Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
- On vient de porter à mon attention une vidéo ignoble...
On accueille une gang de sous-scolarisés
qui siphonnent l'État.
C'est ce qu'on appelle un hypertrucage.
Tu me crois pas.
Je le vois dans tes yeux, tu me crois pas.
- Tout ça vient directement de Melios 3.0,
le modèle d'intelligence artificielle qu'on a entraîné.
- Je veux que tu les appelles. Une liste de questions.
Si tu le fais pas, je vais le faire.
- Vous êtes commis comptable.
Vous venez pour l'entrevue? Venez avec moi.
(ding-dong!) - Jibril. il a été envoyé par des gens
qui aiment pas qu'on leur dise non.
- Le politicien sur la photo, c'est Célestin Michel?
- Tu veux être chef à ma place?
- Personne n'y croit à ton histoire d'hypertrucage.
- Maman est où? - Son char est rentré
dans un lampadaire. Elle avait bu.
(musique douce)
- Je suis là, maman.
Je suis là.
(soupir)
Non, mais ça peut pas être un hasard.
Célestin Michel est super ami
avec les boss de la compagnie Efek.
- Mais d'où tu tiens ça, Stéphanie?
- Bien... non, mais...
je peux pas t'en parler, grand-papa, mais...
Je sais qu'il les a aidés. Ils lui en doivent une.
Ça se peut très bien que la compagnie Efek
ait fait le deepfake de ma mère
pour rendre un service à Célestin.
- Célestin, il a aucun intérêt à saboter le parti.
- Mais non, mais penses-y!
Avant la vidéo, ma mère était au top.
Célestin, il pouvait pas penser la remplacer
avant huit, dix ans.
Là, il pourrait être chef du parti dans quelques mois.
- Attention, Stéphanie, là.
Si tu commences à colporter des théories comme celle-là,
tu vas passer pour une folle.
Déjà que Françoise passe pour une raciste,
je veux pas que ma petite-fille passe pour une complotiste.
Pour le moment, on va se concentrer sur ta mère,
pas sur la vidéo.
D'accord?
Hum?
- OK. - Bon.
(rumeur urbaine)
(musique intrigante)
(grattement)
(journaliste): Ce n'est pas simplement une défaite,
c'est une véritable dégelée
que le parti Option Québec encaisse ce soir.
Seulement cinq députés d'élus, c'est inimaginable.
D'ailleurs, on va s'entretenir
avec un des irréductibles Gaulois d'Option Québec
qui a survécu à la débâcle.
Monsieur Michel, merci de prendre le temps de nous parler.
- Ça me fait plaisir.
- Bravo pour votre victoire,
mais pour votre parti, c'est la catastrophe.
C'est la fin d'Option Québec?
- Non. Pour le parti, c'est plutôt
une belle occasion de se réinventer.
- Vous devez en vouloir un peu à Françoise Parent?
- Françoise a tenu des propos inqualifiables,
mais les électeurs savent qu'Option Québec,
ce n'est pas Françoise Parent.
Ce n'est pas le parti d'une personne.
- Elle aura un rôle à jouer dans votre parti réinventé?
- Pour le moment, le plus important,
c'est que Françoise se consacre à sa santé.
- Pourquoi tu lui fais endurer ça?
- L'émotion, c'est ce qui a le plus de chances
de se rendre à son cerveau.
La colère, c'est une émotion puissante.
- Si tu le dis.
- Si vous me le permettez, je voudrais absolument remercier
les électeurs et les électrices de ma circonscription,
ainsi que les bénévoles
qui ont travaillé sans relâche jusqu'au bout.
- Penses-tu rester encore longtemps?
- Je te dérange?
- Non, c'est pas ça que j'ai dit.
- Monsieur Michel, merci...
(déclic)
(indicatif musical)
- Votre ami voulait que vous montiez dans la voiture,
mais il a pas essayé de vous forcer?
- Non.
- Est-ce qu'il vous a fait une menace verbale?
- Pas explicite.
- C'est possible qu'il ait simplement voulu
vous donner de l'information sur la job qu'il vous propose?
- Il faut pas être naïve, là. Ils ont envoyé une équipe
pour convaincre mon père de revenir.
Ils vont pas se contenter d'un « non merci ».
- Mais vous comprenez aussi que c'est difficile pour nous
d'agir en l'absence de menaces concrètes?
- C'est vrai, c'est peut-être mieux d'attendre
qu'il se fasse kidnapper?
