Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Avant de partir au combat,
je voudrais vous dire, seigneurs,
ce qu'est notre camaraderie russe.
Il s'est vu des camarades en d'autres pays.
Mais avec ceux que nous connaissons en terre russe,
nul ne put jamais rivaliser.
Aimer, comme aime un c�ur russe,
aimer, non pas avec notre seul esprit,
mais avec tout ce que Dieu nous a donn�,
avec tout ce qu'il y a en nous,
nul autre n'en est capable.
Je sais...
que de basses pratiques commencent � se r�pandre.
Les gens ne pensent plus qu'� leurs gerbes de bl�, leur foin,
et leurs chevaux.
Ils adoptent Dieu seul sait quelles coutumes infid�les.
Ils ont honte de leur propre langue.
Les fr�res ne parlent plus � leurs fr�res,
ils les vendent comme des b�tes sans �me au march�.
Et la faveur d'un roi,
ou plut�t,
l'ignoble faveur d'un magnat polonais
qui leur envoie sa botte jaune dans la figure,
leur est plus ch�re que toute fraternit� !
M�me chez le dernier des l�ches,
quel qu'il soit, mes fr�res,
il y a un grain de sentiment russe.
Et celui-ci finira par se r�veiller un jour,
et le pauvre bougre s'arrachera les cheveux,
en maudissant � voix haute sa vile existence,
pr�t � endurer tous les tourments
pour racheter ses bassesses.
Que tous sachent
ce qu'est la camaraderie en terre russe !
Et s'il est dit que nous devons mourir,
pas un seul d'entre eux ne conna�tra une si belle mort.
Pas un seul !
Pas un seul !
Comment le pourraient-ils avec leur nature de souris ?
Feu !
Bonjour, seigneurs.
- Comment vous portez-vous ? - Bien.
Tourne-toi un peu, mon petit.
Tourne-toi.
Te voil� dr�lement accoutr� !
Qu'est-ce que c'est que ces soutanes ?
Ces longues robes...
Essayez un peu de courir, l'un ou l'autre, que je vous regarde
vous prendre les pieds dedans et tomber.
Ne te moque pas, p�re.
Tu fais bien des mani�res.
Pourquoi je ne me moquerais pas ?
Tu as beau �tre mon p�re, si tu continues,
je vais te rosser, pardieu.
Quoi ?
Ton p�re ?
Et pourquoi pas ?
Quand on m'offense, je ne suis pas � �a pr�s.
Et comment voudrais-tu te battre avec lui ?
Aux poings ?
Peu importe.
Alors...
Vas-y !
Vas-y !
Va pour les coups de poing !
Allez !
C'est bien, petit.
C'est bien, petit. Pardieu, c'est bien.
Le vieux est fou � lier !
�a fait plus d'un an qu'on n'a pas vu les enfants,
et voil� qu'il se bat !
Mais c'est qu'il se d�fend. Il se bat bien, pardieu !
Tu feras un bon Cosaque !
Bonjour, mon petit.
On s'embrasse ?
C'est bien, mon petit.
Rosse-les tous comme �a. Ne te laisse faire par personne.
Et toi, nigaud, que fais-tu, les bras ballants ?
Tu ne veux pas me rosser, fils de chien ?
A-t-on jamais vu qu'un fils devait rosser son p�re ?
Tu fais bien le d�licat, � ce que je vois !
N'�coute pas ta m�re, petit. C'est une femme, elle ne sait rien.
Comme si vous aviez besoin de douceur !
Vos douceurs, � vous, c'est la plaine et un bon cheval.
Voil� les douceurs qu'il vous faut.
Vous voyez ce sabre ?
Voil� votre m�re !
Je ferais bien, d�s la semaine prochaine,
de vous envoyer en pays zaporogue.
C'est l�-bas que vous trouverez de la science.
C'est l�-bas que vous attraperez de l'esprit.
L�-bas !
� ce qu'il me semble, mes petits,
l'archimandrite n'a m�me pas d� vous donner � humer de la vodka.
Avouez qu'on vous a fouett�s, avec des rameaux,
le dos et tout ce qui constitue un Cosaque !
� quoi bon remuer des souvenirs ? Ce qui est pass� est pass� !
Qu'on me cherche chicane ! Qu'un infid�le passe par l� !
Il va go�ter au sabre cosaque !
C'est bien, petit.
C'est bien, pardieu.
Puisque c'est comme �a, je pars avec vous.
Je pars, pardieu.
Diable ! Pourquoi je resterais l� � attendre ?
Pour semer le bl�, m'occuper de la maisonn�e,
garder les moutons et les cochons, et minauder avec ma femme ?
Qu'elle aille au diable.
Je suis un Cosaque !
Et je ne veux pas.
Il n'y a pas de guerre ?
Qu'� cela ne tienne, j'irai avec vous chez les Zaporogues.
M'amuser un peu !
C'est pas ici qu'on va d�busquer l'ennemi !
� quoi bon cette maison ?
� quoi bon tout �a ?
Dmitro, tu t'occuperas de tout.
- Entendu ? - Et comment !
Et d�s que je te fais signe de la Setch, envoie la troupe.
N'oublie pas de donner aux chevaux le meilleur grain.
