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Zulu
...
Qui l'a trouvée ?
- Le chauffeur du camion, en vidant son stock.
Il sait pas depuis quand elle était là.
Il était en tournée depuis 4 jours.
- Pauvre gamine. On a un nom ?
- Julie Chevalier.
23 ans, résidant à Dieppe.
Il y a 3 jours,
elle est partie en stop à Paris, d'après sa soeur.
Elle est jamais arrivée.
- Agression sexuelle ?
- Vêtements déchirés,
sous-vêtements aussi.
Ca en a tout l'air.
- Elle fait du stop,
le mec la viole, la tue et se débarrasse
de son corps dans un camion.
Le chauffeur est hors de cause ?
- Difficile d'être sûrs pour l'instant,
mais quel tueur appellerait les flics
avec sa victime dans son camion, dans son entrepôt ?
- Ouais.
Faut qu'on trouve qui l'a prise en stop.
Lance un appel à témoins.
On touche à rien, on attend le légiste.
- Il fout quoi, d'ailleurs ?
- Balthazar, ça fait une heure qu'on vous attend.
*-Capitaine, je suis désolé... - J'entends mal. Vous êtes où ?
- Je suis pas très loin, là.
Je descends tout de suite.
- Il descend.
- Il descend d'où ?
Musique blues
...
Générique : "Balthazar"
...
Vrombissement du moteur
...
- Capitaine. - C'est quoi, cette tenue ?
Vous faites du patinage artistique ?
- C'est de la chute libre.
- De la quoi ?
- De la chute libre.
- Ca vous va bien.
C'est seyant.
Bon, vous venez ?
- Je fais que des sports virils, mais si...
Si j'avais fait du patinage artistique,
j'aurais été...
Musique pesante
...
- Alors ?
- Ben alors...
Elle est congelée.
Je sais pas quoi vous dire.
Pas de blessures apparentes,
pas de signe d'asphyxie ni de mousse aux lèvres,
pas de coloration... - Donc ?
- Donc je sais pas.
Elle a pu entrer dans le camion
vivante et mourir de froid, ou elle y a été déposée déjà morte.
Il faut attendre l'autopsie.
- Elle a subi une agression sexuelle ?
- Je...
Je peux pas savoir.
Je peux pas la manipuler ni lui enlever ses vêtements.
Il faut attendre l'autopsie.
- Vous pouvez pas me dire
quand elle est morte ?
- En fait, elle est complètement congelée.
La température cadavérique donnera rien,
les lividités ont pas pu apparaître.
Ce que j'essaie de vous dire,
c'est qu'il faut attendre...
- L'autopsie. OK, j'ai compris.
- Ca fait 3 fois que je vous le dis.
Vous êtes impatiente. C'est mignon.
C'est mignon.
- Ouais, mais non...
Balthazar ? Balthazar !
Balthazar, attendez !
- Ils ont trouvé le corps d'une meuf dans un camion de congélation.
- Pas de cause de la mort ? - Non.
C'est un mystère. Tout est à découvrir.
Tu veux pas me le laisser ?
Allez, sois sympa...
- Tu rêves.
Allez, comme d'hab',
celui qui tire la plus grande fait l'autopsie.
- Putain ! C'est tout le temps toi qui gagnes.
- Ben écoute, t'as un karma pourri.
*-Cynthia ?
Je descends à Paname en stop.
J'ai plus une thune pour le train et puis, bon...
Faisons confiance à la nature humaine.
Allez, je t'appelle quand j'arrive.
- C'était il y a 3 jours.
Je retourne les réseaux sociaux pour la retrouver.
Je lui avais dit de pas faire de stop.
Nos parents vivent aux Antilles et elle m'écoute jamais.
- Vous pouvez me parler un peu d'elle ?
Elle était comment ?
- Elle...
Elle faisait des études de droit.
C'était une idéaliste.
Elle voulait sauver le monde.
Elle passait sa vie dans des assos.
Genre femmes battues, migrants...
(Ma petite soeur...)
- Compte-rendu de l'autopsie
de Julie Chevalier, 23 ans.
Le corps congelé a été réchauffé pendant 45 min avec 2 radiateurs.
