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Le prologue
Maman!
Maman!
Ça suffit!
Giorgio!
Reviens!
Tu as perdu la tête?!
Qu'est-ce que tu veux faire?
Reviens, je t'en prie!
Maman!
Arrête de pleurer...
Je n'en peux plus! Tais-toi!
Non! Giorgio, non!
Tu as compris?
Assez!
VOIX PROFONDES
L'histoire...
Mademoiselle, la perfusion.
Il a une hémorragie interne, c'est évident.
Son état est très grave.
Il n'y a rien à faire, je le crains. Mais nous tenterons l'impossible.
- Madame Mainardi? - Oui?
Vous êtes la mère du défunt, n'est-ce pas?
Je suis sa belle-mère. C'est lui, mon fils.
Légalement, cela ne change rien.
Il nous faut l'autorisation de la famille pour l'autopsie.
C'est une question de routine,
mais pour les morts prématurées, c'est la loi.
Hors de question. Je ne permettrai pas une telle profanation.
C'est une chose à laquelle nous ne pouvons nous soustraire.
Je m'opposerai de toutes mes forces à cette macabre procédure.
J'ai beaucoup de relations, je m'adresserai en haut lieu.
Une autopsie? Pourquoi? Qu'est-ce qu'il y a?
Lucia...
- Je veux la vérité! - Giorgio...
Je n'aurai la paix que quand je l'aurai découverte!
Que ce soit bien clair!
Coupables ou non!
C'est toi qui m'as tué!
Ta famille et toi... Et ton amant!
Trop de subterfuges...
trop de silences, de mensonges. Mais c'est fini, tout ça!
Madame...
Vous vous sentez mal?
Dori... cette voix...
Oh, pardon... Je m'étais assoupie en laissant la télé allumée.
Excusez-moi, cela n'arrivera plus.
C'était l'intervention de Mainardi au conseil municipal,
qui, je vous le rappelle, vient de mourir prématurément.
- Excusez-moi, madame. - Ce n'est rien.
Je suis épuisée...
- Accompagne-moi dans ma chambre. - Mais bien sûr.
Calmez-vous, madame...
Tâchez de dormir un peu, vous vous sentirez mieux.
- Où est David? - En cuisine, avec marta.
- Je veux le voir. - Plus tard...
Je vais vous mettre au lit avec un bon lait chaud.
L'avocat confirme qu'on ne peut pas s'opposer à l'autopsie.
Le médecin légiste ne veut pas en démordre.
Il faudra repousser l'enterrement.
- Doit-on avertir Rosy? - Bien sûr.
Elle ne peut pas se soustraire à l'enterrement de son père...
même si elle n'a jamais été très affectueuse.
Va te reposer. Mario va l'appeler.
- Tu as entendu, mario? - Oui, maman.
Tu es là, mon chéri...
Ton Giorgio adoré est mort.
Tu as entendu, ou dois-je te le répéter?
Tu as compris ce que j'ai dit?
Pour notre plus grande joie, ton fils a enfin crevé...
Espèce de vieux gâteux.
Tu as de la chance, tu ne te rends plus compte de rien.
Tu en as, de la chance.
Le secrétariat du collège Saint mary.
...Oui, Rosy Mainardi.
Troisième année... merci.
Procès verbal d'autopsie du défunt Giorgio Mainardi,
décédé dans cet hôpital le 19 juin 1991.
Je procède à une incision verticale...
du tissu abdominal...
jusqu'à la cavité intestinale.
Au moyen d'une pince hémostatique, je bloque le conduit hépatique...
et je procède à sa résection.
J'extraie la première partie du sac intestinal...
et je le prépare pour son immersion...
dans le formol.
J'isole une section du colon traverse...
que je ferme à l'aide de pinces hémostatiques,
et je le transporte dans le liquide.
On remarque de profondes lacérations de l'appareil intestinal.
Aucune forme cancérigène.
Mais il est tard.
Enrico...
range tout cela à sa place.
Nous ferons les analyses lundi.
