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BAR LE MIROIR
QUATRE JOURS PLUS TÔT
RUE BERGEN
Qu'est-ce que tu fous là si tôt ?
- Je déménage. - Tu déménages ?
- Où ? - Ici.
- T'as dit que t'avais une chambre. - T'es dingue ?
- J'ai dit que je verrais. - Je dois déménager.
C'est ma dernière semaine au foyer.
- T'as appelé il y a un mois. - T'as dit que tu me logerais.
C'est pas le bon moment.
Tu vas me laisser dormir dehors ?
Si t'avais prévenu, j'aurais pu mettre de l'ordre.
C'est très bien.
Tu dois entrer par le sous-sol, je donne pas les clés du magasin.
- Cette télé marche ? - Oui, mais rien d'extraordinaire.
Juste les chaînes gratuites.
Et on partage les toilettes avec le magasin, n'y laisse pas tes affaires.
- Autre chose ? - La visite est terminée.
Si t'as besoin d'autre chose, débrouille-toi sans.
Je vais dormir.
J'ai un boulot pour toi.
Merci, mec.
- Dis. - Oui ?
Bienvenue à la maison.
Allez, allez.
Fais pas chier.
Allez.
Allez. On y va.
Oui, c'est ça.
Oui, c'est ça. C'est ça.
On fout quoi, ici ?
Tu vas me faire foirer, mec !
Putain !
Je suis mort à cause de toi.
N'importe quoi.
Tu disais ?
- Non, rien. - Rien ?
Je t'ai entendu dire un truc.
- J'étais juste... - Juste...
Juste quoi ?
J'ai juste dit que je partais.
Tu devrais voir ta tronche.
Regarde ça. C'est trop top.
Un revolver de poche. À l'ancienne.
Regarde ce Beretta. Une œuvre d'art.
Des Glock.
Seulement 2,2 kilos de pression.
On ne rate jamais sa cible.
Chaque chargeur contient 15 balles. J'en ai deux.
Je les prends tous.
Bon sang. Pourquoi tu t'habilles comme ça ?
C'est la honte.
J'ai dit "sobre". On se croirait dans un putain de rodéo.
- Va te faire. - T'en as mis du temps.
Ils sont où ?
Tu déconnes ou quoi ?
Tu te balades en plein jour avec ça dans un sac en papier ?
Et alors ? Ils sont bien arrivés ici, non ?
Et si le sac s'était déchiré ?
Tu pourrais pas réfléchir, un peu ?
Connard.
Très mature.
Voilà, maman.
C'est prêt. Je te montre comment ça marche.
Mon ventilateur me suffit.
Viens manger.
J'ai pas faim.
Tu sais quel jour on est ?
Oui, maman, je sais.
Finie, sa liberté conditionnelle.
Ce porc est libre comme l'air
alors que mon fils pourrit sous terre.
Et on ne peut rien faire, Eli. Rien.
Comment ils ont pu nous faire ça ?
Ça ne vaut plus la peine d'en parler.
- Ne pleure pas. - N'en fais pas une histoire.
Je viens te voir demain.
D'accord ?
Tu es encore en retard.
Je suis désolé.
Je m'en fous. Reste à la maison ou arrive tôt.
- Compris ? - C'était pas ma faute.
Deuxième fois cette semaine.
Dernier avertissement.
T'as du bol de bosser vite, sinon adieu.
Alors, Adam DeSalvo.
Vous avez eu affaire à la police ?
- Non. - Drogue, alcool ?
Non.
- Vous travaillez toujours ? - J'ai un nouvel emploi.
Et j'ai déménagé.
- Quel emploi ? - Barman.
Un bar ?
Violation de conditionnelle.
J'y ai pas été après le couvre-feu et j'ai même pas commencé.
Vous me mentez ?
Non, je ne mens pas.
Où est le bar ?
À Red Hook.
C'est votre zone restreinte. Pourquoi là ?
J'ai un emploi, je vous l'ai dit.
Ça fait deux violations.
Allez.
C'est mon dernier jour.
Pendant trois ans, j'ai fait tout ce que je devais.
Je n'ai commis aucune infraction.
Vous vous êtes tenu à carreau, mais ça veut rien dire.
Il n'est pas trop tard pour foirer.
Une plainte et vous retournez en taule.
- Compris ? - On a fini ?
C'est fini.
Vous aurez votre certificat dans quelques mois.
Si vous n'êtes pas en prison, vous pourrez venir le chercher.
Bienvenue.
Bienvenue, les amis.
- Leff ? - Oui, c'est mon neveu, Mike.
Jamal. Entrez, je vous en prie.
Asseyez-vous.
De l'herbe et 85 grammes de coke, c'est ça ?
