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Zulu
...
Musique dramatique
...
-Marie, il est 7h10. Réveille-toi.
Marie ?
Marie, il est 7h10. Réveille-toi.
Marie ?
Marie ?
-Papa ! Papa !
Regarde ce que j'ai trouvé sur la table de la cuisine.
-Quoi ?
-C'est une lettre de maman qui dit qu'elle s'en va.
-C'est quoi cette histoire ?
-Mamie vient nous prendre à 8h30. Faut que je finisse mon sac.
-Antoine. -Papa, il y a plus de lait.
-T'as pas vu maman ?
-Non. Elle est pas à la salle de bain ?
Eh, papa.
Dis à mamie qu'elle m'achète des nouveaux après-skis.
Ils sont pourris, les miens.
-Maman est partie.
-Où ? -Je sais pas.
Le téléphone sonne.
-Allô. Marie !
Tu fous quoi ? T'es où ?
T'es cinglée de partir le jour du départ en vacances.
Y'a même plus de lait.
-*Je suis partie avec quelqu'un. Je reviendrai pas.
Tonalité
-Alors, où elle est ?
-Elle dit qu'elle est avec quelqu'un d'autre.
-Qui ça ? -J'en sais rien.
-Un nouveau mec ? Elle te quitte, c'est ça ?
-Voilà, c'est ça. -Ah bon ?
-Maman te quitte ?
-Ca m'en a tout l'air.
-Zut ! J'ai oublié les sandwiches.
Ils sont dans la cuisine. -Pas grave.
-Vous voulez aller les chercher, Victor ?
J'ai peur qu'ils pourrissent. -J'ai pas la clé.
-Marie l'a. Ah, zut. Je vous la donne.
Voilà. Ce serait vraiment gentil.
-Vas-y. Oui, oui, monte.
-Papa, tu lui dis pour mes après-skis ?
-Oui. Il veut des nouveaux après-skis.
Je vous les rembourserai. -Mais non.
-Au revoir.
Vous avez pas une petite idée pourquoi elle est partie ?
-Vraiment, Victor, je sais pas.
Tout ce que je sais, c'est qu'elle...
-Quoi ? J'entends pas !
-Ah, Thérèse. -Vous avez une lettre.
-Vous savez pas ce qui arrive. -Si.
-Comment vous savez ? -On m'a prévenue.
-Ma femme vous a parlé ? -Non.
-Qui vous a prévenue ? -Laurent.
Vous êtes 8 dans le même cas. -8 ?
-Ils ont fait ça grossièrement.
-Laurent est parti avec elle ? -Avec qui ?
-Ma femme. -Pourquoi ?
-Qu'est-ce qu'il a dit ?
-Je préfère que vous lisiez la lettre sur votre bureau.
-Ah bien, merde ! C'est le bouquet !
Qu'est-ce que c'est que ça, Thérèse ?
-Votre lettre de licenciement. C'est affreux.
-C'est quoi ça, Laurent ? -Je suis très embêté.
-Et moi, je suis quoi ?
-Laisse-moi t'expliquer. -Je suis dans la merde !
-Vous êtes 8. -Qu'est-ce que ça peut me foutre ?
-La boîte est dans une phase... Sonnerie
Excuse-moi. -18 mois que je...
-Allô, c'est pas le moment. Je suis en rendez-vous.
Non. Non. Ah non ! Pas le canapé.
Le canapé appartient à ma mère.
C'est ça, oui, c'est ça. *-T'es une merde ! Connard !
-Tu peux garder tes insultes... Je suis en rendez-vous.
-18 mois que je me bagarre pour un procès vital pour la boîte.
Le procès est gagné. Ca va rapporter des millions !
15 jours après, on me renvoie. Qu'est-ce que ça veut dire ?
-Ils ont peur que tu deviennes cher avec cette victoire.
Les statistiques montrent qu'un tel procès
n'arrive que tous les 20 ans.
Plus besoin de gens brillants.
-Si on avait perdu, j'étais pas renvoyé ?
-Victor, laisse de côté tes sentiments personnels.
-Tu m'emmerdes !
Comment tu veux que je les laisse de côté ?
-T'es pas rationnel. A ma place...
-Je suis pas à ta place. Je suis à ma place !
-T'as vu tes indemnités ? -J'en veux pas !
Sonnerie -Excuse-moi.
-Tu te les mets où je pense ! -Allô.
Françoise, ça suffit. Arrête. Françoise, je suis en rendez-vous.
Je vais m'énerver.
Qu'est-ce que ton avocat
a à voir avec le canapé de ma mère ?
Je suis en rendez-vous, je ne peux...
-Je veux pas d'indemnités. Je me laisserai pas faire.
Le téléphone sonne.
J'ai un bon avocat. -J'en ai assez !
Embarque le canapé, les compacts disques, les housses de couette.
J'en ai rien à foutre ! Je t'emmerde !
Zut, elle a raccroché. Les divorces, je te jure.
-Parce que j'ai un bon avocat. C'est lui qui a plaidé !
J'y mettrai le prix qu'il faut, je me ferai pas virer !
-Prends tes indemnités et pars.
T'embarque pas dans un procès que tu vas perdre.
Sonnerie -Parce que si tu crois...
-Pardonne-moi. Je voulais pas te dire ça.
Je te demande pardon. Françoise, restons calme.
On en parlera ce soir.
Oui, mais Françoise, ne t'énerve pas comme ça.
Françoise, je t'aime encore, mon bichon.
*-Va te faire foutre !
-Bon, je te laisse.
Ah, au fait, tu sais ? Ma femme m'a quitté.
-Ah bon ?
Quel salaud, ce Laurent. -Oui, c'est dur.
-Je croyais que c'était un bon copain.
-C'est pas croyable. -Thérèse.
Tapez une lettre. -Victor.
-Je dois trouver du boulot rapidement.
-Victor, je... -Ensuite...
Faites un dossier des procès que j'ai gagnés.
Vous l'enverrez aux boîtes... -Il faut que je vous parle.
Je pourrai pas le faire. Je travaille.
-Quoi, vous travaillez aujourd'hui ?
-J'ai trouvé.
-Vous restez pas avec moi ?
-Vous êtes licencié.
-On va travailler ailleurs !
-J'ai les traites de l'appartement
et ma mère habite chez nous depuis que mon père est mort.
Et on veut acheter une maison.
J'ai besoin d'un salaire.
-Qui vous parle de mois ?
-Je sais qu'un conseiller juridique comme vous trouvera du travail,
mais on a vu des gens très bien mettre un certain temps
avant de retrouver...
-Dans quelle boîte vous allez travailler ?
-Euh, ici, je reste ici.
-Ici, dans ce bureau ?
-Ah non ! Pas dans ce bureau, non.
-Où ça ?
-Bien, à côté, pas loin.
-Où ?
-Chez Laurent.
-Comment ça, chez Laurent ?
-Sa secrétaire est en congé et il avait personne.
-Ca fait combien de temps que vous saviez ?
Je vois, je vois. Bien, c'est gai.
Allô, Paul ? C'est Victor.
Il m'arrive une chose affreuse, ou plutôt 2 choses affreuses.
Il faut que je te raconte. Je vais très mal.
Je peux passer te voir ? Je te dérange pas ?
Elle parle en espagnol.
...
Sonnette
...
-Bonjour, je suis Victor, un ami de Paul.
J'ai rendez-vous avec lui.
-Oui, passez dans la salle d'attente.
-Je ne viens pas me faire soigner.
Je suis ami de Paul et viens parler.
Dites que je suis là.
-Oui, je le lui dis tout de suite. -Oui.
Elle parle en espagnol.
...
Martine, il m'arrive des choses affreuses.
Je suis déprimé. Je suis venu voir Paul...
-T'es venu pour l'allopathie ou l'homéopathie ?
-Hein ?
-Vous téléphonez où ?
-A Paris, Madame.
-Vous parlez en espagnol. -Oui.
C'est ma cousine espagnole.
-Ah oui ? Pardon. Allô ? Bonjour, Monsieur.
C'est un monsieur.
Dites donc, Monsieur,
quel temps il fait à Malaga ?
Oui. Ah bon ? Très bien, merci. Au revoir.
Il pleut des cordes.
Depuis quand vous parlez à votre cousine ?
-Je jure que je venais de faire le numéro.
Ma mère... -Est très malade.
Je connais la musique.
J'ai eu 4 500 balles de note de téléphone le mois dernier.
J'en ai ma claque de vos coups de fil, OK ?
-Oui. Je comprends.
-Les appels en Espagne seront retenus sur votre paie.
-D'accord, Madame.
-Ces clients viennent pour ?
-Tous pour l'homéopathie, Madame.
-Martine, il faut que je te parle. Tu sais pas ce qui m'arrive.
-J'en ai plein le cul. Je suis vulgaire ?
Tant mieux !
Ca se passera pas comme ça.
Si vous êtes venus pour l'homéopathie, décampez.
Sinon, je vous sors à coups de pied au cul !
Je suis vulgaire ? Bien !
Mon mari est allopathe. Vous comprenez ?
Allopathe, pas homéopathe.
J'étais à la banque. On a un découvert de 20 briques.
Grâce à l'homéopathie.
Quand il était allopathe, il voyait 65 personnes par jour.
10 minutes chacun.
Une ordonnance de médicaments, c'était emballé !
150 francs par personne !
En tant qu'homéopathe,
il voit 10 personnes par jour
et passe une heure avec chaque client.
Douze au lieu de 65, faites le compte !
S'il veut la guerre, ce sera la guerre.
L'homéopathie, c'est fini !
Dehors tous !
-Tu fais quoi ?
-Je fais quoi ?
Je sauve notre ménage. -Paul ?
-On a 20 briques de découvert.
Je suis vulgaire ? Tant mieux. Comment on va payer la maison ?
Et les notes de Conception qui appelle constamment l'Espagne ?
Et les réparations de la maison ?
-Ca suffit. Je travaille.
-T'appelles ça travailler ?
Tu bavasses des heures avec tes clients
et je me bats avec le banquier.
Tu crois que ça amuse tes clients d'attendre des heures ?
Ils en ont jusqu'à ce soir. Ca vous amuse ?
Autrefois, on attendait pas ici. En 10 minutes, c'était bouclé.
-Tu sors immédiatement.
-Je t'emmerde.
Tant que j'habiterai ici, ça se passera pas comme ça.
Tu veux la guerre, tu l'auras.
-Paul, il m'arrive une chose affreuse ou plutôt 2.
Il faut que je te raconte ça.
-Tu comprends rien. T'as jamais compris.
Je suis un médecin.
Pas une machine à fric. J'aime guérir les gens.
Guérir me rend heureux.
-Je suis d'accord avec toi.
Très bien de vouloir guérir les gens.
Soigne à l'homéopathie les gens que tu aimes.
Les enfants, moi, ta famille, les autres, non !
On n'est pas des philanthropes. Autrement, où va-t-on ?
-Comme avant ?
J'étais à bout, chaque jour, 70 clients, comme une pute.
Les antibiotiques !
L'abattage, l'abattage. L'abattoir, oui.
En 10 ans, pas une guérison.
En 10 ans, je n'ai pas vraiment guéri
une seule personne.
J'ai fait du fric,
drogué les gens et enrichi l'industrie pharmaceutique.