L'eau sera analysée ultérieurement.
Eddy, le compte-rendu externe ? - J'ai vu
les scans post-mortem : pas de trauma,
pas de fracture.
On voit l'apparition de larves
au niveau des orifices naturels,
liée à la décomposition du corps avant congélation.
Il y a un petit hématome, là.
Pas de lésions génitales.
Le sujet
a été déflorée anciennement.
Les ecchymoses à l'intérieur des cuisses
indiquent qu'elle s'est débattue.
- On va faire un écouvillon
pour chercher de l'ADN, mais...
Pas sûr qu'il y ait eu pénétration.
En revanche, sous les ongles, on voit des taches de sang
et des morceaux de peau.
Je vais les prélever
et envoyer ça au labo.
Ils nous diront si l'agresseur est fiché.
- Et la cause de la mort ?
Il faut attendre l'autopsie, capitaine Bach.
Qui c'est qui ouvre ?
- C'est moi. - Allez, c'est parti.
- Les organes sont d'apparence normale.
Pas de signe de traumatisme ou de lésion.
Coeur avec artères coronaires parfaites.
Oedème pulmonaire avec des érosions hémorragiques des bronches.
Pas de signe
de Wienchneski à l'ouverture de l'estomac.
Elle a dû être placée dans le camion après sa mort.
Tu sors les flacons pour prélever
le contenu gastrique ?
- Cette odeur était déjà là ?
- Elle est apparue pendant la décongélation.
Tu penses à quoi ? - Je sais pas.
Amande amère ? - Ah ouais.
Elle suffoque.
- Tout le monde dehors ! Dehors !
...
Tu vas rester à l'hôpital en observation.
Chez toi, t'allumes la télé,
et tu bouges pas pendant 2 jours. - OK.
- Du cyanure ? C'est ça qui a tué Julie ?
- Ouais. L'odeur d'amande amère. Du cyanure de potassium.
Elle en avait plein le tube digestif.
Avec l'acidité dégagée par l'estomac,
ça crée une bombe chimique.
C'est ça que Fatim a inhalé.
- Comment on lui a inoculé ?
- On lui a fait avaler. Vu la quantité,
elle est morte en 15 minutes dans d'atroces souffrances.
- C'est arrivé quand ?
- Pas de digestion, donc...
12 à 24 heures, grand max.
- Sauf qu'elle a disparu il y a 3 jours.
- On a une femme qui se fait agresser sexuellement,
qui disparaît 3 jours,
qui se fait empoisonner au cyanure pour finir
déposée morte dans un camion frigorifique.
J'aurais dû rester au pieu, ce matin.
- C'est Julie Chevalier qui aurait dû rester au pieu.
Parce que...
Je sais pas ce qu'elle a vécu, mais ça a été terrible.
- C'est bon, l'ambulance arrive.
Tu te sens bien ?
J'ai trouvé un truc chelou
dans ta blouse.
J'étais persuadé qu'on jouait à la courte paille
avec deux tiges et là... - C'est pas ce que tu crois.
- Tu triches pour avoir les meilleures autopsies ?
- Eddy, s'il te plaît...
- Tu sais quoi ? C'est pas grave.
Je suis content que tu sois vivante.
Si t'étais morte, j'aurais culpabilisé
alors que là, je vais pouvoir me venger tranquillement.
Je te préviens : ça va être monumental.
- Voilà. C'est déjà mieux pour ta soeur.
- J'ai toujours fait confiance, tu sais ?
J'avais pas envie d'avoir la trouille.
Je voulais croire que le monde est pas si moche.
Alors le stop,
c'était un acte de résistance. - Je comprends.
- N'empêche que maintenant, je suis morte.
Peut-être que le monde est moche.
J'aurais dû avoir peur. - Non.
T'y es pour rien.
Le responsable, c'est celui qui t'a fait ça.
Il a rien à faire là, ce cheveu...
T'es contente que j'aie trouvé ça.
Dr Balthazar. J'ai un cheveu avec un bulbe.
Vous me direz si on a de l'ADN ?
Merci.
On frappe.
- Le sang sous les ongles. On a un nom.