- Tu laisses la dame faire son travail?
- Savez-vous où je peux rejoindre votre ami?
- Oui. Il m'a laissé une carte.
- Je vais demander aux patrouilleurs
de passer régulièrement devant votre domicile.
- Ça nous rassure, tout ça.
- S'il y a quoi que ce soit, hésitez pas.
- Je vous remercie.
Bonsoir!
- Maudite police. Ils sont toujours là
pour nous faire chier quand on manifeste,
mais quand on a besoin d'eux, là, oublie ça.
- T'as pas besoin d'être vulgaire.
Si la dame revient, reste polie.
Elle est là pour m'aider.
- Je suis toujours polie.
Viens, là. On va regarder les élections.
Y a le parti de la vieille raciste qui se fait clancher.
(musique rythmée)
- Bon, ça en a encore fait un.
- J'ai rien vu.
- Tiens, regarde le parallaxe est fucké, là. Check.
- De quoi tu parles, là?
Bien oui, on perd le eyeline. Check.
Regarde à côté de sa tête. - Je vois rien.
- Non, ça marche pas, là.
Il faut recommencer du début. - Manu... Non.
- Hé, la nouvelle comptable!
Will, je te présente Juliette.
Juliette, c'est Will, mon assistant.
- Euh, VP Technologies, en fait.
- Moi, c'est commis comptable.
- Bien, montre-lui, voir.
- Ouais, check donc ça, pour le fun.
- Ton visage me dit quelque chose.
On se connaît-tu?
- Hum... non.
Je penserais pas.
- T'as pas remarqué quelque chose?
- Non.
- Tu viens-tu de Laval?
Cégep Montmorency?
- Non. Je viens de Trois-Rivières.
- Check au niveau des yeux, là.
Y a pas un détail qui te dérange?
- Non.
- T'as pas travaillé chez TechNova?
- Non. - T'es certaine?
- C'est quoi, ton nom de famille?
- Tourigny.
- Puis, tu te tiens-tu au café Millie?
- Hé, ça va être beau, l'interrogatoire. Lâche-la avec tes questions.
- Je suis sûr que je l'ai déjà vue.
- Juliette?
Bienvenue chez Efek.
On va passer dans mon bureau.
- Elle était sur la défensive.
D'après moi, elle sait où je l'ai vue.
- Voyons, pourquoi elle te le dirait pas?
- Fouille-moi.
(musique intrigante)
(raclement de gorge)
- OK! Hum...
Normalement, ton patron, ce serait le comptable,
mais on a eu une petite situation.
Le comptable est parti de façon... abrupte.
Alors, il va falloir que tu te débrouilles
par toi-même pour le moment. - OK.
- Pour ce qui est de notre petite situation,
le comptable est parti sans produire le rapport TPS-TVQ.
Il faut vraiment qu'il soit parti pour demain, au plus tard.
Est-ce que c'est possible?
- Oui. Bien oui, j'imagine.
- T'imagines. OK, euh... je te montre ton bureau.
- Vous devez être content pour votre ami Célestin?
Il a réussi à sauver son comté.
- Pourquoi tu me parles de Célestin? Tu le connais?
- Bien, sa face est un peu partout, en ce moment, là.
Euh, Manu, il m'a dit que...
il vous a donné un coup de main pour le financement?
- Pourquoi ça t'intéresse? - Euh...
Je... je faisais la conversation.
- C'est indiscret, comme conversation.
Mes amitiés, ça regarde personne,
puis le financement de l'entreprise, encore moins.
- Bien, ça me regarde. Je fais votre comptabilité.
- Non! Les affaires courantes, seulement.
Là, on va mettre quelque chose au clair.
Le financement, ça me regarde, moi.
(musique intrigante)
- Célestin Michel, t'en penses quoi, toi?
- Un jeune homme brillant avec un flair politique.
Il communique bien, il plaît aux jeunes.
- Il m'énerve.
Il se pavane aux nouvelles toute la journée,
comme s'il était déjà chef du parti.
- Hum. La porte est grande ouverte, il en profite, là.
- Je dis pas que je pense qu'il a quelque chose à voir
avec la vidéo de Françoise, l'idée m'apparaît
complètement ridicule, mais...
- Quand même assez crédible pour que tu veuilles vérifier?
- Peux-tu voir de ton côté?
- T'es persuadé que la vidéo est fausse?
