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- C'est pas moi dans la vidéo. Tu me crois pas?
Je le vois dans tes yeux, tu me crois pas!
- Est-ce que Efek a encore ton avatar?
- Est-ce que Manu est ici? - Il est avec Dom.
Je sais pas ce qu'ils ont à faire en ce moment,
mais visiblement, c'est plus important que de travailler.
- Merci, Bashir! - C'est le gars qui s'est fait enlever ça?
Vous me jouez dans le dos puis vous détournez du stock de Efek!
Il est-tu mort, ce gars-là? - Sûrement.
Sinon, ils se donneraient pas la peine
de me donner 10 M$ pour faire sa vidéo.
- J'ai rendez-vous avec Stéphanie Parent-Sirois.
- Puis qu'est-ce qui vous amène aujourd'hui?
- Un souci dont j'aimerais bien me débarrasser.
Merde!
- Si les agents de l'Émirat du Golfe
arrivent à m'exfiltrer,
ils vont certainement communiquer avec toi
pour te forcer à venir me rejoindre là-bas.
- Daji Saeed, il a laissé
une sorte de témoignage vidéo à sa fille.
Elle m'a laissé une copie du témoignage.
- Il y a une heure et demie de vidéo de Daji Saeed là-dessus.
Personne peut jamais savoir que vous avez ça.
Avant, vous me dites c'est qui qui a commandé le deepfake de ma mère.
- Tu me donnes la clé USB, on fait leur ostie de deepfake puis...
dans deux semaines, quand on va avoir effacé toutes les traces,
puis qu'on n'aura plus les Émirats au cul,
je te jure que je vais te dire
qui a commandé le deepfake de ta mère.
Tu iras voir la police avec ça, je ferai de la prison, je m'en câlisse,
tout ce que je veux, c'est rester en vie
puis retrouver Will s'il est pas déjà trop tard.
- Non. Vous me dites c'est qui tout de suite,
puis c'est moi qui promets de pas aller à la police
tant que vous avez l'Émirat au cul.
C'est qui?
(musique intrigante)
- T'aimeras pas le nom que je vais te donner.
(musique dramatique)
(bips)
- Je retourne à la maison demain.
- Attends. Deux secondes, maman.
Il y a...
- Bien voyons, qu'est-ce qu'il y a?
- Avant, il faut... il que je te montre une vidéo.
- C'est une vidéo d'avant ton accident.
La personne qui a fait circuler la vidéo, elle te voulait du mal.
Je peux pas te dire c'est qui en ce moment, mais...
t'avais raison.
Là, c'est important que tu comprennes que c'est...
c'est pas vraiment toi sur la vidéo, OK?
(musique de tension)
(indicatif musical)
- As-tu des enfants?
Leur garderie, leur école, leur prison,
as-tu une idée de combien ça nous coûte, ça?
- Je sais qu'on dirait que c'est toi là, mais...
- C'est certainement pas les pinottes
que tu paies en taxes qui paient pour tout ça?
- Voyons? Pourquoi j'ai dit ça?
- Hé, on l'a-tu l'affaire? On accueille une gang de sous-scolarisés
qui siphonnent l'État.
Non, mais ç'a pas de bon sens, là! J'ai...
- Non, maman. C'est ça que je t'explique.
C'est pas toi sur la vidéo.
- Le pauvre homme que j'insulte comme ça, là!
- Non! C'est des images qui ont été fabriquées.
- Non, non, non.
Non, ça me revient!
Ça me revient. Je... Je m'en souviens.
Je me souviens du taxi, je me souviens du chauffeur de taxi,
je me souviens de la banquette...
- Non, maman. Maman, ça se peut que t'aies des souvenirs,
OK, tu l'as vu cent fois, cette vidéo-là.
OK, ça se peut que ça te sonne des cloches.
Mais ils ont utilisé d'autres images de toi!
C'est un deepfake! C'est un hypertrucage.
- Arrête! Arrête! Arrête!
(respiration saccadée)
Tu... Tu peux pas dire que c'est pas moi!
- Non, maman... - C'est moi!
C'est difficile en ce moment, OK?
Joue-moi pas dans la tête, s'il te plaît.
- Maman, il faut que tu me croies, que ce que je te...
- Stéphanie, s'il te plaît, OK!
J'ai tellement honte.
