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Original subtitles

(Stéphanie): Ma mère a été victime

d'un deepfake indétectable puis personne l'a aidée.

- On pouvait pas l'aider, Stéphanie.

- Bien moi, je vais l'aider. - Elle a raté une courbe,

son char est rentré dans un lampadaire.

(Jean-Gilles): Il y a une compagnie montréalaise

d'effets spéciaux, ça s'appelle Efek.

Il y a peut-être un lien avec Célestin.

- L'argent est rentré!

- Un dépôt de deux millions US.

- Ah, mais ça vient des îles Caïmans, ça.

Ça, c'est utilisé par du monde qui veulent pas être liés

à leurs transferts d'argent. C'est pas des anges, mettons.

(Daji): Si tu vois ces images, c'est qu'il m'est arrivé

quelque chose, probablement un kidnapping.

Et je dois te mettre au courant de certains aspects de ma vie

dont je t'ai jamais parlé.

- Mon père s'est fait kidnapper par des fous

qui veulent le sortir du Canada de force.

- Fais pas le con! (coup de feu)

- Si tu veux toujours faire ton deepfake,

faudrait que tu viennes au bureau...

en dehors des oeuvres ouvrables, je veux dire, là.

(Stéphanie): Si je peux avoir un deepfake de moi-même,

je vais pouvoir prouver à tous les experts

qu'ils sont capables d'en faire un.

Est-ce que tu réalises à quel point

c'est important pour ma mère?

Allô?

(musique intrigante)

Manu?

- Juliette?

- Oui?

- Tu me suis?

- On fait pas ça ici?

- Suis-moi.

(indicatif musical)

(fermeture de porte)

Viens.

Je te présente le Studio,

notre petite installation de 2.5 millions qui dort ici.

- Vous vous en servez jamais?

- On s'en sert, là, mais...

pas à son plein potentiel.

Comme je t'expliquais, normalement,

les avatars qu'on produit,

c'est une combinaison de différentes personnes.

On essaie pas de recréer quelqu'un qui existe pour vrai.

Mais Mélios est capable de le faire.

Avec toi, ça va être une première.

C'est important que...

ça reste entre nous, OK?

Installe-toi au milieu.

(musique intrigante)

- Qu'est-ce que je fais?

- Essaie de montrer différentes émotions.

(déclics d'appareils photo)

Faut que ça soit naturel.

- C'est intense.

- Le plus sincère possible.

- Sincère?

- Plus toi-même, sinon... ça fonctionnera pas.

Euh, tiens, parle-moi de... je sais pas, ton...

ton dernier poste de comptable.

Tu travaillais où?

(déclics d'appareil photo)

- Euh...

- Ça te gêne de parle de ça?

- Non, non.

Non, c'est juste que...

On est-tu vraiment obligé de parler de travail?

- Non, non, on peut...

...on peut parler de tes amours.

T'as-tu quelqu'un dans ta vie? - Non.

(déclics d'appareils photo)

- OK, puis si t'avais quelqu'un...

ça serait un gars ou une fille?

- Un gars.

(déclics d'appareils photo)

- Parle-moi de ton premier chum.

- Euh...

- Comment tu l'as rencontré?

- Hum... à une assemblée politique,

genre épluchette de blé d'Inde.

J'étais préposée aux hot-dogs,

puis lui était journaliste.

Il était un peu plus vieux que moi.

(déclics d'appareils photo)

- C'était quel genre d'homme?

- Un grand brun.

Sérieux...

intelligent...

...calme, organisé.

- Ça devait être palpitant, ça.

(rires)

(déclics d'appareils photo)

(reniflement)

(vrombissement de moteur)

(musique inquiétante)

- Salut.

- T'es qui?

- C'est l'Émirat du Golfe qui m'envoie.

Pour vous aider.

- Il se passe quoi avec notre jet?

On nous a promis un retour au pays ce soir.

- Hé, du calme, les gars.

Faut d'abord s'occuper du cadavre.

Il est où?

- Là-bas.

- Puis si t'avais voulu faire le deepfake de la politicienne,

il aurait-tu fallu qu'elle accepte

de venir dans ton studio?

- Ça dépend.

À la limite, Mélios peut se débrouiller

juste avec une photo, là, mais...

