Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
LE NOM DE LA ROSE
Qui a tu� cet homme-ci, seigneur Bernard ?
Puisque vous avez enferm� les assassins.
Je n'ai jamais pr�tendu avoir arr�t� tous les criminels
qui r�dent dans cette abbaye.
Je laisse les autres � la s�v�rit�,
ou � l'excessive indulgence, de mon sire l'abb�.
Quant � moi, je vais br�ler la sorci�re.
Puis nous partirons.
Une derni�re chose.
C'est le pape,
et seulement lui, qui d�cidera du sort
des franciscains.
Que Dieu soit avec vous.
Palais des papes Avignon, France
Bernard pourrait recevoir
le message dans...
Moins de trois heures, Votre Saintet�.
Parfait... Bien.
Partez rapidement.
Ce chien teuton veut un nouveau pape.
Un certain Pierre, franciscain.
Il sera couronn� � Saint-Pierre de Rome.
Je le ferai dispara�tre des livres d'histoire.
Vous me dites qu'� l'abbaye,
ils cachent des tueurs h�r�tiques, encourag�s par les franciscains
qui interpr�tent la vie du Christ contre moi.
Soit les franciscains
viendront s'incliner devant moi,
soit...
ils seront r�duits � jamais
au silence.
Michel, n'allez pas en Avignon.
- Seul, c'est dangereux. - Peu importe.
Le pape doit m'�couter.
Vous risqueriez votre vie.
Mieux vaut �a que trahir mon �me.
Alors partez vite.
Bernard voudra vous emp�cher d'y aller.
Devant votre cadavre,
il accusera les d�mons de R�migio.
- On vous accompagne. - Non.
J'irai seul.
Attendez-moi � Pise au camp de l'empereur.
Au cr�puscule,
sortez par la porte pr�s de l'abattoir.
Elle n'est pas gard�e.
Viens avec nous.
Oui, tu es en danger.
Impossible, je n'ai pas fini ma mission.
Les prisonniers iront en Avignon ?
R�migio sera br�l� pour h�r�sie.
Tel une torche propitiatoire,
le b�cher illuminera la rencontre entre Michel et le pape
pour d�cider du sort des franciscains.
Et Salvatore ?
Il devra t�moigner au proc�s.
Peut-�tre qu'en �change,
Bernard lui laissera la vie sauve.
Ou bien il le laissera s'�chapper avant de le faire tuer.
Et la fille ?
La fille...
Vous pouvez parler pour elle.
Ce n'est pas une sorci�re.
Ne les laissez pas la br�ler.
Qu'a-t-elle fait ?
Doit-elle encore souffrir ?
N'a-t-elle pas assez pay� comme �a ?
Et pour qui ?
Peut-�tre que tout n'est pas perdu.
C'est-�-dire ?
Adso...
Tu es moi.
Viens par ici.
Tu vas remplacer R�migio.
Pourvois aux n�cessit�s imm�diates des cuisines et du r�fectoire.
Fais-toi remplacer aux forges.
Tu es dispens� des offices, va.
Juste hier soir, tu �tais nomm� aide de Malachie.
Aujourd'hui, apr�s le service, tu ouvriras
le scriptorium. Que personne n'entre
dans la biblioth�que.
Je n'ai pas encore �t� initi� aux secrets du labyrinthe.
Qui a dit que tu le serais ?
Tu surveilleras le scriptorium.
Chacun travaillera sur les livres
qu'il a d�j� re�us.
Pour l'instant,
personne n'entre dans la biblioth�que.
Remercions le Seigneur.
L'Allemand mort,
on risquait un biblioth�caire encore plus barbare.
Qui sera nomm� � sa place ?
Apr�s ce qu'on a v�cu ces jours-ci,
le probl�me n'est plus le biblioth�caire,
mais l'abb�.
Malachie a parl� de scorpions.
La 5e trompette. La 6e trompette parle
de chevaux en flammes. Y aura-t-il un mort aux �curies ?
Nous partons ce soir.
Une fois la sorci�re br�l�e.
Trop de malheurs ont accabl� cet endroit,
pour lequel mon c�ur bat dans ma poitrine.
Chacun d'entre nous, sans exception,
se doit de faire un s�v�re examen de conscience.
Moi, plus que quiconque.
Nous pensons tous que nos �mes
ne sont pas compromises,
car except� l'un de nous, nous sommes innocents
des cinq crimes qui ont frapp� l'abbaye.
C'est ce que l'on croit.