� Monakh, Orlik, Bouriane.
Boulba �tait terriblement t�tu.
Ce genre de personnage
ne pouvait exister qu'en ce rude XVIe si�cle
o� apparut la cosaquerie,
cet �lan g�n�reux et d�brid�
de la nature russe.
C'�tait une expression exceptionnelle
de la force russe,
arrach�e aux entrailles du peuple
par le fer � feu du malheur.
�a y est.
�carte-toi !
L�che �a !
Allez, hue !
Mes chers petits !
Qu'est-ce qui vous attend ?
Que va-t-il vous arriver ?
Peut-�tre allez-vous vous faire prendre.
Peut-�tre qu'au premier combat, un Tatar vous tranchera la t�te.
Et je ne saurai pas o� gisent vos corps
d�chiquet�s et abandonn�s.
Allez, mes petits,
tout est pr�t !
Pourquoi tra�ner ?
Et maintenant, comme le veut la coutume chr�tienne,
asseyons-nous tous avant de prendre la route.
� pr�sent, m�re, b�nis tes enfants.
Prie pour qu'ils soient vaillants au combat.
Pour qu'ils d�fendent leur honneur de chevaliers.
Pour qu'ils luttent pour la foi chr�tienne.
Sinon...
qu'ils disparaissent !
Qu'il ne reste plus une trace d'eux ici-bas !
Que la sainte Vierge
vous prot�ge.
Mes fils, n'oubliez pas...
votre m�re.
La Setch !
Notre m�re la Setch !
La voil�, la Setch !
Voil� le repaire d'o� surgissent des hommes fiers
et forts comme des lions.
Voil� o� prend sa source la libert� cosaque
qui se d�verse dans toute l'Ukraine.
Ceux qui viennent ici
ont oubli� et laiss� derri�re eux tout ce qui les occupait auparavant.
Ils s'abandonnent avec insouciance � la libert�
et � la camaraderie avec leurs semblables,
qui n'ont ni parents ni foyer ni famille,
rien que le ciel libre
et l'intarissable gaiet� de leur �me.
La voil�, la Setch !
En avant, la musique !
Foma, sers sans compter les bons orthodoxes !
Enl�ve ta pelisse, il fait chaud !
Impossible.
Pourquoi ?
Tout ce que j'�te part en boissons !
Amuse-toi, Mossi.
J'ai pay� tes dettes.
Tu ne dois plus rien � personne.
Bonjour, Kirdiaga !
� ce que je vois, t'as amen� tes fils.
Il a tu� son camarade comme un chien,
pour une histoire d'ivrognes.
Dommage que �a ait �t� un Cosaque.
Et si ce n'en avait pas �t� un ?
Mais simplement un homme.
Un Polonais. �a n'aurait pas �t� dommage ?
Que les Polonais le plaignent ! Nous, ils ne nous plaignent pas.
Et la loi ?
La justice ? Le droit romain ?
Ici, r�gne la loi de notre terre.
Et si nous �tions n�s sur une autre terre ?
Je ne sais pas.
Je me souviens qu'on marchait, quand on �tait petits,
tu t'es mis � pleurer.
Sous tes pieds, la poussi�re te br�lait.
Je t'ai pris dans mes bras.
Je marchais et j'avais l'impression que ce n'�tait pas la poussi�re,
mais la terre elle-m�me qui me chauffait les pieds.
Ma terre.
Et en latin, on a appris...
Ce n'est pas moi qui invente :
"Veni, vidi..."
Et apr�s ?
"Vici. "Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu."
Tu n'as pas vaincu.
Ce n'est pas �a.
Ce n'est pas cette terre-l� sous nos pieds.
Allons-y !
Elle est l�.
O� ?
L�, au premier rang, � c�t� de son p�re.
Venez.
Esp�ces de porcs, que faites-vous dans une �glise catholique ?
Qu'est-ce que tu as dit ?
Taras a un bon fils, pas vrai ?
Et toi ?
Tu ne sais rien faire ?
Maintenant, lui, il va se mettre l�
et je vais tirer.
Tu veux vraiment tirer, aujourd'hui, Chilo ?
Lui, il a tir�.
Voyons maintenant s'il est courageux.
O� tu vas, Taras ?
Bonjour, p�re !
Bonjour.
Prends-moi � la Setch.
- Tu crois au Christ ? - Oui.
Bonjour, seigneur kochevo�.
Bonjour, Taras.
Et � la Sainte Trinit� ?
Oui.
Assieds-toi.
Fais le signe de croix.
C'est bien. Tu peux venir.
Choisis le quartier qui te convient.
Merci, p�re.
Eh bien, kochevo�,
il est temps que les Zaporogues s'amusent.
O� donc ?
Comment o� ?
On peut toujours aller voir les Turcs ou les Tatars.
Impossible de faire la guerre ni aux Turcs ni aux Tatars.
Que veut dire "impossible" ?
Nous avons promis la paix au sultan.
Sultan,
tu n'es qu'un diable turc !
Un maudit fr�re du diable...
et le secr�taire de Lucifer en personne !
Quel guerrier es-tu
si t'es pas foutu, avec ton cul nu,
d'�craser un h�risson.
Nous ne craignons pas tes troupes.