(soupir)
Ah que j'ai honte!
(sanglots)
J'aimerais ça rester toute seule, OK? S'il te plaît!
(soupir)
(ding-dong!)
- Bonsoir, est-ce que M. Martin est là?
- Le propriétaire? - Oui.
- Non.
- Il vous a pas averti?
- De quoi? - Euh, mon fils est décédé.
Je dois, je dois rentrer d'urgence à Paris cette nuit. Je devais...
- Excusez-moi, monsieur, je suis désolé pour votre fils
là, mais pourquoi vous me racontez ça?
- Excusez-moi. Je suis le nouvel acheteur.
- Attendez là. L'immeuble est à vendre, là?
- Ah non, non, plus maintenant. Mon offre d'achat a été acceptée.
Simplement, je devais... visiter votre appartement pour finaliser.
Je sais pas ce que M. Martin fabrique.
En plus, si ça continue, je vais rater mon avion.
Euh, écoutez, ça vous embête si je jette un coup d'oeil sans l'attendre?
- Non. Il est pas question, là. Ça prend un préavis.
On débarque pas chez les gens comme ça, là,
surtout pas à 9 h le soir.
- Je comprends. Vous avez raison. Vous avez raison.
- OK... Entrez.
- Ah, merci!
- T'es un ostie!
- Arrête, papa! Arrête!
- Ostie d'hypocrite! Tu nous prends vraiment pour des caves, hein?
- Oblige-moi pas à te faire mal!
(ouverture de porte)
(glissement de fermeture éclair)
(musique de tension)
- Vous vous êtes battus? - Non. Pas du tout. C'est...
C'est un petit accident bête. J'ai perdu l'équilibre, puis...
- Ah oui, puis j'ai renversé la lampe en l'aidant à se relever.
- Tu t'es pas fait mal? - Non, non.
J'ai été chanceux. Salut.
- Salut, papa!
- Bonne soirée.
- Le deepfake de maman.
Pourquoi t'as fait ça?
Prends-moi pas pour une conne.
Je sais que c'est toi qui l'as fait faire.
Pourquoi?
(petit rire)
- Qui t'a raconté ça?
- Je l'ai découvert moi-même!
C'est quand que t'allais me le dire?
- Voyons. C'est pas moi. J'ai rien fait!
- Hé, t'as détruit la vie de maman!
Il doit bien y avoir une raison?
- Il n'y en a jamais eu d'hypertrucage. Tous les experts l'ont dit.
J'aurais pas pu être impliqué dans quelque chose qui a pas eu lieu.
- Hé, t'es vraiment un mauvais menteur.
Tu m'écoeures. Assume-toi au moins!
(Il pose son verre.)
Je te défends de revoir maman.
- Là, je l'aide à traverser une épreuve.
- Ostie que t'es hypocrite!
- Je te laisserai pas m'insulter.
Je vais te demander de partir.
- Va chier!
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
- Bon, bien, écoutez, c'est impeccable, hein.
C'est vraiment beau, comme me l'avait dit M. Martin.
Ça vous dérange si j'utilise vos toilettes deux minutes?
(musique de suspense)
(Il tire la chasse d'eau.)
Bon, bien, merci pour la visite. Ça fait un souci en moins.
- Hé, est-ce que le changement de propriétaire va avoir un impact pour nous?
- C'est pas impossible.
Mais écoutez, s'il y a un changement...
je vous mets au parfum.
- As-tu vu le contenu qu'il y a sur la clé que tu nous as donnée?
- Euh, non.
- C'est heavy ce que le gars raconte, là.
Ça parle d'un programme nucléaire secret.
C'est des informations ultrasensibles.
Comment t'as eu ça?
- Je peux pas te le dire.
- Si Bernard découvre qu'on a cette vidéo-là
ou juste qu'elle existe,
il y a zéro chance qu'ils nous gardent en vie.
- OK, juste...
promets-moi que vous allez tout supprimer
quand vous allez avoir fini. OK?
- Ils nous ont donné un ultimatum jusqu'à demain.
Si jamais tu veux être là quand je vais flusher toutes les images de Daji...
ça me dérange pas, mais il va falloir se revoir
au moins une fois.
- Bonne nuit, Manu.
- Bonne nuit, Steph!