- Cool.
Cool...
- Attentat à la pudeur,
agression sexuelle, tentative de viol... Bon.
C'est cohérent. Vous vous êtes fait ça comment ?
- Je suis tombé
dans mon jardin.
- C'est fâcheux, ça.
Vous reconnaissez cette jeune fille ?
- Non, je crois pas.
- Ca aussi, c'est fâcheux. Vous l'avez prise en stop.
Vous l'avez agressée, séquestrée
et empoisonnée avant de jeter son corps
dans un camion.
- Ca va pas, de me montrer ça ?
Vous êtes malade ?
- Elle s'est débattue ?
Vous avez pas pu aller au bout.
Ca vous a rendu dingue, hein ?
Alors vous l'avez tuée. - J'ai rien fait.
- Votre ADN sous ses ongles,
vous l'expliquez comment ?
- C'est vrai, je...
J'ai essayé de...
- De quoi ?
- A votre avis ?
Je l'ai prise en stop
à la sortie de Dieppe, sur l'échangeur.
On a roulé.
J'ai dit que je voulais pisser, histoire de m'arrêter.
Elle était mignonne.
Je suis sûr qu'elle en avait envie.
Elle a crié, elle m'a griffé et elle s'est barrée.
Mais je vous jure...
Quand je l'ai vue, elle était vivante.
- Bougez pas.
Je suis en plein interrogatoire, ça peut pas attendre ?
- J'ai trouvé un cheveu sur le corps de Julie.
Sauf qu'il est ni à Julie ni à Broquet.
Il est à Nina Cartier, 5 ans, présumée assassinée
avec sa famille il y a 2 mois.
Grâce à son cheveu, maintenant,
on sait qu'elle était en vie il y a 48 heures.
Julie l'a rencontrée avant de mourir.
- On présume que le père est passé à l'acte.
Employé dans une usine
de chimie, c'était un père et un mari violent.
Hier,
les voisins ont découvert une maison saccagée
et une mare de sang.
Il s'agirait du sang de Déborah Cartier, son épouse.
La police a ouvert une enquête pour homicide.
Victor Cartier
et ses deux enfants ont disparu jeudi soir.
Leur bateau a été vu coulant au large de la baie de Somme.
Il n'y a plus aucun espoir de les retrouver vivants.
Un collègue de Victor Cartier a signalé la disparition
d'une forte dose de cyanure à l'usine le jour du meurtre.
- Ca, c'était il y a 2 mois.
Et ça, 3 semaines plus tôt.
- L'enfoiré...
C'est lui qui a fait ça ?
- Déborah avait déposé 3 mains courantes.
Il y a 2 mois,
il a commencé à s'en prendre aux gosses.
Le lendemain, il la tue.
Et il se fout en l'air au cyanure
avec les enfants.
Enfin, c'est ce qu'on croyait.
- Mais avec le cheveu que vous avez découvert...
- Il a tout mis en scène et il se planque ?
- OK, mais je vois pas le rapport avec Julie Chevalier.
- Je sais pas. Je dirais quelque chose comme ça.
Ici, Broquet prend Julie en stop.
Quelque part entre Rouen et Cergy,
il tente de la violer,
mais elle s'enfuit et se cache.
Elle se retrouve dans la planque
de Cartier.
Elle travaillait avec une asso. Elle a dû reconnaître la famille.
Résultat : Cartier la tue et jette son corps
dans le 1er camion qui la ramène à Paris.
Lancez un appel à témoins pour retrouver Cartier.
Epluche les vidéosurveillance des stations-service.
On saura où Cartier a mis le corps de Julie dans le camion.
- OK.
- Cartier doit être aux abois.
Vu son profil,
il est capable de tout. - Capitaine.
Je vais vous trouver quelque chose.
L'endroit où Julie a été séquestrée, où on l'a mise dans le camion.
On va les retrouver, ces enfants.
En vie.
- Je comprends pas.
Victor et les enfants...
Ils sont vivants, les enfants ?
- Quels étaient vos rapports
avec votre fils ? - C'était plus notre fils.
- Il faut comprendre.
On s'est demandé comment il avait pu devenir ce monstre.