L'eau et la terre se battront avec nous.
Fricasseur de Babel !
Brasseur de J�rusalem !
Maintenant, finissons.
Nous ne savons pas la date,
nous n'avons pas de calendrier.
Mais ton jour sera le n�tre !
Un baiser...
Ici !
Envoie la lettre au sultan, scribe.
Impossible d'envoyer cette lettre au sultan.
Pourquoi ?
- Le kochevo� n'est pas d'accord. - Comment �a ?
Il a fait la paix avec le sultan.
Le sc�l�rat !
Que voulez-vous, seigneurs ?
D�pose la masse !
D�pose la masse !
Nous ne voulons plus de toi. Pars !
Qu'il d�pose la masse !
Qui allez-vous d�signer comme kochevo� ?
Qu'on �lise Koukoubenko !
On ne veut pas de Koukoubenko.
Il est trop jeune, il a encore les l�vres humides de lait !
- On ne veut pas de Koukoubenko ! - Prenons Chilo pour ataman !
M�fie-toi de lui !
Un Cosaque, ce chien qu'on a pris la main dans le sac,
comme un Tatar ? Au diable Chilo !
Crie Kirdiaga !
- Au diable Chilo ! - Allez, Kirdiaga !
Kirdiaga !
Tous d'accord !
Tu viens de la terre et tu retourneras � la terre.
C'est ma tourn�e, seigneurs !
Qu'est-ce qui vous am�ne ?
Un malheur.
La force cosaque est gaspill�e en vain !
Il n'y a pas de guerre.
Voyez les officiers, fain�ants comme des marmottes !
Ils ont les yeux bouffis de graisse.
Ataman, permets-moi de prendre la parole.
Parle.
Qu'est-ce qui vous am�ne ?
Un malheur.
Quel malheur ?
Tu n'as plus de troupes.
Ton village n'existe plus. Tu n'as plus de chevaux.
Ni de domestiques.
Les Polonais ont tout d�truit.
Et tu n'as plus de femme, Taras.
Ils l'ont tu�e !
Nous esp�rions te l'amener encore en vie, bless�e.
Mais nous arrivons trop tard.
Permettez, seigneurs,
que je tienne un discours.
Parle !
Parle sans d�tour, chien !
Je veux vous poser une question.
Vous savez
ce qui se passe en Ukraine ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Parle, fils de chien !
Il se passe des choses
qu'on n'a jamais vues depuis qu'on est n�s et baptis�s.
Maintenant, les temps font
que nos saintes �glises ne sont plus � nous.
Plus � nous ?
Plus � nous ?
Il faut les louer aux Juifs.
Quoi ?
On doit louer nos �glises chr�tiennes aux Juifs ?
Et si on ne paye pas d'avance,
on ne peut pas c�l�brer la messe.
Voil� ce qui se passe en Ukraine.
�coutez, ce n'est pas fini !
En Ukraine, les cur�s polonais se prom�nent en carriole.
Et ce ne serait rien...
mais elles ne sont pas tir�es par des chevaux,
mais par des chr�tiens orthodoxes !
Voil� ce qui se passe en Ukraine.
Et vous, vous �tes l� en pays zaporogue,
� vous amuser
en ignorant tout ce qui se passe dans le monde.
Attends !
Et vous, que faisiez-vous ?
Vous n'aviez pas de sabres ?
Comment avez-vous pu laisser perp�trer pareille infamie ?
J'aurais aim� vous y voir, face � 50 000 Polonais !
Et puis, il faut bien avouer
qu'il s'est trouv� des chiens parmi les n�tres
qui se sont convertis � leur foi.
Et votre hetman ? Et vos officiers ? Qu'ont-ils fait ?
Qu'ont fait les officiers ?
Ce qu'ils ont fait,
je ne souhaite � personne de le faire.
Notre hetman, grill� vif dans un taureau de cuivre,
se trouve � Varsovie.
� Varsovie ?
Quant aux officiers, on prom�ne de foire en foire
leurs mains et leurs t�tes pour les montrer au peuple.
Voil� ce qu'ont fait les officiers.
Quoi !
Les cur�s polonais attellent des orthodoxes !
Tol�rer des horreurs pareilles en terre russe !
Qu'on traite ainsi le hetman et les officiers ?
Nous ne laisserons pas faire !
Jamais !
Noyons ces impies !
Tous les Juifs dans le Dniepr !
Ils ne sont pas des n�tres, eux l�-bas, en Ukraine.
Ils ne sont pas des n�tres !
Arr�te !
Arr�te, je te dis !
S�r�nissime seigneur !
S�r�nissime seigneur !
On n'a jamais vu des seigneurs comme vous.
Des seigneurs comme vous, il n'y en a jamais eu en ce monde.
Des seigneurs aussi vaillants, aussi courageux, aussi bons,
il n'y en a jamais eu !
Mais ce ne sont pas les n�tres, pas du tout,
ceux qui ont des concessions en Ukraine.
Ce ne sont pas des Juifs, mais des je-ne-sais-quoi.
Ils m�ritent qu'on leur crache dessus.
Qu'on les envoie au diable.
J'ai connu votre fr�re, le d�funt Doroch.