Presse-toi et referme-le.
- Rosy... - Bonjour, mario.
Gianni!
II n'a pas apprécié ma froideur. C'est ce que je voulais.
Ton oncle ne t'es pas sympathique.
Pas du tout.
Et ce n'est pas vraiment mon oncle.
Vous êtes plutôt drôles dans cette famille.
On ne peut pas dire que la tendresse règne.
Nous ne sommes pas habitués aux élans d'affection.
Mon père n'a su cultiver que son seul amour:
Le pouvoir.
- De quoi est-il mort? - Hémorragie interne, paraît-il.
Mais je n'en suis pas si sûre.
Comment un homme en pleine forme peut-il mourir subitement?
Je ne sais pas, mais ce sont des choses qui arrivent.
Mais arrête de te tourmenter.
Intéresse-toi un peu à moi.
Je veux que tout cela disparaisse.
Vide cette armoire,
Jette ces vêtements, offre-les, brûle-les...
Je n'en veux plus. Les voir me rend folle de rage!
Je m'en occupe immédiatement.
C'est mademoiselle Rosy!
Rosy, ma chérie!
Ma petite!
Comment c'est arrivé, maman?
Je dois vraiment te le dire?
C'est horrible d'y penser...
Je veux savoir ce qui s'est passé.
Il est rentré tard.
Il devait être onze heures.
Il ne m'a même pas dit un mot.
Il a pris son verre habituel et s'est assis sur le divan...
pour regarder la télé.
On est restés comme ça, en silence...
pendant dix minutes, environ.
Puis je me suis levée et j'ai dit que j'allais me coucher.
Il ne m'a même pas dit bonne nuit.
Il est resté là, avec son verre à la main,
à fixer l'écran.
Deux heures plus tard, je l'ai entendu rentrer...
et il s'est couché à côté de moi.
Tout à coup, il s'est mis à hurler...
Un hurlement déchirant, et le sang coulait de sa bouche...
Il coulait à flots.
- Ça n'explique pas l'hémorragie. - Je ne sais rien de plus.
Laisse-moi, maintenant. Je suis épuisée...
Oui, maman.
Ma coupe déborde.
Grâce et bonheur accompagnent tous les jours de ma vie.
Ma demeure est la maison de Seigneur en la longueur de mes jours.
Prions...
Ecoute, Seigneur, les prières pour notre frère Giorgio,
la foi l'associa au peuple des croyants...
Que ta miséricorde l'unisse à l'assemblée des saints,
dans la deumeure de lumière et de paix.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Jésus-Christ, notre rédempteur,
toi qui t'es offert volontairement à la mort,
pour racheter les hommes et leur redonner la vie,
regarde tes fidèles qui gémissent dans la douleur,
et invoquent ta clémence pour leur défunt bien-aimé.
Seigneur, saint et miséricordieux, pardonne ses péchés...
Une mort qui tombe au bon moment, pour certains...
- Tu parles de son demi-frère? - Exactement.
Il voulait qu'il couvre le déficit de sa filiale.
Une semaine encore, et ça aurait été le désastre.
...Toi qui vit et règne pour les siècles des siècles.
Accueille, Seigneur, l'âme de ton...
Des mots... Rien que des mots...
Pourquoi personne ne se demande ce qui s'est vraiment passé?
Pourquoi je suis ici?
Nous sommes comme la poussière, souviens-t'en, Seigneur...
comme l'herbe, comme les fleurs des champs.
Qu'est-ce qui te prend?
Où es-tu donc?
Je suis là... Avec toi.
Que veux-tu dire?
- Tu ne te sens pas bien? - Non, sois tranquille.
Ça va très bien.
Seigneur, tu me connais, tu as imprimé en moi la lumière de ton visage...
Tu m'as donné une âme, et je la rends à toi qui l'as créée.
J'ai péché, Seigneur, je ne tremble pas,
car tu accueilles les péchés et tu les pardonnes.
Tu m'as donné une âme, et je la rends à toi qui l'as créée.
