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...
...
Musique soul douce
...
- C'est... C'est bon, quoi. C'est... Mais...
C'est juste bon. C'est...
Tu sais, ce moment où tu sors de l'avion,
et que t'as le ciel que pour toi ?
Un terrain de jeu
gigantesque, une sensation de liberté dingue et...
et puis après, tu voles. Tu vois ? Tu voles vraiment.
Evidemment, tu te diriges vers la planète,
mais tu voles. Non, mais je veux dire,
tu peux accélérer, freiner, faire des virages.
- Ca donne trop envie d'essayer.
C'est quand, ton prochain saut ?
- Je sais pas. Son portable vibre.
... Excuse-moi.
Ouais, Eddy ?
T'es sûr ?
OK. OK, OK. J'arrive. J'arrive.
- C'est le boulot ?
- Euh ouais. C'est le boulot.
- En même temps, il est 8h du matin. - Ah oui ?
Ah oui, 8h ! J'ai pas vu le temps passer.
- Je te laisse te préparer.
- OK, merci.
- J'ai vraiment passé une super soirée.
Elle ouvre la porte.
Elle ferme la porte.
- Ben moi aussi.
Putain, qu'est-ce que je suis con. Je suis un idiot.
Musique énigmatique
...
Marion Bouchez, 24 ans, retrouvée par la fluviale ce matin.
Elle s'est suicidée hier soir à 23h42.
- Vous êtes très précis.
- Ca fait combien de temps qu'on collabore ?
- Je sais pas, j'ai arrêté de compter.
- Vous avez compris, non ?
- Quoi ?
- Que j'étais pas trop mauvais.
En l'occurrence, je l'ai vu sur l'horloge
de la vidéosurveillance
de la fluviale, mais quand même.
...
- OK, Balthazar, c'est tragique,
mais pourquoi vous appelez la crim'
pour résoudre un suicide ? - Surtout un dimanche matin.
- Pour le plaisir de vous voir, déjà.
Et puis aussi, parce que le suicide par pendaison,
c'est quelque chose qu'on fait en privé,
dans son grenier,
ou dans son garage. Ce que je veux dire, c'est que
quand on veut se suicider,
on se jette sous un train, on saute.
Mais là,
se pendre en public,
et avec un ruban rose,
j'ai encore jamais vu ça, sauf une fois.
Il y a trois jours.
Florence Aubry, 28 ans.
Elle s'est pendue
d'un pont, à 2 km d'ici.
Je sais pas, mais les coïncidences,
j'ai du mal à y croire.
Et ça, là...
...
ça sent pas bon du tout.
...
Générique
...
Musique sombre
- Je suis désolée pour votre soeur.
...
...
- Un suicide ?
Marion ?
...
C'est pas possible.
Je...
Je ne vois pas pourquoi elle aurait fait ça.
- Je ne comprends pas...
Florence venait de décrocher le job de ses rêves,
elle était hyper heureuse.
- Elle venait de maigrir vachement, elle était grave contente.
Je l'avais aidée.
J'y crois pas.
- On l'a dit... On l'a dit
il y a 3 jours au flic venu chez nous
qu'elle aurait pas pu faire ça.
Il nous a pris de haut.
Maintenant, vous me dites quoi, là ?
Il lui est arrivé quoi, à ma petite fille ?
...
- Ca donne quoi, toi ?
- Rien.
Sa soeur dit qu'elle était en forme et ne croit pas au suicide.
- Pareil. C'est bizarre, non ?
- Oui.
Ces femmes ne se connaissaient pas. C'était pas des militantes,
du genre à faire un acte de protestation.
Rien n'indique qu'elles étaient dans une secte.
Balthazar parle d'un suicide.
- Et d'un truc qui ne tourne pas rond.
Il faut reconnaître qu'il a souvent raison.
Musique douce
...
- Tu crois que tu peux comprendre pourquoi je me suis suicidée
en regardant une photographie de mon cerveau ?
- Mmh.
Si c'est neurologique, oui.
Parce que psychologiquement, ça colle pas.
- Il a pas tort. Ce boulot, je l'attendais depuis si longtemps.
Je me suis battue :
j'ai passé 3 tours d'entretien, bossé comme une dingue.
J'aurais été heureuse.
J'aurais pas fait ça. - Je venais de retrouver mon corps.