(musique de tension)
- J'ai décidé de croire Françoise.
- Hum!
Qu'est-ce que tu veux savoir exactement sur Célestin Michel?
- C'est toi, l'expert.
- Je vais me renseigner auprès de mes anciens collègues
du renseignement. On sait jamais.
- Je te remercie.
C'est l'enfer, ce que vit Françoise.
- Hum-hum. Veux-tu que je passe à l'hôpital?
- Non, elle est toujours inconsciente,
mais son état est stable.
Pour ce qui est de son cerveau, ils savent pas.
(respiration saccadée)
(musique inquiétante)
- Hé! Monsieur!
(respiration saccadée)
Monsieur!
C'est vous, le scientifique sur TikTok?
Bravo!
Bravo, pour votre prise de position.
(en arabe)
(respiration saccadée)
(musique inquiétante)
(ouverture de porte)
(tonalité d'appel)
(soupir) - On est arrivés.
- Va dans le salon. Derrière le sofa.
(musique intrigante)
(gémissement d'effort)
Tu l'as?
- Ça prend un code.
- 5, 9, 2, 7, 0, 0.
- C'est parfait.
- Appelez-moi si vous avez besoin d'autre chose.
(♪♪)
(respiration saccadée)
Excuse-moi, il fallait absolument que je le prenne.
- Non, il y a pas de souci.
Mais toi, tu m'as pas vraiment dit
ce que t'en pensais, de la vidéo de Françoise.
- Mon opinion est pas faite,
mais pour le peu que je connais de la technologie
et de l'hypertrucage, je peux te dire que...
au rythme où ça avance, là, méfie-toi des experts
qui te disent que quelque chose est impossible.
- Ah...
(musique intrigante)
- Hé! Tu regardes de la porn au bureau?
- Euh... bien non. C'est juste que...
- T'as pas d'explication à me donner, là. Puis?
Dom t'a pas trop surchargée de travail?
- Ça va. - Good.
- Hé, hum... je pensais ça.
Tu sais, à ce que tu me disais, que vous êtes les seuls
au monde capables de faire un deepfake indétectable?
Tu sais, comme le vidéo de la politicienne?
- Ouais. - Bien, c'est vrai
ou c'est un peu de la vantardise?
- Ça fait pas 24 h qu'on se connaît,
puis tu me traites déjà de frais chié? (petit rire)
- Ça fait pas 24 h qu'on se connaît,
puis tu me demandes si je regarde la porn.
- Touché.
Non, c'est 100 % vrai.
Zéro vantardise. - Wow!
Puis comment vous faites?
Bien, comment tu fais pour savoir
si c'est un vrai hypertrucage indétectable?
- Manu! T'es pas sérieux, là?
Tu vas encore travailler tes ostie d'effets de boucane?
- C'est pas réaliste. - On s'en câlisse!
Tu veux-tu travailler tes érections
de mouches qui s'enculent, tant qu'à y être?
- Ça serait un beau défi pour Melios, ça!
- Ça, c'est pas du perfectionnisme, man.
C'est de la maladie mentale.
(musique intrigante)
- Salut, Éli! - Allô!
- Est-ce que je te dérange?
- Bien non, mais toi, t'es-tu correcte?
Ta clinique m'a appelée pour me dire
que mon rendez-vous était annulé.
T'es pas malade, là?
Euh, non... hum...
je pouvais pas travailler, là.
Je vais t'expliquer, mais hum...
j'aurais besoin de renseignements
pour les rapports TPS-TVQ.
- Bon, enfin, tu te décides.
Tu vas voir ça, c'est tellement facile.
Dans le fond, il faut que tu calcules les taxes
que t'as facturées à tes clients,
moins celles que toi, tu payes.
- Oh attends, c'est pas pour moi, là, c'est, hum...
Mettons que je voulais faire
les rapports TPS-TVQ d'une compagnie?
- Mais pourquoi toi, tu ferais
le rapport TPS-TVQ d'une compagnie?
- Qu'est-ce que tu fais ici?
- Ça me touche vraiment, ce qui arrive à Françoise.
Je peux pas m'empêcher de penser
que j'ai une part de responsabilité là-dedans.
J'ai pas été très tendre avec elle, le jour de son accident.
- T'as été dégueulasse, tu veux dire.
- Françoise, je sais pas si tu m'entends.
Je m'excuse.
