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16 SEPTEMBRE 1977
MARIA CALLAS SOUFFRANTE
Les amis des arts présentent un concert caritatif
UNE SEMAINE AUPARAVANT
Bonjour.
Votre affection tient à 99 % au fait que je vous nourris.
Et seulement 1 % à l'amour.
Comment va votre dos, Ferruccio ?
Le médecin le dit fragile comme une brindille.
Alors soyez prudent.
Vous devriez parfois refuser de faire ce que je demande.
Je suis prudent, madame.
C'est pourquoi je n'ose pas refuser.
J'ai dormi jusqu'à 2 h,
puis il est apparu dans ma chambre, et j'ai dit à haute voix :
"Je sais que tu es mort."
Et il est parti ?
Et il est parti. Ce qui ne lui ressemble pas.
Peut-être qu'après leur mort, les hommes deviennent plus gérables.
Peut-être.
Sinon, madame, un médecin va passer aujourd'hui, à 11 h.
Ferruccio a pris le rendez-vous.
Je ne peux pas, je suis occupée.
Vous pourrez lui parler de vos visions.
Il changera sûrement votre traitement.
Je suis parfaitement satisfaite de mon traitement et de ses effets.
Je suis satisfaite du théâtre dans mon esprit.
Les médecins confondent révélation et maladie.
En fait, c'est une forme de sagesse qu'ils ne comprennent pas.
Je n'ai pas raison ?
Madame, si vous permettez,
vous serez occupée à quoi ?
Bruna, vous allez m'écouter.
Et soyez franche.
Alors ?
C'était...
magnifique.
Merci.
La position du piano vous convient ?
Ça ne va pas.
Mais je suis gentille, alors laissez.
Une équipe de télévision vient m'interviewer dans une heure.
Cachez les cendriers.
Puis-je entrer, madame ?
S'il le faut.
Qu'avez-vous pris ?
J'ai pris des libertés, toute ma vie.
Et le monde a pris des libertés avec moi.
Vous m'avez compris.
Ce matin, seulement du Mandrax.
Combien ?
Deux.
Je dois sortir,
Mandrax m'accompagnera.
Mandrax n'est pas fiable pour vous accompagner.
Je vous emmène.
Où allez-vous ?
Je marcherai.
Vous vous moqueriez.
Que vous a dit Bruna de votre aria ?
Que c'était magnifique.
C'est une domestique.
Donc elle ne connaît rien à l'opéra ?
Elle n'est pas qualifiée pour juger.
Je sais où vous allez.
Elle a dit que c'était magnifique. Et la précédente était "excellente".
Donc ça veut dire
que vous voulez essayer ?
Oui, sur l'avis d'une domestique.
Madame, l'équipe de télévision,
elle existe vraiment ?
Placez le piano devant l'autre fenêtre.
Et à partir de maintenant,
ce qui existe vraiment ou pas,
c'est mon affaire.
Oui, madame.
Je serai absente
pour le rendez-vous que vous avez pris sans mon accord.
Madame, il faut...
N'annulez pas. Faites examiner votre dos.
Vous commencez à vous voûter.
Au cas où l'équipe TV existerait.
ACTE 1 : LA DIVA
Mme Callas.
Je m'appelle Mandrax.
J'aimerais retracer votre vie avec vous.
Plus l'interrogateur est beau, plus les réponses sont honnêtes.
Dois-je vous appeler "Maria" ou "la Callas" ?
L'un ou l'autre m'ira très bien.
Je préfère "la Callas".
Alors ça m'ira très bien.
À moins que vous ne vous sentiez prisonnière de cette identité ?
On a tant écrit sur moi,
souvent des choses très injustes.
Des histoires inventées de toutes pièces.
On s'assoit ?
Moteur.
Ça tourne.
J'ai une nature assez rebelle.
Il paraît qu'un jour, vous avez brûlé toutes vos robes.
Quelles robes ?
Vos costumes d'opéra.
C'est exact.
Voilà qui en vaut la peine.
J'ai brûlé mes robes avant de quitter Milan.
- Puis-je vous demander pourquoi ? - Non.
Quand a eu lieu votre dernier concert ?
Il faut vous montrer plus persévérant.
J'ai brûlé mes robes parce qu'elles appartenaient au passé.
Et pour répondre à votre question moins intéressante,
mon dernier concert remonte à quatre ans et demi,
parce que me produire sur scène
appartient également au passé.
Ça n'arrivera plus jamais ?
Non.
Dites-moi ce que vous ressentiez sur scène.
Une exaltation.
Une intoxication.
Parfois, j'avais l'impression que les planches allaient prendre feu.
Et les mauvais jours ?
C'est un tiraillement.
D'un côté, on veut se battre.
Et de l'autre,
on se trouve atroce et on se dit qu'on devrait avoir honte.
Hélas, le public s'attend à un miracle.
Je n'en suis plus capable.
Nous pourrions parler de votre vie hors de scène.
Je n'ai pas de vie hors de scène.
La scène occupe mon esprit.