Oui.
C'est tout ?
On commence avec ça. Si on aime, on reviendra.
Vous n'allez pas aimer.
Vous allez adorer.
Vous regretterez de pas en avoir pris plus.
Oui.
J'ai des trucs super.
De l'héroïne pure.
On peut la couper à mort.
Super prix.
Vous vous faites 30 à 40 mille dollars de bénef facile.
- On est intéressés. - On touche pas à l'héro.
On a besoin de fric.
Ferme ta putain de gueule.
On n'est pas intéressés.
J'essaie juste de vous aider.
Vous laissez filer un cadeau.
Un cadeau, ça veut dire une surprise.
Je hais les surprises.
T'étais pas obligé de me traiter comme une merde.
Tu parles trop.
Parle pas sauf si on te parle.
Elle nous parlait à tous les deux, non ?
Pourquoi tu voulais que je sois là ?
Pour écouter. Observer.
Apprendre.
T'as vu cette garce ? Quelqu'un qui te parle comme ça,
genre elle te rend service, c'est des conneries.
- T'es juste parano. - Bien sûr que je suis parano.
C'est pour ça que je suis malin.
Et tu ferais bien de devenir moins con.
Elle nous proposait une bonne offre.
Si je n'avais pas promis à ta mère
de m'occuper de toi, je ne perdrais pas mon temps.
T'occuper de moi ? Va te faire.
J'espère que ta musique, ça va fonctionner, vraiment.
Au moins, je fais quelque chose.
C'est ça.
Il est où, ce groupe que tu montes depuis cinq ans ?
Grandis, Mike.
Vouloir devenir quelqu'un, ça n'a rien de spécial.
C'est le truc le plus banal.
Salut, Donna.
T'as un sacré culot de venir ici.
Tu demandes même pas si tu peux ?
Je pensais que tu serais contente de me voir.
Tu devrais pas être ici.
Je veux juste parler.
Je suis contente pour toi, mais c'est pas possible.
Une autre visite surprise et j'appelle les flics.
Allez, quoi.
Halloween, c'est fini, tu sais.
Tu vas rendre quand ton costume ?
- Je t'emmerde. - Et l'an prochain ?
Tu te déguises en cosmonaute ?
Ça suffit.
Sicky, je peux te parler ?
Tu m'as vendu de la merde.
Fous le camp. C'est la même que d'habitude.
Je rigole pas, Sicky. Tu vas pas m'arnaquer.
C'était de la merde et tu...
Ça va, c'est bon ! Arrête !
Je vais te le casser, connard.
Ça va, c'est bon !
Leff, t'as vu le culot de ce gamin ?
C'est bon, c'est bon.
C'est bon, je suis désolé.
Laisse-le partir.
Fiche le camp !
La prochaine fois, je te casse un truc.
Sicky, je...
Tu m'en vends plus ?
Ça, c'est parce que t'es un connard.
- Merci. - Fous le camp.
Quel connard.
Salut.
Tu vois encore des gens ?
- Genre qui ? - Je sais pas.
- Johnny ? - Non, il est parti.
Il s'est marié avec une nana de Long Island, il vit là.
- Et Anthony ? - Il s'est fait buter il y a cinq ans.
Sans blague.
Il était défoncé, il s'est battu avec des Dominicains.
Un connard l'a poignardé.
Et mon gosse ?
Allez, réponds.
- Il est comment ? - J'en sais rien.
Je lui parle jamais.
- Tu pourrais m'aider ? - Je t'aide déjà.
Je veux le voir, Steve.
Je ne veux pas m'en mêler, je te l'ai dit.
- Je le connais pas bien. - Je sais même pas de quoi il a l'air.
Tu n'as qu'à me le montrer.
Laisse le passé derrière toi et arrête de remuer la merde.
Allez.
Je ne l'ai pas vu toutes ces années.
Je veux juste le voir.
D'habitude, il est par ici.
Je le vois pas. Peut-être les terrains de basket.
Réussi !
Il est ici ?
Oui. Le voilà.
- Où ? - Là-bas.
Le 31.
Relance-le.
Oui, joli.
Allez.
Tu fais quoi ?
Je vais faire quelques paniers.
Allez. Allez.
Remise en jeu.
Oui.
Oui.
C'est parti. La balle au vainqueur !
- Remise en jeu. - C'est parti.
Non, non !
Oui.
Allez, Tommy.
- C'est parti. - Allez, Jimmy, lève-toi.
- Ça va ? - Oui.
Remise en jeu.
On y va.
Passe, Tommy !
- Hé ! - À moi !
- Putain, c'est quoi, ça ? - On est à égalité.
- Comment ça ? - T'as eu mal ?