C'est pour cela
que j'ai d�cid�, de ne plus parler aujourd'hui.
Il a �t� dit
que quand la fin sera proche, l'Occident sera gouvern�
par de grands imposteurs.
Des tueurs d'hommes,
malhonn�tes,
assoiff�s d'or,
sournois au possible.
Et au milieu des peuples,
se r�pandront l'incr�dulit�,
la duret�
de c�ur,
le vol,
le meurtre,
et tous les autres vices.
La pauvret�,
la compassion...
et le don des larmes
dispara�tront tous.
L'heure de l'Ant�christ approche.
J'ai vu
sa t�te de feu ardent.
J'ai vu
des chariots de guerre de tous les c�t�s.
Les jeunes mourront.
Les fillettes seront faites prisonni�res.
La Jud�e portera ses habits de deuil.
Et en Syrie, le malheur arrivera
et les gens pleureront leurs fils.
Toutes les villes
du monde entier
seront �branl�es
par des s�ismes.
Des temp�tes de vent
d�chireront les terres.
Les champs seront souill�s.
Et en hiver,
la chaleur
sera intense.
R�migio !
Tu veux rester cum Salvatore ?
Moi prisonnier, toi prisonnier.
Je vais vous �couter,
mais d'abord, r�pondez � une question.
Pourquoi avoir conseill� � Michel de fuir ?
Il �tait prisonnier ?
Peut-�tre
voulait-il vous pr�c�der chez le pape ?
Il y sera excommuni�.
Vous autres franciscains,
vous �tes finis.
Vous savez,
en d�pit de tout,
je vous respecte, Guillaume.
Par cons�quent,
je vais vous �couter.
Votre prisonni�re n'est pas une sorci�re.
Qu'en savez-vous ?
Je l'ai crois�e en arrivant � l'abbaye.
C'est une exil�e,
bannie de son pays.
Vous tenez � elle.
Tout comme je tiens � vous.
Elle a d�j� assez souffert.
Vous prot�gez une sorci�re ?
C'est vous que je prot�ge.
Je vous ai vu commettre un acte
que m�me votre ami le pape ne saurait pardonner.
Br�lez cette catin !
Donne-moi �a. Br�le en enfer.
Br�le !
Vous,
l'auteur du Manuel de l'inquisiteur
de l'horreur h�r�tique.
Vous avez pris la place du bras s�culier
et tu� de vos propres mains.
Ce sont des menaces ?
Je dois vous avouer que pour moi,
condamner quelqu'un au b�cher
et allumer le feu soi-m�me, c'est �quivalent.
Mais pas pour vous.
Ni pour votre pape.
C'est vous que je prot�ge,
en taisant la v�rit�.
Silence !
Il y a
les anges blancs
qui portent la lumi�re.
Et il y a les anges noirs,
les anges de la nuit.
Vous parlez ma langue !
Je n'ai rien fait.
Les anges noirs
n'ont pas seulement l'apparence du chat.
Je n'ai pas tu� le chat.
Ils ont aussi l'apparence du serpent.
Et le serpent se fait �craser...
par les pieds
de la Vierge.
Oui, de la Vierge.
Je peux prier.
Vous voulez m'entendre ?
Bien.
Notre p�re
qui �tes aux cieux,
que Votre nom soit sanctifi�,
que Votre r�gne vienne, que Votre volont� soit faite...
sur la terre comme au ciel.
Qui a essay�
de te lib�rer quand tu as �t� arr�t�e ?
Personne.
Adso de Melk.
Tu as ensorcel� ce novice avec le plaisir v�n�rien.
Je n'ai rien fait.
Et je ne te ferai rien.
Ce soir, tu seras lib�r�e.
Merci, monsieur.
L�che-moi !
R�v�rend p�re ?
Br�lez-la.
Pendant que les autres sont � l'�glise.
Malachie �tait vu comme un pantin,
plac� ici par quelqu'un
avec la complicit� de l'abb�.
Malgr� moi, je suis entr� dans ce conflit.
Le livre �tait un pr�texte.
Guillaume !
On a le livre, mais Malachie est mort.
- Je suis perdu. - Hier, tu �tais le ma�tre du monde.
Avec ton aide,
on aurait emp�ch� ce dernier crime.
Tu as donn� � Malachie le livre qui l'a tu�.
Dis-moi une chose.
L'as-tu eu entre les mains ? L'as-tu touch� ?
- Lu ? Pourquoi n'es-tu pas mort ? - Je l'ignore.
Je ne l'ai pas touch�.
