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C'est encore de la viande de cheval ?
Faut que tu manges.
T'es enceinte, il faut que tu prennes des forces.
Ça a un drôle de goût.
Tu sais cette nuit,
j'ai eu mal au ventre.
Ça a pas arrêté de bouger, ça m'a fait tout drôle.
Encore, encore, encore, encore, encore, encore !
Allez, poussez !
Voilà !
Alors, il est comment ?
C'est une fille.
Une fille ? C'est ta fille !
Quoi ? Répète ?
C'est ta fille à toi. Moi je ne l'ai jamais voulue.
Excuse-moi.
Je m'en vais, je te laisse Cynthia.
Ne me cherche pas, c'est trop tard.
Au pas, au pas, au pas.
Au trot, au trot, au trot.
Le temps passe trop vite quand on travaille.
Tous les jours la même boucherie, les mêmes gestes, et les mêmes clients.
Et les années passent sans qu'on ait eu le temps de les compter.
Allez, viens !
C'est ainsi que ma fille a grandi, dans le silence,
sans que je puisse dire comment.
Et puis en quelques mois Cynthia est devenue jeune fille.
Elle a pris des formes.
Ça m'a fait bizarre...
Réveillez-vous ! Oui, vous !
La lumière, elle est ici !
Dieu le veut !
Je le veux, vous le voulez !
Elle est là ! Là ! À l'intérieur ! Sous votre peau !
Au fin fond de votre chair !
Et vous le savez ! Elle était là bien avant vous !
Et elle vous attend à l'autre bout d'un tunnel !
Il va falloir encore que je paie la bonne aujourd'hui.
Puis France chevaline.
À ce soir.
À la banque ils ne me font plus confiance.
Au moins si j'arrivais à refiler les boudins...
Oui.
Je vous retrouve ce soir à la boucherie ?
Bonne journée !
Quand je pense que je laisse ma fille toute la journée avec cette conne...
Je suis sûr qu'elle marche au Valium.
Ou peut-être pire.
Qui sait ?
Qu'est-ce que tu lis de beau ?
Au parc de la Courneuve,
y'a des types qui ont placé des lames de rasoir sur les toboggans
pour que les gosses se coupent les fesses...
Putain...
Tous les matins c'est pareil.
La même rue, les mêmes crétins,
les mêmes histoires,
les mêmes cafés.
Et la même grosse
qu'un de ces jours je vais finir par baiser...
Allez, viens !
Il est six heures.
Et voilà !
Vous êtes sûr que la viande de cheval n'est pas une viande grasse, hein ?
Ah bah absolument !
C'est la seule qu'on puisse manger crue,
sans risquer d'attraper ni la tuberculose, ni le ténia.
Et puis alors moi je mange que ça, alors c'est bon hein...
Messieurs-dames.
À demain !
À demain.
Ma fille !
Très jolie.
Allez, au revoir ! - Allez, au revoir !
Bon, je vais faire des steaks pour ce soir alors.
Alors qu'est-ce que t'as fait aujourd'hui ?
T'es restée à la maison ?
Tu manges pas ?
Faut que tu manges, Cynthia !
Faut que tu prennes des forces.
T'as grandi encore, non ?
Allez !
Tiens, mange au moins ce morceau-là.
Pour me faire plaisir !
Elle est bonne !
Ça coûte cher, tu sais ?
Allez !
Tu manges ?
T'es énervante, hein !
Je te détruirai avec ce poignard, Lucifer !
Je te décapiterai ! C'est moi, la Carne !
Je te le dis.
Bonsoir !
Pauvre type.
C'est trop tard !
Vous ne quitterez jamais ce cercle éternel
de vies obscures,
de mort noire, et de réincarnations malheureuses.
Ouvrez les portes de votre coeur !
Maintenant ! Mais non !
Vous avez peur, vous avez peur de la lumière.
C'est cela qui vous fait vivre dans la pénombre.
Tourne-toi un peu.
Avance là-bas.
Putain !
C'est pour cela que vous êtes né une nouvelle fois.
Et si au cours de cette vie vous ne retrouvez pas la lumière,
ce sera encore une vie de perdue !
Vous mourrez !
Et tout recommencera.
À l'infini.
Jusqu'à la fin du monde.
Tiens.
Ses jambes sont en train de changer.
Normal.
Sous cette peau, sous cette chair, coule le même sang que dans mes veines.
Et ça fera un jour une femme.
Une vraie femme.
Avec mon sang et ma chair.
Qui sait ?
Non...
Je ne veux pas.
Tu veux monter sur le cheval ?
