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- J'ai invité 10 visiteurs qui vont devoir
mentir, enquêter et assassiner
pour espérer survivre jusqu'à la fin.
Mais pour ça il va falloir gagner sa place.
- Je commence à voir les perdants moi.
- Etre meurtrier c'est votre seule porte de sortie.
Sinon ça aura été un Aller Simple .
(musique entraînante)
- Viens-t'en!
Envoie, envoie!
(rire moqueur) Wouh!
- ♪ Back in the days when we were young ♪
♪ We were so carefree and full of fun ♪
- (Louise Dallaire) Jacques, euh...
il est arrivé dans notre famille quand j'avais 11 ans.
Mes parents étaient famille d'accueil.
C'étaient pas des bien bons parents.
Ils faisaient ça pour l'argent.
Moi, j'étais bien contente, Ca me faisait de la compagnie.
Au début...
Jacques, ils le trouvaient bizarre.
Ils ont pas voulu le garder.
Mais ils avaient beau le retourner à l'orphelinat,
Jacques revenait tout le temps chez nous. Je sais pas pourquoi.
Ils avaient beau le placer dans des familles d'accueil loin, là,
des fois, à des centaines de kilomètres d'ou on était,
il retrouvait tout le temps son chemin jusque chez nous.
- Jacques!
- ♪ Simply free ♪
Puis là...
ils ont fini par l'adopter.
Je sais bien pas d'ou il arrivait
ni ce qui s'était passé avant pour qu'il soit de même, mais...
Pauvre enfant. Il faisait pitié.
Il savait rien!
Il savait pas parler. A part dire "oui" puis "non".
- Arrête de grouiller.
- B. - Be.
- A. - A.
- Ba. - Ba.
- Ba. - Ba.
- Oui. Prochain.
- Il savait pas écrire.
- Tiens. Voilà.
Essaie.
Non, comme ça.
- Il savait même pas se servir des ustensiles.
C'est moi qui lui ai tout appris.
Tout ce que je savais.
Pas grand-chose, vous allez me dire,
mais c'est toujours bien ça.
- Fourchette.
Couteau.
Couper.
Un peu de thé?
Mmm!
(rires)
- Le feu, ça, euh...
ç'a commencé
pas longtemps après que mes parents l'aient adopté.
Je sais pas pourquoi.
Il est venu fou avec ça. Ca l'obsédait.
(musique intense)
(stridulations)
(bourdonnements d'insectes)
(crépitements du feu)
Quelques années plus tard, on s'est poussés ensemble.
Je me suis trouvé une job comme serveuse à Saint-Calixte.
J'ai eu un kid, une maison, tout.
Là, euh...
il est devenu de plus en plus bizarre avec le feu.
Il s'est fait arrêter bien des fois à cause de ça.
Pendant un bout, il est venu rester avec nous autres.
Puis c'est là que toutes nos vies ont basculé.
Il avait une jobine chez le voisin.
Un vieux monsieur tellement gentil, là. Je comprends pas.
Il nous avait tellement aidés.
C'était un monsieur vraiment gentil.
Il faisait quasiment partie de la famille.
(musique sinistre)
- (Emilien) Jusqu'à ce qu'il mette le feu à la maison
du voisin et que le voisin décède.
- (Suzanne) Puis il a aussi essayé d'appeler la police,
puis de sauver le voisin.
- Exactement.
Alors, j'ai réussi à parler à une dame
qui s'est occupée de M. Dallaire à l'orphelinat.
Je connaissais déjà les lieux. Pas terrible.
Et bon, évidemment, elle est à la retraite,
mais elle a accepté de nous parler.
- Hmm! - Hmm-mm.
Ca va être pertinent d'en apprendre plus sur le début
de sa vie, quand il s'appelait encore Jacques...
Euh... - Ranger.
- Ranger, c'est ça.
Il s'est passé quoi avant ses 11 ans?
Parce que quand j'ai parlé à la dame de l'orphelinat,
et que j'ai prononcé le mot Jacques Ranger,
son nom, elle est devenue muette.
Elle m'a dit que ce serait mieux qu'on se voie en personne.
- OK! - Il y a quelque chose, là.