ça donnerait pas un résultat parfait.

- Ah, ouais? - Non, mais si t'étais...

Taylor Swift, là, puis que je trouvais

mille heures d'images de toi en ligne,

j'aurais pas besoin de te faire venir en studio.

(petit rire)

- Je suis pas Taylor Swift.

- Bien non, j'ai vu ça.

T'es pas mal discrète sur le web.

- Mais ce serait quoi,

comme, le minimum de données pour que ce soit réaliste?

Genre, un avatar de quelqu'un assis dans le char, là,

comme le clip de la politicienne?

Ça doit prendre des heures de données?

- C'est une fixation pour toi, cette vidéo-là.

C'est quoi... tu trippes politique?

- Ah, non, non. Non, c'est juste un exemple.

- Tu dois quand même aimer ça, la politique.

Tu m'as dit que t'avais rencontré ton premier chum

dans une assemblée.

- Toi?

T'as-tu quelqu'un dans ta vie? - Non.

C'est pas évident pour le couple

quand tu travailles tout le temps.

Faudrait peut-être que je rencontre

quelqu'un de la job.

(déclics d'appareils photo)

Bon, on a assez de données pour à soir.

Je vais pouvoir commencer à entraîner Mélios.

- OK.

- As-tu le temps de prendre un verre?

Tiens.

- Il paraît qu'à chaque fois que le coeur bat,

la peau change de couleur, puis c'est comme ça

qu'on sait si c'est une vraie ou une fausse vidéo.

- Bullshit. Sur nos vidéos,

les microchangements de la peau sont là.

Puis la beauté de l'apprentissage profond,

c'est que... on a jamais eu à dire

au modèle de s'en occuper.

Mélios, il s'entraîne

jusqu'à ce qu'il ne soit plus capable

de faire la différence entre ses vidéos

puis la réalité.

Il apprend tous ces petits détails-là par lui-même.

- C'est impressionnant.

(musique douce)

(expiration profonde)

(éternuement)

C'est-tu mon parfum?

- Excuse-moi, j'ai un petit nez fragile pour les odeurs.

Mais il sent bon, ton parfum.

- Merci.

- Hé, allô.

- Tu travailles encore? - Ah, oui, je prenais des notes.

On a un scientifique qui a peut-être été enlevé.

Toi? Il est tard. - Euh... oui.

Élisabeth, elle avait vraiment mal au dos.

- Jusqu'à 2 h du matin? - Hum-hum.

- T'as bu?

- Euh... oui, juste un verre de vin.

- Élisabeth, elle boit enceinte? - Non, mais avec son chum.

- Ah. - Mais toi,

c'était comment, la soirée? Le resto?

- T'es sûre que t'es correcte? - Oui, oui.

Non, non, c'est juste qu'il faut vraiment

que j'aille me coucher,

j'ai des patients à 8 h demain matin.

- Hum.

(musique sinistre)

(musique dramatique)

(toc-toc)

- Yo, Pat, c'est moi. C'est un go.

C'est officiellement traité comme une disparition.

- OK. Il y a-tu du nouveau?

- Des images vidéos qui viennent d'une mangeoire à oiseaux.

Salut, Steph.

Daji Saeed est rentré de force dans une maison

avec trois hommes. On le voit jamais ressortir.

Une location Airbnb.

C'est le propriétaire de la maison

qui a alerté la police. - Hum.

C'est une bonne affaire que la fille de Daji Saeed

ait posté sa vidéo.

- J'imagine que vous avez vu votre scientifique

insulter ma mère sur les réseaux sociaux?

- Ça a bien été, hier soir?

- Pourquoi tu me demandes ça?

- Je suis allé bouffer avec ton chum,

il m'a dit que t'allais au secours

de ta cousine enceinte.

Je m'informais, c'est tout.

- Oui, ça a bien été.

On a une réunion de famille chez mes grands-parents ce soir,

fait que je viendrai pas souper.

- OK, c'est quoi l'occasion?

C'est pour fêter le milieu de la semaine?

- Bien non, c'est juste un shower

pour le bébé d'Élisabeth. C'est rien de gros, là.

En plus, avec ma mère à l'hôpital,

y a personne qui a vraiment envie de fêter.