Je crois. Le Christ est ressuscité il vit...
et un jour, je ressusciterai avec lui.
Que je puisse te contempler, mon Dieu et mon sauveur.
Tu voulais me parler? De quoi s'agit-il?
A propos de la nomination de l'administrateur de la fondation.
J'espérais pouvoir compter sur ton appui.
Eh bien?
II fallait quelqu'un de solide pour diriger la fondation.
Pas un idiot et un incapable comme toi.
Je me suis battu pour qu'on ne te nomme pas.
Te veux bien me laisser seul?
Voilà des années que ton inutile présence me dérange.
...Que je puisse te contempler, mon Dieu et mon sauveur.
Je conserve cet espoir au fond de mon coeur.
Que je puisse te contempler, mon Dieu et mon sauveur.
Que veux-tu? Je n'ai pas de temps à perdre.
Il est arrivé un fait regrettable. J'aimerais une explication.
Je t'écoute.
La banque a refusé de payer un de mes chèques.
Naturellement...
J'ai donné ordre de bloquer toute opération sans ma signature.
Puis-je te demander pourquoi?
J'en ai assez de voir mon argent inutilement dilapidé.
Désormais, tu devras me soumettre tes moindres besoins,
et je déciderai ce qu'il en sera.
C'est ton remerciement pour avoir consacré ma vie à un vieil invalide?
Ton fils et toi mouriez de faim quand mon père vous a recueillis.
Tu as joué tes cartes et tu as perdu.
Fais-t'en une raison.
- C'est ton dernier mot? - Oui.
Maintenant du vent, j'ai à faire.
Lazare était mort, tu l'as ressuscité.
Nous pleurons aussi. Celui que nous aimions est mort.
Donne-lui la vie pour qu'il repose en toi.
Ouvre-lui le ciel, inonde-le de lumière.
Donne-lui la vie pour qu'il repose en toi.
Viens, Seigneur, libère-moi.
Toi qui as brisé le pouvoir de la mort,
et qui fait briller dans les ténèbres la joie lumineuse de ton visage.
Tu es le Christ, notre rédempteur.
Tu as donné vie aux morts, tu les as conduit vers la lumière.
Tu es le Christ, notre rédempteur.
Tout est fini. Nous n'avons plus aucune raison de nous voir.
Et ne fais pas cette tête, ça ne prend pas avec moi.
Coupons tous les ponts, il n'y a rien d'autre à faire.
Je te laisse assez pour vivre seule ou avec ton amant.
Je ne te permets pas de me parler comme cela.
Je ne suis pas ta femme de chambre.
Tu parles à une femme... qui t'aime sincèrement.
C'est ton opinion. Tu n'es qu'une salope.
Avec de la classe, certes, mais une salope.
- Comme ta femme. - Cela ne te regarde pas.
Tout ce qui me concerne n'a plus rien à voir avec toi.
Tu ne fais plus partie de ma vie.
C'est assez clair?
Je t'ai effacée.
Qu'il soit joyeux, le jour éternel. Qu'il trouve en toi le repos, la paix.
Putain!
Tu es le Christ, notre rédempteur.
Nous te remettons l'âme de notre frère Giorgio,
dans l'espoir qu'il ressuscitera le dernier jour,
avec tous les morts dans le Christ.
Nous te rendons grâce, ô, Seigneur...
Rosy... Ne m'abandonne pas.
Tu n'es pas comme les autres. Je t'en prie, aide-moi.
Qu'ont-ils fait à ton père?
Papa...
Tu ne sais pas qu'on frappe avant d'entrer?
- Que veux-tu? - Rien.
Excuse-moi.
Rosy, ne m'abandonne pas... Je n'ai aimé que toi!
Ne me laisse pas, je t'en prie!
Que brille sur lui la lumière éternelle. Qu'il repose en paix. Amen.
Que brille sur lui la lumière éternelle. Qu'il repose en paix.
Rosy! Tu m'entends? Aide-moi!