Sauf pour le prendre.
Quand Malachie
m'a nomm� aide, je le lui ai remis.
Tu ne l'as m�me pas ouvert ?
Si, je l'ai ouvert.
Avant de le cacher.
Il commen�ait par un manuscrit arabe.
Suivait un autre en syriaque, je crois.
Puis un texte latin et un autre en grec.
Tu l'as touch� et tu n'es pas mort.
Le toucher ne tue donc pas.
Que peux-tu dire
sur le texte en grec ?
J'ai tent� de lire la premi�re page,
mais mon grec est mauvais.
Le parchemin �tait �trange.
Il �tait diff�rent.
On aurait dit de l'�toffe.
Charta lintea.
Du papier de lin.
Les pages se d�tachaient difficilement.
Merci, Bence.
Sois tranquille, tu n'es pas en danger.
On doit parler des derniers �v�nements.
J'ai longuement r�fl�chi.
Trop longuement,
peut-�tre.
J'avoue que j'attendais davantage de votre part.
Depuis votre arriv�e,
cinq moines sont morts,
deux ont �t� arr�t�s,
et la grande rencontre que je pr�sidais
a donn� de lamentables r�sultats � cause des circonstances.
Vous conviendrez que je pouvais m'attendre
� mieux quand je vous ai pri� d'enqu�ter.
J'ai d��u vos attentes, Votre Sublimit�,
mais je vais vous dire pourquoi.
Ces crimes ne d�coulent pas d'une rixe
ou d'amours interdites
entre des moines.
Tout tourne autour du vol et de la possession d'un livre
cach� dans le finis Africae,
et qui a retrouv� sa place gr�ce � l'intervention de Malachie.
Cependant,
la s�rie de crimes n'a pas cess� avec la r�apparition du livre.
C'est impossible, comment...
Vous savez pour le finis Africae ?
Vous �tes all� dans la biblioth�que ?
Des crimes ont �t� commis
pour emp�cher beaucoup de d�couvrir une chose
qu'on voulait garder secr�te.
Ceux qui connaissaient les secrets de la biblioth�que,
soit par droit soit par fraude,
sont morts.
Il ne reste qu'une personne.
Vous.
Insinuez-vous...
Ne vous m�prenez pas.
Quelqu'un d'autre sait et veut que personne ne sache.
Vous pourriez
�tre la prochaine victime.
� moins que vous ne me parliez de ce livre interdit
et que vous me disiez qui en sait autant que vous.
Viens par ici.
Regarde.
La turquoise.
Elle symbolise la joie.
La sardoine, le s�raphin.
La topaze, le ch�rubin.
Le jaspe, les tr�nes.
La chrysolithe, les terres.
Le saphir, les vertus.
Le rubis, les archanges.
L'�meraude,
les anges !
Je pourrais ne jam ais m'arr�ter.
Merveilleux langage des pierres.
� genoux.
Tu veux entrer dans l'ordre le plus noble d'entre tous.
De cet ordre, je suis un abb�.
Ici, tu es sous ma juridiction.
�coute mon ordre.
Oublie les choses que tu as entendues ces jours-ci.
Que tes yeux et tes l�vres se scellent
pour l'�ternit�.
Jure.
En quoi est-il concern� ?
J'ai pos� une question, je vous ai averti,
j'ai demand� un nom.
Dois-je moi aussi baiser la bague et jurer de tout oublier ?
Debout !
Oh, vous !
Je n'attends pas d'un fr�re mendiant
de comprendre les beaut�s de nos traditions.
Vous me parlez d'une histoire �trange,
une histoire incroyable, � propos d'un livre interdit
pour lequel on tue � la cha�ne,
de quelqu'un qui sait des choses
que seul moi devrais savoir.
Divagations.
Accusations insens�es.
Parlez-en si vous voulez.
Personne ne vous croira.
Votre mission est termin�e.
Vous devez manquer � la cour imp�riale.
Je vous autorise � quitter l'abbaye.
Demain matin.
De bonne heure, avec la d�l�gation papale.
Je viendrai vous saluer � l'aube.
Naturellement,
il n'est plus besoin de continuer votre enqu�te.
S'il vous pla�t, ne d�rangez plus mes moines.
Les v�pres.
Vous pouvez disposer.
Ce paon n'existe que par sa bague grosse comme un cul de verre !
Il savait tout et se croyait � l'abri.
"Merci, Guillaume. Vous manquez � l'empereur.
"Vous avez vu ma belle bague ? Au revoir."