Mais je vais peut-être...

aller souper avec des cousins après, je sais pas.

Bye.

(croassement)

(musique inquiétante)

- Vous êtes qui?

- Votre nouvel ami.

À partir de maintenant,

nos employeurs de l'Émirat du Golfe

souhaitent conserver une distance saine avec vous.

Je serai leur émissaire.

- Faites-leur le message que je choisis

les gens avec qui je travaille.

- Après le fiasco d'hier,

je doute que vous ayez le choix de grand-chose.

- Le fiasco d'hier, c'est de leur faute,

c'est pas de la mienne.

(soupir)

- J'ai quelque chose à vous montrer.

Ces images sont décortiquées par la police en ce moment même.

Vous reconnaissez le bungalow?

- Qui a pris les images?

On avait vérifié, y avait pas de caméra.

- Y avait une caméra.

Vos hommes sont des incompétents.

Est-ce que vous réalisez à quel point vous avez foutu

l'Émirat du Golfe dans l'embarras?

Les images de ce pauvre monsieur Saeed

qui disparaît dans un bungalow,

escorté par deux agents du régime,

vont faire le tour de la planète.

À deux ans des Jeux, c'est problématique.

Problématique pour l'Émirat...

et pour vous.

(sonnette)

- Safia Saeed?

Patrice Archambault, je vous ai laissé plusieurs messages.

- T'es le journaliste? - Oui.

- Je peux pas te parler. L'enquêteur a dit

de pas faire de vagues pour pas nuire à l'enquête.

- Vieux réflexe de flics, ils veulent garder le contrôle.

En tout cas, moi, j'ai adoré ta réaction.

T'as bien fait de passer par les réseaux sociaux

pour lancer l'alerte. - Pas d'après la police.

- Attends! Sans me parler comme tel,

tu peux peut-être juste m'aider à comprendre

c'est qui ton père? - Me prends-tu pour une conne?

- Non, je suis sérieux. Je... je te poserai pas

de questions sur l'enlèvement, mais...

peut-être que tu peux m'aider à comprendre son parcours.

Ça m'a touché, la capsule qu'il a faite

pour répondre à Françoise Parent.

- Mon père a fait

des découvertes scientifiques incroyables.

OK? Tous les pays du monde seraient prêts à l'accueillir.

Mais il est tellement old school, là.

Il se voit encore comme un étranger

à qui on fait une faveur en lui permettant de vivre ici.

- Tu vois, ça, c'est exactement le genre de matériel

que tu pourrais me confier sans nuire à l'enquête.

- Ah, fuck it. Entre.

- Je vais corriger l'erreur. Je vais m'en occuper.

(soupir)

- OK.

Comment vous comptez vous y prendre?

- Faut réussir à changer le narratif.

- C'est-à-dire?

- Réussir à faire croire que c'est Daji Saeed lui-même

qui a demandé à être rapatrié.

- Difficile.

Monsieur Saeed avait contacté la police,

il craignait d'être ramené de force à l'Émirat du Golfe.

- Ça peut s'expliquer.

Tout va dépendre de la force

du narratif alternatif qu'on propose.

- Je vous écoute.

- Daji Saeed était gambler.

Il avait accumulé des dettes importantes,

il a voulu se pousser

avant de se faire casser la gueule.

- Saeed était un gambler?

- On va voir.

Peut-être aussi qu'il s'agit d'une histoire d'amour

ou une vendetta scientifique.

- Vous allez à la pêche?

- Tout le monde a ses zones d'ombre.

On va trouver les siennes,

puis c'est là-dessus que je vais construire.

- Vous allez devoir faire vite.

Nos amis ne sont pas réputés pour leur patience.

(musique dramatique)

(musique de suspense)

(♪♪)

- Hé, les petits génies!

- Bashir.

- Vraiment content que tu reviennes, bro.

- Bien, tu me connais. Moi, si je suis payé,

je peux pas vivre sans vous, les boys.

Je parie que vous avez rien foutu

pendant mon absence, gang de paresseux.

- Non, non, il y a de la job qui t'attend, là.

On a investi 200 000 dans le serveur local.

- Ouh! Je vais avoir des nouveaux jouets?

- Oui, monsieur, six nouvelles cartes graphiques.

