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- J'ai dormi? - Pas exactement, non.
- Les enfants! - Ils sont vivants.
Ils sont vivants. Ils sont en route vers l'hôpital.
- OK. T'es certain? - Oui.
Elle les a juste bien drogués, mais ils sont tous en vie.
OK. C'est bon. Ils sont vivants.
Ils sont vivants.
Elle leur a donné quoi, comme drogue?
Tu veux pas prendre le temps
de te reposer un peu, quand même?
Ouais.
Je me suis évanouie, moi? - Hmm-mm.
OK.
Mais ils sont vivants?
Oui, ils sont vivants.
OK.
Puis toi, t'es resté? - Toujours.
OK.
J'ai les jambes tellement molles.
Je vais te ramener chez toi, OK?
Oui.
♪ I wanna love you ♪
♪ Every day and every night ♪
♪ We'll be together ♪
♪ With a roof right over our heads ♪
♪ We'll share the shelter ♪
♪ Of a single bed ♪
♪ Is this love ♪
♪ That I'm feeling? ♪
♪ Is this love ♪
♪ That I'm feeling ♪
♪ Is this love? Is this love? ♪
- Surprise! - ♪ That I'm feeling? ♪
T'as acheté ça ou j'avais ça ici?
Non, c'est moi qui l'ai acheté.
Je suis sortie de la salle de bain,
j'ai concentré toute mon attention là-dessus,
puis j'ai oublié complètement de me méfier
quand je suis allée pour le faire.
Puis elle m'a pris en joue.
Puis là, je me suis retrouvée comme ça. Et avec la veste...
Hmm.
J'ai ronflé?
Pas que.
♪ And treat you right ♪
♪ I wanna love you ♪
♪ Every day ♪
♪ Every night ♪
♪ We'll be together ♪
♪ With a roof right over our heads ♪
♪ We'll share the shelter ♪
♪ Of a single bed ♪
♪ Is this love ♪
♪ That I'm feeling ♪
♪ Is this love? Is this love? ♪
♪ Love that I'm feeling ♪
♪ Is this love? Is this love? Is this love? ♪
♪ Is this love that I'm feeling? ♪
♪ Is this love? Is this love? Is this love? ♪
♪ Is this love that I'm feeling? ♪
C'est bien long.
Elle doit courir auprès de machine.
On est en obstétrique. Y a juste ça,
des machines cardiaques.
D'un coup qu'elle entendait pas le coeur du bébé?
Elle a fait une face bizarre.
Il y a quelque chose qui va pas, je pense.
Non, la machine marchait pas.
Tu me le dis si on te dérange?
Anna,
on a pris son rythme cardiaque avant de partir de la maison.
Puis ça?
Puis?
- Bien, si tu parles pendant... - Excuse.
- C'est beau, beau, beau. - Oui?
J'ai eu tellement peur.
Franchement.
Excuse-moi. Je me contrôle pas. Je m'excuse.
Ça va aller.
Des fois, j'ai...
j'ai... j'ai l'impression
que t'es pas avec nous, que je suis toute seule dans le projet.
Je m'excuse. Je cours après une machine.
Ça sera pas long. - Ça va, ça va.
Y a pas de stress. Prenez votre temps.
Y a pas de stress?
Je suis dans le projet, Anna.
C'est juste qu'on vit pas les choses de la même façon.
Bien, lâche ton cell, puis sois avec nous autres.
Je travaille même pas.
C'est des recettes de purée de bébé.
Excuse-moi.
Abricots, carottes...
Excuse-moi. Je m'excuse.
Quand même.
Tu travailles beaucoup, Suzanne.
Je pensais que t'allais être plus présente.
Je sais.
Mais je donne un petit coup avant que le bébé arrive,
puis après, on va être corrects.
De quoi tu parles, tu donnes un petit coup?
Je fais au-dessus de 200 000 par année
et tes parents sont millionnaires.
Ta mère a acheté des cuillères en or la semaine passée.
On va être correctes.
C'est pas par rapport à l'argent, c'est juste...
Je pense pas que je vais être capable de continuer ce métier.