On a tout retourné dans nos têtes.
On était peut-être pas assez présents.
Mais on n'avait pas de sous, fallait qu'on bosse.
- On pense qu'il a tué
quelqu'un d'autre. Une jeune femme.
Sûrement pour l'empêcher de le dénoncer.
J'ai vraiment besoin de savoir.
Avez-vous eu un contact avec votre fils depuis 2 mois ?
- S'ils sont vivants, je serai trop heureuse.
Mais s'ils sont avec Victor... C'est un monstre.
Alors j'imagine même pas.
Si Déborah est pas là pour protéger les petits...
Faut les retrouver vite, s'il vous plaît.
*Musique blues
...
- Et Sarlat t'a rien dit, en prison ?
- Non.
Que dalle.
Mais il est tellement camé...
Ils l'ont bourré de médicaments. Que veux-tu qu'il me dise ?
Ma seule piste, c'est un mec totalement camé.
- En même temps, t'es médecin, non ?
Tu dois bien savoir
comment lui donner un coup de fouet.
Quoi ?
Me dis pas que t'aimes pas jouer aux apothicaires.
Parce que... Je me rappelle d'un étudiant
en médecine qui aimait bien expérimenter
avec 2, 3 petits produits pas super légaux...
- Ca, c'était à cause de la très mauvaise influence
d'une certaine tatoueuse...
qui était trop jolie pour que je lui dise non.
- Ben oui... Je comprends.
*Musique blues
...
- Ah, tu tombes bien.
- Bonsoir.
- Bonsoir.
- Ca va, mon chat ? - Ca va.
- Donne-nous ton avis.
- Elle sera du tien.
- Hugo, portable. A propos de quoi ?
- Manon veut aller
à une fête chez sa copine.
- Sophie. - Sophie, c'est ça.
Copine qu'on connaît pas.
- Connais pas.
- Fête à laquelle
ses parents seront absents.
- Parce que ses parents sont cool.
- Hé, Hugo.
Il est hors de question
qu'elle y aille sans supervision.
- Il est hors de question que tu y ailles sans supervision.
- Vous avez décidé de me gâcher la vie ?
- Elle nous a grillés... Mince.
Hugo ?
T'as lu "Harry Potter", mais t'es pas chez les Weasley.
Ton assiette va pas magiquement aller dans le lave-vaisselle.
T'as passé une bonne journée ?
Sonnerie
- Tu disais ?
- T'as passé une bonne journée ?
...
- Ben... Oui, oui.
...
C'est un pote. Laisse tomber.
- Tada !
- C'est des cochons.
Vous me traînez à 7h pour ça ? - Non.
Non. C'est la crème de la crème des cochons.
Ils reproduisent presque à l'identique le corps humain.
- C'est...
C'est vous qui les avez... "couic" ?
- Non. Je peux continuer ? - Oui.
- Merci.
On a déposé ces cochons dans ce camion à des intervalles
de temps très précis. 18 heures. Celui-là, 12 heures.
Celui-là, 6 heures. - Vous voulez pas aller au résultat ?
- Je vous explique.
- Oui. - OK.
Quelques minutes après la mort,
le corps dégage une odeur qui attire les insectes,
qui viennent coloniser ce corps.
Les premiers sont les Calliphoridae.
Dans le cas de Julie, ces Calliphoridae étaient congelés.
Donc on a introduit des larves
à l'intérieur de ces cochons. Si on croise l'heure
de la mort de Julie avec le degré de congélation de ces larves,
pondéré par le poids
et l'épaisseur... - Balthazar, les résultats.
- C'est le 3e.
Julie a été déposée dans ce camion entre 6 et 10 heures après sa mort.
10 heures, max.
- 10 heures, max.
Soit deux stations-service.
Delgado va récupérer les vidéos.
- Attendez, attendez.
C'est tout ? - Quoi ?
- Pas de...
cris de joies, de larmes d'admiration ?
- Euh... Si. Bravo, Balthazar, vous avez fait votre travail.
Le mien, c'est de comprendre ce qui est arrivé à Julie.
Au revoir.
- Vous êtes pudique, quoi.
