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Zulu
...
Pourquoi tu lui parles pas ?
Tu devrais parler au capitaine Bach, Raph.
Pourquoi tu lui en parles pas ?
Pourquoi ? Raph !
6 morts !
Pourquoi tu lui dis rien ? Je comprends pas.
6 morts. - Putain, stop !
T'aimes bien avec le gilet ?
- Bof...
J'aime pas les costumes trois-pièces.
- J'en mets tout le temps.
- Et moi ?
T'as pas envie de faire un petit truc à ma tenue ?
- Non, t'es bien.
- Allez.
Passer l'éternité en collant et en culotte,
c'est chelou, non ?
- Je me souviens de toi comme ça.
Tu préférerais être nue ?
- Pourquoi pas ?
- C'est pas le moment.
...
- Les habitants d'une péniche ont vu un bras flotter.
Petit-déj sympa ! - Dépecé comme du gibier.
- Toujours pas d'identité ?
- Pas de vêtements, pas de papiers, aucun signe distinctif.
Il fout quoi, Balthazar ? - Il arrive.
J'entends déjà ses blagues d'étudiant en médecine.
Il va se régaler.
Il souffle.
- Je pense que...
je peux exclure la thèse du suicide.
Sans trop me mouiller.
La pêche n'est pas de toute fraîcheur.
- Epargnez-nous votre catalogue de blagues.
Donnez-nous la cause du décès
ou le jour ou l'heure du crime.
- Pour la cause de la mort, faut attendre l'autopsie.
Et pour le jour ou l'heure,
euh...
Le séjour sous l'eau ralentit le processus de décomposition.
La putréfaction a commencé.
Les gaz de la putréfaction ont fait remonter les membres.
Donc il est mort depuis au moins
36 heures. Difficile d'être plus précis.
...
Je comprends pas.
- Quoi ?
- C'est inattendu, ça.
Venez voir.
Venez là.
Regardez l'avant-bras.
La membrane autour de l'os
est épaisse.
Donc son propriétaire était dans la force de l'âge.
Sur la tête de l'humérus,
il y a des ostéophytes, signes d'arthrose.
Son propriétaire avait au moins 15 ans de plus.
- Attendez. Vous voulez dire...
- Qu'il y a deux victimes.
Générique : "Balthazar"
...
- La fluviale arrive. Attendez-les.
- Non.
Faut vite retrouver les autres morceaux
pour identifier les cadavres.
Merci.
- Qui vous dit qu'il faut plonger ici ?
- La peau des cadavres était intacte,
sans lésions de charriage.
"Lésions de charriage", non ?
Quand un cadavre est immergé dans un tel environnement,
il rencontre des obstacles : branches, cailloux...
Résultat, quand on le repêche,
on peut observer des microlésions post mortem
sur le cadavre.
Des lésions...
- De charriage. - Voilà.
- Les corps étaient protégés ? - Oui.
Leur contenant s'est ouvert et les a laissés remonter.
C'était pas loin d'ici.
Merci. - Comment vous pouvez en être sûr ?
- D'accord...
Capitaine, on est d'accord que la masse d'une tête,
d'un avant-bras ou d'un tronc,
c'est pas les mêmes.
Donc ça n'aurait pas dérivé à la même vitesse.
On les aurait pas retrouvés au même endroit. C'est bon ?
- OK, OK.
Mais je... - OK, stop, j'ai compris.
Vous vous inquiétez pour moi.
Il rit. - Pff.
- C'est mignon.
C'est mignon.
...
Voilà.
Il ne reste qu'à rassembler les morceaux.
- On a identifié le plus jeune. Christophe Guaino, 45 ans.
- Qui a signalé sa disparition ? - Son fils de 17 ans.
Guaino était veuf. Le gamin est orphelin.
- Je suis la professeure principale
de Léo. Je le connais comme élève.
Mais je sais qu'il était proche de son père.
S'il vous plaît, allez-y doucement.
Là, ici.
- Léo ?
Je suis le capitaine Bach.
On a besoin de te parler. - Au sujet de mon père ?
- Tu penses jamais à ce qui s'est passé pour eux ?
- C'est un peu notre métier, donc bon...