Qu'est-ce qu'il y a, ça va pas ?
Ho, ho ?
Tu veux faire un tour ?
Bon, ben j'y vais. Salut...
Boucher, j'ai trouvé ta fille dans le trou avec l'ouvrier,
je sais pas ce qu'il lui a fait.
Je vais le tuer...
Je vais le tuer !
Il avait pas le droit.
Non, il avait pas le droit.
Je vais le tuer, celui-là!
Pas avec ma fille.
Il va crever, ça c'est sûr, il va crever.
Et je sais comment.
L'enculé, je vais le saigner !
Je vais vraiment le saigner...
Le voilà, il attend...
Il fait semblant de rien, comme si j'étais con...
Il va se faire passer pour une victime ! C'est un malin !
On donne toujours raison aux victimes...
Du calme, il faut réfléchir...
Voilà, ça y est, ça gicle !
Mais le sang ne m'impressionne pas, non...
Il croit qu'il va se tirer ? Mais je rêve !
À l'orphelinat, on m'avait déjà appris la loi du plus fort.
C'est par la force que j'ai gagné du territoire...
Mais des fois, ça ne suffisait pas de montrer mon poing,
Il fallait sortir le canif...
Devant le couteau, on incline la tête, c'est ça...
C'est bien ça qu'ils m'ont dit ! Mais des fois, j'ai été trop loin...
Je hais la violence... Personne ne l'aime.
Mais il faut en passer par là...
Arrête ! C'est pas lui !
Mais pourquoi est-ce qu'il ne veut pas mourir ?
Quoi, il a peur ?
De toute façon, il y passera.
C'est écrit sur sa gueule !
Pourri !
Y'en a pas pour longtemps...
Je reviendrai, tu verras...
On recommencera...
Suivez-nous !
Et sa fille ?
Ne vous en faites pas.
On appellera l'Assistance publique.
Je ne vous cacherai pas que votre affaire est assez difficile à plaider.
Vous avez brutalement agressé un homme innocent,
Cette personne se trouve actuellement handicapée et...
peut-être dans une incapacité de travail pour plusieurs années...
Je vous assure que pour éviter une trop lourde peine,
vous avez tout intérêt à accepter de payer les dommages et intérêts.
Ouais, mais j'ai pas d'argent moi.
Il vous reste votre boutique et...
votre appartement.
Si je vends la boucherie et l'appartement...
J'ai plus rien !
Écoutez, si vous préférez...
courir le risque d'une peine de 2 ans, 3 ans, peut-être plus,
c'est votre affaire...
Alors,
vous signez ?
Oui...
On va... enfin bientôt...
... me libérer.
Je... voudrais tant...
... te serrer... dans mes bras...
Mais ça nous... ferait... trop de mal.
Tu es tout ce que je possède...
Je t'embrasse, ton père.
Il fait chaud ce soir, hein ?
Je peux ?
T'en as pris pour longtemps ?
Tu veux pas parler ?
C'est pas grave...
À bientôt, Gérard.
Courage !
Quand même, il était temps de partir...
La taule, ce n'est pas très sain.
Ça change n'importe qui.
Ça y est, tout est fini.
Je suis dehors.
Dehors.
Mais je sens les yeux de Gérard sur ma nuque...
Il me reverra plus jamais.
Je suis pas pédé.
Non.
Je vais tout effacer.
Plus de passé.
Plus de dettes envers personne.
Je vais d'abord me payer un café.
Un café, oui.
Un café au café de Paris.
C'était le boucher d'en face... Il a morflé, le pauvre...
Ma chérie, excuse-moi si je ne suis pas encore venu te voir,
Mais j'ai des bonnes nouvelles...
Salut, Boucher !
Je me suis remis à travailler, et la boucherie tourne bien.
Si je mets assez d'argent de côté,
on pourra partir tous les deux dans un endroit propre.
Peut-être à la montagne.
À part ça, la vie est sans surprise...
Ho ! La patronne elle te tient par les rênes maintenant, hein !
Laisse-le, il est au chômage...
Ben, dites donc !
Vous avez vu qui c'est qui a repris la boucherie maintenant ?
Je suppose que tu as encore grandi.
Moi, je suis toujours pareil...
Pourquoi je les buterais pas tous ?
Et ceux-là qui se foutent de moi.
Et ce pourri d'Arabe qui m'a volé la boucherie.
Je sais pas.
Ça sert à rien d'être bon.
C'est toujours les pourris qui gagnent.
C'est comme ça.
Je ne sais pas comment je vais faire.
Mais cette fois je n'irai pas en taule.
