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Ce petit, faut le faire �tudier.
Oui, mais six kilom�tres � l'aller
et six au retour, �a fait beaucoup.
Il est jeune, il a de bonnes jambes !
Pas de chance ! Juste au moment o� on en attend un autre.
Il aurait pu nous aider, � la maison.
S'il ne t'aide pas maintenant,
il t'aidera bien plus, quand il sera grand.
Laissez donc faire la Providence.
Dire que j'ai grandi sans m�me voir
le mur de l'�cole !
Ce n'est pas une raison, tu le sais bien.
Si le Seigneur lui a donn� l'intelligence,
c'est signe qu'il attend plus de lui que des autres.
Et toi, qui es son p�re, tu as le devoir de seconder Sa volont�.
Il ne manquait plus que �a !
L'Arbre aux sabots
Interpr�t� par des paysans
et des gens de la r�gion de Bergame
Un fils de paysan qui va � l'�cole,
que diront les gens ?
Voici ce qu'�tait la ferme lombarde
� la fin du XIXe si�cle,
dans laquelle vivaient
4,5 familles de paysans,
La maison, les �tables, la terre,
les arbres et une partie du b�tail
appartenaient au patron
� qui on remettait
une partie de la r�colte,
Remonte ton pantalon, Minec !
Laissez-le voir, lui aussi.
Faites pas de bruit...
il a peur, le petit poulain.
D�p�che-toi, empot� !
J'ai peur.
Elle mord ?
Mais non, pas du tout.
Olga !
Viens avec ta jatte !
Attention, m�langez pas le ma�s et les feuilles.
Tu es bien propre ?
Fais le signe de la croix.
"P�re, Fils et Saint-Esprit, amen".
Recommandons-nous � l'ange gardien,
qui veille toujours sur nous.
Alors, tu es content d'aller � l'�cole ?
Tiens ton sac bien fort.
Attends, tiens-le par les bords, bien large.
Moi aussi, grand-p�re.
Moi aussi, je veux monter sur la charrette !
Reste-l�, toi. O� veux-tu aller, t'es trop petit.
Allez, viens avec moi.
Le r�gisseur est l�.
Qu'y a-t-il ?
C'est aujourd'hui la pes�e du ma�s.
Occupez-vous-en.
Apr�s, on fera les comptes.
Rosa, dites � ma femme de monter, je vous prie.
Au suivant, d�p�chez-vous !
D�p�che-toi !
Allez, au suivant ! Plus vite !
Douze quintaux et demi,
presque treize.
Mettez tous les sacs par l�,
que je n'aie pas encore � les ranger.
Avancez un peu.
Et rapprochez pour d�charger !
Vous dandinez pas comme des oies !
Attention aux sacs, gare si vous les crevez !
�coutez !
Giopa !
Giopa est l� !
Au nom du P�re, du Fils et du Saint-Esprit, amen !
Pour que le Seigneur nous pr�serve la sant� dans le travail...
et ne nous fasse jamais manquer de rien.
Tiens, mon pauvre, pour toi aussi.
Au revoir !
Non, les enfants, ce n'est pas bien de rire.
Ces malheureux qui n'ont rien dans la vie sont plus pr�s du Seigneur.
Tenez, les petites, attrapez !
Que c'est lourd !
�a aussi !
Et dis � ta maman que j'en ai besoin
avant samedi.
Rentrez, les petites !
Le cheval de Buschi s'est �chapp� !
Tiens-le bien, autrement il va encore filer !
Teresina, attends, laisse-moi monter.
Oui, mais chacun son tour, un peu toi, un peu moi.
Bon, commence � compter.
Cinquante !
Oh, c'est beau !
Maintenant, � toi.
Mais tu es un peu plus lourde.
Je ne compte que jusqu'� quarante.
D'accord.
Attention, va doucement !
Oh, tout le linge est par terre ! Qu'as-tu fait ?
Bien s�r, j'y arrivais plus.
Tout le linge par terre !
C'est moi qui vais pousser.
La dame de l'h�tel Corona m'a dit avant samedi.
Mais j'en ai encore deux pleins baquets !
C'est ce qu'elle a dit.
Regarde, Cecchino !
Teresina, regarde les beaux cailloux que j'ai trouv�s !
Prenez le marmot
et allez voir si grand-p�re Anselmo n'a besoin de rien.
Dites � Pierino
d'aider grand-p�re � laver les seaux pour le lait.
Je voulais savoir si je pouvais vous saluer.
�a me ferait plaisir de vous dire au moins bonsoir.
Si c'est seulement pour �a... il n'y a rien de mal.
Et vous, vous ne me dites rien ?
Eh bien, je vous dis aussi bonsoir.
Moi aussi, je veux
prendre le bain dans le seau.
C'est pr�t.
C'est assez chaud ? Qu'il attrape pas du mal...
Mais oui, �a va, c'est bien chaud.
Voil�, assieds-toi l�-dedans.
D'abord on frotte les �paules,
et puis le cou et les oreilles !
Et maintenant, ferme les yeux.
On va bien savonner tout �a. Hein, que c'est beau ?
Moi aussi, je veux me baigner dans le seau.
Et voil�, hop !
C'est le livre
pour aller � l'�cole ?
Non, touche pas.
Minec...
dors maintenant.
Demain matin,
avant d'aller � l'�cole, dis le "Pater, Ave, Gloria"...
pour que le Seigneur illumine ton esprit.
Pousse-toi de l�, allez !
Je dois t'aider...
ou tu y arrives tout seul ?
Donne le sac.
Mais pourquoi tu ramasses la crotte des poules ?
Au printemps, je planterai des tomates. Ne le dis � personne !
D�guerpis, vaurien, fain�ant !
Tu vas voir quand tu rentres ce soir, salopard !
Maman, ils se disputent !
Ils sont toujours
comme chien et chat, tous les jours !
- O� je le mets ? - Pose-le l�.
T'es pas le fils d'Andrea Runc, toi ?
Celui qui vient de mourir ?
Je le connaissais bien, ton papa.
Un galant homme !
Il laisse une veuve avec six enfants.
Pour vivre, la pauvre femme
doit faire la lavandi�re.
Il n'y a plus de ma�s !
Quel �ge as-tu ?
Je vais avoir quinze ans.
J'ai besoin d'un gar�on, si tu veux venir travailler.
Je travaillerais volontiers.
Demande � ta m�re ce qu'elle en pense.
Pour moi, tu peux commencer demain.
Salut, Gnomi ! Qui entre le premier ?
Ben, vas-y toi !
Le chien est sans doute attach�.
Couch� !
C'est cette �table.
Alors, que fait-on ?
Ben, on entre.
Les tra�nards !
