All language subtitles for Sage homme 2023 FRENCH

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Original subtitles

---

On frappe dans un ballon. - Ouais, là-bas !

- Le rachis cervical est composé de 7 vertèbres.

Le rachis thoracique est composé de 12 vertèbres.

Le rachis...

Le rachis lombaire

est composé de 5 vertèbres.

Et le sacrum, il y en a combien ?

4 vertèbres fusionnées. 4 vertèbres fusionnées.

Le méat acoustique externe est un canal

qui s'étend de l'auricule

à la membrane tympanique.

- C'est moi qui l'ai dit ! - Hé !

Issa, Hady, vous partagez !

Hé, d'accord ?

Cris sur le terrain

Il continue de réviser.

- Léopold, viens jouer. Adama est trop nul !

Tu continues ?

Tu veux réussir tes études, mais moi, je veux ce match.

Avec lui, c'est impossible.

T'as tout raté. - T'es fou ?

- T'es trop nul. - Lâche tes bouquins.

- Viens, je te montre comment on fait.

Tu sais faire ça ?

- Elle t'a affiché, là !

- ...thoracique est composé de...

- Lève-toi, grosse merde.

- Viens jouer.

- Vas-y, j'arrive, j'arrive.

- Il va rien faire.

- Eh, bébé ! Passe-moi la balle.

- Pour qui il se prend ?

- OH !

- Tu veux quoi ?

- Avec ton pied carré...

- Bouffon, va.

- Léo ?

Léo ?

J'ai été appelé. Tu peux t'occuper des jumeaux ?

- OK. - Merci.

Léo...

Bonne chance pour les résultats.

Bâillement

- Mets la main quand tu bâilles. - Lâche-moi.

- Attention.

Voilà.

- Oh là là ! C'est quoi, ça ?

- Je prends des Chocapic. - Non, tu restes assis.

Ca ira plus vite.

- Merci.

Y a du lait ? - Non, pas aujourd'hui.

- Tiens.

- Comment ça, pas aujourd'hui ? - Pourquoi ?

Il se passe quoi aujourd'hui ? - Pousse-toi.

Ca va, on rigole.

- Tu peux y aller, je gère.

C'est bon, je t'ai dit.

Va chercher tes résultats, je m'occupe de tout.

- OK. L'école, c'est 8h20, d'accord ?

8h20, pas 21, pas 22. - C'est bon, pas 8h23.

- PAS 8h24, PAS 8h25, PAS 8h26...

- OK, c'est bon.

Discussions mêlées

- L'année dernière, t'étais passé loin ?

Quand même.

- Baptiste, ça va ? - Ca va ?

- Alors ? - Rien, on attend.

- J'ai envie de vomir.

- Toi, t'es primante. Tu peux redoubler.

Nous, c'est notre dernière chance.

- Si je passe pas, je me barre en Hongrie.

- Ah oui ? - Y a des équivalences.

- Passer le diplôme au rabais pour être médecin en carton ?

- C'est médecin quand même. - Oui.

- Le patient fait pas la différence.

- Les gars, ça ouvre !

- Dépêchez-vous !

Cris de joie

- Trop contente, je suis 3e !

- Allez, 127e !

- Tu l'as ? - Je suis où ?

Musique mélancolique

---

- Je suis 325e.

Je pense que c'est mort.

T'es combien, toi ?

Ca va, Léo ?

- 3e,

Anne-Charlotte Mérieux.

- Médecine.

- Médecine.

- 31e, Samuel Coffre.

Médecine.

- Médecine. - Médecine.

Médecine.

C'était la dernière place en médecine.

C'était la dernière place en dentaire...

- 511e. Léopold Beyé.

Maigres applaudissements

Bonjour. - Bonjour.

- Votre choix ?

- Merci.

Il marmonne.

- Pardon, on n'a pas entendu.

- Sage-femme.

- Sage-femme.

Musique douce

---

- Il est pas devenu médecin ?

Hé, Dr Beyé ! T'es médecin ou pas ?

Tu me prescris un truc ? J'ai mal de ouf.

Franchement, s'il te plaît.

- Donne-lui du viagra. Il en a besoin.

---

Rires

- Léo ! Mon cousin !

Il est là, les gars.

- Ca va ?

- Ton père est dingue.

- Tu réponds plus aux textos ?

- J'avais plus de batterie.

- Alors ? - Combien, Léo ?

- On a parié. Je dis 7e.

- L'an dernier, t'as fait 250e. La moitié. 180.

- Divisé par 2, ça fait 125.

- C'est bon, c'est bon.

Léo, dis-nous.

- Dr Beyé ou pas Dr Beyé ?

- Alors ?

- Dr Beyé ! Cris de joie

- C'est grâce à moi !

- Bien joué. - C'est grâce à moi.

- C'est grâce à personne.

C'est grâce à lui. - Fier de toi.

Champion !

- Venez, on trinque.

- A LEO !

- J'ai gagné ! Tous, filez-moi mes 10 euros. Cédric !

- Au 1er médecin de la famille.

- Et du quartier.

- 9 ans qu'il rêve de devenir médecin.

- Ta mère aurait été fière, Léo.

Ils acquiescent.

- T'as réussi, je suis fier.

T'es le meilleur, pas comme ces 2 guignols.

- Quoi ?

- Bon, la pression est tombée.

Tu vas en profiter cet été ? - J'ai zéro tune.

- Viens bosser avec moi.

Je suis entrepreneur. Je t'explique comment ça marche...

- Entrepreneur de quoi ?

- T'es déménageur. - Vous vous foutez de moi.

- Mytho. - Vous êtes sérieux ?

Jure-le que mon affaire marche pas.

Bosse avec moi. Tu le regretteras pas.

- T'as quoi ?

- Qu'est-ce que tu fous là ?

- Tu l'as pas eu ?

- J'ai eu maïeutique.

- Maïeu-quoi ?

- Sage-femme.

- Sage-femme ?

Toi ? - Y a une passerelle.

Au bout de 2 ans, je peux réintégrer médecine.

- Attends. - En 2e année.

- Pas là. - Tu fous quoi ?

- T'as fait tomber un truc.

Tu l'as mis où ?

Voilà.

Tiens.

Ta teub.

- Marrant.

J'ai dit que j'avais eu médecine, alors tu fermes ta gueule.

- Impossible, je veux voir leurs têtes.

- Tu fermes ta gueule, Yace !

- Ils vont t'envoyer au bled.

J'y peux rien.

C'est bon, je dis rien.

- Tu le dis pas à papa. Tu le dis pas à Cédric.

Pas à Farid. - Pas à Dior ni Samir.

Pas à Steve.

Lâche-moi, tu fais mal.

- Ferme ta gueule, d'accord ?

- Pour les autres, je dis pas, mais...

papa, tu vas faire comment ?

- Il sait même pas combien de temps ça dure.

Ca va passer.

- Tu vas mentir deux ans ?

- Au final, je serai médecin.

Musique douce

Sirène d'ambulance

---

- Bienvenue aux nouvelles étudiantes et étudiants.

Le terme "sage-femme".

Le tiret entre les deux mots est important.

"Sage" dérive du mot "sapiens".

Celui qui a la connaissance, l'expérience.

"Femme" désigne ici la femme dont on s'occupe.

Ainsi, on peut dire

la ou le sage-femme.

Vous allez devoir mobiliser

d'énormes capacités qui sont en vous.

Vous serez responsabilisés

au fur et à mesure de vos acquisitions.

Jusqu'à ce que vous aussi,

vous ayez la sagesse qui permet d'accompagner en toute sécurité

le couple parents-enfant.

Je vous souhaite une heureuse année

et de vous épanouir dans ce choix professionnel qui est le vôtre.

- Tenez. - Donnez-moi la bleue.

- C'est pour les internes en médecine.

- Je suis qui, moi ? Un futur interne en médecine.

- C'est écrit "élève sage-femme".

- Y a aucune dérogation possible ?

- Pendant qu'on doit s'occuper de toi,

des femmes n'obtiennent pas l'attention due.

On n'est pas dans un défilé de mode.

On met des enfants au monde. Cette blouse rose

n'atteint pas ta virilité. C'est pour savoir qui tu es.

Soit tu la portes,

soit tu n'as rien à faire ici. Compris ?

- Lors d'une difficulté aux épaules, la 1re manoeuvre, c'est McRoberts.

Ensuite, à l'examen,

si l'épaule postérieure est engagée,

enclavée dans l'excavation pelvienne,

on réalisera la manoeuvre de Wood inversée.

Si derrière la tête foetale, la cavité est vide,

l'épaule est retenue au détroit supérieur.