Tu veux que je continue ? Que je me suicide ?
Si je continue,
je me suicide, ça t'aiderait.
-Tu veux la guerre, alors je te préviens.
Sous le régime de la communauté de biens, si on divorce,
je prends les enfants et la moitié de tout.
Ca va te ruiner.
-Je t'en supplie. L'homéopathie, c'est l'avenir.
Les cabinets de mes collègues allopathes se vident.
Les gens en ont marre des drogues qui les rendent plus malades.
Mon agenda, il est plein.
-Tu connais ton intérêt des agios à la banque ?
17 % et c'est un prix d'ami.
20 briques à 17 %, fais le compte. -Il faut que je te parle.
Ce matin, je regarde l'oreiller à côté, personne.
A la cuisine, personne. -C'est simple.
Jure que tu feras plus jamais d'homéopathie
sauf à la maison ou je t'envoie mon avocat.
Je vendrai pas la maison de Rambouillet,
parce que tu veux guérir la terre entière.
-A la salle de bains, personne. Placard vide.
-J'en ai assez ! Fais ce que tu veux.
C'est plus mon problème. Au suivant.
C'est à vous, Madame Dubois.
-Que puis-je faire ?
Victor, toi qui es un ami, aide-moi !
Jamais je pourrais lui envoyer mon avocat.
Je l'aime, aide-moi. Il est bon.
-Je trouve un mot à la cuisine.
Elle m'écrit qu'elle me quitte. Tu te rends compte ?
-Victor ? Empêche-la de faire une bêtise.
Emmène-la chez ma sœur Sophie. Elle lui parlera.
-Paul !
-Je te laisse. -J'ai à te parler.
-Tu te rends compte de ce que j'ai fait ?
Un esclandre pareil.
Si ça se trouve, ses clients reviendront plus à cause de moi.
-Mais non. -T'es gentil, Victor.
Heureusement qu'on a encore quelques bons amis.
Arrêtez-vous !
J'ai vu un truc dans une vitrine que je cherche depuis des mois.
On klaxonne.
Je reviens tout de suite. -Oui, oui.
-Je n'ai pas de médicaments pour le nez,
mais je vais vous ausculter.
-Mais, il y a pas "d'ausculteur".
-Vite, les enfants, on s'en va. -Oui, maman.
On sonne. -Vite, vite, va ouvrir, Hélène !
-Martine et un monsieur.
-Bonjour, Sophie. Regarde.
J'ai trouvé le même tapis qu'on nous a volé.
Celui de Rambouillet.
-C'est chouette, ça.
-Je te présente Victor. Tu le connais ?
-Ah non. Bonjour, Victor.
-Ca va pas avec Paul.
On a 20 briques de découvert. L'homéopathie nous a démolis.
-Je suis en retard.
Je dois amener les gosses à la gare.
One sonne. Hélène, vite, va ouvrir.
-Je crois que je vais pas rester.
-Je sais. Tu vas pas bien comme moi.
-C'est Pierre avec Gaspard et Sylvain.
-Salut. -Bonjour.
-Bonjour. -Salut Nico !
-Tu fais quoi ? -Je les amène.
-Et la gare ?
-Bernard m'a dit de venir ici. -Ah bon ?
-Bonjour. -Bonjour.
-Voici Victor. -Bonjour. Tu lui prêtes ?
-D'accord. -Bon, je me sauve.
-Je me grouille !
-Au revoir. -Tu lui prêtes ?
-Ouais, ouais.
-C'est l'ex-mari de Sophie.
Gaspard est le fils qu'il a eu avec Sylvie, sa deuxième femme.
Sophie a eu Hélène et Nico avec Bernard.
-Je vois. -Maman !
J'ai pas mes maths !
-Sylvain, c'est leur fils. -A qui ?
-Le fils de Pierre, le premier mari de Sophie et de Sophie.
-On fera des maths quand même.
On sonne. -Vite ! Hélène, va ouvrir.
-Maman, c'est Alain et Marie !
Bonjour, Marie. -Bonjour, Alain.
Je vous présente Victor.
-Bonjour. -Bonjour.
-Claudine, Richard ?
-Marianne les amène.
-Où ? -Ici.
-C'est pas à la gare ?
-Ah non, non, non. -Oh la la.
Je n'y comprends rien.
-Alain est le mari actuel de Marianne, la première femme
de Bernard, le mari de Sophie.
Marie, c'est leur fille.
La demi-sœur des enfants de Marianne et Bernard.
Tu comprends ? -Tout à fait.
-Beaucoup de demi-frères et de demi-sœurs.
Ils partent toujours ensemble en vacances.
Sympathique ? -Très.
On sonne. -Hélène !
Va vite ouvrir !
-Pourquoi toujours moi ?
-Sylvain, va ouvrir vite ! -T'es chiante toi aussi !
-C'est qui ?
-C'est Marianne, Claudine et Richard.
-Salut Hélène. -Salut Sophie ! Te dérange pas.
Je te laisse les enfants.
-Salut, je suis à la bourre ! -J'y vais aussi.
-Marianne, voici Victor.
-Bonjour. -Bonjour.
-Je suis mal garée. -J'y vais avec Marianne !
-Au revoir, papa. -Au revoir, maman.
-Au revoir, mon cœur. Au revoir, les enfants.
-Alain est marié avec Marianne, la mère de Claudine.
Chouette famille, non ? -Très.
Mais pourquoi ils ont tous divorcé ?
On sonne. -J'y vais !
-C'est sûrement papa !
-Voilà justement Sylvie !
Sylvie, je présente Victor, un ami de Paul.
-Ah, bonjour. Salut, Sophie.
J'apporte le livre de maths de Sylvain.
Je l'ai retrouvé dans la poubelle.
Ah bravo, Sylvain. Vraiment bravo.
-Merde. -Au revoir.
-Au revoir, maman.
-Merci. -Je file.
-Au revoir.
On va parler du livre de maths dans la poubelle.
-Pas ma faute.
-J'ai pas le temps maintenant, mais on en reparlera.
-Bonjour, Bernard. -Bonjour. Ca va ?
-Je suis déprimée.
Je me suis disputée avec Paul. L'homéopathie ruine notre mariage.
J'ai trouvé le même tapis que celui qu'on nous a volé.
-Excuse-moi. Sophie !
-Qui a les médocs ?
-Ils sont dans mon sac.
-Tu es là, Bernard.
-Les enfants sont là ? Et la gare ?
-Pierre m'a dit qu'ils...
-Tous là ?
-Oui, les 7. Pourquoi tu les as ?
-Pour jouer au docteur.
-Tu connais Victor, l'ami de Paul ? Bernard, le mari de Sophie.
-Bonjour.
-Vous faites du droit d'entreprise ?
-Il m'arrive une histoire folle.
J'ai gagné un procès à la boîte où je...
-Papa.
T'as nos billets ?
-C'est Marianne qui les a.
-C'est moi qui les ai tous. Enfin, je crois.
-Où je travaille, enfin travaillais...
-Merde.
Merde. J'ai pas les billets.
-Ah non, Sophie.
Ne me dis pas que t'as pas les billets.
Les mômes sont tous là. -Ne m'agace pas.
Je cherche les billets. Pas dit que je les ai pas.
-Tu l'as dit !
-Ne m'énerve pas.
-C'est toi qui m'énerves !
C'est toujours un bordel avec toi.
-Je te prie de me parler autrement.
-C'est vrai.
Un coup on se retrouve à la gare, un coup, ici.
J'ai pas réservé de taxis, car tu me tiens pas au courant.
Là, tu perds les billets.
-On peut y aller en métro. -Oui.
-Je savais pas qu'ils dormaient chez Marianne.
6 000 balles de plus.
-Bernard, je te préviens.
Je ne pars pas en vacances dans ces conditions.
J'en ai trop marre. J'en ai marre !
Si tu es si fort pour l'organisation,
organise-le toi-même, ce voyage.
Facile de critiquer quand on fout rien
et qu'on se radine au dernier moment.
-Je me radine pas. J'étais à la banque.
-Qui a vérifié les valoches ? Les skis, les anoraks ?
Qui s'est tapé 4 machines à laver ?
Qui a pensé aux livres pour les devoirs ?
Aux provisions ? A vider les poubelles ?
A une trousse d'urgence ?
Hélène ! Ne joue pas avec la trousse !
-Elle est là, maman.
-J'en ai ma claque.
Foutez le camp. Démerdez-vous, je reste.
-Qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai rien dit.
Qu'est-ce que c'est, cette crise d'hystérie ?
-Si tu prononces encore le mot "hystérie",
je te défonce.
-On voulait dormir chez Marianne.
C'est pas sa faute. -T'accuses les autres.
Pour ça que maman a divorcé.
-Bon, eh bien, je vois que toute cette famille est contre moi.
D'accord. Très bien.
C'est moi qui vais rester ici.
-Il faut réserver le taxi. -Suffit. Je sais quoi faire !
-Ne vous disputez pas.
Je supporte pas.
Ma femme m'a quitté ce matin.
Vous qui êtes une famille détruite par tant de divorces,
d'enfants ballottés à droite, à gauche.
Essayez de vous entendre.
Peut-être le sort des miens.
C'est terrible. Comme ma lettre de licenciement.
-Victor, vous déraillez.
Qu'est-ce qui vous permet de nous critiquer ?
Elle va bien, notre famille. Très bien.
-Oui, où êtes-vous
allé chercher que les enfants sont ballottés ?
-Ballotté ?
-Je veux être ballotté, moi.
-Je critique pas. Je vous plains. Ma femme m'a quitté.
et a emmené ses affaires.
-Vous qui êtes à plaindre. Pas nous, merci.
Ca va très bien. On est très heureux.
-On part quand en vacances ?
-Victor disait qu'il a peur, parce que sa femme...
Et moi, c'est pareil, je suis terrifiée,
parce que j'aime Paul, mais l'homéopathie...
-Maman !
Les billets sont dans le livre ! -Fais voir !
Les enfants crient.
Ah ! C'est génial ! Merci, mon trésor.
Bernard, j'ai les billets. -C'est pas vrai !
Allez ! On y va !
-Je serai dispensé de maths. J'ai trouvé les billets.
-Pas question.
-Maman, tu me redonneras les médicaments ?
-On joue pas avec ça.
-Sophie, prends les skis. Allez, on se dépêche.
On se dépêche.
Excusez-moi, Victor. Je dois fermer la porte.
-On vous laisse. On est pressés. Au revoir.
-Non, je vais à la gare avec vous.
J'ai besoin de parler. Au revoir, Victor.
-Je voulais juste dire...
Je vous trouve tous sympathiques.
Elle est bien votre famille.
Je comprends pas pourquoi
elle m'a quitté, vous comprenez ?
-A votre place, j'essaierais de comprendre
comment elle est restée.
-Comment c'est votre nom déjà ?
-Victor. -Je vous aime beaucoup, Victor.
Allez, patron. Encore une tournée.
-Les femmes nous font vraiment chier.
-Toutes des salopes. -Non, pas la mienne.
-Non. Pas la vôtre.
-La mienne va revenir par la peau des fesses.
Comme ces enfoirés de Laurent et Thérèse.
Je me battrai.
-A Thérèse qui reviendra par la peau des fesses.