- Oui. Bien, c'est du très bon travail, Emil...
C'est du très bon travail.
Puis bravo d'avoir fait parler sa soeur,
parce que moi, elle m'a raccroché la ligne au nez.
- C'est normal.
- Tu sais que t'es pas obligé d'en faire autant, hein?
- Oui, je sais.
- Moi, je suis un peu zélée là-dessus, mais...
je te demande pas de faire la même chose.
- Si on comprend mieux les patients,
on peut mieux les soigner après.
- Hmm-mm.
- Et puis, force est d'avouer que je suis moi-même
un petit peu zélé sur ce genre de trucs.
Je me prends pour un documentariste
et puis, bien, j'adore ça.
- Bien, c'est quoi ton problème, d'abord?
- Pardon? - C'est quoi ton problème?
- Attends. De quoi on parle, au juste, là?
- Clairement, tu tiens aux patients,
tu fais très bien ton travail, et même plus.
Je le vois que ça t'importe. - Oui, ça m'importe.
- Bien, on veut la même chose. - Bien, tant mieux.
- Bien, pourquoi tu fais chier comme ça?
- Je fais pas chier. Je suis exigeant. C'est tout.
- Ah non, je suis désolée de te l'apprendre comme ça,
mais tu fais chier, Emilien.
Puis tu fais chier les femmes en particulier.
- Pas du tout.
- En choisissant la confrontation pour entrer
en contact, tu te pourris la vie et tu pourris la nôtre.
- Charmant.
- J'aimerais que tu réfléchisses à ton rapport avec les femmes.
Sérieusement. - Hmm.
- Je pense que tu peux gagner en gentillesse et en sagesse.
Je te soupçonne même d'en avoir envie.
- Ce sera tout?
- Je sais que ça me regarde pas, mais...
même si elle prétend le contraire,
Laima te déteste pas.
Ce sera tout, oui.
- Wô!
Ca va? - Très bien, oui.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Je brasse des grosses affaires.
- Tu sais que si tu veux, je peux le pousser
dans les escaliers.
Une chute est si vite arrivée.
- Non, c'est bon, je me suis trompée sur lui.
- Suzanne, putain.
Il t'a dénoncée à la direction,
il a manipulé les faits pour te faire passer
pour une incompétente.
Ce mec, c'est un gros crosseur.
- Un quoi? - Un tabarnak de gros crosseur.
(rire) - T'es chou quand tu sacres.
- Merci, mais c'est pas le sujet.
- Je pense pas que c'est lui qui a fait une plainte contre moi.
- Si c'est pas lui, c'est qui, alors?
- C'est pas important pour l'instant.
T'as l'air fatigué, toi.
- Merci, c'est gentil. - Fatigué, mais heureux.
- Vieille sorcière.
- T'as fait quoi hier?
- Je suis désolé, j'ai pas pu venir te chercher ce matin.
- C'est pas grave du tout. Mais t'as fait quoi?
- Arrête de me suivre, vilaine femme.
- J'ai pas le choix, je peux pas déambuler toute seule.
- Ah, hé, des excuses, toujours des excuses.
J'ai rencontré quelqu'un, je crois bien.
- Wouh! - Ouais.
On se voit de temps en temps. Elle est chouette.
- Je suis contente pour toi.
- En fait, on se voit tout le temps.
- Ah oui? OK, c'est rapide.
Tu l'as rencontrée ou?
- Ca veut dire quoi, ça, c'est rapide?
- Bien, rien. C'est un fait.
Tu l'as rencontrée ou? - Tu vas juger?
- Bien non. Voyons.
- Sur une app.
Je sais, c'est pas solide solide, mais elle est super.
- Chouette!
- Je sais ce que tu penses.
- Bien, je pense que c'est génial.
- Génial...
Je suis pas un gamin qui essaie de faire un beau dessin.
- On n'est pas un peu tous des gamins qui essaient
de faire des beaux dessins, au final?
- C'est pas faux.
- Bien, si tu veux me la présenter,
je serais ravie de la rencontrer.
- Vraiment? - Oui.
- Même si c'est... rapide?
- Ha! Ha! Désolée, je sais pas pourquoi j'ai dit ça.