- Yes!

- Ça devrait rentrer aujourd'hui ou demain.

- Nice!

Il y a... il y a une nouvelle recrue ici dedans?

- C'est Juliette, la comptable.

- Il y a vraiment des belles améliorations ici, hein?

Un de vous est déjà sur le coup?

- As-tu le nom du professeur

qui a accepté ton père au doctorat?

- Aucune idée. Mon père est venu faire un postdoc ici, là.

En fait, c'était son deuxième postdoc.

- Il travaillait déjà les isotopes médicaux?

- Bien, d'aussi loin que je me souvienne, oui.

Mon père a révolutionné la façon de diagnostiquer des cancers.

Quand il a commencé ses techniques d'imagerie,

personne y croyait.

Ça a tout changé.

- On est chanceux que ton père se soit pas laissé décourager.

- Hum!

- Et... t'as pas été surprise de l'audace

des agents de l'Émirat du Golfe de le kidnapper,

même s'il avait déjà pris contact avec la police?

- Je pensais qu'on parlait pas du kidnapping.

- Excuse-moi.

- T'es sûre que t'es pas en train de paranoïer, là?

- Ma mère s'est fait poser des questions sur moi

par un faux nouveau voisin.

- T'as aucune idée d'où ça vient?

- Quelqu'un qui cherche de la merde

avec laquelle m'éclabousser.

Pour l'argent, t'es sûr qu'on va pas pouvoir

remonter jusqu'à moi? - Ah, non.

De ce côté-là, y a aucun danger.

- T'es certain? - Sûr à 100 %.

C'est pas pour rien que les paradis fiscaux

sont aussi populaires, anonymat garanti.

- Quand je vais être au pouvoir, je vais m'attaquer à ça,

les paradis fiscaux. - Ah, bien oui.

Quand même inquiétant de pas savoir

qui qui cherche à te coincer.

Si je peux faire quoi que ce soit, tu me le dis?

- Oui, y a peut-être quelque chose.

(musique de suspense)

- Juliette.

Puis? - Puis quoi?

- T'as pas regardé le clip que je t'ai envoyé?

- Non.

- Checke ça.

C'est juste un rough, là, mais...

pour une première séance, je suis content.

- Hein, wow! Ça me ressemble. - Hum-hum.

- Salut, je suis Juliette Tourigny.

Je suis commis-comptable chez Efek.

Euh, c'est ma voix!

Je suis aussi espionne russe à temps partiel

sous le nom de code de Natasha.

(en russe)

(rire)

En russe? Qu'est-ce que je dis?

- C'est rien de méchant, là. Je te le dirais plus tard.

- En tout cas, on dirait vraiment que c'est moi.

- La voix est déjà très bonne, mais...

il y a encore des imperfections.

Ça va prendre une plus grande variété de données.

On continue à soir?

- 9 h?

- Cool. On devrait avoir la paix.

- OK.

- Bye.

(sonnette)

- Stéphanie! - Allô.

- Allô. Oh là là!

As-tu transporté tout ça à vélo? - Oui, c'était pas facile.

(rire)

- Il y avait pas trop de nids de poule?

- Non.

- Allô! (ensemble): Hé!

- T'es déjà là? - Bien, oui!

- Je pense que ma blonde avait trop hâte.

- C'est pas grave s'ils arrivent de bonne heure.

C'est pas une surprise! Ils vont nous aider à préparer.

- Oui, puis avec Patrice, ça va aller encore plus vite.

- Ah, non, Patrice est pas avec moi.

- Mais Patrice est déjà arrivé.

- Allô.

- Qu'est-ce que tu fais ici?

- T'as l'air super contente de me voir.

- Hum...

bien non, je suis contente, là.

Je suis juste surprise.

- J'ai voulu te faire plaisir, mais avoir su,

je serais arrivé plus tard. Je pensais que c'était

un cinq à sept, mais c'est un souper.

On ira pas au resto avec tes cousins après.

- Non. Je vais aller déposer mon sac.

- Les boys! J'étais content de retrouver

tout le monde aujourd'hui.

- En tout cas, il y a bien plus d'atmosphère

que quand je suis pogné tout seul avec lui.

- Moi aussi, je t'aime, Will.