Je me sentais bien. J'avais envie de sortir,
de rencontrer quelqu'un, être amoureuse.
Pourquoi je me serais tuée ?
- C'est un peu comme si Raphaël décidait d'en finir au moment
où il rencontre une femme qui l'intéresse.
La première en 12 ans. - Deuxième ?
C'est vrai,
on ne sait pas pour la capitaine.
Il retrouve sa capacité à s'attacher.
- Arrêtez de faire comme si j'étais pas là.
Merci.
- Tu l'as rappelée, Maya ?
- Pas encore, mais je vais le faire. - T'as peur.
- Tu te prends la tête depuis ce matin.
Tu sais pas si c'est trop tôt pour l'appeler.
Tu fais genre tu t'en fous.
Tu lui fais un plan lover. T'es perdu, quoi.
- Vous m'avez fatigué.
Je la rappelle tout de suite. Vous êtes contentes ?
Tonalité *-Allô ?
- Allô, Maya ? C'est Raphaël.
*-Qui ? *Musique entraînante
Raphaël Balthazar, ton...
ton voisin. - Ah ouais, Raphaël ! Ca va ?
- Ca va, super. Je te dérange, là ?
- En fait, je suis désolée,
je suis pas toute seule, là, mais je te rappelle, OK ?
Promis. Bonne soirée !
Rires
- Ouh ! Tu verrais ta tête !
Tu fais ta petite gueule de chaton tout triste.
Il est déçu, Raphaël.
- Tu m'appelles jamais Raphaël.
- Je sais, mais les choses changent.
Et toi aussi, d'ailleurs.
Il est peut-être temps que quelqu'un d'autre t'appelle "mon caramel".
Non ?
On entre.
- Balthazar, on a reçu les résultats de la toxico.
Y a un truc chelou.
- OK. Je regarde ça, merci.
On frappe à une porte.
- Balthazar.
Entrez.
- Mmh.
- Vous avez quelque chose. J'écoute.
- Euh... On a trouvé des traces de scopolamine,
et d'atropine...
dans le...
sang des deux victimes.
Vous avez utilisé deux coupes.
Euh... C'était déjà assez bizarre comme ça,
que les deux victimes utilisent exactement les mêmes médicaments...
ce qui est encore plus bizarre, c'est que...
on n'en a trouvé aucune trace dans leur estomac.
- Vous avez compris pourquoi. Alors, conclusion ?
- Oui. Euh... Il s'éclaircit la voix.
Parce qu'elles les ont sniffés. - Balthazar.
- Euh...
Pour compléter la toxico,
on a mis des écouvillons dans le nez
et les deux narines étaient positives.
C'est vos menottes,
là, capitaine, sur le lit ?
- On va clarifier :
il y avait un homme dans la chambre,
et il est parti. Le reste ne vous regarde pas.
- Vous êtes sûre que ça va, capitaine ?
- Pourquoi ça n'irait pas ? Parce que j'ai des amants ?
Quand vous présentez une fille différente tous les soirs,
vous trouvez ça normal. - C'est pas tous les soirs.
- Je ne peux pas disposer de mon corps ? Ca vous choque ?
- Non, j'ai pas dit... J'ai jamais dit que...
- Formidable, on peut travailler.
Astropine, scopolamine, c'est quoi ?
- Atropine. Y a pas de S.
- Vous me racontez ? Je m'habille.
- Euh, alors, euh...
Il s'éclaircit la voix.
Euh, le souffle du dragon...
Vous en avez déjà entendu parler ? - Non.
- C'est une drogue très puissante et très dangereuse.
Je vous explique : dans votre cerveau,
vous avez des récepteurs muscariniques.
Ce sont ceux qui sont chargés de tout ce qui est mémoire, tout ça.
Il hésite.
Ils fonctionnent avec un neurotransmetteur,
l'acétylcholine. Le hic, c'est que quand vous ingérez
de la scopolamine et de l'atropine
en même temps, ces deux substances remplacent l'acétylcholine.
Donc, du coup, ça bloque
tout le système cholinergique cérébral.
Bref,
ça vous prive de votre libre-arbitre.
Après, vous ne vous souvenez de rien.
Il y a des gens qui utilisent ça
pour soumettre leurs victimes, leur faire faire n'importe quoi,
comme des sévices sexuels,
ou leur soutirer le code de leur carte bleue.
- Pousser aussi quelqu'un à se suicider ?
