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Il y a ce bleu, ce bleu qui fait tout basculer.
Bleues, comme les veines que Bobby remplit d'un liquide blanc.
Blanc et vide,
..comme un regard fixé sur ce môme que j'ai élevé..
..et qui me file entre les doigts, ses yeux rivés sur les îles lointaines.
Loulou a fait embaucher ses copains musiciens par M. Le Chat.
Ça change des ringards.
Sur le boulevard, les forains se sont installés.
C'est la fête.
Voilà ta chope. Ça va mieux ?
Ça fait 2 demis, hein ?
- Un Coca, maintenant ? - Ouais.
Voici la blonde, et la parade commence !
Voici la deuxième.
Voici... Maggie !
Voici la brune ! Un coup d'œil !
C'est permanent.
Nadège et Murielle vous attendent à l'intérieur.
Messieurs, prenez vos places !
Continu, permanent !
Allons-y !
Nadège et Murielle vous proposent le nu intégral !
Avancez ! Avancez !
Avancez ! Vous allez vous amuser !
Allez, les personnes intéressées !
Allons-y, gaiement, bien entendu !
On va commencer !
Arlette, je passe par derrière.
- Bobby ! - Que fous-tu là, toi ?
Il y a les condés qui encerclent le quartier.
Des condés qui encerclent le quartier...
- Ils vont remonter jusqu'à toi. - Mais non, Dieu me protège.
Bobby, fais gaffe.
- Retourne à ton café, je travaille. - Tu es bête.
Alors ?
Il ne veut rien savoir, Il a Dieu avec lui.
Tu vois où mènent tes discours ?
Anita, tu ne crois pas que les flics ont Dieu avec eux, quand même ?
Merde, Dieu a quoi à foutre là-dedans ?
- 500 balles. - Merde !
Tu manges des cuisses de grenouille ?
- J'ai des frais, curé. - Très bon, ça !
Il a des frais, le mec. Sacré Hongrois, va !
Tiens, voilà 300 balles.
Attention, demain, tu chantes à l'office,
..avec ta voix mielleuse.
- Je ne sais pas chanter. - Vous chantez tous faux...
Ça te fera du bien, tu verras des filles.
On fabriquera des miracles.
Des miracles ? C'est quoi, ça ?
Écoute, pour que les sœurs fassent partir le mal,
..il faut bien un pilier, un petit miracle !
Allez, je vais m'entraîner.
Je te rejoins. Tu viens, Joko ?
Ah, tu l'as dans la peau, hein ?
Curé, je n'ai rien dans la peau, sauf la peur de mourir vieille.
Ma vieille, ça peut se résoudre facilement.
Je sais. Justement, je me suis équipée.
Viens.
Il ne mollit pas.
Si, c'est l'amour vache.
Vos gueules !
Culs bénis !
Allez, sors les tripes !
Vas-y ! Ouais !
Allez, remonte-toi !
Vas-y !
Ouais !
Ce n'est pas ton jour, viens.
Pic, pic, pic ! Tac, tac !
Allez, allez.
Tu as tort de venir, Joko.
On va guincher.
Ouais, du côté de la Main Bleue.
Tu viens ?
Non, je suis occupé ce soir.
Hé !
Tu dors chez toi ?
Où veux-tu que j'aille ?
Je te fais la bise.
Alors ?
Ça t'a plu ? Ce n'est pas mal, hein ?
Il faut venir plus souvent.
Il y a 3 ans, tu as fait une connerie, mais c'est terminé.
Tu vas revenir à la salle.
Tu vas redevenir quelqu'un. Un tout petit peu, hein ?
Qu'en penses-tu ?
- Oui. - Hein ?
- D'accord. - Ça te plaît ?
Ça t'a plu ?
- Pas trop fatigué ? - Non, c'est bien.
Téléphone !
- Bois, ça fait du bien. - Non, je ne bois pas.
Tu n'es pas toute seule.
Au revoir, bébé.
- Curé, ça swingue ? - Ça va swinguer, taxi.
Tu n'irais pas à Montreuil, par hasard ?
Oh là là !
J'ai fini ma journée, révérend.
Je fais un effort pour un homme de Dieu.
C'est chouette.
Tu connais la Main Bleue ?
- Le hangar des nègres ? - C'est ça.
Il ne se rend pas compte, ce n'est qu'un môme.
Ce dealer n'est plus un môme.
J'ai peur pour lui.