On pratiquera la manoeuvre de Jacquemier.

Discussions mêlées

- Il veut pas montrer ses abdos, Beyé ?

- J'avoue, Léopold, vends-nous du rêve.

- Il va se changer aux toilettes. Protestations

- C'est qui, Beyé ?

C'est toi, Beyé ?

T'es pas encore habillé ? Pourquoi ?

Pas encore cette histoire de blouse ?

Dépêche-toi, Mme Pisjelman nous attend.

Mauvais point.

Le premier outil de la sage-femme, c'est de bonnes pompes.

Tous les jours, on court un marathon.

- Procidence, bouge ! Bouge !

Poussez-vous !

- Allez.

Comment ça va, Mme Pisjelman ? - Moyen.

- Elle a un peu la nausée.

- Je peux vous examiner ? - Oui, je vous en prie.

- Là, il y a plus de col.

Le bébé est bien descendu. On se prépare pour l'accouchement.

Mets-toi là.

Quand on rentre, on se présente.

- Léopold Beyé, enchanté.

- Léopold Beyé, étudiant sage-femme.

- Sage-femme, enchanté. - Bonjour.

- Aleïda, apporte-moi une pince Kocher.

Le kit n'est pas complet.

Monsieur, si vous avez un brumisateur, n'hésitez pas.

Ca peut lui faire du bien.

- Tu te pousses un peu ?

- Descendez bien les fesses vers moi.

Voilà.

Très bien. Vous savez comment ça se passe ?

On inspire, on bloque la respiration,

et on pousse.

Vous vous enroulez autour de votre ventre.

D'accord ?

Là, les contractions sont très rapprochées.

On attend la prochaine.

Elle commence à arriver. Vous êtes prête ?

Allez-y.

Allez-y, poussez.

Magali...

C'est Magali, votre prénom ?

Prenez une grande inspiration.

C'est maintenant. Vous poussez.

Voilà, très bien.

Monsieur, vous lui tenez la tête. Très bien ! Très bien !

Très bien. Très bien.

Oui, je vois sa tête !

Je vois la tête, tenez la respiration.

- Mets-toi là, s'il te plaît. - Encore, encore.

Encore, encore, encore.

C'est bien, c'est bien.

Reposez-vous.

Vous voulez sentir sa tête ?

- Oui. - Mettez votre main là.

Vous sentez ?

C'est ses cheveux. - Mon bébé.

- Il est vraiment tout près. D'accord ?

Ca vous donne du courage ? On profite de celle qui arrive.

Vous poussez très fort.

Monsieur, vous lui soutenez la tête.

Vous poussez vers le bas en vous enroulant.

Maintenant. Allez, inspirez profondément.

Allez, maintenant. Oui ! Oui !

Encore, encore, encore !

Allez, courage !

Je vois sa tête. Oui.

Magnifique ! Oui, oui !

Le voilà ! Le voilà !

Ca y est ! Je le vois, ça y est.

Oui, le voilà.

Bonjour, papa !

Bonjour, maman ! Magnifique.

Magnifique, bravo !

Bravo, Magali !

Voilà, magnifique.

Comment vous allez l'appeler ?

- Nathan.

- Quelle chance !

Monsieur ?

Vous voulez couper le cordon ?

C'est un geste important. Allez-y.

Le bébé pleure.

Très beau placenta.

L'arbre de vie. Regardez, celui-ci est magnifique.

Intact !

Parfait !

- Arrête ce bruit. - J'ai pas fait exprès.

- Ah, Léo !

Tu me dégoûtes.

- Je touche pas la nourriture.

- Et le pain ?

Tu le touches avec les mains.

Le sel aussi.

- Je touche plus rien, OK ?

- On va pas gâcher.

- Alors, ce début d'année ?

- Tu prends les assiettes sans demander ?

- Léo, comment ça se passe ?

- Anat. Physio. Anat. Physio...

- ANAT, PHYSIO...

ANAT, PHYSIO... ANAT, PHYSIO...

- T'es avec les mêmes personnes ?

- Baptiste ? - Ouais, Baptiste.

- Non, il est parti faire médecine en Hongrie.

- T'as le droit ? - Après, t'exerces en France.

- C'est de la triche.

- Chacun fait comme il peut.

- Tu vas où ?

Qui t'a dit de te lever ?

- Léopold débarrasse. - Encore ?

- Ca lui fait plaisir. Il est heureux.

(Plus que deux ans.)

- Terminez et allez vous coucher.

- OH NON !

- On parle pas.

- Ca va ?

- Ouais, super.

- T'habites le foyer des étudiants ?

Oui.

T'as toujours voulu être sage-femme ?

- Bah ma mère est infirmière.

La maternité, c'est le seul endroit

où il y a le plus de bonnes nouvelles.

Et puis... je sais pas.

Chaque jour est différent, ça me plaît.

Et toi ?

- Non, je veux retourner en médecine le plus vite possible.

Prendre la passerelle en L3.

Mon père est dans la sécurité dans le privé, avant, il était flic.

Et je pense que...

j'ai toujours voulu faire comme lui, sauver des vies.

Avec un scalpel plutôt qu'un flingue.

- A toute. - Ouais.

"Avec un scalpel plutôt qu'un flingue", putain.

- Je vérifie d'abord l'identité du patient.

Où ? Ici, dans ce dossier.

Là, tu m'as pas donné le bon.

Ca correspond pas.

Nom, prénom, date de naissance.

Attention, il y a des homonymes.

La première source d'erreur à l'hôpital.

Avant chaque accouchement, dans le dossier, je regarde

le groupe sanguin et je vois si tout est cohérent.

Avec ça.

Par exemple, Mme Leroy, elle est...

Rhésus négatif. D'accord ?

Ca peut paraître idiot, mais c'est important,

l'identito-vigilance.

A toi.

- Du coup, je prends ça...

J'ai juste à faire ça.

- Léopold, tu plaisantes ?

Tu n'as même pas vérifié.

C'est ce dont je te parle.

Les catastrophes arrivent en cascade.

Une toute petite erreur fait boule de neige.

Viens avec moi.

Tu sais ce que c'est ?

- Un forceps ?

- Exactement. Tu sais ce que tu vas faire ?

Tu vas enfiler ces gants et les nettoyer.

Je veux que ça brille avant d'aller à la Sté.

Après, tu nettoies ça et les bassins derrière.

Il a un haut-le-coeur.

Musique électro

---

- C'est toi, Léopold ? - Oui.

- On m'a dit de te donner ça.

---

Une porte claque.

- On y va ?

- Bonne soirée à toi aussi.

- Sors-le !

Exclamations

- Allez, allez !

- OH !

- Mais non ! - Putain !

- Il sait pas siffler.

- Sur la vie de ma mère...

C'est la merde.

On aurait dû marquer avant la mi-temps !

- Il a niqué mon ticket.

J'ai la haine.

- J'ai un truc à vous dire.

Promettez-moi de fermer vos bouches.

Nejma doit pas savoir que j'ai parlé.

- Prince, dis-le.

- Je devais attendre 3 mois, mais faut que ça sorte.

Nejma est enceinte !

- Mais non !

Cris de joie Rires

- Et ça va ?

- Ca va, je gère.

- Pas toi, Nejma. - Ah !

Elle est un peu stressée à cause de l'horloge biologique.

- Elle a quel âge ? - J'ai pas le droit de le dire.

Pas le droit d'en parler.

- Prince ! - Oui.

- L'âge du père joue sur la qualité des spermatozoïdes.

- Va là-bas, au lieu de dire des bêtises !

- Il blague ! - Pas du tout.

- Il dit des conneries. - Va dormir, mon fils.

C'est rien, va dormir. Il est fatigué.

Il est médecin, quand même.

- Pas encore.

- Ensuite, on doit contrôler la déflexion de la tête.

Si elle est trop brutale,

trop rapide,

il y a un risque de déchirure périnéale.

Qui veut essayer ?

Personne ?

Léopold ?

- Moi ? - Mmm.

Bien sûr, d'habitude,

on a les deux mains.

La gauche contrôle la pression de la tête.

La droite lève au fur et à mesure.

Comme ça.

Pour avoir le menton sous la symphyse pubienne.

Voilà.

Doucement.

Maintenant, parlez-lui.

- Je sais pas quoi lui dire.

- Commencez par lui souhaiter la bienvenue.

- C'est une poupée.

- Tenez-le sous les aisselles et déposez-le sur la maman.

- Je fais quoi ? Je continue à parler ?

- Là, va falloir appeler la Réa.

Rires

- Avant, le problème, c'était le manque d'options

et tu veux une césa ?