- À égalité ? Je t'emmerde. - C'est ce que tu veux.
Tu me fais pas peur.
J'ai pas peur de toi !
Laisse ce gosse. Il est plus petit que toi.
- Dégage, mec. - T'es nul !
- Ne sois pas idiot. - Tu me traites d'idiot ?
Du calme, mec. Ça n'en vaut pas la peine.
Allez. On joue.
On joue.
- On joue. - Allez.
Allez. On joue.
On oublie. On joue.
C'est parti. Remise en jeu.
Voilà, c'est ça. Bien joué.
Moi ? C'est lui qui a commencé.
C'est le jeu.
Hé.
- Pourquoi t'as fait ça ? - Fait quoi ?
Tu laisses faire ?
T'aurais dû lui casser la gueule.
Ça sert à rien. Ça n'aurait rien apporté.
Non, il faut les remettre à leur place.
Pour qu'ils te foutent la paix.
Tu dois contrôler ça avant que ça ne prenne le contrôle de toi.
Contrôler, c'est laisser les mecs te taper sur la gueule ?
Ça, c'est hors de question.
Tu devrais changer de philosophie.
Quelle connerie.
Il est toujours comme ça ?
C'est Jimmy.
Putain.
Il n'est pas là ?
Non, il s'est défilé.
- T'as dit qu'il était fiable. - Au téléphone, on aurait dit.
On va chercher. Les bons batteurs, c'est rare.
Donc, on n'a personne ?
Non.
Pour que ça marche, faudrait aller à Austin ou Nashville.
Je recommence pas.
Là-bas, les gens aiment la musique.
Il y a des vrais musiciens, des vrais endroits où jouer,
et il faut même pas être bon. Les gens aimeront.
J'en ai marre de parler de ça. On joue.
Qu'est-ce que t'as ? Quelle humeur merdique.
Le meurtrier de mon frère est libéré aujourd'hui. Journée de merde.
- En effet. - Oui.
On sort ce soir, on se marre, ça te changera les idées.
Je peux pas. Je sors avec Lori.
Mais annule, putain.
Non. Je veux vraiment la voir.
Ça se passe comment ?
Ça fait des mois que tu voulais rompre.
Je sais pas.
- J'étais perdu. - T'avais l'air décidé, pourtant.
Allez, mec, on joue.
Pourquoi t'as pas prévenu ?
- Je me serais préparée. - Je dois prendre rendez-vous ?
Non, j'aurais préféré savoir que tu venais.
- Ça va, Keyshia ? - Salut.
Pourquoi ? Tu es super belle.
- Je dois prendre une douche. - Je viens.
Pas maintenant. D'accord ?
Vous allez où ?
Au resto de sushis, Osari.
Sympa.
Vous pouvez passer une soirée sans vous battre ?
Ça va être différent, maintenant.
J'étais tellement loin, je voyais pas comment m'en sortir.
Je me piquais tous les jours, je squattais un immeuble.
Je me suis retrouvé aux urgences.
J'ai de la chance d'être en vie.
Grâce à une puissance supérieure,
je suis sobre depuis six mois.
Merci pour votre témoignage.
Quelqu'un aimerait parler ?
Oui.
Je m'appelle Adam. Je suis toxicomane.
Bonjour, Adam.
J'ai fait 13 ans de taule, 3 de conditionnelle.
C'est mon dernier jour.
Je suis devenu toxico en prison et...
Je suis sobre depuis cinq ans.
Mais la grande nouvelle,
c'est que j'ai revu mon fils pour la première fois.
J'y ai pensé, toutes ces années,
comment ce serait de le voir pour la première fois.
Oui.
Oui.
Quand j'étais petit, on devait écrire sur nos héros préférés.
Et comme la plupart des gosses,
j'ai écrit sur Batman ou Spider-Man.
Mais ce gosse, il a écrit sur son père.
Et ça ne m'a jamais quitté.
Pas de super pouvoirs, juste un gars normal.
Et son gosse l'a préféré à Superman.
J'ai senti que j'avais une autre chance.
Je sais que j'en ai une.
Et après 16 ans...
J'espère...
Oui.
J'ai un nouveau boulot, un nouveau toit.
Et même si mon ex m'a claqué la porte au nez ce matin,
- je sais qu'elle était contente. - Elle changera d'avis.
- Oui ? Je ne sais pas. - Oui.
Quel trafic. C'est pas possible !
Les gens savent pas conduire. Allez ! Merci.
Pourquoi ce changement soudain ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
L'autre nuit, j'ai rêvé que tu avais trouvé quelqu'un d'autre.
Tu voulais même pas me parler.
Donc, à cause de ce rêve, tu veux que ça marche entre nous.