(pépiements)
(grognement endormi)
(musique sombre)
(bip de notification)
- Pat!
(heavy metal)
- Fuck!
(soupir)
- Au début de ma carrière, avant de m'intéresser aux isotopes médicaux,
j'étais dans le domaine de l'énergie nucléaire.
Et un jour, on m'a demandé de diriger un programme secret. On m'a demandé de...
- C'est bien. Hé, hé, relaxe!
Ça s'améliore, ton affaire.
Le décor en arrière, c'est quoi ça?
- J'ai... J'ai mis n'importe quoi.
- On dirait que Daji Saeed est à Montréal.
Ça va pas dans ta tête?
- Mais non, mais c'est un...
Ça, c'est un décor au hasard, là.
Je fais des tests. C'est ça, je fais des tests avec ça, moi.
- On va mettre le vrai décor à la fin.
- Le petit dodo a fait du bien?
Fais-le jouer. - C'est pas prêt.
- Fais-le jouer.
Le son!
- Le son... Il y a pas de son.
C'est... la voix, c'est pas vraiment un enjeu, là.
C'est ça que je travaille à la fin, moi.
- Écoutez, faites-nous confiance, là!
Le deepfake va être aussi bon que celui de la politicienne.
- Tiens. Amphétamines.
C'est ma tournée.
- C'est pas le temps de dormir, là.
Votre ami, le petit rouquin, serait très déçu.
- Comment il est?
- On a dit avant 20 h ce soir.
(musique de tension)
(babillement)
- Oh my God, elle est tellement cute! - Hum-hum!
Bien là, il va falloir que tu te dépêches avec Pat.
Charlotte serait bien contente d'avoir une petite-cousine avec qui jouer.
- Ça sera pas tout de suite.
(bip de notification)
- Ah! Ils gossent, là!
- Une fille peut pas être en congé de maternité tranquille deux secondes.
- C'est le bureau? - Ouin.
Ça fait deux fois qu'ils m'appellent à matin, là. C'est le bordel.
- C'est grave?
- Bien là, dis pas que je l'ai dit...
mais on vient de découvrir qu'on s'est fait piquer presque 3 M$.
- De quoi piquer? - 2,8 M$.
De l'argent qui a été détourné, là, disparu. Pouf!
Volatilisé.
Ça paraît très bien pour une firme comptable.
- C'est un employé?
- Je sais pas si on va le savoir un jour.
Grand-papa, il veut pas appeler la police.
Lui, il veut couvrir la perte avec son propre argent.
Je veux dire, son argent personnel, là.
C'est énorme comme somme, même pour lui.
- Mais 2,8 M$, ça fait combien en US?
- Pourquoi tu demandes ça?
(pépiements)
(croassements)
- Ah, Stéphanie! Allô!
- Il faut vraiment que j'aille voir grand-papa!
- Je te préviens, il est très occupé ce matin.
(pas approchant)
- Allô!
- Pourquoi tu t'es battu, hier soir, avec mon père?
(soupir)
- Des histoires de bureau, là.
C'était un accrochage. Ça ne se reproduira plus.
- Un accrochage de 2 M$ US?
Le transfert des îles Caïmans de 2 M$ sur lequel tu devais jeter un coup d'oeil,
ça venait de mon père?
C'était pour payer pour le deepfake de Françoise?
- Ah non, voyons! Ton père a rien à voir avec la vidéo de Françoise.
- Pourquoi tu le couvres?
C'est quoi, vous êtes complices?
- Stéphanie, tu peux pas penser ça!
- Bien, explique-moi!
- C'est pas tout noir ou tout blanc, OK. Il y a un contexte.
- Est-ce que grand-maman est au courant?
- Bien non, voyons. - Je vais aller lui demander de m'expliquer.
- Hé, Stéphanie! Stéphanie!
Non, non, non! Stéphanie, attends! Stéphanie! Stéphanie!
- Hé, lâche-moi!
- Excuse-moi.
Excuse-moi.
Je vais tout t'expliquer.
Je veux pas défendre ton père.
Ce qu'il a fait, Bruno, ça se pardonne pas.
- Fais juste me dire.
- Françoise et moi, on avait une liaison.
Bruno l'a appris. Il a voulu se venger.
Puis il savait qu'en s'en prenant à la carrière de ta mère, bien,
il nous atteignait tous les deux, fait que...
