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...
*Slow
...
Il fredonne les paroles.
Everybody told me
That you would leave me
And now you're gone
...
- Que se passe-t-il, mon caramel ?
...
Viens.
Viens.
...
Quand tu écoutes ça, c'est que ça ne va pas.
...
C'est le journal du gosse assassiné ?
Il a la même marque au pouce que moi.
- Il y a peut-être un truc qui vous lie,
qui expliquerait pourquoi il vous a choisis.
- T'as peur de l'ouvrir ?
De trouver quelque chose ?
Ou pire : De ne rien trouver du tout ?
...
Sonnerie de téléphone
... ...
- Balthazar, j'écoute.
Monsieur, monsieur.
Je suis médecin, vous avez eu un accident.
On va aller au sol ensemble. OK, doucement.
Comment vous vous appelez ?
- M... Michel. - Michel.
- Michel Sabatier. - Vous avez mal où ?
- Et ma femme et ma fille ? - Elles sont là. Ca va.
Vous avez eu de la chance. Bougez pas, on s'occupe de vous.
Bougez pas.
Sirène de police
...
Pleurs
...
- Docteur !
Docteur.
Venez voir.
- ECARTEZ-VOUS !
- La victime a dû être éjectée lors de l'accident.
- Vous m'entendez ? Madame ?
Madame ?
Vous m'entendez ?
C'est trop tard.
- Un problème, docteur ?
- Un peu, oui.
A confirmer, mais a priori,
elle est morte depuis plus de 6 heures,
donc avant l'accident.
Générique : "Balthazar"
...
Capitaine, lieutenant.
- On a quoi ?
- Pas mal, merci. Un peu ballonné,
j'ai mangé trop épicé. Et vous ?
- OK. Bonjour, Balthazar, comment allez-vous ?
- Super. C'est gentil de demander. Et vous ?
- Vous nous briefez ?
- Sujet caucasien, sexe féminin,
la vingtaine, la mort remonte
à plus de 6 heures. Et regardez
le masque pétéchial et les pétéchies oculaires,
les lésions dans le cou
et les excoriations en coups d'ongles. Ca signifie...
Delgado, je vous demande pas ?
- Elle a été étranglée à la main.
- Oh oh oh ! Ouah !
Jérôme Delgado !
One point !
Vous êtes jalouse
qu'il ait trouvé ?
- Sa tenue, vous pensez qu'elle l'avait avant de mourir ?
- OK. Vous êtes de mauvaise humeur. Je sais pas.
- Je checke les disparitions.
- Elle était là avant l'accident ?
- On est d'accord, si je réponds, je vous impressionne ?
Plus que d'habitude ?
Déjà, je suis impressionnant,
mais on passe une étape.
- Bon, vous accouchez.
- Les lividités sont sur le côté gauche, ce qui veut dire
qu'elle a passé du temps sur le côté gauche après sa mort.
Faut voir à l'autopsie.
Ca, ça peut correspondre à un frottement
sur un tapis synthétique,
type tapis de voiture.
Il hume la victime bruyamment.
...
Ca sent l'huile et l'essence.
- Elle était dans une des voitures.
- Dans le coffre d'une voiture.
Et vu le nombre de plaies post mortem,
elle a dû être éjectée pendant l'accident.
- Alex, vous avez checké les véhicules ?
- On n'a rien trouvé.
- Personne n'a vu d'où le corps
a été éjecté.
- La déposition de... - Demandez-moi.
C'est plus rapide. Comme vous voulez.
- On vous écoute.
- Elle a été éjectée
d'une Twingo 3.
- Comment vous le savez ?
- Son flanc gauche était tiède.
- Et ?
- La Twingo 3 a un moteur sous le coffre,
donc ça chauffe quand elle roule.
- Avec moi ! La Twingo !
Vite ! - Police !
- Bouge pas. Montre tes mains.
- Tes mains. - Sors, sors, sors.
- Toi aussi, tes mains.
- Sors ! Sors !
Dépêche-toi.