Non. Tu...
- Tu es la seule chose bien dans ma vie. - Tu dis ça maintenant.
Tu sais que c'est compliqué en ce moment, avec ma mère.
Et là, ce connard est libre. Ça fait beaucoup.
Je sais. Mais tu dois dépasser ça.
- C'est chiant, OK ? - Faut pas remuer le passé.
J'ai compris. J'ai compris, putain.
- Pourquoi tu t'énerves ? - Je m'énerve pas.
- Tu me cries dessus. - Je ne crie pas !
- Tu me cries dessus ! - Non.
Si tu fais le con, ramène-moi chez moi.
- Je fais le con ? - Oui !
Merde !
- Désolé. Ça va ? - Ramène-moi.
- Lori, pardon. C'était un accident. - Ramène-moi, putain.
Arrête la voiture, putain !
Lori, c'était un accident !
Lori, allez ! Remonte dans la voiture !
Allez ! Lori !
Vos gueules !
Pas sur la table, bordel !
J'ai une nouvelle source pour l'ecsta.
Super qualité. Pas de la merde.
- Regardez qui voilà. - Ça fait longtemps.
E.R, j'allais venir te voir.
Parlons dehors.
Venez dehors avec nous. Ça va être marrant.
C'est bon ! C'est bon.
Ramassez-le.
Bien.
Attends. Il me faut plus de temps.
Je te rendrai tout.
- Je sais. - J'allais venir te voir.
Je t'en prie. Je suis désolé.
Je sais.
- Je le jure sur la vie de ma mère. - Je t'aime bien.
Donc je te laisse le choix.
Mon Dieu. Merci.
Putain. Attends !
Quel œil ?
Non. Non, pitié.
Choisis un œil ou je prends les deux.
- Non. - Celui-ci...
... ou celui-là ?
Non, pitié, arrête.
Choisis vite avant qu'il soit trop tard.
Non ! Arrête !
D'accord, le droit !
J'ai du sang partout.
- J'aurais dû te tuer pour ça. - Putain !
Bon sang !
Rends-moi mon putain d'argent.
Rentrons boire un verre.
On doit y aller.
- Il est où ? - Juste là.
Salut les gars. Ça va ?
- C'est quoi, ce bordel ? - Tu trouves ça drôle ?
Quoi ?
J'ai dit : "Tu trouves ça drôle ?"
Non.
Tu es sûr ?
On m'a dit que tu trouvais ça hilarant.
Désolé. Je voulais pas dire ça.
Tes amis et toi, vous devez savoir
qu'on cherche pas Mike.
Bien. J'ai pigé.
Jette-le.
Avec plaisir.
Salut.
T'es fâchée ?
Qu'est-ce que tu veux ?
T'as dit que je suis venu sans demander, alors je viens demander.
Demander quoi ?
Tu sais bien. Jimmy.
Bon sang.
N'essaie même pas d'y penser.
C'est pas ce que tu crois.
Tu crois que tu peux débarquer dans sa vie ?
J'ai bossé dur pour l'élever.
Je veux pas qu'il se demande pourquoi
un ex-taulard l'appelle fiston.
Il ne sait rien de toi et de ce que tu as fait.
- Je n'allais rien dire. - Va te faire.
Ne t'approche pas.
Je n'allais rien dire.
Tu réponds pas au téléphone.
T'étais où hier soir ?
J'ai pas entendu. Je répétais.
Tu répètes pour me faire perdre mon temps ?
On doit livrer de l'ecsta aujourd'hui.
- Et ? - Tu dois aller la chercher
chez un nouveau fournisseur.
C'est une bonne affaire.
Tu auras 200 $.
- 200 $ ? - Oui.
Emmène quelqu'un avec toi.
Qu'est-ce que je fous avec ça ?
Je parie qu'il marche même pas.
Y a même pas de chargeur. Donne-moi un nouveau flingue.
Donne-moi un flingue sympa.
Ils sont à vendre.
Tu dois pas t'en servir.
Tu le sors juste pour montrer que tu rigoles pas.
Regarde la marchandise avant de sortir le fric.
Tu sais quoi ? Merde.
File-moi un autre flingue ou je le fais pas.
Deux nouveaux.
Il me faut ta voiture aussi.
T'es dingue ou quoi ?
Personne touche ma voiture.
Ça prendra plus longtemps.
Sacré culot, ce gosse.
Qu'est-ce que tu veux ?
Qu'est-ce que tu fous ici ?
- T'en veux ? - Oui.
Tiens, prends ça.
- T'es dingue ? - Prends-le.
Leff m'a envoyé.
Qui ?
Merde.
Je cherche Al.
Qui le demande ?