-C'est ma secrétaire.
Elle m'a trahi. -Elle aussi ? La vache.
-Laurent, c'est une pourriture.
-Il pouvait pas laisser votre femme tranquille, Laurent ?
-Tu racontes quoi, crétin ?
C'est pas l'amant de ma femme. Il m'a viré.
Il faut suivre, andouille. -Excusez-moi, Monsieur Victor.
J'avais pas compris que vous étiez viré.
-Oui, je suis viré. Ca te défrise ? Elle te revient pas, ma tête ?
-Je l'adore votre tête, si, je vous jure.
Encore une tournée ? -Je suis seul au monde.
Personne m'aime. C'est dégoûtant.
Et tu te tiens bien.
-Ah ça, vous pouvez compter sur moi.
Pas de problème.
-C'est une fille bien, la meilleure amie de ma femme.
Elle est d'une famille très... -Vous faites pas de bile.
D'après les escaliers, je vois.
-Tu vois quoi ? -Le genre de famille que c'est.
-C'est quoi ton nom ? -Michou.
C'est Michou, mon nom.
-C'est très très con comme nom.
-Je sais, je sais, on me l'a déjà dit.
Quelqu'un accourt.
-Ah, c'est toi. -Bonjour, Tania.
Je suis venu, parce que... -Bonjour.
-T'en fais pas, je le connais pas.
Il s'appelle Michou. -Bonjour.
-Aide-moi à retrouver Marie... Tu pleures ?
-Il m'arrive une horreur.
-Merde. Quoi ? -Viens voir.
Regarde.
-C'est ton violon ?
-Il a brisé dans mes mains.
Je travaillais. Je sais pas ce qui s'est passé.
D'un coup, paf ! Tout est parti.
Peut-être la sécheresse.
J'ai les répétitions, mes élèves et paf !
Cordes d'un côté. Manche de l'autre.
Bouts de bois partout. Le luthier va arriver.
Je suis foutue ! J'ai un concert.
Paf ! Tout est parti ! A peine croyable.
Paf ! D'un seul coup. Je travaillais un trait. Paf !
J'avais l'archet dans une main, le manche dans l'autre,
le corps qui pendait au bout des cordes.
-Tu peux pas en prendre un autre ?
-Quoi, un autre ? Un autre violon ?
Tu sais le prix d'un violon comme ça ?
-Achète un pas cher.
-On peut pas changer comme ça !
Ca prend des mois pour s'habituer à un instrument.
Je pourrai jamais donner mon concert.
On sonne. C'est le luthier !
-Dites donc, son violon, c'est quelque chose.
-C'est comme ma femme, paf ! Elle est partie. D'un seul coup.
-Au moins votre femme, vous pouvez discuter avec.
Essayer de la faire revenir. Tout ça.
Tandis que là... -Ah oui, là...
Tiens, la revoilà.
-J'ai un concert dans 2 jours. Je suis foutue si mon violon...
-Je vais te laisser. T'as l'air occupée.
-Au revoir.
-Tu saurais pas où est Marie, par hasard ?
-Marie ?
-Elle est partie. Paf ! Tout d'un coup.
Michou pouffe.
-Je te fais marrer ?
Tu te fous de moi ?
-Non, c'est Michou. Tu arrêtes tout de suite.
-Je sais pas où elle est,
mais tu serais la dernière personne à qui je le dirais.
Si elle t'a quitté, elle a eu bien raison.
T'es un sale con égoïste qui mérite
ni tes enfants ni ta femme.
J'espère que tu vas en baver
quand tu auras compris ce que tu as perdu.
-J'ai aussi perdu mon boulot, alors c'est pas gentil...
-Salut. La porte, c'est par là ! Paf ! D'un coup.
L'archet dans une main, le manche dans l'autre,
le corps du...
-Vous voulez pas une petite bière ? -Non.
-Dommage. Ca vous remonterait le moral.
-Tu me lâches, oui ? -Pas gentil ce qu'elle vous a dit.
Pour un type qui a tout perdu, c'est dur d'entendre ça.
Sale con égoïste, elle y va pas de main morte.
Elle a dit ça, mais le pense sûrement pas.
Elle était nerveuse à cause du violon.
-Et toi, crétin !
T'avais quoi à rire comme ça ? C'est de ta faute !
-Je m'excuse, mais elle me faisait trop marrer avec son violon.
J'ai pas pu m'empêcher.
-Pourquoi tu me suis comme un chien ?
Tu veux quoi ?
-Je crois qu'une petite bière, ça vous rendrait moins agressif.
-Bon, bien au revoir Michou. -Ouais, au revoir.
Vous avez besoin de rien ? -De rien. Absolument de rien.
J'ai besoin de rien. De me coucher, c'est tout.
-Si vous aviez besoin de n'importe quoi, j'aurais pu...
-Je sais, me le chercher.
J'ai besoin que tu te barres. Tu me colles. Ciao.
-Bon, allez. Salut alors.
-Victor. -Françoise, pourquoi t'es là ?
-Je t'attendais. J'ai su pour ton licenciement.
-C'est terrible.
Je venais de gagner un procès vital et ce salaud de Laurent...
-Tu sais qu'on divorce, Laurent et moi ?
-Je savais pas. C'est un fumier.
C'est gentil d'être venue me remonter le moral.
Et Marie est partie ce matin, il y avait plus de lait !
-Signe cette lettre pour moi. -Quelle lettre ?
-T'as pas idée de ce que j'endure. Laurent est un monstre.
Il dit que le canapé appartient à sa mère.
Je l'avais eu par la Redoute !
-Quoi ? -Le canapé !
-Oui, le canapé.
-Ca dit qu'il baise ta secrétaire. -Il couche avec Thérèse ?
-Je sais pas, je veux qu'il paye au max !
-Tu sais que Marie m'a quitté ? -Non. Partie pour de bon ?
-Oui, avec un mec.
-Qui ça ? -Je sais pas.
-Si on mettait que Laurent baise Marie ?
-Il couche avec Marie ? -Je sais pas, on se venge.
-Je suis malheureux. Je dois parler.
-Je veux le faire chier jusqu'à ce qu'il crève.
-Quand je raconte mon histoire, tout le monde s'en fout.
-De ? -Mes problèmes !
-Des problèmes ? -Tu veux dormir avec moi ?
-Hein ? -J'ai peur de dormir seul.
-C'est pas vrai. Vous êtes tous pareils.
Je te demande de m'aider, moi qui souffre
avec un divorce atroce et tout ce que tu fais,
c'est tenter de me sauter.
-Je te toucherais pas. C'est pour être ensemble.
-Je connais la musique. Juste en copains.
Victor, tu me déçois. J'attendais mieux de toi.
-Mais tu comprends pas. -Je te comprends très bien.
Salut Victor !
-Françoise !
-Monsieur Victor. Monsieur Victor.
Monsieur Victor.
Merde, il répond pas. Monsieur Victor.
-Vous connaissez Victor ? -Oui, un peu.
*-C'est qui ? -C'est Michou.
C'est pour savoir si vous voulez pas que j'aille quand même...
*-Va te faire foutre ! -Ah bon, d'accord.
-Victor, c'était pas votre copain à ce que je vois.
-Bien là, pas tellement, non.
-Je vous offre une bière ?
-Ah bien, ça serait pas de refus, oui.
-Vous le connaissez bien ?
-Pas depuis longtemps. -Je peux pas le blairer.
-C'est vrai qu'il est pas toujours, toujours commode.
-Allô, maman. C'est Victor, ça va ?
Ca va pas du tout en fait.
Je besoin de parler. Je peux venir ?
Je prends le TGV de 11h00.
...
-Bah Michou. -Ah Bonjour, Victor.
-Qu'est-ce que vous faites là ? -Mais tu vois, on discute.
-Vous vous connaissez ? -Depuis hier soir, oui.
-Et vous avez passé la nuit ensemble ?
-Bien tu vois, oui.
-Ah bien, merde alors.
-Mais tu te tiens bien. -Oui.
-Ma mère est très stricte.
Tu demandes pas de bière, elle déteste l'alcool.
Et tu seras poli. -Merci beaucoup, Monsieur.
-Arrête de m'appeler Monsieur. C'est con, ça m'agace.
-Excusez-moi, Monsieur Victor. Pardon, Victor. Je vous dis "tu".
Vous inquiétez pas. Tout ira bien.
Très gentil à vous de m'inviter chez votre mère.
-Je t'invite pas chez ma mère.
Je te traîne parce que tu me colles,
j'ai pitié de toi et je suis faible.
Là-bas, tu rigoles pas pour rien. -Non, je rigolerai pas.
Je vous jure.
On prend quelques sandwiches pour le voyage ?
-Mais vraiment, vous avez passé la nuit ensemble ?
-Oui. -Mais couché ensemble ?
-Non, parce que j'ai pas d'appart et elle avait peur chez elle
à cause du domicile conjugal, tout ça.
Alors, on a passé la nuit à discuter au tabac.
-T'es incroyable comme mec. Pourquoi t'as pas d'appartement ?
-La femme de mon frère est malade.
-Ah oui ? Qu'est-ce que ç'a à avoir ?
-Quand je me suis trouvé au chômage il y a 3 ans,
je suis venu habiter chez mon frère,
parce que son fils venait de mourir dans un accident.
Comme sa femme a un cancer et qu'elle est en phase terminale,
j'ai dû rendre la chambre.
Mais mon frère essaie de dégotter le RMI.
Le truc d'insertion, un peu de fric tous les mois, quoi.
-T'es chiant à me raconter des histoires comme ça.
T'essaies de me faire pitié.
-Mais non, Monsieur Victor. Excusez-moi, mais pas du tout.
Vous me demandez, je vous dis, c'est tout.
Je veux pas vous faire pitié.
Je m'en fous de tout ça. Je m'en fous. Je suis gai, moi.
Musique mélancolique
...
-Françoise t'a expliqué pourquoi ils divorcent ?
-Non, pas tellement.
Je crois qu'elle peut plus le blairer, c'est tout.
-C'est dingue quand même.
A la moindre anicroche, allez hop ! Les gens se séparent.
Mais autrefois, c'était pas comme ça !
Les gens restaient ensemble. Ils apprenaient à se supporter.
Ils s'aimaient vraiment. Mes parents, par exemple.
C'est génial ! Un couple extra.
Ils s'engueulent jamais, ils sont heureux.
Ils vieillissent ensemble, peinards,
dans leur petite baraque.
Non, c'est vrai. C'est chouette.
Tiens.
Bonjour, Monsieur Borin. -Bonjour.
-Vous allez bien ? -Oui, bien.
Bien.
-Tenez.
-Alors, on est venu faire un tour pour voir les parents ?
-Et oui. Allez. A plus tard. -C'est ça. Au revoir, Victor.
-C'est le prof de yoga du coin. Super sympa.
-Vous connaissez tout le monde, vous, ici ?
-Bien ouais.
Tiens, il y a la frangine.
Salut papa.
Salut Isa.
Salut maman.
J'ai croisé Monsieur Borin, il est toujours aussi bronzé.
-Il est là ?
-Oui, il est là.
Michou tousse.
-Ah, ça, c'est Michou. Un copain qui...
-Bonjour, Madame, Monsieur. Mademoiselle, bonjour.