- Allez, le 3e. Sors. Sors !
- C'est bon, je sors. Je sors.
- Redresse-toi.
- Aïe !
- On n'a jamais vu cette fille.
Augustin se marie dans 3 jours.
- Félicitations, Augustin.
- Euh... Merci.
- On a fêté ça hier en boîte.
On a garé la voiture sur le parking.
Quelqu'un a dû mettre le corps
dans le coffre. - Oui, c'est ça.
Ou c'est la cocaïne
qu'on a trouvée dans vos urines, ou les 2 g d'alcool
qui vous font tout oublier.
- C'est pas ce que vous croyez... - On veut un avocat.
Il toussote.
- OK. Mais si vous avez quelque chose à voir
avec la mort de cette gamine,
je vous louperai pas.
- Celui qui trouve l'identité de cette fille
paie une semaine d'apéros
à l'autre, c'est clair ?
- Prépare ta carte bleue.
Sauf si elle est bloquée. - Fais pas la maligne.
Vu ta nouvelle coupe, tu as perdu un pari, non ?
Allez, honneur aux femmes.
- Oui, c'est sexiste,
mais ça m'arrange. Alors...
L'épiderme est pâle
et les os semblent fragiles.
Elle a une carence en vitamine D. Elle ne voyait pas le soleil.
- Je le note.
A moi.
Oedème sous-cutané qui prend le godet dans les parties déclives.
4 dents déchaussées.
A 20 ans. Pour moi, elle a le scorbut.
- Début de cataracte.
- Qu'est-ce que tu fais ?
Non, non,
ça vaut pas un point. - Mais si.
Elle est jeune, c'est inhabituel.
- C'est chaud, de tricher.
C'est quoi, c'est l'alcool ?
Il frappe à la porte.
- Vous jouez vos apéros sur le corps d'une victime ?
Parce que si c'est ça,
faites-le bien. C'est à qui de jouer ?
- Moi. - Viens voir.
Regarde l'épiderme. Tu vois quoi ?
- Ben, il a cicatrisé,
mais la peau a durci dessus. - Oui.
Donc ? Fatim ?
- Traces de liens. Corde ou métal. - Oui.
Elle a été ligotée pendant longtemps. Allez.
Merde.
Lésions génitales multiples
et ecchymoses sur la face interne des cuisses.
- Donc avant d'être retrouvée dans une voiture,
elle a été séquestrée et violée dans une cave ?
- Oui, un truc comme ça.
- "Lésions génitales multiples,
"qui évoquent des viols à répétition.
"Malnutrition, séquestration." - Et GHB dans le sang.
- C'est une clandestine dans un réseau de prostitution ?
Ou un pervers qui en a fait
son esclave sexuelle.
- Vu la tenue, ça ressemble plus au malade mental.
- Et, dites-moi, vos suspects, ils disent quoi ?
- Qu'ils ne l'ont jamais vue,
que n'importe qui a pu mettre le corps dans leur coffre.
- Ils disent ça ? - Oui.
- Et si je vous dis...
Raisins secs, amandes, cacahuètes
et de la limonade.
- Je vois pas.
- Vous voulez faire un apéro ?
- C'est le bol alimentaire de la victime.
Elle a mangé un casse-dalle particulier avant de mourir,
vous ne trouvez pas ?
- Merci.
Adou !
- J'ai rien compris.
- Excusez-moi,
vous auriez du paracétamol ?
- Non.
J'ai votre note d'hôtel,
avec la facture du minibar. Vous avez souvent ces fringales ?
- On ne dira plus rien sans avocat.
- Oui. Sauf qu'il ne pourra pas faire grand-chose pour vous.
La victime a ingéré des aliments qui collent
avec votre facture.
- Stan...
- Augustin, comment s'appelle votre future femme ?
- Soph... Sophie.
- Sophie.
Vous l'aimez.
Et elle vous aime. Elle sait que vous êtes un type bien.
Un type honnête. En qui elle a confiance.
Cette gamine, là,
elle a un nom. Il y a sûrement des gens qui l'aiment.