Taisez-vous un instant !
Les enfants, sortez, venez �couter les musettes !
Oui, oui, ce sont les musettes !
Ils jouent pour de vrai, �coutez !
Maman, les musettes !
- D'o� �a peut venir ? - De la maison du patron.
Oui, c'est bien de l� que �a vient.
Il fait rudement froid, ce soir.
�coute, Tonino, comme ils jouent bien !
Eh oui, c'est bien No�l !
Grand-p�re, la lune !
"Quand la lune met sa couronne,
"la neige s'amoncelle par tonnes."
Oui, mais si le froid persiste...
Qu'est-ce que �a veut dire ?
Que la terre a besoin de neige !
Tone, Tone, cours chez le loup
Tone, Tone, me voil� !
Qui es-tu ?
Il floconne !
Papa...
O� allez-vous si tard ?
Une heure vient de sonner.
Il neige !
Je dois aller au potager, mettre la crotte des poules... un essai.
De la crotte de poule ?
Oui, pour le printemps, quand je planterai les tomates.
La crotte des poules est plus forte que celle des vaches.
Il suffit d'un rien, et la terre ne g�le pas.
Et faut vraiment faire ces choses la nuit ?
Pour que les autres ne me voient pas.
Si �a marche bien cette ann�e, j'aurai des tomates bien m�res
deux ou trois semaines avant les autres.
Avec vos belles id�es, vous finirez bien
par attraper du mal.
Tais-toi, Garibaldi !
Il neige !
Et le loup mangea la brebis.
Les os aux chiens, la viande au boucher.
La pisse des beaux messieurs � l'urinoir.
La paille pour faire les chaises.
Le balai est le cheval de la sorci�re.
Le merle picore l'�pi, la femme se tait et l'homme peine.
Quand la limace va sur la rose
les jeunes d'amour explosent.
Les os aux chiens, la viande au boucher, du sang pour la tourte
et un bouchon dans le cul de ceux qui m'�coutent !
Mais que dites-vous, Batisti ?
Comment les invente-t-il, ces histoires ?
Tous les soirs, une autre !
Allons, r�citons le rosaire, les enfants ont sommeil.
Il est encore t�t !
Apr�s, vous �tes fatigu�s, et vous r�pondez mal.
Batisti, celle de Tagliana qui basculait dans le foss�...
Il la racontera un autre soir.
�a y est ? Bravo !
Maintenant, au lit.
Cet enfant a besoin d'un v�tement plus chaud.
Il commence � faire froid.
Pour l'instant, on se d�brouillera
car bient�t, faudra penser � la sage-femme.
On pourrait s'arranger avec les femmes de la ferme.
�a ne serait pas la premi�re fois.
Ne dis pas de b�tises.
Tu sais bien que c'est tr�s dangereux.
Faut bien laver le baquet !
O� je mets ces choses ?
Donne-les-moi.
Le boucher vient tuer le cochon !
Alors, vous �tes l� ?
Aujourd'hui, �a trempe les os.
Bon sang, que d'eau !
Vous avez de la chance : un cochon de neige vaut le vin de la cave.
Oui, mais faut que le raisin soit bon !
C'est le plus important.
Elle est assez chaude, cette eau ?
Plus il y en a, mieux c'est... et le feu bien vivace.
Le r�gisseur est l�.
Et le patron, pas encore ?
Non, il arrivera plus tard.
- Et pour le poids, que fait-on ? - Je suis l� pour �a.
Ce qu'elle a grossi, cette b�te !
Venez donc boire un coup � la maison.
Peut-�tre apr�s.
Quoi, vous l'�gorgez avant l'heure !
Ah, tu es beau, toi.
Pauvre b�te.
Attention � vous, dehors !
Tourne-le, que je lui attrape les oreilles.
D�p�chez-vous, avec cette jatte !
Donne-moi le b�ton !
Tirez tous ensemble de ce c�t�-l� !
Le b�ton, maintenant.
L�, au milieu. Et enlevez vos doigts !
Alors, qu'en dites-vous ?
Belle b�te !
Vous �tes content, Finard ?
Ah ben oui, plut�t !
Mes respects, Don Carlo.
Lou� soit J�sus-Christ.
Batisti est l� aussi. Et alors ?
J'ai vu votre fils qui allait � l'�cole.
Comment �a va ?
Pour l'instant �a va, y a pas � se plaindre.
Vous verrez, un jour vous serez fier de ce gar�on.
Avec la gr�ce du Seigneur...
Et la veuve Runc, o� est-elle ?
La porte en face. Elle est all�e laver au canal. Je dois l'appeler ?
Non, �a ne fait rien, j'y vais.
C'est une bien belle b�te !
Ah oui, y a pas � se plaindre.
De la bonne viande, en quantit� !
Cette b�te, j'ai su l'�lever !
Je l'ai mieux nourrie qu'un chr�tien !
Aimez toujours le Seigneur, si vous ne voulez pas finir comme elle !
Mais je n'ai rien fait de mal ! Je n'ai jamais tu� personne !
Ce n'est pas assez.
Eh, r�gisseur... pour le poids, que fait-on ?
Vous vous arrangerez.
Vous voulez en manger, vous aussi ?
On verra, on verra.
Va � la maison avec les autres, je reste ici avec le parapluie.
Excusez-moi, R�v�rend, si vous me trouvez ainsi.
Mais qu'y puis-je ?
Ne vous en faites pas, et continuez votre travail.
Je suis venu pour vous dire une chose importante...
Je ne vous ai pas vue � l'�glise.
Vous avez raison, Don Carlo.
Parfois, je ne sais plus o� donner de la t�te.
�lever six enfants, vous savez...
Je ne suis pas venu vous faire des reproches.
Vous faites bien de rester vous occuper des enfants.
C'est un devoir qui passe avant la messe.
Le Seigneur comprend lui aussi certaines choses.
C'est justement de vos enfants que je voulais vous parler.
De mes enfants ?
Hier, je suis all� voir la sup�rieure de l'orphelinat.
Elle m'a dit que de la place, elle n'en avait plus.
J'ai expliqu� votre situation.
Elle a bien voulu accueillir les plus petits
pour vous soulager un peu, le temps que les autres grandissent.
Qu'en dites-vous ?
Ce soir, quand mon a�n� rentrera du travail,
je lui en parlerai.
Je ne sais quoi vous dire.
C'est tout ce qu'on peut faire, pour l'instant.
Les enfants, pas si pr�s, vous allez vous br�ler !
Il fait froid ce soir... le ciel est plein d'�toiles.
Je t'ai pr�par� un peu d'eau chaude.
Laissez le feu,
sinon ce soir on n'aura pas de braise pour la chaufferette.