-Victor, il faut qu'on se parle. -Quoi ?
-On a des choses à régler en famille.
-Ah bon ?
Tu peux sortir, s'il te plaît ?
-Hein ? Ah oui, oui, bien sûr. Excusez-moi, je sors.
-Discute avec Monsieur Borin.
Il est chouette.
-Oui, j'y vais, excusez-moi, je voulais pas déranger.
-C'est un pauvre type que j'ai ramassé.
Il me suit comme un chien.
Tu sais pas ce qui m'arrive. Marie m'a quitté. Je suis déprimé.
Je comprends pas ce qui s'est passé.
Et j'ai perdu mon boulot !
-Victor, ta mère a un amant.
Elle me quitte
pour partir avec lui.
-Hein ?
-A 50 ans, elle se barre avec un mec 10 ans plus jeune qu'elle.
Papa reste tout seul. -C'est qui ?
-Monsieur Borin. -Monsieur Borin ?
-Marié, deux enfants. -Monsieur Borin, celui-là, là ?
Ah la vache, le fumier. -Je te le fais pas dire.
-T'es complètement dingue ou quoi ?
Et où tu vas aller ? Et papa ? Et moi ?
J'ai des problèmes.
J'ai perdu Marie, mon boulot...
Je suis complètement... -Victor, tu arrêtes.
Tu arrêtes tout de suite. Tu te tais et tu m'écoutes.
Alors écoute bien, tes problèmes de boulot,
tes problèmes avec ta femme, tes problèmes de fric,
tes problèmes en général et en particulier, moi, ta mère,
je m'en fous comme de l'an quarante.
Je m'en fous. Mais alors, je m'en fous.
Je peux pas te dire à quel point je m'en fous.
Je n'en ai vraiment rien, rien, rien à foutre.
-Merde, c'est pas croyable !
Ma propre mère se fout de mes problèmes ?
-Je te dirais mieux.
Non seulement je me fous de tes problèmes,
mais je me fous aussi des problèmes de ta sœur.
Je m'en fous totalement. Encore plus rigolo.
Je me fous royalement des problèmes de ton père.
-Mais je rêve. Ma parole, je rêve !
-Non, non, mon lapin.
Tu ne rêves pas.
Pendant 30 ans, je vous ai torché, nourri,
couché, levé, consolé.
J'ai repassé vos chemises, lavé vos slips,
surveillé vos études.
Je me suis fait des monceaux de bile.
J'ai vécu que pour vous.
J'ai écouté tous vos problèmes,
vos chagrins, sans jamais vous emmerder avec les miens.
Alors maintenant,
je prends ma retraite.
Il te reste une longue vie pour résoudre ta crise.
Il me reste peu de temps pour résoudre la mienne.
Tu permettras que, pour une fois,
je m'occupe de mes affaires avant les tiennes.
-Tu vas détruire une famille, non 2,
pour une histoire de cul ?
-Quand il s'agit de ton cul, c'est de l'amour
et quand il s'agit du mien, c'est vulgaire ?
-Oui, c'est dégueulasse !
-Il a 10 ans de moins, ça durera pas.
-Ca durera ce que ça durera. Ca m'est bien égal.
Même si ça devait durer qu'une heure,
je referais tout pareil.
La durée ne fait pas de bien aux histoires d'amour.
-C'est de l'amour.
Tu veux juste baiser.
-Bien sûr que je veux m'envoyer en l'air.
Ca t'intéresse pas, toi ?
Même si c'était qu'une belle histoire de cul,
j'ai pas le droit d'en avoir, une histoire de cul, moi ?
Mais ils sont insensés, comment ils croient
qu'ils sont venus sur Terre ?
Je vous ai fait avec mes oreilles ?
Je vous ai fait
avec mon cul, mes petits poussins.
Même qu'à l'époque,
c'était chouette le cul avec votre père.
Tous les matins, il se passe plus rien entre nous.
Ca vous fait peut-être pas tellement plaisir de l'entendre,
mais votre mère, elle a un cul qui va très bien.
Il va mieux que jamais même.
Puis, il y a autre chose que vous voulez pas entendre.
Je suis amoureuse.
Je suis heureuse.
Je nage dans le bonheur.
-Avec sa mère !
Ah bien, mince alors.
-Vous pouvez pas savoir. Elle est belle, elle est drôle.
On se marre comme des gamins. On se balade en montagne.
On va au resto, on s'est acheté des VTT, on pique-nique.
Je revis, moi.
-Elle a quand même 50 ans. -Bien oui et moi, 40.
Avec ma femme, ça fait des années qui se passent plus rien.
Au lit, je veux dire, rien. On reste en bois tous les 2.
Alors, j'ai eu un tas de nanas genre "hi hi hi",
hystérie et compagnie.
On sait jamais si on les fait jouir.
Mais, mais elle... elle...
Pow.
-Ah oui, à ce point-là ?
Pow. -Ouais.
Ouais, je l'ai dans la peau.
Je peux pas vous dire.
Ah merde. Voilà ma femme.
-J'étais sûre de te trouver ici. -Josiane.
Calme-toi.
-Elle est là ? -Oui.
Je vais lui parler. Venez, les enfants.
-Josiane.
Ne fais pas de conneries.
-C'est toi qui me dis ça ?
-Putain, ça va chauffer.
-Ah, ah bonjour. Bonjour, Josiane. Il y a du café sur le feu.
Bonjour, les enfants.
J'ai sorti les vieilles caisses de jouets de Victor et d'Isa
pour vous.
-Vous partez avec lui ?
-Oui, oui, je pars avec lui. Je pars avec lui.
Pardon, Josiane, mais il y a rien
que vous puissiez faire pour empêcher ça.
Rien. Rien.
...
Au revoir !
-Eh, Maman, t'as vu ?
Il y a une coiffe d'Indiens ! -Ne pleurez pas.
-Passe-moi les plumes. C'est moi qui les ai trouvées !
-C'est affreux, mon Dieu.
-Restez dormir, je ne peux pas vous laisser partir.
Les enfants iront dans les chambres de Victor et d'Isa.
-Je veux bien, merci.
Je pourrais faire une bêtise
ce soir.
Je veux dire me suicider.
-Oh non !
Il faut avoir du courage, Josiane. Je vais vous aider.
-Bon bien, papa, je vois...
que t'as quelqu'un pour te tenir compagnie.
Je vais te laisser. -Oui, c'est ça, oui.
Au revoir. C'est gentil d'être venu, Victor.
Au revoir, fiston. Au revoir, Isa, ma chérie.
-Allez, au revoir, papa. Je te laisse avec Josiane.
Je te téléphone.
-Au revoir, Monsieur.
Au revoir, Madame. Bonne soirée alors.
Et bon courage, hein.
-Je crois que je vais partir en Afrique ou en Inde.
-Pourquoi ? -Je sais pas.
Pour me rendre utile avec Médecins Sans Frontières
ou un truc comme ça.
C'est trop déprimant ici. -Vous êtes Docteure ?
-Non, je dirige une agence de pub.
-Ah, et ça peut être utile pour les Africains,
ça, vous croyez ?
-Non, mais ça me ferait du bien. Ca changerait d'air.
-Ah, c'est sûr, c'est sûr.
-T'as vu comme elle nous a balancé
qu'elle se foutait de nos problèmes ?
-Ca fait de la peine, hein,
quand on se fout de vos problèmes ?
-Je suis invitée chez les Laville ce soir, tu viens ?
-Le député là ? Il est socialiste ou RPR ?
-Socialiste, il a besoin d'une campagne de pub.
-Tu crois que je peux m'inviter ? -Je leur téléphone.
-Je crois qu'un des grands problèmes qui va se poser
en France dans les années à venir, c'est comment
améliorer l'image de la classe politique auprès des Français.
Il y a là un problème de communication.
-Les publicitaires et les médias peuvent beaucoup nous aider.
-Tout à fait. Tout à fait.
-Je vais chercher les petits-fours. -Je vais vous aider.
-C'est insensé, non ?
Nous nous baignons dans un flou total, total.
-Puis, il y a le problème du racisme.
Comment enrayer ce fléau ?
-J'ai confiance en le peuple français.
Il est tolérant, généreux. -15% votent pour l'extrême droite.
Plus par endroit.
-Je sais, c'est terrible. -C'est même une honte.
C'est une véritable honte.
-Laissez Isa, laissez.
-Vous n'avez plus votre Marocaine, là ?
-Ca fait longtemps. Là, j'ai une petite Philippine.
-Elle est bien ? -Formidable.
Les Asiatiques, c'est vraiment ce qu'il y a de mieux.
Sérieuse, propre, discrète, travailleuse.
Non, parce que les Portugaises, elles sont très propres,
mais voleuses.
Les maghrébines,
elles sont très bien avec les enfants,
mais le ménage, c'est une catastrophe.
Quant aux noires, elles sont toujours fatiguées.
Ah non vraiment, les Asiatiques, elles sont comme ça.
-D'ailleurs, si vous voulez,
je pourrais vous donner l'adresse de l'agence.
-T'as tout ? -Oui.
-Le foie gras, la côte de bœuf et le café, toi ?
-Le gâteau et les alcools.
-Personne t'a vu ? -Non.
-Ah merde, alors.
-Et voilà Olivier et Sarah.
-Que vous intéresse-t-il dans la vie ?
-L'écologie. -Surtout la diététique.
Tout lu sur ça.
-Ne te vante pas. Vous avez lu quelques livres.
-J'ai tout lu là-dessus.
-Passionnant. -Vous connaissez Kousmine ?
-Non. -C'est un génie.
-Macrobiotique ?
-Ca oui, un peu. Et qu'est-ce qu'ils disent ?
-Qu'on mange
de la merde.
-Faites-le venir ! -Non !
Mais vous n'allez pas le laisser seul dehors.
-Ah si, si. Il est bien.
-C'est gentil à vous. Je vais le chercher ?
-Oui. -Tout à fait.
-Vous verrez, il est brave. Nigaud, mais brave.
La France profonde.
-Profonde, oui. -On est entre nous.
-Recevons la France profonde.
-Michou !
Michou !
Michou. Michou.
Tu peux venir. Ils t'invitent à manger.
-C'est gentil, mais ça va. Pas d'inquiétude, Monsieur Victor.
-M'appelle pas Monsieur. Ca fait con, viens.
-Je vous dis "tu", mais je peux rester.
-Viens, je te dis.
Puis, tu te tiendras bien, hein ? Allez, viens.
-Michou, vous en pensez quoi ?
-Moi, je pense que c'est beaucoup plus facile
d'être contre le racisme quand on habite à Neuilly
que quand on habite à Saint-Denis.
Moi, par exemple, je suis de Saint-Denis
et bien, je suis raciste.
Et vous, vous habitez cette maison
et vous êtes pas racistes, voyez ?
-Franchement. Vous vous considérez raciste ?
-Oui, les étrangers, je vis avec. Je peux pas les sacquer.
Ils foutent rien, sont sales et piquent nos bagnoles.
On leur file des appartements en priorité.
Ils gagnent plus de fric avec leurs allocations.
Nos mômes apprennent plus rien à l'école,
parce que 70% des enfants parlent pas français.
Faudrait qu'on paye pour les mosquées.
Vous avez qu'à voir.