- Si on sait s'y prendre, oui, peut-être.
Un téléphone vibre.
- Ouais, Delgado ?
Quoi ?
Pardon.
*-Panique dans les rues de Paris. Cette vidéo filmée
il y a quelques minutes par un amateur
fait déjà le tour des réseaux sociaux.
Musique inquiétante
Cette vidéo effrayante
relance la polémique sur le mystère
des suicidés des ponts de Paris.
*-Hé ! Hé, ho, ho ! Arrêtez, madame !
Ho, ho, arrêtez ! Ho !
- OK, les gars. On n'a pas dormi,
mais il y a un taré à Paris qui pousse ses victimes au suicide.
On reste concentrés.
- Choisit-il ces femmes au hasard
ou les cible-t-il, et pourquoi ?
Elles ont dû croiser
le tueur dans la demi-heure précédant leur mort.
On retrace leurs déplacements et on ratisse tout.
- Le tueur utilise le souffle du dragon
pour pousser au suicide.
On creuse du côté des labos clandestins, des dealers
et on voit si c'est concluant.
- Nos équipes sont prévenues. Au moindre comportement suspect,
vous intervenez. Allez !
On a réussi à contenir la presse, pour éviter la panique.
Prions pour que ce connard ne recommence pas.
Un téléphone vibre.
*-Ouais, Balthazar ? - Capitaine,
j'ai quelque chose. On a retrouvé un liquide coloré
dans l'estomac des deux dernières victimes.
C'est du vin rouge avec des cacahuètes.
Pour la première victime, l'autopsie a eu lieu trop tard.
Mais, coïncidence, les deux ont ingéré ça
une demi-heure avant de mourir.
- Elles étaient avec le tueur
quand elles ont bu le vin ? *-Sûrement.
Le toxicologue m'a analysé ce vin, et figurez-vous...
- La conclusion ! *-Attendez, j'ai pas... Bon, OK.
C'est du pineau de Nice.
Ca vient de Thoré-la-Rochette, et c'est très bon.
J'ai donc appelé le producteur et figurez-vous
qu'il ne fournit que quatre restaurants dans Paris.
Musique mystérieuse
"Merci, Balthazar" ?
Tonalité de fin d'appel Allô ?
- Oui, monsieur le procureur, je... Oui.
Toutes mes équipes sont dessus. Les ponts sont quadrillés
et j'ai trois gars qui vérifient les vidéosurveillances
24h sur 24, donc... Oui, très bien.
Merci, ouais.
- Sur les images des restos, j'ai quelque chose.
- C'est la troisième victime.
- Ouais, une demi-heure avant sa mort.
Musique troublante
...
- L'enfoiré.
- Attends, je te fais pause.
Là.
...
Voilà comment il choisit ses victimes.
C'est un site de rencontre à l'aveugle,
sans photo, pour tous ceux qui ont en marre
des Tinder, des "Grinder", où on ne te juge
que sur ton physique.
Mais qui dit pas de photo dit signe de reconnaissance :
deux roses
croisées là, comme sur leur logo.
- C'était pas des attaques au hasard,
mais une liste des femmes qu'il a rencontrées sur le Net.
- On a cracké les ordis des victimes
et les trois étaient inscrites et avaient rendez-vous
avec Julien Rosière de Saint-Mandé. Sauf qu'il y a pas de Julien Rosière
à Saint-Mandé, ni en France. - Ouais, c'est un faux nom.
On peut remonter à sa véritable identité ?
- Le type, il est malin.
Il use d'un réseau superposé, genre Tor.
C'est un réseau avec des serveurs qui te renvoient de l'un à l'autre.
Nos gars vont devoir
faire une attaque. - Ca prend combien de temps ?
- Six heures au minimum.
- Pendant ce temps, il y a des gamines qui vont se pendre à des ponts.
- On fait comme on peut. - Je sais. Je me parle à moi-même.
Bon, il faut que j'y aille.
On se tient au courant. - OK.
Musique de tension
...
*Air de violon
*...
- Merci.
*...
Soupir
- Qu'est-ce que tu fous là ?
*...
Je déjeune avec les enfants, pas avec toi.
C'est quoi, ton plan de merde, là ?
- Calme-toi, ce n'est pas un plan, c'est...
C'est les enfants, ils...
- Putain, quoi ? Vas-y, accouche !