- Je pense que je vais vomir...
T'as couché avec la femme de ton fils!
- Baisse le ton! Baisse le ton.
- Comment t'as pu faire ça à papa?
Comment t'as pu faire ça tout court?
- Je suis pas fier, mais c'est arrivé.
Ça excuse pas ce que Bruno a fait,
mais il a pas tous les torts.
- Vous m'écoeurez tellement tous les trois, là!
Toi, papa, maman!
- Stéphanie...
(ding-dong!)
(musique dramatique douce)
- Bonjour. Enquêteure Cholette des crimes majeurs.
Est-ce que je pourrais parler à Stéphanie Parent-Sirois?
- Euh, non, elle est pas là en ce moment.
- Est-ce qu'il y a moyen de la rejoindre?
- Bien, entrez. - Merci.
- Stéphanie! Stéphanie, Stéphanie!
Garde ça pour toi, s'il te plaît.
Ça démolirait ta grand-mère.
- T'aurais peut-être dû y penser avant.
- Je m'en veux. Mais il faut que l'hémorragie s'arrête là.
Je veux pas faire de mal à plus de personnes. (bip de notification)
Surtout pas à Jeanne.
- La police est chez nous. Ils veulent me parler.
- Pourquoi?
- Comment tu veux que je le sache?
- Bye, grand-maman! - Ah, déjà?
- Oui.
Je t'aime.
(♪♪)
- C'est chez moi ici, hein?
- Oui.
(soupir)
- J'ai-tu mon ordinateur, moi, ici?
- Oui.
- Irais-tu me le chercher, s'il te plaît?
- Mon amour...
avant que tu tombes là-dessus par hasard sur le Web...
- C'est beau, je suis au courant.
(soupir)
Hier, Stéphanie, elle...
elle m'a montré la... la vidéo du taxi, là.
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit?
- Que c'était pas vraiment moi qui étais moi dans la vidéo.
Ou elle essaie de me préserver ou...
elle se monte comme un bateau parce qu'elle a trop honte de moi.
Je sais pas comment tu fais pour t'occuper d'une personne comme moi
avec toute ta gentillesse...
Il faut vraiment que... que je trouve une manière de me racheter avec...
avec le chauffeur, avec... avec ma famille, avec toi aussi.
- Je suis tellement cave.
- Non!
Non, c'est pas toi le problème.
Je vais tellement avoir besoin de toi, là.
(musique intrigante)
- Qu'est-ce que vous faites ici?
- Ton grand-père vient de me dire
que les policiers veulent te parler.
Je vais t'accompagner. - Ce sera pas nécessaire.
- C'est toi qui les as appelés? - Non.
- À part ton grand-père puis moi,
quelqu'un est au courant de ta petite mascarade chez Efek?
- Non. - OK. Écoute-moi.
Tu rentres comme quelqu'un qui a aucune idée de quoi la police veut lui parler,
mais dès qu'ils te questionnent sur Efek, tu te tais.
T'as le droit aux conseils de ton avocat.
- Mais j'ai pas d'avocat. - Je vais te trouver quelqu'un. C'est mon domaine.
(fermeture de porte)
- Tu te souviens de Bernard, l'ami de grand-papa?
- Euh, oui. Salut! L'enquêteure.
- Mme Parent-Sirois?
Enquêteure Cholette des crimes majeurs.
Et vous, vous êtes? - Bernard Tremblay,
ancien directeur du Service national du renseignement.
- Et vous êtes ici pour...?
- Je suis un ami de la famille. Ma présence vous pose problème?
- Non. Pas du tout. - Bon.
- Est-ce que vous savez pourquoi je veux vous parler? - Non.
- Il y a une de vos collègues de travail, Maude Desjardins, qui est disparue.
On craint pour sa sécurité. - Maude?
Je l'ai vue hier! Qu'est-ce qui est arrivé?
- C'est ce qu'on essaie de comprendre.
Avez-vous remarqué quoi que ce soit de particulier dernièrement?
- Non. - Vous l'avez pas trouvé inquiète ou déprimée?
- Honnêtement, j'ai pas été à la clinique depuis dix jours.
Je me suis blessée au pouce, j'ai dû prendre congé.
- Hier, elle était comment? - De bonne humeur.
- Vous l'avez vu quitter le bureau?