C'est super plate. - OK, alors.
- OK. - Vendredi, un verre?
- Hmm-mm. - OK.
En plus, il faut que je m'habitue
à être dans un endroit ou il y a de l'alcool sans...
- Tu sais, on n'est pas obligés d'aller dans un bar?
- Non, non, c'est parfait.
- T'es sûre? - Oui.
Tu peux m'attendre? J'ai oublié quelque chose en bas.
- Je suis là, je bouge pas. - Ca sera pas long.
(musique nostalgique)
- Il disait tout le temps que j'étais un être d'exception.
Pour quelqu'un qui s'est toujours senti bien ordinaire,
ça fait du bien à entendre.
(bip de badge)
(musique nostalgique)
- Comment ça va, M. Dallaire?
- Quand est-ce que je vais pouvoir ravoir mes affaires?
- On vous a retiré vos effets personnels
parce que vous avez mis le feu dans la cour.
- Oui.
- Vous vous souvenez de ça? - Oui, oui.
Euh...
Je m'excuse. Je suis malade.
- Oui, c'est vrai que vous êtes malade.
Mais mettre le feu, ça fait pas partie de la maladie, ça.
C'est un comportement.
- Ah.
- Puis c'est pas un bon comportement.
C'est pour ça que vous ne pourrez plus aller fumer seul
et qu'on vous a retiré certaines de vos choses.
- Je vais-tu pouvoir ravoir mon lighter?
- D'après vous?
- Non.
- Qu'est-ce que ça vous fait quand... vous allumez un feu?
(Il souffle.)
- J'aime ça, les flammes.
Allumer des flammes. J'aime ça.
- Et est-ce que ça vous arrive de vous masturber
avant ou après avoir mis le feu?
- Ah...
Je pense pas, là.
- Non? - Non.
- Est-ce que vous vous rappelez de quand ç'a commencé,
ces comportements-là?
Avoir des envies, comme ça, de mettre le feu?
- Euh, quand j'étais petit...
je faisais brûler mes lacets sur le chauffage.
- Puis quand vous étiez petit, ça, c'est...
c'est avec votre soeur Louise ou avant ça?
- Avant quoi?
- Vous êtes arrivé chez les Dallaire,
vous aviez 11 ans environ.
- OK, oui.
- Mais avant ça, là, vous appeliez Jacques Ranger.
Puis là, vous êtes arrivé chez les Dallaire.
Votre nom de famille a changé. C'est devenu M. Dallaire.
- Jacques Ranger? - Oui.
Est-ce que ça vous dit quelque chose, Jacques Ranger?
- Euh...
Euh...
Je me rappelle du radiateur. - OK.
(pleurs)
Là, vous êtes pas bien quand je parle de ça, hein?
- Non.
(crise d'angoisse) (pleurs)
- C'est correct, M. Dallaire. Vous pouvez rester debout.
- Oui.
- C'est normal. Vous avez le droit d'avoir de la peine.
(sanglots)
Voulez-vous, on va prendre de grandes respirations ensemble?
(grandes respirations)
On n'est pas obligés de parler de ça aujourd'hui. OK?
- OK.
- On va attendre que vous soyez prêts.
(respirations rapides) Respirez doucement.
Là, on va retourner à votre chambre. Vous allez être mieux.
De toute façon, c'est l'heure du dîner.
- OK.
- Vous allez pouvoir aller manger une soupe avec M. Koskov.
- Hein? - Costco.
- Oui, M. Costco.
- Oui, Costco.
- Sentez-vous? - Hein?
- Moi, je la sens d'ici, la soupe aux légumes.
- Aux tomates.
- Aux tomates, vous pensez? - Oui, aux tomates.
- Pas sûre de ça, moi. Venez, on va aller voir.
- Allez. - Aux tomates.
- Aux tomates. Moi, je suis pas sûre de ça pantoute.
(bip du badge)
Bonjour, Diane!
- Bonjour!
Ca va bien? - Hmm-mm.
- J'aimerais ça te parler de quelque chose.
- Oui, OK.
- Je constate une étrange proximité
qui se poursuit entre M. Villeneuve et toi.
- Je fais juste lui donner du papier. Je vous l'ai dit.