Mangez la soupe, elle va refroidir.
Apporte ici la soupe, que nous la mangions pr�s du feu.
Grand-p�re, faites les �tincelles !
Les �tincelles sont les diables qui s'�chappent de l'enfer.
Mais pourquoi les diables s'�chappent de l'enfer ?
Pour aller chercher des �mes.
Pourquoi dans la chemin�e ?
Il y a des �mes dans la chemin�e ?
Non, il n'y en a pas.
Les diables sortent par la chape
l�-haut sur les toits, pour chercher des �mes � damner.
Mais les diables ont peur des bons...
Le diable, quand il rencontre un honn�te homme
ou un enfant sage,
il prend la fuite.
Et quand on fait le signe de la croix, aussi !
Vous dites toujours bien votre Pater ?
- Moi, oui ! - Moi aussi !
Alors, vous ne devez pas avoir peur.
Maintenant, je remue le feu.
Vous allez voir comme il vont se sauver.
Allez, partez de cette maison !
Filez ! Ici, il n'y a que des enfants sages !
Grand-p�re, raconte-nous l'histoire des deux vieux.
D'abord, finis ta soupe, elle va refroidir.
J'ai presque fini.
Aujourd'hui, Don Carlo est venu me voir.
Il est venu expr�s pour nous.
Il serait possible de mettre chez les s�urs Aneta et Bettina.
Je lui ai dit que je t'en parlerais ce soir.
C'est vraiment in�vitable ?
Si vraiment on ne s'en sort pas...
Teresina va avoir 12 ans, elle pourra travailler � la filature.
Pierino pourra nous aider un peu ici
et un peu � l'�curie.
Je travaillerai jour et nuit
mais mes fr�res, on les garde ici avec nous !
Ferme la porte !
Que fais-tu, grand-p�re ?
Je s�me des graines !
Les graines de quoi ?
De tomates !
Et maintenant ?
Je les cache sous le foin,
bien au chaud.
Dehors il fait froid, mais elles, elles germent.
Un, deux, trois, quatre, cinq...
Viens ici, derri�re le ma�s !
O� ils sont ?
Toi, Antonio, par l�, toi de ce c�t�, et moi par l� !
Regarde dans le fenil.
J'y vais !
Dans le fenil, y a personne !
Cache-toi, ne te fais pas voir... viens l�-dessous !
Dans l'�curie, sous la paille, derri�re les portes !
Maman, grand-p�re
a dit d'aller � l'�table !
Cours vite !
Qu'est-ce qu'elle a ?
Depuis ce matin, elle est comme �a.
Elle ne mange pas et elle ne se l�ve jamais.
Sainte Vierge,
pourvu qu'elle ait pas la maladie !
Y a plus qu'� appeler le v�t�rinaire.
Teresina, cours dire � Pierino qu'il appelle le v�t�rinaire.
Maman dit qu'il faut vite le v�t�rinaire !
Ils jouent � cache-cache.
Derri�re la cage � lapins.
Le v�t�rinaire !
Aneta, appelle maman, le v�t�rinaire est arriv� !
Donne-moi mon sac.
Mes respects, monsieur le docteur.
Alors, Anselmo, qu'est-il arriv� � cette pauvre b�te ?
Elle est tr�s mal.
Tu t'es amus� ?
Pierino... un seau d'eau fra�che � l'�table, vite !
Va � la maison, toi !
Elle est � qui cette b�te ?
Elle vous appartient � vous ou au patron ?
C'est la n�tre, par la gr�ce du Seigneur.
Cette fois, il ne vous l'a pas vraiment accord�e, la gr�ce.
Mais qu'est-ce qui a pu lui arriver ?
�coutez, madame...
si vous voulez savoir la v�rit�...
je ne la laisserais pas jusqu'� midi.
Abattez-la, pendant qu'il est temps.
Vous en tirerez quelques sous.
Rentre � la maison !
Il ne manquait que �a...
Vous savez notre situation.
On n'arrive d�j� pas � s'en sortir.
Suivez mon conseil, pendant qu'il est encore temps.
Pour l'instant, ne dites rien aux enfants.
Et pour votre d�rangement ?
Vous n'avez pas assez de soucis ? On s'arrangera une autre fois.
Chauffez l'eau pour la polenta, je ne serai pas longue.
Alors, mettons sur le feu l'eau pour la polenta.
Seigneur, ne m'abandonnez pas maintenant,
au moment o� je dois m'en tirer seule.
Je fais ce que je peux, vous le voyez bien.
Mais sans Votre gr�ce, je n'arriverai jamais � rien.
� Seigneur...
Toi qui es mort sur la croix pour nos p�ch�s...
ne regarde pas nos m�rites, mais use de Ta Bont�
et fais que cette eau b�nite
qui passe sous la croix de Ton calvaire
lave tous les maux de l'�me et du corps.
Mon J�sus, pardonnez tous nos p�ch�s
ainsi que ceux que nous avons commis sans le savoir.
Et pour l'amour de Vos cinq plaies,
pour la douleur de Votre Sainte M�re Marie,
pour tous les saints du Paradis et toutes les bonnes �mes,
accordez-moi cette gr�ce, � Seigneur.
Vous ne pouvez pas me la refuser !
Assieds-toi et mange un peu de polenta, tant que c'est chaud.
Ah, tu es arriv� !
Viens te r�chauffer un peu, viens.
Il fait froid, aujourd'hui.
Le petit a les pieds tremp�s.
Il faut retirer sabots et chaussettes, et les r�chauffer.
Il fait froid aujourd'hui.
Attention de ne pas attraper des engelures.
Que t'a dit le ma�tre ?
Il a parl� de l'eau.
De l'eau ?
Il a dit que dans l'eau, il y a tant de bestioles.
Les poissons.
Non, pas les poissons.
D'autres bestioles
toutes petites petites.
Dans une goutte d'eau,
il y en a des tas.
Et m�me dans l'eau qu'on boit.
Dans l'eau qu'on boit, aussi ?
Oui, des bestioles
toutes minuscules, qu'on ne voit pas.
Mais si on les voit pas, comment on peut savoir ?
Ils ont une machine expr�s avec un instrument
qui regarde dans l'eau.
Les instruments du docteur !
On en a encore � apprendre, dans ce monde !
Vous m'avez fait peur !
Comment cela ?
Que faites-vous ici ?
L'envie de vous voir.
Si c'est pour �a,
on se voit tous les soirs, � la veill�e.
Ce n'est pas pareil.
� la veill�e,
il y a les autres.
Ici, nous sommes seuls.
Il fait encore bien froid, ce soir.
Mais non, l'eau des foss�s ne g�le m�me plus.