- Euh, ouais. Vers 16 h. Comme d'habitude.
- OK. Vous souvenez-vous comment elle était habillée?
- Euh, elle portait son casque. Il est exactement comme lui.
On a tous le même au bureau. Puis elle avait un coupe-vent gris.
- Vous, vous avez quitté le bureau à quelle heure?
- Un peu après 16 h. Je quitte à la même heure qu'elle d'habitude,
mais mon chum puis ma cousine m'ont appelée.
- Pouvez-vous vérifier l'heure exacte
sur le registre d'appel de votre téléphone?
- Euh...
- Vous avez deux téléphones?
- Euh, ouais, il y en a un qui est personnel puis l'autre, c'est pour les patients.
- Le coupe-vent gris de la jeune femme qui est disparue,
est-ce qu'il ressemble au tien?
- Euh, il est un peu plus foncé, je pense.
- Reste qu'ils se ressemblent?
- Oui.
(raclement de gorge)
Oui. Fait que mon chum m'a appelée à 16 h 01, on a parlé 45 secondes,
puis ensuite ma cousine m'a appelée à 16 h 03, puis on a parlé sept minutes.
- OK. Donc, vous êtes sortie autour de 16 h 10.
(pépiements)
(rumeur urbaine)
(sonnerie de téléphone)
- On a un problème. Il faut qu'on se voie maintenant!
- On se voit, mon ami. On se voit.
Ouvrez les yeux.
- Qu'est-ce que t'as pas compris quand je t'ai dit de pas t'en mêler?
Une chance que tu l'as ratée!
C'est la petite-fille de Jean-Gilles Sirois,
un des hommes les plus puissants du Québec!
S'il lui arrive de quoi là, on va avoir toute la police du pays au cul!
- Je savais pas.
- Pfft!
- Par contre, pour les amis d'Efek, c'est pas des bonnes...
- Pour « mes amis d'Efek », ça va fonctionner.
J'ai vu des images qui étaient parfaites.
Ils vont nous remettre un deepfake indétectable aujourd'hui.
- Permettez-moi d'en douter.
De toute façon, c'est pas le problème.
On nous demande de faire le grand ménage.
- Ça, c'est pas une bonne idée.
- On vous a pas demandé votre avis, là.
- Dans les prochaines semaines, on les touche pas.
C'est trop dangereux.
J'ai été vu avec eux autres, moi!
- Je comprends.
C'est embêtant.
Mais les ordres sont les ordres. On doit tout nettoyer ce soir.
Maintenant, il faut voir le bon côté des choses.
Si vos protégés réussissent leur hypertrucage,
l'argent qui leur a été promis sera disponible.
10 M$ à deux, ça se partage bien.
Ça fait un beau bonus.
- Si vous me prenez par les sentiments.
- Je savais qu'on arriverait à s'entendre.
- Steph.
Pourquoi tu me mens?
- Je te mens pas.
- Tu fais semblant d'aller travailler,
t'as deux téléphones cellulaires,
tu rentres aux petites heures.
C'est presque une double vie, ça. Moi, j'appelle ça mentir.
- Pat, c'est compliqué à expliquer. - C'est compliqué?
Hé...
Je suis ton amoureux. Entre nous, la base,
c'est au moins de pas se mentir, non?
Quel genre de couple tu veux qu'on soit?
- Je peux juste pas t'en parler en ce moment.
- OK!
Je me mettrai pas à genoux devant toi pour te tirer les vers du nez.
En tout cas...
Si tu veux me parler, tu sais où me trouver.
(soupir)
(bip de notification)
(pas qui approchent)
- Qu'est-ce que tu me veux? Elle est où maman?
- Elle est couchée. Elle se repose.
On parlera pas fort, OK?
Stéphanie, je peux tellement...
T'avais raison, je...
C'est moi qui l'ai commandé, le deepfake.
- Je le sais pour maman puis grand-papa.
Ça me fait de la peine pour toi, ça...
ça me fait de la peine pour grand-maman.
C'est dégueulasse ce qu'ils ont fait.
OK, mais c'était juste une histoire de cul.
Ça te donnait pas le droit de ruiner sa vie.
- Je le sais. C'est vrai.
C'est Jean-Gilles qui t'a raconté?
- Oui.
Il était pas fier.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit au juste?