- Je veux dire, ce qu'ils ont dû traverser.
La peur, la douleur...
- Non, je mets pas d'affect.
- Seuls les psychopathes n'ont pas d'affect.
- 1% de la population est psychopathe.
La majorité n'est pas diagnostiquée.
T'en côtoies peut-être tous les jours.
T'imagines ?
T'énerves la mauvaise personne et paf, elle te découpe !
Ca fait peur.
- J'ai des problèmes avec personne.
- Faut voir...
- Quoi, faut voir ?
Pourquoi, faut voir ?
- Vous aviez l'air proches, avec ton père.
Il était directeur financier ?
Ca lui plaisait ?
- J'en sais rien...
- Ecoute,
je sais que c'est difficile,
mais pour choper le coupable, il faut que tu m'aides.
Faut que tu me parles.
Hein ?
Tu as signalé sa disparition mardi.
Quelque chose t'a inquiété ?
- Non.
- Quand Christophe part en déplacement,
il appelle tout le temps.
Léo n'a pas eu de nouvelles, lundi. C'était bizarre.
Comme il n'est pas rentré mardi...
Léo est allé chez les flics.
Il pleure.
- Il avait des problèmes ? Quelqu'un lui en voulait ?
En sanglots - J'en sais rien.
- C'est quoi, toutes ces questions ?
Vous avez le droit d'emporter des trucs ?
- Oui, Zoé.
T'inquiète pas, je suis là. - Vous êtes ?
- Maître Courtillet, une voisine.
On se connaissait depuis peu, mais on s'entendait bien.
Léo...
Mon chéri.
Je suis tellement désolée.
Je sais que c'est dur,
mais il faut que tu répondes à leurs questions.
- OK.
- OK.
- Oui, d'accord.
Je suis prêt.
- Alors ?
- Le gamin ne sait pas grand-chose.
Pour lui, son père était M. Tout-le-Monde.
Et toi, la perquiz ? - Que de la paperasse.
- Et le mode opératoire ? - Les quelques tarés
qui dépècent leurs victimes sont déjà en zonzon.
Ou alors c'est un amateur.
- Ouais...
Pour comprendre le meurtre de Guaino,
faut identifier le 2e corps. - Hum.
- Prions pour que Balthazar donne un nom.
- Prions.
On frappe.
- Ah !
Alors ?
Vous avez avancé ?
- Personne n'a signalé la disparition de la 2e victime.
- Ah oui...
C'est dur, ça.
C'est dur, dur.
Hum, hum, hum.
Bon bah, allez-y, dites-le.
- Dites-le quoi ?
- Bah, la phrase. - Quelle phrase ?
- "Au secours, Dr Balthazar,
"vous êtes mon seul espoir. Vous êtes tellement brillant."
- Vous êtes sérieux ? - Oui.
Rires
- Ca sent bon, votre truc. C'est un casse-croûte ?
Quoi ? - C'est un pot-au-feu.
- J'adore ça. - Un pot-au-feu humain.
- Pardon, c'est ? - Un pot-au-feu humain.
Par rapport au cadavre non identifié.
On a trouvé une prothèse avec un numéro de série.
Sauf que pour l'atteindre, faut éliminer
les traces de fibres musculaires. Tendons, cartilages...
C'est pour ça que ça bout.
Pour que ça se décolle. Eddy va appeler
le fabricant pour savoir quel hôpital l'a posée.
Avec ça, on devrait identifier le cadavre.
Hé, Delgado...
le bouquet garni, c'est pour l'odeur.
- Il est un peu sensible.
- Je vous fais un 1er compte-rendu ?
Mathilde, s'il te plaît.
- Tiens. - Merci.
Hum, hum...
Oui.
On a observé des résidus noirs et gras
sur l'épiderme. - C'est bien.
- J'ai fait des prélèvements.
Les sections osseuses portent des stigmates
de dents en acier. Sûrement une scie à métaux.
Voilà.
On va faire des photos macro. Je vois pas d'hématomes,
donc d'infiltrations sanguines.
Les cadavres ont donc été découpés
après la mort. - C'est mieux pour eux.
Qu'est-ce qui les a tués ?
- Un clou.