Je dois partir.
- Partir ? - Oui.
On avait trois heures.
Venez avec moi.
Où ça ?
"Venez avec moi," dit la diva,
et nul doute quant à la destination.
Alors je viens, où que vous alliez.
Accompagnez-moi dans Paris.
Mon maître d'hôtel dit que Mandrax n'est pas un compagnon fiable,
mais nous allons très bien ensemble.
Vous voyez ?
Quand je suis avec votre caméra et vous, je n'ai pas à chanter,
car le monde entier chante.
Je suis en retard.
Vous êtes Maria Callas.
Vous n'êtes pas en retard. Les autres sont en avance.
Vous me jetez des miettes de pain, comme si j'étais un merle noir.
Et la scène, une mangeoire.
C'est peine perdue.
Mais j'ai chanté pour Bruna ce matin,
et elle a dit qu'elle me trouvait magnifique.
Qui est Bruna ?
Ma femme de chambre.
Elle faisait une omelette.
Ses omelettes sont magnifiques.
Elle ne connaît pas grand-chose à l'opéra, à part ce que je lui ai appris.
Et ce que je lui ai appris,
c'est à être élogieuse.
Alors je suis venue sur l'avis d'une domestique obligeante.
Vous savez, les merles noirs ont un chant.
Si vous achetez le disque,
l'étiquette dit simplement :
"Chant du merle noir".
Il doit y en avoir un simplement intitulé :
"Chant humain".
J'aimerais l'interpréter avant d'arrêter.
D'arrêter ?
Maria.
Vous vouliez venir pour savoir si vous aviez encore de la voix.
Je ne suis ni répétiteur ni professeur.
Je n'ai rien à vous apprendre.
Mais à l'oreille,
je saurai.
Puccini saura.
Puccini est mort.
Il s'en félicitera peut-être.
Restons là à regarder devant nous, comme si on contemplait l'avenir.
Que voulez-vous chanter ?
Une chanson d'amour.
De qui êtes-vous amoureuse ?
Devinez.
Vilain et mort.
Toujours M. Onassis ?
Il vient dans mon lit toutes les nuits.
Il me hante. J'adorerais le congédier.
Votre dernier concert ?
Ça remonte à loin.
Ça m'a rendue malade.
J'ai eu une hernie et une phlébite.
Tout a enflé.
Sauf mon ego.
J'étais au Japon. Les médecins ont dit :
"Qu'est-ce que c'est ?"
Mon équipe a répondu : "C'est La Divina, la prima donna."
"Pourquoi elle ressemble à une grenouille violette ?"
Je suis rentrée à Paris.
Assise chez moi, je regarde par la fenêtre
et je dis : "Tic-tac, la brute est morte. J'ai perdu ma voix.
"Que faire maintenant ?"
J'ai ma voiture.
Je vous ramène en cellule, avenue Georges Mandel,
si vous le souhaitez.
Bruna est ma mère, ma sœur, ma fille, ma femme de chambre.
Ferruccio est mon père, mon fils, mon frère, mon maître d'hôtel.
On étouffe, dans cet appartement.
Je ne veux pas rentrer déjà.
Dans ce cas, j'ai une idée.
Vous êtes visiblement en colère ou terrifiée,
ou amère, je ne sais pas.
Ne chantez pas.
Criez.
Criez si fort que même Puccini vous entendra.
Si fort
que le vilain mort, Onassis, vous entendra.
C'est Maria qui chantait.
Je veux entendre la Callas.
Ça ne se fera pas en un jour.
Puccini et moi serons ici demain.
À la même heure.
Madame.
J'ai demandé au médecin de vous attendre.
Dr Fontainebleau,
Maria Callas.
Je suis un grand admirateur.
Comment va le dos de mon maître d'hôtel ?
Il n'y a pas d'autre traitement qu'arrêter de déplacer des pianos.
Je lui ai montré le journal des médicaments que vous prenez.
J'ai la sensation étrange que divulguer des informations médicales est illégal.
Non ?
Je dois vous parler
de la vie et de la mort.
De la raison et de la folie.
Le piano est à la bonne place.
Merci.
Je vous en prie.
Je vais cuisiner pour elle, ça ira mieux.
Elle est trop maigre.
Elle n'a rien mangé depuis trois jours.
La dernière fois, c'était quatre jours.
Ça va aller.
Ce que vous préparerez, elle le donnera aux chiens,
comme d'habitude.
Madame ?
Laissez-moi.
J'ai fait du café.
Par ailleurs,
il y a un message pour vous.
Du pianiste.
Il dit qu'en tout état de cause,
vous devez retourner le voir demain.
Il a entendu de l'espoir dans votre voix.
Je me suis dit que c'était une bonne nouvelle,
que ça vous ferait plaisir.
L'armoire à pharmacie est déverrouillée.
Vous pouvez tout jeter.
Ce n'est pas ce que le médecin a conseillé.
Était-ce bien un médecin ?
C'est un spécialiste, madame.
Spécialisé en quoi ?