- Je suis désolée, je te crois pas.
- Pas étonnant. - Pourquoi?
- Je me comprends.
- Bien, moi aussi, j'aimerais ça comprendre.
- Vous êtes contre lui.
- Pourquoi je serais contre lui?
- C'est évident. - Bien non, je vois pas.
- Je le sais, ce que vous avez fait.
- OK. Et qu'est-ce que j'ai fait?
C'est pas parce que c'est un homme
que c'est pas une agression, hein!
- Une agression? - Charles m'a tout raconté.
- Charles?
- C'est comme ça qu'il s'appelle.
- Ici, on dit M. Villeneuve.
Et de quelle agression on parle, là?
- Laissez faire.
- Non, je laisserai pas faire. C'est grave ce que tu dis.
- C'est pas ça, là.
Je veux...
Je veux dire...
Laissez faire. Je me suis trompée.
- Diane,
peu importe ce que M. Villeneuve t'a raconté,
je te le garantis, c'est pour toi que ça va mal finir.
Lui, il a tout à gagner. Toi, t'as tout à perdre.
Ton emploi, ta crédibilité.
C'est toute ta vie que tu mets en jeu, là.
- La vérité finit toujours par se savoir.
- Oui, puis elle va être brutale.
Il se passe quoi entre toi puis lui, là?
- Absolument rien.
Je vais t'envoyer une vidéo par courriel.
J'aimerais ça que tu la regardes.
(déverrouillage d'une porte)
- André, peux-tu venir me remplacer deux minutes
à la console, s'il te plaît?
Faut que j'aille à la toilette. Merci.
(déverrouillage)
(musique nostalgique)
- (Charles Villeneuve) Chère Diane,
chaque semaine, j'attends tes lettres,
comme des trésors.
comme une lueur dans cette nuit sans fin.
Même si ce moment de ma vie est très difficile,
je me surprends à être heureux d'être ici
parce que t'es à mes côtés.
- Cher Charles,
ta lettre m'a fait l'effet d'un doux parfum
que j'ai traîné avec moi toute la journée.
Chaque jour, j'ai hâte de te voir.
- Chère Diane,
un jour, nous serons heureux et libres.
- Cher Charles, je t'aime plus que tout.
- Chère Diane, comment te dire
à quel point tu es un être d'exception?
- Cher Charles,
jamais personne ne m'avait autant comprise.
- Chère, chère Diane, je t'aime comme un fou.
Je te le redis et le redirai cent fois.
Tu es un être exceptionnel.
- Cher Charles, je suis amoureuse.
(gémissement de regret)
(sonnerie de notification)
- Ca me faisait du bien de plaire à quelqu'un.
Il me regardait comme si j'étais une déesse.
Il disait tout le temps que j'étais un être d'exception.
Un être d'exception.
Pour...
Pour quelqu'un qui s'est toujours senti bien ordinaire,
ça fait du bien à entendre.
- Je t'hais!
(pleurs)
(tremblement de la toilette)
Non, non, non, non.
(Toc! Toc! Toc! Toc! Toc!) Hein?
- Ca va, là-dedans?
Allô? - Oui.
- Didi, André, il faut qu'il retourne à son poste, là.
T'es-tu correcte? - Non, oui.
Oui, je suis correcte.
- As-tu besoin de quelque chose?
- Non. (respiration haletante)
Va chercher Dre Bien-Aimé, s'il te plaît.
- Oui, pas de problème.
Es-tu correcte? - Oui.
Va chercher le Dre Bien-Aimé, là, s'il te plaît.
- OK.
- Là, ça fait trois semaines que vous avez pas pris de bain.
- Là, ça fait trois semaines que vous avez pas pris de bain.
Ca devient dangereux pour votre santé.
- Ce qui est vraiment dangereux pour ma santé,
c'est si je sors d'ici, Dre Bien-Aimé,
car je vais me faire tuer tout de suite, et vous le savez.
- Y a personne qui veut vous tuer.
C'est votre paranoia qui vous joue des tours.
- Dre Bien-Aimé, je peux-tu vous emprunter une seconde?
- Un instant.
- On dirait qu'il se passe quelque chose de...