Il y a eu une descente de flics. Bobby venait de me quitter.
Tu n'en as que pour ce môme, Anita !
Ça fait 10 ans que je m'en occupe.
Elle est vraiment cinglée...
Chacun sa merde, curé.
Je suis nase, Pierrot.
Au fait, tu as acheté du café ?
Oui.
Dis donc...
..ça ne s'arrange pas, tes histoires.
Non.
Pour Bobby, j'ai l'impression que c'est ma faute.
Ta faute, ta faute... Pourquoi pas la mienne ?
Allez, viens. Allons griller une cigarette.
Il va pousser son opéra cosmique ?
Lui, je ne sais pas, mais toi, oui.
Ça te va bien, Loulou.
- Loulou, je me casse. - Ouais.
- Ils n'ont pas un rond. - Ta gueule.
Moi, j'ai mal aux guiboles ! Je m'emmerde, seule dehors !
Tu y retournes, et tout de suite.
Merde, Robert !
Charlotte...
..qu'est-ce que tu veux, hein ?
J'y vais.
Surveille la baraque au lieu de les écouter.
J'ai du boulot à faire, mais j'attends ce merdeux.
Tu n'es pas obligé.
OK, ça va, ça va.
Le blond, le voilà.
Oh là !
Plutôt speed, le mec...
C'est un gros client à Bobby.
Eh bien... vachement nerveux.
Il ne va pas tarder.
Chouffe !
Salut, ça va ?
- Quoi ? - Tu as vu Bobby ?
Non.
Ça va ? Tu n'as pas vu Bobby ?
Du calme, ne me fais pas remarquer.
Je suis calme.
Ça va, toi ?
Je suis un peu en descente.
Tu fais toujours de la musique ?
Ça va, aujourd'hui ?
Bobby !
- Quoi ? - Ne m'oublie pas.
À la caisse, fais la queue.
- Tu en veux combien ? - Deux.
- Dégage. - Salut.
On va manger un morceau et après, on va chez toi.
- Ça marche ? - Oui.
J'y vais.
OK.
Wanda Vallès, visite terminée.
Tu reviens mardi ?
J'essaierai.
Oui, je viendrai.
Je t'aime.
Bruno Vallès ?
Vous voulez quoi ?
Brigade des stups.
Oh, merde...
Non, on veut simplement parler.
Nous, aux stups, ta femme, on ne lui en veut pas.
Elle a déblayé le terrain.
Ce n'est pas par moralité qu'elle a fait ça.
Il avait tué sa sœur.
N'exagérons pas, Bertino n'avait tué personne.
- Overdose, c'est pareil. - C'est une façon de voir.
Ta gosse, ça va ?
Merci.
Le journal, s'il vous plaît.
Une conditionnelle pour Wanda et tu dis ce que tu sais.
Ce que je sais sur quoi ?
Vallès, ne fais pas le con. Sur quoi ?
On te parle de la came, Vallès.
- Jamais entendu parler. - Vallès !
Les camés marchent sur des œufs en chantant des cantiques.
C'est de la bonne, hein ?
- Je peux faire quoi ? - Eh bien...
Le fil, Vallès. Le fil.
Tu sais ? Comme dans la légende.
Le fil de Marianne.
Oui.
Ça lui dit quelque chose, mais ce qu'on voudrait,
..c'est rentrer dans le labyrinthe, pas sortir.
- Tu comprends ? - Vous êtes des salopes.
Oui. Eh bien, oui.
Vallès, tu réfléchis et tu prends ton temps.
Pas trop, Vallès, on est un peu nerveux.
Voilà notre numéro. Tu demandes Rousseau.
Pense à ta gosse.
Elle doit se poser des questions, non ?
Moi, j'y pense. Tiens, pour elle.
- Un chorizo, madame. - Un sandwich au chorizo.
- Voilà. - Merci, tenez.
J'ai quelque chose pour Linda.
- Tiens, Linda, une pomme. - Anita te cherche.
- Je repasse avant minuit. - Au revoir.
Regarde-moi ça.
- Regarde. - C'est chouette.
Le voilà.
Ah ouais !
- Tu lui demandes ? - Non, je n'ose pas.
Bon, OK, j'y vais.
Salut.
- Ça va ? - Ça va.
Révérend ?
- J'ai une question. - Vas-y, j'écoute.
Vous pouvez guérir des malades, mais sans les voir ?