- Ils ne vont pas venir, Hélène.
Ils ne veulent plus te parler.
Musique pesante
Je suis désolé, ma chérie.
...
- Ils ne veulent plus me parler.
Je ne suis plus ta chérie.
...
Je trouve ça dégueulasse.
C'est toi qui te tapes une nana
et c'est moi, la salope ?
Ce n'est pas juste.
Je trouve ça dur à encaisser.
Elle sanglote.
- Hélène ? Les gamins, ils s'en foutent,
de nos histoires de cul.
La seule chose qu'ils voient,
c'est que leur mère est partie
et ne veut plus parler à leur père. - Je fais quoi ?
Je rentre à la maison comme si de rien n'était ?
"Ca va passer, c'est pas grave." C'est ça ?
- Non. Mais bon,
tu pourrais leur dire pour ma liaison.
- Hors de question.
Je veux pas qu'ils sachent que tu es un salaud.
...
- Je suis désolé, Hélène. J'aimerais revenir en arrière.
...
- Moi aussi.
Un téléphone vibre.
...
Ouais, Delgado ?
*-On a l'identité du suspect.
Il s'appelle Tobias Delpech. Il a 29 ans, il est graphiste.
- OK, et on a quoi d'autre sur lui ?
*-Il n'a pas de casier,
mais un bon mobile. Il avait un autre compte
sur eauderose. com à son vrai nom.
Il avait déjà eu rendez-vous
avec nos trois victimes : trois échecs.
- Elles l'ont rejeté, il s'est vengé.
- Exactement. Bon, je suis avec l'équipe, là.
On t'attend ? Tu fais quoi ? *-Passe me prendre.
- J'arrive. Les gars, on y va. Allez !
Musique intense
...
- Vas-y.
...
Musique oppressante
...
... *Echange radio
... *...
...
Police ! - Retourne-toi !
- Tes mains ! Montre tes mains !
Musique lugubre
Hélène peine à respirer.
...
Musique macabre
...
- C'est bien ce que je pensais.
Son dossier médical fait état d'une opération du tibia.
Ca tombe bien.
Il a une bonne cicatrice sur le tibia.
Vu la taille et la corpulence,
ça peut être Tobias Delpech.
Faudra vérifier à la génétique, évidemment, après.
D'après l'état avancé de décomposition,
il est mort il y a 2 mois. - Son courrier n'a pas été relevé
depuis 2 mois. - Ca colle.
- Ce n'est pas le meurtrier ?
- Ce n'est pas lui.
- Il est mort comment ?
Balthazar s'éclaircit la voix.
- On distingue un sillon
cervical oblique vers l'arrière et le haut
qui s'arrête derrière la nuque,
typique d'une pendaison. Il a dû mourir
alors que ses pieds ne touchaient plus le sol.
Quoi qu'il en soit,
quelqu'un l'a décroché par la suite et l'a posé ici, à table.
- Tobias s'est suicidé.
Le tueur est venu lui rendre visite.
Il l'a retrouvé pendu, il l'a décroché.
Et il a décidé de tuer toutes celles
qui étaient responsables
de son suicide, qui l'ont rejeté.
- Je fouille du côté des proches
pour voir qui aurait pu le venger
ou qui aurait eu accès à son ordi.
- Cherchez aussi quelqu'un qui a l'estomac bien accroché.
- Pardon ? - Regardez.
Regardez cette pomme.
Sur la surface, on distingue du penicillium expansum.
C'est du moisi.
Mais il y en a pas tant que ça.
Et la pomme semble avoir perdu 10 à 20 % de son jus, maximum.
Le tueur est revenu manger ici il y a à peine 15 jours.
Avec le mort.
Musique à suspense
...
- On reçoit la paperasse de Delpech en DPJ,
mais j'ai fouillé. Fils unique,
parents décédés, pas d'amis,
le mec bossait de chez lui, les contacts se font par mail.
A part ses rencards foirés avec une victime, il voyait
jamais personne. - Il y a forcément quelqu'un.
- J'ai convoqué
les voisins, ils nous attendent.
- On a bien senti
une odeur, mais il y a souvent des égouts qui refoulent, ici.
Quand je pense que c'était lui... Quelle tragédie.
- Ces deux derniers moi, vous avez vu quelqu'un,
chez lui ? - Non, vraiment.
Et il y a une porte qui donne sur le jardin.