- Hé, d'ailleurs, comment ça se fait que t'as pas

claqué la porte en même temps que tout le monde, toi?

- Je dois être trop paresseux pour me chercher

une nouvelle job, là, j'imagine.

Bon, c'est l'heure de la bière. On y va?

- Oui. Voulez-vous que j'invite la comptable?

- Euh... elle est déjà partie.

- Tu viens pas? - Non, non.

J'ai encore des trucs à faire, moi.

- Bon. - Hé, sa face, à la comptable,

ça te dit rien, toi? - Non.

- Moi, je suis sûr que je connais cette fille-là,

j'arrive juste pas à trouver d'où.

- Merci.

- Puis? Comment ça s'est passé, hier soir?

- Euh... oui, bien.

Il m'a filmée, là.

Inquiète-toi pas, je pense qu'il a un kick sur moi.

- OK, puis ça, c'est rassurant?

- Je sais ce que je fais,

puis j'ai déjà vu un début de la vidéo.

Si je joue bien mes cartes, je vais être capable

d'avoir un deepfake indétectable de moi bientôt.

Les experts auront pas le choix de s'ouvrir les yeux.

J'étais censée y retourner ce soir, mais...

- Non, Steph!

- ...je pensais pas que Pat allait être là.

(soupir)

- Là, pour ton deux millions

des îles Caïmans... - Oui?

- J'ai parlé à des collègues,

puis c'est pas mal ce que je pensais.

C'est presque impossible de retracer

qui qui est derrière le dépôt. - C'est Célestin Michel.

Il est passé chez Efek tantôt.

Il est resté presque une heure dans le bureau d'un des boss.

- Pour vrai? - Hum.

- Éli, euh... je parlais avec ton chum.

Il débarque de l'avion? - Oui.

- Il était à Chicago pendant une semaine,

il est revenu cet après-midi.

C'était quoi ton histoire de boire du vin avec lui hier?

(musique de tension)

- On est quelle date?

- Pourquoi tu me demandes ça?

- Bien, c'est la fête à qui, bientôt?

(soupir de soulagement)

Bien, ce ne sera plus vraiment une surprise, là...

mais si tu veux m'aider un peu,

pose pas trop de questions d'ici ta fête.

- Ah, Steph, je suis tellement désolé.

Je m'excuse, je...

je ne pose plus de questions, promis.

(rire)

Je me sens con.

OK. Je vais aller aider ta grand-mère à...

- Oh. Je pense que je t'ai jamais vu mentir comme du monde.

(rire)

- C'est-tu un compliment? - Bien là, je sais pas.

(sonnerie de téléphone)

- Hé! - Allô, Manu.

Hum... j'ai un petit problème pour ce soir.

- OK, t'es-tu correcte?

- Oui, bien, je suis prise dans un party de famille, là.

Ça serait compliqué à expliquer puis...

c'est pas important, là, mais...

je pourrai pas venir ce soir.

- Ah. - Je suis vraiment désolée.

- C'est des choses qui arrivent. C'est pas grave.

(raclement de gorge)

On remet ça à demain? - Oui, demain.

Sans faute. Merci. - Bonne nuit, Juliette.

- Bonne nuit.

(fermeture de porte)

- Hé, as-tu eu mes messages?

Je suis allé souper avec la gang, finalement.

(halètement)

(rumeur de la télévision)

My God, Dom. Qu'est-ce qui s'est passé?

(respiration saccadée)

(musique dramatique)

- Je savais tellement que tu me disais n'importe quoi hier

pour le mal de dos d'Élisabeth.

C'est pathétique comme t'es pas capable de mentir.

- Est-ce que ça se soigne?

- Non, change pas.

T'es parfaite comme ça.

Tu me promets, par exemple, que...

t'organiseras pas un trop gros party pour ma fête?

- Promis.

- Juré?

- Juré.

(musique douce)

(musique dramatique)

- Hé! C'est quoi le look de rockstar, à matin?

- T'as pas frappé avant d'entrer.

- Ayoye, qu'est-ce qui t'est arrivé?

- Je suis tombé en sortant de la douche.

- Shit, tu t'es pas manqué, man.

- Hé, qu'est-ce que tu fais? - T'as-tu mis de la glace?