- Les détails de leur relation, ça m'intéressait pas.
(petit rire) - Les détails...
Viens t'asseoir.
- Mon nom est Daji Saeed et je souhaite clarifier
la situation par rapport à mon départ du...
- Yes! On l'a!
- J'ai quitté le Québec... - Non.
Il cligne trop des yeux. Ça marche pas.
- Hein?
Non, non! Non, non, non, on n'a plus le temps, là, Manu!
- Tu veux un ostie de deepfake indétectable, oui ou non?
- J'ai quitté le Québec... - On continue.
- ...de mon plein gré parce qu'on m'a proposé de travailler
à un projet très emballant dans mon pays natal.
- Ça s'est passé...
...il y a à peu près un an, moins que ça.
(musique dramatique douce)
On a un client au bureau, une start-up là,
des jeunes là un peu plus vieux que toi.
Ils font des tests d'ADN de généalogie, là.
Pour les encourager, j'ai acheté un kit.
- Pourquoi tu me racontes ça?
(petit rire)
- J'ai envoyé mon ADN par la poste.
- Deux semaines plus tard, j'ai reçu le courriel avec les résultats des tests.
Ça, ça te donne le nom d'un paquet de monde qui est apparenté à toi, là.
- Je sais c'est quoi.
- Tant mieux.
Il y a plein de cousins au troisième,
quatrième degré que j'ai jamais rencontrés,
mais avec qui je partage un peu d'ADN puis...
il y avait aussi...
ton nom.
- On partageait le même parent.
(rire sans joie) - Quoi?
- Le même père.
- Le même père?
- J'ai revu toute notre vie défiler.
Nos vacances en famille avec eux autres...
(respiration saccadée)
...tes anniversaires... (reniflement)
...ta naissance...
...le test de grossesse.
(♪♪)
Tous les petits regards, les paroles,
les sourires entre papa puis Françoise.
Ils ont fait le tour du Québec je ne sais plus combien de fois pour son ostie de carrière.
(reniflement)
C'est pas un coup de poignard que j'ai eu dans le coeur, c'est des milliers.
Puis le plus douloureux, c'était de penser qu'un jour...
j'allais être obligé de te le dire.
Stéphanie, je... je t'aime.
- Je le sais, papa.
- Il fallait que je te dise ça, là, parce que là, j'ai...
Je viens de tout avouer à mon avocat.
- Hein? - Puis je sais pas ce qui va se passer après.
- Attends. Papa, t'as...
t'as tout dit à ton avocat? T'as parlé d'Efek?
- Oui. J'ai été transparent.
- Attends, mais là, l'avocat, il va aller à la police?
Il y va quand? - Bien, là, là.
C'est peut-être déjà fait.
(soupir)
- Excuse-moi deux minutes, là.
(musique de tension)
- Fuck! Qu'est-ce que tu veux? Hé!
Hé!
(ouverture de porte)
- Steph! Crisse ton camp. Bernard s'en vient.
Tu peux pas être icitte, là. - Mon père, il m'a tout avoué pour le deepfake de ma mère.
- Quoi? - OK. Son avocat, il parle à la police maintenant.
- Hein? Il est malade! - Il faut tout supprimer
ce que vous avez de Daji de l'ordinateur. - Arrête!
- Oui, oui, on va tout effacer, mais avant,
il faut qu'on leur livre leur ostie de deepfake!
- OK, là. - Arrête!
- Range ton gun!
- OK, de toute façon,
la police va aller directement aux bureaux d'Efek.
Ils viendront pas ici. - Il faut que tu partes, Steph.
- Qu'est-ce qui lui a pris à ton père? Câlisse!
- C'est pas important, là. Il faut que tu partes. Ils vont arriver.
(♪♪)
Ils sont là! Ils sont là! Ils s'en viennent.
- Câlisse. Cache-toi!
- Alors, il paraît que vous avez ramené ce pauvre M. Saeed à la vie?
- On vous a fait votre ostie de deepfake indétectable.
Il est où Will?
- Assieds-toi.
- Commençons par regarder ce petit miracle.
- Mon nom est Daji Saeed, et...
je souhaite clarifier la situation par rapport à mon départ du Canada.
J'ai quitté le Québec de mon plein gré
parce qu'on m'a proposé de travailler
à un projet très emballant dans mon pays natal.