On n'aurait pas forcément vu.
- C'est horrible, j'en reviens pas. - Vous le croisiez souvent ?
- Jamais, il sortait peu.
C'était un garçon sympathique mais timide.
Un jour, j'ai voulu l'amener à la salle de sport,
il a refusé.
J'aurais dû insister, il se serait peut-être pas suicidé.
- Pauvre garçon, quelle horreur...
Il avait l'air gentil mais timide.
- Quelque chose a semblé différent ?
Une voiture garée devant chez lui ?
- Rien.
Vraiment...
Il faisait peine.
Tout seul, comme ça, c'est pas une vie.
Musique à suspense
- Sur une potentielle nouvelle cible, on a quoi ?
- Les gars de l'IJ fouillent l'ordi de Tobias.
J'ai demandé aux FAI tout ce qu'ils ont.
WhatsApp, Snapchat, tout le bazar.
Faut jute attendre. - Attendre alors
qu'une pauvre femme est peut-être en train d'aller à son rendez-vous
avec l'autre taré, ça me rend dingue.
*-Salut, c'est Manon.
*Je te rappelle si je t'aime bien, si je t'aime pas, non.
Elle raccroche.
- Tes gosses, ça s'arrange ?
- Pas vraiment, non.
Ils me mettent directement sur répondeur.
Peut-être qu'il faut que je mette
un peu de distance.
- Mes parents se sont séparés quand j'étais gosse.
J'ai changé de ville, d'appart', de potes...
J'étais furieux contre mon père.
Quand il appelait chez ma mère,
je l'envoyais chier.
Il a arrêté d'appeler.
Il en avait marre de se faire insulter.
Résultat, on s'est pas parlé jusqu'à sa mort.
Il y a 10 ans.
Tes enfants ont besoin de te détester.
Ca leur fait du bien.
Mon père avait pas les épaules, mais t'es solide.
Prends des coups, encaisse.
Et ça passera.
- Merci.
- Il y a pas de quoi.
...
- Je peux pas rester au bureau sans rien faire.
Je vais chercher
des informations sur Tobias. - OK, je gère ici.
A plus.
Musique de tension
...
Musique intrigante
...
- Malgré un stade de décomposition avancé,
on remarque un sillon cervical oblique
qui s'arrête au milieu de l'arrière du cou,
typique d'un sillon de pendaison.
Aucune trace de lutte ou de rixe
sur les membres supérieurs.
Rien sur la toxico prélevée
sur différentes matrices. Pas de trace de souffle du dragon.
A l'issue de l'examen externe,
le décès est compatible avec une asphyxie aigue par pendaison
compatible avec un suicide.
...
- Je rêvais de ça tout le temps.
Qu'on me touche, qu'on s'intéresse à moi.
Je voulais une femme, des enfants.
Parler et rigoler avec quelqu'un, arrêter d'être seul.
C'est horrible, d'être seul.
Ce sentiment de vide absolu.
Toi aussi, tu connais ça.
D'ailleurs, pourquoi tu rappelles pas Maya ?
- Vous vous êtes tous donné le mot ou quoi ?
Je l'ai appelée, je vais pas la harceler.
- La harceler, non.
Faire en sorte de pas avoir de regrets, oui.
Ou tu préfères pas la revoir pour pas tout faire foirer.
Elle est parfaite.
Drôle, intelligente, sexy...
T'as de la chance, Balthazar.
Ma solitude a fini par me tuer, alors me fais pas insulte.
Appelle-la.
- Raph ?
J'ai analysé la nourriture de l'assiette et de la poubelle.
- Alors ? - RAS.
De la bouffe pourrie.
Des oeufs et des tortellini, là depuis près de 15 jours.
A part que le tueur mange du gluten, ça ne me dit rien.
Il y avait juste un truc étrange.
Dans la poubelle, il y avait des jaunes d'oeufs
cuits. - Des jaunes d'oeufs ?
- Ouais, on parle d'un type qui cassait la croûte
devant un cadavre, plus rien ne m'étonne.
...
- Ca fait deux heures que j'attends.
Envoyez les données !
- Delgado ?
Le capitaine Bach est là ? - Non, il y a que moi.
- Ah, euh...
Je crois que j'ai un truc sur le tueur.
- Je vous écoute.
- On sait qu'il vient voir Tobias.
On sait qu'il déjeune avec son cadavre.