-Que faites-vous du droit à la différence ?
De l'idéal de terre d'accueil
de la France ?
-Je sais pas ce que j'en fais de ça, moi.
J'en sais rien.
-C'est très mal être raciste.
C'est immoral.
-Oui, mais on se refait pas, hein ?
-Vous votez Le Pen ?
-Je vote pas, moi. J'ai pas de domicile.
Ca fait 5 ans que mon frère a demandé un trois-pièces,
mais comme son fils est mort, on lui a refusé.
J'ai pas de domicile, caar sa femme a un cancer.
Vu qu'elle était en
phase terminale...
-Vous voteriez Le Pen ?
-Les Arabes que je connais ont des 4, 5 ou 6 pièces.
Il ont plein d'enfants.
Ca n'arrangera pas vos problèmes d'être raciste.
-Oui, mais je comprends que les 3 quarts
de la planète sont dans la merde.
Ils se radinent où c'est moins la merde : ici.
Faut que quelqu'un se pousse pour leur faire de la place.
-Je vous fais pas dire !
-Mais jusqu'à présent, ceux qui se sont poussés
c'est les mecs de Saint-Denis et il faut qu'ils se poussent
en gardant le sourire, car sinon, c'est immoral.
-Vous ne seriez pas un peu communiste ?
-Non, sinon, il y a longtemps que j'aurais eu mon appartement.
-Mais il faut vous dépêcher de prendre votre carte du parti
avant qu'il disparaisse complètement.
-Mais j'ai déjà essayé de toute façon,
plusieurs fois même.
Chaque fois, on m'a viré, parce que je suivais pas la ligne.
Je faisais trop de zigzags et, pour les appartements,
il faut montrer qu'on suit la ligne,
j'étais pas assez intelligent.
-Mais non, mais non.
-Nous allons pouvoir passer à table.
-Victor, comment vont les affaires ?
-Très bien jusqu'à vendredi.
J'ai fait gagner un procès important à l'entreprise
où je travaillais, parce que c'est incroyable,
je me bagarrais pour construire un dossier en béton.
Je me lève, je vais à la salle de bain, personne.
Le placard était vide.
-Je sais pas si tes problèmes personnels peuvent l'intéresser.
-Je laisserai pas de côté mes sentiments personnels.
Comme cet enfoiré de Laurent.
-Vous avez vu la campagne de Marchelier ?
-Si on avait perdu...
-Chéri ! Chéri !
Excusez-moi.
Je ne comprends pas, le repas a disparu.
-Comment ça ?
-Bien, disparu.
Il y a plus rien : le foie gras, la côte de bœuf, le gâteau,
les vins.
Tout a disparu.
-Que racontes-tu ? -Pas possible.
-Bien, viens voir.
-Excusez-moi. Non mais, je...
Michou tousse.
...
-Qu'est-ce que t'as dans la poche ?
-Moi, rien. J'ai rien.
-Qu'est-ce que tu caches avec ta main ?
-Rien. Absolument rien du tout.
-Qu'est-ce que c'est que ça ?
C'est dégueulasse. C'est du gâteau.
T'as piqué du gâteau ? -Mais non !
-Je crois que
nous allons devoir manger des pâtes.
Notre repas s'est évanoui.
Le voleur s'est enfui par la porte qui donne sur le jardin.
-Pas possible. -Ah bien, mince alors.
-Oui, je vous prie de m'excuser. Je vais aider ma femme.
-Sale con. Voleur pourri. J'en ai marre de toi, pauvre mec !
En plus, t'es un sale con raciste. Tu me fais honte !
-Mais je vous jure que c'est pas moi.
-Tu pus le pinard. T'as piqué le pinard aussi, salaud.
-C'est pas moi. Je l'ai trouvé dans la poubelle.
-Arrête de m'appeler Monsieur Victor.
Ca fait con. -Je jure que je vous dis "tu".
-Ca vient ! -Les voilà.
-J'espère que vous n'aviez pas trop faim.
-Non, pas trop, non, ça va. Merci beaucoup, Madame.
-En sortant, je te casse la gueule.
Je te dis pas comment. Ta mère ne te reconnaîtra plus.
-Ma mère, il y a longtemps...
-Ils sont pas là, papa et maman ?
-Ils sont à la cuisine.
-Voilà.
Les spaghettis sont en route.
Je comprends pas... C'est quoi cette marmite ?
-C'est une marmite de riz complet ! Assez de vos repas pourris !
A partir de maintenant,
on jettera tout ce qui est malsain.
-Vous êtes complètement fous.
C'est vous qui avez volé le repas ?
-Pas volé, jeté.
-Vous avez jeté le repas à la poubelle ?
-Le foie gras, parce que c'est le foie malade
et toxique d'un animal torturé.
La côte de bœuf, parce qu'ils sont piqués
aux antibiotiques et aux hormones.
Les alcools, car on supporte plus les repas
où tous disent des âneries, les conducteurs ivres.
Le gâteau, il contient sucre, graisse et microbes.
-Si vous voulez mourir à 50 ans
de cancer ou de crise cardiaque, c'est votre problème,
nous, on ne mangera plus comme ça.
On veut vivre longtemps en bonne santé !
-Vous êtes complètement, complètement fous.
-Olivier, mon garçon. Réfléchis 5 minutes.
Je suis député dans un département agricole.
Imagine ce qui se passerait si la presse de droite
apprenait qu'on jette le bœuf et le foie gras ?
-Qu'est-ce qui t'intéresse dans le fait d'être député ?
Faire des choses utiles ou le fromage ?
-Fais attention.
-Mais tu t'intéresses plus à ce que pense la presse
qu'à tes enfants !
-Ah oui ? Et si je ne suis pas réélu ?
-On s'en fiche !
Tu vois pas que la terre devient une poubelle ?
Que les gens sont malades de plus en plus jeune ?
Ce qui compte, c'est que tu sois réélu !
-Tu es un idéaliste, c'est bien, mais il y a des réalités
économiques derrière la pollution, des éleveurs...
-Et alors ?
Faudrait qu'on s'intoxique pour que les éleveurs fassent
du fric sur le dos de la santé des gens ?
Pour qu'ils votent pour toi ? Qu'ils crèvent !
Qu'ils gardent leur viande pourrie !
Si les gens arrêtent d'acheter de la viande,
les éleveurs cultiveront des céréales.
Si t'es pas réélu, peut-être que tu t'intéresseras
à ce qui est bon pour les gens et pas juste pour toi !
-Désolée pour tout ça. -Bien !
Nous avons tous beaucoup apprécié
ta petite sortie écologiste, mais nous aimerions passer à table.
-Ah non, parce que je viens de jeter les spaghettis.
-Sarah, tu montes dans ta chambre.
-Je t'emmerde, vieux con ! -Je t'ordonne de t'excuser.
-Des excuses, mon cul.
-Ca suffit ! Dans vos chambres !
-Tu sais à quoi tu ressembles quand tu dis ça comme ça ?
A un député RPR !
Là, t'as vraiment une tronche de RPR.
-Petit con ! Morveux ! -Nullard ! Tronche de RPR !
-Bon, euh, je crois qu'on va peut-être vous laisser.
-Oui. Je crois que ça vaut mieux.
Discorde bruyante
Je suis désolée !
-Ca arrive dans les meilleures familles.
Isa, dites rien à personne.
-Bien entendu, pas un mot. -Au revoir. J'ai oublié votre nom.
-Michou. Merci pour le repas.
Je veux dire le repas que vous avez fait qu'on n'a pas mangé.
Enfin, que j'ai...
-Au revoir. A une autre fois. -C'est ça, au revoir.
-J'ai une de ces faims.
-Et moi donc. En plus, tout est fermé là.
-J'ai rien à la maison. -Ca va, Michou, de ce côté-là ?
-J'ai mal au ventre. -Bien fait pour toi.
-Vous avez vu que j'avais pas piqué la bouffe !
-Ils sont barjots, ces mômes.
-C'est vrai tout ce qu'ils ont dit sur le foie, la viande, tout ça ?
-C'est absolument, totalement vrai. -Merde. J'ai mal au ventre.
Je me sens vachement mal. Vous croyez que c'est le cancer ?
-Je vous laisse
faire votre lit ?
Ah oui, merci. C'est très gentil. C'est où les toilettes ?
-Au fond, à droite.
Vous allez vomir ?
-Oh non, non. Pas du tout. Pas du tout, du tout.
-C'est de la moquette neuve.
-Ah oui. Elle est jolie comme moquette.
-Vous voulez un seau ?
Non, je pense que j'arriverai à temps aux toilettes.
-Dis donc, ton copain,
il commence à m'énerver sérieusement.
-Moi aussi. -Pourquoi tu te le traînes ?
-Demain, je le vire. -Ca te dérange pas de dormir là ?
-Non. C'est comme autrefois.
...
On sonne à la porte.
-Isa !
... Isa !
-C'est quoi ? -Merde. C'est la voix de Didier.
-Didier ? -C'est mon fiancé.
-T'es fiancée ? -Non, mon mec, je veux dire.
-Ah. -Isa !
-Qu'est-ce qu'il veut à cette heure-ci ?
-Je vais voir.
-C'est moi. Isa !
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-J'ai amené mes affaires.
Marre de pas toujours dormir avec toi, je m'installe.
-Tu t'installes où ?
-Chez toi.
-Mais enfin, il est 3h00 du matin.
-Pas grave. Va te recoucher. Je déballerai demain.
-Il te prend quoi ?
-J'ai été égoïste. J'aimais ma liberté.
Je t'ai jamais proposé de vivre avec toi.
J'ai réfléchi, je peux pas me passer de toi.
Je fais le grand saut.
-Le grand saut ? Quel saut ? Ca va pas la tête ?
-Quoi ?
-J'ai pas envie que tu habites ici.
-Comment ça ?
-J'ai pas la place.
-Tu ne m'aimes plus ?
-Bien sûr que je t'aime, mais...
-On se marie ?
-Je veux pas qu'on se marie. J'ai pas du tout envie.
-Pas envie de quoi ?
-De tout, de rien. Je sais pas. T'as faim quand je fais un régime.
Tu te rases et tu nettoies pas le lavabo.
J'ai pas la place pour une grosse machine à laver.
Ton copain Stéphane est lourd.
Je veux pas qu'il vienne pour les matchs de foot.
Je sais pas. Plein de trucs.
-T'aimes pas mes amis. -Stéphane, non.
-Si tu m'aimes, tu l'aimes.
-Je t'aime, mais il me reste en travers du gosier.
Je viens de faire installer une bibliothèque.
J'ai réussi à caser toutes mes affaires...
-T'es égoïste !
-Tu te crois où là ?
-Je me crois ?
-Tu viens m'emmerder chez moi.
-Ah bon ?
Je viens te demander en mariage, t'appelles ça t'emmerder ?
-Je veux pas vivre avec quelqu'un.
Ni toi ni personne. Je ne veux pas.
Je veux vivre seule.
Je veux pouvoir péter dans mes draps tranquille,
rentrer n'importe quand, bouffer sur un coin de table,
faire le ménage quand je veux, dépenser mon fric à ma façon.
-Où est le problème ?