Je lui ai donn� 800 sequins pour sa ran�on,
quand les Turcs l'ont fait prisonnier.
�a suffit !
Arr�te !
Tu connaissais mon fr�re ?
Oui, ma parole, je le connaissais.
C'�tait un grand seigneur.
Comment tu t'appelles ?
Lankel.
Bien.
Allez-y !
Et toi aussi, pars !
Ne m'oblige pas � p�cher.
Nous avons d�cid�,
au conseil des anciens,
de marcher sur la Pologne.
De nous venger de tout le mal qui nous a �t� fait,
des larmes et des morts.
De l'irrespect de notre foi.
Voil� la d�cision
prise par les troupes des Zaporogues !
Tous d'accord !
Que Dieu vous b�nisse.
Que Dieu vous b�nisse.
Adieu, notre Setch bien-aim�e.
Que Dieu te prot�ge !
Que fais-tu l� ?
Tu veux qu'on te tue comme un moineau ?
Que le seigneur ne dise rien. J'ai l� un chariot
avec des provisions utiles pour les Cosaques,
� un prix qu'on n'a jamais vu chez aucun Juif.
Pardieu, c'est vrai.
En tout cas, quelle nature !
Tire !
- Maman, je suis fatigu�e ! - Avance plus vite.
Bient�t, tout le sud-ouest de la Pologne fut en proie � la terreur.
La rumeur se r�pandait :
"Les Zaporogues ! Les Zaporogues arrivent !"
Tous ceux qui pouvaient fuir prenaient la fuite.
Tous partaient et se dispersaient,
comme le voulait souvent
ce si�cle tumultueux et impr�voyant.
Garde mon cheval.
Quelles nouvelles ?
S�r�nissime seigneur, j'ai seul r�ussi � passer.
Ils sont si nombreux ?
Des serfs,
des mis�rables,
des esclaves r�volt�s !
Ils ne sont pas tous comme �a.
Tu ne les connais pas.
Tu as peur ?
Je n'ai peur de rien, ma fille.
Je m'inqui�te seulement pour toi.
Mais crois-moi, nous les mettrons en d�route
et les ch�tierons comme il se doit.
Appr�tez-vous � tirer !
Va-t'en, ma ch�rie.
On va leur donner une le�on.
Tu n'as rien � faire ici ! Elzbieto !
Feu !
� l'assaut !
Les pierres !
Feu !
Balancez la poix !
Vite !
Tiens bon !
Tiens bon !
En avant ! � l'assaut !
Balancez les pierres !
Accroche-toi !
Les torches !
Donne l'ordre de se retirer. Nous gaspillons nos forces pour rien.
Mes fr�res, nous battons en retraite !
Mais que je devienne musulman
si nous en laissons sortir un seul de la ville.
Que tous ces chiens meurent de faim !
Assi�geons leur ville.
Pas un seul d'entre eux ne sortira !
Aide-moi � me d�shabiller, et tu es libre.
D'accord, mademoiselle.
Bonne nuit !
Que se passe-t-il, mademoiselle ?
Je me suis piqu�e avec mon peigne.
Tu m'as vue ?
Oui.
Personne n'a encore jamais fait ma connaissance comme �a.
Va-t'en !
Qui es-tu ?
Dis-moi qui tu es.
Je t'ai d�j� vue ?
Oui, � Kiev.
� Kiev ?
Tu es la Tatare, la servante de la fille du gouverneur.
- Elle est toujours en vie ? - Elle est l�, en ville.
En ville ?
Mais pourquoi ?
Le vieux seigneur est ici aussi. C'est le gouverneur de Doubno.
Est-ce qu'elle est...
mari�e ?
Parle !
Elle n'a rien mang� depuis deux jours.
Comment ?
Il n'y a plus de pain, on mange de la terre.
Elle m'a dit : "Va demander au chevalier
"de venir me voir s'il se souvient de moi.
"Et s'il m'a oubli�e, qu'il donne du pain pour ma m�re.
"Il a aussi une m�re, qu'il le fasse en son nom."
Ma m�re a �t� tu�e par les Polonais.
Mais comment es-tu venue ?
Par o� es-tu pass�e ?
Par le souterrain.
Le souterrain ?
Oui.
Viens avec moi.
Du pain, pour l'amour du ciel !
J'y vais. Attends-moi ici, pr�s du chariot.
Assieds-toi. Tout le monde dort, personne ne te verra. Je reviens.
Arr�tez ce diable de Polonais...
Allons-y !
Andre� !
Tu es avec une fille.
Tu vas voir, quand je vais me lever !
Les femmes te perdront.
Elles te perdront.
Allons-y ! Vite !
Suis-moi.
C'est la famine. On a tout mang�.
Chevaux, chiens, chats... M�me les souris.
- Et vous d�fendez encore la ville ? - Le gouverneur voulait capituler.
Mais hier matin, il a appris qu'un r�giment arrivait de Varsovie.
Viens.
T'as vu, il apporte du pain pour la demoiselle.
Le chien ! Et nous, on va crever...
Dieu te r�compensera.
Ce n'est pas � moi, faible femme...
�a suffit ! Arr�te de manger.
Tu es rest�e longtemps sans manger, ce pain va t'empoisonner.