Je ne sortirai pas
de cette enceinte avant d'avoir trouv�.
Il veut que je parte demain matin ?
Tr�s bien.
Mais d'ici demain matin, il faut que je sache.
- Il le faut ? - Oui.
La mis�ricorde divine nous offre une lumineuse certitude.
Laquelle ?
Que Guillaume de Baskerville, qui croit avoir tout compris,
ne sait pas entrer dans le finis Africae.
La r�ponse est forc�ment l�-bas.
- Tertius equi. - Quoi ?
Rien, je repensais � ce pauvre Salvatore.
Il a parl� de magie avec un troisi�me cheval,
mais avec son dr�le de latin, il a dit "tertius equi".
- Qui correspond au "u". - Le "u" ?
En latin, "tertius equi" n'est pas le 3e cheval
mais la 3e de cheval.
Et la 3e lettre du mot "equus" est le "u".
Votre Roger Bacon disait vrai, les langues sont la priorit�.
Que Dieu te b�nisse, Adso.
Quel idiot je fais !
"Primum et septimum de quatuor" signifie "la 1re et la 7 e de 4".
Du mot "quatre".
Les mots du miroir : super thronos viginti quatuor.
Rapporte les lampes, vite !
Je me suis toujours demand�
s'il existait un autre acc�s au finis Africae
avec tous ces passages.
Qui est l�-dedans ?
La seconde personne.
L'une est dans le finis Africae, l'autre s'y rend.
Allons-y !
Par ici !
Enfonce les 1re et 7 e lettres de 4.
- Je ne vois pas le 4. - Si !
- L� ? - Non, � gauche.
� gauche, plus � gauche.
Non, � droite. Plus haut.
- Encore. - Je ne peux pas.
� droite, � droite.
Appuie.
� gauche.
� gauche.
Encore, encore.
Stop !
Appuie.
Oui !
Bonsoir,
v�n�rable Jorge.
Je t'attendais, Guillaume de Baskerville.
C'est l'abb� qui s'agite dans l'escalier secret ?
Il vit encore ?
Je croyais qu'il aurait d�j� suffoqu�.
Je voudrais le sauver. Vous pouvez ouvrir de ce c�t�.
Non, il est trop tard.
� l'aide !
� l'aide ! Qui est l� ?
Jorge !
Jorge, je suis ton abb� !
Lib�re-moi.
Quand j'ai entendu l'abb� arriver,
j'ai tir� sur la corde qui tient les poids.
La corde s'est rompue.
� pr�sent, le passage est ferm� des deux c�t�s.
Et le dispositif ne pourra jamais �tre r�par�.
L'abb� est mort.
Pourquoi l'avoir tu� ?
Guillaume
m'a tout expliqu�.
Explique-moi ce que j'ignore.
Quels tr�sors essaies-tu de prot�ger ?
Je vais faire ouvrir le finis Africae � tous.
Les Italiens le veulent.
Va au finis Africae pendant les v�pres,
tu y trouveras mon cadavre.
Ensuite, tu pourras faire venir le monde entier
dans la biblioth�que.
Alors je lui ai parl�
de l'autre passage.
Moi seul le connais.
Je l'ai utilis�
pendant tant d'ann�es.
C'�tait plus simple dans le noir.
Vous l'avez fait venir dans l'intention de le tuer.
Je ne pouvais plus me fier � lui.
Il �tait �pouvant�.
Pendant 40 ans, vous avez contr�l� cette abbaye.
Vous avez constat� que vous perdiez la vue
et que la biblioth�que vous �chappait.
Vous avez fait �lire
l'abb� et fait nommer Malachie biblioth�caire,
qui ne faisait pas un pas sans vous consulter.
Les Italiens voulaient changer tout cela.
Alinardo le r�p�tait, mais personne ne l'�coutait
car on le tenait pour fou.
D�s le premier jour,
j'ai su que tu comprendrais.
D'apr�s ta voix
et la mani�re dont tu m'as fait parler malgr� moi.
Tu �tais meilleur que les autres.
Je savais que tu y arriverais de toute fa�on.
Lorsque S�verin t'a parl� d'un livre,
j'ai eu la certitude que tu �tais sur mes traces.
Vous avez r�cup�r� le livre.
Vous �tes all� voir Malachie, qui ne se doutait de rien.
Le sot �tait obs�d� par l'id�e qu'Adelme
lui avait vol� son B�renger ador�, qui d�sormais,
voulait de la chair plus jeune.
Vous avez peut-�tre fabul�
� propos de B�renger et S�verin.