-C'est que je veux pas d'un mec sur mon canapé qui bâille
en disant "Qu'est-ce qu'on bouffe ?"
ou "Toi qui repasses si bien les chemises."
Je veux pas de BMW.
Je ne veux pas que ta mère me téléphone pour savoir
si je t'ai donné tes cachets.
Je veux pas tes chaussettes sales.
Je ne veux pas nettoyer la cuisine
le jour où tu feras une paella pour tes collègues.
Je veux pas regarder du sport au lieu d'un film.
Je ne veux pas !
Ta vie, c'est ta vie.
Ma vie m'appartient,
-Donc tu veux baiser quand tu veux avec qui tu veux.
-Tu me fatigues. -T'as quelqu'un d'autre ?
-Didier.
Je t'aime, beaucoup même,
mais comme on est, ça me va très bien.
On se voit de temps en temps. Chacun reste chez soi.
-T'as quelqu'un d'autre. -J'ai personne.
-Laisse-moi dormir ici.
Non, pas ce soir.
-Pourquoi pas ce soir ? Avant-hier mais pas là ?
-Ce soir, j'ai pas envie.
-T'as quelqu'un. Il est ici.
-Didier, tu me fais vraiment chier.
-J'en aurai le cœur net.
-Tu avances, c'est fini.
-Ah, tu vois. Je le savais !
-C'est mon frère. -Je suis Victor, le frère d'Isa.
-Salope, le jour où je voulais te demander en mariage.
-Mon frère ! -Oui !
-Ton frère à poil dans ton lit !
Je vais croire ça ? -Il est pas à poil !
C'est mon frère !
-Désolé, j'ai pas pu aller jusqu'aux toilettes.
-C'est qui, lui ?
Ta petite sœur ?
-C'est Michou.
-J'ai couru aussi vite que j'ai pu...
-Partouzeuse ! -Dégage !
Sale con ! dégage !
-Vous auriez pas une serpillière, s'il vous plaît ?
-Tiens, ça, c'est ton billet de TGV.
Voilà 50 balles pour le car.
T'en a un qui part dans une heure.
-Bon, d'accord. -Voilà.
-Bon alors, au revoir. -Allez. Salut, Michou.
-D'accord.
Alors, il part à 9h15. Le car, c'est dans une heure.
-A la gare, tu compostes le billet surtout.
-Oui, il faut composter.
-Voilà.
Moi, je vais faire un peu de montagne avec Isa.
Non, c'est vrai. Ca suffit.
Tu me suis comme un chien là. On se demande pourquoi.
D'ailleurs, tu fais que des conneries alors.
Pourquoi tu me suis comme ça ? Tu le sais toi pourquoi ?
-Hein ?
-Pourquoi tu me suis ?
Réponds-moi franchement.
-Oui ?
-En ton âme et conscience,
arrêtons les bobards, réponds-moi.
Si j'étais un paumé fauché comme toi, si je te payais pas
des bières, des sandwiches, si t'espérais pas
me soutirer du fric chaque jour, tu me suivrais ?
Juste par amitié. Pour ce que je suis.
-Franchement ? -Oui, franchement.
On se parle vraiment.
-Franchement alors. -Oui.
-Franchement, si vous étiez
un paumé fauché comme moi, si vous me payiez pas
des bières et tout, si j'espérais pas
vous soutirer du fric chaque jour,
j'aurais jamais eu l'idée de vous suivre.
-Ah bon ?
-Non, franchement.
-Même pas par amitié ?
-Je m'excuse, mais non, franchement.
-Même pas un peu, car tu m'aimerais bien ?
-Non, pas du tout. Franchement.
-Michou, tu me fais vraiment chier. Tu peux pas savoir comment.
-Pourquoi ?
Je vous jure que j'ai pas menti, J'ai répondu franchement.
-Personne m'aime.
Tout le monde se fout de moi. C'est dégueulasse !
-Je porte votre sac ?
-Mais arrête, c'est pas pour m'aider que tu veux le porter.
Il y a de la bouffe dedans. C'est pour ça.
-Je vous jure que non ! Je veux le porter pour vous aider.
Je veux monter la montagne.
-Elle est très dure comme montagne.
-Mais je suis en pleine forme ! Tenez, le billet de TGV.
-Les 50 balles, Tu me les rends ?
-Ah oui, au fait, tenez. Je vous les rends, les 50 balles.
Alors, on y va sur cette montagne ?
-Isa, tu te magnes, on va rater
le lever du soleil !
-J'arrive. Je nettoie la moquette.
-Houlala. Ce que ça fait du bien, houlala !
-Ouais. -Mais le souffle.
Il faut tenir la forme.
-Quand t'avais 13 ans, tu montais ça en courant.
-Ah la vue ! Regarde ça. Ce que c'est beau !
Ce que c'est beau !
-Ce que c'est haut ! Merde ! Ce que c'est haut !
Ah, les cons avec leur montagne.
-Voilà le sommet !
Youhou ! Ce que c'est beau !
Youhou !
On se sent les rois du monde !
-Non, j'en peux plus, merde. Où ils sont, ces connards ?
Et dire que c'est moi qui leur porte leur casse-dalle en plus.
Je suis vraiment le roi des cons.
Il respire avec peine.
...
Ce que c'est haut, putain. -T'as qu'à boire moins de bière.
-Voilà le casse-croûte. Il est lourd, hein.
-Je ne vous ai pas compté.
Après votre indigestion, une diète ferait du bien.
-Ah oui, une petite diète.
-Oui, une petite diète.
-T'as même pas regardé le paysage. T'as vu comme c'est beau ?
Musique douce
Mais qu'est-ce qui te prend, Michou ?
-Rien, rien.
-Tu pleures ?
-Non, non. Ca va passer.
-C'est la diète qui te fait pleurer ?
-Non, c'est le paysage, ça me fait penser
à la femme de mon frère, faut que j'aille la voir.
...
-Mais où tu vas aller là ? -Voir la femme de mon frère.
-Tu peux rester un peu chez moi. -Elle va bientôt mourir.
-Tiens. Voilà 100 balles.
-Vous pouvez vous les mettre au cul,
vos 100 balles, Monsieur Victor.
-T'es fâché ? -Je suis triste.
-De me quitter ?
-Vous avez plus besoin de moi que moi de vous,
mais vous êtes trop con pour le voir.
-Bien, laisse-moi l'adresse de ton frère.
Toi, tu connais la mienne.
-Tiens.
-Ah. Tu l'avais préparée ?
Musique mélancolique
...
-Salut, Victor.
-Tiens. Salut, Bébert.
Ah ! Merde, qu'est-ce qui t'arrive ?
-Mon crâne ?
-La vache dis donc. Tu t'es battu ?
-Non, non. C'est le chirurgien, il m'a raté.
-Ah bien là, oui. Il t'a raté, là.
-J'ai les boules.
-Bien là, oui, tu les as, là.
-Je me suis fait faire des implants de cheveux,
mais le mec l'a mal fait, alors, ça fait des poils de brosse.
Il a fait un autre truc, des longs bouts.
-Ah ouais. -Tu vois ?
C'est des poches gonflées de sérum physiologique.
Ca fait un mal, putain. Je te dis pas.
-Ca marche ? -Oui.
C'est pas sûr. -Et c'est cher ?
-J'ai dû emprunter à la banque. Je me fais faire un filling.
-C'est quoi ?
-On prend la graisse du ventre, on la réinjecte dans les rides.
-T'as pas de rides.
-Si, la médecine a fait des progrès, il faut en profiter.
-Ah bien, ça, c'est sûr. T'en profites.
Ca se voit.
-Remarque, les médecins aussi, ils en profitent, tu me diras.
-Non, non. J'ai rien dit. -Et toi, mon gars, ça va ?
-Terrible, je me suis fait virer et ma femme m'a quitté.
-Pourtant, t'es pas chauve, toi ?
-Ca empêche pas.
-T'as vu la graisse que j'ai là ?
-Non, où ça ?
-Si dans une semaine je l'ai pas perdue,
je me fais faire une liposuccion.
-Une liposuccion ?
-On t'aspire la graisse sous la peau avec une pompe.
-T'as du courage.
-Faut ce qu'il faut. Je me laisse pas aller.
-Je me laisse aller ?
-Quoi ?
-J'ai des rides ? -Non, ça va.
-T'as peur de mourir ?
-Quand je serai parfait,
je vais trouver quelqu'un qui m'aimera.
Putain, tu vas voir.
-T'as personne qui t'aime ?
-Tu sais comment c'est, la médecine en Chine ?
-Non. -4 fois par an.
Toute la famille va voir le médecin.
Il les soigne, il cherche chez les gens
en santé les points faibles qui pourraient devenir des maladies.
Il leur fait de l'acupuncture,
leur donne des corrections de régime.
Il rééquilibre la machine. On le paye et on s'en va.
Pour eux, la médecine, c'est empêcher qu'on tombe malade.
Si quelqu'un tombe malade,
le médecin vient chez lui le soigner
et on le paye pas.
Parce que c'est pas de la médecine.
Soigner la maladie quand elle est là,
c'est comme fabriquer des armes après avoir déclaré la guerre
ou creuser un puits quand on a soif.
Faut y penser avant.
Le médecin a intérêt à ce que les gens aillent bien,
c'est les bien portants qui payent.
Les malades bouffent son temps et rapportent rien.
S'il a trop de malades, il est ruiné.
On dit qu'il a trop de malades. Ici, c'est le contraire.
Plus il a de malades, plus il est respecté.
-Je suis dans les sables mouvants.
Je me regarde, je me dis : Est-ce qu'on peut m'aimer ?
Pourquoi 2 personnes restent ensemble ?
Pourquoi je l'ai choisie ?
Qu'est-ce qu'elle aimait chez moi ? Je l'aime encore ?
C'est quoi aimer après 10 ans quand on se croise tous les jours ?
Combien de temps ça dure le cul ?
Il y en a qui disent 9 mois, 2 ans,
mais tout le monde sait que le cul se calme
une fois ou l'autre et après, c'est quoi ?
Et sur quoi ça peut tenir ?
Ca existe d'être heureux longtemps avec quelqu'un ?
Je n'ai plus de réponse. J'ai que des questions.
Musique classique
...
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Y a le concert.
-Ah.
-Il va mieux, ton violon.
-Je sais pas où est Marie.
-Pas là pour ça.
-Tu sais où elle est ? -Non.
-Elle t'a quitté ?
-Oui, je crois.
C'était beau comme t'as joué.
-Ah, tu trouves ? -Avant, je m'en foutais.
-De quoi ? -Ton violon.
Ta musique.
Maintenant, je comprends.
-Qu'est-ce que tu comprends ?
-Que c'est toute ta vie. Je sais pas, que...
que ça peut toucher la mienne.
Je comprends.
Je comprends rien.
-Bah pleure pas.
-Quand tu joues, t'es belle comme
si tu faisais l'amour.
T'es gentil.
Musique classique
...
-Bonjour, Martine. -Tiens.
Bonjour, Victor.
-Mais il est vachement tôt. -Je fais mes exercices du matin.
-T'es musulmane ?
-Non, j'ai vendu Rambouillet. -Ah.
-C'est le tapis qui m'a fait comprendre, il est magique.
J'ai tout vendu.
J'ai donné mes robes à Conception et je l'ai virée.
Je la remplace, je travaille pour Paul.