Leff ne t'a pas appelé ?
C'est qui, Leff ?
Je te fais marcher.
Entre.
T'as mon fric ?
Où est la came ?
Pas de fric, pas de came.
Je dois la voir d'abord et j'irai chercher le fric.
Geo,
montre-lui la came.
Si elle est pas sur la table quand je reviens,
ça va chier.
Va chercher mon fric, gros dur.
Ouais.
Le sac.
Tu me couvres.
Depuis la voiture ?
Je dois appeler le SAMU ? Je dois faire quoi ?
Merde.
Putain.
Une minute.
On est tous contents, ici.
Faut te détendre.
On n'est pas dans Scarface, bordel.
Mes amitiés à Leff.
Leff va me faire tuer, un de ces jours.
- C'est ton oncle. - Non, c'est un enfoiré.
Je prends tous les risques. Il empoche le pognon.
Alors travaille en solo.
J'y ai pensé.
J'étais avec Leff à la piaule de cette Jamal.
Elle a un plan génial.
De l'héroïne pure.
Elle disait à Leff qu'on peut se faire 40 000 de bénef.
Tu vas vendre de l'héro, maintenant ? T'es dingue.
Non, laisse-moi finir.
On trouve combien. Puis on va voir E.R.
et on va lui vendre.
Comment ça, nous ?
- Et qui est E.R. ? - Un dealer de mon oncle.
On augmente le prix de 10 000.
Puis on va chercher le fric chez E.R.
On l'achète pour lui, et voilà.
On utilise ce pognon pour se barrer à Austin.
Et tu dis que Leff va te faire tuer ?
On va chez Bobby ?
Non, j'ai pas envie.
- Pourquoi pas ? - C'était naze.
Quand j'y vais, je vois son chien.
- C'est quoi comme chien ? - C'est mieux que Ricky.
Sympa.
- Salut. - Salut.
- Je vous rattrape, OK ? - OK.
Alors, tu contrôles tout ?
Tu veux fumer ?
- Non, merci. - D'accord.
C'est toi qui as dessiné ça ?
Oui.
C'est vraiment chouette.
C'est ça que tu fais ? T'es un artiste ?
Un dessinateur de bédé ?
- Si seulement. - Ils gagnent plein de blé.
Tu dessines ?
Moi ? Non. Je suis nul en dessin.
T'as essayé ?
Non, c'est un talent qu'on a ou qu'on a pas.
C'est comme apprendre à écrire ton nom.
Quand tu l'as écrit assez de fois, tu écris
sans même y penser.
C'est un peu différent.
Bon, regarde.
Je sais pas dessiner.
- Oui. - Essaie.
Utilise ta planche.
Bon, fais comme moi.
- Oui. - Simplement.
Fais cette forme.
D'accord.
Suis la ligne.
Comme ça ?
Oui.
Bien.
Maintenant, juste en dessous. Une autre forme, comme ça.
Tout simplement.
Oui, c'est ça.
On va lui mettre des dents.
Joli.
Oui, c'est ça. Bien.
Et des cheveux ?
Des cheveux ? Voilà.
- Oui. - Qui c'est, ce gars ?
Je ne me souviens plus.
Je le dessine depuis que je suis gosse.
- Merde. - C'est bien. Vraiment bien.
C'est vraiment bien.
J'arrive pas à le croire.
Tu vois ?
Tu es doué.
Hé, Jimmy !
Oui, j'arrive !
Je peux le garder ?
- Bien sûr. Tu l'as dessiné. - Oui ?
C'est vrai, oui.
- À bientôt ? - Oui.
Voilà le musico ringard.
Ça marche, les stéroïdes. T'es en forme.
Fais gaffe avec ça.
100 $ chacun.
T'avais dit 200 $.
Oui. Cent pour toi, cent pour lui.
Leff, tu déconnes.
C'est pas ce que t'as dit.
J'aurais pu me faire descendre.
- C'était un simple retrait. - Un simple retrait ?
T'as dit une bonne affaire.
Si tu crois ça, t'es plus con que t'en as l'air.
E.R, ça va ?
Salut, E.R.
- C'est E.R. ? - Oui.
Le dernier truc était génial.
Leff a raison. T'es plus con que t'en as l'air.
- J'y vais. - Tu veux pas ton fric ?
Garde-le.
C'est de la bonne.
Et l'ecsta ?
On vend des flingues, si ça t'intéresse.
Bien, fais voir.
J'ai deux Glock.
Magne-toi.
L'autre ?
C'est Eli qui l'a.
Tu le laisses se barrer avec mon flingue ? T'es con ?
Je vais le récupérer.
Je lui cours après ?
Ne disparais pas. T'as une livraison ce soir.