Sans les voir ? Ça dépend de la maladie.
Si c'est grave et qu'ils sont dans un hôpital ?
Ça, ça me dépasse.
Dommage.
Ça ne te coupe pas l'appétit.
Passe-moi une clope.
À peine salué, il se pointe et me balance..
..un coup de pied au visage.
- Et le salut ? - Rien à faire !
Il m'a dit : "Désolé, pas fait exprès."
Bon, OK. Ça va, je te laisse discuter.
Loulou, apporte du bleu à Tony, il est en rade.
- Et pour moi, un ricard. - OK.
Ce n'est pas trop tôt.
J'ai le sentiment de partir en lambeaux.
On va partir par petit bout, chaque jour.
Un petit bout ?
- Ça va ? - Ouais.
- C'est moi qui file le cours ce soir. - Super !
Tu sais que tu m'aimes, toi ?
Tu sais, à la même heure, tous les soirs,
..j'ai l'impression que le monde devient phosphorescent.
Tu ne réponds pas ?
- Une bière. - Et mon ricard ?
Dis donc, ils ne sont pas mal, tes musicos.
Ouais. C'est mieux qu'Yvette Horner.
- Tu comprends mieux. - Hein ?
- Tu comprends mieux. - Oh...
Merci, Loulou.
Oh là !
Anita, pas de problèmes avec le diable ?
Pas besoin de prières ? Ce n'est pas cher.
Je vais te dire, curé : l'enfer est en moi.
- Il est foutu pour la religion. - Mais non...
Je peux m'occuper de toi,
..mais si tu restes avec le Hongrois, je ne peux pas.
Je ne reste avec personne, n'oublie jamais ça.
OK, c'était juste une façon de parler.
Avant de parler, tourne ta putain de langue.
- Nerveuse ! - Je suis crevée.
J'en ai marre, je veux me casser.
Je parie qu'ils embraient sur Exodus, 2 sacs.
Tenu.
Autant pour toi !
Suivez toujours la noire. 2 rouges, où est la noire ?
Dis donc, tu t'es fait combien aujourd'hui ?
Pas une question pour un honnête homme.
Il parle comme un curé, avec ça.
- Cherchez la noire. - Méfie-toi, Lucifer.
N'insulte pas les créatures du Seigneur.
C'est le jeu.
Écoute la môme.
Sans déconner, tu peux jusqu'à la semaine prochaine ?
La semaine prochaine ?
- OK pour une spéciale ? - Quel genre, mon lapin ?
Tu veux la baiser ou lui arracher une dent ?
Ça te fout quoi ? Je peux payer.
- Je ne fais pas les dentistes. - Espèce de...
Espèce de pute, je sais.
Le voilà !
Où ça ?
Le bronzé ?
Oh, Bobby !
Ouais, d'accord. Tu me rejoins dedans ?
Tu m'attends ?
Les flics !
Arrête !
Police, arrête !
Police !
Lâche ton flingue !
Hé ho ! Allez !
Allez, allez !
Hé, le blond ! Pas la peine d'y aller.
- Quoi ? - Ils ont rectifié Bobby.
Quoi ? Bobby est mort ? Ça ne va pas, non ?
Je n'y suis pour rien.
Un stup lui a mis 2 balles dans la tête.
Bobby... Et la came ?
Ne me fais pas chier ! Tire-toi !
Bande de cons...
Madame, je viens voir Bobby.
- Hein ? - Viens, Bernard.
On va voir Bobby ?
- Qu'y a-t-il ? - Je viens voir Bobby.
- Pas de Bobby. - Mais...
- Il est mort ! - Mort ?
Il est mort, dégage.
Dégage, je te dis. Va-t-en.
- Dégage... - Allez, dégage, dégage.
Plus vite que ça !
Viens, allez.
Non, aujourd'hui, Twist, je ne te prends pas.
Pourquoi pas ?
Tu as vu que j'étais fermé, même pour toi.
J'ai pigé : tu vas voir ta princesse dans son palace.
- Ouais. - J'espère qu'elle n'a pas maigri.
- Embrasse-la. - D'accord.
- Je vais faire pisser le chien. - Ciao !
Ciao.
- Il doit roupiller. - Il est là, Loulou.
Ça va, j'arrive.
D'où tu viens ? Allez, va bosser.
Si quelqu'un ne peut rien reprocher à Loulou, c'est vous.
Allez, n'abuse pas.
