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(musique douce)
(babillement)
(musique douce)
- Dans une poubelle.
Non. La position de ma cliente n'a pas changé.
Ma cliente a largement contribué,
au détriment de sa propre carrière.
Alors, aucun motif ne justifie que ses années de travail...
Ah...
(bruit de l'enseigne)
(pleurs de bébé)
(pleurs de bébé)
- Avant d'aller plus loin dans des démarches d'adoption,
vous devez savoir que l'enfant est bien hypothéqué.
- Qu'est-ce que vous voulez dire?
- En ce moment, elle est en sevrage de plusieurs drogues,
assurément transmises par le lait maternel.
Une fracture au bras, la malnutrition,
c'est certain que ça va laisser des traces.
- Pauvre enfant.
- Votre intention est noble,
il n'y a pas de doute, mais...
je vous déconseille d'aller vers l'adoption.
- Pourquoi?
- Vous vous engagez sur une route incertaine
et honnêtement, un paquet de problèmes.
Et en plus, vous n'êtes pas...
Vous n'êtes pas du même monde.
- Mais dites-moi, docteure,
dans lequel de ces mondes
on abandonne un enfant dans le besoin?
- Comme vous voulez.
(sonnerie de bipeur) Excusez-moi.
(musique douce)
- Merci, mon amour. - Merci à toi.
(rires)
- (mère, chuchotant) Oui, mon amour.
Mon bel amour...
(pleurs)
(musique douce)
- Vous avez du retard. Vous pensez être enceinte.
Indicateur de grossesse.
Le premier test de couleur fiable vous donnera
une réponse en quelques minutes.
La couleur ne change pas; non, vous n'êtes pas enceinte.
La couleur change; oui, vous êtes enceinte.
Indicateur de grossesse.
Un test de grossesse en couleur simple et fiable.
(respirations fortes)
- Ca va?
- Un deuxième?
On va pas y arriver.
Ca n'a pas de sens.
- Ce sera une drôle d'expérience.
C'est la vie qui s'exprime.
On croit perdre le sens, mais finalement, on en gagne.
- Ah, Anderson, j'ai pas de patience
pour des phrases pas claires, aujourd'hui.
- On va y arriver. Tu peux compter sur moi.
(ricanement)
- Evidemment, vous comprendrez
que vous devez signer une convention...
- ♪ T'arrives comme un paquebot dans une piscine d'hôtel ♪
(pleurs)
♪ Je t'attendais pas de sitôt de ce côté du ciel ♪
♪ Ici les idéaux s'immolent et se déchaînent ♪
- Dodo, maintenant.
- ♪ J'ai pas sauvé ma peau, comment sauver la tienne? ♪
♪ Ah, ah, ah ♪
♪ Comment sauver la tienne? ♪
♪ Ah, ah, ah ♪
♪ Comment sauver la tienne? ♪
♪ Je suis ton bord de mer ♪
♪ Avant le tsunami ♪
♪ Et j'ai la peur au ventre ♪
♪ En même temps que ta vie ♪ (pleurs du bébé)
♪ Je suis ton bord de mer ♪
♪ Avant le tsunami ♪
♪ Et j'ai la peur au ventre ♪
♪ En même temps que ta vie ♪
♪ J'ai pas sauvé ma peau, comment sauver la tienne? ♪
♪ J'ai pas sauvé ma peau, comment sauver la tienne? ♪
♪ J'ai pas sauvé ma peau, comment sauver la tienne? ♪
(tic-tac d'une horloge)
(tic-tac)
(Bang!)
(musique douce)
(explications)
(explications)
(musique douce)
(musique douce)
(brouhaha des discussions)
(acclamations)
(musique douce)
- C'est un très, très beau jugement.
Hmm-mm.
Je te rappelle.
Enfin!
(Suzanne s'en va.)
(fermeture de porte)
(tic-tac d'horloge)
- Je peux pas croire qu'elle m'a fait ça.
- Elle a eu une urgence avec un patient, Suzanne.
- Bien, je serais venue toute seule.
- Non, ta soeur me l'a dit, ils font pas la chirurgie
si t'es pas accompagnée.
- C'est pas une chirurgie et je serai consciente tout le long.
- C'est une chirurgie quand même.
- C'est un avortement, maman. - Moins fort, Suzanne.
- Les gens sont pas venus ici jouer au bingo, là.
On est toutes là pour la même affaire.
- Pas obligé de le hurler sur tous les toits.