-Alors, ça va mieux tous les 2 ? -On est au septième ciel.
-Ah bien, c'est super. -T'as vu le soleil ?
...
-Bonjour.
Tu connaîtrais pas un certain Michou par hasard ?
-Michou ?
-Il habite chez son frère, celui qui a une femme qui est malade.
-Ah, Djamila !
Elle est là au rez-de-chaussée, Djamila.
-Djamila ?
Il sonne.
-Bonjour, Monsieur.
Je cherche un certain Michou. Il habite...
-Il est parti faire une course, il revient bientôt.
-Je suis Victor, un ami. -Ah, c'est vous, Victor !
Bien, entrez. On fait une fête.
-René, dis-moi, c'est qui ?
-Victor, le copain de Michou !
-Il est venu finalement ? Dis-lui de venir me voir.
-Je lui offre à boire.
Ma femme est malade, elle peut pas se lever.
-Son nom ? -Djamila.
-Elle est arabe ?
-Vous les aimez pas ? -Si, si.
Bien sûr que je les aime. c'est que Michou m'avait dit,
il avait l'air... j'aime les Arabes !
-Vous voulez boire quoi ? -Ce que vous avez.
-Aujourd'hui, ils m'ont donné le RMI.
Le minimum d'insertion, ça fait un an que je l'attends.
J'ai arrêté de travailler pour soigner ma femme.
-Tu lui racontes quoi ? -Rien, rien !
Va falloir que vous alliez la voir. Michou lui a parlé de vous.
-Ah d'accord.
-Ma mère est morte quand Michou avait 2 ans.
Comme j'étais le plus vieux, on l'a élevé.
-Ah d'accord. -Djamila, c'est comme sa mère.
-J'ai dit à Mohamed et Farid de venir et aussi à Lucien.
Ah.
Vous êtes là, Monsieur Victor.
-Salut Michou. -Ah bien, ça tombe bien.
Mon frère fait une fête. J'ai acheté du champagne.
-René, viens s'il te plait ! -J'arrive !
-Vous avez trouvé facilement ? -Je croyais que t'étais raciste ?
-Bien sûr que je suis raciste. -Djamila ?
-C'est pas pareil.
La femme de mon frère, elle m'a élevé.
-Pourquoi tu dis que tu peux pas blairer les Arabes ?
-C'est vrai, sauf Djamila. C'est une femme, pas un Arabe.
-Et Mohamed et Farid, c'est pas des femmes.
-C'est des copains, c'est pas pareil.
-J'y comprends rien. -Il y a rien à comprendre.
Un verre de champagne ? -Oui.
-Pour une fois que c'est moi qui offre à boire.
-Michou ! -Oui ?
-Dis à ton copain de venir. -Laisse-le !
-Michou.
Elle veut le voir.
-Pas longtemps. Elle parle beaucoup.
-Pas de problème.
-Faites gaffe, Monsieur Victor. Pleurez pas en la voyant.
-Pourquoi je pleurerais ? -On se retient depuis des mois.
Faudrait pas qu'on lui sape le moral.
-Je pleure pas pour rien.
-Je ferme les rideaux. Vous la verrez pas trop.
-C'est pas bon pour toi tout ce soleil.
Le docteur a dit que ça te fatiguait.
-Alors, le voilà, ce Victor.
Bonjour, Victor. -Bonjour Madame.
-Asseyez-vous. Asseyez-vous.
Il a fermé les rideaux,
parce qu'il a peur que vous vous mettiez à pleurer en me voyant.
Voyez ? Vous pleurez.
Je le vois bien même avec les rideaux.
Laissez-vous aller. Ca fait du bien de pleurer.
Ca sort la douleur.
Alors,
comme ça, votre femme, elle vous a quitté ?
-Oui. -Michou m'a tout raconté.
Et vous avez perdu votre travail aussi.
-Oui. -Pleurez.
Pleurer, ça fait du bien.
Vous l'aimez, votre femme ?
-Je sais pas.
-Pourquoi elle a quitté ? -Sais pas.
-Vous voulez qu'elle revienne ? -Oui.
-Je vais vous la faire revenir. Comment vous lui faites l'amour ?
-Hein ?
-Une femme,
si elle part, déjà, c'est qu'on lui fait pas bien l'amour.
Dites-moi et on va trouver le remède.
-Je sais pas comment dire ça.
-Victor, mon petit Victor. Je suis une vieille femme.
Je vais mourir. Sur l'amour, j'ai tout entendu.
Je vais t'aider pour remettre ta femme amoureuse
qui voudra plus jamais se décoller de ta peau.
Et pour ça, tu dois me dire tout, parce que, moi,
je peux pas guérir un malade si je connais pas sa maladie,
tu comprends ?
Alors, combien de fois par semaine ?
-Bien euh, en général...
On sonne.
-Mohamed ! -Ca va, mon frère ?
-Farid ! -Ca va ?
-Lucien !
-Alors Michou, t'es content ? -Oui.
-Tu l'as eu ! Vive le RMI !
-Vive le RMI ! -Vive le RMI !
-Et Djamila !
-Et Djamila ! -Et Djamila !
-Le plaisir, c'est une chose. Elle est très bête, tu vois.
Et je te secoue, et tu me secoues.
Et on se secoue. On pousse des petits cris.
Vraiment, c'est ridicule.
Et puis, tu te dis, tout le monde fait pareil.
C'est nul, comme il dit, Michou, hein.
Alors, on se fatigue.
Mais en vrai,
c'est pas comme ça.
En vrai, il existe un plaisir plus fort que tout.
Celui-là, il finit jamais, ni pour toi ni pour elle.
Et celui-là, il est pas ridicule.
-Ah oui ?
-Je vais te le dire, mais c'est un secret.
Un grand secret, tu vois ?
Ecoute-moi bien.
-Combien de temps ? -Peut-être 2, 3 mois.
C'est généralisé. L'hosto n'en veulent plus.
-Il faut prévenir ses frères.
-30 ans qu'ils l'ont pas vue. Qu'ils aillent se faire foutre !
-René, fais-moi plaisir.
Arrête de dire du mal des Arabes.
-Quoi ? C'est pas des cons ?
C'est pas des cons de l'avoir chassée,
pour avoir épousé un Français ?
Sa mère est morte sans pouvoir la revoir.
Notre fils est mort à 25 ans sans connaître
ses grands-parents et ses oncles !
Cons d'Arabes !
-D'accord, c'est des cons.
-C'est des cons, les Arabes. Sauf Djamila.
Et vous.
Et les autres copains arabes qu'on a.
Notre escalier.
Le B, le C, le D aussi et l'épicier.
C'est tout. -Allez.
A la santé des copains arabes. -Aux copains arabes et au RMI !
-ET AU RMI !
-Pour Michou, je compte sur toi. Qu'il arrête de boire.
-Aucune chance.
-Aucune chance ?
-Les alcooliques, sans espoir.
-Tu me dis ça à moi ?
C'est mon petit Michou, le seul qui me reste.
Tu peux pas me dire : "Aucune chance."
Tu veux me tuer ?
Trouve-lui une petite femme qui l'aimera
et tu vas voir s'il y a aucune chance.
Il lui faut une femme, c'est tout ! Tu la trouveras.
-Je pourrais essayer de le rebrancher avec Françoise.
-Françoise ! Celle de la nuit au café ?
-Oui. -Voilà.
La femme de sa vie. Arrange ça.
-C'est une bourgeoise qui veut du fric.
Elle est comme tout le monde. Ce qu'elle veut, c'est l'amour.
Et si je dis le secret à Michou, elle voudra plus jamais le lâcher.
-On va voir.
-Il a une maison ou pas ?
-Michou ? Non, il en a pas.
-Il me ment.
Il m'a dit qu'il partait, car il avait trouvé une chambre.
Il m'a laissé la place quand je suis rentrée.
-Ah, d'accord.
-Tu sais quoi ?
Apprends-lui à taper à la machine et prends-le comme secrétaire.
-Je peux pas. Je suis au chômage, alors.
De toute façon, il sait rien faire !
-Tu me racontes quoi encore ?
Tu es venu m'assassiner ? Apprends-lui !
Si tu lui apprends, il saura faire des choses.
Si on apprend rien aux gens, ils sauront rien faire !
C'est sûr !
-C'est pas si simple.
-Si, si, je comprends. Il est trop con, c'est ça ?
-J'ai pas dit qu'il était con.
-Il est con.
Il sait pas se démerder. -Mais si !
Il est super. On l'aime.
-Je suis fatiguée.
-Vous voulez que j'appelle votre mari ?
-Non, non, ça va.
T'as peur de la mort, hein ?
-Oui.
-Pourtant, c'est moi
qui devrais en avoir peur, je meurs.
-Mais vous allez pas mourir.
-Va-t'en. Dis à Michou de venir me voir.
-Oui.
-Tu te rappeleras bien
de mon secret, hein ?
-Oui.
-Si tu t'en rappelles,
tu seras heureux toute ta vie, tu sais.
-Oui. Merci.
Michou. Elle veut te voir.
-Allez, un verre de champagne. C'est la fête.
Propos entremêlés
...
-Mais non, je saurai pas. -Ce que t'es pénible comme mec !
Tu pourrais pas arrêter de me dire "vous" ?
-Djamila vous a mis ces conneries dans la tête.
-Tu commences lundi, c'est tout. Me gonfle pas !
Tu m'aides à trouver du boulot. -Qu'est-ce qu'elle vous a dit ?
-Un secret.
-Moi aussi. C'est quoi ? C'est peut-être le même.
-Je peux pas te le dire, puisque c'est un secret.
On a déjà le lit.
Tu sais que j'ai dormi, moi, là ?
-C'est chouette. -Tu vas être bien.
Tu pars, tu l'éteins. Tu poses aucune affaire dessus.
T'as une brosse à dents ? -Bien euh...
Je crois pas. -Bon.
Maman, c'est moi.
-Victor, mon trésor !
Ca fait plaisir que t'appelles.
Isa t'a donné mon nouveau téléphone ?
-Oui. *-Comment tu vas, toi ?
Tes affaires s'arrangent ? *-Oui.
Et toi, comment tu vas ?
-Bien, bien, bien.
Je vais bien, moi.
-T'es pas malade ?
-Comment ça, mal ? Et où ça que j'aurais mal ?
-T'es en santé ?
-Qu'est-ce qui te prend, Victor ?
-Je voulais savoir.
-Tu t'inquiètes pour moi ?
-Oui.
-Tu t'inquiètes pour moi ?
-Tu te sens bien ? Tu vas bien ?
-Je vais bien. Je vais très bien.
J'ai pas envie de mourir,
tu sais ?
-Je t'aime maman, hein ?
Merde, ça, c'est la meilleure.
Victor qui m'appelle pour me dire qu'il m'aime.
-Allô ? *-Oui, Victor, je suis là.
C'est parce que j'avais mis mon pinceau...
Eh bien moi aussi.
-Main droite. Je lie.
Les 2 mains ensemble. Sans regarder.
"Joie."
Cette leçon vous paraît longue. Consacrez-y du temps.
L'exercice d'application se complique un peu.
Ne vous découragez pas.
-Vas-y.
-Allô, bonjour, le bureau de Victor Barelle.
