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Original subtitles

Dans le système judiciaire, les citoyens sont représentés...

par deux organismes d'égale importance.

La Police, qui enquête sur les crimes...

et le Ministère Public, qui poursuit les contrevenants.

Voici leurs histoires.

C'est pas un reproche, Mike.

Je dois être trop sensible.

Ça nous fera probablement aucun mal.

Tout ce que Ben voulait, c'est une liste de noms.

Il l'a eue. J'ai remplacé Max devant la chambre d'accusation...

j'ai présenté l'affaire comme on avait dit...

- et maintenant tu me... - Ça va. Calme-toi.

Demain, quand on te demandera des noms, ne parle surtout pas de bakchichs...

de tubes en cuivre volés et autres magouilles.

Magouilles ? Comment ça "magouilles".

Tout le monde sait...

qu'on parle de matériel de construction qui disparaît.

Et qui se retrouve sur un autre chantier.

On a pas choisi les jurés.

Mais ton petit cours sur la corruption les a embrouillés.

Et alors ?

S'ils ne comprennent pas bien, ils risquent de vouloir abandonner les poursuites.

Relaxe.

Tu obtiendras tes inculpations.

Max témoigne demain matin. Il vous donnera ce que tu veux.

Howard Neffer, Jimmy "le Cafard" D'Onofrio...

Morgan Stern.

Je l'appellerai plus tard, on reverra l'affaire en détail...

et après, je passe la soirée avec Patsy Kelly.

CHEZ MARIE ET MAX GREEVEY 987 JEWEL AVENUE - VENDREDI 6 AVRIL

Je sais pas. Il continue à farfouiller dans son coffre.

Tu connais Max. Toujours perdu dans ses paperasses.

Marie, dis-lui d'y foutre le feu.

- Ton dîner refroidit ? - C'est ma copine qui refroidit.

- Je suis encore au boulot. - J'te comprends.

C'est comme si j'avais épousé un fantôme.

Tiens, il taille une bavette, maintenant.

- Avec qui ? - Je l'ignore. Il fait sombre.

Matthew, sors dire à ton père de se dépêcher.

OK, M'man.

- Que se passe-t-il ? - Marie ?

Sainte Marie mère de Dieu !

Marie ? Marie ! Marie !

Gauche... droite...

Gauche... droite...

Gauche... droite... Halte.

À gauche, gauche.

Un pas en arrière.

Présentez armes.

Je témoigne quand vous voulez.

Je peux aussi reprendre le témoignage de Max.

La mise en accusation est suspendue.

Quand l'audience reprendra...

tu ajouteras le meurtre de Max aux charges ?

Si on trouve quelque chose, pour l'instant on a rien.

La veille de son témoignage devant la chambre d'accusation ?

Quelqu'un a dû découvrir ce qu'il allait dire et ne pas apprécier.

J'aimerais voir la liste des inculpations en attentes.

Nous devrions vérifiez qui au bureau est au courant de ça.

Et si la fuite venait d'un juré ?

Vérifions s'ils ont des liens avec l'industrie du bâtiment.

Si un juré a parlé ou si une inculpation a été révélée...

pourquoi tuer Max qui était chargé de l'enquête ?

Parce qu'ils ont déjà tué celui qui enquêtait pour la commission du bâtiment.

C'était une enquête en cours. Dans les journaux.

Pourquoi ont-ils fait ça ?

Pour moi, ces types ne pensent pas à long terme.

Deux balles dans le dos, une dans le visage.

C'est pas un pro, c'est pas précis.

DR ELIZABETH OLIVET PSYCHIATRE DE LA POLICE MARDI 10 AVRIL

Le but de notre rencontre...

n'est pas de "vous les briser", comme vous dites...

mais de vous aider à accepter la mort de votre équipier.

Je l'accepte.

Pan. Il est mort. Point final.

Et d'aider le policier en difficulté à faire son deuil.