Pourquoi s'est-il fait enterrer dans la maison du diable?
C'est la tombe de la famille. Sa mère est enterrée ici.
Mario, pose-les ici.
Ne me laisse pas, Rosy... Ne m'abandonne pas!
Rosy! Tu m'entends? Ne m'abandonne pas!
II n'y a que toi qui puisses m'aider
Tu dois découvrir la vérité!
Rosy! Je t'en supplie!
Bien. Une bonne chose de faite.
Même si c'était vraiment désagréable.
Les enterrements ne le sont jamais.
Celui-ci en particulier.
La pensée qu'ils l'aient ouvert, et...
vidé son corps...
Cela m'a troublé plus que je ne l'avais imaginé.
Parlons de choses plus intéressantes. Des nouvelles des avocats?
Oui, maman.
A cause de l'autopsie, il va y avoir un certain retard.
Quel rapport avec son testament?
En théorie, rien.
Mais dans la pratique...
il nous faut attendre le résultat des analyses toxicologiques.
Tu as la liste des biens, des titres, des actions?
Oui, tout est là. Rien ne m'a échappé.
Et le contenu des coffres-forts?
- Aussi. - Bien.
Nous parlerons au plus tôt avec le directeur de la banque.
Je ne tiens pas à attendre la permission de la bureaucratie.
Nous irons à la banque dès demain.
Comme tu veux, maman.
Qu'y a-t-il?
Oh, bien sûr...
Va dans ta chambre, mon petit. Tout ceci ne te regarde pas.
Bien sûr...
mais même si c'était le cas, j'aurais honte de parler ainsi.
- On dirait des vautours qui... - Assez!
Veux-tu bien la fermer, pour une fois?
Je peux me taire, oui...
mais je suis certaine que mon père vous écoute et vous juge.
Arrête de dire des sottises. Ton père est mort.
Non, il n'est pas mort.
Il est là, dans cette maison.
Ignorez-le, si vous voulez, mais vous n'éliminerez pas sa présence.
- Tu n'aurais pas dû lui parler ainsi. - Mais enfin, que veut-elle?
II faut la comprendre, elle est encore très jeune.
A son âge, certains événements peuvent être très marquants.
Sottises!
Lucia?
C'est toi?
Dori...
Dori! Où es-tu, maudite femme!
Me voilà. Que se passe-t-il?
Les vêtements... Pourquoi sont-ils là?
Excusez-moi, je ne les ai pas encore retirés.
Je n'ai pas eu le courage de les jeter. Je voulais vous le dire.
Te n'es qu'une idiote.
Vide immédiatement cette pièce!
Et rappelle-toi bien qu'ici, c'est moi qui donne les ordres.
- C'est clair? - Oui.
Je m'en occupe tout de suite.
Mon enfant... Toi seule peut m'aider à découvrir la vérité.
Ecoute-moi, je t'en prie...
Non, papa... Non!
Je t'en prie, ne te sauve pas...
Tu es la seule personne que j'aie vraiment aimée.
Je connais cet endroit...
Naturellement...
Nous y venions souvent quand tu étais petite.
Nous deux seuls. C'était notre petit coin secret.
- Tu devrais t'en souvenir. - Oui...
Tout est confus, lointain...
mais je m'en souviens.
Mais maintenant, j'ai grandi et tu es mort.
Tu n'existes plus.
Je continuerai à exister dans tes pensées.
Je pourrai te voir chaque fois que je penserai à toi.
C'est cela?
- Je pourrai te parler, aussi? - Bien sûr.
Tant que mon corps et le souvenir que tu en as coïncideront.
Tout dépendra de la force de ton souvenir.
La mort de l'homme peut retarder la mort, la vaincre.
Notre aspect...
est lié au souvenir qu'ont de nous ceux qui nous aiment...
Ou qui nous haïssent.
- Je ne veux pas te perdre. - Si tu m'aimes, tu ne me perdras pas
- Que puis-je faire? - Aide-moi à découvrir la vérité.
- Laquelle? - Celle qui concerne ma mort.