Alors aidez-moi. Je dois savoir ce qui s'est passé.
Si vous ne le faites pas pour elle,
faites-le pour Sophie. Pour qu'elle soit fière de vous.
- Ferme-la. - Arrête.
T'as peur que ta meuf sache que t'es un queutard.
Tu penses qu'à toi.
En rentrant de boîte, on l'a croisée avec sa copine.
Elles ont dit qu'elles s'étaient échappées.
Elles avaient des prénoms chelous.
Celle en rose s'appelait Rose, celle en gris s'appelait Perle.
Elles avaient l'air défoncées et étaient sapées bizarrement...
- Mais elles étaient jolies.
Stan les a chauffées. - Ta gueule.
- Oh, ça va... Il a fait son lover,
elles sont venues, elles se sont jetées sur le minibar.
- On lui a dit
qu'elles étaient bizarres.
Et après, on s'est pieutés. On était bourrés.
- J'ai fait une vidéo avec le portable de Gus.
- Apporte-moi son téléphone.
*-Gus, pour ta future femme.
*-La barre dans le crâne.
Je t'aime, ma puce.
*-Vas-y, arrête de filmer. Je vais être horrible.
Elles sont passées où, les deux ?
*-Il y en a une là.
Réveille-toi. C'est fini.
*-Je ressors le champagne. Réveille-la.
*-C'est comment, elle ? Hé, Rose.
Ho !
*-Elle bouge plus. *-Elle a quoi ?
*-Putain, elle respire plus.
*-Comment ça ?
*-Elle bouge plus. Regarde.
*-Putain, les gars, il y a un mec chelou qui...
Putain, regarde.
*-C'est quoi, ce bordel ?
*-Après, ils paniquent. Ils sont sûrs de tomber pour meurtre.
Ils emportent le corps pour s'en débarrasser,
sauf qu'ils perdent le contrôle du véhicule
et créent ce carambolage.
- Dans la chambre, on a les empreintes
de la victime et d'une 2e personne. On n'a aucun signalement
de la disparition d'une Perle ou d'une Rose.
- Notre hypothèse : un pervers les séquestre,
elles s'échappent et sont retrouvées par le ravisseur.
Rose est tuée, Perle est embarquée.
- On ratisse le quartier et on recherche les pervers sexuels,
agresseurs... Perle a disparu depuis 14 heures,
on la retrouve avant qu'il ne lui arrive malheur. Go.
Elle soupire.
- Il est quelle heure ?
- 2 heures.
Tu me trompes ?
- Quoi ?
- Est-ce que tu me trompes ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- J'ai eu un appel d'un hôtel à Saint-Jean-de-Luz.
T'étais censé être à Lyon.
Tu vas au cinéma
en plein après-midi.
Tu reçois plein d'appels, de textos, sans jamais dire qui c'est.
- C'est pour ça que tu es odieuse ?
- Je ne suis pas odieuse...
Oui, c'est pour ça.
- L'hôtel, c'est une erreur.
C'est une erreur, j'étais vraiment à Lyon.
Demande à mes collègues.
Le cinéma...
Quand je ne bosse pas, j'aime y aller l'après-midi.
Et les appels, c'est dans ta tête.
Je ne te cache rien.
Tiens.
Prends mon portable et fouille.
Allez.
- Non.
- En revanche,
je vais te dire un truc. Toi,
tu es tendue,
tu es sur une affaire de merde,
tu ne me vois pas assez
et, surtout,
tu ne fais pas assez l'amour.
Chanson mélancolique
- Attends. - Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
...
Soupir
- Mon amie,
vous l'avez retrouvée ?
- Pas encore. Les flics sont sur le coup.
- Je ne préfère pas imaginer ce qu'ils lui font.
Là-bas, il n'y a ni jour ni nuit.
Juste lui, qui arrive.
Qui nous viole.
Qui nous frappe.
On était ses choses.
On n'avait plus rien. Même nos prénoms,
il nous les a pris.