Hématologie.
D'où la prise de sang.
Mais il dit que, même sans attendre les résultats,
il faut maîtriser votre traitement.
Il est maîtrisé.
C'est moi qui le maîtrise.
Les médecins détestent ça.
Prenez rendez-vous pour moi avec un coiffeur qui ne bavarde pas.
Quand j'écrirai mon autobiographie,
je l'intitulerai Le jour où Ferruccio m'a sauvé la vie.
C'était quel jour ?
Chaque jour. Tous les jours.
Donc je vous déteste.
Je tombe à l'eau, et vous me repêchez toujours.
Oui, madame.
Prenez-moi une table dans un café où l'on me connaît.
J'ai envie d'être adulée.
Vous savez,
un jour à New York, vous m'avez brisé le cœur.
Avec quelle aria ?
Non, c'est parce que j'avais deux places
et que vous n'êtes pas venue.
- Il paraît que vous étiez souffrante. - Alors je l'étais.
- Je ne vous en veux pas. - J'étais souffrante.
Ce n'est rien.
J'avais oublié avant de vous voir.
On m'accusait de faire semblant. Je n'ai jamais fait semblant.
Vous n'imaginez pas, aucunement, comme il est douloureux
d'expulser de la musique de son ventre à travers sa pauvre bouche !
Aucunement !
On peut vous trouver une place à l'intérieur.
Je n'ai pas faim.
Je vais au restaurant pour l'adoration.
S'il vous plaît.
Merci.
Ce soir, vous avez défini Violetta à jamais.
Vous êtes Violetta.
Maria.
Où étais-tu ?
Je crois que tu le sais.
Excusez-moi.
Je parle mal anglais, mais la fleur dit tout.
Magnifique Traviata.
Ce soir, le monde est à tes pieds.
Veuillez m'excuser, Mme Callas.
Quelqu'un meurt d'envie de faire votre connaissance.
Accepteriez-vous d'embellir sa journée, sa semaine, son mois,
sa vie ?
Excusez-moi, monsieur, puis-je emprunter votre épouse ?
D'autres attendent.
Moi, je n'attends pas.
Qui êtes-vous ?
Aristote Onassis.
C'est ma réception, en votre honneur.
Vous pouvez les compter, j'ai acheté mille roses roses pour vous.
On m'a dit qu'il serait bien vu
d'associer mon nom à celui de la prima donna assoluta.
Cette soirée avait donc une finalité commerciale.
Mais me voilà amoureux.
- Amoureux de l'opéra ? - Non.
Je suis amoureux de vous.
Je suis vilain, mais très riche.
Je suis grec, mais je viens d'Argentine.
Je suis marié.
Mais on est en 1959.
Alors...
au coup de foudre à travers des jumelles.
Mes jumelles de théâtre.
Vous m'aimez, mais vous ne m'aviez jamais vue avant ce soir ?
Vous me vexez.
Nous nous sommes vus.
À Venise.
Au festival de cinéma.
Mais il y avait beaucoup de stars,
alors vous avez oublié le vilain nabot.
Moi, je ne vous ai pas oubliée.
Voulez-vous danser ?
Je devrais retourner auprès de mon mari.
Vous ne retournerez jamais auprès de lui.
Parfois, il se produit
ce qui est en train de se produire.
Qu'est-ce qui est en train de se produire ?
Une décision est prise.
Pas de façon consciente,
mais c'est comme ça.
Je regrette, M. Onassis.
Devrais-je ressentir quelque chose ?
Oui.
Pour la première fois.
Au-delà d'une certaine limite, la confiance en soi tient de la folie.
J'ai franchi cette limite il y a fort longtemps.
Sans vouloir être brusque.
Je peux vous assurer que vous êtes brusque.
C'est même un euphémisme pour votre attitude.
Je voudrais vous parler d'un bateau. Mon yacht.
Le Christina.
Il va voguer de Monaco à la Grèce,
le 21 juillet.
J'adorerais vous avoir à bord.
Je comprends.
Beaucoup de gens se l'arrachent, mon temps est écoulé, je comprends.
Mais je viens de dire à votre femme
que j'organisais une croisière depuis Monte-Carlo.
J'ai invité les plus grandes personnalités.
Et je lui disais
que ce serait un véritable honneur
si votre épouse et vous
acceptiez de vous joindre à moi.
Devinez sa réponse.
J'ai accepté.
Pourquoi pas ?
Et mon mari a donné son accord.
D'après une théorie répandue,
si l'on demande quelque chose, c'est qu'on le désire.
Ce n'est pas vrai.
Je ne voulais pas aller sur son yacht.
Je savais où il me mènerait.
Et il m'y a emmenée.
Là où je ne voulais pas aller.
Mais une fois arrivée,
je suis restée.
Mon fils a appelé chez vous.
On va venir vous chercher.
Une autre, s'il vous plaît.
J'imagine que...
vous trouvez mon comportement inhabituel.
En fait, je travaille.
J'écris.