Pas avec un enfant.
C'est trop sombre.
Je vais finir l'enquête que je suis en train de faire
puis... j'arrête.
Pourquoi tu m'as jamais parlé de ça?
Tu veux pas que je te parle de ça.
Non, je veux pas que tu me parles des meurtres
puis les affaires de même,
mais tes doutes, tes angoisses, oui.
Now, you know.
Ça te fait-tu de la peine de peut-être changer de métier?
- Non. - T'es certaine?
Parce que tu vas nous en vouloir, sinon...
Certaine, certaine, certaine.
Tu seras jamais toute seule dans le projet.
Puis je vais toujours être là pour vous deux. C'est promis.
- Je t'aime. - Moi aussi.
- On peut-tu l'appeler Barbara? - Non.
Tu te demandes juste d'y réfléchir.
- J'ai réfléchi. Non. - Pourquoi?
Bien, parce que c'est pas une poète de la Renaissance.
C'est pas le prénom d'une poète de la Renaissance,
c'est une chanteuse française.
- Ah oui? - Bien oui.
Elle chante quoi, genre?
♪ Dis... ♪
♪ Quand reviendras-tu? ♪
♪ Dis ♪
♪ Au moins le sais-tu ♪
♪ Que tout le temps qui passe ♪
♪ Ne se rattrape guère ♪
♪ Que tout le temps perdu ♪
♪ Ne se rattrape plus ♪
♪ Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà ♪
♪ Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois ♪
♪ À voir Paris si beau dans cette fin d'automne ♪
♪ Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne ♪
♪ Je tangue, je chavire et comme la rengaine ♪
♪ Je vais, je viens, je vire, je tourne et je me traîne ♪
♪ Ton image me hante Je parle tout bas ♪
♪ J'ai le mal d'amour et j'ai le mal de toi ♪
Hum...
Il va falloir reparler de tout ça, hein?
Je sais, mais pas tout de suite.
Pourquoi?
Je veux pas trop qu'on réfléchisse pour l'instant.
Ç'a jamais été ton fort, de toute façon.
Sorcière!
Est-ce que je peux t'exprimer une crainte par rapport à ça?
Toujours.
Tu sais, on travaille ensemble.
Ça sera pas facile conjuguer... - Je sais, je sais.
La dernière fois qu'on a eu un différend,
tu m'as boudée au travail.
J'aimerais savoir ta parole
que peu importe ce qui va se passer entre nous deux,
tu vas rester professionnel,
puis tu vas rester mon ami, parce que...
je... je veux pas te perdre.
T'as ma parole, Suzanne.
La mienne aussi.
Puis aussi, je pense que ça sera bien
qu'on garde ça entre nous deux pour l'instant.
Tout à fait.
Je peux t'embrasser?
Bien non, je...
Va chier.
Si ça devient plus sérieux, on en parlera
de façon plus officielle.
Pour l'instant, t'es lesbienne et on fait du covoiturage.
C'est ça.
Du covoiturage.
Et j'aime faire du covoiturage avec toi.
- Ah ouais? - Ouais.
Tu me trouves pas trop débutante?
Tu débutes, mais t'as du beat.
C'est François Pérusse, ça?
C'est Hélène qui m'a fait découvrir.
Je débute, mais j'ai du beat.
Moi, je suis pas débutant. J'ai pas de beat pour autant.
Je suis pas d'accord.
Ah non?
- Non. T'es toujours à l'heure. - À l'heure?
Quand on fait du covoiturage.
Ah oui! C'est important d'être ponctuel.
Hmm-mm.
OK, viens-t'en.
C'est pas moi qui ai fait ça.
C'est bizarre parce qu'on dirait
que ç'a été fait au pinceau.
En tout cas, la personne qui a fait ça s'est appliquée,
parce que c'est une oeuvre multisensorielle.
Non seulement ça se voit, mais ça se sent.
Bien, c'est moi qui ai fait ça!
Donc, c'est vous qui avez fait ça?
- Oui! - OK, bon.