Je comprends. Vous êtes pudique.
- Vas-y, continue...
Vérifie que c'est bien Victor Cartier.
- C'est Cartier, mais c'est pas...
C'est pas Victor, c'est Philippe, le grand-père.
- Putain...
- Qu'est-ce qu'il fout là ?
- M. Cartier, on sait que vous n'avez pas tué Julie Chevalier.
Vous étiez chez vous quand elle a ingéré le poison.
Mais on pense que vous couvrez votre fils.
Quand Victor a tué sa femme,
il vous a appelé pour l'aider à fuir avec les enfants ?
Et...
Quand il a empoisonné Julie,
pour couvrir sa cavale, il vous a appelé.
Vous avez déposé le corps de Julie dans le camion.
Pour brouiller les pistes.
En aidant votre fils, vous êtes complice de deux meurtres.
Celui de Déborah et celui de Julie.
Ecoutez-moi.
On sait que votre fils est dangereux.
Il est violent avec vos petits-enfants.
C'est Enzo et Nina, c'est ça ?
Il faut qu'on les retrouve avant qu'il soit trop tard.
Dites-nous où ils sont. C'est important.
- Tu sais qu'ils sont vivants et tu m'as rien dit.
Dis quelque chose !
Le protège pas. Pas après ce qu'il a fait à Déborah
et ce qu'il fera aux petits.
Il faut que tu leur dises.
S'il te plaît, Philippe,
pour les mômes, je t'en prie.
- Désolé, je...
Je peux pas.
- Greg ?
Tu peux emmener monsieur en GAV ?
- OK, je te l'emmène.
- Alors ?
- Alors il balancera jamais son fils.
La perquis' chez eux, ça a donné quoi ?
- Un téléphone prépayé acheté il y a 2 mois.
Avec un seul numéro dans la liste.
Sûrement celui de son fils.
Mais il borne pas, il doit l'éteindre.
- Et la battue dans le Vexin ?
- Ils ont fouillé autour de l'aire où il a déposé le cadavre. Nada.
On va avoir du mal à les retrouver. Ils peuvent être partout.
- Si. On a Philippe Cartier.
- Il balancera pas son fils.
- Balthazar ?
Balthazar fredonne.
...
- Oreille droite.
Gauche.
- Vous cherchez quoi au juste ?
- Alors, moi,
je suis là pour deux raisons.
Je vérifie si votre état de santé est compatible
avec une garde à vue.
J'ai une bonne nouvelle, M. Cartier.
Vous êtes en bonne santé.
- Et la 2e raison ?
- Ah, la 2e...
Vous connaissez le principe d'échange de Locard ?
Non ?
Edmond Locard était un pionnier de la médecine scientifique.
Il a déterminé que lorsque deux corps entrent en contact,
il s'opère nécessairement un échange entre eux.
C'est passionnant, vous trouvez pas ?
Vous allez voir.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
A chaque fois que vous êtes allé là où se cache votre fils,
vous y avez laissé vos empreintes. Ca, on le sait.
En revanche, ce que les gens savent moins,
c'est que ce lieu
a aussi laissé ses empreintes sur vous.
Sous vos semelles, dans vos oreilles,
sous les ongles,
dans vos cheveux,
sur votre corps,
et à l'intérieur.
Respirez fort, s'il vous plaît.
Respirez fort par le nez et expirez par la bouche.
Encore.
Va falloir que je fasse des prélèvements complémentaires.
Bonsoir.
Euh... Dr Balthazar. Le capt Bach est là ?
- Euh... Oui.
Vous savez l'heure qu'il est ?
- Non. Il est quelle heure ?
- Bon...
Allez-y, entrez,
je vais la chercher. - Merci.
Il a l'air sympa, votre mari.
- Balthazar, il est 4h.
- Ouais, mais il a l'air sympa. C'est bon, ça ?
- J'espère que c'est important.
- Ouais.
C'est où, les cuillères ? - Là.
- Je sais où se cachent les Cartier.
Cartier a les symptômes
d'une primo-infection pulmonaire pseudo-grippale,
alors qu'il est vacciné contre la grippe.
- Et donc ?