- Oui, j'ai mis de la glace, j'ai désinfecté,

puis j'ai pris des anti-inflammatoires, merci.

- C'est pas à cause de la compagnie, j'espère?

Tu t'es pas mis dans le trouble?

- Je t'ai dit que je suis tombé dans la douche.

- Ça serait pas une première

pour les services secrets de l'Émirat du Golfe.

Rashid Al-Otaibi, installé en Allemagne,

un leader des opposants au régime.

Il a été sévèrement battu en août 2022,

deux jambes cassées. Il a cessé ses activités.

- La police a rien fait?

- Il a refusé de collaborer à l'enquête.

(soupir)

Reem Al-Harbi, c'était une militante féministe

assez vocale, réfugiée en France.

Elle a pris un vol vers Sydney.

L'avion a eu des « ennuis mécaniques »

et a fait escale à Dubaï, où elle a été arrêtée

avant d'être remise à l'Émirat du Golfe.

- Ah, charmant.

- Puis il y en a plein d'autres.

- OK, mais tous ces gens-là, c'était des opposants au régime.

Daji Saeed était pas impliqué en politique.

Pourquoi le kidnapper, prendre le risque

de créer un incident diplomatique

à deux ans des Jeux?

- Salut, je suis Juliette Tourigny.

Je suis commis-comptable chez Efek.

Je suis aussi espionne russe à temps partiel

sous le nom de code de Natasha.

(en russe)

- C'est quoi, ça?

(musique dramatique)

Je peux pas croire que vous avez brûlé des données de cloud

pour faire de l'ostie de niaisage!

À quoi ça sert que je me fende le cul pour trouver du cash

si c'est pour que tu le gaspilles?

- Dom, j'ai entraîné dans le downtime.

Ça a rien coûté de plus puis...

c'est pas du niaisage, là.

J'explore une avenue prometteuse pour Mélios.

- On a une politique d'entreprise,

pas d'avatar de personne réelle!

C'est ça qu'on a vendu aux investisseurs!

Là, tu vas effacer ces données-là du modèle.

Tu vas t'assurer que jamais personne l'apprenne!

- C'est moi qui lui a demandé de le faire.

Je trouvais que la technologie était cool,

j'avais juste envie qu'on essaie.

- Toi, fais juste t'assurer que tes ostie de colonnes

de chiffres balancent, c'est tout ce qu'on te demande.

- Dom, pas obligé d'être déplacé.

- Déplacé? Vous dilapidez l'argent de l'entreprise,

vous piétinez la politique de la compagnie,

puis c'est moi qui est déplacé?

(toc-toc) Quoi?

- Hé, je me demandais juste si on avait reçu

les cartes graphiques, finalement.

- J'ai-tu l'air d'un ostie de livreur de cartes graphiques?

Fuck!

- Je m'excuse, Manu, là.

C'est de ma faute, j'ai pas fait attention.

- C'est pas le moment.

(musique dramatique)

- Qu'est-ce que tu fais là?

- Ah. Je te poserai pas de questions

pour pas nuire à l'enquête, mais...

je peux-tu te faire part, moi, de ce qui me trouble?

- Vas-y.

- Je me suis renseigné sur les travaux de ton père.

Il a pas gagné le prix

du scientifique de l'année pour rien.

Ses recherches ont sauvé de nombreuses vies,

mais en même temps, kidnapper quelqu'un pour ça, vraiment?

Avec tous les risques que ça comporte,

c'est pas un peu débile?

- Bien, ils sont débiles.

- Je vais t'aider avec ton sac.

Euh... oui, mais...

(raclement de gorge)

...d'habitude, ils ont un but:

faire taire la critique, assoir leur autorité...

Avec ton père, le but, je le vois pas.

(musique de suspense)

- Je lui ai demandé pourquoi le régime tenait tant à lui,

mais il m'a pas répondu.

J'aurais dû creuser parce que...

il avait l'air de trouver ça normal

qu'ils veulent le rapatrier.

(cliquetis)

Voyons. Je comprends pas, c'est complètement bloqué, là.

- Je vais essayer.

(musique dramatique)

- Shit...

- Il n'y a plus personne. Appelle la police.

- Will, qu'est-ce que tu fous, man? T'es où?