- Tu sais ce qu'on va faire ?
Je m'allonge 1 heure et après, je trouve comment tu t'appelles.
Hm ? T'en penses quoi ?
Je suis juste à côté de toi.
(- Tu promets que tu restes là ?)
- Je ne bouge pas.
Et je laisse la lumière allumée.
...
Un téléphone vibre.
...
Tonalité d'appel
*-Allô ?
Antoine ?
C'est toi, mon coeur ?
Balthazar souffle.
...
- Balthazar ?
- Capitaine.
- Arrêtez vos abdos-fessiers.
- Plus que deux.
- Je dois retrouver une gamine avant qu'elle ne soit tuée.
- OK.
Il souffle.
J'y ai passé la nuit.
Je voulais trouver son identité.
Je l'ai radiographiée,
je l'ai même passée au scanner.
- Vous avez la tête de quelqu'un
qui a trouvé quelque chose.
- Et vous, la tête de quelqu'un
qui ne va pas bien.
- Vous avez trouvé quoi ?
- Les radios et le scanner n'ont rien donné,
en revanche,
l'autopsie avait révélé une arthrodèse vertébrale,
probablement due à une scoliose importante.
Et... "Arthrodèse" ?
- Non, ça, je...
- Des vis et des tiges
contre la colonne vertébrale.
J'ai analysé ces vis et ces tiges
et la seule personne qui les utilise chez les jeunes
travaille à Robert Debré. Il se trouve
que je la connais bien parce que figurez-vous
que c'est une ancienne co-interne. Je l'ai appelée,
en pleine nuit...
- Oui.
- Elle n'était pas très contente,
mais elle m'en doit une depuis une fameuse soirée.
- Et ?
- Une histoire de menottes et de miel.
Cette salope m'a laissé attaché, à poil...
- Non, mais je ne veux pas de détails, en fait.
- Vous ne voulez pas savoir
où elle m'a mis le miel ? - Non. Non.
- OK. Elle m'a révélé son identité. Rose s'appelle Mila Gaillon.
- Mila Gaillon ? Vous avez un ordinateur ?
- Là.
- Mila Gaillon ? - Oui.
- Vous êtes sûr ?
- Oui. Pourquoi ? La photo ne colle pas ?
- Si, elle colle très bien.
Ce n'est pas ça qui me dérange.
Ca expliquerait pourquoi personne ne la cherchait.
- Pourquoi ?
- Mila Gaillon est morte il y a 3 ans.
...
- C'est pas possible.
- On a trouvé son corps il y a 24 heures.
- Mais on l'a enterrée, il y a 3 ans.
J'ai vu son corps dans le cercueil.
- Il s'est passé quoi, il y a 3 ans ?
- On était brouillées.
Une histoire après la mort de son père. Elle a fugué.
J'ai remué ciel et terre pour la retrouver, mais...
elle était majeure.
Tout le monde s'en foutait.
Et puis on m'a annoncé qu'elle avait fait une overdose.
Dans la rue.
On me l'a rendue aux pompes funèbres.
- Vous vous souvenez de quelque chose sur son corps ?
- Oui, sur son bras.
Là.
Elle s'était grattée jusqu'au sang.
La médecin nous a dit que c'était lié à sa came.
Mais si elle était vivante, elle était où ?
Elle était où ?
Pourquoi elle ne m'a pas appelée ?
Elle était où ? - Je ne sais pas, mais on va trouver.
Le médecin qui a signé le certificat de décès de Mila est mort. Cancer.
- Il l'a signé sur une personne vivante ?
Il se serait planté ? Ce n'est pas rien.
- D'après les infirmiers, elle n'avait plus de pouls.
Seringue de dope à côté d'elle,
ils n'ont pas été plus loin.
- Balthazar a parlé d'exploitation sexuelle.
Comment peut-on enlever quelqu'un sans qu'on le recherche ?
J'ai appelé les pompes funèbres
qui ont géré l'inhumation.
Son cercueil n'était pas scellé.
Avant l'enterrement, ils se sont fait cambrioler.