Dans la poubelle de Tobias, on a retrouvé du jaune d'oeuf cuit.
Le tueur mange que le blanc d'oeuf, qui apporte des acides
aminés qui permettent d'inhiber la dégradation musculaire,
préserver le glycogène et augmenter la masse maigre.
Donc...
En gros, le tueur fait de la musculation.
- Le tueur fait de la muscu ? - Ouais, c'est pas grand-chose.
- Il y a bien le voisin de Tobias.
Attendez.
Mathieu Garcin, 29 ans, comptable, célibataire, sans enfant,
pas de casier.
Si, j'ai un truc.
Son nom apparaît dans un dossier.
Il y a 6 mois, il aurait porté plainte contre sa boîte.
Ils ont promu une de ses collègues à sa place.
Il est persuadé que c'est parce que c'est une femme.
- Ca peut coller avec la haine des femmes,
le fait qu'elles seraient responsables
de la mort de Tobias.
- Mais à part les oeufs, on n'a pas grand-chose.
Je vais lui parler.
- Je viens avec vous ?
- Non, pas question.
Musique à suspense
...
- Je me mets devant.
- Hors de question !
- Vous...
Vous êtes en troisième, là ?
- Vous avez compris ? Au doigt et à l'oeil.
Vous avez rien à foutre là, vous m'obéissez.
- Compris, chef. Reçu, chef.
- Et attendez mon signe
avant de bouger. - OK, chef.
- Arrêtez avec "chef" !
La porte grince.
Delgado sonne.
*-Delgado, laissez un message.
- Je suis devant l'ancienne boîte de Tobias Delpech.
Je vais voir s'il est resté en contact avec des collègues.
Musique à suspense
...
Balthazar ouvre la boîte à gants. ...
...
On frappe.
- Il n'y a personne,
Son étouffé mais venez voir.
- C'est votre signe pour que je bouge
ou c'est un piège ? - Allez.
- C'est le signe.
OK, OK.
- Je vous ai fait un signe. - Oui, j'ai compris.
C'est pas interdit, de rentrer par effraction ?
...
- Un vrai petit botaniste.
...
Balthazar sent.
...
- Belladone et datura.
...
Ouais.
Il y a tout ce qu'il faut pour fabriquer du souffle du dragon.
- Je vais voir si je peux fouiller dans son ordi.
...
Delgado tapote. Eh merde...
- Eh merde...
- Rappelle-moi vite !
- Il vient de préparer de la poudre. - Je sais qui est la prochaine.
...
*On a un nom, Mathieu Garcin, le voisin de Tobias Delpech.
*Rappelle-moi. - Salut, la pute.
...
Hélène halète.
Laisse ton arme, pétasse.
T'as pas l'habitude d'obéir à des ordres ?
Je suis sûr que ça t'excite.
Donne-moi ton téléphone.
Voilà, c'est bien.
Musique pesante
Ils sont beaux, tes enfants.
...
J'avais rien contre toi,
mais te voir te trémousser au milieu de ces mecs
et rouler ton cul...
Vous allez me choper,
alors tuer une flic, c'est une bonne façon de finir.
Allez, viens avec moi.
...
- Répondeur direct.
Vibreur de téléphone
Delgado.
On est pas loin, on y sera vite.
Le téléphone d'Hélène a borné vers Bastille.
- Bastille ? - Ouais, fonce.
Fonce, fonce !
Combien de temps après avoir été drogués
elles sont mortes,
les autres ? - Une demi-heure.
- Putain...
Delgado soupire.
Putain de merde ! - On va y arriver.
...
- Tu te rends pas compte
du mal que vous nous faites.
Vous nous regardez de haut. Tobias, tu l'aurais
jamais remarqué.
Et ton mari, tes enfants ?
Je suis sûr que t'es jamais là, que tu t'occupes pas d'eux,
que t'es jamais dispo.
Tu préfères jouer aux mecs avec ton pistolet.
...
- Le téléphone a borné dans le coin.
Elle doit être par-là.
...
Putain, elle doit être là, bordel !
Elle est où, merde ?
...
- Là !
- Arrête ! Crissements de pneus
...
...
Bouge pas !
Bouge pas, je te dis !
Attends !
Bouge pas, connard ! A genoux !
A genoux.
Mets-toi à genoux.
Elle est où ? Elle est où ?