On en a repéré dans chaque crâne.
Le clou a traversé les hémisphères jusqu'au tronc cérébral.
- Ca va, Delgado ? - Oui.
Un clou lui a transpercé le crâne ?
- Pas avec un marteau.
Tenez.
Regardez, Delgado.
Regardez cette blessure.
Bah venez voir.
Vous êtes trop loin. - Non, je vois.
Voici l'orifice
d'entrée, très propre.
Avec un marteau, ça aurait été un carnage.
Donc le tueur a utilisé...
Un quoi ?
Un pistolet à clous !
- Par-derrière ? Comme une exécution.
- Le décès, il date de quand ?
- Euh...
3 jours minimum.
Maximum 1 semaine, vu le stade de décomposition.
Voilà.
Je suis au max. Je peux pas faire mieux.
- Merci, au revoir. C'est bon !
J'ai eu l'hosto qui a posé la prothèse.
La 2e victime s'appelle Damien Bartoli, 65 ans.
C'était le proviseur du lycée Charles Péguy.
- Attends.
Avant d'arriver à Ville-d'Avray,
Léo Guaino était scolarisé à Charles Péguy.
- Le lien, c'est le lycée de ce gosse.
- Damien Bartoli,
65 ans, pas marié, pas d'enfant. Retraité depuis 2 ans.
C'était un type discret, gentil...
Il passait ses journées à jardiner.
Mais il avait une passion cachée.
Regarde ce qu'on a trouvé.
- Ca gagne bien, un proviseur ? - Pas du tout.
Devine qui lui a payé la bagnole.
- Christophe Guaino.
- Eh bah ouais.
- Ca colle. J'ai reconstitué la vie des Guaino.
Ils avaient la bougeotte. 4 villes en 4 ans.
Issy-les-Moulineaux, Le Vésinet, Montigny et Ville-d'Avray.
A chaque fois, c'était un départ précipité.
- Ils fuyaient ? - Quelque chose que le proviseur
avait dû découvrir. Guaino a acheté son silence.
Cherche pourquoi ils déménageaient. Je retourne voir le gosse.
- OK, chef.
- Pauvre gamin, comment il va faire ?
Il était déjà dévasté à la mort de sa mère.
- Vous étiez un père formidable pour Léo, non ?
- On faisait plein de trucs.
Tout mon temps libre, c'était pour lui.
Je voulais être présent. - C'est bien.
Il va les garder, ses souvenirs.
- Il va se souvenir de moi découpé en morceaux.
En boeuf bourguignon.
- Il se souviendra que tu l'aimais.
- C'est moi.
Ca va ?
- Ca va...
Elle soupire.
- Pardonne-moi, j'ai pas vu l'heure.
- J'ai rien dit.
Désolé, ça doit être froid.
- Merci.
Viens t'asseoir, qu'on discute un peu.
- Pour qu'on s'engueule encore ?
Histoire que je me tape une bonne insomnie ?
- Arrête... - Non, j'arrête pas.
Les discussions, c'est pas quand ça t'arrange.
Je vais me coucher.
...
- Je sais pas, moi. Je suis pas flic.
On a la marque sur le pouce, OK.
On a les bougies, on a la cire... Et après, rien ne correspond.
Aucun point commun.
Age, sexe, apparence physique, ville...
Je comprends pas comment il choisit
ses victimes.
- On ne peut pas réduire les gens
à leur âge, leur sexe, ou leur lieu de vie...
Si tu devais me décrire...
Décrire les jours avant ma mort,
comment j'ai attiré le tueur,
t'aurais décliné mon âge, mon sexe, ma profession ?
Peut-être...
que notre point commun n'est pas sur un fichier de police.
Faut que tu parles aux proches, mon amour.
Oublie tes morts.
Va voir les vivants.
...
- Ca vous dit, une bataille navale de beau matin ?
- Hum.
- Installez-vous, alors.
Pour trouver le tueur, faut trouver la scène de crime.
Donc retracer le parcours qu'ont fait les deux cadavres.
On a les résultats de la physio-chimie.
Les résidus noirs sur leur peau,
c'est du gazole non routier.
Un carburant pour les bateaux.