On surmédicalise ou c'est le contraire ?

- C'est pas ça, le problème.

T'aurais dû faire une césarienne sous AG. Elle a vécu un traumatisme.

- On n'est pas sur le plateau des "Maternelles" !

- T'as un devoir envers la direction, moi envers les femmes.

- Tu fais comme si on était chez toi.

C'est pas ton service, Nathalie.

- Si c'est ton service, fais ton travail de clinicienne

plutôt que de t'occuper des statistiques.

Viens avec moi, toi.

Un bébé pleure.

Tiens, aide-moi à bouger cette armoire.

- L'armoire ?

- Oui, elle gêne. - C'est une blague ?

Je récure, je porte, c'est quoi ensuite ?

Je fais les sols, le pressing ?

- Le petit étudiant,

t'as pas vu Rosalie ? - Non !

- "Nonchalance."

"Manque de sérieux en classe."

"Aucun engagement."

Vous semblez vivre un début d'année difficile.

Votre référente n'est pas satisfaite non plus.

- Nathalie, elle m'en veut personnellement.

Je fais que nettoyer et porter ses armoires lourdes.

- Ecoutez, comme vous le savez sûrement,

le contrôle continu compte autant que les examens pour la note finale.

Si vous ne vous ressaisissez pas,

je crois pas que votre place soit ici.

- Comme ça, on est deux.

- Léopold, je suis pas là pour juger vos motivations.

Mais si vous continuez, ce ne sera ni sage-femme ni médecine.

Si j'ai un conseil à vous donner : mettez-vous au travail.

- C'est pas relou ?

A chaque fois qu'on entre, il faut se représenter.

"Bonjour, Kadija. Etudiante sage-femme."

- Eux se présentent jamais.

- Ils se souviennent pas de nous. Ma référente m'appelle "l'élève".

- On m'a appelée "machin", une fois.

- Y a des femmes enceintes, on veut pas leur ressembler.

- C'est clair, elles sont horribles.

- Y a des vagins chelous. - Trop !

- On en parle, de leurs pieds ? - Non, non !

- Des knackis balls. - C'est ça.

- C'est qui, ta référente ?

- Moi, c'est Nathalie. - Nathalie ?

La chance !

- C'est la Rolls. - Assieds-toi.

- Vous vous foutez de moi ? - Pas du tout.

J'ai Cindy, 2 ans d'écart, c'est moi qui lui apprends des trucs.

- Nathalie, ça fait 25 ans qu'elle est là.

Elle a tout entendu, tout vu.

- Une fois, une mère arrive avec un col à 2.

C'est quoi, 24 heures.

Nathalie, en 30 minutes, elle l'avait accouchée.

- C'est absolument impossible. - Non.

30 minutes. - Arrête.

- Me crois pas.

- La Chuck Norris du CHU !

- T'as capté. Exactement.

- C'est quoi, Chuck Norris ?

- Qu'est-ce que tu fais ? - Chut.

Dors.

Vrombissement d'une machine à café

- Léo ?

C'est toi ?

Léo ?

- Ouais ?

- Tu manges pas ?

- Non, je suis à la bourre.

- Ca commence tôt, les cours.

- C'est pour être bien placé dans l'amphi.

J'entends rien, sinon.

- Tu veux que je t'emmène ?

- C'est pas la peine.

- Viens, je t'emmène, c'est sur mon chemin.

Prends du jus d'orange et un café. Mange.

Faut pas aller en cours le ventre vide.

- Ca te manque des fois, la police ?

- Pas trop, non.

L'ambiance des gars, oui.

- Il y avait pas de femmes dans ta brigade ?

- Pas des masses, non.

Il y avait Blandinski...

Corinne ou...

Catherine, ouais.

Elle agissait comme un bonhomme. Je sais pas si c'était une femme.

- Elle devait se sentir bien seule.

Non ?

- Je sais pas.

- Merci, Jof !

- Ca a l'air fermé.

- Non, il y a une porte à l'arrière.

- T'es sûr ? - Ouais, merci.

(Putain, pars...)

(Allez.)

Soupir

Musique intrigante

---

Rires

- C'est vrai ?

C'était dur cette nuit ? - Oui.

Elles ont toute accouché. On n'a pas mangé.

- Bonjour.

J'ai fait les bassins. Mis à jour le tableau.

Voici vos dossiers.

- Merci.

- Et Mme Dutet, primipare,

en salle 5, vous a demandé personnellement.

Elle voulait pas accoucher avant votre arrivée.

- OK. Je peux avoir un café ?

- Petit café anticipé.

- Merci.

Tu t'occupes de la crèche de Mme Dutet ?

- OK.

Le petit Jésus, je le mets ou j'attends le 25 ?

Il y a deux écoles.

- Ici, la crèche c'est où on pose le nouveau-né après la naissance.

Où on lui prodigue les premiers soins.

Ah, d'accord.

Il est un petit peu tôt pour faire des blagues, hein ?

- Toc.

Alors...

ça...

Un bébé pleure.

Excusez-moi, je peux vous demander...

- Désolée, j'ai pas le temps.

- C'est le tuyau à oxygène.

OK.

Tu peux vérifier ? Je suis vraiment pas sûr.

- Ouais, t'as fait n'importe quoi.

Quand tu sais pas, tu demandes.

- Je viens de faire quoi, là ?

- Et voilà !

Un beau garçon. Ulysse.

Voilà, je vais te peser.

Eh ben dis donc...

C'est parfait. Hop.

Maintenant, on va te mesurer.

Oh là là, comme tu es grand. - Il est grand.

- Voilà, allez.

Je te donne à Léopold.

Alors, s'il te plaît.

Tu le nettoies. - OK.

- Tu lui mets une couche sans l'habiller.

Ses parents veulent faire du peau-à-peau.

- Ca va, petit gars ?

Allez, je m'y colle.

On va vite t'enlever tout ça.

Voilà.

Te débarbouiller. Alors.

OK, nickel.

Eh bien voilà.

Je sais que c'est pas agréable.

Je te fais tout beau pour retrouver ta maman.

Et de un...

Et de deux, voilà !

Je vais te mettre ton petit bonnet.

Hop là.

Le bébé gazouille.

Voilà.

- Pas la peine de faire joli.

C'est pas grave si c'est de traviole.

T'étais à l'aise tout à l'heure avec le nouveau-né.

D'habitude les premières années ont peur de les bousculer.

- J'ai trois petits frères.

- Quatre garçons ? Bah dis donc...

Ta mère doit être au bout du rouleau.

- Elle est morte d'un cancer il y a 9 ans.

- Je suis désolée.

J'ai été lourde en plus.

Je suis vraiment désolée.

- Non, vous pouviez pas savoir.

Pour vous rattraper, vous pouvez me faire faire un truc différent.

Plus médical.

- Tu me fais du chantage affectif ?

- Non, oubliez ce que j'ai dit.

- Que dirais-tu de faire un toucher vaginal lundi ?

- Sérieux ?

- Bon week-end. - SALUT, NATH !

- Léopold va faire le premier doigté de sa vie.

- Je sens de la jalousie.

- Ca se fête ! - Champagne !

- C'est les Crocs roses. Je savais en achetant ça...

- T'as upgradé.

- T'as révisé tes partiels ?

- Il me reste la pharma, la microbio,

la viro et l'histologie.

- Un peu tout en fait. - Ouais, c'est ça.

On n'a pas une minute à nous, c'est compliqué.

- C'est clair.

- Vas-y, éteins.

Aïe !

- Tu joues à quoi ?

- Léopold, que peux-tu dire sur le toucher vaginal ?

- La dilatation se fait à un centimètre par heure.

Quand le col est dilaté à 2,5 cm,

on peut y introduire deux doigts.

- Il a bien appris sa leçon.

A toi, vas-y.

- Je peux vous examiner ? - Oui, allez-y.

- Là, tu dois trouver le col.

Le col, c'est un rond qui fait un petit bourrelet.

Tu le sens ?

Oui ?

- J'ai l'impression d'avoir les doigts trop petits.

- Tu rentres d'abord un doigt,

après, tu mets le deuxième et tu écartes.

- OK.

- Détends-toi. Expire.

Ne t'appuie pas. - Excusez-moi.

- Ca va, Mme Mbala ? - Ca va.

- Tu trouves ? - Oui.

- Tu tombes sur du dur ?

C'est la tête. Les membranes qui entourent la tête.

Tu dirais que Mme Mbala est à combien ?

- 4, 5.

- 4 ou 5 ?

Ca va ?

Ne t'appuie pas.

Ferme les yeux, suis ton instinct. Allez.

- 5. - 5 ?