Reine !
Que veux-tu ?
Que d�sires-tu ?
Ordonne !
Donne-moi
la plus impossible des t�ches, et je courrai l'ex�cuter.
Demande-moi ce que nul ne peut faire, et je le ferai.
Pourquoi es-tu si triste ?
Pourquoi es-tu si triste ?
Le destin est un bourreau cruel.
J'ai v�cu dans une luxueuse abondance.
� quelle fin ?
Pour p�rir d'une mort atroce,
qu'ignore m�me le plus mis�rable mendiant ?
Et pour voir un amour tel que je ne pouvais m�me pas l'imaginer ?
- Pardon, sainte Vierge ! - Tu ne mourras pas !
Tu ne mourras pas,
pas toi !
Je te le jure par ma naissance, tu ne mourras pas.
Et si ni la force ni la pri�re ne peuvent te sauver,
nous mourrons ensemble.
Moi, le premier,
et ce n'est que mort qu'on pourra me s�parer de toi.
Ne t'�gare pas, chevalier,
et ne m'�gare pas non plus.
Je sais que tu ne peux m'aimer.
Ton p�re t'appelle,
tes camarades, ta patrie.
Et nous sommes tes ennemis.
Qu'ai-je � faire de mon p�re,
de mes camarades, de ma patrie ?
S'il en est ainsi, je n'ai personne.
Personne !
Qui a dit que l'Ukraine �tait ma patrie ?
Qui me l'a donn�e pour patrie ?
La patrie, c'est ce que cherche l'�me,
ce qu'elle a de plus cher au monde.
La voil�, ma patrie !
Tu es ma patrie.
Et d�sormais, je porterai cette patrie
au plus profond de mon c�ur.
Je la porterai jusqu'� la fin de mes jours.
Un Cosaque peut toujours tenter de me l'arracher.
Pour cette patrie,
je donnerai tout,
je vendrai tout, je sacrifierai tout.
Tu n'as pas vu Andre� ?
Non.
- Il a peut-�tre �t� captur� ? - Non, pas lui.
Mais je ne le vois pas parmi les morts.
Va inspecter.
Voil�, mes fr�res, ce qui s'est pass� cette nuit.
Tout le cantonnement de Pereiaslav �tait ivre mort.
Pas �tonnant que la moiti� des hommes ait �t� massacr�e,
et l'autre, captur�e.
Voil� comment l'ennemi s'est jou� de nous.
Attends, p�re.
Tes reproches ne sont pas totalement justifi�s.
Les Cosaques m�riteraient la mort
s'ils avaient bu en campagne ou � la guerre.
Mais nous �tions l�
� faire le pied de grue devant la ville.
Nous n'avions pas de je�ne � observer.
Comment ne pas boire
quand on n'a rien � faire ?
Boulbenko a bien parl�, pas vrai ?
Il n'y a l� rien de mal, mais nous allons leur apprendre
� s'attaquer � des innocents.
Cette fois, ils ne vont pas s'en remettre !
Seigneur colonel !
J'ai �t� dans la ville.
Qui diable t'a conduit l�-bas ?
D�s que j'ai entendu du bruit
et que les Cosaques se sont mis � tirer,
j'ai couru vers les portes,
au moment o� les soldats polonais entraient.
En t�te du d�tachement, il y avait le seigneur Galiandowicz.
Cela fait presque 3 ans qu'il me doit 100 ducats.
Je l'ai suivi pour lui r�clamer mon d�,
et je suis entr�.
Comment ? Tu es entr� dans la ville
et, en plus, tu lui as r�clam� ton d� !
Il ne t'a pas fait pendre comme un chien ?
Il voulait, pardieu.
J'avais d�j� la corde autour du cou.
Mais je l'ai implor�.
Je lui ai promis de lui pr�ter de l'argent,
car je sais que ce seigneur n'a pas un sou vaillant.
C'est pour �a qu'il n'a pas �t� � la Di�te.
En ville, tu as vu les n�tres ?
Et comment ! Itska, Samou�l et Rakhoum.
Qu'ils cr�vent ! Moi, je te parle de nos Zaporogues !
Nos Zaporogues...
Je les ai vus.
Le seigneur Andre�.
Tu as vu...
Andre� ?
Comment �a ? Mais o� donc l'as-tu vu ?
Dans un cachot ? Dans une fosse ?
D�shonor� ?
Ligot� ?
Non, qui oserait ligoter le seigneur Andre� ?
Un si grand chevalier.
J'ai failli ne pas le reconna�tre.
Il a de l'or sur ses �paulettes, de l'or sur ses brassards,
de l'or sur sa toque, il a de l'or partout,
jusque sur son ceinturon, partout, de l'or !
Et le gouverneur lui a donn� un cheval !
Qui � lui seul vaut 200 ducats !
Voil�...
Pourquoi a-t-il rev�tu des habits �trangers ?
Il est pass� avec eux.
Il est pass� o� ?
Il est pass� de leur c�t�. Maintenant, il est des leurs.
Tu mens, oreille de cochon !
Pourquoi je mentirais ?
Je ne sais pas qu'un Juif est pendu s'il ment � un seigneur ?
Tu pr�tends qu'il a trahi sa patrie et sa foi ?