Je viens de nettoyer, tu salis tout.
J'ai rien renversé.
Qu'est-ce que tu fais ?
Où as-tu eu ça ?
- Je l'ai dessiné. - Ne me mens pas.
- C'est quoi, le blème ? - D'où ça sort ?
Je t'ai dit, je l'ai dessiné...
Putain.
Salut, Lenny, ça va ?
Comme tous les jours.
Un con a vomi derrière le jukebox, hier.
Ils sont dingues, les gens.
On a que des bouteilles. Rien à la pression.
Tu plaisantes.
J'ai l'air de plaisanter ?
Les bouteilles sont pleines ?
Fais pas le malin.
Les lampes sont foutues.
Bonne chance.
C'est pas possible.
- Content de te voir. - J'ai pas faim.
T'es fâchée pour l'autre soir.
Pas juste pour ça.
Ça va changer, maintenant.
- C'est vrai. - Eli.
- Écoute. - Je peux plus.
Je sais que je suis paumé,
- c'est pas ton problème. - Tu écoutes ?
C'est fini, d'accord ? Terminé.
- T'es pas sérieuse. - Le mois dernier,
je t'ai dit que je me sentais seule.
Tu te souviens ?
- C'était une erreur. - T'as dit : "Cherche quelqu'un."
C'est ce que tu veux dire ?
- T'as un mec ? - C'est pas la question.
Mais tu as quelqu'un ?
Allez, Eli.
On est trop différents.
On veut pas les mêmes choses.
Tu adores ce quartier.
J'ai hâte de partir.
- C'est chez toi. - Je déteste cet endroit.
Je ne veux pas être aigrie
parce que j'ai passé ma vie à tenter de joindre les deux bouts.
Je veux voir des choses. Voyager.
Y a que des ratés, ici.
Désolée, je parlais pas de toi.
Ne fais pas ça.
- Pourquoi tu dis que c'est fini ? - Parce que ça l'est.
C'est fini depuis longtemps.
Mais je t'aime.
Non, tu m'aimes pas.
Bureau de Patricia Earl.
Allô, Madame Earl ?
Ici Donna. Donna Taylor, je vous ai déjà appelée.
Oui, que puis-je pour vous ?
Je suis contrariée. Adam est venu chez moi.
Il est venu deux fois, en fait.
Il vous a fait du mal ? Ça va ?
Non.
Non. Ce n'est pas ça.
Il s'est passé quelque chose ou non ?
Je ne veux pas qu'il approche mon fils.
Pouvez-vous le garder à distance ?
Mon fils est très influençable, et découvrir la vérité sur Adam
pourrait lui faire du mal.
Il ne sait rien de lui.
Je pensais qu'on pouvait lui interdire d'être dans ce quartier.
Adam n'est plus en conditionnelle. Il est libre.
Je ne peux pas le forcer à venir.
Pouvez-vous lui parler en dehors du bureau ?
Et si mon fils a un problème
et que votre chef apprend que je vous avais appelée ?
Je comprends, mais je ne peux pas.
Je vous demande de lui parler, pas de l'arrêter.
Désolée pour vous, mais je ne peux rien faire.
D'accord.
J'y crois pas, elle m'a quitté.
Parfois les gens changent, et ça ne marche plus.
C'est la faute de personne.
Écoutez-moi ça.
Quelle sagesse.
Si vous vous disputez tout le temps,
c'est qu'il y a un problème.
- Tout le monde se dispute. - Peut-être.
Faut passer à autre chose.
Vu qu'elle voit quelqu'un d'autre, je crois que oui.
Elle t'a dit ça ?
Pas exactement, mais...
Il y a quelqu'un d'autre.
Prêts ?
Non, je joue. Va prendre une bière.
T'as gagné. Terminé.
Allons-y.
D'accord.
Tu viens avec nous ? Ce sera rapide.
Non. Je me taille.
Allez. Sois pas faible.
- Je rentre. - D'accord.
Voici.
Merci, beau gosse.
Allez, quoi.
Désolé.
Ce sera réparé demain.
- Allons-y. - Une minute.
Tu sais qui c'est ?
Non. Qui ?
Le tueur du frère d'Eli.
Il revient comme si de rien n'était. Il a peur de rien, ce gars.
Ce serait pas dur de l'éliminer.
Travail facile.
Comment ça ?
Un mec en réinsertion, ça veut pas de problèmes.
Il nous donnerait les clés.
Il nous remercierait même après.
Il veut se faire passer pour quelqu'un de bien.
Il est 1 h du matin.
On peut parler ?
De quoi ?
Pourquoi on se dispute tant ?
Désolée d'avoir crié sur toi.