- C'est bizarre, chez quelqu'un d'immunocompétent.
Du coup,
j'ai fait faire des analyses.
Sang, urine, radio des poumons.
Et figurez-vous que j'ai bien fait,
car les analyses révèlent la présence
de levure d'Histoplasma capsulatum.
- Je comprends rien.
Si vous faites du latin...
- L'histoplasmose est une maladie infectieuse des poumons causée
par des champignons qui prolifèrent dans les fientes de poulet
et de chauve-souris. Et...
C'est une malade d'importation.
On l'attrape qu'en Afrique et en Amérique.
- Cartier est jamais sorti d'Europe. Il a pas de passeport.
- Effectivement.
- Et... Accouchez !
- Des chauves-souris africaines se sont évadées d'un zoo
et se sont installées dans les forêts du Vexin.
Or,
les chauves-souris nichent dans les anfractuosités.
On appelle l'histoplasmose "la maladie des grottes".
- Cartier et ses enfants seraient dans une grotte ?
- En fait, c'est pas bon.
Bon, on y va ?
- Où ça ?
- Dans le Vexin, chercher la grotte.
- Moi, oui. Vous n'êtes pas habilité pour ces opérations.
- Vous allez attendre Delgado et perdre du temps ?
Ma voiture est plus classe que la sienne.
Et je suis meilleur pilote.
- Tu pars ? A cette heure-ci ?
- Les gosses qui ont disparu, Balthazar pense savoir où ils sont.
Plus vite je les retrouve,
mieux je me porte.
- T'aurais pu me le dire.
- Quoi ?
- Qu'il avait ce physique.
- Quel physique ?
- Te fous pas de moi, Hélène.
- Il y a 5 grottes qui pourraient coller.
On va direct à la 3e.
- Et la 3e...
Pourquoi la 3e ?
- Au pif.
C'est la plus difficile d'accès, à l'écart des sentiers.
Elle a une source d'eau à proximité
et elle est en surplomb.
C'est celle-là que j'aurais choisie.
- Vous avez failli m'avoir avec votre "au pif".
- Cette petite arrogance, là, qui vous caractérise,
vous laisse croire que vous êtes le seul compétent.
Vous êtes un civil, vous restez en retrait.
- Oui, oui...
Musique de tension
...
Elle peste.
- Ils se sont barrés.
- Leur dernier repas remonte à avant-hier soir.
Si on peut appeler ça un repas...
- Ils ont filé après le passage du grand-père.
Ils sont à pied.
Il leur faut une journée pour sortir de la forêt.
Faut qu'on les retrouve.
Appelez votre commandant. On lance une battue.
Il renifle.
Vous venez ?
...
Qu'est-ce qu'il y a ?
...
- Vous sentez pas ?
- Non, quoi ?
- Cette odeur d'humus, de viande pourrie et d'excréments.
Ce parfum qui colle dans les cheveux.
Capitaine.
Il y a un cadavre par ici.
- Oh, merde.
J'appelle quelqu'un pour descendre. - J'y vais.
- Non, c'est hyper dangereux.
- Je ne voudrais pas paraître arrogant,
mais je suis le seul qualifié, là.
Non ?
- Y a un truc que vous savez pas faire ?
- Patinage artistique.
Vraiment, ça tient.
Il crie.
Il rit.
C'était pour rigoler.
- C'est malin, ça.
Alors ?
- Il y a bien un corps...
mais c'est un adulte.
Il est là depuis plusieurs semaines.
2 mois, je dirais.
- Vous croyez que c'est Déborah Cartier ?
- Angle étroit des branches du pubis au niveau du bassin.
A priori, c'est un homme.
Appelez les gendarmes.
Dites-leur de ramener le lumaphore. Et appelez L'IJ.
- OK. - Et que tout le monde s'équipe.
C'est une scène de crime.
Couronne en or
sur la seconde molaire maxillaire,
canine mandibulaire incluse. Putain...
Capitaine ?
Capitaine !
- Quoi ?
- On se plante depuis le début.
Le corps.
C'est celui de Victor Cartier.
(- Putain...)
Ouais, ça s'est bien passé.
Non, mais... Je te raconterai.