(profond soupir)
Je peux pas croire qu'elle t'a demandé de venir
sans me le dire.
- Qui tu voulais qu'elle appelle? Ton père?
Et c'est pas comme si t'avais beaucoup d'amis, ma fille.
Je te signale que j'ai pris congé
pour être ici avec toi, aujourd'hui.
- Merci d'être venue.
- Je serai toujours là pour toi, tu le sais.
(Guylène soupire.)
(Elle se met à fredonner.)
- Est-ce que tu fredonnes?
- Ah! C'est possible. Je m'en suis pas aperçue.
- C'est peut-être un drôle de moment pour fredonner.
- Excuse-moi.
Tu serais due pour faire tes ongles.
Il y a Mélinda qui vient demain faire ma manucure.
Est-ce que t'aimerais que je lui demande pour toi?
- Non. - Regarde.
Elle fait de très jolis motifs. - Hmm-mm.
- Tu t'en fous. - Eperdument, oui.
- Tu penses que je suis superficielle,
hein, Suzanne, mais non.
Prendre soin de soi, c'est vital,
particulièrement les mains, et c'est pas moi qui le dis,
c'est Brené Brown.
- OK.
(Guylène se remet à fredonner.)
- Oh, mon Dieu... - Quoi?
- T'es contente. - Mais contente de quoi?
- Que je sois ici, que j'aie couché avec un homme,
que je sois normale. C'est ça qui se passe.
- Non. Ta vie amoureuse ne m'intéresse pas, ma fille.
Tu divagues. - Mensonge.
- Je suis ici avec toi pour t'accompagner
dans une journée difficile.
Pourquoi tu vois du mal partout, Suzanne?
- Je vois pas du mal partout, mais je sais reconnaître
une réaction de marde quand j'en vois une.
- OK. OK.
Bien, si tu veux tout savoir, là,
non, je suis pas contente que tu te fasses avorter.
Et c'est qui ça, Mortimer?
Tu l'amènes chez ta soeur, mais tu me le présentes pas?
- Ah!
- Suzanne Bien-Aimé, salle 4.
Suzanne Bien-Aimé, salle 4.
- Marche pas trop vite. - Non, chérie.
- Merci. - Tiens.
Bon, tu reviens à la maison.
Adèle va te préparer de bons petits plats.
- Ah, non, non, maman. Il faut que j'aille à l'institut.
- Bien non, Suzanne.
J'applaudis ton zèle,
mais on va pas travailler après une chirurgie.
- J'ai pas le choix. J'ai une patiente qui a décompensé.
Ils viennent de me texter.
- Je préférais que tu reviennes à la maison.
- Je préférais qu'on n'en parle plus.
(grondement de tonnerre)
- Suzanne, c'est pas une bonne idée.
T'es encore dans les vapes. - Pas du tout.
J'ai même pas pris d'analgésique.
Je vais très bien. J'ai juste des petites crampes.
- Pas juste physiquement.
Ca pourrait te rappeler...
la perte.
Tout ce que je veux dire, c'est que tu dois
prendre le temps de vivre les choses.
- Je comprends ce que tu veux dire, mais je vais bien.
Si je dis que je vais bien, c'est que je vais bien.
Tu m'écoutes jamais. C'est tellement irritant!
- Pardon, pardon.
Je voulais pas, je...
- Je vais très bien, là. Tu le vois.
Je vais être capable de faire ma journée.
- D'accord.
- (voix qui casse) Se faire avorter, c'est pas...
c'est pas la fin du monde non plus, là.
- C'est vrai.
- Bon.
Je vais attendre qu'il... qu'il arrête de mouiller.
- Suzanne... Suzanne....
- Lâche.
(grondement de tonnerre)
(sanglots)
- Ah, ma fille... Je suis là.
(sanglots)
(sonnerie de cellulaire)
(sonnerie)
- Allô?
- Bonjour, Dre Bien-Aimé! C'est Laima.
On se demandait si vous arriviez bientôt.
Mme Moisan, là, ça va pas du tout.
- Ah...
Ah bien, tabarnak d'affaire, ostie.
(toux)
(marmonnements mécontents)
Tout le temps les mêmes.
Regarde donc ça, tabarnak.
(musique au violon)
Shirley!
Shirley! - Bien là, attends, là.
- Viens ici, ma doudoune! - T'es allée trop vite, estie.
Triche pas, là. - Je triche jamais.
- Shirley, mon bébé! Viens voir maman.
Elle est ou, Shirley?