Ce serait bien,
..un peu de blé, on est à court.
Du blé ? Tu oses ? Samedi, rien avant.
- On en a besoin... - Ce qui est promis sera tenu.
Je tiens mes promesses aussi.
Tu parles ! Tu m'avais promis Bobino, le paradis !
Ta musique de paumé fait fuir ma clientèle.
C'est ta clientèle qui est paumée.
La tienne vaut mieux, sans doute. Une limonade toutes les 2 h...
- Ne t'énerve pas... - Même Loulou ne fout rien !
- Rien à voir... - J'en ai marre, fous le camp !
Rien à faire !
Voilà.
- C'est pour boire ou draguer ? - Il faut que je te parle.
Tu sais la nouvelle ?
Ça dépend laquelle.
Viens.
Salut Loulou, ça va ?
- Loulou, un demi. - C'est parti.
C'est quoi la nouvelle ?
Ton petit copain, le dealer...
Bobby ?
- Bobby ? - Mort.
Hier soir, étendu devant Tati par les stups.
Un safari et tout.
Non...
Ils y passent tous.
Non, pas tous.
Si j'étais allée au bout...
Au bout de quoi ?
Rien.
Rien !
J'étais encore en retard.
Tu étais au courant pour les flics ?
Un petit peu.
J'aurais pu le prévenir.
Il n'aurait pas écouté, ce tocard.
Bon Dieu de merde...
Trop voyant.
Qui a pu le donner ?
Un bon copain à lui.
On dirait que tu débarques !
Tu es chopé, tu dois balancer !
Je le tuerai.
Je le tuerai.
Anita, Anita... tu n'es pas sa vieille.
C'est facile, maintenant. Barre-toi.
Barre-toi, nom de Dieu !
Arrête, maintenant.
Écoute... on se voit ce soir.
Tout à l'heure ?
Je ne vois personne ce soir.
Je fais le deuil.
Je n'ai pas pu venir mardi.
J'attendais un abruti à Roissy.
Je m'en suis doutée.
C'était le retour des vacances. Ils l'ont dit à la radio.
Vesperini, au parloir.
Ça va, Wanda ?
Je n'arrête pas de penser à ce moment.
Plus j'y pense, plus je crois qu'il n'y avait pas..
..d'autre chose à faire.
Ça ne sert à rien de regarder en arrière.
Je sais, Bruno, mais...
..ce n'était pas toi qui l'as vu..
..avec ses yeux morts et sa saloperie de seringue.
Non.
Munchen, avocat.
Toujours la même sérénade.
Les flics ne font rien.
Ils ramassent les cadavres.
Ils détruisent le mal par le mal.
Bon...
Tu sais, la petite...
Oui ?
Non, rien.
Si... si je passais la conditionnelle, tu penses...
Eh bien...
Je pense à toi, tu sais ?
Nous aussi, on pense à toi.
Avec moi, on peut parler de ce que vous voulez.
- Tu connais le crocolion ? - C'est quoi ?
- L'animal le plus méchant. - Pourquoi ?
Il a une tête de crocodile devant et une de lion derrière.
Comment il fait caca ?
Il ne peut pas, c'est pour ça qu'il est méchant !
Que se passe-t-il ?
Laisse tomber.
Ça ne va pas ? Betty ! Tu me reconnais ? C'est Anita !
- La serveuse. - 1 gramme... Je veux mon gramme.
Je n'en ai pas. Comment je peux t'aider ?
Je vais crever ! Il faut que tu me portes.
- J'en ai marre, je veux mourir ! - Je vais trouver une solution.
Il n'y a pas de solution ! Mon gramme !
Écoute, viens, on va essayer de marcher.
On verra la dope après. Où tu vas ?
En enfer. En enfer avec tous les tordus !
Viens, je t'emmène au cabaret. Allez, avance !
Allez.
Fais quelque chose. Je ne peux pas monter sur scène.
Je ne connais pas de dealer.
Bobby me fournissait.
Il est crevé, cet enfant de salaud !
Ne dis pas ça. Ne parle pas de Bobby.
Et des amphés ?
Tu pourrais ?
Peut-être, je peux voir.
Vas-y, mon ange. Fais vite.
OK.
- Denis... - Ciao !
Tu peux me rendre...
- Que t'arrive-t-il ? - Un service ?
- Oui. - J'ai besoin d'un dépannage.