Dans quinze jours, ce sera le mois de la Madone.
Je voulais vous demander un baiser.
Pour ces choses, il faut attendre l'heure.
Je vous salue.
Alors, bonsoir.
Ramasse ces ma�s, au lieu de les fouler aux pieds,
esp�ce de voyou !
Et le seau
que tu renverses, avec le lait... andouille !
Alors, faites-le !
Va-t'en, ou je te fends le cr�ne, salopard !
Si je l'attrape, je l'assomme ! Voyou !
Maman...
ils se battent, papa et Usti !
Tu vas voir ! Putain de Dieu !
Je vais te tuer, une fois pour toutes !
Les Finard se battent !
Oh mon Dieu, arr�tez-les !
Je vais l'assommer, ce d�linquant, ce voleur, cet assassin !
Sauve-toi, tu es notre honte !
Finard, vous n'avez pas honte ?
Toujours � se battre, comme chien et chat !
Un voyou ! Une ordure !
Je le maudis, ce chien !
Frapper son p�re... je le maudis !
Sainte Vierge, ne dites pas �a !
Celui qui ose lever la main contre son p�re
sera maudit
toute sa vie !
Non, ne dites pas �a !
Non, les mal�dictions d'un p�re
ne retombent pas sur le sol.
Restez l�, les enfants.
Maman, la vache s'est mise debout !
Cours vite appeler grand-p�re !
Grand-p�re, maman a dit
d'aller � l'�table, la vache s'est mise debout !
� Seigneur, je Te remercie...
Frichi, c'est Frichi !
Mesdames, Frichi est arriv� !
Regardez ces belles �toffes de premi�re qualit�.
Bon march�, mesdames, toutes ces belles choses.
Regardez les beaux jupons que j'ai !
Regardez, admirez !
Vous voulez nous rouler, comme l'autre fois ?
Frichi n'a jamais roul� personne.
Frichi respecte les femmes autant que les singes.
Ah, vous nous faites avaler n'importe quoi.
Venez voir !
Cette ann�e, vos hommes seront fiers.
Une marchandise si fine, de premier choix.
Des lacets de toutes les couleurs, des boutons, du fil.
Cette fois-ci encore, vous serez contentes.
- C'est quoi l�-dedans ? - Ruban et fil de coton.
�a vous ira tr�s bien.
Trop clair pour moi.
Trop clair ?
Prenez la fonc�e. �a fera un beau jupon !
Un autre comme �a.
Je vous contenterai cette fois-ci.
Et ce beau tablier ?
Tu as entendu ? Il a dit "salut" !
Mesdames, admirez
ces belles �toffes
pour faire une chemise ou un jupon, pour la f�te de la Madone.
Encore si c'�tait une occasion...
Mais ce ne sont que des occasions !
M�me en volant, on ne trouve pas �a !
Vous ne savez donc pas que �a vient de Paris,
de l'�tranger, de premi�re qualit�...
Et croyez-en Frichi, mesdames,
qui est all� en Afrique et conna�t les singes,
qui ont plus de raison que l'homme.
Regardez, palpez et quelque chose achetez...
Avec ses singes,
il nous confond les id�es et nous roule comme il veut.
Bon alors, � combien vous me le laissez ?
La coquine
a choisi ce qu'il y a de plus beau !
Faudra lui faire un prix, elle va se marier.
Elle va se marier ? Vous pouvez demander � toutes les �pouses
si je n'ai pas fait leur bonheur.
Taisez-vous, vieux filou !
Ah oui, vous en dites des mensonges, vous !
Regardez ces articles !
Un jour, un groupe de jeunes �cervel�s...
eut l'id�e de jeter des pierres aux soldats fran�ais...
qui passaient par l�.
Leur chef, le g�n�ral Lutrec, pour faire payer cet affront...
� tout le pays, d�cida de tout br�ler et de tout raser au sol.
Et alors...
tous les gens, d�sesp�r�s, coururent � l'�glise prier la Madone...
comme les enfants en danger qui appellent leur m�re.
Et alors, la Madone, la M�re c�leste, notre M�re � tous,
fit un miracle.
La Madone � l'enfant, peinte sur ce mur, se mit � pleurer.
On envoya tout de suite un message au g�n�ral Lutrec.
Au d�but...
il n'y crut pas. �tant homme d'�glise, il pensait � une faribole.
Il vint, et lorsqu'il vit la Madone sur le mur, qui pleurait...
il s'agenouilla...
et d�posa � ses pieds...
son casque et son �p�e, en signe de d�votion.
Depuis ce jour...
il s'est �coul� 350 ans,
mais le casque et l'�p�e sont encore l�...
pour nous rappeler...
les dangers du monde qui peuvent s'abattre sur nous.
Et tous les ans, nous nous retrouvons ici...
pour nous rappeler ce miracle grandiose...
mais aussi tous les autres miracles...
qui arrivent dans tous les coins de la Terre...
pour la vie de L'Homme et de toute la Cr�ation.
Parce que, mes chers amis...
sans miracle, nous ne serions pas ici.
Les miracles...
sont la force que l'homme n'a pas...
ils sont la force de l'amour de Dieu.
Et cet amour-l� nous est n�cessaire...
comme l'air que nous respirons...
la terre qui nous donne ses fruits...
et l'eau et la lumi�re qui donnent la vie.
Et l'amour de Dieu, nous ne pouvons le m�riter...
qu'en aimant notre prochain.
Lou� soit J�sus-Christ.
Craquelins, craquelins...
Bonbons, caramels, r�glisse...
sucre d'orge...
Les enfants, aujourd'hui c'est la f�te !
Contr�lez votre vue !
Cherchez vos verres !
Il y en a pour tous !
D�placez le papier d'avant en arri�re.
Attendez, moi aussi je veux essayer.
Pour pas cher, le vrai divertissement de la journ�e !
La joie...
des enfants, des vieux et de votre femme...
si elle est en col�re !
Allons-y, les enfants, aujourd'hui, c'est la f�te !
C'est pas bon d'avaler que sa salive !
Et maintenant, messieurs, je d�sire parmi vous...
un volontaire !
Quelqu'un qui se pr�sente ici m�me...
car je veux vous faire la d�monstration de cet animal !
Vous montrer ce que sait faire cette b�te...
Allons, avance, viens.
Mets-toi l�, debout.
Non, pas le chapeau, enl�ve ton veston.
Je veux montrer au public les miracles de cet onguent.
Cet onguent, oui, qui vous gu�rira tous.
Viens, donne-moi cette main-l�.
Tu sens la douleur ? Oui, l�, l�, l�.
Montre ta main, l�, comme �a.
Il faut appliquer le gras comme �a.
De cette fa�on.