On leur a piqué la caisse. Peut-être que le corps aussi.
- Attends, son ravisseur la fait passer pour morte,
il revient la chercher,
il la garde chez lui et la drogue
pour qu'elle reste tranquille ?
- Oui. Comment tu simules la mort au point de berner un médecin ?
- Balthazar est sur le coup. Il va trouver. Allez, viens.
- Oui.
Il expire doucement.
- C'est impossible.
- Qu'est-ce que t'en sais ?
- J'ai fait 16 ans de médecine. Quand on est mort, on est mort.
- Ca t'arrange bien.
- Pardon ?
- Si je peux revenir, d'autres aussi.
- N'importe quoi.
- Peut-être que Lise aussi, elle est ressuscitée
et elle t'attend quelque part.
Peut-être que tu pourras la revoir.
La toucher,
danser avec elle.
Pour de vrai.
- Tu dis n'importe quoi.
- T'en es sûr ?
Mon caramel.
- Arrête, c'est pas marrant.
- Tada ! Le cercueil
dans lequel on a soi-disant
enterré Mila était plein de pierres.
- Super.
Ce qu'on va... Téléphone
Capitaine Bach ?
OK, j'arrive.
Bon, euh...
Examinez ce cercueil.
Je veux savoir comment elle est passée de là à là.
Eddy ?
Me dis pas qu'elle a ressuscité.
- Merde, parce que là, c'est ce que j'allais dire, donc...
- Vous donnez souvent R. -V. dans des hôpitaux psychiatriques ?
- On a retrouvé une femme près de Chartres,
en robe de princesse.
Elle disait s'appeler Bénédicte Leclerc.
- Ouais. Et ?
- Personne ne l'a crue.
Bénédicte Leclerc était morte d'overdose depuis un an.
Elle n'avait pas de famille.
- Overdose, princesse, fille isolée...
Un peu comme Mila.
- On a cambriolé les pompes funèbres la veille de l'enterrement.
Comme Mila.
- Ah oui ?
Vous pensez que c'est Perle ?
- Non, c'était il y a 4 ans. Elle est internée ici depuis.
Elle a peut-être vécu la même chose que Mila
et la fille qu'on cherche.
- Elle est d'accord pour parler ?
- D'accord, oui.
Capable, j'en suis moins sûre.
Elle fredonne l'air de "Vive le vent".
...
Mademoiselle ?
Je suis le capitaine Bach. On a besoin de vous parler.
...
Je vous présente le Dr Balthazar.
...
Bénédicte, écoutez-moi.
- Bénédicte...
Elle est morte.
On l'a enfermée dans une boîte.
Et puis elle s'est... réveillée.
Elle fredonne la chanson.
...
- Ca a dû être horrible, pour elle.
Elle a dû avoir très peur. - Oui.
Elle a eu très peur.
Elle a eu très mal, aussi.
- Très mal ?
Elle a eu très mal où ?
- Là.
- OK.
- Et maintenant,
elle est tranquille.
Elle est loin.
- Elle est loin ?
De quoi elle est loin, Bénédicte ?
Ou de qui ?
Je suis médecin.
Je suis là pour te protéger.
Qui t'a fait ça ?
(- C'est le dragon.)
- Le dragon ?
Elle fredonne la chanson.
- Alors ?
- Il y a une 3e victime. Même cicatrice, même histoire.
Probablement enlevée avant Mila et Perle.
- Elle a raconté ce qui s'est passé ? - Non.
Elle a tout refoulé.
Ca peut prendre des années avant qu'elle se souvienne.
Ces années, on ne les a pas s'ils ont toujours Perle, donc...
Il faut qu'on avance. Vous avez avancé
sur le cercueil ? - Que dalle, à part un truc.
Des microtraces de tétrodotoxine.
- Tétrodotoxine. C'est dans les poissons, ça ?
- Ouais. Un cercueil avec des poissons, c'est chelou.
- Et c'est tout.
Rien qui explique comment elle est sortie vivante.