- Des excuses pour l'avoir trahie ou pour avoir cru
qu'elle avait vraiment insulté le chauffeur de taxi?
- C'est... c'est pas une question de croire ou de ne pas croire.
La conversation raciste avec le chauffeur de taxi
a bien eu lieu. C'est pas moi qui l'ai inventée.
Mais je vous jure...
je vous jure que je ne veux pas de mal à Françoise.
Est-ce qu'on pourrait se donner rendez-vous, vous et moi,
le plus rapidement possible?
- J'ai pas de temps libre, en ce moment.
- Ce serait pas long.
- Vas-y tout de suite. Dis-moi ce que tu veux.
(soupir)
- C'était important, pour Françoise, le parti.
- Ouais, je le sais. Ça l'est encore.
- Hum. Vous allez peut-être trouver
ma proposition audacieuse, mais...
est-ce qu'on pourrait envisager de travailler ensemble, vous et moi?
Vous savez autant que moi que le parti a besoin
d'un nouveau chef et que ça devrait être moi.
En travaillant ensemble, on enverrait
un signal important, rassembleur.
- Je crois pas que ce soit l'endroit approprié
pour avoir ce genre de discussion.
- Je vais attendre votre appel.
- Ostie de trou de cul.
Devant Françoise, en plus.
Comment ça se fait que tu lui as pas arraché la tête?
- Ça te tentait pas de lui arracher la tête toi-même?
(soupir)
- Non, mais t'es complètement folle?
Là, tu sors de là tout de suite!
Se faire passer pour une comptable, c'est de la fraude.
- Commis comptable. - C'est pareil, là.
Regarde, tu niaises pas là une seconde de plus, OK?
Tu pourrais te ramasser en prison.
- Éli, c'est ma mère. OK?
Je suis la seule au monde qui la croit.
Je peux pas l'abandonner. Puis en plus,
y a un de mes deux boss qui m'a comme semi-avoué
qu'ils font vraiment des deepfakes indétectables.
- Stéphanie, reviens sur Terre.
Tu vas te faire démasquer tout de suite.
Tu connais fuck all aux chiffres.
- Bien, c'est pour ça que j'ai besoin de toi.
Si tu le fais pas pour moi, fais-le pour Françoise.
Fuck! Fuck! Fuck! C'est mon boss.
Deux secondes. - Hé, j'oubliais.
Avant de partir, le comptable avait découvert quelques erreurs.
Tu sais comment apporter des modifications
pour la période de réajustement fiscal?
- Oui. Oui, oui.
- Demande-lui de... préciser les erreurs.
- Pouvez-vous préciser quelles erreurs?
- Euh... principalement des erreurs
de classification de dépenses, puis des erreurs
de calcul de crédits de taxes sur les intrants.
- Là, tu vas lui dire que tu vas vérifier les classifications,
puis recalculer les CTI.
- Bien, je vais vérifier les classifications,
puis recalculer les CTI.
- OK. Parfait.
- Hé, tu m'as tellement sauvé la vie.
(soupir) - OK, fait qu'on commence par la TPS ou par les CTI?
- Steph! Non.
- Éli, s'il te plait. OK?
J'ai juste besoin que tu m'aides à m'acheter un peu de temps.
C'est vraiment important, pour moi.
- Shit que je devrais pas faire ça.
OK... là, là, si quelqu'un te demande
si je t'ai aidé, tu dis non.
C'est clair? - Hum-hum.
(vibration de téléphone)
- Oui? - Safia Saeed?
- Oui.
- Je suis Jibril, le fils de Mohammed.
- Comment vous avez eu mon numéro?
- C'est ton père qui me l'a donné.
- Bullshit! Mon père aurait jamais fait ça.
Bye! - Attends, attends.
Attends, ne raccroche pas.
J'ai reçu un appel de la police.
Je ne sais pas ce que Daji s'imagine.
Il semble s'être monté tout un cinéma.
- Écoutez, monsieur, vous perdez votre temps.
Il est pas question qu'on revienne. Ni moi, ni mon père.
On est des citoyens canadiens maintenant.
Vous savez ce que ça veut dire?
On a des droits, puis on se laissera pas intimider.
- De... de quoi as-tu peur, exactement?
Explique-moi. - Je vais le dire à la police
que vous avez essayé de m'intimider moi aussi.
- Je t'intimide pas, je veux simplement que...
que tu rassures ton père. - Assez niaisé, là.