Toujours l'appliquer de cette fa�on. Jamais qu'en bas !
Toujours du bas vers le haut.
Vous voyez qu'il sort de l'eau ? L'arthrite !
Vous avez de l'arthrite, oui monsieur ! Dites-le tous !
Dites oui ! Ce monsieur a de l'arthrite !
� son �ge, j'en aurais bouff� six douzaines !
Le p�p�, l�, il va avaler 36 �ufs durs...
et siffler 10 sabots de vin !
Maman, c'est papa !
Quoi, papa ?
- Il est mont� tout droit ! - � Seigneur !
Il n'arrive m�me pas � monter l'escalier !
Qu'avez-vous fait ?
- Ils m'ont saoul� ! - C'est ainsi qu'on rentre ?
Ce sont mes amis, quoi !
Qu'est-ce que je devais faire ?
Ils m'ont fait boire !
Dans quel �tat vous rentrez !
Dans quel �tat... je me suis saoul� la gueule !
Arr�te, nom de Dieu...
Et le lit ? O� est mon lit ?
C'est ainsi que tu vas aux V�pres ? Inf�me d�vergond�e !
Tu dis aller � l'�glise et tu viens ici danser !
Et vous riez ?
Riez, vous irez tous en enfer !
Vous rirez moins, au milieu des flammes !
Tous le cul dans les flammes !
Malhonn�tes, qui ne craignez pas Dieu !
Attention, je le dirai � votre mari.
�a, c'est plus jeune et �a l�ve bien la jambe !
Un sou de liesse �limine la tristesse.
Merci, grand-p�re.
Bonne chance � tous et merci.
L'organisation sociale est, h�las, toujours en retard
par rapport aux nouvelles exigences de vie.
Quand les conqu�tes du savoir et du progr�s deviendront un bien commun,
nous pourrons enfin parler de conqu�tes de la civilisation.
Quand une meilleure justice et le respect des droits du citoyen
seront la norme quotidienne, l'institution...
la r�gle de vie accept�e et pratiqu�e par tous...
quand personne ne jouira de privil�ges
qui sont ni�s aux autres,
alors seulement nous aurons construit...
une soci�t� d�mocratique.
H�las, le progr�s social avance lentement,
frein� par ceux qui le redoutent.
Mais il n'est surtout pas soutenu avec courage et sacrifice...
par ceux qui le r�clament comme un droit humain.
Ainsi, la majorit� reste passive � l'arri�re-garde...
en attendant que l'�v�nement m�risse en sa faveur...
pendant qu'avance une poign�e de rebelles, d'innovateurs.
Les progr�s d'histoire...
ont �t� l'�uvre hardie
et g�n�reuse d'une minorit� �clair�e.
Des hommes tourn�s vers le futur que l'on qualifie de r�veurs.
Au contraire...
ils s'emploient de toutes leurs forces...
� �branler, � r�nover le pass�...
et tout ce qui est caduc dans l'esprit humain.
Riches en intelligence...
et en grandeur d'�me... ils vont toujours plus avant
et nombreux sont les pros�lytes.
Et leurs id�es qui paraissaient hardies,
utopiques ou m�me paradoxales...
sont, peu � peu, accept�es et d�fendues par tous.
C'est ainsi que la soci�t� commence � se r�animer.
Les sciences, les arts, les industries...
et m�me les us politiques... se transforment...
Eh bien, amis, citoyens...
Couch� !
Canaille !
Tu as pris ton casse-cro�te ?
Je viens !
Si c'est pas honteux de voir �a !
Un gosse qui pisse au lit tous les matins !
Un gar�on de 15 ans !
C'est pas ma faute, c'est une maladie.
Quand tu seras soldat, ils sauront te dresser, eux !
Quand tu te marieras, t'auras encore des couches
entre les jambes, pisseur !
Vite, d�p�che-toi !
Batisti !
Rentre vite, le b�b� va na�tre !
Le loup et le renard sont pass�s par le trou de la serrure.
Une fois dedans, ils ont vu les seaux de lait
et lap, lap, lap, lap...
Le renard, qui �tait le plus malin,
a voulu savoir s'il pouvait encore repasser par la serrure.
Le loup, non. Et lap, lap, lap...
Le renard, voyant qu'il pouvait passer, s'arr�te de boire.
Sous le bonnet de laine, mettez celui en coton.
- O� est-il ? - Sur la commode.
Mets-le pr�s de la maman.
Vous lui avez mis la couche ? Langez-le un peu plus haut.
Et ces linges ?
- Donnez-les-moi. - Ceux-l� aussi ?
Encore un fils.
Vous devez �tre content, Batisti.
Bon, nous allons vous laisser seuls tous les deux.
N'oubliez pas, Batisti,
pendant la quarantaine, qu'elle mange un peu de pain blanc.
Ah oui, ce serait mieux.
J'y veillerai.
Merci, les femmes. Je vous suis reconnaissante.
Mais de quoi ? Si on ne s'entraide pas...
Vous entendez comme il crie.
�a lui fait du bien, �a �largit les poumons.
Vous avez pris un gros risque
de ne pas appeler la sage-femme.
Les enfants viennent au monde tout seuls, sans l'aide de personne.
Vous vous sentez forte, au moins ?
Gr�ce au Seigneur.
Enfin... encore une bouche � nourrir.
Mais non, il ne faut pas avoir peur.
Souvenez-vous ce que votre pauvre m�re nous disait.
"Quand vient au monde un petit ange, la Providence lui offre...
"son baluchon."
Il n'est pas encore rentr�.
Pourvu qu'il ne lui soit rien arriv�, � notre Minec !
Non, Dido. Va-t'en, laisse-moi.
Qu'as-tu fait ?
Minec ?
Tu es rentr� ?
Oui, il est rentr� !
Pourquoi si tard ?
Il a d� s'amuser en route. Les enfants oublient l'heure...
Allons, viens.
Viens te mettre pr�s du feu...
pendant que les cendres sont encore chaudes.
R�chauffe bien tes pieds, ils sont gel�s.
Fais voir.
Pourquoi...
t'as cass� ton sabot ?
Minec...
monte voir : un autre petit fr�re est arriv�.
Il est rentr� les pieds mouill�s.
Ne lui dis pas que ton sabot s'est cass�.
Chut, ne dis rien.
Viens tout pr�s.
Tu as vu ?
Alors...
tu es content du petit fr�re ?
Tiens.
Du pain blanc.
C'est f�te pour toi aussi, aujourd'hui.
Salut, Maddalena !
La femme de Batisti a eu un petit.
- Ils l'appellent Guisepi. - C'est joli.
Soyez sages.
Je dois sortir un moment.
Je compte sur vous.