Une fois pour toute, je ne suis pas "en difficulté", d'accord ?

Je suis bien vivant, j'enquête sur l'affaire.

Je suis catholique irlandais, j'ai fait mon deuil à l'enterrement.

Alors, il n'y a aucun problème.

C'est ça. Je peux y aller ?

Merci beaucoup. Mais je vais bien, vraiment.

Inspecteur ?

Vous connaissez les "sept étapes du deuil" ?

Non.

La première est le refus.

Je vais bien.

Mike ?

Tu connais Phil Cerreta du 39e ?

De nom. C'est lui qui enquête sur Max.

Je l'ai vu le soir du crime.

Il pensait travailler ici. Peut-être comme sous-chef.

Et alors ?

Il t'a demandé comme équipier. T'en penses quoi ?

Très bien. Peu importe. Je m'en fous.

Même grade que Max, le choix des affaires.

S'il vient, il amène l'assassinat de Max avec lui ?

- J'imagine. - Alors, je veux bosser dessus.

Mike, avant de te remettre sur le terrain, je dois être certain de ton objectivité.

- Que Cerreta dirige l'enquête. - Mike.

Je connais tout sur cette affaire. Moi seul peut interroger ces types.

Peu m'importe. C'est trop tôt pour le terrain.

Alors ?

Quoi ?

Comment tu te sens ?

Ça va.

BUREAU DU PROCUREUR BENJAMIN STONE - JEUDI 19 AVRIL Ya un seul nom qui pourrait coller.

"Magadan, Dan. Retraité du bâtiment" ? C'est possible.

C'est pas tout. Regarde son plan de retraite.

Trouve tout ce que tu peux sur lui.

Votre pension vous est versée à la section 139.

Difficile de croire que vous connaissiez...

aucuns de ceux menacés d'inculpation.

J'avais entendu parler de certains, peut-être. C'était que des noms.

Je les connais pas.

Vous connaissez quelqu'un qui les connaît ?

Pas que je sache.

Deux d'entre eux sont à la direction de la section.

Ça fait des années que je m'occupe plus de ça.

Ils ont ma pension, c'est tout.

Vous auriez quand-même pu en parler, ne serait-ce que par loyauté.

J'ai rien dit.

M. Magadan...

Il s'agit ni de loyauté ni de retraite.

Il s'agit du meurtre d'un homme qui avait 23 ans de service.

Il s'agit de sa femme et de ses enfants...

à qui il faudra des mois, voire des années...

pour accepter le fait qu'il n'est plus là.

On est pas là pour vous accuser. Nous voulons votre aide.

Nous devons savoir si vous en avez parlé.

Je jure que non. J'ai rien dit.

- Le Capitaine m'a dit qu'on faisait équipe. - Ouais.

Je suis désolé pour Max.

Ouais.

Écoute...

Phil.

T'es en charge mais, y'a quelques trucs.

Tu connais les acteurs de ce trafic de cuivre. J'ai besoin de toi.

- OK. - OK.

SALLE D'INTERROGATOIRE LUNDI 7 MAI

Toi, Stern, Neffer, vous étiez tous inculpés.

Et tu ne sais rien de l'agent spécial qu'on a jeté d'un toit sur la 48e ?

Tout le monde est au courant, mais je sais rien.

Réfléchis bien, Vince.

Parce que je te parie que ceux qui l'ont balancé...

sont ceux qui ont tué mon équipier, l'inspecteur Greevey.

J'vous jure, Inspecteur, je suis qu'un négociant.

- Il a l'air d'aller. - Ouais.

- Peut-être un peu trop cool. - Encore une tête brûlée ?

Encore un Irlandais. T'es maudit, Phil.

Max était pas exactement "M. Tout-doux".

Je les imagine ensemble.

Ils s'en tiraient pas mal.

Vous avez obtenu la liste des inculpés ?

Ouais, demain.

- Nous irons en voir un ou deux demain. - Bien.

