

a aggravé son état. Son pronostic vital

est engagé.

- Je lui ai accordé un sursis.

Je suis légiste, putain, pas magicien.

- Bon, écoutez,

on captait pas à cause du brouillard militaire.

On pouvait pas appeler les secours.

Alors, on a mis Samuel dans le coffre pour le sauver.

Vrombissement de moteur

...

Oh putain...

Bach ahane.

Musique de tension

...

- OK.

...

L'hôpital

le plus proche est à 20 km. Il a environ 20 minutes.

Donc si on roule à 100 km/h,

on est bien. - On aurait pu

le mettre derrière nous.

- C'est une voiture de sport, y a pas de place derrière.

Merde. - Oh non, c'est pas vrai !

- On s'accroche.

...

- OK, plus vite, plus vite !

Vous connaissez la suite,

OK ?

- Pourquoi ne pas vous expliquer avec les militaires ?

- Pour éviter de perdre 24 heures pour rien,

comme en ce moment même.

- On peut partir ? - On doit d'abord vérifier

vos déclarations.

On a perquisitionné.

On a retrouvé la femme dont vous parlez,

mais ça ne prouve en rien

la véracité de votre récit.

- Et vous êtes

responsable de l'état de santé

de M. Lebas. - Bien sûr, bien sûr.

On verrouille la porte.

Musique grave

...

Buzz d'ouverture de porte

- On a pu reconstituer le déroulé de la journée d'hier.

Il semblerait que tout concorde avec votre récit.

- Et on a une autre information à vous donner.

Samuel Lebas est sauvé. Les médecins ont confirmé

que c'était grâce à votre intervention,

docteur. - Et celui qui l'a enlevé

et contaminé les 7 victimes ? - Ca, c'est votre enquête.

Vous pouvez partir, vous êtes libres.

Faites profil bas.

- Si le tueur a récidivé pendant qu'on était ici

sans pouvoir le chercher, vous entendrez

parler de moi.

Musique douce

...

- Ah ben ça fait plaisir de vous voir. Ca va ?

- Ouais. C'est du café ? - Ouais, tout chaud.

- Merci. - Ca va, Balth ?

- La femme qu'on a retrouvée hier

a été transférée à l'hôpital cette nuit.

C'est elle que le tueur veut aider. On a quoi d'autre sur elle ?

- Elle s'appelle Leïla Boukobva, elle a 39 ans.

Il y a 8 mois, elle était touchée

par le virus, et il lui reste que quelques semaines à vivre.

- Des proches auraient pu faire ça pour la sauver ?

- Elle est seule : parents décédés, pas d'amis, fille unique.

- Elle a vraiment personne dans sa vie ?

- Non, je t'assure.

Il y a personne.

Il claque sa langue.

- Quoi ?

- Quand on passe autant de temps dans un hôpital,

il y a quelqu'un qui est là pour vous en permanence.

C'est votre médecin.

- Elle a été suivie 3 mois par le Dr Larcher.

Et après, elle a quitté l'hôpital.

- Larcher ? Mais j'ai pas vu le nom de Leïla passer

dans les dossiers.

- Justement, c'est lui.

- Larcher ? Mais pourquoi il aurait fait ça ?

- On choisit d'être médecin pour sauver la vie des gens.

Sauf que lui, il a vu tous ses patients mourir

les uns après les autres

à cause de cette saloperie.

On lui a refusé les moyens qu'il réclamait.

Et quand on voit des gens mourir,

des gens dont on se sent responsable,

et qu'on est totalement impuissant,

ça peut rendre fou.

Alors, il a décidé d'agir

en dehors de tout protocole pour sauver Leïla.

- Vu ce qu'il a déjà fait pour elle, il est pas près de laisser tomber.

Et vous avez accepté

de tester le nouveau traitement du Dr Larcher.

Parce que c'était

votre seule chance

de vous en sortir. - Oui.

- Il vous a pas parlé des tests.

- Non. De quels tests vous parlez ?

- On a découvert

une clinique clandestine dans le bâtiment où vous étiez,

dans une zone militaire désaffectée

à laquelle il avait accès facilement.

Il testait le traitement

sur des cobayes humains.

Il a déjà tué au moins 7 personnes.

- C'est pas possible.

Musique grave

...