- Ouais, 5. - Très bien.

- Merci beaucoup.

- Vous permettez ? - Oui, allez-y.

- Bon, ben c'est 2.

Le col est souple, bien centré.

On est au début du travail.

Cette première expérience, t'en as pensé quoi ?

- C'est très, très technique.

- Mais t'as ressenti quoi, toi ?

- C'est chaud, c'est mou. - Mmm.

- On dirait du slime !

- Il y a une femme rattachée à ce vagin.

- Bien sûr.

- Les femmes se confient plus à nous qu'à un médecin.

C'est très important que tu les écoutes.

On sait jamais, tu pourrais apprendre des trucs.

- Vous êtes madame...

- Clémentine Goriot.

- Vos dernières règles datent de...

- Juillet.

- Vous sentez le bébé bouger ?

- Oui, il bouge. Beaucoup.

- Monsieur,

je pose la question à madame. Elle va me répondre.

Voici un test urinaire.

C'est simple.

Vous avez les petites pastilles...

D'accord ? Le principe, c'est de toutes les viser.

Je vous invite à aller vous peser. - Non.

Merci.

- Un problème ? - Oui.

(Je suis grosse.)

- Non, vous êtes enceinte.

- On devrait avoir 20 minutes par femme,

mais au mieux, on en a 10. Le plus souvent, 3.

Ce sont pas des minutes de qualité.

- Vous mangez sainement ? - Tout bio, je cuisine.

- Je mets 150 kg ?

- Pas 150. 48.

- Et la bandelette ?

- J'ai fait comme vous m'avez dit.

C'était pas facile à avaler.

- Je suis plus si sûre...

Pour le père.

J'ai...

J'aime mon mari, mais j'ai...

j'ai jamais su bien résister.

Quand on me trouve belle, surtout.

Et Jacques...

Jacques, c'est mon collègue.

- Tenez.

La femme soupire.

Ca va aller ?

- Oui, ça va aller.

- On va manger ? J'ai faim.

- Je suis prête.

- Nathalie, j'ai fini. J'ai fermé le bureau.

- Qui m'a enlevé ma Ellen ? - Quoi ?

- Mon fond d'écran. Ellen MacArthur, la navigatrice.

- Une navigatrice ?

- Il faudrait une photo de mes gosses ?

Non merci.

(- Elle a des enfants ?)

- Trois. - De trois pères différents.

- Fabien, Alexandre et Yasmine.

- Et ils font quoi ? Ils sont où ?

- Ils sont grands.

Ils ont leur famille, ils vivent loin.

Tu pourrais me remettre ma Ellen ?

- Oui, c'est super simple.

Tu vas là.

Et tu cliques sur ça.

- Merci Léopold, merci beaucoup. - Je t'en prie.

Bonne soirée.

- Dis, ça s'est bien passé ?

Rien à signaler ?

- Une femme n'était pas sûre de qui était le père.

- Oui, un classique.

- La dernière a dit que ça allait.

Elle était un peu fatiguée, mais...

- Un peu fatiguée ?

Tu y retournes. Tu nous la ramènes.

- Je crois qu'elle est partie.

- "Ca va, mais je suis un peu fatiguée..."

Chez la femme enceinte, ça peut cacher un mal profond.

- Ah oui.

Faut pas plaisanter avec ça.

- Elle souriait, super détente.

- Elle sourit justement pour faire bonne figure.

Elle a pas le choix. C'est encore pire.

Laisse pas passer ça. - Vas-y, cours !

Rires

- On est atroces.

Musique pop électro dynamique

---

- Elle était déjà partie.

Je m'en veux, par rapport à ce que t'as dit...

- Calme-toi, c'était une blague.

- Un petit bizutage.

- C'est comme ça que tu me remercies ?

- C'était pas mon idée, je te jure.

- Donc c'était collectif ?

- Désolée, on avait besoin de décompresser.

- La journée a été difficile.

- Elle nous a bien fait chier, Muriel.

- Le plus important dans ce métier,

c'est trouver un sas pour t'échapper de la réalité.

Faire un truc où tu décides de la suite devient super important.

- Très important.

- Vous, c'est quoi ? - La cuisine.

- "Plus belle la vie". - Moi, le sexe.

Rires

Ca fait de mal à personne.

- Je suis d'accord. Y a zéro mal à ça.

- Zéro mal à quoi ? Rires

- Dans ses formes graves, l'hémorragie de la délivrance

met en jeu le pronostic vital maternel.

C'est la 1re cause de mortalité maternelle en France.

Il faut avoir à l'esprit que c'est une course contre la montre.

Quelqu'un connaît les facteurs à risque ?

- L'utérus cicatriciel.

- Le placenta praevia ?

- Les fibromes ? - Oui, quoi d'autre ?

- La...

la macrosomie. - Très bien.

Si l'hémorragie persiste,

on peut proposer en dernier recours,

une hystérectomie d'hémostase.

- Léo, demain, tu peux accompagner tes frères au karaté ?

Yacine a cours. - Moi aussi.

Désolé. - Je comprends pas.

Cette année, c'est pas plus cool ? - Non.

- C'est quoi ?

- Rien.

- Je suis trop con ?

- Mais non. - C'est quoi ? Fais voir.

- C'est...

un utérus.

- Un utérus.

Figure-toi que j'en ai déjà entendu parler.

- A la liqueur, c'est dégueulasse.

- Moi, c'est la ganache que j'aime pas.

- C'est quoi le truc avec Muriel ?

Pourquoi c'est tendu ?

- Tu savais qu'elle a fait son internat ici ?

J'étais jeune sage-femme.

- Mais non.

- Elle avait zéro charisme.

Personne n'aurait imaginé

qu'elle serait chef de service avant 40 ans.

Enfin bon...

Elle se fait un malin plaisir de me filer les jours fériés.

Ca m'est égal, j'aime bien.

C'est là qu'il se passe des choses magiques.

- Tu veux pas fêter Noël avec tes enfants ?

- Je suis pas très réunions de famille.

C'est comme ça.

A la fin, tout le monde s'y fait.

Ca sert à rien de culpabiliser les mères.

Et toi, ta mère, c'était un cancer de quoi ?

- Cancer du sein.

Avec la naissance des petits, ça n'a pas été détecté assez tôt.

Je sais pas.

Mon père a jamais voulu en parler.

- Et tu lui as pas demandé ?

Faut poser des questions pour avoir des réponses.

C'est pour ça, médecin ?

Il acquiesce.

C'est pas que les médecins qui sauvent. C'est l'équipe.

Du plus bas de l'échelle jusqu'en haut.

Chacun doit avoir le bon geste au bon moment.

Un bon médecin se prend pas pour Dieu.

Un bon médecin joue le jeu du collectif.

C'est quand la hiérarchie est trop forte que ça déconne.

Comment ça va avec la petite mignonne ? Fatou, non ?

- Y a rien.

- Y a rien ?

Tu me prends pour une bolosse ?

Tu crois que je te vois pas lui jeter des regards ?

Elle, pareil.

Tu veux des astuces pour faire de toi un amant incontournable ?

On a le temps, Mme Blasi n'est pas prête à accoucher.

Viens.

Fais pas ta mijaurée, tu vas me bénir.

Les petites lèvres.

Et ici, le clitoris.

Tu commences à masser doucement le clitoris.

Comme ça.

Attention de pas tirer sur le frein. C'est hyper désagréable.

Et quand tu vois, au bout d'un certain temps,

que les parois du vagin sont bien lubrifiées...

ça dépend des femmes, tout le monde prend un temps différent.

A ce moment-là, eh bien...

tu enfonces ton majeur.

Tu passes la zone granuleuse et là...

tu arrives au plafond.

Et ça, le plafond...

Monsieur... Hop !

Voilà. Alarme

Mme Blasi nous attend.

- Pas trop stressé ?

- Un petit peu, si.

- Vous connaissez le sexe ?

- C'est une fille.

- Ca va, Marisol ?

- Ca va, merci.

- Il va vous accoucher avec moi, d'accord ?

- Pas de souci.

- Vraiment ? - Oui.

Tiens, viens.

Accroupis-toi devant moi.

Je vais guider tes mains, d'accord ?

- OK.

- On va vous accoucher à quatre mains.

- D'accord.

- Nous, on est là pour lui faire oublier tout ça.

Cette surmédicalisation.

C'est son moment, c'est elle qui accouche.

C'est la femme qui est importante.

Elle doit se sentir comme chez elle, dans son nid. OK ?

Alors suis mes doigts.

Détends-toi. Voilà.

Ici, tu sens la fontanelle.

Tu dois surtout pas sentir le bregma.