Je retape les vieux immeubles.

Je me considère comme un conservateur de l'héritage architectural de la ville.

Vous êtes trop bon, M. Neffer.

Tu te sers de ça pour conserver ?

C'est qu'un tube. Que voulez-vous ?

Tout est clean, Howie ?

On raconte qu'il est volé.

Vous avez un mandat de perquisition ?

On va pas embarquer des tubes comme ça dans notre coffre.

Pas besoin de mandat de perquisition. C'est un mandat d'arrêt qu'on va ramener.

Dites-moi ce que vous voulez.

L'un des membres du jury n'a pas tenu sa langue.

Cette information a conduit à l'assassinat de l'équipier de l'inspecteur Logan.

Pourquoi moi ? J'y suis pour rien.

On sait que t'as fourni beaucoup de tubes au chantier de la 48e rue.

Tu sais, celui où on a tué l'inspecteur Janklow.

- Je suis pas mêlé à ça. - Qui alors ?

Demandez à Morgan Stern. Il m'a dit de...

Il t'a dit quoi ?

De pas parler de la fuite.

La balle est dans votre camp, M. Stern.

Je veux l'immunité pour tout ce qui est lié à cette affaire.

Où avez-vous obtenu ces renseignements ?

Vous avez dit aux inspecteurs Cerreta et Logan...

avoir demandé à Howard Neffer de ne rien dire sur la fuite.

Et on veut savoir d'où elle vient !

Alors, je veux l'immunité pour le vol du cuivre.

Continuez comme ça et vous la demanderez pour bien plus.

- Mon chef de projet. - Son nom ?

Magadan.

Magadan, le vieux ?

Non, son fils, Daniel Magadan Jr.

Le président du jury a parlé à son fils.

J'en crois pas mes oreilles.

M. Magadan, la raison du mensonge nous importe peu.

Dites-nous pourquoi vous avez parlé à votre fils de la mise en accusation.

Il a dit avoir un ami qui voulait savoir ce que la chambre déciderait.

Je lui ai dit de pas faire le héros.

Si son ami était mêlé à ça, c'était pas ses oignons.

C'est tout ?

J'ai dit que l'inspecteur Greevey allait donner des noms...

que je priais pour qu'il prononce pas celui de Magadan.

Où est votre fils, M. Magadan ?

Je l'ignore.

Je sais pas, je le jure.

- Écoutez, j'ai... - Deux minutes.

C'est les amis de Danny ?

Les types qu'il protège ?

S'il protège quelqu'un, c'est mal.

Vous savez que c'est mal.

Mon équipier est mort parce que vous avez parlé.

Je lâcherai pas l'affaire.

Quelqu'un doit faire quelque chose de juste.

Danny m'a questionné sur les mises en accusation.

Il voulait des infos.

Disait que c'était pour un ami.

C'était peut-être pas vrai.

- C'était peut-être pour lui. - Comment ça ?

Je sais pas.

M. Magadan, si vous dites que c'est votre fils qui l'a tué...

il aura tous les flics de la ville aux trousses.

Je suis sa meilleure chance.

Pour n'importe quel autre flic, c'est du 50-50.

Promettez de pas lui faire de mal.

Je le promets.

Eh, Danny... ?

Bouge pas !

Les mains sur la tête !

- "Max Greevey", ça te dit rien ? - Je sais pas de quoi vous parlez.

T'as balancé Janklow du toit, et tué mon équipier pour qu'il se taise ?

- Non. - Non ?

Non.

- À genoux. - Quoi ?

J'ai dit, à genoux.

Tu te l'es fait comme ça, pas vrai ?

Je le jure. J'ai tué personne.

Je te crois pas.

Je vais te le demander une dernière fois, "Danny boy".

Mon Dieu...

Pitié... !

Je l'ai fait, d'accord ? C'est moi.

Vous savez que vous avez droit à un avocat ?

Vous confirmez ne pas en vouloir ?