Bien là, ce qui va se passer, c'est qu'on va vous amener
à la salle d'isolement
pour aujourd'hui et pour demain,
le temps de nettoyer votre chambre et toutes vos affaires.
Puis malheureusement, chaque fois que vous allez avoir
des comportements comme ça, c'est ça qui va se passer,
parce qu'on peut pas vous laisser ici, là.
C'est pas hygiénique.
Bien là, c'est même pas moi qui ai fait ça.
Bien, vous venez de dire que c'est vous.
M. Vanier, si vous vous ennuyez, là,
que vous voulez nous voir, vous pouvez nous le dire.
Si vous avez envie de dessiner,
il y a plein de matériel ici pour ça.
Vous allez ramasser ma marde, mes estie.
Bon. Bien, la sécurité s'en vient vous voir.
Suzanne, est-ce que tu as vu le dossier de M. Dallaire?
Oui, c'est moi qui l'ai. Il est sur mon bureau.
OK, parce que j'ai parlé à la dame de l'orphelinat.
C'est gros, là.
OK, bien, veux-tu m'attendre là-bas?
Bien sûr, Suzanne.
C'est moi ou il y a une odeur de merde?
Ça sent exactement ce que t'es.
C'est très drôle.
C'est très, très drôle, ça.
Y a une odeur de merde. C'est ça.
Bon...
Je te le dis tout de suite,
attention aux âmes sensibles parce que c'est pas jojo, hein!
Est-ce que t'aimerais qu'on devienne amis, Émilien?
Quoi?
Tu voudrais qu'on soit plus proches?
Euh... Non. Je sais pas. Je comprends pas.
Bien, d'abord, pourquoi tu m'appellerais Suzanne?
Mortimer t'appelle Suzanne.
Bien, on fait du covoiturage deux fois par jour.
On se connaît bien.
Ça se peut qu'il se soit échappé, oui.
C'est pas juste ça.
C'est toute cette histoire de hiérarchie, en fait,
que je... que je trouve absurde.
On s'appelle tous par nos prénoms, ici.
Mais pas vous.
Je veux dire, en plus d'imposer une distance
en utilisant votre nom de famille, on ajoute la fonction.
"Dre Bien-Aimé."
Je veux dire, c'est carrément pompeux, non?
Utiliser le métier.
Y a personne qui m'appelle criminologue Delcourt.
Puis, est-ce que t'as déjà remis ce principe-là en cause?
Ça m'a paru évident, là, maintenant.
Maintenant?
Mais oui, ça nous place automatiquement
en position d'infériorité
alors qu'en fait, vous êtes pas du tout mon supérieur.
Puis avec les autres médecins, avant,
est-ce que ça te faisait ça?
Le moment de la prise de conscience est pas important.
Bien moi, je pense que oui.
Ta réflexion est sensée,
mais est-ce qu'elle te serait parue aussi évidente
si j'avais été un docteur?
Arr! Arrêtez avec ça.
Ça n'a aucun rapport. - Bien non, j'arrêterai pas.
Le problème ici, c'est pas que je sois médecin.
Ni que je sois une femme. - Exactement.
Le problème, c'est que je sois les deux.
Non, pas du tout.
Le problème, c'est que vous arrêtez pas d'agir
comme si vous étiez en position d'autorité sur moi.
En fait...
on a juste pas le même métier.
Hmm-mm.
Je veux dire, oui, c'est vous qui vous occupez
du plan de traitement, quand même, mais...
Mais c'est ça.
C'est moi qui décide parce que le patient est
sous ma responsabilité.
S'il y a des erreurs, c'est moi qu'on pointe du doigt,
c'est moi qui suis imputable.
Puis on m'appelle Dre Bien-Aimé parce qu'il s'avère
que je suis docteure, de un,
et de deux, parce que j'ai besoin de ce statut-là
auprès des patients parce que c'est moi
qui leur fais accepter le traitement.
Est-ce que tu comprends ça?
Est-ce qu'on peut se parler de M. Dallaire?
Certainement.
Mais je t'avertis, Émilien, si tu fais
d'autres commentaires sexistes, je vais aller voir la direction.
Je t'ai donné beaucoup de chances.