- Sauf si c'est un zombie.
Respiration sifflante
Fatim, je suis un zombie.
Je vais te manger. - Arrête, t'es insupportable.
- Oui, mais brillant.
T'es brillant. T'as raison.
Il a raison.
Mila est un zombie.
Putain...
Mila est un zombie.
- Ca m'a dégoûté.
- Capitaine.
S'il vous plaît ? Un croque-madame
avec 2 oeufs miroir et un supplément béchamel. Merci.
C'est meilleur, avec la béchamel.
Pourquoi ici, toute seule, sous la pluie ?
C'est un peu tristoune.
Je vous trouve tristoune
depuis ce matin. Ca va ?
- Pas trop. Mais c'est pas le moment.
- OK.
La tétrodotoxine, vous en avez entendu parler ?
- Non.
- Ca se trouve dans le fugu.
C'est très bon, mais dangereux
à cause de son poison, la tétrodotoxine.
Un confrère, en Haïti,
est tombé sur des cas d'empoisonnement au fugu,
un mélange de tétrodotoxine et de substance irritante.
Comment ça fonctionne ?
Ils imprègnent les vêtements de la victime avec ce mélange.
Elle se gratte. Ca crée des lésions. Le poison pénètre dans la peau.
La victime entre dans un état catatonique.
24 heures après, elle est réveillée avec de l'atropine.
- Quoi ? On aurait simulé la mort de Mila avec ce poison ?
- On a trouvé de la tétrodotoxine dans le cercueil.
Ca expliquerait pourquoi elle s'est grattée jusqu'au sang.
- Donc si on trouve qui s'est procuré ce...
Ce poisson... - Ce fugu.
- On pourra trouver notre meurtrier ? - Exactement.
- Et ça s'achète où ?
- Version officielle : c'est interdit
à l'exportation.
- Version officieuse ?
- Est-ce que vous savez
que j'ai une passion pour la cuisine ?
- Oui.
Tout le monde sait. - D'accord.
Bon. Eh ben, euh...
J'ai fait appel à l'ami d'un ami.
Non.
Attendez. J'ai contacté l'ami de l'ami
de l'ami d'un ami. - Balthazar, on s'en fout, de l'ami.
- Voici les personnes qui ont acheté du fugu ces 3 dernières années.
"Balthazar, vous m'impressionnez." "Je fais que mon métier."
- Merci, Balthazar.
Delgado, j'ai une piste.
En toussant - Balthazar a une piste.
- Balthazar a une piste.
(Ca va, comme ça ?) - Oui, vous souriez.
- Oui, j'arrive. OK.
Florence et Christian Janvier.
Claudine Bateau.
Michel et Violaine Sabatier.
- Attends. M. et Mme Sabatier.
Ils faisaient partie
des accidentés de la route.
- Putain, c'est eux. Regarde s'ils ont une fille.
- Non.
Rien à l'état civil.
- Perle était avec eux
pendant l'accident.
Elle était à 5 m de nous. Putain !
- Ils vivent dans une ferme
avec une grange. Pratique pour être discret.
- La BRI est sur place. On les rejoint.
Allez, go !
Sirène de police
- Raphaël ? - Hm ?
Quoi ? - Tu pars ?
- Oui, on a fait notre boulot.
Pourquoi ? - J'ai un truc à te montrer.
Tu te rappelles
le début de cataracte de Mila ?
J'ai creusé.
- Elle a subi des radiations ?
- J'ai analysé ses tissus.
Le débit de dose est de 73 nanosieverts par heure.
Donc... - Elle a été séquestrée
dans un rayon de 3 km d'une centrale nucléaire.
La seule centrale en région parisienne
est à Nogent-sur-Seine.
Ici.
Les flics vont à Magny-en-Vexin.
Là. Donc ils se trompent.
- On a quoi sur les suspects ?
- Il est prof, elle est bénévole au SAMU social.
- Elle y a repéré ses victimes.
Des femmes vulnérables. - Fournir les filles
que son mari viole...