Ouais, j'ai compris.

J'ai déjà tout raconté à l'autre cinglé.

On va recommencer, pour le procès-verbal.

- Ça vous embête pas, M. Magadan ? - Non.

Dites-moi une chose.

Comment avez-vous eu l'adresse du Sgt Greevey ?

Une copine de mon cousin travaille à la mairie.

C'est pas si compliqué.

J'y suis allé et me suis garé devant chez lui.

Ensuite, vous êtes sorti de votre voiture, et l'avez tué. C'est exact ?

Pas tout à fait.

J'ai dû attendre plusieurs heures.

Et quand il est sorti, je me suis jeté sur lui...

Avec l'intention de le tuer ?

Pas forcément.

Je pensais peut-être pouvoir lui faire peur, vous savez ?

Ou menacer sa femme si je pouvais l'approcher seule.

Pourquoi avez-vous changé d'avis ?

Je sais pas.

Quand il est sorti... Il était là...

devant moi.

J'ai perdu la boule.

Vous avez dit que le revolver n'était pas à vous.

Il appartient à l'entreprise de bâtiment.

Je possède une clef du camion.

- C'est là que se trouve l'arme ? - Ouais.

Dans le mille.

Où est-il, exactement ?

Vous le voulez sur un plateau d'argent ou quoi ?

Bon boulot.

Je veux une copie de cette confession.

Il faudra donner tous les détails devant le juge.

Tu sais comment ça se passe. Mandat de perquisition...

C'est dans la boîte à outils...

avec les outils et tout ce genre de trucs.

Mike...

C'est comme si tu l'avais pris en flagrant délit.

Ouais, j'imagine.

Tu veux le lire avant que je le donne ?

Juste pour être sûr qu'il y a bien les points sur les "i".

- Je suis sûr que ça va. - Net et sans bavure...

Je suis ton correcteur maintenant, Phil ?

C'est que... si tu lui avais forcé la main...

il vaudrait mieux l'apprendre avant que son avocat débarque.

C'est lui qui a dit ça ?

Quelque chose comme ça.

Il a des bleus, des marques ?

C'est pas ça.

Il a dit que t'as menacé de le tuer.

Il a dit ça ?

Un tueur de flic ?

Tu penses que je l'aurais tué, Phil ?

J'en sais rien, Mike.

Je sais pas ce que t'as dans la tête.

Je te connais pas assez.

C'est vrai... tu me connais pas.

"Ou menacer sa femme".

Dommage qu'il l'ait pas fait. Marie l'aurait mis en compote.

- Ça c'est sûr. - Ça va, vous deux ?

Ouais. C'est un bon petit. L'arrestation est sans tâche.

On a gagné des centaines de cas.

Phil, ça suffit. Que se passe-t-il ?

Et si Logan avait été trop loin ?

- De beaucoup ? - De quelques mètres.

J'allais même pas en parler...

mais apparemment, peut-être, il allait lui faire sauter le caisson.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Magadan dit que Logan le menaçait de son arme.

Mike pouvait croire qu'il était armé. C'est le type qui a tué son équipier.

C'est normal qu'il ait l'arme en main.

Il faisait sombre.

Il faut faire attention.

Que vas-tu faire ?

Mike ?

T'as rien à me dire ?

Si.

J'ai eu l'assassin de Max.

Allons chercher un mandat...

avant que ce foutu flingue disparaisse dans la nature.

CHANTIER DES TOURS DE YORKVILLE MERCREDI 16 MAI

M. Stern, nous avons un mandat pour fouiller cet endroit.

Si le policier s'est servi de son arme pour obtenir des aveux...

Ces allégations de menaces n'ont rien à voir avec la caution.

Si vous croyez que les aveux ont été obtenus sous la contrainte...

demandez-en la nullité.

Le dossier de l'accusation semble bien ficelé.

Confessions faites au commissariat, arme du crime retrouvée...

preuves concordantes. Liberté sous caution refusée.