(chuchotant) C'est bizarre.
- Il me faudrait plus de détails, Hélène.
- (chuchotant) C'est Diane. Elle est enfermée dans les toilettes
et elle demande à vous voir.
- OK. Dis-lui que je m'en viens.
- Qu'est-ce qui se passe, coudonc?
C'est beau. C'est beau.
- M. Koskov. - M. Costco!
- OK. Je vous laisse réfléchir à ça.
C'est soit une toilette au lit ou un bain à votre rythme.
OK? J'en reviens tantôt. Pensez-y.
(gémissement de frustration)
(Toc! Toc! Toc! Toc! Toc!) - Oui?
- Diane, c'est moi.
- Oui. - Est-ce que je peux entrer?
- Oui, s'il vous plaît.
(pleurs)
(pleurs)
Je vais perdre ma job, hein?
- Moi, je suis ici pour t'aider.
Mais pour t'aider, faut que je sache ce qui se passe.
- Quand vous allez savoir ce que j'ai fait,
vous ne voudrez plus m'aider.
- Si ça peut te rassurer, je sais déjà que c'est toi
qui as fait une plainte contre moi.
Et ça va rien changer au fait que je vais t'aider.
- Je suis tellement désolée.
Il m'a fait accroire que...
que vous aviez essayé de l'embrasser...
que vous aviez bu
et que, comme il vous avait refusé,
vous étiez fâchée contre lui.
Donc là, on a commencé à s'écrire
des lettres en cachette.
Puis...
il voulait que je vous dénonce.
Bien, sans dénoncer l'agression
parce que ça, personne allait le croire qu'il disait.
C'est vrai que...
il y a tellement de rumeurs sur vous à cause que...
Vous êtes pas une psychiatre comme les autres, là.
C'est vrai que vous sentez le fond de tonne, des fois.
Juste un peu, là. - Continue.
- Je suis allée voir la direction.
Puis j'ai déformé la réalité.
Je vous ai fait passer pour une alcoolique pas fiable.
C'est ça que j'ai fait. C'est ça que j'ai fait.
- OK, ensuite?
- J'ai regardé la vidéo que vous m'avez envoyée.
Le sang m'est monté à la tête.
Il lui a dit exactement les mêmes affaires qu'à moi, là.
Il s'est même pas forcé pour changer les mots.
- Est-ce que t'as eu des rapports sexuels avec lui?
- Non.
- D'autres genres de rapprochement?
- Non.
Juste des lettres.
Même pas un bec. - OK.
- (pleurant) Pourquoi j'ai fait ça?
- C'est une bonne question à te poser.
(pleurs)
Pourquoi t'as fait ça, tu penses?
- Je sais pas.
Je suis habituée avec les patients, pourtant.
- Qu'est-ce qui te fait pleurer en ce moment?
- J'ai vraiment pensé qu'il m'aimait. Qu'il m'aimait.
Ca faisait longtemps que je ne croyais plus à l'amour.
Je pensais que j'allais finir vieille fille.
Je suis fatigante et je n'intéresse personne.
Qu'est-ce que tu veux? C'est de même.
J'ai vraiment pensé qu'il m'aimait.
Grosse épaisse.
- T'es pas épaisse, Diane. Pas pantoute.
La preuve, vous êtes des milliers
à vous être fait avoir par M. Villeneuve.
Puis ce qui t'a fait miroiter, ça vaut très, très cher.
- Quoi, ça? - L'espoir.
L'espoir de vivre un grand amour qui traverse les murs,
qui fait qu'on se sent moins seul.
- Ca m'est arrivé souvent quand j'étais plus jeune, ça.
On a souvent profité de moi,
de mon coeur.
J'aurais fait n'importe quoi pour avoir des amis,
de l'attention...
de...
- De l'amour.
- Je pensais que c'était fini, tout ça.
J'imagine qu'on...
on reste toujours des enfants blessés, hein?
- Oui.
Mais c'est pas parce qu'on est blessé
qu'on peut pas se relever, par exemple.
OK?
Là, tu vas aller voir la direction,
puis tu vas leur dire que tu fais une dépression.
Ensuite, tu vas aller voir ton médecin de famille.