- Besoin d'argent ? - Non, c'est pour une copine.
Tu sais, tes trucs... Des amphés, tu en as ?
2 plaquettes, j'en ai besoin.
C'est vital.
Mais moi...
Bon...
Viens, viens.
- Tiens. - Je te paierai.
J'aimerais bien exister encore un soir.
Miroir, gentil miroir...
..dis-moi qui est la plus belle.
Ce n'est pas toi, c'est Blanche Neige.
La neige, oui. Elle est blanche.
Blanche...
Tu fais la squaw ?
Non, je n'aime pas les squaws.
Elles restent sous leur tente à cuisiner.
Qui es-tu, alors ?
Ah !
Je suis...
..un grand chef de guerre.
Geronimo.
Non.
Aigle Noir.
Voilà, c'est moi : Aigle Noir.
On fait la paire, toutes les deux.
Dis, euh...
..c'est comment, la première fois ?
La première piqûre ?
Mm...
C'est dur à dire.
L'impression qu'on a vécu que pour ce moment-là.
Et après ?
Après ? On a envie que ça dure.
Que ça dure toujours.
- Jamais voulu arrêter ? - Non.
Jamais.
Si tu t'arrêtes... tu meurs.
Mais pas tout de suite.
À petit feu, sous une longue torture.
Tu crois que ça va durer longtemps,
..ton strip, ta drogue ?
Tout le bastringue ?
J'aime les roses rouges.
Ici, on vient me voir à l'entracte.
Mais pas pour m'offrir des fleurs.
Betty, on fait chambre à part ?
On a bientôt fini, tu es à la bourre.
Tu sais, quand j'étais môme, mes parents me voyaient épicière.
Ton gramme me rappelle la balance qu'ils m'avaient achetée.
Tu aurais pu finir fleuriste.
Tu m'aurais apporté des fleurs.
Ouais, j'aurais pu.
Dis, Anita...
..tu ne connais personne pour la came ?
L'héro, ce n'est pas mon truc.
Écoute, dans un café, tu as dû en entendre parler.
Oui, un peu.
Je connaissais bien Bobby.
Il faut que tu fasses quelque chose.
Sinon, je ne peux pas continuer.
D'accord.
Je vais voir.
Je vais essayer.
Et voilà, Betty Patchwork !
Une chose synthétique, comme neuve !
5 000 km au compteur.
Une belle occase.
Quand je dis "chose", je pèse mes mots.
Je n'imagine pas qu'elle le fasse.
Vallès dit qu'elle est branchée.
En amateur, pour les fins de mois.
Dans le métier, pas d'amateur.
Elle ne resterait pas derrière le zinc...
..si elle en vendait tous les jours.
C'est une bonne couverture.
Tu as raison, allons-y.
On tente le coup.
Bonjour, petit chose.
Mon ami Pierrot.
Hé !
Le vent te pousse, toi...
..sur les tuiles du toit.
Tu l'as laissé se barrer ?
Oui.
Ce dégueulasse avait le cul mouillé.
La viande de chien n'est pas bonne ?
De la pourriture !
De la cochonnerie qui pue le macchabée.
Ça me fait gerber. Tu me les casses avec ta viande.
Tu te prends pour qui ?
La Perle de l'Asie.
Je te déclenche un sourire oriental.
Le maque...
Hé ho !
Le soleil brille.
Comment tu me trouves ?
Ah, tu ressembles à une fée.
Une fée ?
C'est des histoires de gosses.
Et la violette sur le front ?
C'est la plus belle, Annie.
- Elle brille. - Vachement, oui.
C'est ma bonne étoile.
Ah, attention.
- Papa ? - Mm ?
Elle pense à moi ?
Bien sûr ! Elle t'écrit des lettres, non ?
Oui, mais...
Papa ?
Elle reviendra, maman ?
Bien sûr.
C'est bizarre, ces lettres ne parlent jamais de l'hôpital.
Oh, elle ne t'en parle pas pour ne pas t'embêter.
Ouais, peut-être.
Bruno ? Bruno, écoute.
Au lycée...
Quoi, au lycée ?
Ils disent que ma mère est une pute.
Tiens !
Tu n'as pas 10 sacs à me passer ?
Tu rêves, là ! Tiens.
- J'en fais quoi ? - Des sacs.
- Tu viens gratter ton vieux ? - Ouais.
Pierrot, surprise !
Bonjour, fiston.
Regarde qui est dans la salle.