Vous ne m'appelez plus, vous n'appelez plus mon père,
puis vous arrêtez d'essayer de nous parler.
Compris? - Safia...
(en arabe)
(musique intrigante)
(cliquetis distant)
(soupir)
(musique intrigante)
(cliquetis)
- Ça?
- Non, c'est pas des clés de classeur, ça.
Peut-être que la réceptionniste est partie avec.
(musique de tension)
- Bonjour! Je viens voir Dominique Arcand.
Il m'a dit de l'attendre ici. - OK.
Vous pouvez attendre là, il devrait pas tarder.
- Merci.
- C'est important, le papier que tu cherches?
- Quoi? - Non, je parlais avec Juliette.
- Ah, bonjour, Patrice! Venez avec moi.
- Bonjour! Merci de me recevoir encore.
- Hé, Dom, Juliette cherche les clés
du classeur de droite, en face de son bureau.
Les as-tu? - Pourquoi? Elle est où, là?
Elle a pas besoin de ça.
- T'en as besoin ou pas?
- Euh... non. Je vais aller prendre l'air.
(musique de suspense)
(musique de samba)
- Tu devineras jamais ce que j'ai fait aujourd'hui.
- Comment tu veux que je le sache?
- Je suis allé chez Efek, la compagnie d'effets spéciaux.
- T'es allé chez Efek?
- Je leur ai posé ta liste de questions.
J'ai tout enregistré les réponses.
Tu peux écouter ça. - Ah ouais?
- Ç'a pas été une entrevue facile, il se demandait pas mal
où est-ce que je m'en allais avec mes questions, mais...
je m'en fous.
Si ça peut t'aider à passer à autre chose.
Ils sont formels.
Ils ont pas les capacités de faire un deepfake indétectable.
- Ils t'ont dit ça?
(Dominique): Euh oui, euh bien, ça me fait plaisir.
On va... on va s'installer ici.
- Ça, c'est Dominique Arcand, le PDG.
Il y a pas... il y a pas foule dans les bureaux.
C'est quoi, vos employés ont décidé
de tous prendre congé en même temps?
- Euh... oui, oui. C'est ça, on...
En fait, on a organisé une...
une activité de team building, à l'extérieur.
- Non, mais tu vois, il te ment déjà en partant.
Leurs employés ont quitté par bloc.
C'est pour ça que les bureaux sont vides.
- Comment tu sais ça?
- Parce que... quand je faisais de la recherche sur Efek,
je suis tombée par hasard sur une vidéo d'un ancien employé
qui se plaignait sur les réseaux sociaux.
- Oh.
- Mais c'est vraiment gentil que tu sois allé.
- Euh, est-il possible, avec la technologie existante...
(musique de suspense)
(soupir)
- C'est bizarre, là, je... je comprends pas
pourquoi ils tiennent tant à ce que tu reviennes.
- Je sais pas. - Je comprends que t'es bon, là,
mais il y en a d'autres, des experts en isotopes médicaux.
Tu sais, ils pourraient t'engager pour entraîner
des médecins à distance.
- Safia, on devrait partir quelque temps, juste toi et moi.
- Où ça? - Je sais pas.
Un chalet. Visiter les Rocheuses.
Juste le temps que ces gens-là m'oublient.
- Pars, toi. Moi, je peux pas tout lâcher
au milieu de ma session. Mais c'est une bonne idée
que toi, tu t'en ailles. - Non, non, hors de question.
On part ensemble. Je te laisse pas seule avec eux.
- Pourquoi? Parce que tu penses...
OK. Bien, je... je vais y penser.
- Tu me promets d'être extrêmement prudente, ma fille?
- Oui.
- Puis, excuse-moi de te causer tous ces problèmes.
- Papa, c'est toi, la victime. Tu vas pas t'excuser.
- Tu vas te couper l'appétit.
- Bien, j'ai même pas faim, de toute façon.
(soupir)
(musique à la radio)
- Hum, ça te dérangerait-tu de ramasser la table?
Parce qu'il faudrait vraiment que j'aille donner un traitement à Élisabeth.
- Ce soir? - Je n'ai plus de place dans le jour.
(soupir) - Mon amour,
il faut que t'apprennes à mettre tes limites.
- Ouais, je sais, mais euh...
elle dort pas bien, là.
C'est pas bon pour sa grossesse.
- Mère Teresa. T'es trop bonne.
(musique trépidante)
- J'ai toute copié les dossiers.