Tu vas lui dire que tu te sens fatiguée,
que tu n'en peux plus du niveau de violence de ton travail
et que tu penses à la mort.
S'il te demande si t'as réfléchi à comment passer à l'acte,
tu dis que non, que tu t'es pas rendue jusque-là.
Il va te prescrire des antidépresseurs
et un arrêt de travail.
Puis souhaite fort qu'on découvre les lettres
avant que M. Villeneuve les expose.
- Pourquoi vous faites ça pour moi?
- Parce que tu vaux la peine qu'on t'aide.
Puis aussi parce que je refuse que M. Villeneuve fasse
d'autres victimes. Ca suffit, là.
- Merci beaucoup, Dre Bien-Aimé.
Tu sais, Diane,
tantôt quand je dis que c'est pas parce qu'on est blessé
qu'on peut pas se relever, bien, c'est le moment, là.
Move. On y va. - OK.
OK.
- M. Villeneuve serait ouù donc en ce moment?
- En gestion de la colère. - Super!
Peux-tu aller dans sa chambre?
Cherche des lettres que Diane lui aurait écrites,
détruis-les, puis dis-moi jamais
ce qu'il y avait dedans ou comment tu les as détruites.
- Wow...
C'est bizarre ce que tu me demandes de faire, là.
- Ouais, j'en suis consciente.
- Mais j'ai pas le droit de faire de fouille
quand les patients sont pas présents.
- Je sais.
- C'est important? - Vraiment.
- Et tu veux pas me dire de quoi il s'agit?
- Non.
- OK. - Merci.
- Je...
Je viens te demander un congé
parce que...
il y a beaucoup de violence autour de moi, puis...
(musique triste)
(déverrouillage)
(musique triste)
- On m'attend. Vous avez demandé à me voir?
- Euh... Oui, oui.
E-E-Entrez. Fermez la porte.
Mon secrétaire est aussi étanche qu'une passoire.
Qu'est-ce qui arrive avec Diane Tétrault?
- Oui. Hum...
Je peux tout vous raconter, mais j'aimerais mieux
que ça reste entre elle et moi.
Diane va aller se reposer.
J'ai l'impression
que le moins vous allez en savoir, le mieux c'est.
J'ai pris une décision par rapport à ça,
puis je vais vivre avec les conséquences.
- C'est à la fois...
extrêmement flou et très inquiétant,
ce que vous me demandez, là.
- Oui, j'en suis consciente.
- Puis moi, je suis supposé faire quoi là-dedans?
- Je sais que ça va être difficile,
mais je vais vous demander de me faire confiance.
- Ah, mais j'ai confiance en vous.
C'est juste que je suis inquiet pour vous.
- Il y a quelques jours, vous vouliez me mettre à la porte.
Là, vous êtes inquiet? J'ai eu une promotion ou quoi?
- J'ai jamais voulu vous mettre à la porte,
j'ai simplement voulu vous aider.
Si j'avais voulu vous mettre à la porte, ce serait déjà fait.
Vous ne seriez plus ici depuis longtemps.
- Bien, merci, mais j'ai tout l'aide dont j'ai besoin.
- Je suis...
un ami du sergent Viau,
avec qui vous avez déjà travaillé au service de police.
- OK.
- Il m'a raconté votre histoire.
- Bien, c'est super.
- Je suis sensible à ce qui vous est arrivé.
Si vous avez besoin d'aide, je suis là.
- Merci.
- Dre Bien-Aimé, vous êtes nouvelle ici.
Si Diane a enfreint les règles,
ça vaut pas la peine de prendre une balle à sa place.
- Des fois, il y a des gens ou des causes
qui valent la peine qu'on prenne une balle pour eux.
- Vous êtes certaine de ça? - Oui.
La preuve, vous êtes en train d'en prendre une pour moi.
- Allez-vous-en.
- Tu veux du feu, peut-être? - Hmm-mm.
- Oups!
Voilà.
- Merci.
- On est bien, là, dehors.
- Oui.
- C'est beau, tes cheveux.
- Merci.
- Bonne fin de soirée à vous deux!
- Bonne soirée, Dre Bien-aimé!
(sonnerie de texto)
(musique douce)
- On se connaît pas beaucoup, dans le fond, hein?