Là, tu sens le V ?

C'est le V de Victoire.

L'enfant est bien placé pour descendre.

Votre enfant est très bien placé.

Je pense que ça va aller assez vite. - D'accord.

- Allez-y.

Oui, c'est bien.

Très bien, je commence à voir sa tête.

Musique douce

Oui.

Tu l'aides.

Petits gémissements

C'est très, très bien.

Prenez une grande respiration.

Je pense que c'est la dernière poussée.

D'accord ? - OK.

- D'accord ?

- Oui, j'y vais. - C'est maintenant.

Maintenant. - Allez.

- Oui. La tête commence à passer. Encore, encore.

La prochaine poussée sera la bonne.

Allez-y.

Oui, c'est maintenant. Maintenant.

Ca y est, c'est bien.

C'est bien, c'est bien.

- Et voilà, Mme Blasi !

Pleurs du bébé

Je vais la couvrir.

Elle est magnifique.

- Mi amor...

---

- Vous savez comment vous allez l'appeler ?

- Oui, Alma.

- Alma !

- C'est un beau prénom.

Ca va, Nathalie ?

- Oui, j'ai bu trop de café.

Alors...

Voilà.

T'as vu qu'aucun liquide amniotique n'a la même odeur ?

Chaque femme a la sienne. Chaque femme est unique.

- Faut décrocher, là.

Profitez aussi.

Joyeux Noël, Nathalie !

Rires

- Prends tes pinces, ça va être plus facile.

C'est un peu trop serré, ces points.

- Attends. La porte s'ouvre.

- Deux minutes d'attention, on va accueillir Christine.

- C'est pour vous dire qu'il va falloir choisir

le sujet de votre mémoire de fin d'études.

Si j'ai un conseil à vous donner,

bien réfléchir avant de nous le soumettre.

Après, vous pourrez plus le changer.

Je compte sur vous

pour vous mettre rapidement au travail.

Léopold ?

Qu'est-ce que je viens de dire ?

- De bien choisir. - Mmm ?

Vous avez une idée de sujet ?

- Moi, je voulais faire

"Sages-femmes en Europe. Analyse comparative de la formation."

- Mais toi, on t'a rien demandé.

- Kadija !

"Fractions" (High Frequencies)

---

- Attends !

Vas-y.

Attends.

- Non, putain !

J'y arrive pas, je suis désolé.

Soupir Putain.

A force de voir des vagins toute la journée...

- C'est normal. T'inquiète.

Moi aussi ça m'arrive d'avoir des images comme ça...

un peu...

Du coup, ça attaque ta libido.

- Je suis désolé. - T'inquiète.

- Léo !

Debout, à table !

Soupir

- Pourquoi Yacine est servi en premier ?

- Droit d'aînesse.

- On peut pas changer l'ordre ?

- Il y a pas d'ordre puisque Léo est pas servi.

C'est maintenant que tu te réveilles ?

- Désolé.

- Tiens, donne-lui.

Attention. - Merci.

- Voilà. Donne ton assiette.

- Merci. - Bon appétit !

- Merci. - De rien.

- Elle a accouché comment de moi, maman ?

Je veux dire...

elle m'a eu par voie basse ?

Une péridurale ? Une épisio ?

- Je sais pas. J'attendais dehors.

- Pourquoi ?

- Je sais pas, c'est loin, tout ça.

C'est quoi, cette obsession sur la gynécologie ?

- L'obstétrique.

- L'obstétrique.

- C'est dans mon cursus.

- Tu fais quoi ?

- T'imagines les efforts qu'elle a dû faire ?

Et toi, tu l'as laissée toute seule.

Et Yacine ?

- Ca va, arrête.

- Et Issa et Hady ?

- C'est bon. C'est quoi, ton problème ?

- C'est ton putain de silence, le problème !

Pourquoi tu parles jamais d'elle ?

Pourquoi t'essaies pas de la faire exister ?

- Hady, tu sais comment t'es né ?

Tu sais pas ?

Dans une poubelle, on t'a trouvé. Avec du jus de poubelle.

Tu puais. Tu pues encore.

- T'es né dans les toilettes de Pépé.

- Hein ?

- T'es tombé tête la première dedans.

Alors tu ressembles à des fesses.

- Et toi, avec ta coupe, on dirait Swiffer.

Rires

C'est un ouf, lui.

- T'as pas vu les tiens !

Musique douce

---

- Ca va ?

- Je déteste les lundis.

- Du moment que tu kiffes les autres jours !

---

Soupir

- Mme Bénédicte Lourdat ?

- Je te jure.

Madame !

Elle me calcule pas.

Je vais péter un câble. 2 heures qu'on attend.

- Il y a du monde. - Il y a du monde...

Je vais chercher quelqu'un.

- Reste là, t'as déjà essayé. Tu vas les énerver.

- Chérie.

Je sais ce que je fais. Je gère.

C'est pas mon cousin ?

Le fils de Jof, Léo. - Mais non.

- Si, c'est lui. Léo !

- Non, c'est pas lui. - Si ! Léo !

- Arrête ! - Je suis pas fou, c'est Léo.

Léo ! - Chut.

- T'es en rose ?

- Je fais l'école de sage-femme. Y a une passerelle pour médecine.

- Hein ? Passerelle ? T'es infirmière ?

- Je fais une passerelle pour médecine.

- Je suis pas fou, il est infirmière ?

- Il te dit que non.

- Dis rien à Jof, s'il te plaît.

- Il y a aucun secret entre nous.

- Prince ! Tu me mets dans la merde. - Je rigole.

Attends.

T'es le seul mec parmi toutes ces meufs ?

Tu vas toutes te les taper.

Respecte ta femme. On compte sur toi pour réussir.

Y a pas une passerelle pour aller plus vite ?

- Franchement, je la prends.

- Elle a saigné ce matin.

- Comment ça, saigné ? Ca va ?

Nejma est à 25 semaines d'aménorrhées.

- Améno-quoi ? On m'explique ? Je comprends rien.

- 25 semaines que j'ai pas eu mes règles.

- J'aime pas qu'on parle de ça.

- Viens, tu vas essayer.

- Quoi ? Y a pas d'essai sur ma femme.

- C'est médical, Prince.

- Touche pas, reste à ta place.

- T'es lourd. Faut qu'il commence quelque part.

- Je suis un professionnel. Je suis un entrepreneur.

T'approche pas du monte-charge. - Je suis un monte-charge ?

- Vous inquiétez pas, il la touchera pas.

Tiens la sonde.

Bien droite. Et tu cherches le coeur.

Hein ? - OK.

- Ca va ? - Je suis un peu inquiète.

J'ai fait deux fausses-couches tardives.

- Vous savez, quand je suis un peu tendue,

je pense à la mer.

Au flux.

Au reflux de l'eau, au bruit des vagues.

Je m'imagine sur un bateau,

sur un voilier.

J'imagine les voiles se gonfler

face à l'immensité de l'océan.

Et ça m'aide.

C'est ma façon à moi de m'évader.

Il faut que vous trouviez la vôtre. Le jour de votre accouchement,

vous pourrez vous accrocher à ces images.

D'autant que votre bébé va bien. - C'est vrai ?

- Bonjour, papa. Bonjour, maman.

- Merci. - Voilà.

Il faut que vous vous reposiez et que vous vous détendiez.

- Merci, docteure.

- Je suis pas docteure, mais sage-femme.

Accoucher, c'est un processus de séparation.

C'est se séparer de l'enfant qu'on a été

pour donner place à celui qu'on va avoir.

En donnant naissance, on pousse les anciens vers la mort.

- Qui dégrade le matériel comme ça ?

- Quand tu mets un enfant au monde, toutes les femmes le savent,

c'est un peu de ta propre mort qu'il s'agit.

Alors notre métier,

c'est de rejoindre la femme à l'endroit où elle est.

Léopold !

On m'a encore enlevé ma Ellen !

Dans l'obscurité, les mains dans le sexe de la femme,

aspergée de liquide amniotique, de sang,

baignée dans des odeurs intimes,

la sage-femme doit s'installer discrètement

pour aider la femme à remonter à la surface de la vie.

- Stop !

- T'en as pris 20 pour toi ?

- Bien sûr que oui !

- S'il te plaît ! Un !

- J'ai envie de manger 20 nuggets.

- Prends mon cheese.

- Et termine mes frites. - Merci, les filles.

- Avoue, t'es mieux avec nous. - C'est sûr.

Tu serais avec des bourges à disséquer des vieux.

- Tu fais des trucs de 4e année.

- Tu te mets bien. Je fais que prendre des tensions.

- C'est le chouchou de Nathalie et du service.