Je les ai mis sur la clé USB.
Tiens. (soupir)
- Il y a rien de tout ça qui transite par mon ordi.
- Non, je le sais.
J'ai amené mon ordi. - Hum.
- L'important, c'est juste que j'aie
les rapports TPS-TVQ pour demain.
Et puis aussi, l'autre affaire de CTI.
- Hum. - J'ai fait ce que tu m'as dit de faire,
mais je comprends rien, fait qu'il va falloir que tu vérifies.
- On va s'arranger. - Merci.
- Hum-hum.
Même si y a une couple d'erreurs, le temps
qu'ils s'en rendent compte, tu ne seras plus là. Hum?
- On fera quand même pas exprès.
- C'est quoi, là? Le syndrome de Stockholm?
Tu t'en fais pour l'ennemi? - Non, là.
C'est juste qu'il faut quand même que j'aie l'air un minimum compétente.
- Han-han. - Il y a un des deux boss
qui est pas parlable, mais... je pense que je vais
être capable de me rapprocher de l'autre.
- Mais c'est qui, ça, l'autre?
- Manu. - De Manu?
- Je pense qu'il va me faire des confidences.
Je sais juste... vraiment pas comment je vais m'y prendre.
(musique intrigante)
Allô, frais chié!
Ça va bien, ce matin?
- Pourquoi tu me traites encore de frais chié?
- Bien, je sais pas, je te trouve juste un peu vantard.
Tu m'as toujours pas expliqué pourquoi tu serais
le seul au monde capable de faire un deepfake indétectable.
Il faut payer? - Faut pas croire la rumeur
que toutes les compagnies technos engagent des baristas.
- Juste une bonne machine, ça m'irait.
Tu fais pas du yoga chaud chez Bacana?
- Je m'excuse, mais ta face, elle me dit vraiment rien.
- Moi, je suis certain que je connais ta face.
- Bon, bien, c'est ma tournée.
Choisis ta cartouche: corsée, veloutée, équilibrée?
- Corsée.
- Corsée.
Ferme la porte.
Bon, on va parler du mot
qui a pas le droit d'être prononcé icitte, là.
Deepfake.
Les deepfakes, je te l'ai dit, on touche pas à ça.
Si un producteur m'arrive
avec le scénario de la politicienne,
puis il me demande d'en faire un,
c'est zéro un problème, pour moi.
- Puis, ça se passerait comment?
- OK. Mettons, euh...
Au lieu de la politicienne plate, là,
je veux une fille cute de 25 ans.
Mettons... toi.
Bien, il faut que le modèle apprenne
comment tes cheveux bougent,
comment la lumière se reflète sur ta peau.
comment tu marches, comment tu cours,
comment tu ris, comment tu te choques.
Puis pour faire ça, bien, je prends Melios 3.0 de base.
Je l'entraîne sur plusieurs vidéos de toi.
Puis, une fois que ça, c'est fait,
je peux demander le scénario que je veux.
- Aussi réaliste que si ça avait été filmé pour vrai?
- 100 % pareil.
- C'est malade. - Hum.
Personne pourrait faire la différence.
On est les seuls qui sont rendus là, côté réalisme.
Nos concurrents sont loin en arrière.
- Puis, pourquoi on en ferait pas un?
- De quoi?
- Bien, on pourrait faire un deepfake avec moi.
- Non. On fait pas ça.
Les avocats veulent pas.
- Pourquoi?
- De un, ça serait pas éthique, OK?
Une fois que je t'ai dans le modèle, là,
je pourrais faire n'importe quoi avec ton image.
- Je te fais confiance.
(hurlement)
- Yeah!
(rire ravi) Yes!
L'argent est rentré!
La banque s'est tellement excusée,
je pensais qu'ils allaient me faire une pipe.
(rire) OK, tout est réglé.
On a accès à nos fond.
C'est fini, les problèmes de paye.
Yes! Yes!
OK, mets-toi sur le téléphone.
Je veux savoir qui revient et qui revient pas.
- Yes. - Hé!
C'en est où, le rapport TPS-TVQ?
- C'est fait. - Good!
Viens-t'en. J'ai d'autres mandats pour toi.
Yes!
(musique intrigante)
(sonnerie de téléphone)
- Ma petite abeille! (Safia): Lâchez-moi!
Non, mais qu'est-ce que vous faites? Non!
- Safia?
Safia, qu'est-ce qui se passe?