Mais ne lève plus jamais la main sur moi, compris ?
Peux-tu me dire où tu as eu ce dessin ?
- Putain, c'est quoi, ton problème ? - Pas de gros mot.
Je t'ai dit que je l'ai dessiné.
Un mec dans le parc m'a montré.
- C'est tout. - D'accord.
D'accord.
Désolée d'avoir dit que tu mentais.
Qu'est-ce qu'il voulait ?
Rien. Je ne sais pas.
Pourquoi ?
Eh bien...
Il est venu ici.
Tu le connais ?
Oui.
Et ?
Je ne pensais pas qu'il reviendrait, mais...
Il est revenu.
C'est ton père.
Quoi ?
Attends.
- Qu'est-ce qu'il veut ? - J'en sais rien. On s'en fout.
- Comment ça ? Tu lui as parlé ? - Pas besoin de lui parler.
- Pourquoi pas ? - Ça n'apportera rien.
- Comment tu le sais ? - Je sais, crois-moi.
Donne-moi une vraie réponse.
Rien n'a changé.
Je te l'ai toujours dit : il nous a quitté, il s'en fichait.
- Il n'y a rien à savoir de plus. - Rien...
Toute ma vie sans le voir,
sans savoir qui il est.
Et tu me dis qu'il n'y a rien à savoir.
- Comment tu peux me dire ça ? - Il n'a rien à t'offrir.
- Ça veut dire quoi ? - Que c'est un menteur.
Il t'a dit qu'il était ton père, ou je viens de te le dire ?
Où était-il toutes ces années ?
Il était où quand tu étais à l'hôpital ?
Nulle part.
Écoute.
Regarde-moi.
Ça va être dur à entendre.
Mais il est parti parce qu'il ne voulait pas de nous.
Il a fait ses choix, et là, on doit faire les nôtres.
D'accord ?
D'accord ?
Merci.
Je t'aime.
Où vas-tu ?
Qu'est-ce que tu fous ici ?
Je ne veux pas d'ennuis, d'accord ?
Je croyais que t'étais un dur.
T'es un dur ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Je croyais que t'étais un tueur, non ?
Espèce de malade !
Enfoiré !
Allô ?
Tu vas pas croire qui on vient de voir.
Qui ?
Adam DeSalvo.
- Attends, quoi ? - T'as entendu.
Il bosse dans ce bar, Le Miroir.
On vient de le tabasser.
Tu m'en dois une, mec.
T'es sérieux ?
C'est une couille molle. Il a pas répliqué.
Non. C'est pas possible qu'il soit ici.
Eh bien, si.
On devrait cambrioler le bar pour le piéger.
Au fait. Je dois récupérer ce flingue.
Leff me fait chier avec ça.
Oui, bien sûr.
Alors, le boulot ?
Ça va.
C'est un bar délabré, mais ça paie.
Vous croyez que c'est une bonne idée de bosser dans un bar ?
Vous êtes pas venue me parler de mon boulot.
Vous voulez quoi ?
Donna m'a appelée.
Elle voulait que je vous parle.
Pourquoi ? Je n'ai rien fait.
- Vous êtes allé la voir. - Juste pour parler.
Elle a été catégorique. Elle ne veut pas que vous les approchiez.
Elle se sent en danger.
En danger.
Bon sang, j'arrive pas à croire...
Écoutez, je...
Je veux pas que ça me retombe dessus.
Faites attention.
Elle ferait une fausse déclaration pour vous renvoyer en taule, ça marcherait.
Elle a fait ça ?
Non.
Et je ne veux pas qu'elle le fasse.
Bon.
Ne vous approchez pas d'eux.
Ce garçon...
est mon fils.
Pas de bêtises.
- T'as faim ? - Non, j'ai mangé.
Je peux te parler d'un truc ?
Oui. Qu'y a-t-il ?
En fait, je...
je pensais...
C'est toujours un bon début.
Je pensais...
Je pense que je dois faire autre chose.
Il est temps que tu abandonnes ce groupe.
Non, en fait...
C'est ce qu'on fait que je veux laisser tomber.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Écoute...
Je sais que tu as veillé sur moi, que tu m'as aidé et tout, mais...
Je ne peux plus faire ça.
C'est pas moi.
Je peux pas faire ça. Je déteste ça.
Désolé, Mike. Tu ne peux pas ?
Tu es différent. Tu as droit à un traitement de faveur ?
Allez, mec.
Arrête tes conneries.
Je me suis cassé le cul à tout t'apprendre, à t'aider.
Tu me remercies comme ça ?
Non. Ne le prends pas comme ça.
Pas comme ça ? Comment, alors ?
Comment tu vas payer le loyer ?