Qu'est-ce que vous écrivez ?
Une autobiographie.
Une aria.
Un acte trois.
Un chant humain.
C'est dans cet esprit.
Je ne vous savais pas auteur.
Moi non plus.
Je ne me sers pas d'un stylo,
mais de moi-même.
Apparemment,
la partie de mon cerveau qui rêve
prend la barre et mène le navire
à bon port.
Pourquoi êtes-vous si gentil ?
Parce que vous l'êtes avec nous.
Je ne m'écoute jamais. S'il vous plaît, éteignez.
C'est mon café, madame.
C'est ce que j'écoute quand je suis seul.
Vous n'êtes pas seul. Éteignez !
Je ne peux pas écouter mes enregistrements.
Pourquoi ?
Parce qu'ils sont parfaits.
Et un chant ne devrait jamais l'être.
Il devrait être l'expression du moment,
différent à chaque fois.
C'est pourquoi...
Quand vous voulez, madame.
Je vous aide, madame.
Le Dr Fontainebleau a appelé.
Il a les résultats de votre bilan sanguin.
Il faut que vous le rappeliez demain.
Il a dit ça ?
Je crois, oui.
Il a peut-être dit "il faudrait".
Il a peut-être dit que je pouvais le rappeler.
Il veut que vous le rappeliez, madame.
Mais vous avez oublié ses mots,
qui détermineraient si j'arrive ou non à dormir cette nuit.
Vous vieillissez.
Et vous devenez voûté.
Mais vous le rappellerez.
Oui ?
Je vous en prie.
Bruna !
Bruna !
Ça fera
cent drachmes.
Elle sait danser.
Mais elle,
elle a une voix.
Elles font quoi d'autre ?
Pas maintenant.
Chante.
Avez-vous dormi, madame ?
Je ne sais pas.
J'étais avec ma sœur, ça faisait partie du plan.
De quel plan ?
Et vous m'avez réveillée.
Comment dormir ? Ferruccio m'a pris tous mes cachets.
Il est allé prendre un café et un croissant.
Où sont mes médicaments ?
Le Dr Fontainebleau veut qu'ils restent à la cuisine.
Même ceux que j'avais cachés ?
Vous m'avez fait les poches.
Au fait, vous allez appeler le médecin.
Non, aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec Bellini.
Madame, vous pouvez quand même appeler le médecin.
Un colis est arrivé pour moi ?
Oui, un paquet d'Athènes, de la part de votre sœur, Yakinthi.
Tant mieux.
ACTE 2 : UNE VÉRITÉ IMPORTANTE
Ici, c'est parfait.
C'est très beau. Ça fait très "la Callas".
Grec, majestueux, mélancolique, enserré dans le passé.
Je dois vous appeler "Maria" ou "la Callas", aujourd'hui ?
Aujourd'hui, "Maria".
- Ici ? - Je vous en prie.
- Moteur. - Ça tourne.
Il paraît que vous voulez faire votre come-back.
Pas vraiment. Je ne compte plus me produire sur scène.
Je croyais que vous cherchiez votre voix.
Je cherche quelque chose que j'ai perdu.
Pourquoi chanter à nouveau ?
Parce que la musique est si monumentale
qu'elle vous enveloppe dans un état de torture.
C'est une bonne raison ?
La musique naît du malheur,
de la souffrance.
Le bonheur n'a jamais produit de belle mélodie.
Il me semble que la musique naît de la détresse
et de la misère.
Vous êtes née très pauvre ?
Oui.
J'ai chanté pour de l'argent.
Je l'ai compris cette nuit,
c'est là que tout a commencé.
Vous voulez un café ?
Non, je veux du courage.
Le courage d'entrer dans ce restaurant mexicain
et de commander des fajitas avec la crème et la sauce.
Ça demande du courage ?
L'odeur, quand je passe devant, chaque matin avec mes chiens,
me rappelle le jour où j'ai enfin dit à ma mère
d'aller se faire foutre.
Ça fera un chapitre entier.
Vous l'appellerez
"Le jour où j'ai enfin dit à ma mère d'aller se faire foutre
"dans un restaurant au Mexique."
Ça ne s'est pas passé au Mexique.
J'avais demandé à Bruna de cuisiner, parce qu'elle n'a pas sa pareille.
Et ma mère n'a pas sa pareille pour tout gâcher.
C'est le moment du film où vous devez chanter.
Chantez, putain !
La Callas se doit de chanter.
Pas d'excuse.
Pas de maladie imaginaire.
Pas comme à Rome, à Covent Garden ou à New York.
Chantez, merde !
Je chanterai quand je m'estimerai prête.
- J'ai réfléchi depuis hier. - Moi aussi.
La Callas doit être dans la lumière.
J'ai demandé un éclairagiste.
Il est là-haut.
Pierre ?
Seule la Callas pousserait un technicien à sacrifier son déjeuner.
Mais il n'y a que vous et moi,
et le piano.
Et le gentil Pierre.
Non, il règle le projecteur et disparaît.