- Vous êtes tombés amoureux, c'est ça ?

...

- Oui.

Mais alors, il aurait fait ça pour me sauver ?

- Ouais, par amour.

*Notification

- Il arrive. Restez avec elle.

Musique sombre

...

- Si vous approchez,

je disperse le virus dans l'air,

et dans 30 minutes, on est tous morts.

- Si vous faites ça, qui s'occupera de Leïla ?

- C'est quoi, les options ? La regarder crever sans rien faire ?

Je peux plus les voir mourir.

- Mais vous avez tué 7 personnes innocentes.

- Est-ce que j'avais le choix ? Il fallait trouver un remède.

Et j'ai réussi.

Je le sais. Je viens de le terminer avec les anticorps de Samuel.

J'allais le tester sur lui.

S'il vous plaît,

laissez-moi le donner à Leïla.

- Lui donner un médicament qui a pas été testé ?

- Si vous aviez une chance de sauver celle que vous aimez,

vous hésiteriez, à ma place ?

- Dr Larcher !

- Balthazar, qu'est-ce que vous foutez ?

- Si on fait rien,

elle mourra. C'est pas à nous de décider.

C'est à elle. - Merci.

Leïla,

ma chérie, tout va bien se passer.

C'est pour toi que j'ai fait ça.

Musique grave

...

- Je t'ai pas demandé de tuer.

...

Je préfère mourir dignement.

...

- Eddy ?

- Hein ? Quoi ? Oh non...

Oh non...

Oh non, merde.

Euh... En fait, je me suis dit que j'allais t'attendre

et que j'allais te faire une surprise, mais...

je me suis endormie.

Du coup, c'est complètement raté.

Je sens bien que,

depuis que je suis rentrée, c'est un peu...

Il y a une gêne, ou je sais pas. Tu réponds même pas au téléphone.

- Juste, avant tout,

c'est quoi, ce costume de...

De quoi, d'ailleurs ?

- C'est un déguisement de crevette,

en référence à notre rencontre.

Mais du coup, ça aussi, c'est raté.

Voilà. Bon, je vais y aller. C'était vraiment pas une bonne idée.

- Maya.

Qu'est-ce qui se passe ?

- Pendant 6 mois, quand j'étais à New York,

j'ai pensé à toi tous les jours.

Du matin au soir. Je me demandais ce que tu faisais,

où t'étais...

Et j'ai essayé de t'oublier, mais je...

Je pensais qu'à toi.

Du coup, je suis revenue.

Voilà, je suis là.

Je sais que je t'ai fait du mal quand je suis partie,

mais je me dis que si tu veux recommencer ou continuer...

Je pense qu'on pourrait être bien ensemble.

- Mh.

C'est super beau, ce que tu racontes.

Dommage de raconter ça

dans un costume de crevette, parce que du coup, c'est...

- C'est un peu humiliant.

- Du coup, si tu veux, ton costume,

il prendra toujours le dessus par rapport à ce que tu dis.

Tu comprends ? Je suis plus attiré

par le orange du costume que par ce que tu dis.

Bon, j'ai pas pu répondre au téléphone

parce que mon enquête a mal tourné

et que j'ai passé la nuit à répondre à un interrogatoire

dans un commissariat à la con. Et c'est tout.

- C'est tout ? - Oui, c'est tout, oui.

C'est tout.

Tu sais ce que je leur fais, aux crevettes ?

- Non, qu'est-ce que tu leur fais, aux crevettes ? Montre-moi.

Qu'est-ce que tu leur fais ? - Je les mange.

Son portable vibre.

...

- Oui, Jérôme.

Quoi ? Envoie-moi l'adresse, j'arrive.

Musique de tension

...

Je t'écoute. - Un voisin

a entendu un bruit. Il a cru à un cambriolage.

Il a appelé les collègues. Ils sont tombés là-dessus.

- T'as tout vérifié ? - Oui.

Traces de sciure sur les mains,

et égorgement net et précis,

comme sur les autres corps.

J'ai mesuré les mains.

C'est le même rapport : le nombre d'or

de la suite de Fibonacci. - Oui, c'est lui.

- Sauf que cette fois, il a merdé.

- Il est où ?

- Dans la chambre derrière.

...

- Capitaine Bach.

On se rencontre enfin.

SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA

...

.

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