On se voit toujours ce soir ?
D'accord.
- Capitaine ?
- Antoine, faut que je te laisse.
Rapport d'autopsie. Déjà ? Alors ?
- Empoisonnement au cyanure.
- Le cyanure qui a disparu de son usine ?
C'était pour le tuer, lui ?
C'est pas lui qui l'a volé ?
- Apparemment pas.
Quelqu'un qui connaissait l'accès,
qui a pris ses clés, qui voulait le voir mort.
- Sa femme, Déborah ?
Elle aurait mis en scène sa mort après avoir tué son mari ?
- Peut-être.
- Non... Le rapport de la PTS était formel.
On a retrouvé 1, 5 L de son sang.
Elle n'aurait pas survécu. - Elle était infirmière.
Elle a très bien pu prélever 3 fois 500 ml de son sang.
Ca prend 3 jours, maximum.
Et tout répandre d'un coup.
- Il aurait fallu une sacrée détermination.
- Vous êtes mariée. - Hmm.
- Votre mari vous tape dessus depuis 20 ans
à coups de poing dans la gueule.
Et un jour, il s'en prend à vos enfants.
Ca vous donnerait pas de la détermination ?
- Pour le tuer ?
- Et se faire passer pour morte,
pour pas être séparée des enfants.
Mais ça, je peux pas le prouver.
- Bon... Faut que je fasse parler notre témoin.
OK.
Merci.
Je vous dis qu'on sait, M. Cartier.
Que Déborah ait tué son mari pour sauver ses enfants,
à la limite.
Mais tuer une innocente ?
Comment vous pouvez la couvrir
après un truc pareil ? *-Vous comprenez rien.
Julie... Déborah y est pour rien.
- On sait que c'est pas vous.
Alors c'est qui ?
C'est un des enfants ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Quand Julie est arrivée dans la grotte,
elle a reconnu Déborah et les enfants.
Elle les avait vus à la télé.
Elle voulait les aider.
Elle allait parler, quand...
- Quand quoi ?
Et le cyanure ?
- Déborah avait gardé le reste du cyanure pour les rats.
Elle a dit aux enfants que ça faisait dormir.
Nina voulait pas que sa maman aille en prison, vous comprenez ?
Alors...
Elle a versé le cyanure dans l'assiette de Julie.
Déborah m'a appelé,
elle était dévastée.
C'est pas sa faute.
C'est la faute de mon fils.
- Dites-nous où ils sont.
S'ils forcent un barrage de police, ça peut mal finir.
- Vous l'attraperez pas.
Vous l'attraperez pas.
Elle est maligne.
Elle va s'en sortir.
- Vous savez ce que c'est ?
Du cyanure. Il était au fond de la grotte.
Et ce qui m'inquiète, moi,
c'est qu'il manque 4 gélules.
Alors une pour Julie, OK.
Mais les 3 autres ?
- Qu'est-ce que vous insinuez ?
- On pense tous les 3 la même chose.
- Non...
C'est pas possible.
- Deborah est perdue. C'est pour ça qu'elle a pris le cyanure.
Elle préfère mourir avec ses enfants
plutôt que d'être séparée d'eux. Où elle est ?
- Ils ont pris le car pour la Belgique.
Celui de 13h30 au départ de Versailles.
- Ouais. Tu montes une équipe.
Vous êtes malade !
- C'est du paracétamol.
Vous y avez cru !
Vous avez cru que c'était du cyanure.
- Vous avez raconté n'importe quoi, c'est ça ?
- On l'a fait parler, non ?
Enfin... Je l'ai fait parler.
- Tu prends 5 gars. Rendez-vous sur le parking.
- Personne me félicite pour mes talents de comédien.
Sirènes de police
...
...
- Mes chéris !
Mes chéris, mes petits !
- Ils devraient pas être séparés longtemps.
Déborah va bénéficier
de circonstances atténuantes pour le meurtre de Victor.
Quant à Nina, elle savait pas ce qu'elle faisait.
Ca va aller.
- Je peux ?
- Allez.
...
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Musique inquiétante
- Rien.
...
T'as peur ?
- Pas du tout ! - Si.