Grand-p�re, raconte-nous encore la sorci�re.
La vieille sorci�re de la for�t
La nuit montait sur son balai
Pour voler les enfants �veill�s
Elle filait dans le ciel �toil�
Et s'approchait du lit, � peine entr�e
Attention, elle est arriv�e !
Vite, dodo, il fait frisquet !
Moi aussi, grand-p�re, moi aussi !
Vite, dodo, il fait frisquet !
Silence, faut pas r�veiller le petit.
Avant de vous endormir, les enfants, r�citez le rosaire...
pour remercier la Madone.
Dites le rosaire, je descends finir un travail.
D�p�chons-nous,
faut pas se faire voir !
Seul ton grand-p�re sait ces choses-l� !
Par-dessus, la terre est craquel�e : l'hiver, elle se fait une peau.
Pourquoi elle se fait une peau ?
Pour se d�fendre du froid
et pas laisser s'enfuir la chaleur d'en dessous.
Parce que, dessous, la terre est chaude ?
Bien s�r !
Pour pas faire mourir les graines.
Va me chercher le plantoir dans la brouette.
Il va au travail.
Quand on les enl�ve pr�s des racines,
faut toujours laisser un peu de terre.
Et d'une.
Pourquoi tu les mets tout pr�s du mur ?
Le mur conserve la chaleur :
celle de l'�table dedans, et celle du soleil dehors.
Les tomates ont besoin de chaleur.
Ainsi, s'il ne g�le pas...
on ira vendre, cette ann�e, nos tomates au village
deux semaines avant les autres !
Et les autres, qu'est-ce qu'ils diront ?
Ils resteront l�...
la bouche ouverte et le nez en l'air.
Et maintenant, une autre ligne ici.
Olga !
Cours fermer les fen�tres de la cuisine,
pendant que je ramasse le linge.
Envoie-les vite � l'�table, y a l'orage qui menace.
Maman, la pluie !
Et � minuit,
quand il n'y eut plus �me qui vive dehors,
alors cet homme est sorti
et s'est approch�
de la tombe de la morte aux bijoux.
Il a pris sa pioche
et petit � petit, il a d�plac� la dalle de marbre.
Il s'est assis sur le bord de la tombe...
et alors, slam... il est tomb� dedans !
Ne me pousse pas comme �a !
Le cercueil brillait comme un coffret.
De la pointe de la pioche, il a essay� de soulever le cercueil,
mais le bois grin�ait, comme s'il voulait pas s'ouvrir.
Alors, s'appuyant sur ses deux pieds...
d'un coup sec...
il a tout fait sauter.
La morte...
�tait l�, un voile sur le visage et les mains crois�es.
Tout d'abord, il lui a enlev� son diad�me.
Puis, pour saisir le collier de perles autour du cou...
il glisse une main sous le cou et lui soul�ve la t�te.
Les bagues d'une main...
il les lui �te facilement...
mais celles de l'autre, plus grosses et plus pr�cieuses...
tire, que je tire...
il n'arrivait pas � les enlever.
Alors, il a sorti son couteau...
et lui a coup� la main avec toutes les bagues.
On n'entendit plus parler de lui.
Mais une nuit, il alla � une f�te dans une maison
pr�s de son village.
En rentrant chez lui,
au croisement, son cheval s'est cabr� et a refus� d'avancer.
Il a vu, pr�s de la chapelle, une dame v�tue de noir.
"Je peux vous rendre service, madame ?"
La dame
lui a demand� de la raccompagner chez elle.
Il l'a fait monter
dans la cal�che et a fouett� son cheval.
Mais le cheval, au lieu d'aller au village,
a vir� et a pris le chemin du cimeti�re...
et s'est arr�t�
devant les grandes grilles.
Lui continuait � fouetter son cheval
qui ne bougeait pas.
"Je suis arriv�e" lui dit la dame.
"Aidez-moi � descendre, je vous prie."
Il ne savait plus quoi penser,
mais que faire ?
Il est descendu de la cal�che
pour aider la dame. Il lui a dit :
"Madame, votre main."
Alors, la dame s'est lev�e
et lui a dit :
"Ma main...
"c'est toi qui l'as !"
Bon sang, Batisti, vous m'avez fait rendre l'�me !
Vous avez terroris� les enfants.
C'est tout ce que vous racontez ?
J'ai le c�ur dans la gorge !
Qu'as-tu fait ?
Il est tomb� dans la merde !
T'as fait dans ton froc ?
Allez vous faire voir !
Grand-p�re, il ira bien, ce b�ton ?
Oui, oui, il ira bien.
Et qu'est-ce qu'on fait ?
On va chanter.
"Tapez fort, tapez dessus, nous l'hiver on n'en veut plus."
"Mars est l�, il �tait temps, c'est l'arriv�e du printemps."
Vous aussi, tous ensemble.
Allons, les enfants, vers le soleil !
Attendez, je viens avec vous.
Salet� !
Putain de salope !
D�gueulasse !
Voleuse !
Je vais te tuer !
Cette fois, tu as d�pass� les bornes !
Arr�te, arr�te !
Sainte Vierge, le cheval est devenu fou !
En arri�re, sors de l�, saloperie, sale b�te !
Tu m'as perdu un louis d'or, voleuse !
Que se passe-t-il, pour l'amour de Dieu !
Salope, putain de voleuse !
Tu m'as fait un sale coup !
Ne dites pas �a, Finard !
Sale voleuse !
Mon Dieu, il a perdu son bon sens !
La femme du Signe !
Qu'avez-vous fait ?
- Il a �t� pris d'�pouvante. - Vous avez �t� pris d'�pouvante ?
C'est de la rage, pas de l'�pouvante !
Bon, commencez � dire vos litanies.
Pour Vos cinq plaies, J�sus, mis�ricorde...
Mettez trois doigts d'eau dans ce verre.
Priez un peu aussi, vous !
A mes Saintes, �mes du Purgatoire, priez Dieu.
Nous prierons pour qu'il vous donne gloire �ternelle...
Donne-moi.
Des vers.
Ce sont des vers.
� cause de l'�pouvante, ils sont sortis se balader dans ton ventre.
Tu sais, on a tous des vers. Si on les laisse en paix,
ils restent tranquilles. Mais s'ils quittent leur lit,
ils errent dans le ventre, montent � la gorge et t'�touffent.
Qu'est-ce que je peux faire ?
Je vais te le dire, moi.
Tu prends une gousse d'ail, tu y passes du fil 5 ou 7 fois,
puis tu vas aux champs, tu prends de belles feuilles de m�rier,
tu les �crases bien.
Tu prends deux ou trois vers, un peu de terre, tu m�langes le tout.