C'est une séance privée.
Et nous sommes là où vous avez envie d'être.
New York,
Covent Garden,
la Scala.
Venise.
Venise, 1949.
J'étais grosse.
Belle et grosse.
- Vous n'avez jamais été grosse. - Si.
J'ai eu peur de faire couler la gondole.
Venise en 49...
Le rôle d'Elvira.
Vous avez dû l'apprendre en une semaine.
Et tout a commencé.
Vous connaissez I Puritani ?
Si je connais I Puritani ?
J'ai senti la Callas dans cette salle.
Il faut persévérer.
Bravissima !
Reprenons.
Pas aujourd'hui.
Parfait.
Vous ne m'avez pas vraiment expliqué
quel film vous tourniez.
Il s'intitule : La Callas, derniers jours.
Dans ce cas...
moteur.
Ça tourne.
Votre enfant aurait le même âge.
Votre bébé.
Celui qu'il vous a refusé.
C'est vrai, non ? Il vous a mise enceinte
et il vous a interdit de garder le bébé ?
Tout à l'heure,
j'étais à Venise.
Avant lui.
Avant l'amour.
Petit à petit, j'examine ma vie.
Je vois la vérité.
J'ai gagné à la roulette.
Il t'a laissée gagner.
On ne triche pas à la roulette.
Tout le monde peut tricher à n'importe quoi.
Surtout ces gens.
Mais encore ?
Il ne tente même pas de cacher son désir pour toi.
J'ai parlé à Winston Churchill.
La fille d'Athènes !
Pour une prima donna, le plaisir est indispensable.
Tu cites ce connard ?
Non.
J'exprime mes propres pensées à voix haute.
C'est nouveau.
Mes pensées.
À voix haute.
Le messager des dieux, Hermès.
Hermès, c'est mon dieu.
Hermès, c'est moi.
Il date du deuxième siècle avant Jésus-Christ.
Une beauté rare.
Je n'ai que faire de la beauté.
Je suis une mocheté.
Et je suis loyal à ma tribu.
Vous représentez la tribu adverse.
Ça fait peu de temps que j'en fais partie.
J'appartenais à la vôtre.
Je vous aurais aimée aussi.
J'étais indigne d'être aimée. Demandez à ma mère.
Hermès est très affairé.
Il protège les voyageurs, les marchands,
les orateurs et les voleurs.
Et vous êtes tout cela ?
Je suis marchand.
Mes bateaux parcourent le globe.
Mon éloquence m'aide à obtenir ce que je veux.
Et si ça ne suffit pas, je le vole.
Cette sculpture est incomparable.
Inestimable.
Je l'ai fait voler sur commande dans un musée d'Athènes.
Personne ne sait qu'elle existe.
Seules les personnes qui entrent ici savent que je l'ai.
Donc votre femme.
Ce que je veux,
je le vole.
Vous comparez ceci à un vol ?
Vous pensez que j'appartiens à mon mari
et que si nous couchons ensemble,
je vous appartiendrai ?
Devenir un trophée dans une vitrine,
ce n'est pas mon ambition.
Pourquoi Aristote Onassis ne vous a pas épousée ?
Il savait qu'il ne me contrôlerait pas.
Et il ne m'a pas interdit d'avoir un bébé.
Attendez.
Une vérité importante, clap.
Continuez.
Je n'ai pas épousé Aristote Onassis
parce qu'il voulait une femme qu'il puisse contrôler.
Et je n'ai pas eu de bébé
parce que mon corps a décliné l'invitation à se dupliquer.
Mon corps savait que j'étais un tigre.
M. Ferruccio !
Bonsoir, M. Nasser.
Même ma femme se plaint, et elle est à moitié sourde !
Je comprends. Je vais voir ce que je peux faire.
Que faites-vous ?
J'évite la visite des gendarmes.
À ce volume, l'opéra porte malheur.
On se croirait à la radio américaine.
Vous n'écoutez jamais vos enregistrements.
Sur un pont, j'ai pris une décision.
Les chiens ont eu peur du bruit.
Vous avez ce que j'ai demandé ?
Oui.
Déballez-le, merci.
Quelle décision, madame ?
Si je veux redevenir la Callas, je dois écouter la Callas.
Il faut que je m'enregistre et que je me compare à mon ancienne voix.
Il y a une...
Oui, la cassette doit être à l'intérieur.
Vous aviez prévu d'appeler le médecin, vous l'avez fait ?
Bruna ?
Je ne... Les machines.
Vous avez appelé le Dr Fontainebleau ?
Là, ça enregistre. Il suffit de...
Bruna, vous allez venir demain avec cette machine pour m'enregistrer.
Ferruccio, avec votre idée fixe,
vous resterez dans la voiture pour la nettoyer.
Et le piano était mieux devant l'autre fenêtre.
Mieux pour quoi faire ?
Mieux pour ce que j'ai à faire.
Là, ça enregistre. Il suffit de...
Bruna, vous allez venir demain avec cette machine pour m'enregistrer.