Que m'est-il arrivé? Qu'est-il arrivé, cette nuit-là?
II faut que je le sache.
Tu dois m'aider à le découvrir.
- Avant qu'il ne soit trop tard. - Trop tard pour quoi?
Avant que mon corps n'ait disparu aussi de ton esprit.
- Je le ferai. Je te le promets. - Je dois m'en aller, maintenant.
- Où? - Ne me le demande pas.
Je ne peux pas te le dire.
Adieu, Rosy...
Je t'aime.
Moi aussi, papa...
Coucou, David
Je ne comprends pas ce que tu trouves d'amusant là-dedans.
J'ai appris ça en voyant faire les grands.
Allons, les grands ne font pas ce genre de choses.
T'es casse-pieds!
Rosy va sortir et t'acheter un beau jouet...
D'accord?
...Oui, je comprends.
...Certainement.
...merci de nous avoir informés. Au revoir, monsieur.
C'était le responsable du laboratoire de l'hôpital.
Ils ne peuvent plus continuer les analyses, il y a eu un incident.
Le bocal qui contenait l'organe s'est brisé.
Et toi? Qu'est-ce que tu regardes, vieille momie?
Qu'est-ce que tu as, maman?
Je ne supporte plus de sentir ses yeux sur moi jour et nuit.
J'ai l'impression qu'il épie tous nos faits et gestes.
Et alors?
Quand bien même, à qui irait-il le répéter?
II ne peut pas.
Qu'est-ce que tu as?
J'ai dû m'endormir et j'ai fait un cauchemar.
Tu devrais retourner dans ta chambre, on pourrait te surprendre ici.
Tu as raison... A demain.
Vous savez pourquoi la réunion a été anticipée:
La rupture accidentelle du bocal contenant l'organe du défunt...
qui devait être analysé.
Voici les dernières volontés de Giorgio mainardi. Son testament,
rédigé par moi sous sa dictée,
et signé par les témoins.
Ses dernières volontés, annulant toute autre disposition...
exprimée antérieurement, ou rédigée antérieurement.
Je passe sur les conditions physiques et mentales...
du testataire au moment de la rédaction de l'acte,
et sur certaines donations à exécuter ultérieurement.
La volonté du défunt est ici irrévocablement univoque.
La totalité du patrimoine entre en possession de sa fille Rosy,
qui est tenue de laisser à sa mère...
l'usufruit de la propriété immobilière tout au long de sa vie.
Je dois informer les présents appartenant à la branche héréditaire
...que la loi prévoit la contestation du testament...
au cas où, selon eux, ait pu être commise quelque irrégularité.
La contestation peut advenir cinq ans après...
Comment a-t-il pu?
II a même ignoré mon fils.
Il n'a même pas pensé à notre enfant...
Comment a-t-il pu...
Comment a-t-il pu?
Giorgio! Reviens te coucher!
Tu es devenu fou?
Maman!
Arrête de pleurer!
Je n'en peux plus!
- Maman! - Cesse de pleurer!
Je n'en peux plus!
Tais-toi! Je vais te faire taire une bonne fois pour toutes!
Assez!
Tu ne peux pas le tuer! C'est ton fils!
Ce n'est pas mon fils!
Comment peux-tu boire cette horreur?
J'ai toujours été la seule à boire cette orangeade.
C'est toi qui as fait ces analyses?
Mon labo est en rapport avec celui des autopsies.
Ils nous laissent faire des prélèvements pour pratiquer.
Tu as fait un travail inutile, je le crains.
Pourquoi?
Le bocal avec les tissus de mon père est en miettes.
Voilà pourquoi tu as trouvé des fragments de verre.
Quand j'ai prélevé l'échantillon, le bocal était intact.
Tu veux dire que quelqu'un a fait en sorte que mon père...
avale des fragments de verre?
Oui. Assez petits pour échapper à un contrôle rapide,
mais assez grands pour produire une hémorragie.
Comment a-t-il pu les avaler sans s'en rendre compte?