- C'est pas un nom de chien, ça. C'est un nom de danseuse.
(rires)
- Vous ne l'avez pas laissée sortir?
- Qu'est-ce que tu dis, toi?
- Elle est ou, Shirley, sti? Elle est enceinte.
Je vous avais dit de fermer la clôture.
- Voyons. Calme-toi. Elle doit être couchée dans la grange, là.
Elle doit être tannée de t'entendre.
(rires)
- Tu me l'as piquée celle-là. Je l'avais tantôt.
- Non, non. - Celle-là, là. Regarde.
Essaye de mettre ça quelque part, voir. Essaye.
Je le sais bien que ça marche pas.
(rires)
(jappements)
- Ah, ouais, mes bébés.
Maman s'en vient. Hein!
(jappements)
Bien oui, c'est à votre tour.
Oui, c'est à votre tour.
Roméo.
Ginny.
Jackie. Envoie, go. Go, bébé.
Oh, oui! Oh, oui!
Bien oui!
Moi aussi, je t'aime.
Moi aussi. Bien oui. Je t'aime.
Bien oui.
Tu me donnes-tu la patte? Oui, elle me donne une patte.
Tu me donnes-tu l'autre patte? Oui, elle me donne une patte.
(musique douce)
Tu l'as-tu vue, Shirley?
Sais-tu ou est-ce qu'elle est, ma Shirley?
(sifflement)
Shirley!
Câline!
Shirley!
Shirley!
Shirley!
(musique dramatique)
Shirley...
(sanglots)
Shirley... Mon petit bébé...
(sanglots) Oh...
(musique dramatique)
(sanglots)
- Tout qu'un matin!
- Bonne journée, Diane,
- Ca va? - Correct.
- Qu'est-ce que t'as? T'as mal aux jambes ou quoi?
- C'est pas ma meilleure journée.
- Elle est loin d'être finie, ta journée. C'est le bordel ici.
Je peux t'aider avant que la cavalerie arrive?
- Peux-tu aller me chercher des Tylenol?
- Yep, bien sûr.
Non, c'est rien. Ca va, ça va.
- J'aime ça... la camaraderie.
- C'est bien, ça, M. Dallaire. - Oui.
- On vient de recevoir les résultats de ses prises de sang.
Elle teste positive aux amphétamines.
- On a fait une fouille complète,
une fouille de sa chambre, une fouille de l'unité,
mais on n'a trouvé que dalle.
Alors, on sait qu'elle est sous influence d'amphétamines,
mais on sait pas quoi exactement.
- OK. Bien, merci, Emil...
Merci, toi.
Mais là, avec la médication qu'elle prend,
c'est certain qu'elle va tester positif aux amphétamines.
Ca prouve rien.
- Peut-être, mais on est certains qu'elle a consommé.
- Oui, mais légalement, on n'a pas de preuves
et on sait pas plus ce qu'elle prend.
- J'ai donné un PRN par la bouche et ç'a rien donné.
Donc, injection Halopéridol, Lorazépam,
puis rien changé, même chose.
Je sais pas ce qu'elle a pris, mais c'est fort en petit pépère.
- Elle est ou, là?
- La sécurité l'a amenée en isolement, puis là,
elle se pétait la tête dans la vitre,
donc ils l'ont attachée en attendant qu'elle se calme,
puis elle s'est toujours pas calmée.
Là, y a du sang partout. C'est vraiment pas beau à voir.
- OK, bon, bien, on va aller voir ça.
Hélène? - Oui?
- Quand t'auras deux minutes, M. Vanier vient de se vider
un tube de dentifrice dans les culottes.
Je suis désolée. - Maudite journée, pareil.
(cris de douleur)
(respiration haletante) - Mme Moisan?
Qu'est-ce qui vous arrive?
Vous êtes ou, là, ici?
- C'est pas... C'est pas ma chambre, ici.
- Vous avez raison. Ici, c'est la chambre d'isolement.
Qu'est-ce qui vous arrive? - J'ai mal à mon bord.
- OK, là, pour votre sécurité, j'ai besoin de savoir
qu'est-ce que vous avez pris.
Qu'est-ce que vous avez consommé comme drogue?
C'est dangereux pour vous, là.
- Mon bord! Mon bord!
- Votre bord?
- J'ai mal à mon bord!
- Votre bras, vous voulez dire? - Ouais! Mon bras!
Ca pique mon bras! Détache... Détachez mon bras!
- Ca pique ou ça élance?
Ca pique? (gémissement)
- J'ai mal!