Ferruccio, avec votre idée fixe,
vous resterez dans la voiture pour la nettoyer.
Ne renversez pas.
Je vous ressers.
Posez vos questions.
Pourquoi rester avec une brute comme Onassis ?
Parce qu'avec lui, je pouvais...
redevenir une jeune fille.
Vous lui avez donné des cachets ?
Non.
Qui l'a fait ?
Elle a reçu un colis de Yakinthi.
Suivre des instructions simples me réconforte beaucoup.
Un retour à la vie normale.
Quand a-t-elle été normale ?
Je crois que...
c'est arrivé, un jour, en 1964.
Une journée morne, j'imagine.
Voilà.
Le piano est bien mieux là.
Tous les deux, habillez-vous chic.
Nous sortons, pour célébrer ma vie.
Je crois que l'on m'attend.
Je ne le crois pas, madame.
Moi, je le crois.
C'est tout ce qui compte.
Attendez ici.
Regarde là-haut.
Le roi.
C'est moi, non ?
Le président Kennedy va venir ?
Il est probablement dans une suite en train de baiser Marilyn Monroe.
Sa femme va venir, c'est sûr.
Comment tu le sais ?
Que dis-tu des endroits où je te sors ?
J'aime la fresque.
Ça te plaît, petite fille d'Athènes ?
Ne bois pas trop.
Ma chérie, c'est trop tard.
Tu pourrais me remercier, parfois.
Je t'emmène à la fête d'anniversaire du président...
Maria Callas ?
Mince alors.
Je vous ai vue au Met, et mon Dieu !
Oui, c'est une déesse.
Elle m'a fait pleurer. Et mon mari a dit : "OK, je comprends."
Oui, c'est un oiseau.
Un rossignol.
J'ouvre la cage, mais elle ne veut pas s'envoler.
Excusez-moi, qui êtes-vous ?
Tu peux expliquer à la gentille dame
que je suis l'homme le plus riche de l'assemblée, putain ?
Le plus grand veinard du monde.
Tu as vu sa femme ? Mazette !
Je rêve de vous voir chanter à l'amphithéâtre d'Athènes.
Il paraît que l'acoustique y est meilleure que dans les opéras modernes.
Oui.
Vous ferez une tournée aux États-Unis ?
M. le président. Onassis.
Non, pas pour le moment. J'ai des problèmes avec ma voix.
Le rossignol devrait peut-être parfois quitter la cage.
Joyeux anniversaire
Joyeux anniversaire, M. le président
C'est intéressant,
la sensation qu'on peut produire même quand on n'a pas de voix.
Tout le monde se fiche de sa voix.
Comme on se fiche de ton physique.
Rien à signaler.
Par ici.
Maria Callas.
Oui.
Vous êtes née aux États-Unis ?
Oui, à New York.
Bienvenue chez vous. Je peux ?
Viendriez-vous chanter à la Maison-Blanche ?
Je ne crois pas que vous apprécieriez ma voix actuelle.
Alors, Onassis...
c'est votre... je ne sais quoi ?
Oui, mon je ne sais quoi.
Le père que vous n'avez pas eu.
Comment savez-vous que je n'en ai pas eu ?
La CIA équipe 17 000 jeunes diplômés de dispositifs d'écoute
pour se renseigner.
Vous êtes superbe, au fait.
Merci. Vous avez l'air fatigué.
Jamais pour une beauté.
Votre mari m'a invité avec Jackie sur son yacht.
Vous savez que ce n'est pas mon mari. C'est mon je ne sais quoi.
Hier soir, il vous a qualifiée d'épouse.
Il va peut-être me demander ma main. Il serait drôle, un genou à terre.
Ce serait amusant de voguer avec vous.
M. Onassis
dit qu'il a un Greco à bord qu'il aimerait montrer à ma femme.
Oui.
Dans sa chambre.
Vous avez l'air triste.
Cette nuit, avant de s'endormir, Ari m'a dit qu'il m'aimait.
Sachant qu'il n'est rentré qu'à 4 h du matin,
vous ne trouvez pas ça triste ?
Où avait-il passé la soirée ?
Où est Jackie ?
Dans son propre cercle.
Je n'ai pas de nombreux employés
équipés de dispositifs pour se renseigner.
Mais je sais que vous et moi sommes de ces quelques chanceux
qui peuvent aller où ils veulent dans le monde...
mais jamais, au grand jamais, s'échapper.
Nous ne sommes pas amis pour autant.
Où allons-nous maintenant ?
Nous sommes fatigués.
Pas moi.
Mais nous, si.
Et nous sommes inquiets.
Qu'est-ce qu'il fait là ?
Je l'ai invité. J'ai laissé une clé.
Ma nouvelle ne peut pas attendre.
Non.
Bruna et moi allons sortir les chiens.
- Oui, on y va. - Ensuite, nous reviendrons.
Apparemment, ce soir, on a un peu fait la fête...
Vous êtes d'un sérieux !
Les gens me déçoivent toujours.
Toujours.