- On se connaît pas du tout. - Non, c'est ça qui se passe.
(rire)
- Le silence me dérange pas. - Ah ouais?
T'es chanceuse.
- Ca te dérange, toi?
- Je sais pas trop.
Au moins, j'ai quelque chose dans les mains
et dans la bouche, alors ça me distrait.
- C'est spectaculaire, ton cornet, quand même.
- Le sucre, ça m'aide à ne pas boire.
Ca aide pas mon cul, par exemple.
(rires) Je m'occuperai de ça plus tard.
- Est-ce que tu y arrives? - De quoi?
- A pas boire. - Plus ou moins.
- Ca veut dire quoi pour toi, plus ou moins?
- C'est drôle, tu me fais un peu penser
à ma psychologue depuis tantôt.
- Ah non, c'est-tu vrai? Excuse-moi. Pardon.
- Bien non, mais... ça se veut un compliment, là.
T'as beaucoup d'écoute, puis tu parles presque pas de toi.
- Je suis psychiatre. - Hmm!
Ceci explique cela.
- Ecoute, je suis désolée, je...
- Bien non, pas de trouble.
Toi, t'y arrives-tu?
- Plus ou moins.
Je pense pas que ma technique soit bonne.
Je suis un peu dans le déni.
Cette semaine, j'ai réussi à boire un verre.
Tranquillement.
- OK, mais c'est bon, ça. - Ah oui, c'est bon.
C'est juste que...
tout est plate. - Tout est plate.
- Ohh! - Calvaire!
- Attends, t'en as dans les cheveux.
- Franchement, c'est dégueulasse.
T'en as dans les cheveux, là.
- T'as-tu des napkins? - Non, ils m'en ont pas donné.
- (riant) Attends, on va te trouver des napkins.
- Oh, shit. - Viens par ici.
On va aller là-bas. Ha! Ha! Ha!
Ca part-tu? - Pas bien bien.
- Excusez-moi. On est ou ici? - Pardon?
- Je comprends pas votre boutique.
- Ici, on lance des haches.
- Dans quel but?
- Ca, c'est propre à chacun, madame.
- Tu connais pas ça? Moi, j'ai toujours voulu essayer.
C'a tellement l'air le fun.
- Wow! - Ha! Ha!
- C'est donc bien le fun. - Je te l'avais dit, hein?
- Ton tour.
(cri)
Ha! Ha! Ah, j'aime ça!
Ca défoule! Ca me donne le goût de sacrer.
- Mon Dieu, lâche-toi lousse parce que je pense qu'il faut
lancer plus fort pour que la hache pénètre la cible.
Ca va peut-être aider de sacrer.
- Crime!
- T'appelles ça sacrer?
- On est pas toutes seules, quand même.
- Tu peux faire mieux que ça. - Vas-y, toi, si t'es si fine.
- Câlisse!
- OK, c'est bon.
Je vois ou tu veux en venir.
Shit de câlisse de merde de Port-Cartier!
- Ha! Ha! Ha! - Quoi?
- Port-Cartier? Qu'est-ce que c'est ça?
- Bien oui.
Mon père disait ça quand il était fâché.
- Puis il ne le dit plus? - Non, il est mort.
- Oh! - Ha! Ha! Ha!
- Ha! Ha! Ha!
(musique rock) - Tabarnak!
- Maudit! - Sacrament de marde!
- Calvaire de bout de viarge! - J'hais mes voisins!
- J'hais ma boss!
- Tabarnak! - J'hais la blonde de mon ex!
- Ahhh!
- Allez chier! - Mortimer!
- Wow!
C'est qui ça, Mortimer?
Tu dois l'hair en chien.
- Bien non. Pourtant, c'est mon ami.
- Hmm!
Ca doit être le contraire de moi.
- Sûrement.
- Hé! Je ne sens plus mes bras, moi.
- Moi non plus.
- C'est assez.
(rires)
- Oh, mon Dieu!
On dirait qu'on a bu.
- Bien oui, hein? C'est drôle!
(rires)
- Wow...
T'es vraiment quelqu'un d'unique. J'adore ça!