- Une relation de co-dépendance. Elle l'aide, il est heureux.
Sonnerie
Oui, Balthazar,
je vous rappelle. - Non...
Bips
*-Commandant Clément, prêt à intervenir.
- OK. On arrive sur zone.
- Balthazar, je vous rappelle.
Go, on y va !
- C'est important.
Bips
Attends.
J'ai un problème de carburateur.
- Il est où, Eddy ?
- Il arrive.
- Oh merde, putain !
Eddy peste.
Grésillements
...
- Tiens. - Merci.
C'est pas pour les prépubères, ces motos ?
- Je réponds même pas.
On fait quoi ? On ramasse du biocarburant ?
- Tiens. On fait le tour de la centrale
pour savoir où Mila a été séquestrée
en analysant la puissance des radiations.
- C'est à nous de faire ça ?
Moi, je suis médecin, pas Haroun Tazieff.
- Le capitaine Bach
lui a raccroché au nez 2 fois.
- On est là parce que t'es vexé.
C'est ça ? - Deux fois.
Tu veux que je fasse quoi ?
- Je comprends.
- Faites le tour. Je vais par là.
Regardez les maisons. On se retrouve dans 2 heures.
- Si on a quelque chose, on appelle les flics ?
- Tout à fait.
Grésillements
...
Le moteur toussote.
...
La voiture démarre.
- Ca m'a l'air d'être un bon plan de merde, encore.
Grésillement
...
...
- C'est le dragon.
Le moteur toussote.
...
...
Il souffle. - Putain...
C'est pas vrai...
...
Musique pesante
Air de "Vive le vent"
...
Perle ?
- Je sais, M. le procureur, mais c'était vide.
Ils ont forcément une autre planque.
Oui. On fait le nécessaire.
Putain de merde, ils sont où ?
Sonnerie
Capitaine Bach.
Quoi ?
Qu'est-ce qui se passe ?
- Comme vous répondiez pas, on est partis. On s'est séparés
et on sait pas où il est. Il répond pas.
Il n'y a pas de réseau,
sauf sur cette meule.
Pour vous dire les choses, on flippe un peu, là.
- Vous me dites quoi ? Balthazar a disparu ?
- C'est ça, il y a 4 heures, à Nogent-sur-Seine.
- Il foutait quoi, là-bas ? *-Il croit
que c'est là que les Sabatier se cachent.
- Il a quoi, dans la tête ?
Retournez à l'IML, je vous tiens au courant.
On croise ce qu'on a sur les Sabatier et Nogent-sur-Seine.
- Pourquoi ? - Ils sont peut-être là-bas.
Et Balthazar aussi.
...
Musique pesante
...
- Ca va ?
...
Ca va ?
C'est toi qui t'es échappée avec Mila ? Rose ?
- Oui.
Mais ils nous ont retrouvées.
Ils l'ont étranglée.
Et ils m'ont remise ici.
Ils vont nous tuer avec une pelle.
- Ils ne vont tuer personne.
Les flics savent où je suis. Ils vont venir.
Ecoute, euh...
Si je dis "banane", tu pars en courant, OK ?
"Banane". Tu réfléchis pas,
tu pars en courant. OK ?
Musique de tension
...
- Occupe-toi d'elle.
...
Sirènes de police
...
- Allez, magnez-vous, merde !
...
- Alors ?
Tu veux me voler mes princesses ?
- C'est pas tes princesses. - Si !
Avant, c'était des toxicos qui se piquaient.
Ici, elles sont belles.
Et elles servent à quelqu'un.
A moi.
Sauf quand elles se barrent.
Là, elles sont punies !
Hein, ma princesse ?
La pelle.
- Tu fais quoi ? Tu commences avec elle ?
Vas-y, attaque-toi à un homme d'abord.
Si t'as des couilles, commence par moi.
Mets-moi des coups de pelle. J'adore ça.
- T'essaies de faire quoi ?
Tu veux gagner 5 secondes ?
Tu crois que ça changera quelque chose ?