Je n'ai pas fait de commentaires sexistes, OK?
Je vous ai appelée par votre prénom.
De toute façon, la direction, elle fera rien.
Elle fait juste donner un billet verbal.
Bon, on laissera la direction juger de ça.
Maintenant, si tu veux qu'on soit amis, la réponse est oui.
Hé! C'est essoufflant de parler avec vous à la fin.
Je n'ai pas envie d'être votre putain d'ami. Merde!
Tu m'appelles Suzanne pour attirer mon attention.
En quelque part, t'es content d'avoir trouvé quelqu'un
d'aussi passionné que toi dans le travail,
puis tu cherches à faire une proximité,
mais tu sais pas comment t'y prendre.
Résultat, pour entrer en contact avec moi, tu me fais chier.
Non, vous, vous faites chier.
Émilien.
La vie est trop courte
pour rester pris dans des comportements comme ça.
Hein? Décroche.
T'es trop intelligent. T'es trop une belle personne. Ça se voit.
Bien oui, mais vous arrêtez pas de dire que je fais chier.
Parce que tu fais chier.
Appelle-moi Suzanne dans le privé,
appelle-moi Gertrude si ça te tente,
mais change tes comportements.
Ça vous va bien, quand même, Gertrude.
Je t'ouvre une porte, là.
Ça serait dommage de la manquer. - Je vais y penser.
Ouais, bien, pense à ça rapidement.
M. Dallaire? - M. Dallaire.
Euh...
Donc, sa soeur...
Sa soeur m'a dit que...
quand M. Dallaire est arrivé chez eux,
hum... il était dans un drôle d'état.
Il savait rien faire. Il savait pas parler.
Il savait pas lire, écrire.
C'est ça. Il savait rien faire.
Pour un enfant de 11 ans, c'est assez inhabituel, hein?
Oui, c'est bizarre.
Et en fait, la...
bien, la dame de l'orphelinat m'a dit
que c'était pas du tout dû à un déficit intellectuel,
mais à de la négligence extrême.
Le pire cas qu'elle ait vu dans son métier.
M. Dallaire, il a jamais été battu,
abusé, violenté, rien de tout ça.
Il a été ignoré par sa famille biologique.
Elle me disait que, en fait,
quand les policiers sont arrivés chez eux
après plusieurs signalements et tout,
ils ont trouvé M. Dallaire, anciennement...
- Jacques Ranger. - Oui, c'est ça, Jacques Ranger.
Attaché à un radiateur.
OK.
Il y avait des cordes partout dans la maison:
à l'intérieur, à l'extérieur.
Alors, en fait, ce qu'ils faisaient,
c'est qu'ils le laissaient attaché toute la journée.
Ils lui parlaient pas.
Ils l'éduquaient pas.
Ils l'ignoraient.
Pff... OK.
Ouais, c'est...
C'est pour ça que tout à l'heure, je disais
attention aux âmes sensibles, parce que même moi, j'ai...
Enfin, je... Voilà.
J'avais les yeux humides, un peu.
Puis toi, t'es... t'es tough.
Ah! Hé! Ça va.
Bon, bien,
c'est sûr que son obsession du feu est liée à ça, là.
Y a des bonnes chances, oui.
Oui, parce qu'en fait, il avait déjà
un comportement obsessif en lien avec le feu en arrivant,
en fait, à l'orphelinat.
La dame, elle me disait qu'il arrêtait pas
de mettre le feu aux rideaux.
C'est terrible d'être ignoré par les gens
qui sont supposés nous aimer.
Ça laisse des blessures immenses.
Oui, ça doit.
- Hé... - Hé! Salut, Émilien!
- Hé! - Hé!
Oh...
M'man! M'man!
Le cadeau. - Ah! Cibole.
Heille! Viens donc.
Tant qu'à attendre dans le parking, là.
- Non, je vais pas là, moi. - Envoye donc!
C'est la fête à ton "mononcle", là.
Il est fou, ton frère. Tout le monde te le dit, là.
Je sais pas pourquoi tu t'entêtes.
Je vais t'attendre ici. - Correct.