La police le déterminera.
Non, Gianni...
Tu ne comprends pas, notre famille est trop en vue.
Un scandale éclaterait.
Il faut que je découvre la vérité avant tout.
Je l'ai promis à mon père. Et à moi-même.
Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
Gianni, je t'en prie...
prends ces analyses et cache-les bien.
Quelques jours seulement.
- Je ne peux pas. - Je t'en supplie.
Fais-le pour moi.
S'il te plaît.
Tu me demandes de violer la loi.
Mais je ne peux pas te dire non.
C'est pour toi que je le fais.
Tu es la fille de Giorgio, n'est-ce pas?
Apparemment, tu devais l'aimer beaucoup.
Tu ne serais pas ici, autrement.
Et toi? Pourquoi es-tu venue?
Pour m'assurer... qu'il reste bien là où il est.
C'est l'endroit idéal pour un homme tel que lui.
Tu permets que je reste un peu avec toi?
Autrefois, je venais toujours t'embrasser avant de dormir.
Tu veux bien que je reste?
- Pourquoi pas? - Tu es toujours si agressive...
Au fond, nous sommes ta famille.
Tu crois vraiment qu'on peut parler de nous comme d'une famille?
Nous avons fait notre possible pour qu'elle ait l'air d'en être une.
Et ça n'a pas toujours été facile.
- Tu sais qu'il avait une maîtresse? - Oui.
Une femme horrible, vulgaire, répugnante,
une sale putain.
Qui a peut-être su lui donner ce que tu n'as pas pu.
Le soir de sa mort, papa est rentré tard, tu m'as dit...
- A cause de cette femme? - Je suppose.
- Ils ont dîné ensemble? - C'est probable.
Tu sais où elle habite?
Une petite villa près du vieil embarcadère.
C'est ton père qui l'a installée là.
Qu'est-ce que tu comptes faire?
Discuter un peu avec elle.
Bonne nuit.
Rien... Bonne nuit.
Je t'ai promis que je découvrirai la vérité.
Je maintiendrai ma promesse.
Il y a quelqu'un?
Viens... La porte est ouverte.
Qu'est-ce que tu fais?
La porte est ouverte. Pose tout dans la cuisine.
L'argent est sur la table.
Pourquoi tu ne réponds pas?
Bonjour, Rita.
Excuse-moi, je croyais que c'était la femme de ménage.
Fais comme chez toi.
Eh bien? Qu'y a-t-il?
J'aimerais te poser quelques questions.
Je t'écoute.
Le soir où mon père est mort, il avait dîné avec toi?
- Pourquoi te me le demandes? - Tu as du mal à me répondre?
Pas du tout.
- Oui, il a mangé avec moi. - Vous avez dîné à la maison?
Je voulais, mais il a insisté pour sortir.
Alors il m'a amenée au Garden,
un petit restaurant au bord du fleuve.
- Tu es satisfaite? - Oui.
Que veux-tu savoir d'autre?
Dis-moi franchement... il t'aimait?
Je me le suis souvent demandé mais je ne l'ai jamais vraiment su.
Maintenant qu'il est mort, je me rends compte...
qu'il n'a jamais aimé personne.
Les gens n'étaient pour lui que de vulgaires marionnettes.
Il jouait avec les sentiments des gens.
Il a joué avec les miens, aussi.
Je l'aimais...
Quand il est mort...
l'espace d'un instant...
j'ai été contente.
Il avait enfin trouvé quelqu'un plus fort que lui...
sans aucune pitié!
Presse-toi, Rosy, nous n'avons plus le temps!
Presse-toi, pour l'amour du ciel!
Quelque chose ne va pas? Pourquoi tu ne t'assois pas?
Que se passe-t-il?
Je t'écoute. Parle.
Parle. Qu'y a-t-il?
La situation est devenue insupportable.
C'est ce que je voulais t'entendre dire.
Tu as enfin compris...
Envoie ta putain de femme au diable...
et viens vivre avec moi. C'est la seule solution.