Que font-ils là, ces 2 zèbres ?
Il m'a demandé s'il était rentré hier.
Le lézard d'amour s'est enfui encore une fois.
Dis donc, tu n'as pas 10 sacs dont tu ne sais pas quoi faire ?
Ne te marre pas.
Le contraire m'aurait étonné.
Pierrot, quand tu veux.
Ça va ?
Hé, Betty du Sexy Pigalle's, vous connaissez ?
- Un travelo ? - Oui, la petite aux cheveux courts.
- Bobby la fournissait. - Ah bon, elle aussi ?
- Oui, elles en tapent toutes. - OK, alors quoi ?
Je l'ai ramassée sur le boulevard.
J'ai des amphés, mais... elle ne tiendra pas.
C'est la merde. Sans la came, elle va déconner.
- C'est sûr. - Les cures, ça existe.
Du calme, Anita. Du calme.
Willy, essaie de comprendre. Elle va glisser.
Elle ne pourra ni sortir ni travailler.
J'ai compris, ce n'est pas tes oignons.
Si, justement ! Elle m'a demandé, j'en trouverai.
Je réfléchis.
On doit pouvoir trouver le fournisseur, le gros.
Tu n'es pas assistance sociale.
C'est trop compliqué pour toi.
Écoute, fillette.
Je peux faire quelque chose.
Oui, fais une prière pour elle, car elle pourrait y rester.
Arrête !
On ne va pas mourir en aidant la folle du Sexy.
Ce n'est pas un boulot d'amateur.
Pour la poudre, il faut être de la filière.
Quand elle ira mieux, elle trouvera un autre dealer.
Vous êtes marrants, on dirait 2 saint-bernard.
Tu fais chier !
Ah bon ? Tu n'as pas toujours dit ça.
Ça veut dire quoi ? Je te dois quelque chose ?
- Vas-y, crache ! - Je n'ai rien dit.
- Tu baisses les yeux ? - Pas du tout.
Anita, tu y vas fort.
Willy, tu sais ce que je vois dans tes yeux, hein ?
Un grand bonheur bien propre, sain, normal.
3 pièces avec cuisine, bien équipé...
Bac à sable pour les enfants, télé qui ronronne ses conneries.
Une jeune épouse comme il faut, hein ?
Un amour bien régulé, avec... vidange tous les samedis soirs !
Pas d'emmerdes, on ne doit rien à personne.
Voilà ce que je vois, ça ne me fait pas bander.
Au chapitre des urgences, il y a Betty.
Elle est pour toi. Vive l'Armée du Salut !
Barre-toi !
Et moi-même !
Et nous-mêmes !
Seigneur !
Seigneur, je ne veux plus rien...
Les âmes repues que gonfle le sucre brun,
..autant que ma peau brune !
Les nègres, vous le savez,
..ont trop travaillé.
Pourquoi apprendre dans les livres qui parlent de choses non visibles ?
Les Capétiens, on s'en fout.
Michaud veillait, la nuit dans sa chaumière,
..près du hameau, en gardant son troupeau.
LE CIEL BRILLAIT D'UNE VIVE LUMIÈRE.
IL SE MIT À CHANTER : "JE VOIS L'ÉTOILE DU BERGER."
IL SE MIT À CHANTER : "JE VOIS L'ÉTOILE DU BERGER."
JE VOIS L'ÉTOILE DU BERGER.
JE VOIS L'ÉTOILE DU BERGER.
JE VOIS L'ÉTOILE DU BERGER.
Joko ?
Il faut prier pour ma mère. Elle n'est pas guérie.
- 8 pour samedi. - OK, seulement 8 ?
Tiens, ils ont sorti un poème sur Bobby.
Sur Bobby ? Vas-y.
Joko !
Des coups durs en ce moment ?
Va au kiosque en face.
- Bonjour, Sylvie. - Bonjour.
Ça va ? La reine des pommes est passée ?
Il est au square d'Anvers.
Merci.
Hé, le blond !
Viens.
Tu veux quoi ?
Tu en as ?
Tu rigoles ? Mes planques sont ripoux.
- Foutues. - Comment tu vas faire ?
Il faut attendre. C'est la chiotte, hein ?
Ils savent ce qu'ils font.
Ils attendent qu'on soit à bout, puis ils vendent au prix fort...
Je sais, mais le deal ?
Quoi, le deal ? Il n'y a personne.