Ca va pas. - OK. Inquiétez-vous pas.
- Pour vrai, là. - Inquiétez-vous pas.
Je vais revenir. On va vous aider. OK?
Claude, on va prendre les signes vitaux
de Mme Moisan et on va appeler le médecin.
- Y en a pas aujourd'hui. - Comment ça, pas de médecin?
- Le docteur est juste là le mardi et le jeudi.
- OK, puis on fait quoi si une patiente est sur le bord
de faire un infarctus le vendredi?
Mortimer, lance le code. - OK.
- On va rentrer les patients dans les chambres, svp.
Ca va prendre un défibrillateur.
Hélène, trouve-moi une planche
qu'on va mettre en dessous de la patiente.
Elle est sur le bord de coder. Diane, appelle le 9-1-1.
Tu dis qu'il y a une patiente en psychose toxique
sur le bord de faire un infarctus.
- C'est pas un exercice, puis je suis pas au courant, ça, là?
- Non, c'est très réel. - Ah! OK!
- On en est ou? - Euh... le pouls dégringole.
- Défibrillateur. - Parfait.
- OK. Qui a son RCR à jour ici?
J'ai besoin d'une réponse maintenant.
- Ca fait dix ans. - Ca fait un bail.
- J'ai pas vu ça depuis l'école.
Ca arrive jamais que quelqu'un code ici.
- J'ai pas mon RCR, mais dans mes cours de survivaliste...
- Merci. Tu peux retourner à la console pour les ambulanciers.
- Fuck! J'ai pu de pouls, là.
- On va prendre la planche.
- Je m'en viens! Je m'en viens! J'ai juste trouvé ça, là.
- Ca va être ça. On la glisse sous la patiente.
- OK. - On va commencer le massage.
Mortimer, tu vas y aller en premier. OK.
Tu peux te positionner. - C'est la bonne position, là?
- Oui, c'est parfait. Tu peux commencer. Un...
Pourquoi j'ai pas de lecture sur le défibrillateur?
- Il n'y a plus de batterie. - On va chercher une batterie.
On continue le massage. - Fuck! L'épi est passé date.
- Tabar... OK, c'est pas grave.
On continue le massage. Stéphane, prépare-toi.
Tu vas le remplacer quand il va se fatiguer.
- Les ambulanciers arrivent!
- C'est ici! Ici!
- On la détache, on enlève les contentions.
- Ici!
- La civière rentre pas dans la chambre.
- OK, on arrête le massage, on va la déplacer.
Au compte de go.
Un, deux... - C'est bon.
Allez, attention. - C'est parfait ça aussi.
- J'ai sa tête. - Je l'ai.
- Vous allez être correcte, Mme Moisan.
- Bravo, tout le monde.
- Tout ça aurait vraiment pu être évité.
- Ta yeule, Emilien.
- Non. Je vais prévenir la direction.
On n'avait pas à accepter cette patiente-là.
C'est tout le département qui en souffre.
Il y a des têtes qui vont tomber.
- OK, toi, je vais te demander de t'en aller.
- Aller ou? Je travaille ici.
- Je sais pas. Va faire quelque chose ailleurs un petit moment.
C'est beaucoup ce qu'on vient de vivre.
On a tous besoin de redescendre. - OK.
Je m'en vais.
Mais c'est parce que j'allais m'en aller.
- Parfait! - Non, mais juste...
- J'ai jamais,
mais jamais connu quelqu'un d'aussi désagréable.
- Je peux pas croire que t'as...
- Quoi?
- On a déjà couché ensemble.
- A un party de bureau que je qualifierais
de complètement Punta Cana.
- Puis? - C'est pas gagné.
Mais bon, son pouls est reparti. - Ils l'amènent ou?
- A l'hôpital Notre-Dame. - OK.
C'est bon, ça. Parfait.
- C'a pas l'air d'aller mieux, toi.
- Non, ça va. Ca va.
(déverrouillage)
(musique douce)
Ca va, toi?
- Ouais.
(sonnerie de cellulaire)
- Dre Bien-Aimé.
Oui, Diane.
Non. Pas d'amis non plus.
Non, elle a coupé les ponts avec tout le monde.
Oui. Bonne soirée.
Bonne soirée.
- Qu'est-ce qui se passe, encore?
- L'hôpital a appelé.
Il paraît que Mme Moisan ne passera pas la nuit.
Diane voulait savoir s'il y avait...
quelqu'un à contacter pour elle, mais non, il n'y a personne.