Mme Dallaire! Je peux vous parler une petite minute?
Heille, toi, Columbo, là, c'est pas le temps, hein!
- Une autre fois! - C'est ça.
- Allô! - Hé!
Bonne fête, Jacques! - Ah, bien oui...
Bien oui, toi. Ha! Ha!
J'ai su ça que... c'était ma fête, aujourd'hui.
Ouais! Tiens.
- Pour moi? - Non, pour le gardien.
Ha! Ha! Ha! Bien oui, c'est pour toi. C'est ta fête.
Ah...
OK.
Euh... - Donne-moi ça, là.
Regarde. De même. De même.
- Ah, oui. - Tiens.
OK. Oui.
Ah...
C'est un vieux modèle, ça. - Ouais.
T'aimes ça, toi, les vieux chars, hein?
Oui. Bien oui.
Bien, c'est ça. Bonne fête! Ha! Ha! Ha!
C'est un Cadillac Eldorado.
Eh que les ailes sont "beaux"
après ça... hein?
T'es capable d'en réparer des chars de même, toi.
Tu t'en rappelles-tu?
OK.
Tu pensais tes après-midi à réparer
des vieux chars dans la cour à scrap.
Hein?
Avec Paul aussi, tu en as réparé.
Paul.
Bien oui, Paul.
Tu t'en rappelles-tu de Paul? - Oui, oui, oui, oui.
Oui, Paul.
- Ah oui? - Oui.
C'est qui, Paul?
Euh... bien, c'est Paul.
Il a quel âge?
Paul, ça?
Bien...
10 ans.
Non, 22.
- Ah, bien non. - Bien oui.
- Heille! - Bien oui.
Ça fait un petit bout que t'es ici, Jacques.
Je vis ici de moi.
- Ouais, on peut dire ça, ouais. - Ouais.
J'aime pas bien bien ça.
C'est drabe sur un moyen temps.
La bouffe, elle est pas bonne.
Ça doit pas, non.
Je suis qui, moi, Jacques?
Louise.
Puis je suis qui, moi...
...par rapport à toi?
T'es ma soeur, Louise.
Non, c'est pas exactement ça.
Ah non?
Je suis pas ta soeur.
Si t'es pas ma soeur Louise, t'es qui, d'abord, toi?
Laisse faire. C'est pas grave.
Tiens! Ha! Ha! Ha!
Ça sert à rien ce que vous faites, M. Villeneuve.
Vous ne voulez plus parler d'accord, mais plus boire
ni manger, c'est dangereux pour vous: vous êtes diabétique.
Est-ce que vous attendez qu'on intervienne?
Selon l'article 11 du Code civil,
"nul ne peut être soumis à des soins sans son consentement."
Article 13: "En cas d'urgence,
"le consentement aux soins n'est pas nécessaire
si la vie de la personne est en danger."
C'est pour ça que je dis que ça sert à rien ce que vous faites.
Si ça devient trop dangereux pour vous,
on va prendre les mesures nécessaires pour vous alimenter.
Je veux partir d'ici.
OK?
J'étais ici sur une base volontaire.
Là, tout le monde est contre moi.
Vous m'avez piégé parce que j'ai refusé vos avances.
Des avances?
Expliquez-moi ce qui s'est passé.
Vous avez essayé de m'embrasser et j'ai refusé.
Depuis ce temps-là, vous êtes contre moi.
D'accord. Puis quand est-ce que j'aurais fait ça?
Dre Bien-Aimé a jamais été seule avec vous, M. Villeneuve.
J'ai toujours été là et j'ai jamais assisté.
Elle a fait ça pendant que vous dormiez.
Vous dormez souvent quand je parle.
Je dors pas.
Je laisse juste mes yeux se reposer.
Mensonge.
Donc là, il y a eu France au pénitencier,
des histoires de lettres, moi qui essaie de vous embrasser...
C'est beaucoup.
Je me mélange peut-être, effectivement.
C'est peut-être pas vous.
C'est tellement confus dans ma tête encore.
Ah...
Voyons.
Elle...