- Pas de relève de Bobby ? - Non.
L'aveugle te dira peut-être quelque chose.
Dans le hall du ciné ?
Ouais, c'est le seul.
D'accord.
- Hé, si tu as... - Oh !
- Qui es-tu ? - Joko.
Une copine en manque va crever.
Il lui en faut.
Il faut attendre.
Quand ça va revenir, on va monter au ciel.
Ouais, ouais, d'accord.
Ma copine ne peut pas attendre.
Toi, tu connais le vendeur.
Personne ne le connaissait, sauf Bobby.
Ah là là...
On doit pouvoir le rencontrer.
Quelqu'un peut t'aider.
C'est un maque de Barbès.
Tu demanderas Menendez.
Menendez ?
Je ne t'ai jamais rien demandé.
Combien tu veux ?
Tu dois me le rendre, dans 15 jours.
Merci.
Il me bouffe mes pourboires, Le Chat.
Oui, toujours la même histoire.
- Ciao. - Ciao.
Tu reviens... pas trop tôt ?
Salut.
Menendez est là ?
Demandez aux filles.
Merci.
- Tu montes, curé ? - Pas le temps.
Je dois voir Menendez.
Menendez est très occupé.
- Tu sais où il crèche ? - Personne ne sait où il est.
Va au Domino, à la Goutte d'Or.
- Domino ? - Ouais.
OK. Merci, les filles. C'est pour moi !
La classe !
J'ai emprunté. Même Eddy m'en a passé.
- Ah ? - J'ai une somme, et toi ?
Moi ? J'ai piqué dans le tronc du temple.
Tu représentes le Seigneur, tu gères son pognon.
Excusez-moi...
Menendez ?
- Joko, de la Sainte-Trinité ? - Oui.
Il t'attend.
Comment ça ?
À Barbès, les nouvelles vont vite.
Et où ça ?
Allons-y !
Ah, le 2 ! Joko, pas de chance !
Le 2, ça fait 15 francs.
- Cousin, un sac ? - Ça va.
Regarde la qualité. Palpe !
Oui, mais c'est la robe du Seigneur que je vais toucher.
La robe du Seigneur ? Il fallait le dire !
Un client pour toi, mon père.
Je te laisse.
Révérend ?
C'est moi, Menendez. Que veux-tu ?
Voilà, je fais un sauvetage.
Comme un vrai saint-bernard.
C'est pour un travelo qui prend... 1 gramme par jour.
- C'est beaucoup. - Oui.
Dis-moi, tu peux faire quelque chose ?
Tu es seul ?
Oui. Enfin, je suis avec une copine.
- La môme du café ? - C'est ça, oui.
Bon, OK.
On y va.
- Salut, Ahmed. - Bonjour, tonton.
Ce mec a besoin d'échantillons.
Combien ?
How much ? Combien, curé ?
3 grammes.
- Amateur ? - Pire : assistante sociale.
Tout à l'heure, à 17 h.
Merci.
Ça va, petit ?
- Anita, j'ai le rencard. - Je viens.
Non, on ne sait jamais.
Si je ne suis pas à la médina à 17h30...
..tu peux prier.
- On y va à 2. - Non, tu restes !
Tiens.
Je te donne l'adresse, on ne sait jamais.
Dis-moi, tu pourrais en parler au Hongrois ?
Non, je ne veux plus entendre parler de ce mec.
On se démerde.
- Sûr ? - OK.
On est vraiment bloqués.
Ce n'est pas pour moi.
Vous ne me croyez pas.
Bon, ça va.
Tu te rappelles de Franco ?
- Franco ? - Il est dans la pub.
Tu veux son adresse ?
Merci, M. Borelli.
Ho ! N'oublie pas vendredi.
D'accord.
Franco, ta secrétaire n'est pas du quartier ?
Tu viens en ami ?
Bien sûr. J'ai toujours tenu parole.
Ouais, c'est vrai. Que puis-je pour toi ?
Un échantillon, en souvenir du bon vieux temps.
- Tu t'y mets ? - Non !
Dépannage.
OK.
Bonjour.
- Betty est là ? - Non.
- Elle travaille à quelle heure ? - Interdit de renseigner.
Vous êtes Mme Sophie ?
Écoutez, dès qu'elle arrive, dites-lui qu'elle m'attende,
..de la part de Willy.
Vous y tenez vraiment ?
Ouais. Merci.