J'ai passé une soirée fabuleuse.
Vous aimez l'opéra ?
Bien sûr.
Dans La Traviata,
Violetta est atteinte de tuberculose.
Ce n'est pas ça.
Ça ne porte pas qu'un seul nom.
Votre sang raconte une histoire.
Une autobiographie écrite dans le sang ?
En plus du Mandrax,
des sédatifs et des stimulants,
vous prenez un stéroïde, la prednisone ?
Pour lutter contre ma transformation en grenouille.
Par conséquent, votre foie n'arrive plus à fonctionner.
Il n'élimine plus toutes les toxines.
Votre cœur défaille aussi.
Mon pauvre cœur.
Votre organisme est très fragile.
Votre précieux Ferruccio me dit
que vous allez réessayer de chanter ?
Mon précieux Ferruccio est très désinvolte avec mes secrets.
À mon avis,
le stress supplémentaire pour votre organisme
et le traitement dont vous aurez sûrement besoin
pour tenir de jour en jour,
ça vous tuera.
Si vous persistez à vouloir chanter.
Et je vous dis ça alors que j'adorerais vous voir à nouveau sur scène.
Je n'ai pas l'intention de me produire sur scène.
Ni pour vous ni pour personne.
Alors pourquoi vous répétez ?
Ma mère me forçait à chanter.
Onassis m'interdisait de chanter.
Maintenant, je veux chanter pour moi-même.
Votre belle vie...
Défile devant mes yeux.
Que voulez-vous dire ?
Qu'aujourd'hui, enfin,
c'est moi qui maîtrise
la fin.
Je vous supplie
de revenir à la raison.
Ma vie, c'est l'opéra.
Il n'y a rien de raisonnable dans l'opéra.
Votre voix ne reviendra pas.
Votre voix est au paradis,
et sur un million de disques.
Sortez.
ACTE 3 : RIDEAU
Ça m'a demandé beaucoup d'efforts d'entrer dans ce restaurant.
J'ai dit une formule magique.
Depuis que je t'ai envoyé les cachets,
j'ai des regrets.
Pas moi.
Comment tu me trouves ?
Trop maigre.
On m'a beaucoup pris.
Maria.
Je suis venue jusqu'à Paris. J'adore Paris.
Je suis heureuse.
Ma vie...
vogue droit comme un navire.
Je ne veux pas couler.
Tu m'as écrit que tu avais besoin de moi.
Tu voulais me voir.
Je ne te donnerai plus de cachets. Je refuse.
Je n'en ai plus besoin. Ils ont rempli leur fonction.
Merci.
J'ai suggéré ce restaurant
parce qu'il me fait penser à elle.
À qui ?
La dernière fois que j'ai vu maman, elle voulait de l'argent.
Elle m'a dit : "Je t'ai mise au monde
"pour que tu t'occupes de moi."
Elle m'a traitée de grosse indigne d'être aimée.
Souvenir merveilleux.
C'est du passé, Maria.
Ferme la porte.
Je finirai par le commencement.
Un toast.
Aux souvenirs partagés
seulement par toi et moi.
Ferme la porte.
Les soldats allemands me harcèlent.
Parfois,
quand tu pleurais,
je prenais ta place pour que tu te reposes.
Tu te rappelles ?
Je mène ma vie en regardant devant moi.
Et moi, en regardant en arrière.
J'écris mon autobiographie.
Si tu veux écrire l'histoire de ta vie, ne compte pas sur mon aide.
Elle s'écrit déjà sous mes yeux.
Je ne sais même pas si tu es réelle.
Arrête.
Maria, arrête.
Tu me fais mal au bras. Arrête.
J'ai des hallucinations.
Des hallucinations ?
Alors va voir un médecin.
Ma jolie.
J'ai vu un médecin.
Ça suffit.
Ton chauffeur t'attend.
Je n'ai aucune dette envers toi.
Tu veux mon avis ? N'écris rien sur ta vie.
Mais si tu le fais,
sois indulgente avec toi-même.
Parce que...
j'étais à Athènes avec toi.
Et je sais que,
même si tu as des défauts,
même si tu as pu faire des erreurs...
Ce n'est pas ta faute, ma chérie.
Ce n'est vraiment pas ta faute.
Merci.
Parfois, je me dis que j'ai tout inventé.
Ferme la porte, petite sœur.
Je ne peux pas.
C'est la seule façon de faire entrer la musique.
On l'emmerde, la musique !
Ma chérie, tu as 53 ans.
Tu n'as jamais connu la liberté. Oublie la musique, vis ta vie.
Incroyable.
Vous êtes à l'heure.
Mon public m'attend.
Plein de haine.
Quelle haine ?
Je vais interpréter la scène de la folie d'Anna Bolena.
Je l'ai chantée à la Scala.
1957.
Oui, les Milanais me détestaient.
J'avais annulé, malade. Ils ne me l'ont jamais pardonné.
Et j'ai craché mon venin sur ces pauvres innocents.
- Puis vous avez chanté. - Oui.