- Tu m'as l'air
soumis à ta patronne. - Elle est où, bordel ?
- Tu te la taperais bien, non ? - Ferme ta gueule.
Elle est où ?
Battements de coeur
- C'est les enfants, ils...
Ils vont pas venir.
Ils s'en foutent, de nos histoires de cul.
Ils voient que leur mère veut plus parler à leur père.
- Viens là, toi.
Elle est où, putain ?
- Tobias, il était comme moi.
Il arrivait pas à séduire.
Les femmes, elles l'ont humilié, abaissé.
- Ferme ta gueule.
Elle est où, putain ? - Elle est dans ton cul.
Cri de douleur
- Viens là !
Dis-moi elle est où ! - Ca va ?
T'es soulagé, ça va mieux ?
Tout le jeu
de séduction, c'est truqué. Si t'as pas
la bonne tête, elles veulent pas de toi.
- Ferme ta gueule.
Où elle est ?
- Faut leur montrer
qui dirige, comme avec ta capitaine.
- Mais t'entends pas, bordel ?
Je vais te tuer, connard !
Je vais te tuer, putain !
- Elle est où, bordel ? - Arrêtez !
Arrêtez, ça sert à rien. - Je vais le buter.
- Ca sert à rien.
- Fils de pute.
- La pute... elle est morte.
- Elle a déjà passé deux heures avec nous
à la salle 12. - Tes mômes méritent pas
une mère aussi merdique.
Battement de coeur
Musique à suspense
Battements de coeur
- Il a forcément choisi un pont, comme les autres.
Il a dû compter sur 15 minutes d'effet de drogue
pour pas prendre de risque.
On marche à 80m/minute.
Elle est droguée, on va dire 60.
Elle a pas pu parcourir plus d'un kilomètre.
- Arsenal ou Morland. - Je prends l'Arsenal.
- Je prends l'autre pont.
Musique à suspense
...
- Capitaine, non !
Non, capitaine ! Capitaine,
descendez de là, descendez.
Vous avez été droguée.
Allez, redescendez.
Capitaine...
Ecoutez ma voix, tout va bien.
Redescendez.
S'il vous plaît, redescendez.
Hélène !
Pensez à vos enfants.
Hélène, pensez à votre famille.
Hélène, s'il te plaît.
Hélène, pense à moi.
Hélène.
Regarde-moi.
Tu comptes beaucoup pour moi. S'il te plaît.
S'il te plaît, descends.
Hélène, donne-moi la main.
S'il te plaît.
Musique à suspense
...
Allez, Hélène.
...
S'il te plaît, donne-moi la main.
Non, non !
Non !
Musique pesante
...
Au loin *-L'ambulance arrive.
*Message radio inaudible
Bach respire.
- Ca va, capitaine ?
Bach halète.
...
- Ca va, ça va...
- La drogue devrait avoir cessé de faire effet.
Vous aurez mal à la tête, mais ça ira mieux.
Bach halète.
...
Musique douce
...
- Merci.
...
Pour ce que vous avez fait.
...
Et ce que vous m'avez dit.
...
- Ca va, Hélène ?
...
Plus jamais je le gère tout seul.
- Maman !
- Ca va ?
...
- Ca va.
...
- Rentre à la maison !
...
- On vient de nous livrer ça.
Ca vient du service de préservation des prélèvements biologiques.
C'est pour quel dossier ?
- C'est pour moi. Merci.
Tu peux rentrer chez toi. - Travaille pas trop tard !
T'as l'air fatigué. - T'inquiète.
Musique intrigante
...
Balthazar renifle.
- T'es dans ce bocal, maintenant...
Balthazar renifle. Lise, t'es où ?
...
Je sais...
T'aimes pas quand je pleure.
Musique triste
(OK, je vais...)
...
Balthazar souffle.
On sonne à la porte.
Balthazar pouffe.
Je suis pas là...
On sonne à la porte.
Balthazar soupire.
- Salut.
- Salut.
- Euh... On m'a envoyée à New York en urgence
et j'ai bêtement perdu mon téléphone dans le taxi à l'aller.
J'avais plus ton numéro pour te rappeler.
- D'accord. OK. Ben...
C'est pas un problème.
Sinon, t'as prévu un truc, là, pour ce soir ?
- Toi ?
- Ah ouais...
Tu m'as prévu, moi ?
Musique douce joyeuse
...
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
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