Non, je n'ai rien dit de tel.
J'ai seulement dit
qu'il �tait pass� de leur c�t�.
Tu mens, diable de Juif ! Rien de semblable n'est arriv� !
Tu te trompes, chien !
Que l'herbe envahisse ma maison
et qu'on crache sur la tombe de mon p�re, de ma m�re,
et de ma belle-m�re si je mens !
Je peux dire au seigneur pourquoi il est pass� avec eux.
Pourquoi ?
Le gouverneur a une fille de toute beaut�.
Dieu du ciel, quelle beaut� !
Il a fait �a pour elle.
Je me suis renseign� aupr�s d'une servante tatare.
La noce aura lieu
d�s que les Zaporogues auront �t� chass�s.
Le seigneur Andre� a promis de les chasser.
Tu n'as pas descendu sur place ce fils de chien ?
Pourquoi le descendre ?
Il est all� l� o� il se trouve le mieux.
Tu...
Tu l'as vu, en chair et en os ?
Pardieu, en chair et en os.
Il m'a vu, m'a reconnu et m'a appel� :
- "Lankel !" - Qu'a-t-il dit ?
"Dis � mon p�re,
"dis � mon fr�re,
"dis aux Cosaques, dis aux Zaporogues, dis � tous
"qu'� partir de maintenant,
"mon p�re n'est plus mon p�re,
"mon fr�re n'est plus mon fr�re, un camarade n'est plus un camarade,
"et que je vais leur faire la guerre � tous. � tous !"
File ou tu es mort !
Judas du diable !
Alerte !
Il est bless�.
Mes fr�res, gr�ce � Dieu,
je n'esp�rais plus vous trouver.
J'ai fait 5 jours de route.
Qu'y a-t-il ?
Les Tatars ont br�l� la Setch.
Tout le monde a �t� tu� ou captur�.
Sauf moi qui me suis enfui.
Mon fr�re,
peut-�tre nous reverrons-nous, ou peut-�tre pas, pardonne-moi !
Dieu te pardonnera.
Encore une fois !
Dieu te pardonnera.
Pardon pour la 3e fois !
Dieu te pardonnera.
Ils partent.
Je ne comprends pas ce que cela signifie.
Il n'y a que la moiti� qui part.
Ils sont donc deux fois moins nombreux.
La moiti� des Cosaques sont partis � la Setch.
L'autre moiti� est rest�e sur place.
Messieurs, c'est notre seule chance.
Demain, nous les �craserons.
Ainsi sera fait, seigneurs ! Vive Mazowiecki !
Si je vous offre � boire, camarades,
ce n'est pas parce que vous m'avez choisi pour ataman,
ce n'est pas en l'honneur du d�part de nos camarades,
maintenant, ce n'est pas
le moment.
La t�che qui nous attend
demandera de la sueur et toute notre habilet� de Cosaques.
Buvons donc, avant tout, camarades,
� notre sainte foi orthodoxe.
Pour que vienne enfin le temps
o�, dans le monde entier,
r�gnera sans partage
notre sainte foi.
� notre foi !
� notre foi !
Et profitons-en pour boire � la Setch !
� la Setch !
Que chaque ann�e en sortent de jeunes guerriers
tous plus vaillants
et plus beaux les uns que les autres !
� la Setch !
Maintenant,
une derni�re gorg�e.
Camarades,
� tous les chr�tiens
du monde.
Aux chr�tiens !
Aux chr�tiens !
Aux chr�tiens !
Les Cosaques restent pensifs.
Tels des aigles, ils regardent leur destin s'assombrir au loin.
Oui,
la plaine sera jonch�e de leurs os blanchis,
arros�e de leur sang cosaque.
Mais pas un seul de leurs exploits ne p�rira,
et la gloire cosaque jamais ne dispara�tra.
Il se trouvera un joueur de bandoura inspir� pour les chanter
d'une voix grave et puissante.
Et les g�n�rations � venir
parleront d'eux.
Car le verbe puissant porte loin,
r�sonne comme un bourdon de bronze
auquel le ma�tre fondeur a g�n�reusement rajout� de l'argent
afin que son carillon sonne par les villes et les campagnes
pour appeler tous les hommes � la sainte pri�re.
En avant !
Emp�chez-les d'aligner leurs rangs !
Attaquez tous en m�me temps !
Comment peut-on laisser un si pr�cieux attirail ?
J'en ai d�j� tu� 7, et aucun n'�tait si bien �quip�.
Adieu, chien !
Vivat !
Chien puant !
Hue !
Notre kourenno� a �t� tu� !
Mes fr�res !
Dymitrovitch a �t� tu� !
Choisissons un nouveau kourenno� !
Qui sera notre kourenno�,
mes fr�res ?
Suivez-moi !
Nous avons gagn�, petit p�re.
Non, pas encore tout � fait.
Les tiens, fils du diable, ce sont les tiens
que tu massacres !
Les gars, attirez-le vers le bois.
Attirez-le !
Arr�te !
Arr�te !
Mais arr�te !
Eh bien, qu'allons-nous faire maintenant ?
Alors, petit,
tes Polonais te sont venus en aide ?
Comme �a, on trahit ?
On trahit sa foi ?