Tu sais que je vais me venger, mais tu sais pas quand.
- Je panique pas, c'est bon... - Ah bon ?
Peut-être que tu devrais.
Souffle moqueur
Elle crie d'effroi.
La vengeance est un plat qui se mange cru,
ma petite Fatim.
- Des asticots !
Eddy !
- Et moi ? Tu me rends pas joli comme Julie Chevalier ?
Tu respectes pas les morts, Raphaël.
- Il y a certains morts que je respecte pas beaucoup.
- Tu te trouves meilleur que moi ? - Oui.
Si j'étais avec la femme que j'aime, je la frapperais pas.
- Comment tu peux te permettre de me juger,
avec ce que tu t'apprêtes à faire ?
- Je vois pas le rapport.
- Tu peux te raconter ce que tu veux, mon pote.
Que la fin est plus noble, qu'elle en justifie les moyens.
Mais on est pareils, tous les deux.
On ment, on triche, on manipule.
On s'arrange avec notre conscience. - Ferme-la.
- Comme tu veux, oui.
Plutôt que de te dire que ton plan est moral,
demande-toi ce qu'en penserait ton capitaine chéri.
Musique de tension
...
On frappe.
- Ouais, entrez.
- Tu viens boire un coup ?
- On a prévu une soirée en amoureux.
- Bon, ben si c'est en amoureux...
Allez, ciao. - Ciao.
Sonnerie
Delgado ?
- Ouais ? - Je viens.
- Ah, ben voilà !
- Fais voir ton sac.
C'est quoi, ça ?
- La boîte ? Une affaire en cours.
Aspergillus fumagitus.
Ca donne des infections dégueulasses.
- C'est immonde ! Toi et ton boulot chelou...
Vas-y, c'est bon, remballe.
...
5 minutes, OK ?
- Tu te souviens de moi, Robert ?
Tu te souviens de moi ?
- Ouais.
Je me souviens plus bien.
...
- Arrête ou je t'arrache la gorge.
Je sais que t'as pas tué Lise.
Je sais que t'as pas tué Lise.
Je vais relâcher ma main, d'accord ?
Je relâche ma main, d'accord ?
- Tu m'as fait quoi ? - De l'adrénaline pure.
Ca marche bien, mais ça dure pas, alors écoute-moi bien.
Je peux te faire sortir d'ici.
Mais je vais avoir besoin de ton aide, OK ?
OK ? - Oui. Oui.
- Le jour de la mort de Lise, tu t'en souviens ?
Tu t'en souviens ? - C'était il y a longtemps...
C'était il y a longtemps. - Tu vas faire un effort.
Ferme les yeux.
Ferme bien les yeux. Oui.
Je vais relâcher ma main et tu vas respirer.
Respire doucement, calme-toi.
Je vais pas te faire de mal. Personne te fera de mal.
Respire doucement. Maintenant, imagine.
T'es dans ton petit appart rue Saint-Augustin.
Qu'est-ce qui se passe ?
- Lise...
Lise...
Je l'ai entendue crier.
Tu m'avais dit de pas descendre, de plus l'embêter,
mais je suis quand même descendu.
Lise était couchée.
Il y avait du sang.
Du sang partout. Je me sens pas bien.
Je me sens pas bien ! - Calme-toi.
Calme-toi, calme-toi.
Continue. - On croirait qu'elle dort.
Elle dort pas.
On lui a fait du mal.
Moi j'aime bien Lise.
J'aime bien Lise...
- OK, j'ai compris. J'ai compris, putain.
OK.
Est-ce qu'il y a pas...
Il y a pas autre chose ?
Quelque chose qui te paraît bizarre, n'importe quoi.
- Une odeur.
- Une odeur de quoi ?
- Ca sent l'anniversaire.
Ca sent Noël. - Ca sent quoi ?
- L'anniversaire.
- La bougie ?
- C'est ça, oui.
Ca sent la bougie.
...
- Lise détestait les bougies.
"C'est l'odeur des gens qui aiment pas les odeurs."
C'est pas elle qui a allumé une bougie.
C'est son tueur.
Sous-titrage : Nice Fellow
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