- Papa! Viens m'aider.
S'il te plait! S'il te plait!
Papa! Lâche-moi!
Lâche-moi! Vous me faites mal!
- T'as entendu, Daji?
C'est ta fille.
- Jibril, lâche-la.
Tu la lâches. Qu'est-ce que tu lui veux?
(en arabe)
Jibril, arrête!
(Safia): Non, mais qu'est-ce que vous faites? Non!
- Jibril, arrête! Lâche-là!
Tu lui fais pas mal.
J'arrive tout de suite.
- Vous me faites mal! - Je t'attends.
(respiration saccadée)
(soupir)
(musique de suspense)
(souffle du vent)
(en arabe)
(sonnerie de téléphone)
- Oui, ma chérie. J'arrive. Je suis là.
- T'arrives où? En tout cas.
Tu croiras pas là, ce qui vient de m'arriver.
Y a un fraudeur, là, qui a piqué mon numéro de téléphone.
Puis ça fait une heure
que je m'engueule avec la compagnie.
Même là, après ça...
(en arabe)
- C'est bizarre, là, je comprends pas.
(musique trépidante)
(grognements de lutte)
Papa?
- À l'aide! À l'aide!
- Papa, réponds-moi!
- Lâchez-moi!
- Daji! Daji, calme-toi. On te fera pas mal.
(gémissements)
- Chut...
- À l'aide!
(respiration saccadée)
- Papa! Réponds-moi! Qu'est-ce qui se passe?
Papa!
Je vous l'ai dit dit qu'il allait se faire kidnapper.
OK, mais dépêchez-vous, là.
(soupir)
(musique dramatique)
S'il vous plaît, j'ai besoin d'aide.
Mon père s'est fait kidnapper par des fous
qui veulent le sortir du Canada de force.
Ça, c'est lui.
Il s'appelle Daji Saeed.
C'est un chercheur en isotopes médicaux.
J'ai zéro confiance en la police.
C'est sûr que là, demain matin, mon père va être dans un avion.
S'il vous plaît, partagez la photo
pour que tout le monde la voie.
C'est la vie de mon père qui est en jeu.
Please!
(musique dramatique)
(en arabe)
- OK. Qui c'est qui revient, qui c'est qui revient pas?
- Bashir puis Pierre-Luc peuvent revenir,
mais Fred m'a envoyé chier.
(soupir de dégoût)
- Ostie que j'ai hâte que l'intelligence artificielle
fasse tout puis qu'on n'ait plus besoin d'employés.
- L'AI va être capable de faire ta job
bien avant celle de Fred, man.
Les PDG, c'est les premiers menacés.
Santé! - Santé!
- Pour vrai là, pour l'argent, ça...
d'où ça sort?
- J'ai recruté un nouvel investisseur.
Un fonds californien. Ils mettent deux millions US
pour voir ce qu'on a dans le corps.
- C'est malade!
Pourquoi t'as pas dit ça au lieu d'inventer
tes conneries avec la banque? C'est motivant pour l'équipe.
- Ouais, mais non. C'est ça.
C'est un peu, euh, compliqué, comme deal, là.
Ils... ils veulent pas que ça se sache.
- Pourquoi? C'est pas logique.
- Peut-être pour pas attirer l'attention de la concurrence?
Je sais pas.
- Un dépôt de deux millions US.
Il m'a demandé de l'inscrire au livre comme un... attends...
...un financement stratégique en capital risque.
Qu'est-ce que t'en penses?
(Éli): Ouais, au bureau, c'est ma spécialité.
Faudrait que je voie le contrat.
- Bien, j'ai pas vu de contrat. - Hum.
Regarde le relevé bancaire.
Est-ce que tu vois un code Swift?
(soupir) - Je trouverais ça où?
- Bien, c'est parce qu'il faut que tu regardes
le relevé de transactions.
- Euh... ouais, OK.
Ici, il y a un espace code Swift.
Le numéro c'est CAYMUSKYXXX.
- Oh, mais ça vient des îles Caïmans, ça.
Shit! Leurs investisseurs se magasinent du trouble.
- Pourquoi? - Bien, parce que c'est un paradis fiscal, Steph.
Ça, c'est utilisé par du monde qui veulent pas être liés
à leurs transferts d'argent, pas des anges, mettons.
- Attends, genre un politicien
qui voudrait payer pour faire un deepfake?