- OK, bien, je vais prendre ça comme un compliment.
(rires) - Mais ça l'est!
Je suis très contente de te connaître, Evelyne.
Vraiment.
- Moi aussi, Suzanne,
mais je veux mettre de quoi au clair, là.
Je veux comme pas qu'il y ait d'ambiguité.
- OK.
- Les femmes m'intéressent pas.
- Ah, mais je sais. - OK.
Mais je veux juste être certaine que c'est bien bien clair, là.
- Ca l'est, oui.
- On se mangera jamais la sacoche.
- La sacoche?
(rires)
- Ouais, je voulais dire vagin, puis j'ai dit sacoche.
Je sais que c'est immature de pas dire le vrai mot,
mais regarde, moi, vagin, ça me roule dans la bouche.
Pas de manière sexuelle. - Oui, j'avais compris.
- On se mangera jamais le vagin.
- OK.
Ca peut pas être plus clair.
- C'est important, là, pour une amitié saine.
- Oui. Oui.
Bien oui.
Mais si ça peut te rassurer, je sortirai jamais
avec quelqu'un qui a ta coupe de cheveux.
- Qu'est-ce qu'ils ont mes cheveux?
- Ah, rien! Sont...
C'est très beau. T'es très belle.
C'est juste...
Pour moi, ça fait un peu Saint-Eustache.
- Bien là, je viens de Saint-Eu.
- Y a pas de doute.
- Mais c'est quoi? Tu me trouves pas attirante, quoi?
- Non! Bien non, c'est pas ça.
Je voulais juste qu'il y ait pas d'ambiguité.
Je sais pas pourquoi j'ai dit ça. On efface, OK?
Regarde. Viens.
- Bien oui, mais c'est à la mode, les mèches!
- Oui, c'est vraiment la mode.
- Suzanne, c'est à la mode, les mèches,
puis pas rien qu'à Saint-Eustache!
- OK.
(sonnerie de texto)
- (Evelyne) Même Miley Cyrus a des mèches.
- Bonne nuit, Evelyne.
- (Mortimer) Toujours bon pour demain?
- Oui, à demain.
("Somebody First" de Charlotte Cardin)
- ♪ You keep the dog, I keep the friends ♪
♪ Baby, I thought that was the deal, that's what we said ♪
♪ But I heard you'd be here tonight ♪
♪ So I guess I'll wear that skirt ♪
♪ That I hate, that you like ♪
♪ Oh, I ain't got nothing to prove ♪
(brouhaha des conversations)
- Mélanie, Suzanne.
- Bonjour, Mélanie! - Bonjour, Suzanne! Enchantée.
(conversation indistincte)
- ♪ Sittin' by the pool ♪
♪ Both on opposite sides ♪
♪ I'm 'bout to make a move right before your eyes ♪
♪ And although it's absurd ♪
♪ Made a promise to myself ♪
♪ I won't let you fuck somebody first ♪
- Bien non...
- ♪ If you don't care, baby, I don't care ♪
♪ You say you're done, but I know you're medium rare ♪
♪ And I know that you miss me in my underwear ♪
- Suzanne?
- Salut!
- Ca va?
Es-tu toute seule?
- Non, je suis avec des collègues.
- ♪ I don't want no one getting hurt ♪
♪ Made a promise to myself ♪
♪ I won't let you fuck somebody first ♪
♪ Sittin' by the pool ♪
♪ Both on opposite sides ♪
♪ I'm 'bout to make a move right before your eyes ♪
♪ And although it's absurd ♪
♪ Made a promise to myself ♪
♪ I won't let you fuck somebody first ♪
♪ Sittin' by the pool Both on opposite sides ♪
♪ I'm 'bout to make a move right before your eyes ♪
♪ And although it's absurd ♪
♪ Made a promise to myself ♪
♪ I won't let you fuck nobody but me ♪
(musique mélancolique)
- Putain de vie.
- Dre Bien-Aimé. - Ecoute, Suzanne.
J'ai pas le temps pour le small talk d'usage.
C'est une affaire assez urgente. J'ai possiblement
la vie de deux enfants en jeu et j'ai besoin de la meilleure.
(musique triste)
Sous-titrage: SETTE inc.
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