J'appelle Betty.
Anita, tu ne viens pas au hammam ?
J'ai des problèmes. Je t'expliquerai.
- Ciao. - Ciao.
Allô ! Allô, Betty !
Je l'ai. Je le mets où ?
Willy ? Je ne lui parle plus.
Il a la trouille, je fais ce que je veux.
Non, je serai là. À tout de suite.
Alors ?
Terminé.
C'est un deal, je sais où ça se passe.
On y va ?
Sois prudente.
- Ne t'inquiète pas. - Betty, rentre chez toi.
J'ai rendez-vous au 7e ciel.
- Rentre. - Ne t'inquiète pas.
Sois prudente.
Sortez d'ici ! Allez !
Vous êtes incroyable !
Je suis ici chez moi ! Trouvez Joko vous-même !
Je n'y suis pour personne. Je reviens et je te fais tourner.
- Fais vite, chérie. - OK.
Bonsoir !
- Tu sais où est Betty ? - Pas vue.
- Je suis un ami de Mme Sophie. - Pas vu Betty.
- C'est vraiment urgent pour elle. - Pas vue !
Attends, je recommence.
Je cherche Betty. Dis vite où elle est.
Pas vue.
C'est ton chien ?
- Betty. C'est urgent. - Pas vue.
Nom de Dieu...
Je compte jusqu'à 3.
- Je vais t'arranger ! - Pas vue.
Putain de merde !
Quoi, toi ?
- Allez, tu viens. - Oh !
- Viens. Circulez ! - Non ! Pas ce soir !
Circulez. Monte, allez, allez.
- Non, non ! - Viens avec nous, allez !
Circulez, messieurs-dames.
C'est le moment.
J'y vais.
Non.
Écoute, c'est moi qui dois y aller.
Fais gaffe, Anita.
Brigade des stups. Ne bouge pas, on est 5.
- Allez, tu nous suis. - Aïe !
Aïe !
Ne déconne pas !
Ne reste pas là !
Mais enfin !
Pose ton flingue !
- À genoux ! - Calme-toi ! Arrête !
Lâche-la ! Sinon, je le tue !
- Du calme ! Du calme ! - Lâche-la !
Il faut que tu la lâches ! Tu m'entends, toi ? Dis-lui !
- Lâche-la. - Regarde ! Regarde.
- Il faut la lâcher ! - Doucement !
Lâche-la ! Tu ne bouges plus !
- Regarde. Viens, viens... - Calme-toi, Anita.
Attention ! Calme-toi, Anita.
- Regarde-moi ! - Calme-toi, Anita !
Ne bouge pas, toi !
Anita !
Doucement.
Ne fais pas le con !
Laissez passer.
On se tire, c'est fini.
Laisse-le.
C'est un pauvre nègre qui fait des miracles.
Jésus, Marie, Joseph...
Tu sais ce que tu vas dire ?
- Un truc sur le pouvoir. - Sur quoi ?
Le pouvoir.
White, la loi, la vie, les condés.
White, les nuits pour oublier.
Phares de la police dans mes yeux métis mouillés.
Black, mes cheveux et ma peau.
Black, c'est écrit là, sur mon dos.
Black, comme de la musique soul.
Black is black and really beautiful.
And tell me
Why, why, why, why, I don't know.
Why, why, why, why, I'm born in the ghetto.
Why, why, why, why, I don't know.
Deux noires pour une blanche, c'est inscrit dans le tempo.
White, la couleur de l'accro.
White, la lame ; noir, le couteau.
White, la voix qui dit "encore".
Sur Pigalle La Blanche fait rouler ses gouttes d'or.
Black, la mémoire des bistrots.
Black, les blousons des travelos.
Black, la mort dans son linceul.
Comme un coup de flingue, une baffe dans la gueule.
And tell me
Why, why, why, why, I don't know.
Why, why, why, why, I'm born in the ghetto.
Why, why, why, why, I don't know.
Deux noires pour une blanche, c'est inscrit dans le tempo.
White, la peur qui vous rassure.
White, le boulevard sous la bavure.
White, la morale et le nombre.
Pigalle devient blanche quand les bronzés sont à l'ombre.
Black, vers la lumière dorée.
Black, vers l'épaisseur des forêts.
Black, très loin de Babylone.
Je veux repartir vers les tambours qui bastonnent.
Adaptation : Edouard SONET
Sous-titrage : EPICENTRE
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