- Le filet se serait accroché à un bateau ?
- Oui, derrière un échappement. C'est notre hypothèse.
Je propose de reconstituer le trafic fluvial.
Chaque bouchon sur la carte représente une embarcation.
On va recouper
les informations des écluses et des ports, et les croiser
avec celles du transport fluvial. Téléphone
Je commence. Eddy, dégage C4 et D2.
C'est des bateaux électriques.
- D2...
Et C4.
Touché, coulé. - J'ai ici une boîte...
remplie de muffins...
myrtille-chocolat blanc, faits de mes propres mains,
pour celui ou celle
qui me dégagera le plus de bateaux.
- OK...
- Non, je comprends.
Maître, c'est important.
Je peux demander une commission rogatoire, sinon.
Mais écoutez-moi.
Maître.
Maître ?
Oh putain, ça m'énerve. - Ca va ?
- C'est l'avocate de Léo. Sa voisine.
Elle refuse qu'on le réinterroge tant qu'on a rien.
Tu peux me faire un café ? - OK.
- Sauf que je dois comprendre pourquoi ils déménageaient.
Et pourquoi son père a soudoyé le proviseur.
Je comprends que c'est dur pour Léo...
- A ta place, je le plaindrais pas. - Pourquoi ?
- J'ai eu ses établissements scolaires.
Au collège d'Issy-les-Moulineaux,
il a été accusé d'agression sexuelle.
- D'agression sexuelle ? A quel âge ?
- 14 ans.
L'affaire a été étouffée.
Le principal l'a pas digéré. - Merci.
- Il aurait essayé de convaincre le père de faire suivre Léo.
Mais Guaino a préféré déménager.
Sauf que... - Non.
- Un an plus tard, une de ses camarades
est victime d'un viol avec violence.
- Mais il n'a pas de casier.
- L'agresseur était cagoulé.
Les Guaino ont déménagé à Montigny.
- Il a recommencé ?
- Je sais pas. J'ai rien trouvé.
Si ça se trouve, il n'y a pas de dépôt de plainte.
Une voiture de sport, c'est pas cher payé pour un viol.
- Tu m'as bien eue.
J'ai cru que t'étais un garçon gentil,
mais pas du tout. Surtout avec les filles.
- Ne réponds pas, Léo.
- Leïla Fourniols ? Adèle Ginot ? Tu connais ?
- Ne réponds pas.
- T'as agressé une 3e fille à Montigny.
Ton père a payé le proviseur pour qu'il la ferme.
C'est pour ça qu'ils sont morts. Quelqu'un se venge.
Parle-moi.
Parle-moi ! Tu t'en fous ?
C'est ton père, non ? - Ca suffit.
Léo n'a rien à vous dire.
Je vous demande d'arrêter de harceler mon client.
- Tu t'en es bien sorti, mais je te lâcherai pas.
Pour Leïla, pour Adèle et pour la 3e victime
dont je vais trouver l'identité.
Téléphone
- Ouais, Balthazar ?
- Quelque chose ne va pas ? - Non, ça va.
Vous avez du nouveau ?
- La scène de crime. C'est bien ou pas ?
- Comment vous avez trouvé ça ?
- On a identifié une péniche qui est passée dans la zone
et qui présentait une avarie.
Un bruit au niveau de la poupe.
- Quand elle a accroché le filet.
- C'est arrivé là, devant.
Voilà comment on a trouvé.
- C'est le sang de Guaino et de Bartoli ?
- Tout à fait.
Et...
il nous a permis de dater la mort.
Quand le sang sèche,
l'eau qu'il contient s'évapore et forme un gel qui se propage.
On connaît la vitesse de propagation.
Ce sang sèche depuis 96 heures.
- Ca fait 4 jours.
Ils ont été tués et découpés lundi.
- Hum hum.
- Aucune empreinte ? - Non.
L'assassin portait des gants. Il a nettoyé ses traces.
- C'est bizarre d'être méticuleux et de laisser le sang.
- Hum...
Vous avez vu ces traces parallèles ?
Il y en a aux 4 coins.
- C'est quoi ?
- Peut-être les traces...
des tables à découper.
Je sais pas.