(musique douce)
- Qu'est-ce qui se passe ici?
Jeanne, ma chérie.
(musique dramatique)
(ouverture et fermeture de porte)
- Viens-t'en, Françoise, on s'en va, là.
- Ferme-la, Bruno.
- Toi aussi, ferme-la.
(♪♪)
- Je te promets qu'on se reverra très vite.
Ma petite abeille.
- OK, maintenant, il est où Will?
- Vous êtes sûrs que c'est indétectable?
- Faites tous les tests que vous voulez, là,
il y a pas de différence entre notre vidéo puis un vrai vidéo.
- Bravo! Merci! (applaudissements)
C'est très aimable à vous! Du coup, on va prendre les choses en main.
- Non, non, non, attendez! Il y a quelque chose que vous savez pas, là!
La vidéo, elle est... est déjà publiée.
On l'a envoyée sur le Web.
Elle se répand. Tout le monde y croit déjà.
- Ça, c'est pas ce qu'on avait convenu.
- Oui, mais on voulait prendre nos précautions.
- Il y a un filigrane invisible sur la vidéo.
C'est une signature encryptée.
Mélios signe ses vidéos automatiquement
puis il y a personne qui peut tomber là-dessus par hasard.
Si jamais il nous arrive quelque chose,
tout le monde va savoir que c'est un deepfake.
(musique de tension)
Vous avez pas le choix de nous garder en vie. - Vraiment?
- Vraiment. - Vous bluffez.
- Non, non, non. Je vous le jure.
- Voulez-vous prendre le risque?
- Tu prends celui de droite ou gauche?
- Celui de droite.
(déclics)
- Petit problème de fonctionnement, mon ami.
Vous êtes tellement prévisible.
(musique inquiétante)
- Je suis désolé que ça se termine comme ça pour vous.
Que voulez-vous? Ainsi va la vie. Ou plutôt la mort.
(coups de feu)
(cri et gémissement de douleur)
(respiration saccadée)
- Il m'a tiré, ostie!
(gémissement)
- C'est correct, Steph. C'est OK. Donne.
(gémissement)
- Woh, woh, woh, baisse ton arme!
Vous aviez besoin de moi.
Ils ont décidé de vous éliminer.
Ils vont envoyer quelqu'un d'autre finir le travail.
La signature encryptée, c'est vrai ou pas?
- Oui, c'est vrai! - OK.
Il faut avertir les bonnes personnes. OK?
(respiration saccadée)
(musique dramatique douce)
- Pour finir... un message pour toi, ma petite abeille.
Mais parfois c'est mieux comme ça, ma fille.
Je te promets qu'on se reverra très vite.
Ma petite abeille.
(reniflement)
- Un, deux, trois, go!
- OK, là, je veux savoir il est où Will.
- Il est à cette adresse-là. Fais ça vite.
- Hé...
si tu l'avais pas fait, on ne serait plus là.
- Hé, vous deux, dépêchez-vous!
Il y a une conférence de presse qui a été annoncée.
Allez-y, parce que vous aurez pas une deuxième chance!
- Les individus qui m'ont intimidé sur cette vidéo
l'ont fait pour récupérer cette dette.
Ils ne sont aucunement liés à mon départ du Canada.
Je n'ai pas été kidnappé.
- C'est ridicule. C'est tout juste si on voit pas les AK-47
pointés sur lui pour l'obliger à débiter ses mensonges.
- T'as raison, mais ça change rien.
Pour la majorité des États, ça règle bien des problèmes
que Daji Saeed affirme être de retour dans son pays de son plein gré.
La diplomatie préfère toujours un mensonge un tant soit peu crédible
à une vérité qui dérange.
- J'espère que tu te trompes.
- On verra.
As-tu toujours ton contact aux Affaires étrangères?
- Ouais. Pourquoi?
- Mettons que...
Mettons qu'il fallait que tu sauves le monde avec...
beaucoup de discrétion, tu lui ferais-tu confiance?
- Peux-tu m'expliquer? - Non, j'ai...
j'ai une source à protéger.
Tu peux-tu m'organiser un rendez-vous avec ton contact?
- Nous sommes très heureux de savoir que M. Saeed ait décidé
de poursuivre ses recherches pour la guérison du cancer dans son pays natal.