Très bien, votre Honneur.

L'aide juridictionnelle n'est là que pour la mise en accusation.

Je suis sûr que son avocat déposera une mention...

contestant une confession obtenue sous la menace d'une arme.

Et l'accusation y répondra.

Suivant la loi de procédure pénale, section 51040...

la demande de mise en liberté de l'accusé est refusée.

Numéro de registre 64788.

Paul.

Dave, l'arroseur arrosé, on me l'a fait mille fois.

C'est pas un tuyau d'arrosage, c'est un 38mm, spécial police.

Vous y croyez ?

J'entends ça tout le temps.

J'ai rien à gagner.

Dès que son avocat de luxe débarque, je disparais.

Mais pour moi, ça tient la route.

Et si c'est vrai, vous êtes dedans jusqu'au cou.

Tout à coup, cet inspecteur se jette sur moi.

J'essaye de rester cool...

parce que, pour moi, il est pas net.

Pourquoi pensez-vous ça ?

Parce qu'avant que je dise quoi que ce soit...

il me colle son flingue là.

Il me demande si j'ai tué le gros flic.

Je réponds pas.

Je l'entends relever le percuteur.

Click... click...

Ni plaie, ni bosse. Aucune trace.

Tu te mets à table.

Vous savez déchiffrer un casier judiciaire, non ?

Cinq arrestations, trois condamnations.

T'es un loser. Et alors... ?

Je plaide non-coupable.

Ya deux ans, j'suis arrêté dans le New-Jersey.

Un semi-remorque de micro-ondes a disparu.

Le sergent m'a interrogé avec son cigare.

J'ai rien dit.

Mais ce fils de...

et ce son...

"click".

Il a embarqué le gars...

Cerreta lui a dit ses droits, il a confessé.

Ça répare pas les dégâts.

Quels dégâts ? Vous étiez-là vous-même !

- Yavait rien de louche. - Pas pendant l'interrogatoire.

Je peux en placer une ? On parle de l'allée, non ?

Quelle différence ? Il a signé des aveux.

J'ai l'impression qu'on sait pas toute la vérité.

- Eh bien, Mike ? - Quoi ?

Je lui ai demandé pour Max, il a confessé.

Vous l'avez aidé ? Répondez.

Ce que je vous demande, Inspecteur...

c'est si vous avez menacé M. Magadan pour obtenir des informations ?

- Je lui ai mis la pression, OK ? - Mike.

C'est quoi tout ça ?

Je vais pas rester les bras croisés et laisser filer l'assassin de mon équipier.

D'une manière ou d'une autre, c'est ce qui arrivera.

Si les premiers aveux sont obtenus sous la contrainte...

ça vaut aussi pour les suivants...

peut importe que vous lui ayez dit ses droits.

Tout est une question de point de vue.

Mon homme n'a pas levé la main sur cet enfoiré.

Peu importe. S'il a forcé les premiers aveux...

ça reste "un fruit de l'arbre empoisonné".

Quel fruit ? Un vice de forme ?

Vous devriez expliquer ce concept à vos hommes...

pour qu'il laisse plus échapper de tueurs de flics.

Max Greevey n'aurait pas vu ça comme ça.

Stone juge que vous seriez responsable si Magadan s'en sortait.

Vous croyez que c'est juste ?

Non. Mais je me fous de ce qu'il pense.

- C'était pas ma question. - Ah bon ?

Ce que je vous demande, c'est si vous croyiez qu'il a raison.

Si je me sens responsable de la mort de Max ?

Peut-être que si je l'avais raccompagné...

il ne serait pas mort.

Peut-être aurais-je dû me prendre cette balle.

Non, je me sens pas responsable.

Je suis terriblement...

en colère.

C'est l'une de vos "sept étapes" ?

Super.

Ceci est une déclaration que l'inspecteur Logan...

remet volontairement aux enquêteurs de l'Inspection Générale des Services.