- Et le chouchou de Fatou.

- Si t'étais payé pareil, tu choisirais

médecin ou sage-femme ?

- Je fais pas médecine pour l'argent.

- C'est mal payé, c'est un métier de femme.

On a un engagement similaire aux médecins.

- Tu fais chier avec tes discours féministes.

- Discours féministe ?

Je suis d'accord avec elle.

Pourquoi plus valoriser une suture qu'un accouchement par voie basse ?

- Les infirmiers peuvent revendiquer leurs droits.

- Oui, regarde les infirmiers.

- Je les regarde, moi. J'aime bien Philippe.

Super mignon. - Ah non.

"Crystal Moon River" (Ghost Data)

---

(- Merci, Nathalie.)

- Va avec le monsieur en 3 et mets le monitoring.

- Y a quelqu'un en 3 ? Qui s'en occupe ?

- Deux femmes par chambre ? - Oui et les couloirs s'il le faut.

- Vous allez vous installer ici. Ca ira ?

- Y a pas de chambre ? - Pas de panique.

C'est provisoire. On va s'occuper de vous.

- Il y a des femmes dans le couloir.

- Dites-leur de revenir quand il y aura moins de monde.

- Y a de la place en suite de couches.

- On n'a plus de brancardiers.

Il fait un peu frais, non ?

- Madame, je peux vous examiner ? - Bien sûr.

- Alors ?

- 3 centimètres ?

- Il est merveilleux, mon stagiaire.

Je vous laisse, vous avez du temps. On reviendra régulièrement.

Je vous rapporte une couverture, il fait frais.

- Non, j'étais là avant.

- Je fais les branchements. - J'avais préparé.

- Non, je fais les branchements. - Tu te fous de moi ?

- Me pousse pas, ça va se compliquer.

- Oh, ça va pas ? Non, mais dites donc...

Et voilà notre petite Louise...

Oh mon petit...

Oh, regarde-moi ça...

Et alors ?

Les beaux yeux ! On dirait Michèle Morgan.

- Qui ?

- Léo, tu t'en occupes ? - Pas de problème.

Tu peux disposer.

- Tiens. - Bravo, belle mentalité.

Comment tu vas, toi ?

"Je t'aime" (Lara Fabian)

- Mme Jones, prenez une grande inspiration.

--- Bloquez la respiration.

Ensuite, vous pousserez.

On va attendre une contraction.

Excusez-moi, monsieur.

On peut mettre moins fort ?

- C'est sa chanson, ça l'apaise.

---

- On y va ? Ecartez les jambes. Parfait.

Allez, on y va.

---

- J'en peux plus. Je veux la péridurale.

- Mais vous l'avez déjà eue.

On est au début du travail, Mme Jones.

Allez, un petit peu de courage.

Je sais que vous allez y arriver.

- Je suis pas capable.

Je suis pas capable.

- Bien sûr que si.

Aleïda va vous donner la main pour vous donner du courage.

Tu me dis quand il y a une contraction ?

- OK.

- Donnez-moi la main.

- Ca contracte.

- Ca contracte. Une inspiration.

Oui ! Allez, allez !

On l'encourage.

Oui, je vois la tête ! Il arrive, il arrive !

C'est bien !

D'accord ?

Allez, elles sont rapprochées, on y va. Donnez tout.

Ca arrive ? - Oui.

- Allez ! Maintenant ! Maintenant !

Encore.

Oui, c'est bien. C'est bien, encore.

"Immortelle" (Lara Fabian)

Alors...

Vous voulez sentir sa tête ? Vous voyez ?

Vous sentez ?

Je pense que c'est la dernière poussée.

On y va. Allez ! - OK.

- Maintenant ! Maintenant ! Maintenant !

Tiens-lui les jambes. Maintenant !

Oui ! Ca y est ! Ca y est !

Encore, encore ! Encore, encore !

Oui ! Ca y est.

Et voilà ! Une très jolie petite fille. Bravo, Mme Jones.

Vous voyez que vous avez été capable.

C'est comment son prénom ? Vous avez choisi ?

- Lara !

- Lara ?

Bien sûr, évidemment.

Il va falloir faire la même chose pour expulser le placenta.

"J'y crois encore" (Lara Fabian)

Aleïda ? On est à 400 / 500 cc. - D'accord.

- Ca veut dire quoi ?

- Appelle Yardena.

- Ca veut dire quoi ?

- Votre femme saigne un peu plus que la normale.

Je vais faire une révision utérine.

Léopold, tu vas prendre le bébé.

Allez avec lui pour aider aux soins du bébé.

- Ca va aller ? - Vous inquiétez pas.

Occupez-vous de votre bébé. Moi, de votre femme.

Appelle la transfu.

Demande 3 culots de globules rouges et 2 plasma frais congelés.

Ca va ?

- Yardena répond pas. Les internes sont tous au bloc.

- Appelle l'astreinte.

Et éteignez-moi cette putain de musique.

L'utérus est mou. Passe-moi une valve.

- Yardena est toujours au bloc.

- L'anesthésiste ? - Il répond pas. L'interne arrive.

- Une artère saigne au fond du vagin.

On est à un litre de pertes.

- Elle a 6-3 de tension.

- Mme Jones ?

On s'occupe de vous. - Nathalie.

C'est toujours mou.

- OK, prépare-moi de quoi faire une suture.

- On n'attend pas Yardena ?

- Il y a pas le temps. Elle se vide.

Apporte-moi les fils de 0 et 1.

- D'accord.

- Continue à masser.

- Mme Jones, restez avec nous.

- Ca va aller.

- Tu sais, quand j'ai parlé de problèmes en cascade ?

Respiration haletante

---

Ca tient pas.

J'ai tous les points qui sautent.

- Mme Jones, restez avec nous.

C'est important, d'accord ?

- Le sang. Léopold, rappelle la transfu.

Dis-leur qu'elle se vide. Insiste !

- Bloc maternité, j'ai commandé 3 poches de sang et 2 plasma.

Votre coursier, ça fait 20 minutes qu'on l'attend.

- Insiste !

- Vous vous démerdez, c'est une urgence vitale !

- Madame, je suis l'obstétricien de garde. Raconte-moi.

- J'ai fait une révision.

J'ai suturé, mais les points sautent.

- Je te laisse masser.

- L'utérus est mou.

- L'anesthésiste est prévenu ? - Oui.

- Je suis là, il se passe quoi ?

- Ce serait bien d'arriver plus tôt. On est à 1,6 L.

Accouché à terme ? - Oui.

- Rien à signaler ? - Non.

- Ca se tonifie ? - Archi-mou.

- La transfu ?

- Le coursier a disparu. Personne arrive à le joindre.

- Ca saigne toujours.

- Je passe une voie. Il faut du sang.

- On peut pas attendre.

Il faut passer au bloc, maintenant.

- Elle est en état de choc. Il faut du sang.

- Qu'y a-t-il ?

- Nathalie, tes clés de scoot ? - Mon sac.

Musique palpitante

---

Klaxons

---

Cris

- Il est malade !

---

- Urgence maternité !

Merci.

Sirènes de police

---

- Beyé.

Ca te dit quelque chose ?

Vous transportez quoi ? - Du sang.

- On a un problème. - Vous comprenez pas !

Je suis élève sage-femme !

Une mère va mourir si je rapporte pas ça maintenant !

Sirènes de police

- Bonne chance, M. Beyé !

- Merci !

Voilà !

- Merci.

- Pinces. Il soupire.

La porte s'ouvre.

- Désolé, les toilettes étaient fermées.

- T'inquiète.

Je voulais te dire, ta patiente est hors de danger.

- Vraiment ? - Ca y est.

On y est arrivés.

Musique douce

---

- Salut !

- Ca va ? - Oui.

- T'as faim ?

- Grave. Je les veux bien tous.

- Tu sors d'où ?

- Du CHU.

Mon stage d'infirmier.

- Ton stage d'infirmier ?

Celui qu'on fait en 2e année de médecine ?

Tu me prends pour un con ?

Si, tu me prends pour un con.

Tes exploits en scooter ont fait le tour.

Mes anciens collègues m'ont appelé.

T'es sage-femme ? - Non, étudiant. Y a une passerelle.

- Yacine m'a expliqué. Tu comptais me baratiner longtemps ?

- J'ai loupé le classement. J'avais le seum, j'ai rien dit.

- T'aurais pas pu m'en parler ?

- T'en parler ?

Tu veux parler maintenant ? - Retourne pas la situation.

Je veux des explications.

- Des explications ? Je fais tout.

Tout ! Je débarrasse, je fais à manger,

j'emmène les jumeaux. Les autres ont des pères médecins.