- Mais tu penses vraiment que Célestin Michel
a les moyens de payer deux millions US pour un deepfake?
- Ouais...
(petit rire)
(musique de suspense)
- Petite escale avant le grand départ à la maison.
- Non! - Tu n'as pas le choix, Daji.
Et moi non plus.
(respirations saccadées)
(grésillement)
(en arabe)
Retiens-toi.
L'avion arrive bientôt.
(respiration saccadée)
- Hé! J'ai mal au ventre.
(musique de suspense)
(sonnerie de téléphone)
(cri)
- Daji! Fais pas le con! Arrête!
(coup de feu)
(musique de suspense)
Non! Non! Non!
- Le gars, il a de l'argent. Célestin dépense beaucoup.
Gros condo, vol en première classe...
des goûts de luxe.
Puis, c'est pas clair du tout d'où cet argent-là vient.
Sûrement pas de son salaire de député.
- Tu penses qu'il est corrompu? - C'est possible.
Mais, euh...
pour ce qui est d'un potentiel deepfake
que Célestin aurait commandité, euh...
non, mes sources ont rien trouvé.
- Il y a une compagnie montréalaise d'effets spéciaux.
Ça s'appelle Efek.
Il y a peut-être un lien avec Célestin.
On me dit qu'ils ont la capacité
de faire une vidéo comme celle de Françoise.
- Efek? - Efek.
- OK, je peux vérifier.
(alerte de notification)
(soupir)
- Mauvaise nouvelle?
(musique de suspense)
- Euh... ouais.
Une urgence dans un autre dossier.
Je m'excuse. Faut... faut que je parte.
(fermeture de porte)
(soupir)
- Faudrait penser à y aller, là.
La réservation est à 9 h.
- Oui, je suis prête.
Tu sens bon.
(sonnerie de téléphone)
- Faut que j'y aille.
Euh... c'est Élisabeth. Faut que le prenne.
- Allô! Euh... c'est Manu.
Manu de Efek.
- Salut, Manu d'Efek.
- J'ai... j'ai trouvé ton numéro dans nos dossiers, puis euh...
j'étais pas certain que c'était le bon.
- Oui, c'est le bon.
- J'ai... j'ai repensé à ton idée
de te capturer dans Melios, puis euh...
j'ai peut-être dit « non » trop vite.
- Capturer? - Ouais!
C'est une expression, là, euh...
Dans le fond, si tu veux toujours faire ton deepfake,
il faudrait que tu viennes au bureau.
En dehors des heures ouvrables, je veux dire, là.
Je veux pas que Dom soit mis au courant tout de suite.
- Euh... c'est... c'est quoi, les heures ouvrables?
- Après 9-10 h, on devrait pas avoir personne dans les pattes.
- Euh, ouais, ouais, je devrais être capable de gérer.
T'es-tu disponible maintenant? - Maintenant?
Euh... ouais.
Ouais, ouais, écoute, regarde, je vais...
je vais commencer à me préparer de suite.
Hé, bye!
(musique intrigante)
- Je peux pas vous décrire les ravisseurs, mais y en a deux.
Ils parlent arabe, puis y en a un qui s'appelle Jibril.
S'il vous plaît, là, partagez la vidéo.
C'est sa vie qui est en jeu, là.
- Si je peux avoir un deepfake de moi-même,
je vais pouvoir prouver à tous les experts
qu'ils sont capables d'en faire un.
Est-ce que tu réalises à quel point
c'est important pour ma mère?
- OK, puis ton Manu, lui, il va donner un deepfake
qui le met dans la marde à sa commis comptable
juste pour lui faire plaisir?
- Je te demande juste de me couvrir,
pour ce soir.
(soupir)
- Ayoye...
- Merci!
(musique intrigante)
Il va falloir que j'aille voir Élisabeth, là.
Elle s'est fait vraiment mal. Elle file pas.
- Ah, Stéphanie, il faut que t'apprennes à dire non, là.
On a une réservation! - Bien, je le sais, mais...
(soupir) - Bien non. C'est correct.
Je comprends. Vas-y.
- Je suis vraiment désolée. Bye!
(soupir)
(fermeture de porte)
(musique de suspense)
Allô?
- Hé, as-tu vu les messages?
Je suis allé souper avec la gang, finalement.
(ouverture de porte)
(musique de suspense)
Oh, my God, Dom, qu'est-ce qui s'est passé?
Sous-titrage: difuze
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.