Fou de jalousie, Malachie est all�
chez S�verin voler le livre qu'il aurait re�u de B�renger
en �change de son intimit� et il l'a tu�.
Il n'a pas pu chercher le livre car le cell�rier est arriv�.
C'est bien cela ?
En effet, plus ou moins.
Je ne voulais pas la mort de Malachie.
Je lui avais dit
de retrouver le livre � tout prix
et de venir ici sans l'ouvrir.
Mais pour la premi�re fois, le fou a voulu
prendre une initiative.
D�couvrant ainsi le secret
de l'objet qui l'avait pouss� � tuer.
Montrez-moi le livre que vous cachiez aux autres.
Il n'est pas d�truit. Un homme tel que vous
ne d�truit pas les livres.
Je veux voir le deuxi�me tome de la Po�tique d'Aristote.
Celui qui parle du rire.
Qu'on croyait tous perdu
ou jamais �crit, et dont vous avez peut-�tre
l'unique exemplaire.
Quel brillant biblioth�caire tu aurais fait, Guillaume !
Tiens.
Voici ta r�compense.
Lis donc.
Feuillette-le.
Il est � toi.
Tu l'as bien m�rit�.
Tu as gagn�.
Vous mentez quand vous dites que vous me croyez malin.
Vous ne le voyez pas, mais je porte des gants.
Avec les doigts
emp�tr�s de la sorte, je ne peux d�tacher les feuillets.
� mains nues, je m'humecterais les doigts
jusqu'� ing�rer une dose suffisante de poison.
Je parle du poison que vous avez, il y a longtemps de cela,
d�rob� dans le laboratoire de S�verin.
Continue.
Puis Adelme s'est trop rapproch� du sujet de ce livre.
Il a pay� cher sa curiosit�.
Un p�ch� capital
pour un livre qu'il n'avait pas ouvert.
Contrairement � Venantius.
Il l'a parcouru avidement,
avec une voracit� physique.
Il s'est senti mal et a couru aux cuisines.
Le reste est simple.
B�renger l'a trouv�.
Craignant une enqu�te, il l'a pris
et l'a jet� dans la cuve de sang,
esp�rant que tout le monde croirait � une noyade.
Puis B�renger a disparu, avec le livre
qui avait �veill� sa curiosit�.
Nous avons une explication pour tous les cadavres.
Quel idiot...
- Qui ? - Moi.
� cause d'Alinardo, je pensais que la s�rie de crimes
suivait les sept trompettes de l'Apocalypse.
Le fait est
que vous �tes un assassin.
Je n'ai tu� personne.
Chacun est mort selon son destin
et ses p�ch�s. J'�tais un instrument.
C'est mon devoir de prot�ger la biblioth�que.
Il y a un instant, vous �tiez pr�t � me tuer,
et m�me ce gar�on.
Tu es plus subtil,
mais pas meilleur que les autres.
Pourquoi vouliez-vous cacher
ce livre ?
La com�die
est un sujet courant. Pourquoi craindre celui-ci ?
Parce qu'il est du Philosophe.
Comment as-tu devin�
qu'il s'agissait du deuxi�me tome d'Aristote ?
L'id�e s'est impos�e � moi.
Je pourrais le raconter sans lire les pages
cens�es m'empoisonner.
La com�die parle de cr�atures ridicules
et ne finit pas par la mort des protagonistes.
Elle atteint le ridicule en montrant les vices des hommes.
Elle nous oblige � mieux les observer.
Elle dit les choses diff�remment et nous fait dire :
"C'est ainsi que sont les choses,
"et je l'ignorais."
Chacun des livres de cet homme a d�truit
une partie du savoir que la chr�tient� a accumul�
au long des si�cles.
S'il �tait dit qu'on peut rire de Dieu,
on ne saurait pas comment combattre un tel d�sastre.
Vous avez appliqu� l'onguent dans le noir.
D�sormais,
je vois mieux que toi.
C'�tait une bonne id�e, n'est-ce pas ?
Tu as mis du temps
pour la comprendre.
Vous �tes le diable.
- Moi ? - Oui.
Vous �tes le diable, et comme lui,
vous vivez dans les t�n�bres.
Si vous vouliez me convaincre, c'est un �chec.
Je vous hais, Jorge.
Et si je le pouvais,
je vous m�nerais en bas, dehors, nu,
avec des plumes d'oiseaux dans le cul
et la face peinte comme un bouffon,
pour que tout le monast�re
rie de vous et n'ait plus peur.