Des familles qui les soutiennent, les comprennent.

Quand ils loupent, ils partent en Bulgarie, en Hongrie.

- Tu t'entends te plaindre constamment ?

Ton copain réfugié syrien qui a eu médecine ?

Son père est médecin ?

Il est médecin, son père ?

Bon appétit.

La porte claque.

- Je pensais que t'étais heureux à l'école.

- Je sais pas, peut-être.

- T'aurais dû lui dire.

- Non, c'est un sale macho.

Il me fout une pression de dingue. Tu sais pas.

Tu sais ce qu'il aurait pensé, sage-femme ?

C'est la "hchouma". Un truc de tafiole.

C'est comme ça qu'il pense. Qu'il est, lui...

- C'est lui ou c'est toi qui penses comme ça ?

- Bonjour à tous.

Nous nous réunissons

pour diriger une expertise interne

suite à un dépôt de plainte de M. et Mme Jones contre l'hôpital.

Nous devons déterminer si l'hémorragie de la délivrance

liée à une déchirure obstétricale du col de l'utérus et du vagin

peuvent être dues à un défaut de surveillance du post-partum,

et si les décisions prises par le gynécologue-obstétricien

et la sage-femme relèvent de la responsabilité de l'hôpital.

- Carolina Jones a été transférée à 20h15 en salle de travail

pour un enregistrement du rythme cardiaque foetal, qui était normal.

- Nathalie a effectué une révision utérine avec massage pour atonie.

Il était 21h47.

- La persistance de l'hémorragie m'a conduite

à tenter de contrôler le saignement

par une suture de la plaie cervico-vaginale,

mais les points ont lâché et les saignements ont persisté.

- J'ai constaté les pertes à 1,3 L. J'ai appelé Dr Friedman.

Il était 21h59.

- J'ai posé une 2e voie.

J'ai cherché un bilan de coag pour établir le diagnostic de CIVD.

Il était 22h03.

- Devant l'absence d'amélioration et la confirmation de la CIVD,

j'ai réalisé l'hystérectomie d'hémostase.

- Qui n'a pas permis d'éviter le choc hémodynamique, non ?

- C'est pas la faute de la sage-femme.

- Je posais la question au Dr Friedman.

- Le coursier qui avait le sang s'est arrêté au McDo.

- Votre stagiaire est allé chercher le sang.

- Il lui a sauvé la vie. - Il n'a pas le droit de partir.

- On a téléphoné, personne ne répondait.

Le bloc n'était pas accessible, on était débordés.

Enfin...

J'ai estimé les risques en état de conscience.

Si je n'agissais pas ainsi, ils étaient supérieurs.

- L'hôpital public a des règles. C'est pas le Far West.

- J'aurais dû faire quoi, d'après vous ?

Appliquer le protocole et la laisser mourir ?

C'est ça ? J'aurais dû faire quoi ?

- Nathalie n'a jamais commis d'erreur.

En 25 ans de carrière, c'est un exploit.

Je le dis alors qu'on n'est pas toujours d'accord.

C'est la meilleure sage-femme du service.

Quelqu'un sur qui on peut compter en toutes circonstances.

- Pour conclure une journée qui a été longue,

référons-nous au rapport d'expertise.

Celui-ci stipule

"que les suites de couche relèvent de la sage-femme,

"qui doit prévenir le médecin en cas de problématique,

"notamment une hémorragie anormale.

"Elle ne doit jamais pratiquer un geste

"pour lequel elle n'est pas habilitée.

"Nous estimons qu'elle est directement responsable

"de la faute commise."

Musique douce

---

- T'es de garde aujourd'hui ?

- Non, je suis passée chercher des affaires.

- Je voulais savoir... tu trouves que je suis à ma place ?

- On se voit plus tard et on en reparle.

- Ca va ?

- Oui, oui.

- On évalue les paramètres vitaux. On a cinq critères.

Le rythme cardiaque, la respiration, la tonicité musculaire,

la réactivité aux excitations et la couleur de la peau.

Chaque critère est noté de 0 à 2. Chut !

(- Il se passe quoi ?)

(- T'as pas entendu ? Nathalie s'est fait virer.)

(- Je viens de la croiser.) (- C'est toujours pareil.)

(On protège la hiérarchie et la réputation de l'hôpital.)

- Les nouveau-nés auront besoin de soins... Léopold !

*- Nathalie Martini. Laissez-moi un message.

- Nathalie, rappelle-moi.

Putain !

- C'est quoi ton sujet de mémoire ?

- "L'issue prénatale est-elle différente selon le mode de travail

"en cas d'utérus cicatriciel ?"

- "Pronostic d'accouchement chez les moins d'1,55 m."

- Fatou ? - "CMV et la grossesse".

- J'y ai pensé au début.

Et toi, Léopold ?

Léopold ? - Ouh, ouh ?

C'est quoi ton sujet de mémoire ?

- Fais gaffe, Christine a dit de choisir...

- Je sais ce qu'elle a dit. Pas besoin d'un écho.

- L'agresse pas, elle dit ça pour t'aider.

- Je lui ai rien demandé.

- Mais arrête !

- Sympa, ton mec. - Je sais pas ce qu'il a.

- Bonjour, Mme Alaoui !

Toi, le petit étudiant, tu te mets ici.

- Le coin ?

- C'est la place des 1re année. Tu observes et tu prends des notes.

Comment ça va ?

- J'ai un peu mal au dos.

- On va vous donner des anti-douleurs.

- Merci.

Soupir

- C'est parce que t'as pas de nouvelles de Nathalie ?

Qu'est-ce qu'il y a ? T'es...

T'es en colère ? T'es triste ?

Un peu des deux ? Aucun ?

- C'est bon, tu vas pas t'y mettre aussi.

- "Aussi" ? - Toutes à me casser les couilles.

- Comment ça, "toutes" ?

Soupir

- Excuse-moi.

C'est pas ce que j'ai voulu dire.

- C'est quoi, alors ? - Excuse-moi.

- Non, non. Ca marche pas comme ça.

- Je veux te faire un câlin. Me prends pas la tête.

- Je te prends la tête ?

- Tu vois ce que je veux dire... - Non.

Non, je vois pas.

Je suis prête à t'accompagner dans ce que tu traverses, mais...

- "M'accompagner" ? On peut arrêter le vocabulaire sage-femme ?

Putain.

C'est un lavage de cerveau, là !

- Quoi, t'as envie d'être seul ?

Qu'est-ce que tu fais là ? - Vas-y.

- C'est ça, casse-toi !

Musique intrigante

---

- Yacine, lève-toi.

---

- La pompe marche pas, c'est pour ça que vous avez mal.

Machin, tu peux aller chercher l'IADE, s'il te plaît ?

- Léopold.

- Il y a un problème avec la pompe de Mme Germinet.

Ca va aller.

---

Il faut le nettoyer et l'habiller pour le présenter à ses parents.

- Il est mort ?

...

- Je peux le tenir ?

- Bien sûr.

La mère sanglote.

- Mon bébé.

---

Musique mélancolique

- Vous lui avez choisi un prénom ?

- Oui.

On va l'appeler Tom.

- Ca lui va bien, Tom.

---

Voix féminines

--- ---

- 1er groupe, "manger",

2e groupe, "rougir"... "fleurir".

3e groupe, "courir" et "aller".

Terminaisons 1er groupe : "er". La porte claque.

2e groupe : "ir".

3e groupe : "ir", "er" et les autres.

- Continuez à faire vos devoirs.

Jof soupire.

Musique douce

- Allez, les gars, on est à la bourre !

Allez, mettez de l'énergie.

---

- Pourquoi t'as arrêté l'école ?

Avec ces meufs, c'était le paradis.

Pour moi, t'as pas assez profité.

- J'avais une meuf, de toute façon.

- Elle est où, maintenant ?

- J'ai tout fait foirer là aussi. Elle est passée à autre chose.

---

- Viens t'asseoir. - Faut que je me douche.

- Viens t'asseoir, je t'ai dit.

- Mais, Jof...

- J'ai à te parler. Assieds-toi.

Tiens.

Si je fais des heures sup

et avec ce que tu gagnes avec les déménagements,

je pense qu'on pourrait s'en sortir.

- Hé, Léo, la Hongrie.

Vas-y, je t'en supplie.

Que j'aie la chambre pour moi.

Ce serait top.

- Je galérais avec les cours en anglais.

Maintenant, j'y pense plus.

Tout le monde est international.

- Ah ouais ?

- J'ai un appart au-dessus de Godzu.

Il y a une place pour toi. Evan se barre.

- OK, cool.