Non.
Je me démerderai pour me faire du fric, et récupérer ma fille.
Je devrais lui écrire...
Peut-être qu'ils essayent de la faire parler.
Tiens, qu'est-ce qu'elle me veut encore ?
Un autre coup de serpillère ?
Du calme...
Du calme...
Elle veut juste téter...
Téter de ma bouteille...
Mais oui, c'était ça.
C'est ma bite qu'elle veut.
Touche...
Touche...
Pense à Cynthia.
Cynthia...
Je suis impatient de venir te chercher.
Dis-moi comment tu vas.
J'espère qu'on te laisse regarder la télé, et qu'ils s'occupent bien de toi.
Je... t'embrasse...
Pourquoi tu lui écris ?
Je croyais que tu voulais l'oublier ?
Tu sais pas ce que tu veux.
Encore une qui veut se faire frapper ?
Pourquoi est-ce que je ne tombe que sur des cinglées ?
C'est peut-être que les bouchers attirent les masos...
Mais celle-là avec tous les coups qu'elle réclame...
Elle va finir pire que ma table de boucherie...
Je suis son employé.
Il y a bien deux choses que je ne pourrais pas lui refuser.
La première, c'est un coup de trique.
La deuxième, c'est un coup de poing...
Du calme...
Tu sors l'engin, tranquillement,
et tu la bourres.
Oui.
Tu la bourres bien fort...
C'est ce qu'elle veut.
Non...
Tu sais, je ne saigne plus.
Quoi ?
Je crois que je suis enceinte.
Et alors ?
Je peux vendre le café, racheter une boucherie ailleurs ?
Et pourquoi faire ?
Pour repartir à zéro.
Tous les deux.
Et Cynthia ?
Tu lui diras la vérité.
Il est possible que j'aille à l'étranger pendant quelques temps...
Alors il faut absolument que je lui parle avant de partir.
Vous savez bien pourquoi on vous a interdit de la voir ?
Y'en a pas pour longtemps.
Tu...
Tu m'en veux pas ?
De toute façon je...
Je reviendrai.
Ça suffit. Suivez-moi.
Je sais que tu n'es pas tout seul !
Je sais que tu veux répandre une épidémie sur ce monde...
Tu m'entends, Lucifer ?
Mes amis... Les portes de l'Enfer se sont ouvertes...
Les diables ont envahi le monde !
Aidez-moi !
J'aurais tellement aimé qu'elle m'appelle "papa",
au moins une fois dans ma vie.
Mais non. Tout ce que j'aurais aimé dans la vie, je ne l'ai jamais eu.
Pas de mère, pas de femme.
Et même ma fille, je ne l'ai pas vraiment eue.
Mais elle, je l'ai aimée.
C'était la chair de ma chair.
Le sang de mon sang.
Et maintenant, il me reste plus qu'à m'installer dans un bled pourri
avec cette grosse salope.
Elle, elle l'a eu, ce qu'elle voulait.
La même chose que toutes les femmes, d'ailleurs.
Un bébé qui lui pompe les seins, qu'il grandisse,
et la protège jusqu'à la mort.
C'est tout con à faire,
et ça leur donne l'impression que leur vie a un sens,
comme si la vie pouvait avoir un autre sens que sa propre survie.
Le monde, c'est chacun pour soi.
Un type tire sa trompe,
et pour un orgasme de neuf secondes,
son enfant doit morfler pendant 60 ans.
Mais la grosse, est-ce qu'elle se rend compte
que l'existence de son enfant sera encore plus nulle que la sienne ?
Sûrement qu'elle a calculé que ce bébé lui torchera le cul
quand elle sera vieille.
C'est sûr que c'est pas moi qui vais lui tenir la main dans son lit de mort.
Oh non...
Mais moi, je vais lui pomper le cul.
Je vais le lui ramoner tellement fort qu'elle va faire une fausse couche.
Oui.
Si je l'encule assez fort,
je pourrais épargner à un innocent 60 ans de calvaire.
Voilà ma mission dans ce monde.
Sauver cet avorton qu'elle veut faire pousser dans ses tripes.
Je l'encule.
Je vais tous les enculer.
Encore plus fort qu'ils ne l'ont fait.
Alors, elle veut pas crier ou quoi ?
Je vais te la faire crier, moi.
Crie, vas-y, crie !
Espèce de lâche !
Crie ! Crie !
La moutarde !
La tomate.
La tomate !
La harissa.
Le houmous !
Le houmous.
La moutarde.
Étagère.
La harissa.
Sous-titres : Gromanito
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