- Elle va mourir toute seule?
(musique de style comédie musicale)
Excuse, excuse. - Ca va.
(cri)
(cri)
(reniflement)
(reniflement)
- Tabarnak.
Heille! Va-t'en, tabarnak!
Décâlisse, ostie!
(reniflement)
Décâlisse!
J'ai dit non!
(exclamation indistincte)
Ah...
Je lui avais dit, tabarnak d'ostie!
Pas toi! Pas toi!
Heille, là! Crisse, décâlisse!
Ostie de câlisse!
(reniflement)
- (une des femmes) Crisse de folle! Crisse de folle!
Heille, heille, heille! (rire)
Viens ici, viens ici, viens ici.
Crisse de folle. Estie que t'es laide.
- Ta yeule, ostie! - Crisse de folle.
Ton chien... Ton ostie de chien, il est mort.
(imitation de grognements de chien)
- Arrête.
- Ostie de chien laid! Tes chiens sont laids.
Il est mort! Ton ostie de chien, il est mort.
On l'a tué, ton cristi de chien. Il est mort. Il est mort.
C'est pas un nom de chien. C'est un nom de danseuse.
Ostie que t'es laide. Ostie de peureuse.
Viens te battre si t'es capable. - Viens-t'en. Viens te battre.
(insultes indistinctes)
- Câlisse de chien.
Je vais te les faire manger, tes ostie de chiens!
(voix indistinctes)
- C'est moi qui l'ai. - Non!
(rires)
Arrête de niaiser. Ah!
(sons lointains)
Heille, heille, heille, heille,
heille, heille, heille...
Non, non, non, non, non...
NON!
- Ca regarde pas bien, hein?
- Votre coeur a de la misère. - Hmm.
Je vais te le dire,
ça fait un bout qu'il a de la misère, mon coeur.
Ca m'énerve ça.
Je vais mourir bientôt?
- Les médecins sont inquiets.
- Combien?
- Il y a de bonnes chances que vous fassiez un autre infarctus.
Si vous en faites un autre, il risque d'être fatal.
- Bien correct de même.
J'ai pas peur de la mort.
- Vous êtes très courageuse.
- On vient au monde tout seul.
Et on finit tout seul.
- Vous n'êtes pas toute seule.
- C'est vrai, ça. Même la tour Eiffel, elle est là.
(rires)
- Il dort.
C'est pas rien.
- Donc, ça va finir de même.
J'ai tellement souffert.
J'ai tellement fait souffrir.
- Il y a une partie de cette souffrance-là
dont vous êtes responsable.
Puis il y a une partie qui est due à la maladie
et aux conditions dans lesquelles vous avez vécu.
- J'ai jamais été bien nulle part.
Même pas dans ma tête.
- J'aurais aimé ça pouvoir vous aider avec ça.
- Moi aussi.
Connaître c'est quoi d'avoir la tête claire.
- Nommez-moi quelque chose que vous avez aimé dans votre vie.
- Mes chiens.
J'ai tellement aimé mes chiens.
Eux autres, ils me comprenaient.
Et avec eux autres, j'étais bonne.
J'en ai sauvé, du caniche. (rires)
Ouais.
J'aurai fait ça de bon.
(mélange de rire et de pleurs)
- Il y a-tu quelqu'un que je peux appeler?
Que vous aimeriez voir? - Qu'ils aillent tous chier.
- OK. OK.
- Je veux pas voir personne. - C'est bon.
- Donc, ça va finir de même.
Tu pleures-tu, toi?
- Bien non.
Les psychiatres, ça pleure pas.
(rire)
- Au moins, il y a quelqu'un qui va avoir pleuré pour moi.
- Oui.
- Je suis fatiguée.
- C'est correct, Mme Moisan. Fermez vos yeux.
- Pouvez-vous attendre que je meure avant de partir?
- On bouge pas.
Fermez vos beaux yeux.
- Putain de vie.
- Putain de vie.
("Requiem en ré mineur, K626" de Mozart)
("Requiem en ré mineur, K626" de Mozart)
J'ai besoin d'un verre.
- Il est 3 h du mat'.
- Tu travailles demain, toi? - Non.
- Moi non plus.
- Plus de bars d'ouverts à cette heure-ci.
- Ah merde, c'est vrai.
Je t'aurais invité chez nous,
mais j'ai jeté toutes les bouteilles.
- Pourquoi?
- J'ai un petit problème avec ça.
- C'est peut-être mieux qu'on picole pas.