Avant de te coucher, tu mets �a sur le ventre.
Demain, tu es d�j� gu�ri.
Attention, �cartez-vous !
Vas-y, plante les patates.
Grosse patate !
Pour moi, �a c'est un E...
Y a longtemps que je suis pr�t. Que fabriquent les femmes l�-haut ?
Les femmes, faut les laisser faire.
Maman, le mari� est arriv�.
- Vous prenez un verre ? - Non, il doit communier.
Pourtant, il en a plus besoin que nous.
Et vous, vous buvez une goutte ?
Non, merci ! C'est la fatigue de monter et descendre !
C'est qu'elle n'a plus 20 ans.
Recule, ma belle !
Voil� le mari� !
Teresina,
monte voir les femmes, dis-leur qu'on attend.
Laisse-les tranquilles, on a le temps.
Ces femmes, �a se pomponne toujours.
Brena dit de vous d�p�cher.
Qu'ils y aillent, la mari�e arrivera plus tard.
Faut qu'ils l'attendent � l'�glise.
Vous ne savez pas ce qui m'est arriv� !
Le jour de mon mariage, je suis all� � l'�glise � pied.
Mon p�re avait la carriole pour le ma�s.
Il a fait attendre une demi-heure mari�e, pr�tres et t�moins.
Je suis arriv� trop t�t, j'aurais pas d� venir du tout !
Quel service m'aurait rendu le Seigneur !
Tu vois, �a fait rire les femmes.
Elles disent que le mari� part le premier.
Oui, avec ses parents
et les t�moins. La mari�e apr�s,
avec son papa, quand tous sont � l'�glise.
Dans ce cas, allons-y.
- Qui j'emm�ne ? - La mari�e et sa maman.
Autre chose :
le mari� ne doit jamais voir la mari�e
tant qu'ils ne sont pas � l'autel. �a porte malheur.
Balivernes !
Non, c'est s�rieux.
Allons-y, quoi !
Et le t�moin de la mari�e ?
O� est Batisti ?
Oh, qu'il s'est fait beau !
C'est lui, le mari� !
Il me semble que c'�tait � peine hier. Vrai, ma femme ?
Quelle cr�nerie ! Vous avez d�j� trois gosses.
Parce que je suis brave.
Batisti, vous �tes malin !
On verra ce qu'il est capable de faire.
On vous attend � l'�glise.
On vous suit de pr�s.
La mari�e...
Qu'elle est belle !
Du cran, hein ! Et tous mes v�ux !
Je veux, moi aussi, pr�senter mes v�ux aux �poux
et leur dire deux mots, ainsi qu'� ceux qui sont ici ce matin.
Avant tout, il ne faut ni s'�tonner
ni m�dire, si ces deux jeunes gens se sont mari�s le matin t�t
et non, comme c'est l'usage,
quand le soleil est haut.
Il n'y a pas de mauvaise raison, et ils n'ont rien � cacher.
Ils vont faire un voyage long et plein de dangers.
Pourquoi ? � Milan, ils trouveront une de leurs tantes, la R�v�rende
S�ur Maria, M�re Sup�rieure
de Sainte Catherine de la Rote. Et vous,
soyez prudents � chaque pas et toujours sur le qui-vive,
car de nos jours, les gens ont des id�es bizarres.
Recommandez-vous au Seigneur
et � votre Madone.
Et surtout, t�chez de toujours vous aimer,
car nulle monnaie au monde ne paye l'amour de deux �tres,
et au Seigneur, il ne faut pas demander les richesses sur Terre
mais le bien au Paradis.
Car le Paradis, rappelez-vous, commence par l'amour
que nous serons capables de nous donner, ici m�me sur la Terre.
Vous �tes � l'aise, les femmes ?
Alors, on s'en va.
- Merci pour tout ! - Ce n'est rien !
- On te paiera un verre ! - Et m�me deux...
quand on se reverra !
Au revoir, et merci !
Salut, les femmes. Et � vous, la mari�e, tous mes v�ux.
- O� vont-ils ? - A Milan !
Ils prennent la barque. En une heure et demie, ils y sont !
Les mari�s !
Tous mes v�ux !
Alors, les �poux, soyez contents !
Pour s�r !
Nous sommes arriv�s, descendez.
Attendez, les femmes, je vais vous aider.
Suivez-moi, je sais o� il faut aller.
S'il vous pla�t, pour le bateau ?
Tout droit, au bout vous trouverez les marches.
- Et pour payer ? - On paie une fois mont�s.
Il devrait �tre l�, c'est l'heure.
C'est juste en bas. Je me souviens, je suis d�j� venu.
D�p�chons-nous.
Non, on a tout le temps.
- Et pour payer, o� on va ? - On paie apr�s.
Il arrive !
Attention de ne pas tomber.
Il est l�, cette fois !
Envoie la cha�ne.
C'est calme, ce matin.
Pourvu que le temps se maintienne au beau.
Pardon, les dames, laissez passer.
Faut d'abord jeter la passerelle.
Pardon, faut charger les marchandises.
Il reste deux barils d'huile � charger,
fais attention.
Allez-y, messieurs.
Madame, donnez-moi votre valise.
Merci, vous �tes tr�s gentil. Allons, les enfants.
Viens, on va s'asseoir l�.
Tu as bien regard� avant de t'asseoir ?
Attention les doigts !
Attention � vos t�tes !
On est assez loin du bord ?
�a va !
Il est midi.
Vous en voulez, monsieur le Cur� ?
Sans fa�on, hein...
Tiens, Guglielmo, et ne laisse pas de miettes partout.
Un peu de vin noir, mon R�v�rend ?
Une orange.
Les miettes, on les donne aux poissons.
Ils ont faim aussi.
- Je parie que vous �tes un p�cheur. - �a se voit ?
Seuls les p�cheurs partagent avec les poissons.
Si l'on est malin,
avec un vieux cro�ton, on rapporte un plein filet.
Faut �tre tr�s malin, parce qu'� mon avis,
les vrais poissons sont l�, canne � la main, et pas dans l'eau !
Maman, regarde !
Y a de la fum�e, l� !
On dirait un incendie.
Non, ils doivent br�ler quelque chose.
C'est bien un incendie.
C'est un feu d'herbes s�ches.
Mais non...
Avec toute cette fum�e, ce doit �tre le toit d'une �table.
Ou encore une bataille entre soldats et manifestants.
L'autre jour, � Porta Vicentina, quelle bataille !
Entre soldats et manifestants, qui ont incendi� deux fermes.
C'est terrible !
Pauvres gens...
Il n'y a plus de religion, ni de respect pour son prochain !
Guglielmo, reste tranquille,
tu ab�mes ton pantalon !