- T'as deux quartiers sympas.

Godzu, un immense square avec plein de bars et d'étudiants.

Et à côté de la fac, y a Raday.

Y a plein de teufs et tout.

Faut que tu viennes.

Tout coûte que dalle. Pour 2 euros, tu fais ce que tu veux.

Les boîtes... Y a plein de meufs. Tu vas kiffer.

Je te connais.

En vrai, le problème de Buda, c'est... c'est la bouffe.

Musique intrigante

---

- Bon, tu viens ?

---

- T'es pas la reine de la déco.

- Il paraît, oui.

- C'est lui, Fabien ?

- Non, lui, c'est Alexandre.

Fabien est en-dessous.

- Et tu l'appelles Fab ?

- Euh... non.

Je l'appelle Bibi. - Bibi ?

C'est pour ça qu'il veut pas fêter Noël avec toi.

T'es pas une mère indigne.

- Bon...

Je suppose que t'es pas venu parler de mes enfants.

Qu'est-ce qui t'amène, Léopold ?

- Je venais te dire au revoir.

Mon père m'offre la fac de médecine en Hongrie.

- T'es content ? C'est ce que tu voulais.

- Ouais.

Sans toi, ça fait plus de sens de rester.

Pourquoi tu t'es pas battue ? Tout le monde était de ton côté.

- C'était les coupes budgétaires. J'ai eu des indemnités.

J'estime avoir eu un bon deal.

Tu sais que je suis malade, Léopold, non ?

J'ai la sclérose en plaques.

Oh, la gueule d'enterrement que tu fais.

Je peux encore être apte de nombreuses années.

Avec une bonne hygiène de vie et... ça.

T'as remarqué,

quand le bébé sort, pendant quelques secondes,

il y a comme un flottement. Tu vois de quoi je parle ?

Le corps est inerte, les battements du coeur imperceptibles.

Comme s'il avait pas encore pris sa décision. Oui ou non ?

Et d'un seul coup, il crie.

Et il donne son accord.

Pour moi, chaque enfant qui naît

a le pouvoir de profondément changer le monde.

La question que tu me posais l'autre jour,

si tu devais être médecin, sage-femme ou déménageur,

c'est ton engagement qui compte.

Cet engagement fera de toi l'homme que tu as envie d'être.

C'est à toi de pousser ton cri.

Musique douce

- Tu feras quoi pendant ce temps ?

- T'inquiète pas pour moi.

C'est pas toi qui m'avais dit de décrocher un peu ?

---

- Ouais.

---

Tu connais la Hongrie ? - Ca va pas ?

Pose ça ! On va boire pour ton départ.

- Il est 16 h. - Il est déjà tard.

On boit vite. Nejma va rentrer. Après, on pourra plus.

Tiens, on trinque !

A la Hongrie.

- A la Hongrie. - Cul sec !

- C'est super fort !

- Allez, allez !

Faut t'y habituer.

Tiens, un autre, un autre.

Si, tu peux, tu peux.

Retrinquons.

Rires

- Prince... Prince...

Prince...

- Tu crois que je vais finir comme Jof avec son break pourri ?

Qu'est-ce que t'as ?

- Je sens sa tête, Prince.

J'accouche. Fais quelque chose.

- Quoi ? Tu coules !

- C'est le moment, gère !

- Gère quoi ? T'es sage-femme, accouche-la.

- Léo est pas... - Tais-toi !

Allez, fais quelque chose !

- Des serviettes !

Des ciseaux, de l'eau chaude.

Appelle les pompiers !

Eau chaude, ficelle...

- C'est les pompiers, j'attends.

- On stérilise !

Y a plus le temps d'attendre. Je vois ses cheveux.

Y a plus qu'à pousser, d'accord ?

Il faut que je t'examine avec les mains, je peux ?

- Mets les mains.

Elle gémit.

- Prince, tu fais tout ce que je te demande.

- OK.

- Allez, Nejma. On inspire.

On bloque.

Et on pousse, on pousse.

Allez, donne, donne !

Cri

OK. OK.

Prends le temps. Respire.

Ferme les yeux.

Pousse.

Prince ? Prince ! Tu fais quoi ?

- Je pense à la mer, l'océan...

- Pas toi, elle !

Bon, allez, c'est parti !

On inspire.

Et on pousse, on pousse !

- Bébé, pousse. - Voilà, encore.

Putain, ça bloque... L'épaule bloque.

Je vais mettre tes cuisses en hyperflexion.

Prince, tu vas mettre tes mains ici.

Mets ta main ici, s'il te plaît.

Crée une pression. - OK.

- Je restérilise...

Et on recommence. Allez !

On inspire.

On bloque.

Et on donne tout, allez !

Allez, allez ! Cri

OK.

- Tu vas réussir, chérie. - Je vais crever.

- Si l'épaule postérieure est engagée, quelle manoeuvre ?

La manoeuvre de Wood inversée ou...

Wood inversée ou la manoeuvre de Jacquemier ?

- Qu'est-ce que tu fais, Léo ?

Léo, tu fais quoi ? Léo ?

Réponds ! - Prince, ta gueule.

- Léo ! - Prince, ta gueule !

Ferme ta gueule.

- Bon... OK.

Nejma, quand je vais dire maintenant, tu donnes tout.

T'es courageuse.

C'est un dernier effort.

Musique palpitante

---

Le bébé pleure.

--- ---

- T'es un sage-femme en or.

Merci.

- Merci.

---

- Quand vous étiez dans son ventre,

chaque jour, votre mère

me demandait de passer à la maternité.

Je prenais ma voiture...

- La même voiture que maintenant ?

- Non, un autre modèle. Plus petit.

- Ah oui, je m'en rappelle.

- Quand elle a commencé à ressentir les contractions,

elle a pas voulu y aller.

J'ai même dû la forcer.

- Comment ?

- Je lui ai dit : "Ca suffit. On y va."

Rires

Elle a dit...

"Après, ils feront leur vie en-dehors de la mienne.

"Je préfère les garder encore juste un peu."

- Elle voulait nous garder dans son ventre ? Bizarre.

- Léo !

- Oh, c'est du sang ?

- Qu'est-ce qui se passe ? Ca va ?

- T'inquiète, papa. Tout va bien.

Musique douce

---

- Combien d'absence ? 1 mois et demi ?

- Je mettrai les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu.

J'ai mon sujet de mémoire.

J'ai déjà commencé un peu à bosser dessus.

- "La place de l'homme en salle de naissance."

(Oui.)

Comment tu tiendras si tu supportes pas la pression ?

- Ouais, mais...

- Sincèrement, Léopold.

Je sais pas si ta place est ici.

Je suis désolée...

- OK.

Cette année, j'ai eu la chance...

d'avoir accès à un monde auquel peu d'hommes ont accès.

J'étais pas prêt à ça.

Voir le travail des femmes...

Sincèrement, j'espère que j'en ai été digne.

C'est un cadeau.

Non.

C'est un honneur.

Musique entraînante

---

- Ouais, sage-homme !

Viens te poser, viens.

- Je suis enceinte. Je perds les eaux !

- Pousse, pousse !

- Je perds les eaux !

- Pousse !

- Waouh, il a ta sale gueule.

C'est bon, arrête de bouder.

---

- AU MOMENT D'ETRE ADMIS A EXERCER LA MAIEUTIQUE,

JE PROMETS ET JE JURE D'ETRE FIDELE

AUX LOIS DE L'HONNEUR ET DE LA PROBITE.

ADMIS DANS L'INTIMITE DES PERSONNES,

JE TAIRAI LES SECRETS QUI ME SERONT CONFIES

AINSI QUE TOUT CE QUE J'AURAI VU, ENTENDU OU COMPRIS.

QUE LES HOMMES M'ACCORDENT LEUR ESTIME

SI JE SUIS FIDELE A MES PROMESSES.

QUE JE SOIS COUVERT D'OPPROBRE ET MEPRIS SI J'Y MANQUE.

Musique électro

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- Une bière, s'il vous plaît.

- La même chose.

Félicitations. - Merci, toi aussi.

- Merci.

Tu vas en vacances un peu ?

- Ouais, avec ma famille. En Espagne.

- Cool ! - Ouais, super.

Tu fais quoi en septembre ?

- Du libéral. - OK !

- Et toi ? - J'ai repostulé ici, au CHU.

Je suis en attente de réponse.

- T'en as pas marre ?

- C'est l'endroit où il y a le plus de bonnes nouvelles.

- Venez danser !

Fatou, viens ! - Léo !

"Titanium" (David Guetta ft. Sia)

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Musique douce

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Sous-titrage TITRAFILM

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