Prenez-en connaissance, M. McAnally, et conseillez votre client.

Que va-t-il faire en attendant que tout ça soit résolu ?

Travailler au bureau. Et il doit prendre des vacances.

Vous croyez pas que je vais le laisser signer ça ?

Je dois en parler avec lui.

C'est quoi ça ? J'assiste à mon propre enterrement ?

- "Pauvre Mike. Il a l'air si vivant". - Calme-toi, Mike.

Pour quoi faire ? Vous agissez comme si c'était moi qui était mort.

"Menaçant".

Vous m'inculpez d'un délit de classe B ?

Vous n'êtes pas encore inculpé...

mais je vous suggère de parler à votre capitaine...

des risques de perdre votre retraite et votre insigne...

ainsi que d'un procès d'un million de dollars...

pour avoir violé les droits civiques de M. Magadan.

Ses droits civiques ?

Et ceux de Max, alors ?

Dans ce cas, la fin ne justifie pas les moyens.

Bien sûr que si, et vous le savez.

Vous le savez parce que vous faites la même chose chaque jour de la semaine.

Vous les menacez de les mettre à l'ombre...

de révéler leurs petits secrets à leur femme ou leur patron.

Vous menacez de ruiner leur vie pour obtenir ce que vous voulez.

Pas avec une arme. C'est une grosse différence.

Mike, je suis votre avocat, je vous déconseille de signer.

Pourquoi pas ?

C'est la vérité.

Heureusement qu'on est pas à Los Angeles.

Tout le monde a une caméra, là-bas.

Ça sert à quoi ? Il lui a rien fait physiquement.

Au pire, il l'a menacé. C'est un délit de classe B.

Ça torpille notre dossier.

Je l'inculperais de mise en danger de la vie d'autrui si je pouvais.

J'y ai pensé. Mais son équipier a été tué.

Aucun jury le condamnerait.

On peut pas dire que les aveux ont été obtenus sans contrainte ?

- Avec un flingue sur la tempe ? - On le suspecte d'avoir tué un flic !

- Si Logan avait vu une arme... - Adam, il était pas armé.

On n'a rien. Chaque preuve, chaque déclaration est entachée.

On n'a rien.

Un type tue un flic, on l'arrête... et on peut pas conclure.

Tu parles d'un système.

Parlez à Logan. Magadan a pu dire quelque chose...

avant qu'il dégaine son P38.

Son père m'a dit où le trouver. Je l'ai pris par surprise.

Ça n'a pas changé depuis hier, Paul.

On est de ton côté.

Et l'enquête initiale ? On peut pas l'avoir pour autre chose ?

Le nom de Magadan n'apparaît nulle part.

Le patron de la société est dans les cordes.

On peut rien en tirer ?

Morgan Stern était un gros bonnet du trafic de cuivre...

mais on n'a rien sur lui.

On attendait que le juge Merlis délivre des mandats de perquisition...

pour une demie douzaine de chantiers.

Ils sont toujours pas signés ?

Ils devaient l'être le jour de la mort de Max.

T'es peut-être vraiment un héros.

C'est ça.

On discute sur des "si"... De gros "si".

Non, on parle de fatalité.

Ces mandats non signés sont recevables pour l'enquête de mise en accusation.

S'ils avaient été signés, Cerreta et Logan...

auraient pu s'en servir pour saisir le pistolet.

Ce qui rend inutiles les mandats obtenus grâce au témoignage.

On aurait de toute façon trouvé le pistolet.

Il va falloir être convaincants.

Le calendrier est contre nous.

On a un juge intraitable. On a de l'eau jusqu'au menton.

Alors, il faut nager.

On a le choix ?

Non.

CABINET DU JUGE MANUEL LEON LUNDI 5 JUIN

Le pistolet est le fruit de ces aveux.

Il n'est pas recevable.