On trahit les siens ?
Arr�te !
Descends de cheval !
Reste l� sans bouger !
Je t'ai engendr�
et je vais te tuer.
Tu aurais fait un bon Cosaque.
La taille haute, le sourcil noir,
le visage noble,
et la main ferme au combat.
Te voil� mort,
mort sans gloire,
comme un chien.
Malheur, ataman ! Les Cosaques te cherchent.
Les Polonais ont repris des forces, ils ont re�u du renfort.
Les Cosaques ne veulent pas mourir sans t'avoir vu.
Ils veulent �tre vus de toi avant d'aller � la mort.
Seigneurs, reste-t-il de la poudre dans les poudri�res ?
La force cosaque faiblit-elle ?
Les Cosaques plient-ils ?
Il reste encore de la poudre dans les poudri�res !
La force cosaque ne faiblit pas !
Les Cosaques ne plient pas !
Je quitte ce monde sans regrets.
Que Dieu donne � chacun pareille fin.
Gloire �ternelle � la terre russe !
Que tous les ennemis disparaissent et que resplendisse � jamais
la terre russe !
Et sa jeune �me le quitta.
Les anges la prirent par les bras
et l'emmen�rent aux cieux.
Il s'y trouvera bien :
"Stepan, assieds-toi � ma droite", lui dira le Christ.
"Tu n'as pas trahi tes camarades,
"tu n'as pas commis d'infamies,
"tu as sauv� et prot�g� mon �glise."
Seigneurs, reste-t-il de la poudre dans les poudri�res ?
La force cosaque faiblit-elle ?
Les cosaques plient-ils ?
Oui, il reste encore de la poudre dans les poudri�res !
La force cosaque ne faiblit pas !
Les Cosaques ne plient pas !
Borodaty, un des Cosaques les plus valeureux,
avait conduit beaucoup d'exp�ditions,
et la plus glorieuse l'avait men� sur les rives de l'Anatolie.
Ils avaient fait provision de sequins et de parures.
Et longtemps,
les joueurs de bandoura chant�rent leurs succ�s.
Je crois, mes fr�res,
que je meurs d'une belle mort.
7 hommes ont p�ri par mon sabre, et 9, par ma lance.
Que soit � jamais florissante
la terre russe !
Mosi Chilo �tait un Cosaque vigoureux.
Il avait command� en mer et il en avait bav�.
Il avait failli �tre kochevo�, mais c �tait un dr�le.
Amateur de beuveries et de f�tes, il empruntait � tous.
Pour finir, il d�roba dans un autre quartier
tous les harnachements pour les mettre en gage.
Pour le punir,
on l'attacha � un poteau au march� et on laissa une massue
pour que chacun puisse le frapper.
Mais il ne se trouva pas un seul Zaporogue
pour lever sur lui la massue,
au souvenir de ses m�rites pass�s.
Tel �tait le Cosaque Mosi Chilo.
Adieu, mes fr�res, mes camarades.
Que vive � jamais
la terre russe orthodoxe
et qu'honneur lui soit rendu pour l'�ternit� !
Les Cosaques se battent.
Maintenant, c'est Zadorojny qui est tu�.
Puis le kochevo� Naliva�ko.
Puis Pissarenko. Puis l'autre Pissarenko.
Puis le troisi�me Pissarenko.
Mais les Cosaques luttent de leurs derni�res forces.
Je remercie Dieu de m'avoir permis de mourir
sous vos yeux, camarades.
Qu'il fasse que nos successeurs nous surpassent
et que resplendisse � jamais
la terre russe aim�e du Christ.
Eh bien, seigneurs,
reste-t-il de la poudre dans les poudri�res ?
Les sabres sont-ils �mouss�s ?
La force cosaque faiblit-elle ?
Les Cosaques plient-ils ?
Les sabres sont encore bons, et les Cosaques se battent !
Ne te laisse pas faire !
C'est bien, petit. C'est bien !
Ne te laisse pas faire !
P�re !
Les Zaporogues mirent � flot des bateaux.
Bient�t, l'Asie mineure vit ces guerriers au cr�ne ras�
et au long toupet.
Elle vit les turbans des musulmans �parpill�s,
comme des fleurs sur les champs ensanglant�s.
Elle vit les culottes bouffantes tach�es de poix
et les bras muscl�s arm�s de cravaches noires.
Ils repartirent le c�ur joyeux.
Un navire turc les pourchassa
et d'un seul tir d'artillerie dispersa comme une vol�e d'oiseaux
leurs fr�les embarcations.
Un tiers d'entre eux fut englouti,
mais les autres se regroup�rent
et accost�rent � l'embouchure du Dniepr,
charg�s de dix barriques bourr�es de sequins.
Mon fils !
Ostap...
mon petit !
OUMAN
�coute, Lankel. Je t'ai sauv� la vie.
Maintenant, c'est ton tour.
Rends-moi un service.
Si c'est possible,
pourquoi pas.
Ne dis rien.
Emm�ne-moi � Varsovie.
� Varsovie ? Comment cela ?
Emm�ne-moi � Varsovie.
Je veux le voir une derni�re fois
et lui dire ne serait-ce qu'un mot.
� qui veux-tu dire un mot ?