- À l'urgence.

Ça fait tellement mal, man, c'est pas endurable.

- Mais qu'est-ce qui se passe?

- Je pense que c'est mon ulcère qui recommence,

mais je peux pas être sûr. J'ai pas encore vu le médecin.

(gémissement)

J'ai le ventre en feu, je veux mourir.

(soupir)

- OK. Il faut ce qu'il faut.

L'important, c'est que tu guérisses.

- Ah, merci, man.

Je te donne des nouvelles dès que j'en ai.

- Alright.

- Je vois pas comment monter une histoire de dettes de jeu.

Ton bonhomme, il a jamais touché à un paquet de cartes de sa vie.

Il achète même pas de billets de loto.

Il a un loisir: la course à pied.

- Puis dans ses amours, y a rien d'un peu particulier?

- Quels amours?

Il travaille, puis après ça, il travaille.

Puis pour se reposer, il travaille.

(soupir)

Il a pas le temps d'avoir de blonde.

- Il va jamais aux putes?

- Ça me semble pas compatible avec le personnage.

Je vais continuer à chercher, mais si j'étais à ta place,

je me ferais pas trop d'espoir.

Ton plan B est meilleur.

- Ouais.

- Manu, je-- - J'ai pas le temps de jaser.

Will est malade, faut que je fasse sa job en plus.

- Mais tu vas-tu être fâché toute la journée?

(soupir)

- C'est pas toi, je suis en crisse contre moi.

Dom a raison, j'ai été irresponsable.

Je voulais essayer mon code, là,

mais c'est vrai qu'on a d'autres priorités.

- Mais c'était peut-être pas juste ton code

que tu voulais essayer.

C'était peut-être pour qu'on passe

un peu plus de temps ensemble, aussi?

(expiration profonde)

- Peut-être un peu des deux.

- Mais moi aussi, c'est pour ça.

(soupir)

Le projet, je trouve ça vraiment excitant.

C'est spécial, j'ai pas envie qu'on arrête.

(soupir)

- C'est pas un jeu.

Nos investisseurs ont mis des millions dans la compagnie.

- Oui, mais les investisseurs, ils se foutent

de ce que tu fais dans ton temps libre.

- Je sais pas. Je ne sais plus.

Je vais y penser, là, mais...

Anyway, on peut rien faire à soir.

Faut que j'aille au bal de... je sais pas trop quoi.

- Au bal? - Ouais.

Pour encourager nos gros investisseurs.

Dom, il veut que j'y aille à sa place à cause de sa face.

- Ouais, il est arrivé quoi à sa face?

- Je pense que j'aime mieux pas le savoir.

- Ça finit à quelle heure, ton bal?

- C'est pas une bonne idée.

- S'il te plaît, Manu, ça finit à quelle heure?

(soupir)

- OK, je vais aller saluer notre investisseur, là.

Je reviens pour 10 h.

- Parfait.

- Vous êtes un homme difficile à joindre.

- J'avais des choses à mettre en place.

J'ai une solution à notre problème.

Mais ça va vous demander de penser en dehors de la boîte.

(soupir)

(raclement de gorge)

- Hé, ça, c'est ce que j'appelle une longue journée, hein?

(petit rire)

Je hais ça, fermer le bureau. C'est glauque,

il ne reste plus personne, c'est...

- Hum. - Ça...

ça te tenterait-tu d'aller boire un verre?

- Euh... non. Excuse-moi, j'ai...

j'ai vraiment plein de travail à finir pour ce soir.

- Ah... une autre fois.

(musique de suspense)

(cliquetis métalliques)

Ah!

(♪♪)

(déclics d'appareil photo)

(musique de suspense)

Mais ça a aucun lien avec Célestin?

- À première vue, je vois pas.

Non, c'est juste des contrats

entre Efek puis ses investisseurs.

- Oui, mais pourquoi il garderait ça sous clé?

- Bien, c'est quand même normal, Steph.

C'est des informations confidentielles.

- Mais c'est quoi le rapport avec Célestin?

- Ça, fouille-moi.

- Euh... faut que j'y aille, je pense que Manu arrive.

- OK, mais sois prudente. Puis je veux que tu me textes

quand tu sors pour me dire que t'es correcte.