Une preuve suspecte est admissible...

si elle aurait pu être trouvée par d'autre moyens policiers.

Et le Quatrième Amendement n'existe plus ?

Il s'agit d'une exception à la règle d'irrecevabilité.

Les enquêteurs avaient demandé le mandat...

dans le cadre de l'affaire de corruption...

et avant que l'inspecteur Greevey soit tué.

- Il a jamais été signé. - Il l'aurait été, c'est sûr.

C'est particulier. Exclusivement pour le cash et les armes.

- Nous aurions quand même trouvé l'arme. - Votre Honneur, c'est tiré par les cheveux.

Cette preuve est irrémédiablement souillée par les aveux forcés.

Il essaye de passer par la fenêtre.

La position de la Cour Suprême...

sur les mandats est plus lâche que jamais.

D'après le récent arrêt "Fulminante"...

Le pistolet est une preuve recevable.

- Votre Honneur ! - Mais...

à la moindre mention de la confession de M. Magadan...

je déclare le non-lieu avant même que M. Lambrusco ne pense à dire "objection".

Compris ?

Nous avons appris que l'arme se trouvait dans un camion...

sur un chantier situé sur la 51e rue.

- Vous aviez un mandat ? - Oui.

En arrivant, nous avons bien trouvé l'arme dans le camion.

À qui l'arme appartient-elle ?

À Morgan Stern, l'employeur de l'accusé.

Le permis limite l'usage de l'arme au périmètre du chantier.

Pour des raisons de sécurité, je présume ?

- J'imagine. - Merci. Pas d'autres questions.

Revenons à ce fameux revolver, Inspecteur.

Votre témoignage dit que...

M. Magadan ne l'avait pas sur lui lors de l'arrestation.

C'est exact.

Avez-vous trouvé une autre arme sur M. Magadan ?

Non, il n'avait pas d'arme.

Au moment où vous avez appréhendé M. Magadan dans cette allée...

vous le considériez comme un témoin ou un suspect ?

Je ne l'ai pas arrêté tout de suite.

Mais vous l'avez fait...

quelques instants après, n'est-ce pas ?

En effet.

J'étais sur le site, je vérifiais des factures.

Danny est arrivé, étonné de me trouver là.

Il avait l'arme avec lui en arrivant ?

Il faisait sombre...

mais il semblait cacher quelque chose.

Pouvez-vous décrire ce que c'était ?

Il semblait évident que c'était un pistolet.

M. Magadan a dit quelque chose ?

Il était en sueur, l'air agité.

Je lui ai demandé ce qu'il avait, il m'a dit, "la chambre d'accusation".

Il avait peur qu'ils enquêtent sur la mort de l'inspecteur Janklow.

Objection ! Rumeurs !

Déclaration d'intérêt judiciaire, votre Honneur.

- Rejetée. - Qu'a-t-il dit d'autre ?

"J'ai réglé notre problème avec la chambre d'accusation".

Objection, votre Honneur. Rumeurs.

Rejetée. Pour les mêmes raisons.

Le témoin est à vous.

Vous n'avez pas vraiment vu Magadan avec une arme, ce soir-là ?

- Non, j'ai dit que c'était évident... - Est-ce vrai que vous étiez...

l'une des cibles de ces investigations secrètes, M. Stern ?

- Je l'ignore. - Ah, bon ?

N'avez-vous pas passé un marché avec le procureur ?

L'immunité contre ces accusations...

en échange de votre témoignage contre M. Magadan ?

Oui, oui.

En d'autres termes, avant cet arrangement avec le procureur...

vous aviez autant de motifs que M. Magadan...

de vouloir empêcher l'inspecteur Greevey de témoigner.

Je n'allais pas tuer un flic.

C'est votre arme ! Vous y avez accès.

Et vous avez certainement eu l'occasion.

D'après votre témoignage, M. Magadan aurait dit...

qu'il avait réglé "votre problème avec la chambre d'accusation"...

le vôtre autant que le sien. N'est-ce pas exact ?