Pauvre folle... Tu n'as rien compris, comme toujours.
C'est toi qui dois disparaître de ma vie.
Disparaître à jamais.
Envoie ta putain de femme au diable et viens vivre avec moi.
Envoie ta putain de femme au diable et viens vivre avec moi.
Envoie ta putain de femme au diable et viens vivre avec moi!
C'est toi qui m'as tué!
C'est toi qui m'as tué!
C'est toi qui m'as tué, Rita! C'est toi!
Non, ce n'est pas moi!
Ce n'est pas moi!
Je me souviens de cette soirée pour une raison précise.
Ils ne touchèrent pas leur plat. Ils se sont disputés.
Puis votre père s'est levé et il est parti seul.
Ils n'ont rien bu? Un apéritif, un verre de vin?
Je n'eus même pas le temps d'ouvrir la bouteille.
- Merci beaucoup. - Ce n'est rien, mademoiselle.
Eh bien?
II n'a ni mangé ni bu ce soir-là.
Ce qui veut dire que c'est arrivé après.
Ça ne peut pas être autrement.
Alors?
Metredin liquide. Assez pour tuer un boeuf.
- Qu'est-ce que je dois faire? - Aller tout de suite à la police.
- Non. Avant, je veux savoir... - Réfléchis...
Quelqu'un a essayé de te tuer.
- Tout le monde aurait pu boire ça. - Toi seule boit cette orangeade!
- Ce n'est pas une preuve décisive. - Bon...
Que voudrais-tu faire? Retourner là-bas?
Cette nuit, tu dors chez moi.
Rosy, tu dois prendre une décision.
C'est un jeu trop dangereux pour toi.
Tu dois en parler à la police.
Ça ne servirait à rien.
La personne qui a commis le crime a été très habile.
Alors va-t'en pour toujours de cette maudite maison.
Il n'y a pas d'autres solutions.
Et mon père?
Mon père...
Ton père est mort.
Et toi, tu es vivante.
Pense à toi.
Pense à nous deux.
Ne me laisse pas...
- Ne me laisse jamais. - Non, je te le promets.
Tu ne peux pas m'abandonner, je t'en prie!
- Papa! - Aide-moi à trouver la vérité!
Nous n'avons plus le temps!
- Papa! - Je dois savoir. Fais vite!
- Ne t'en va pas, papa... - Aide-moi!
Je m'éloigne de toi... Nous n'avons plus le temps!
Rosy... Ma fille...
Au secours! - Je suis là...
Ne me laisse pas...
Papa!
Je t'en prie...
Rosy, je t'en conjure!
Nous n'avons plus le temps!
Grand-père...
C'est moi, Rosy.
Comment vas-tu?
Je sais que tu m'entends.
Que tu m'aimes.
Moi aussi, je t'aime.
Je vous aime, papa et toi.
Si seulement tu pouvais parler...
me faire un signe.
Tu sais peut-être la vérité, tu sais qui l'a tué.
Tu veux me dire quelque chose, n'est-ce pas?
Courage...
Que fais-tu ici?
II doit rester calme. Une trop forte émotion pourrait le tuer.
- J'étais venue lui dire bonsoir. - C'est fait. Laisse-le se reposer.
Bien sûr...
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Tu aurais dû le savoir, l'argent n'apporte pas que des joies.
Il génère rancune, envie.
Qu'est-ce que j'y peux? Réponds!
Courage, papa!
Tu n'y peux rien, mon fils.
Tu aurais dû t'y attendre,
surtout de la part de celle... en qui tu avais le plus confiance.
C'est elle qui t'a tué!
Non... ce n'est pas possible.
C'est elle... Voilà la vérité!
Elle ne t'a jamais aimé.
De qui parles-tu?
De qui parles-tu?
Qui est-ce? Dis-le-moi!
De qui parles-tu?
Dis-le-moi!
Qui est-ce? Tu ne me l'as pas dit, papa!
Encore, David? Où as-tu pris cela?