- Donc aucune trace directe
du tueur.
- Capitaine.
Je vais pas vous laisser rentrer bredouille !
- On fait quoi, là, Balthazar ?
- Le tueur, a priori, c'est un amateur.
Donc quelqu'un pour qui découper un corps n'est pas un plaisir.
Vous avez vu la réaction de Delgado face au pot-au-feu ?
Son dégoût est un mécanisme de défense du corps humain.
On peut rien y faire.
Ca peut avoir des répercussions sur l'estomac.
Avec de la chance,
notre tueur a vécu la même chose.
Ah ah !
- Il y a de l'ADN dans le vomi ?
- Oui.
Mais j'ai peut-être plus simple.
Il simule un vomissement.
Eh bah voilà !
Le tueur a dû enlever
son gant pour s'essuyer la bouche
et éviter de souiller la scène de crime.
Trop de méticulosité tue la méticulosité.
- Je vais chercher la PTS pour qu'elle prélève ça.
C'est quoi, ce truc ?
Elle gémit. - Ca va ?
- Je me suis fait piquer... - Bougez pas.
C'est là ?
Je peux ? - Hum.
Faut amputer, c'est ça ?
- C'est de l'herbe à puce. C'est très urticant.
La douleur et les cloques
vont durer près de 10 jours. Je connais un vieux remède.
Enfin...
si vous voulez. - Vous n'allez pas m'uriner dessus !
- C'est marrant, je pensais à du vinaigre blanc.
Après, je peux vous uriner dessus...
- C'est bon, c'est bon.
- Je préfère le vinaigre.
- Ca va, c'est bon. - Chacun son truc !
Bruit métallique
Fracas - Oh !
Elle rit.
Tu avais le choix entre les tests de pistolets à clous
et la paperasse de la semaine. Tu as choisi.
Tu as dit quoi, déjà ?
"Le truc de mec."
- La journée va être longue. - Tu refuses la courte-paille.
- T'es sérieuse, là ?
- Capitaine. On a un nom pour l'empreinte.
Diane Courtillet.
- C'est pas possible.
- C'est qui ?
- L'avocate de Léo.
Vous m'emmenez ? - Oui.
- Merci. Je te rappelle.
Delgado confirme.
Avant d'habiter Ville-d'Avray, l'avocate habitait à Montigny.
Sa fille, Alice, était au lycée Charles Péguy.
Comme Léo Guaino.
- Alice aurait été victime de Léo ?
- Elle a tenté de se suicider l'année dernière.
Les Guaino ont déménagé
juste après.
- Mais pourquoi Diane Courtillet s'en serait prise
au père Guaino et au proviseur, et pas à Léo directement ?
- Je sais pas.
Sonnette
- Où vous avez trouvé mes empreintes ?
- Sur la scène de crime
où Damien Bartoli et Christophe Guaino ont été tués.
- Vous pensez quoi ?
Que je les ai tués ?
- Sauf si vous pouvez expliquer la présence de vos empreintes.
- Dites-moi déjà où vous les avez trouvées.
- L'île de Platais.
- Fallait le dire !
J'adore me promener là-bas. J'y étais dimanche.
J'étais malade
à cause d'une crevette pas fraîche.
- Bah voyons !
Vous habitiez Montigny, comme les Guaino.
Quand ils ont déménagé ici,
vous avez emménagé à côté 6 mois après.
- Et ? - Vos empreintes
à côté de la scène de crime, c'est une drôle de coïncidence.
- Les coïncidences,
ça arrive.
Pourquoi j'aurais fait ça ?
- Parce que votre fille s'est fait violer par Léo.
Elle a voulu se suicider.
Alors vous avez décidé de vous venger.
- Je comprends rien du tout.
Je dois vous laisser. Ma fille m'attend.
- On peut lui parler ?
- Hum.
Voici Alice.
- Bonjour, Alice.
Je suis le Dr Balthazar. J'ai quelques questions.
- Elle peut plus parler.
- Il y a d'autres moyens de communiquer.
- Vous faites quoi ?
- Je l'écoute.
Battements de coeur
...
Vous avez la photo ?
Merci.
Il soupire.
Alice...
Je te demande pardon d'avance.