-Attends, t'as un accent parigot à décorner les bœufs.
Prends un accent plus chic. -Ouais.
-16e un peu.
Genre : Allô, bonjour, le bureau de Victor Barelle.
Sans exagérer. -Ah, oui d'accord.
Allô, bonjour, le bureau de Victor Barelle.
Ca va ? -Il faut que tu t'exerces.
Monsieur Barelle est là ?
-Je vous le passe. -Ah non.
Passe-les pas direct. On dirait que je fous rien.
Tu dis : De la part de qui ? -De la part de qui ?
-Ton accent. -De la part de qui ?
-Il dit : "De la part de machin" et tu dis :
"Il est en ligne. Vous patientez ?"
-Il est en ligne. -L'accent !
-Il est en ligne. Vous patientez ?
-"Monsieur Barelle est en rendez-vous.
"Je le préviens de votre appel."
-Il est en rendez-vous. Je le préviens de votre appel.
-Appuie sur ce bouton et le mec entend plus rien.
Appuie sur le bouton, sinon, il entend tout.
C'est allumé là, tu me dis qui c'est et tu dis :
"Je vous passe Monsieur Barelle"
ou "Il vous rappelle dans 5 minutes"
ou "Pouvez-vous me laisser vos coordonnées ?"
-Je vous passe...
-Tu appuies sur le bouton parce qu'il entend rien.
-Je vous passe Monsieur Barelle. Il vous rappelle dans 5 minutes...
Quoi déjà ? -Me laissez vos coordonnées !
-Me laisser vous coor... J'y arriverai pas.
Mon accent va ressortir. -Exerce-toi !
Ce qui trahit le prolo, c'est les mots
qui finissent en "re" comme "septembre".
On dit pas "septembe", mais "septembre".
Ou "quatre" et pas "quate".
Et aussi, les "que".
Il faut faire des vrais "que".
Tu comprends ? Répète par exemple.
"Une cloche qui colle car qui ne sait pas quoi faire."
-Une cloche qui colle car qui...
-Non, tu as dit "chi", "chole", "char".
Fais des vrais "que" nets.
-Une cloche qui colle car qui ne sait pas quoi faire.
Je dois la dire quand cette phrase-là ?
-Tu ne dois pas la dire, c'est une phrase comme ça
qui veut rien dire, que j'ai inventée pour les "que".
-La cloche qui colle, c'est moi, c'est ça ?
-Tu me pompes. On travaille.
-Je peux avoir une bière ? -Non.
Tu m'emmerdes ! Vas-y.
-Allô, bonjour, le bureau de Victor Barelle.
-Oui, mais fais gaffe à l'accent.
-Allô, bonjour, le bureau de Victor Barelle.
Barelle.
Le téléphone sonne.
-Allô, bonjour, le bureau de Victor Barelle.
Non, c'est son assistant. C'est de la part de qui ? Oui.
Il est en ligne. Vous patientez ?
Oui. Oui.
Ah bon !
Ah la la, attendez, je le préviens tout de suite.
Bip du bouton
Monsieur Victor ! Monsieur Victor ! Venez vite !
Bip du bouton Allô ?
Il termine sa conversation. Il arrive tout de suite.
Monsieur Victor ! Monsieur Victor !
Je vous cherche partout.
-Qu'est-ce qui se passe ? -Il y a un mec au bout du fil.
Il a l'air important, il a dit qu'il vous connaissait
et qu'il avait su que vous étiez viré.
Il veut vous filer du boulot. -Son nom ?
-Un genre de nom avec un "De".
De Latachière, un truc comme ça.
Un mec alors, lui, alors là. 16e. 16e.
Prout à fond la caisse. Et je dirais même un peu pédé.
Je sais pas s'il est pédé, mais en tout cas,
il a la voix, bonjour.
"J'ai appris que Victor Barelle avait quitté la chose muche."
Quand il cause, à l'autre bout du fil,
ça sent la rose !
Quoi ? Hein ? Bien quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
(-Le bouton.)
-Quel bouton ? Eh, Monsieur Victor.
Vous devriez lui répondre parce que, si ça se trouve,
c'est le coup de fil de la fin du chômedu.
Vous m'emmerdez avec ce bouton. Qu'est-ce qu'il y a ? Zut !
Ah, merde. Le bouton.
(Ah, merde.)
(Excusez-moi, Monsieur Victor.)
(Excusez-moi.)
Excusez-moi Monsieur de Latachière.
Je vous passe Monsieur Barelle. Il est là...
Tonalité
-Quand elle arrive, tu bouges pas.
Tu la regardes et tu souris bêtement, c'est tout.
-Je ferai ce que je pourrai. -Ca y est. Il est vexé.
-Pas du tout. Je sourirai bêtement, voilà.
-Et surtout, tu penses...
-Oui, je pense au secret de Djamila.
-T'as envie de lui plaire ?
Elle te plaît ? -Je sais pas, moi.
Vous le patron.
-C'est moi le patron ! C'est pratique.
T'es le con sympathique et je suis le méchant patron.
C'est ça ? Nouille, va ! T'es qu'une nouille !
-D'accord, je suis qu'une nouille.
-Je vais te dire pourquoi t'es comme ça.
T'as tellement peur de rater que tu fais exprès de rater.
Tu peux dire que t'as pas raté, puisque t'as pas essayé.
-Je vous suis pas. -Aie un peu de couilles !
Ca se résume à ça. Pousse-toi au train !
-Ah, la voilà ! Ah, elle est avec un mec.
Ah, elle est jolie quand même.
Propos entremêlés
-T'en fais pas. C'est son mari.
Son ex. Souris surtout.
...
-Youhou. Salut, Laurent.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-J'ai su que c'était votre jugement de divorce.
J'ai voulu venir vous soutenir.
-Ah oui ? J'ai été viré de la boîte.
-Ah bon ? Sans blague, toi aussi ?
-Oui, 3 jours après. -Bien fait pour toi !
-Mais j'aurai pas de pension
à te verser, pétasse !
-Bonjour Françoise. Ca va ?
-Ah Michou, mon nounours. Comment tu vas, mon cœur ?
-Euh ça va, ça va. Ouais, ouais. Ca va.
-C'est qui, lui ? -On va au cinéma ?
-Ah bien, ouais, ouais. On va au cinéma.
-Alors, comment ça va depuis l'autre fois ?
-Ca va, ça va. Il s'est passé plein de trucs.
-Raconte-moi. Raconte-moi.
-Bien, d'abord il veut plus que je boive de bière.
-C'est dingue quand même comme les femmes l'aiment, ce mec.
-Mais qui c'est, ce mec ? -Youhou !
Youhou, Laurent ! Ah tiens, bonjour Victor.
Excuse-moi, chéri. J'arrivais pas à me garer.
-Bonjour Thérèse.
-Tu sais qu'on est ensemble ? -Ah non. Félicitations.
-T'as retrouvé du boulot ? -Non, pas encore.
-Victor, je voulais m'excuser pour l'autre fois.
Je vous ai laissé tomber...
-C'est pas grave. -Si, si.
Justement, je voulais vous demander une chose.
J'aimerais beaucoup retravailler avec vous.
Laurent est au chômage,
alors moi aussi du même coup, et donc, je me suis dit...
-Ah non, non, Thérèse, merci.
J'ai déjà un nouvel assistant, un type très bien.
C'est Michou. Lui, là !
Le type qui est parti avec Françoise.
-Bon lui ?
On klaxonne.
-Oh oh ! Youhou, les enfants !
-SALUT VICTOR !
...
-Ah ! Merde ! Les sandwiches.
...
Allô mamie ? *-Ah Victor. Ca va ?
-Oui, oui. *-Alors.
On arrive demain, 12h37.
*-Je serai sur le quai.
*Ca va, les enfants ? -Formidable.
Ils étaient tristes que vous les ayez pas appelés.
-Ah oui, zut.
J'ai eu une semaine épouvantable et...
Euh, dites donc, mamie.
Je suis allé chez vous pour les sandwiches,
mais je les ai pas trouvés.
*-Comment ça ?
*Vous avez regardé sur la table de la cuisine ?
-Oui, ils y sont pas. Je veux dire, ils y étaient pas.
-Vous êtes chez moi, là. *-Oui.
J'ai pas pu passer. Ca a été mouvementé.
-Ils doivent être pourris.
-Non justement, puisqu'ils y sont pas.
La concierge ou la ménagère les a pris.
*-Elles ont pas les clés.
J'ai été cambriolée ?
-Non, ça a pas l'air.
C'est... tout est normal.
-C'est bizarre.
*-Oui, c'est bizarre.
*C'est pour ça que je préférais vous appeler.
-Vous avez des nouvelles de Marie ?
-Non.
Aucune nouvelle.
-Vous ferez quoi si elle revient pas ?
-Ah bon ? Vous croyez qu'elle reviendra pas ?
*-Je sais pas. -Vous le croyez, hein ?
*-Mais je sais pas.
-Vous savez, pendant ces quelques jours,
je me suis demandé qu'est-ce qui me manquait.
Si c'était elle ou juste la mère des gosses et tout ça.
Je pense à ses mains, à ses cheveux,
même ses épaules, la forme de ses épaules.
Je les connais comme si je les avais faites.
Je les aime. *-Oui.
-Et puis, elle est intelligente et toujours tellement organisée.
*-Elle a intérêt. -Comment ça ?
*-Avec vous... -Je suis mal organisé ?
-Victor.
Moi, c'est moi. Ma fille, c'est ma fille.
Ce que je dis n'engage que moi.
*-Vous, vous trouvez
*que c'était un peu normal qu'elle parte.
-Vous voyez, les sandwiches par exemple, c'est ennuyeux.
On peut pas tellement compter sur vous.
Les enfants ont demandé
vos nouvelles tous les jours, vous avez pas appelé.
-Tous les jours ?
-Bien oui.
-Je suis vraiment un sale con.
*-Ces derniers temps,
elle était fatiguée, vous avez rien vu.
-Ah bon ?
Non, j'ai rien vu.
Je vois jamais rien. Je comprends rien.
J'ai l'impression de vivre dans un brouillard.
*-Quand on sent qu'on est dans le brouillard,
on commence à y voir quelque chose.
-J'étais aveugle, je voyais pas le brouillard ?
-Un peu.
-Dans ma vie, il y avait une chose que je devais pas rater.
C'était elle, car c'est la femme qui me tient vivant.
On le rencontre pas souvent.
Maintenant, je l'ai compris ça, mais c'est trop tard.
-Oui.
-Bon, merci pour avoir gardé les enfants.
Embrassez-les fort, fort pour moi.
Je vous vois demain à la gare ?
-Oui, au revoir. Bon courage.
Le plancher craque.
-Il y a quelqu'un ?
-Oui, moi.
-Marie, t'es là ?
-Oui.
-T'es restée tout le temps ici ?
-Oui. Tout le temps.
-T'as fait quoi ?
-J'ai lu et je me suis reposée.
-T'as pris tes affaires ?
-Parce que...
je savais pas si j'allais revenir.
-Et maintenant, tu sais ?
Pourquoi t'as dit que
tu partais avec un mec ?
-Pour pas te voir.
-Mais t'as un mec ou pas ?
-C'est pas la question.
-C'est trop tard ?
Musique douce
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