Diane. C'est ça. Diane. L'autre docteure, là. Diane.
Dre Diane. C'est elle qui a essayé de m'embrasser.
Il faut que je parte d'ici.
M. Villeneuve, c'est impossible
qu'on soit capables d'organiser votre transfert
d'ici votre procès, je suis désolée.
C'est quoi, je suis prisonnier ici?
Si vous aviez pas accepté de venir ici,
vous seriez au pénitencier en attendant votre procès.
La liberté conditionnelle a jamais été une option pour vous.
Bon, je vais vous laisser vous calmer.
Puis je vous laisse un plateau au cas où.
Dommage que vous mangez pas.
C'est de la lasagne, aujourd'hui.
Elle est bonne, la lasagne.
Il est furax, le Villeneuve.
Pendant un moment, j'ai pensé qu'il allait me sauter dessus.
Je ne l'aurais jamais laissé faire.
Docteur!
- Oui, M. Kostkov. - M. Costco!
Psst! Psst!
C'est à propos de Jacques.
Habituellement, on partage une soupe à cette heure-ci.
- D'accord. - Il est pas là.
Bien, là, ça se peut que ça lui tentait pas aujourd'hui.
Ça arrive. Faut pas vous inquiéter avec ça.
C'est pas normal.
Voulez-vous qu'on aille le voir ensemble?
Bien sûr que non.
Vous savez très bien que je dois
rester dans mes appartements.
On pourrait faire une petite promenade.
C'est pas loin. C'est juste là.
On n'est pas dans un parc, Dre Bien-Aimé.
C'est dangereux ici.
M. Dallaire, on peut entrer?
Qu'est-ce qui se passe?
Voulez-vous nous dire pourquoi vous êtes triste?
Pourquoi?
Pourquoi quoi?
Pourquoi que...
ma soeur Louise, ce n'est plus ma soeur?
Comment ça que vous pensez ça?
Bien, c'est ma soeur Louise qui me l'a dit.
Elle me l'a dit, mais ce ne l'est plus.
OK. Attends une minute.
Répétez-moi ça parce que je suis pas sûre de comprendre.
C'est qui, ma soeur Louise?
Elle vient vous voir chaque semaine.
Elle était encore avec vous tout à l'heure, votre soeur.
Non, c'est ça.
Elle me l'a dit que ce n'est plus ma soeur, finalement.
Ah oui, elle vous a dit ça, hein?
Oui.
Je comprends pas dans ma tête.
Je comprends pas. - Vous êtes pas le seul.
Regardez, la prochaine fois qu'elle vient, là,
on va faire une rencontre avec elle,
puis elle va tout vous réexpliquer ça.
Et d'après moi, vous allez comprendre.
Ça vaut pas la peine de s'inquiéter avec ça. OK?
On s'inquiète pas en attendant.
OK. Bien oui.
M. Costco veut prendre une soupe avec vous.
Ça vous dit?
Une soupe?
Oui.
Mais avant, on va un peu réajuster les chaussures.
Regarde. J'ai... réussi mes boucles.
Les boucles, c'est super.
Mais vous avez mis vos chaussures à l'envers.
Hein?
- Bien oui. - Ah! Bien oui, toi!
C'est des choses qui arrivent. C'est pas grave.
On va s'occuper de ça rapidement.
- Excuse-moi. - Non, faut pas vous excuser.
Hop! - Merci.
- Allez, hop. - Merci bien.
- Hop! - J'ai tué quelqu'un, moi.
On va choisir des moments appropriés pour parler de ça,
hein, M. Dallaire?
Ouais, OK. Pas de trouble.
- Bien oui. - Hmm.
C'est quand même des sujets un peu sensibles, vous savez.
Et ça peut faire peur à des gens
d'en parler un petit peu n'importe quand.
C'est vrai, ça. OK. Excusez.
Bien non, faut pas vous excuser.
Voilà. On est bons. Hein? - Ouais.
On va se prendre une petite soupe?
- Oui. - Allez, c'est parti.
OK.
OK. Hop!
- De la soupe à quoi? - Ça, c'est la surprise.