Ma question va être désagréable.
Mais j'ai pas le choix.
Est-ce que tu connais Léo Guaino ?
Il était dans ton lycée.
Le rythme cardiaque s'accélère.
...
Le rythme cardiaque s'emballe.
...
Il t'a fait du mal ?
- Ca suffit !
- Son coeur est monté à 140 pulsations par minute.
Il la terrifie.
- J'aurais porté plainte, s'il avait violé ma fille.
- Sauf si vous pouviez pas le prouver.
Qu'il était trop tard et que le procès était perdu d'avance.
Vous étiez où, lundi après-midi ? - Lundi ?
En audience. Enfermée avec 20 témoins,
dont 3 juges, un procureur et un greffier.
- Très bien.
On va vérifier ça.
- Vérifiez.
- Bon bah OK.
Super...
Delgado a trouvé 40 témoins
qui confirment son alibi.
Pourtant on a la preuve qu'elle était sur la scène de crime.
- La preuve...
Elle a un alibi en béton armé.
- Elle a un mobile solide aussi. - Que vous pouvez pas prouver.
Soit elle est innocente, soit elle est très forte.
- On va changer d'angle.
Concentrez-vous sur le jour de la mort.
Je vais faire avouer à Léo le viol d'Alice.
Ca prouvera
le mobile de Diane. - OK.
- Merci.
- Il n'était pas
en cours, aujourd'hui. Mais il est avec sa petite amie.
- Merci.
*Musique électronique
- Léo, va falloir que tu nous suives.
...
- Où est Diane ?
- Elle va pas venir à ton secours.
- Quoi ?
Pourquoi ?
- On a découvert un conflit d'intérêts.
Sa fille, Alice.
C'est ta dernière victime.
Hein ?
Après ton agression, elle a essayé de mourir.
Elle s'est jetée par la fenêtre. Elle s'est loupée.
Tu veux voir, Léo ?
Regarde.
Regarde-la. Pauvre petite.
Bah regarde.
Léo.
Elle va rester toute sa vie en fauteuil,
dans un état végétatif.
Hein, Léo ?
Regarde !
Tu lui as fait ça ? Putain, réponds !
- Je voulais pas faire ça !
- Tu voulais pas ?
Raconte-moi, alors.
Je t'écoute.
Léo, qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'est...
C'est des trucs qui m'arrivent
et que je contrôle pas.
Ca a commencé quand j'avais 13 ans.
Peut-être 14.
C'est des envies...
C'est des pulsions.
Comme si quelqu'un d'autre s'emparait de moi.
M'envahissait.
Je perds totalement le contrôle.
J'ai essayé de demander de l'aide à mon père.
- Mais il t'a pas aidé.
Il t'a pas écouté.
- Il disait qu'on n'était pas comme ça, dans la famille.
Qu'il suffisait juste qu'on me change de collège.
Mais...
Mais à chaque fois, ça recommençait.
A chaque fois...
Aidez-moi, s'il vous plaît. Je veux que ça s'arrête.
S'il vous plaît.
...
- OK, demain, à 14h.
Je vous attends pour récupérer le corps.
- Alors c'est comme ça ?
Personne pour me pleurer, m'enterrer...
Juste les pompes funèbres, demain, 14h.
Franchement, c'est rude.
- Oui.
C'est rude pour tout le monde.
C'est rude pour Alice qui s'est fait violer par Léo.
C'est rude pour sa mère qui l'a récupérée sur le trottoir.
C'est rude pour Léo
qui avait un père qui fermait les yeux.
Toi, t'as préféré conduire une belle voiture
au détriment de tes élèves.
- Tu sais...
depuis qu'Alice a sauté, je ne dors plus.
J'ai jamais conduit cette bagnole, tellement je culpabilise.
D'ailleurs, en parlant de culpabilité,
t'attends quoi pour parler de Lise au capitaine ?
Tu vas faire traîner combien de temps ?
Suffisamment pour que le tueur fasse une 8e victime ?
- C'est les modèles utilisés par l'assassin.
J'ai envoyé les références à Delgado.
Ca va ?
T'as l'air d'avoir vu un fantôme.