Qu'est-ce que t'as depuis ce matin?
- Techniquement, on est demain, là.
- Ouais. Qu'est-ce que t'as depuis hier?
- Je me suis fait avorter hier matin.
- Tu te fous de moi? - Non.
- Pourquoi tu m'as rien dit?
- Bien, je voulais, mais j'ai comme pas eu le temps.
- Et là, t'as mal?
On est à l'hôpital. Je peux t'accompagner, si tu veux.
- Non, non, c'est bon.
C'était juste beaucoup.
- J'ai de la téquila à la maison.
- La téquila, c'est bien. - Allez.
(Il gémit.)
- Ouh... - Ah...
Il y a quand même quelque chose qui m'échappe.
- Ah, je le savais. - Attends.
La question se pose.
Comment c'est possible? - Ah...
(rires)
C'est que...
depuis que...
Anna est décédée...
Anna, c'était le nom de ma femme,
depuis, je n'arrive plus à...
à faire l'amour.
C'est super gênant. Je me mets à pleurer.
- C'est pas grave. Y a rien qui presse.
- Non, mais je sais, mais c'est...
c'est moi qui avais envie
d'être avec quelqu'un.
Ca me manquait de... d'être touchée.
Comme... j'y arrivais pas avec une femme,
je me suis dit que j'allais le faire avec un homme.
- Evidemment. (rires)
- Ouais. - Et alors, c'était comment?
- Ecoute, c'est que quand j'ai eu l'opportunité,
ça m'a tellement stressée, je me suis saoulée.
Résultat, je ne me rappelle plus... vraiment.
Je... Je pense que c'était correct.
Et toi, t'as personne dans ta vie?
- A moi, c'est pas simple avec ma mère.
- Ah ouais? Pourquoi?
- Bien, disons qu'elle a...
des petits problèmes dans sa tête.
Elle peut pas habiter toute seule.
- C'est quoi son diagnostic?
- T'es en train de me faire une consultation, là, ou quoi?
- Je m'excuse. Pardon. Pardon. (rire)
- T'inquiète.
- Et t'es... t'es pas en relation à cause de ta mère.
- Disons que je suis pas le profil idéal.
Le mec qui vit encore avec sa mère.
- Ah, elle habite ici? - Hmm.
Dans le demi-sous-sol, oui.
- Bien non, au contraire.
C'est très "sédusant"... c'est très séduisant
quelqu'un qui... qui s'occupe de sa mère, non?
En tout cas, je trouve. - Oui, peut-être, c'est vrai.
Mais c'est pas que ça. C'est pas que ça.
- C'est que quoi? - Bien... les femmes...
La game de la séduction, les applications, tout ça, là,
je suis pas habile avec ça.
C'est pas mon truc.
- C'est une époque très difficile pour les romantiques.
- Je suis pas romantique, moi.
(rires) Ah non.
- OK. - Moi, je peux te dire que non.
- Bon. - Je suis un homme, moi.
- OK. - Oui, un vrai, je peux te dire.
Regarde ça. (Il émet des grognements.)
Ouais. - Ark!
(rire)
- Ca va mieux, ton ventre? - Ouais, merci.
- Allez, on finit celui-là et on s'en prend un petit dernier?
- Carrément! - Allez!
- Arrête de bouger. - Je ne bouge plus.
- ♪ Tu me demandes qui je suis ♪
♪ Je suis de n'importe ou ♪
♪ Tu veux trop savoir tout sur moi ♪
♪ Si tu veux tout avoir ce que je n'ai même pas ♪
♪ Alors va-t'en, va-t'en ♪
- ♪ Tu ne demandais qu'une épaule ♪
♪ Pour t'appuyer dans mon lit, dans tes bleus.
♪ Moi c'était facile dans ma tête ♪
♪ Je pouvais dormir et peut-être rêver mieux ♪
♪ Rêver mieux ♪
- ♪ Tu me demandes comment je vais ♪
♪ Je vais dans une vieille auto ♪
♪ Plus chaud qu'en hiver, loin du polaire ♪
♪ Avec en mon coeur des êtres chers ♪
♪ Mais tu me fais parler, arrête ♪
(craquement du plancher)
(musique sombre)
(gémissements d'étouffement)
- On a reçu une plainte contre vous,
que vous vous moquez des patients,
que vous arrivez souvent en retard
et que vous sentez l'alcool.
D'ailleurs, je suis obligé de l'admettre,
en ce moment même, vous sentez l'alcool.
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