J'ai pas tué ce type. Tout le monde sait que Danny a avoué.

L'équipier du flic l'a menacé de son arme et il s'est affalé.

Je demande l'annulation de procès.

Peut-on suspendre l'audience ?

L'audience est suspendue.

Que se passe-t-il ?

C'est sa question qui a provoqué la référence aux aveux.

Et votre témoin !

Vous insinuez qu'on lui a dit de faire ça ?

C est trop tard maintenant.

Assez d'effets de manche. Que dit la Loi ?

Et soyez brefs, messieurs.

Ce que la Cour Suprême a récemment dit dans l'arrêt Fulminante est pertinent.

Oui, les aveux ont été forcés.

Oui, le jury a entendu.

Non, on n'est pas forcé d'annuler l'affaire.

Alors l'arrêt Fulminante nous replonge au moyen-âge ?

Que voulez-vous ?

Qu'un malade dans le Milwaukee avec des restes humains dans son frigo...

s'en sorte parce qu'un flic l'a bousculé ?

Ce n'est pas pertinent, et vous le savez.

Mais si ! La décision de la Cour Suprême est fondée sur la croyance...

qu'un jury peut ignorer certaines remarques.

Vous l'avez dit vous-même.

"À la moindre mention de la confession, je déclare le non-lieu".

- Et ça valait pour nous deux. - Je sais ce que j'ai dit, messieurs.

Et je connais la Loi.

Assez pour aujourd'hui.

J'aurai pris ma décision demain matin.

COURT SUPRÊME - SESSION 43 VENDREDI 29 JUIN C'est ma décision, Maître.

C'est une condamnation assurée. Pourquoi donc ?

Pourquoi donc suivre les directives...

de la Cour Suprême des États-Unis ?

Ces directives violent le droit de mon client de ne pas s'incriminer.

Le non-lieu assuré de l'an passé n'est plus qu'une simple erreur.

La Cour Suprême s'est exprimée, M. Lambrusco.

Désormais, c'est la Loi.

Au fond, Maître...

En plus de ce que l'accusation prouvera...

votre client est tombé au mauvais moment.

La motion de la défense est rejetée.

Merci, votre Honneur.

Donnez-moi 10 minutes, et faites revenir le jury.

Le monde de Daniel Magadan...

a des règles simples.

On achète trois chargements de ciment...

on en paye deux.

Un honnête enquêteur découvre votre système...

de malversations et de pots de vins...

et vous le faites plonger de 60 étages sur la 48e rue.

Un policier va témoigner contre vous...

vous l'abattez de trois balles.

La Loi aussi obéit à des règles.

Pas simples, mas également sans équivoque.

Vous tuez un flic, vous allez en prison.

Vous n'en sortez pas.

Levez-vous. L'audience du juge Manual Leon est ouverte.

Asseyez-vous.

Techniquement, M. Magadan...

vous êtes reconnu coupable de l'assassinat...

d'un policier dans l'exercice de ses fonctions.

La peine de mort ayant été jugée inconstitutionnelle...

par la cour d'appel d'Albany...

je ne peux pas vous condamner...

à la peine que vous méritez.

La cour vous condamne...

à la réclusion à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 25 ans.

L'accusation a demandé les plus strictes limitations...

à toute possibilité de libération anticipée.

Je suis entièrement d'accord avec eux.

Peut-être que la perpétuité n'était pas assez.

C'est ce que dit la Loi.

Je peux vivre avec.

Je sais que j'ai été trop loin.

Je m'en suis voulu, un moment.

Même si j'essayais de me justifier.

Je dois trouver le moyen...

de me pardonner.

L'acceptation, Logan. C'est le...

Le dernier stade, c'est ça ?

Max est mort.

Je sais ça.

Mais je l'accepterai jamais, vous comprenez ?

Cette histoire est fictive et ne dépeint aucune affaire réelle.

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