Et concernant les Jeux, je vous annonce que le comité international
est revenu sur sa décision.
Les Jeux se dérouleront comme prévu à l'Émirat du Golfe.
Merci! (déclics d'appareil photo)
(léger brouhaha)
- Qu'est-ce que Bernard me veut au juste?
- Vous allez vouloir regarder ça, madame.
- Bonjour, mon nom est Daji Saeed
et je souhaite clarifier la situation par rapport à mon départ du Canada.
- C'est la vidéo de Daji Saeed. - Continuez à la regarder.
-... de mon plein gré, parce qu'on m'a proposé de travailler
à un projet très emballant dans mon pays natal.
Je suis très heureux de cette opportunité de pouvoir mener des travaux qui...
- Qu'est-ce que ça veut dire? - C'est une mesure de sécurité qu'on a ajoutée à Mélios 3.0.
Le modèle signe avec un filigrane invisible.
Mais avec la bonne clé, le message apparaît.
- Ça veut dire que tant qu'il nous arrive rien,
tout le monde va penser que la vidéo est vraie.
Mais dans le cas contraire, tout le monde va apprendre que c'est un deepfake.
- Un deepfake?
Ce n'est pas M. Saeed?
Je... transmets le message.
(soupir)
(petit rire)
- Je pense que ç'a été.
- Oui.
- Je vais aller aider au local, là.
La nuit va être longue avec tout ce qu'il y a à faire, OK?
- Oui.
- Steph...
- Euh, je peux pas, Manu.
J'ai pas envie de mentir à Patrice.
J'ai pas envie d'être comme mes parents.
Tu comprends?
- Hum-hum.
Je comprends.
Mais de quel côté il est, ton mensonge?
(musique dramatique)
- Mmm, tu sens bon.
(éternuement)
- Excuse-moi, j'ai un petit nez fragile pour les odeurs.
- Pat, t'as raison! Il faut qu'on se parle.
- Vous vous en tirez à bon compte.
Votre Mélios est quand même responsable d'une fraude majeure
qui a changé le résultat d'une élection,
en plus de détruire la vie de Françoise Parent,
de sa famille, de son entourage.
- Vous avez raison.
C'est épouvantable.
Par contre, Dominique Arcand, le responsable de la fraude,
et William O'Neil, celui qui a exécuté le travail,
ont été traduits en justice, jugés et condamnés.
- Ils ont écopé d'un an de prison à domicile, ça fera pas pleurer personne.
(raclement de gorge) Vous venez de signer récemment plusieurs contrats
avec de gros studios américains? - Oui.
On collabore avec quatre productions d'envergure,
puis l'année prochaine, ça devrait être le double.
- Au fond, là, le scandale Françoise Parent
vous a fait une pub extraordinaire.
- D'une certaine manière, oui.
Mais avec Mélios 4.0, on a renforcé la sécurité.
Avec notre nouveau modèle, il y a personne qui va pouvoir l'utiliser
pour faire des deepfakes.
Sauf que, est-ce que ça règle le problème?
- Vous avez des doutes?
- Combien de temps avant que quelqu'un reproduise un modèle comme Mélios?
Aussi performant, mais sans garde-fou?
Ça peut être demain.
(musique dramatique douce)
(croassements)
(télévision en arrière-plan)
- Les sofas, ça va avec les affaires de Jean-Gilles.
Les petites tables, avec les miennes.
La toile...
(sanglots)
- Hé!
- Je m'excuse!
- Bien non.
T'as pas besoin de t'excuser, OK? C'est normal.
Viens, on va aller prendre l'air.
(musique intrigante)
- Mais d'abord, coup de théâtre au procès du producteur Roger Morieux,
accusé d'agression sexuelle envers la chanteuse Aube Doré.
La chanteuse prétend que le producteur l'a amenée de force dans sa chambre.
Or, dans la vidéo présentée ce matin au procès,
on aperçoit Aube Doré faire des avances explicites à M. Morieux,
puis faire une fellation à l'homme de 55 ans.
Cette preuve vient renforcer la défense de M. Morieux,
qui clame depuis le début son innocence.
Il affirme que la relation entre lui et la chanteuse était consentante.
La Couronne, qui a été prise au dépourvu,
a demandé une pause pour revoir sa stratégie.
(♪♪)
Sous-titrage: difuze
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