- 5 secondes de gagnées, c'est déjà ça de pris.
- Pourquoi t'es venu ?
T'es tout seul.
T'as pas d'arme, t'as prévenu personne.
Mais, en fait, c'est vrai ?
Tu veux mourir, là, maintenant ?
Pourquoi t'as autant envie de crever ?
- Ma femme.
Un mec comme toi l'a égorgée.
Depuis, la vie, c'est beaucoup moins rigolo.
Si tu veux te faire plaisir,
tu prends ta pelle, tu me mets un bon petit coup
au-dessus de l'oreille, là.
Au niveau de l'artère méningée moyenne.
Un hématome extradural et...
Et c'est fini pour moi. Je pars.
- Si je peux rendre service...
- Banane ! Banane ! Banane !
- Assomme-le ! - Cours !
- Assomme-le !
Nique-lui sa gueule !
Espèce d'enfoiré !
Salue ta femme de ma part.
Coup de feu
(- Balthazar. Balthazar.)
(Balthazar.)
- Oui, je suis là.
(- Restez avec moi. Restez avec moi.)
- Oui, j'arrive.
- Ma chérie !
Ma chérie !
...
- Comment vous nous avez retrouvés ?
- La maison.
C'est celle de la marraine de Sabatier. Elle est morte.
L'endroit idéal pour se planquer.
J'ai envie de vous tuer.
Mon mari me trompe.
Pourquoi je vous dis ça ? Je suis désolée.
J'ai une vie parfaite.
J'ai une jolie maison. Avec un jardin, tout ça.
J'ai deux beaux enfants.
Un garçon, une fille.
J'ai un travail que j'adore.
Je savais que ça finirait par foirer.
- Tout n'est pas voué à foirer.
- Non, bien sûr.
Mais avec ce que je vois tous les jours,
je me dis qu'il y a forcément une balance cosmique
qui rétablit l'équilibre.
Mais mon mari
qui me trompe, ce n'est pas cher payé, comparé à...
ces gamines, par exemple.
Ou à vous.
Je suis vraiment désolée
pour ce qui est arrivé à votre femme. Vraiment.
- Merci.
Vous allez faire quoi ?
- Affronter la réalité.
Faut arrêter de fuir, même si c'est agréable.
- Salut, chérie.
Les enfants sont pas là ?
- Ils sont chez ma mère.
- T'as tout prévu.
- Je la connais ?
- C'est encore ta psychose d'hier ?
- Le garage Grimaud, je la connais ?
Je sais, c'est pas facile pour nous.
Mais ça arrive dans tous les couples.
Je nous pensais plus solides que ça.
Putain, je t'ai posé la question hier.
Tu m'as dit que je me faisais des films.
Comment tu peux me mentir comme ça ?
- Arrête.
Faut que je t'explique.
- Tu l'aimes ?
Putain, tu l'aimes. - Non.
Laisse-moi t'expliquer. - Ca va, c'est bon.
...
- Tu lis le carnet du gosse de l'hippodrome ?
- Hm.
Faut arrêter de fuir, même si c'est plus facile.
- Eh ben...
Ca te réussit, de te faire casser la gueule.
Si j'étais pas morte,
je serais morte de jalousie.
Musique douce
...
Elle fredonne un air.
...
Tu veux danser ?
...
Regarder la télé ?
- Je dois me concentrer.
Je dois me concentrer.
Musique douce
...
- Tu deviens chiant avec l'âge.
T'as vu ça ?
T'es ridé, un peu.
T'as vu ?
- C'est des rides d'expression.
- Mais bien sûr...
Quoi ?
Musique de tension
...
C'est quoi ?
- Un reçu de carte bleue.
...
Avant ta mort, on est allés dans une bijouterie
pour ajuster ta bague de mariage.
- Oui. - Avant de mourir,
le môme a fait évaluer la bague de sa grand-mère.
C'était la même bijouterie. A la même adresse.
Ce n'est pas un hasard.
Sonnette
Musique douce
...
Sous-titrage : Nice Fellow
.
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