� Ostap, mon fils.
Le seigneur ne sait-il pas que d�j�...
Je sais !
On offre pour ma t�te 2000 ducats.
Je t'en donnerai 5000.
2000 tout de suite.
Et le reste, � mon retour.
Je crois que celui que le seigneur a d�pouill�
de ses ducats
n'a pas d� survivre une heure � leur perte.
J'aurais pr�f�r� ne rien te demander,
trouver seul mon chemin.
Mais je ne m'y connais pas en subterfuges.
Attelle ta charrette et partons !
Le seigneur croit que c'est simple : Je prends ma jument,
je l'attelle et hue cocotte !
Il croit que je peux l'emmener comme �a,
sans le cacher ?
Cache-moi comme tu l'entends, dans un tonneau vide, si tu veux.
Un tonneau vide ?
Le seigneur ignore que tous vont croire qu'il est plein d'eau-de-vie ?
Et alors ?
Le premier Polonais venu
fera cinq verstes en courant
pour percer le tonneau
et verra qu'il n'en coule rien :
"Un Juif n'ira pas transporter un tonneau vide.
"Il doit y avoir quelque chose dedans.
"Attrapez le Juif, ligotez-le,
"prenez-lui tout son argent
"et jetez-le en prison !"
Parce que tout ce qui va mal,
c'est toujours la faute du Juif.
Parce que tout le monde prend le Juif pour un chien
et pense qu'on n'est pas un homme,
quand on est juif !
Emm�ne-moi
� dos de diable, s'il le faut,
mais emm�ne-moi.
VARSOVIE
Seigneur, nous sommes arriv�s � Varsovie.
Alors, vous avez r�ussi ?
Mon bon seigneur, maintenant, c'est totalement impossible.
Impossible, pardieu.
Ces gens-l� sont de telles canailles
qu'ils m�riteraient qu'on leur crache � la figure.
Mordecha� vous le dira comme moi.
Mordecha� s'est d�men�
comme jamais personne auparavant,
mais Dieu n'a pas voulu nous aider.
Demain, tous iront au supplice !
- Allons-y ! - Je ne veux pas.
Nous le devons.
Je le dois.
Voyez, ma ch�rie,
celui qui tient les instruments,
c'est le bourreau.
Il conna�t bien son affaire.
Quand il va lui briser les os,
l'inf�me Cosaque sera encore vivant.
Mais quand il lui tranchera la t�te,
il ne pourra plus boire ni manger,
ni m�me chanter.
Parce que, ma ch�rie, il n'aura plus de t�te.
Dieu fasse que tous les h�r�tiques
ici rassembl�s
ne puissent entendre un chr�tien souffrir !
Que pas un seul d'entre nous ne dise un mot !
C'est bien, petit !
C'est bien, petit, c'est bien !
C'est bien !
P�re !
O� es-tu ?
M'entends-tu ?
Je t'entends, petit !
Je t'entends !
Aide-nous, sainte Vierge !
Voil� pour vous, satan�s Polonais, en m�moire d'Ostap !
Aide-la !
Aide-la, la vieille !
Pourquoi ne fais-tu rien ?
Cela fait 3 jours qu'elle souffre.
Veuillez m'excuser, messieurs.
Poursuivons.
Les Cosaques,
men�s par Ostranitsa,
ont d�fait l'arm�e du hetman de la couronne, N. Potocki.
La seule issue est d'engager des pourparlers de paix.
M�me si les troupes men�es par Taras Boulba
y sont oppos�es.
Assez, pan Kasmirski.
Toute la Pologne doit unir ses efforts.
Messieurs, nous sommes face � une terrible menace :
Ce ne sont pas des humains.
Veuillez � nouveau m'excuser.
Qu'y a-t-il ?
Madame est morte.
Et l'enfant ?
L'enfant est vivant.
C'est un gar�on.
Seigneur, le d�tachement de Boulba est � la rivi�re.
Ils sont dans les rochers.
Nous les surprendrons au matin.
En avant ! Au galop !
Ils sont nombreux !
� cheval !
Allons-y !
Per�ons les rangs ennemis !
Halte-l� !
J'ai perdu ma pipe et mon tabac.
Je ne voudrais pas qu'ils en profitent,
ces sales Polonais !
Ah, vieillesse ! Vieillesse !
Tiens mon cheval.
Qu'il soit br�l� vif !
Aux yeux de tous.
Mets le feu !
O� allez-vous ?
Prenez le sentier � gauche,
sur la falaise, et jetez-vous � l'eau !
Sinon vous �tes perdus.
Merci, petit p�re !
Fais-le taire.
Adieu, camarades !
Au printemps prochain,
revenez
et r�jouissez-vous !
Quoi ?
Vous croyez avoir gagn�, maudits Polonais ?
Attendez un peu !
Le temps viendra
o� vous apprendrez
ce qu'est la foi orthodoxe russe.
D�j�, les peuples, voisins et lointains,
le pressentent.
La terre russe
verra s'�lever
un tsar.
Et il n'est au monde aucune puissance
qui ne se soumettra � lui.
Est-il au monde des supplices,
est-il des flammes,
est-il une puissance
qui pourront jamais surpasser la force russe ?
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.