Heureusement, le temps est rest� beau.
Donne-moi un coup de perche, l� !
Bon, donne un peu de mou !
Assez, �a va comme �a !
- Attention ! - Allez-y un par un.
Des poires cuites, mademoiselle, douces comme la liqueur.
Vas-y, jeune homme,
pour ta belle.
Il y a un barrage, on ne passe pas.
On ne passe pas ! Les soldats ont barr� la rue !
Faut faire le tour par la rue Pasquir�.
Il a d� y avoir un rassemblement.
Les cloches de San Carlo !
On doit �tre tout pr�s.
C'est s�rement l� o� il y a la clochette.
Mes respects.
Je suis la ni�ce de S�ur Maria.
C'est la s�ur de ma maman.
Venez alors.
Entrez, attendez ici.
Je vais pr�venir S�ur Maria.
Quelle journ�e ! Nous vivons des moments difficiles.
Maddalena ?
Je suis S�ur Maria, votre tante.
Comment �a va ?
Et lui, c'est votre �poux ?
Je suis tr�s contente.
Mais vous devez �tre fatigu�s, venez avec moi.
Et vous devez s�rement avoir faim, apr�s un tel voyage.
Et � la maison, comment vont-ils ?
Et ma ch�re s�ur, comme j'ai envie de la voir.
�a fait des ann�es que je ne la vois pas.
Quand vous �tes-vous mari�s ?
Ce matin, de bonne heure.
C'est bien d'�tre venus me voir tout de suite.
Ce soir nous ferons une f�te avec les autres S�urs
et tous les enfants que nous avons parmi nous.
Nous avons tant de petits enfants, ici.
Seigneur,
b�nissez-nous et le repas que Vous nous avez donn�.
Ce sont tous des anges du Ciel.
Ici, avec eux, le monde est beaucoup plus beau.
Nous avons fait de notre mieux.
Nous n'avions jamais re�u
de mari�s.
Nous sommes tr�s heureuses de votre Sainte union.
Le mariage est un Saint Sacrement.
Soyez toujours dignes de la b�n�diction de Dieu qui vous a unis.
Que de maisons !
Il s'appelle Giovanni Battista.
Il a eu un an
avant-hier et se porte comme un charme.
N'est-ce pas, Giovanni Battista ?
Vous savez ce qui lui manque pour �tre heureux ?
De vrais parents.
Une vraie maman et un vrai papa.
Et lui...
encore si petit, peut d�j� aider sa famille.
Il a une dot � lui.
Un assez joli trousseau,
et aussi un peu d'argent que notre pieuse institution
versa deux fois par an : en avril et en octobre.
Et pour une famille de pauvres gens,
cela peut parfois devenir un vrai don de la Providence.
Il faut s'entraider dans ce monde.
Lui pourra vous �tre utile...
et vous pourrez lui �tre d'un tel secours !
Il a appris, il y a peu, � faire ses premiers pas.
Tendez-lui donc vos bras...
et vous verrez qu'il viendra vers vous.
�a, c'est le livret qui accompagne l'enfant.
�coutez ce qu'il dit.
"Des enfants trouv�s adultes appel�s vulgairement "de pain".
"� part les nourrissons � la mamelle,
"le Saint Lieu distribue aussi les enfants dits "de pain".
"Outre
"la charit� des gens qui prennent soin des enfants abandonn�s,
"il est accord� ceci, selon le bar�me suivant :
"� la prise en charge, il est d�livr�
"le pr�sent livret et un viatique de douze centimes pour mille,
"et un trousseau de linge et de draps
"ainsi qu'une somme d'argent correspondant � l'�ge de l'enfant.
"Le Saint Lieu continuera les versements selon le bar�me indiqu�
"en fonction de l'�ge de l'enfant
"et jusqu'� 15 ans r�volus. Pass� ce d�lai,
"l'enfant pourra �tre gard�,
"mais non plus � la charge du Saint Lieu."
Qu'il a de beaux traits !
S�rement un fils de riches.
D�sormais, il sera seulement fils de paysans.
Avant tout,
il faut l'aimer et il sera tout aussi heureux.
Oh� Bettina, on va voir ce que donnent nos tomates.
Oui, oui, un, deux, trois, quatre.
Regarde comme elles sont belles.
Prends...
Prends celles-l�.
Au village, ils vont tous regarder nos tomates.
Ils diront : "Oh, les belles tomates qu'ils ont !"
L�, t'en as encore deux.
Regarde comme elles sont grosses !
Celle-l� aussi...
Qu'elles sont belles !
Celle-l� aussi ?
Oui, regarde comme elle est belle.
T'en as laiss� une qui est belle !
Et celle-l� ?
Oui, elle est bien m�re.
Regarde combien on en a ! Demain matin on ira sur la place.
Tu te rappelles les pousses, comme elles �taient petites ?
Et maintenant, quelles belles tomates !
Eh toi ! Que fais-tu ?
Je coupe un peu d'herbe pour les lapins.
Avec l'herbe, t'as pas coup� une autre plante ?
Qui a abattu cet arbre ?
Moi, je ne sais rien.
Quelqu'un a bien d� l'abattre !
Et alors ?
C'est quoi ?
Pas des tomates ?
- C'est pas des cerises ! - C'est pas la saison !
Mon potager est en avance d'un mois.
- O� tu les as plant�es ? - Sous le lit !
T'as vu, Bettina, comme ils regardent nos tomates !
Alors, Anselmo ?
Bon sang, quelles tomates ! Et bien m�res !
Oui, elles sont belles !
- Je pense bien ! - En cette saison !
D�j� des tomates ?
- C'est de la tomate de chez nous ? - Oui !
Tous les ans, je l'attends avec son panier.
Rentrons peser quelques kilos.
Le vieux Anselmo est toujours le premier.
Celles qui restent, je peux les acheter ?
Que se passe-t-il ? Quelque malheur ?
Le patron a dit qu'il veut chasser Batisti.
D'ici demain matin, il doit lib�rer la maison.
Lui, sa femme et ses gosses.
Est-ce possible ?
Batisti aurait coup� un arbre, pr�s du foss�
pour faire des sabots � son fils Minec.
Mais c'est priver de leur pain ces pauvres gens !
C'est un ch�timent tr�s dur...
Et ils ont encore un enfant dans les langes !
Voil� le r�gisseur.
Il emporte les b�tes du ma�tre : vache et veau.
Pauvres gens, il ne leur reste plus rien.
Avance, fain�ante !
Moi, j'enl�ve les cuill�res.
Non, attends.
R�citons le rosaire pour ces malheureux.
Reste pas l�. C'est pas bien, de regarder.
Sous-titres de Simon Mizrahi
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