Réponds-moi, d'où vient cette ampoule?
- Je ne sais pas. - Dans la poubelle.
Davide fouille toujours partout, c'est un enfant vivace.
D'où lui viennent de telles idées?
II a dû voir ça à la télé.
Dori, tu étais ma gouvernante préférée.
Réfléchis bien et réponds à ma question.
Qui était dans la maison le soir où mon père est mort?
C'est simple. Il y avait moi,
David, sa mère...
et bien sûr, le pauvre monsieur Giorgio.
- Et Hilde? - Elle était partie le matin.
Elle avait rendez-vous en ville avec monsieur mario.
Allô? Qui est à l'appareil?
Peu importe. Ce qui compte, c'est que je sais comment ton mari est mort.
- Qui est à l'appareil? - Tu croyais pouvoir t'en sortir?
Tu t'es crue très habile, n'est-ce pas?
Tu as eu tort.
- Que voulez-vous de moi? - Je te le dirai personnellement.
Je t'attends demain au cloître du vieux couvent, à onze heures.
Si tu tiens à ta vie, viens, et viens seule.
Je viendrai seule.
Maman?
- C'est toi? - Oui, c'est moi.
Tu ne t'y attendais pas, n'est-ce pas?
Tu croyais que j'avais avalé, moi aussi, l'histoire de la veuve...
inconsolable que le destin accable?
Laisse-moi te le dire, maman, tu joues bien mal la comédie.
Tu ne vas pas croire que j'ai tué ton père?
Je ne sais pas encore comment, mais c'est toi.
Pourquoi l'aurais-je fait?
Pour de nombreuses raisons. L'argent, avant tout.
Je t'en prie, aie pitié de moi...
Ou bien tu l'as tué pour continuer ta sale histoire avec mario.
Ne dis rien... Je l'ai vu sortir de ta chambre en pleine nuit.
Ou bien est-ce par peur qu'il découvre que David n'est pas son fils?
Rosy, comment peux-tu penser une chose pareille?!
Ne t'inquiète pas...
même si je suis au courant de ces "petits" secrets...
je n'ai pas l'intention de te dénoncer.
Il me suffira de t'effacer de ma mémoire pour toujours.
Je vais partir demain matin.
Encore de la glace.
Quatre glaçons, comme toujours.
Tout de suite, papa.
J'ai compris...
Le verre était dans les glaçons.
Je sais qui c'est, maintenant.
Ça n'a pu être qu'elle.
Un plan diabolique.
Personne n'aurait pensé à elle.
Tu parles de moi, n'est-ce pas ma chérie?
Ce n'était pas nécessaire d'être là quand il aurait pris de la glace.
Tout était prévu. Un mécanisme étudié dans les moindres détails,
Ce n'est pas ma mère qui a projeté ce crime.
Toi seule pouvait imaginer un plan aussi subtil.
Tu as su alimenter l'imagination d'un jeune enfant.
Eh bien c'est une décision...
que nous avons pris en commun mon fils, ta mère et moi.
Il était arrivé quelque chose que personne ne pouvait prévoir.
Giorgio avait découvert que David n'était pas son fils.
Il menaçait de nous déshériter.
Ainsi, vous avez transformé David en un tueur involontaire.
Même si la police découvrait tout, elle aurait pu penser à en malheur.
Mais il est trop tard.
Je connais la vérité, et je ne dirai rien, sois tranquille.
Ne vous faites pas d'illusions,
je serai bientôt loin et je vous laisse la maison...
avec tout ce qu'elle contient.
C'est à vous. Je ne veux rien.
Mais vous devez faire attention.
Mon père habitera avec vous, lui aussi.
Il vivra dans vos consciences, dans vos peurs, vos cauchemars.
Et il vous tourmentera pour tout le mal que vous lui avez fait.
Papa!
Papa!
Ce film est dédié à quelques amis sûrs,
et tout particulièrement à Clive Barker et Claudio Carabba
Sous-titrage: Laser S. Film s.r.I. - ROmA
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