- Non, ça va. J'ai une baisse de sucre.
J'ai ce qu'il faut. - OK.
...
- Il va se passer quoi ? - Tu vas être jugé.
- Il doit souffrir d'une forme de schizophrénie.
Avec les bons soins, il maîtrisera ses crises.
- Si son père l'avait écouté,
Alice ne serait pas dans ce fauteuil.
- Ouais. En même temps...
- Quoi ?
Balthazar, sérieusement ! Elle a 17 ans.
- Regardez ses chevilles.
Les cloques, ça vous dit rien ?
- L'herbe à puce...
Elle était sur la scène de crime ?
Zoé Fourcade.
Elle habite aussi Montigny.
C'était la meilleure amie d'Alice. Il rit.
- Arrêtez, elle a 17 ans.
- Elle a perdu sa meilleure amie.
Vous savez que le deuil peut rendre fou.
Une porte s'ouvre.
- Devinez qui s'est fait livrer un pistolet à clous, récemment.
- Diane Courtillet. - Zoé Fourcade.
- Non, Olga Angelova.
La prof de bio de Léo Guaino.
Anciennement en poste à Montigny-le-Bretonneux.
- On les imagine pas
découper des cadavres.
- Méfie-toi d'une femme en colère.
Après la tentative de suicide d'Alice,
Diane a dû mener son enquête.
- Elle est remontée à Zoé, la meilleure amie d'Alice.
Zoé lui a avoué le viol de Léo. - Elle en parle à Olga,
prof de bio célibataire qui connaît Alice depuis toute petite.
- Olga découvre que le proviseur connaissait le passif de Léo,
mais qu'il s'est fait soudoyer.
Mais pourquoi tuer le père Guaino
et pas son fils ?
- En servant d'appât auprès de Léo,
Zoé a découvert qu'il avait demandé de l'aide,
mais que son père lui a refusé.
Je pense que c'est Diane
qui a tué et découpé les victimes. Peut-être que les autres
ont juste servi à brouiller les pistes.
- Ca va pas être possible de nous retenir.
- On a quelques questions. - Je n'aime pas laisser ma fille,
encore moins sans raison.
- Sans raison ?
On a vos empreintes et un mobile.
- Je sais. - Mme Angelova
cachait des outils chez elle.
Et Zoé a marché sur les plantes
de la scène de crime. - Vous plaisantez ?
Ca ne tiendra pas la route, face à un juge.
- Vous êtes toutes en lien avec Alice et avec notre affaire !
- On en revient aux coïncidences.
Ce n'est pas une preuve solide.
Nous avons toutes les trois un alibi.
- Lundi, j'étais en cours.
Puis à une compétition de danse.
On a fêté notre victoire toute la nuit.
- Lundi, j'étais en classe.
Après, j'ai eu des cours particuliers.
Ensuite, une pièce de théâtre
et un dîner entre amis.
- Voilà.
Ca sent la détention arbitraire.
Si vous n'avez rien...
(- Zoé, parle-moi. T'y es pour rien.)
(Tu peux tout me dire.) - Zoé.
- Ca me rend dingue.
Elles sont coupables, mais on n'a rien.
- Heureusement que Mme Prévost n'habite plus en dessous.
- Elle débarquait à 2h parce que tu avais fait tomber un verre !
"Y a trop de bruit ! Il est tard."
Elle rit.
- Ah la vache...
Tu as réfléchi
à ce que je t'ai dit ?
- J'ai l'adresse de la famille de Matthias Gourbin.
L'adolescent de l'hippodrome.
- Tu vas aller leur parler ?
- Je sais pas.
Je...
J'hésite.
C'est la terre du capitaine Bach.
- T'as peur qu'elle le découvre ?
T'as peur qu'elle soit déçue ?
- C'est pas ce que tu crois. - Raph !
Je suis...
Je suis plus là.
T'as le droit de recommencer à vivre.
...
- Putain, elle est peut-être maline.
- Merci.
- Hugo,
j'ai pas entendu. - Merci !
Ca va, comme ça ?
- Il y a un problème ? - Où est papa ?
- Il est sorti. - C'est ça.
- Si vous vous séparez, faut le dire.