- Hein? - Je vous le dis pas.
J'aime pas ça, les surprises.
Enlevez-moi ça.
Enlevez-moi ça! Sont trop serrés!
J'ai mal! J'ai mal!
Ils ont le droit de manger dans les corridors?
Pas vraiment.
Mais dans le but de faire des avancées avec ces deux patients,
on laisse aller.
Quel genre d'avancée on peut faire en mangeant de la soupe?
Ici?
Ici, c'est une petite victoire, ça.
C'est petit à petit.
Et souvent, il faut même tout recommencer
quand les patients décompensent, ou consomment.
Mais des fois, quand on est patients,
il y a des petits miracles.
Des petits miracles qui sont même
des putain de gros miracles.
M. Costco, il est ici depuis plus de 16 ans.
16 ans!
Il était jamais sorti de sa chambre par lui-même.
Aujourd'hui, il commence à le faire
pour aller manger de la soupe.
Ça prend des gens pour y croire,
des gens qui voient au-delà de la maladie.
C'est pas juste une histoire de soupe.
Tu comprends?
Tu vois ce que je veux dire ou...?
Bien sûr.
Oui, allô?
Ça coule dans la moustache et ça entre pas dans la bouche.
Elle est arrivée en observation.
C'est... un combat de tous les instants
de ne pas se faire aspirer par la noirceur,
le côté sombre de l'existence.
À certains moments,
ça me coupe le souffle tellement c'est pesant.
Et il fait tellement noir.
Puis je cherche la lumière
de toutes mes forces, partout.
Des fois, j'ai vraiment peur de pas la retrouver.
De me perdre en chemin.
Puis...
OK, Évelyne, je comprends pas ce que tu fais en ce moment.
Bien, je t'éclaire.
D'accord. Pour?
Pour pas que tu te perdes en chemin.
Me semble que c'est clair. - Wow!
La belle métaphore!
Évelyne a raison.
OK, tout le monde, on sort nos cells.
Pour aider Suzanne à retrouver la lumière.
Ah! Non, non, c'est beau.
Let's go, tout le monde. On éclaire Suzanne. Envoye!
- Amen! - OK. C'est... J'ai compris.
Allez-y, tout le monde. Amenez-en des amen!
- Amen! - Amen!
Je suis pas croyante. C'est bon. c'est...
Amen! Amen! Amen! Amen!
Amen! Amen! Amen!
Amen! Amen!
Amen, estie!
♪ Amen ♪
♪ Amen ♪
♪ Amen ♪
♪ Amen, amen ♪
- ♪ Everybody say - Amen ♪
- ♪ In the morning say - Amen ♪
- ♪ In the afternoon say - Amen ♪
- ♪ Amen - Amen ♪
♪ Amen ♪
♪ A little higher say - Amen ♪
- ♪ Every day say - Amen ♪
- ♪ Clap your hands and say - Amen ♪
♪ Everybody say - Amen ♪
♪ Amen ♪
- ♪ I wanna say amen - Amen ♪
♪ Amen, amen ♪
♪ Amen ♪
C'était bien?
Hmm-mm.
T'es pas venue, hein?
Non, mais c'est pas grave.
Tu déconnes? Si, c'est grave.
Bien non.
Faire l'amour, c'est pas juste avoir un orgasme.
Moi, c'est encore nouveau, tout ça.
Te sentir, te toucher, tout ça est le fun.
- T'es certaine? - Hmm-mm.
Très certaine.
Non.
Pour vrai, Mortimer, c'est vraiment pas...
Amen, ostie.
♪ Amen ♪
♪ Amen ♪
♪ Amen ♪
♪ Amen, amen ♪
- ♪ A little higher say - Amen ♪
- ♪ Clap your hands and say - Amen ♪
- ♪ Everybody say - Amen ♪
♪ Amen, amen ♪
Depuis qu'Anna et ta fille nous ont quittés,
tu déverses tout sur moi.
Ta douleur, ta haine,
c'est sur moi que tu la craches.
Mais fais attention de pas nous avaler toutes les deux.
Sous-titrage: SETTE inc.
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