Toi...
tu es pire que le diable.
Tu es un clown.
Comme le saint qui a accouch� de vous.
Tu dis que je suis le diable, c'est faux.
Je suis...
la main de Dieu.
La main de Dieu cr�e, elle ne cache pas.
Je vous ai trouv�
et j'ai trouv� le livre.
Les autres sont morts en vain.
Afin qu'ils ne soient pas morts en vain,
une autre mort
ne sera pas de trop.
Trouve-moi � pr�sent.
C'est moi qui y vois le mieux.
Il nous enferme !
Vite, �claire-moi !
Il avale la Po�tique !
Reprends-lui.
Il est temps
que je d�truise ce qui doit �tre tu.
Depuis l'enfer,
je te maudis !
Le livre !
Ma�tre !
Venez.
Donne.
Viens avec nous.
Silence !
Allez, imb�cile.
Avance !
Avance, sorci�re !
Je t'avais pr�venue.
Arr�te de geindre, sorci�re.
Tu vas br�ler ce soir.
Filons d'ici !
Guillaume !
Venez !
Maintenant.
Rel�che la fille et je ne t'�gorgerai pas.
- Qui es-tu pour dire �a ? - Une femme.
La cr�ature immonde et perverse qui te r�vulse tant.
Un d�mon. Comment te croire ?
Tu n'as pas le choix.
Moi, j'ai choisi.
Entre ta vie et celle d'une innocente.
Et la tienne ?
Tu me l'as d�j� vol�e.
Lib�rez-la.
Lib�rez-la !
Va-t'en !
Tu as br�l� mon p�re et ma m�re.
Vivants !
C'est donc toi.
Tu as tu� mon mari et mon fils.
Tu ne tiendras pas ta promesse.
R�v�rend p�re !
La biblioth�que !
De l'eau, apportez de l'eau !
Vite !
Vite !
R�migio !
R�migio, non !
- R�migio... - Par ici.
Brise-la.
On manque d'eau, le puits ne suffira pas.
La rivi�re !
Guillaume !
La biblioth�que !
La biblioth�que...
Elle est vivante.
Vous n'avez pas r�ussi � flamber avec vos livres.
Tout est l�-dedans, Guillaume.
La Bible est l�-dedans.
Tous les autres livres du monde entier
peuvent br�ler, � la gloire de Dieu !
R�migio ! Non, R�migio !
Reviens.
Reviens !
On tombe dans un trou noir !
L'Apocalypse a envahi nos c�urs !
L'abbaye br�la pendant trois jours et trois nuits.
Le troisi�me jour, une fois les cadavres enterr�s,
les moines abandonn�rent l'abbaye encore fumante,
consid�rant l'endroit maudit.
Plaise � Dieu
que la nuit
ne finisse jamais.
Elle fut l'unique amour
de ma vie,
mais jamais je ne pus, ni � l'�poque ni apr�s,
appeler cet amour par son nom.
Ma�tre !
Pourquoi me suis-tu ?
Vous �tes exceptionnel.
Ce n'est pas une bonne raison.
En fouillant
les ruines, j'ai r�uni des bouts de parchemins.
J'ai rempli deux sacs
et tout charg� sur une mule qui s'�chappait.
Je transportais une biblioth�que constitu�e de fragments
d'histoires, de phrases interrompues,
de fant�mes de livres.
C'�tait la plus grande biblioth�que de la chr�tient�.
D�sormais, l'Ant�christ est vraiment proche.
Car aucun savoir ne lui fera plus barrage.
Tu as vu son visage.
Vous n'avez rien � vous reprocher.
- Vous avez fait de votre mieux. - Pour un humain.
O� est pass�e ma sagesse ?
Je me suis obstin�, poursuivant un simulacre d'ordre.
J'aurais d� savoir que l'univers n'en a pas.
L'ordre qu'on imagine
est comme une �chelle, construite pour atteindre un but.
Apr�s, on doit jeter l'�chelle,
car m�me si elle servait, elle �tait d�nu�e de sens.
Peut-�tre que la mission
des humanistes est de faire rire de la v�rit�.
De faire rire la v�rit�.
Je vais rentrer � Melk.
Et j'y prononcerai mes v�ux.
Puis je parcourrai le monde.
Pour chercher et parler des livres.
La beaut� est comme la couleur et le parfum d'une rose qui se fane.
Un seul mot subsiste.
Son nom.
Adaptation : Karine Adjadji
Sous-titrage : VSI - Paris
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.