Pleine de rage.
Envers la presse,
les mauvaises langues,
ma mère,
le monde entier.
Bruna, maintenant.
Commencez.
Le projecteur.
Madame,
vous étiez magnifique.
Seigneur.
On rentre à la maison.
L'amour vous y attend.
Venez.
J'écris pour les pages musique du Figaro.
Pour mon travail de journaliste, j'étais dans le théâtre.
Je vous ai entendue interpréter Anna Bolena,
et c'était vraiment pas génial.
C'était même assez mauvais.
On dit que vous voulez remonter sur scène.
Avez-vous un commentaire sur vos répétitions,
après ce que j'ai entendu et enregistré ?
Pourquoi écrire ça ?
Parce que c'est Maria Callas...
Les gens veulent savoir !
S'il vous plaît.
Allez-y, Mme Callas.
On vous a toujours prêté mauvais caractère.
Ces photos se vendront partout.
Calmez-vous et donnez-moi votre version.
Nos lecteurs s'intéressent...
Laissez-nous tranquilles.
Il faut nous laisser tranquilles.
On veut savoir ce qui vous est arrivé.
Quelle tragédie !
J'ai nettoyé la voiture, selon vos ordres.
Je vous ramène.
Jouez-le.
S'il vous plaît.
Jouez-le.
J'imagine que votre petit film est bientôt fini.
Je vous ai dit que j'étais amoureux de vous ?
Ça arrive souvent.
Avant la dernière scène,
je tiens à vous dire quelque chose.
Enregistrez, s'il vous plaît.
Je n'ai pas de matériel.
Alors souvenez-vous-en.
Sinon personne ne le saura.
Quand il était sur son lit de mort, ici, à Paris,
je suis allée le voir.
Je t'aime.
C'est tout ?
Je dois m'en aller ?
J'ai des choses à te dire.
Premièrement,
je déteste toujours l'opéra.
Tu n'es pas obligé d'en dire trop.
Je sais presque tout.
Tu sais presque tout ?
Tu n'as jamais manqué d'assurance.
Tu es heureuse ?
J'ai lu dans le journal
que Frank Sinatra gagnait dix fois plus d'argent que moi.
Tu es pauvre.
Toujours.
J'aimerais t'entendre chanter ici, maintenant.
Je réveillerais tout Paris.
Il te pardonnerait.
Tu sais,
je crois que j'irai à Athènes.
Mon esprit se trouvera une chaise sur le port
pour regarder les bateaux.
Et qui attendras-tu ?
Je croyais que tu savais presque tout.
Tu sais,
j'ai appris ton mariage avec elle par la presse.
Parfois, on se marie
parce qu'on a une journée de libre.
Le jour où je l'ai su, j'ai vérifié, et je n'avais pas le cœur brisé.
Mais tu as blessé mon orgueil.
C'est déjà ça.
Quand ce sera ton tour,
tu viendras me voir à Athènes ?
J'aurai sûrement à faire là-bas.
Oui.
Alors je me débrouillerai
pour avoir deux chaises en toile.
Je n'aurais jamais dû t'empêcher de chanter.
C'est exact.
Je t'ai toujours aimée.
C'est également exact.
M. Onassis, votre femme arrive.
Athènes, Maria.
Toi et moi,
personne d'autre.
Comment était-il ?
Nous sommes grecs.
La mort est une compagne familière.
Pourquoi y êtes-vous allée ?
Il me l'avait demandé.
Vous avez vu Jackie ?
Je suis sortie par-derrière.
Même dans la mort,
j'étais son secret.
Mais c'est vous qu'il voulait.
Jackie était sa femme.
Mais vous,
vous étiez sa vie.
Huit.
Neuf.
Vous gagnez à chaque fois.
Elle triche.
- Non ! - Si, c'est ça.
Bruna, on le sait bien.
C'est un sphinx.
- Vous cachez... - Elle est...
Alors, vous menez ?
- Dangereuse. - Non, c'est Maria.
- D'un point ? - Oui, d'un point.
- Je perds. - Vous resterez ensemble, j'espère.
- Quoi ? - J'espère que vous resterez ensemble.
Après ma mort.
Restez toujours ensemble.
Vous allez bien ensemble. Des gens bien.
Si elle continue à gagner, ça va être dur.
Je ne sais pas si je pourrai...
rester.
Attendez.
Nous avons déplacé le piano, venez voir.
Il est midi passé.
Tout va bien ?
S'il vous plaît ?
Nous allons acheter vos péchés mignons.
Des huîtres, de l’effiloché de bœuf
et vos chocolats ridicules.
Ce soir, nous nous mettrons à table ensemble.
- Pour dîner. - Laissez-moi.
On va faire les courses, madame.
On va prendre ce qu'il faut
et on rentre vite.
CLAP DE FIN : ASCENSION
Dr Fontainebleau.
Mme Callas est morte.
Merci.
Ils pensent
que c'est peut-être
un arrêt cardiaque.
Sous-titres : Sabine de Andria
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