- Oui, oui.

(musique intrigante)

- Juste mettre ça là, s'il vous plaît.

Merci.

(♪♪)

(musique de suspense)

- Pouvez-vous suivre la voiture bleue,

s'il vous plaît?

(♪♪)

(déclics d'appareil photo)

- T'es dû pour des vacances, toi, t'as l'air fatigué.

- Ah, c'est un client qui me fait la vie difficile, là.

- J'espère qu'il te paie en conséquence.

- Je préfèrerais qu'il me paie moins

et qu'il me fasse moins chier.

- J'ai ouvert un Sassicaïa.

- Hé, wow, Jean-Gilles.

- Bien, j'en ai quelques caisses.

Il faut que je vérifie

si je le laisse vieillir encore un peu.

(petit rire)

Tchin.

(ensemble): Hum.

- Je pense qu'il est prêt.

(rire)

Alors, t'as des informations?

- Oui, j'ai fait ma petite enquête sur la start-up Efek.

- Hum-hum? - Des gens très sympathiques.

Je sais que c'est pas ce que tu voudrais entendre,

mais ils ont rien à voir avec la vidéo de Françoise.

- Hum. - Leur technologie,

c'est bon pour le cinéma, la télé, mais...

c'est loin, très loin de pouvoir faire

des deepfakes indétectables.

- Oui, je m'en doutais.

T'as parlé à qui?

- Tu veux quand même pas que je te dévoile tous mes secrets?

(musique dramatique)

- Vous êtes qui? Qu'est-ce que vous me voulez?

(gémissements de douleur))

(halètements)

- Euh... à quoi tu penses?

- C'est vous qui avez fait ça?

- Je sais pas de quoi vous me parlez.

(cri)

- J'ai pas de temps à perdre.

C'est vous, oui ou non?

- J'étais dans la merde, là.

La compagnie allait faire faillite,

je pouvais pas dire non à deux millions!

Mais je vous le jure, c'était un one-shot deal.

Je... j'avais jamais fait de deepfake

puis je n'en ferais plus jamais non plus.

- Faut jamais dire jamais.

(cri)

(musique dramatique)

- Fais attention, il y a 200 000 piasses

de cartes graphiques là-dedans.

- Je suis au courant.

- OK, grouille-toi à monter ça, faut commencer l'entraînement.

- J'ai commencé dans le cloud.

- Sur le cloud de la compagnie?

Es-tu sûr que Manu peut pas s'en rendre compte?

- Non. Le cluster apparait hors ligne

pendant qu'on l'utilise.

Manu peut pas se logger.

- J'aime mieux qu'on fasse ça sur le serveur.

Je veux pas laisser de traces dans le cloud.

(♪♪)

- C'était comment, ton bal?

(soupir)

- Méchante perte de temps.

Je sais pas pourquoi Dom voulait absolument que je sois là.

(soupir)

OK...

Je comprends pas, j'arrive pas à me logger.

Je peux comme pas déranger l'équipe, là.

Écoute, ça va être difficile de continuer ton avatar

si je peux pas me connecter au serveur.

Ton parfum, il sent pas, à soir.

- J'en ai pas mis aujourd'hui.

C'est quoi que je dis en russe dans la vidéo?

(petit rire)

- C'est une connerie, là.

- Allez, dis-moi-le.

Sinon, je vais juste trouver une application

pour me le traduire.

- Je sais pas ce qui m'a pris. Ça dit...

(raclement de gorge)

Bien, ça dit que...

- Quoi?

- C'est vraiment épais. Ça dit...

...ça dit que tu trouves ton collègue Manu vraiment cute.

Excuse-moi, c'était... une joke plate.

(musique douce)

(petit rire)

- Comment elle va? - Elle a parlé.

Elle a dit quelques mots.

- Elle nous reconnaît? - Oui... bien, je pense.

- Françoise?

(musique rythmée)

- Je sais pas si t'es au courant,

mais ton grand-père m'a demandé d'enquêter

sur la compagnie Efek.

- Efek? Euh... jamais entendu parler de ça.

- Ah, c'est bizarre, parce que...

je fais surveiller la bâtisse puis, euh...

je te vois entrer puis sortir d'ici à tous les jours.

Sous-titrage: difuze

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