Là, c'est nul.
- Ouais, c'est vraiment naze.
Elle soupire.
- On passe un moment compliqué, avec papa.
Mais parfois, les parents passent pas des phases difficiles.
Ils se séparent pas pour autant.
Ca va s'arranger.
- La mère de Karima a dit la même chose.
Au début, tout allait bien.
Puis elle a appris que son mari la trompait
avec la prof de yoga. Ensuite, ils ont divorcé.
Mais papa fait pas de yoga. Et toi,
tu me passes le ketchup ?
Merci.
- Je vais chercher le poisson.
...
Bon appétit.
- Merci.
- Alors, pourquoi c'était urgent ?
- Ca va, capitaine Bach ?
Vous avez l'air fatiguée.
- Ca va.
Vous aussi, vous avez l'air fatigué.
Vous avez dormi là ?
- Non, j'ai pas dormi. - Ah !
C'est quoi, tout ça ?
- L'alibi de nos trois suspectes.
Je sais comment elles ont fait. Vous vous souvenez
des traces de meuble ?
C'était des radiateurs. C'est pour ça
qu'elles n'ont pas nettoyé le sang.
Elles ont foutu des radiateurs
pour faire monter la température.
Du coup, le sang a coagulé beaucoup plus rapidement.
C'était malin.
Mais j'ai trouvé.
- Elles ont falsifié le jour des meurtres.
- Du coup, elles ont plus d'alibi.
- Je comprends pas
ce qu'on fait là. Notre alibi n'a pas changé.
- Mais le jour des meurtres, si.
Bravo pour les radiateurs.
Xavier, menotte-la.
- Et ma fille ?
- Je veux parler au capitaine Bach. - Je vous emmène.
Voilà, allez-y.
- C'est moi.
C'est moi qui ai tout fait.
Toute seule.
Voilà l'arme du crime.
Vous pouvez la libérer.
...
Une porte s'ouvre.
Que voulez-vous ?
- C'est pour calmer la douleur.
- Je vais très bien, merci.
- Vous fatiguez pas, j'ai compris.
Vous avez pas pris le temps de vous maquiller.
La peau jaune.
Le fond de l'oeil.
Une hépatite fulminante, c'est ça ?
Il vous reste 2 semaines.
Les radiateurs, c'était brillant.
C'était vraiment brillant.
Mais vous avez quand même prévu un plan B.
Hum ?
- De quoi vous parlez ?
- Vous avez acheté l'arme.
Zoé a servi d'appât.
Mais c'est Diane qui les a tués et découpés.
- Ca...
- Sauf que Diane a une fille.
Et vous, vous êtes condamnée.
Alors vous avez conclu un accord.
Si vous vous faisiez attraper, c'est vous qui payiez.
Donc là, vous payez pour elle.
- Vous pouvez rien prouver.
- Non, effectivement.
La justice a son coupable, donc on arrête les frais.
- Vous direz rien ?
- Vous l'avez dit. Je peux pas le prouver.
Bon courage.
La porte claque.
C'est une femme d'honneur. Elle les balancera pas.
- Et Diane Courtillet va s'en sortir.
- Elle va échapper à la justice.
Mais moi, je pense
que tuer deux hommes et laisser un môme orphelin,
on s'en tire pas aussi facilement.
D'ici un an ou deux...
Je sais pas quand.
Un jour, ça va lui revenir en tête.
...
Sonnette
- M. Gourba ?
M. Barrada, du fond de garantie aux victimes.
Désolé de vous importuner,
mais je dois revenir sur les circonstances
de la mort de votre fils, pour l'indemnisation.
- Me prenez pas pour un con ! Vous êtes journaliste ?
Dégagez ou j'appelle les flics.
- Parler aux vivants, putain...
(Vas-y, putain...)
Sonnette
- J'appelle les flics ! - Pardon, pardon.
Vous avez raison, j'ai menti.
C'est nul.
Je suis pas journaliste. - Vous êtes qui ?
- J'ai autant envie que vous d'arrêter l'assassin de votre fils.
Je promets que c'est vrai.
J'ai juste...
besoin de votre aide pour ça.
...
Sous-titrage : Nice Fellow
.
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