- J'en paie pas. - Juste.
C'est un avantage de bosser pour moi.
Tu veux te débrouiller seul, vas-y.
Mais tu dois me payer un loyer.
Très bien.
Je le ferai.
- Comment tu vas faire ? - Je sais pas.
Je sais pas.
Je sais pas. Je trouverai.
Tu trouveras ?
Mike, t'es trop con pour trouver.
Je m'occupe de toi depuis l'overdose de ta mère.
J'ai jamais demandé. Je t'ai pas demandé de le faire.
Oui, parce que t'es trop con pour demander quelque chose.
T'es un enfoiré, tu sais ça ?
C'est moi, l'enfoiré ?
T'es un fardeau depuis que t'es né.
Et ma sœur serait sans doute encore là
si elle avait pas eu le stress de devoir t'élever.
Ne parle pas de ma mère.
Je...
Ne parle pas de ma mère.
Ouais, tu vas faire quoi ?
Fous le camp de chez moi.
Ou tu veux être un dur ?
Tu veux être un dur, un putain de dur ?
Fous le camp de chez moi.
Fous le camp de chez moi.
Que s'est-il passé ?
Elle s'est effondrée au travail.
- Merde. - C'est son cœur.
Vous pouvez me dire ce qui se passe ?
Vous êtes son fils ?
Elle va s'en tirer ?
C'est une insuffisance cardiaque.
Une crise cardiaque ?
Non, ça c'est quand le flux sanguin vers le cœur est bloqué.
Ici, il s'agit d'un cœur affaibli.
D'accord.
Elle a dit qu'elle était faible ou fatiguée ?
Non.
L'autre jour, elle avait une jambe gonflée.
C'était sans doute sa mauvaise circulation.
Et maintenant ?
On va faire un bilan complet.
On va faire des analyses de sang pour trouver la cause.
Et si ça recommence ?
Elle est au bon endroit.
Salut.
Un petit un contre un ?
T'es partant ? On y va.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Jouer au papa ? C'est ça ?
Pour me corriger ?
Elle t'a raconté, hein ?
Il y a quoi à raconter ? Tu l'as baisée et t'es parti.
- Laisse-moi te parler. - Va te faire foutre.
Je ne voulais pas te mentir.
Non, tu ne voulais pas me mentir.
Tu ne veux pas me dire qui tu es.
Tu étais où, putain ?
Tout est mensonge, chez toi.
Salut.
Merde.
- Putain ! - C'est quoi, ce délire ?
Vous vous foutez de moi ?
Putain !
- Arrête ! - Enfoiré !
- Arrête ! - Putain !
C'est vraiment déconner.
- On aurait dû lui dire. - Quoi ?
Ça lui aurait fait mal pour rien.
- Ça aurait été le bordel. - C'est le bordel.
S'il était pas arrivé, on aurait continué le plan,
pour lui faire croire que c'était arrivé quelques mois après la rupture,
et il aurait été content pour nous.
Et tu le sais.
Oui, mais c'est trop tard.
Il m'a traitée comme une merde, alors...
Oui, je sais.
Je suis désolé.
Il nous faut mieux que ça.
- Tu mérites mieux. - Nous méritons mieux.
J'ai peut-être une idée.
Je pensais aller à Austin, Texas.
Austin. J'ai une amie qui vit là-bas.
Elle adore.
Qu'en penses-tu ?
Tu me demandes de partir ?
- Oui. - Quand ?
- Bientôt. Dans quelques jours. - C'est très bientôt.
Tu vas loger où ?
J'en sais rien. Tu veux venir ?
- Oui, alors ! - C'est vrai ?
- Oui, c'est vrai. - Ne joue pas avec moi.
Rien ne me retient.
Je meurs d'envie de partir, n'importe où.
On peut tout recommencer à zéro,
être qui on veut.
On l'emmerde, ce quartier.
C'est quoi ?
Un porte-bonheur.
Voici.
Une vodka sur glace, beau gosse.
Et ton copain ?
Tu me confonds avec une autre.
Le gars d'hier soir ?
Tu es jaloux.
Je suis pas jaloux.
Oui, c'est ça.
Santé.
Tu es déjà de retour.
Je te l'avais dit.
Je peux entrer ?
Allez, entre.
Assieds-toi.
Alors, qu'est-ce que tu veux ?
Je suis là pour ce truc dont tu as parlé.
L'héro ?
- C'est pas pour Leff ? - Non.
Mais tout va bien, non ?
Oui, tout va bien, mon ami.
Donc, ça reste entre...
toi et moi. Ça regarde pas Leff.
Voilà. Ça regarde pas Leff.
C'est le genre de truc qui l'énerve.
Je comprends.
Alors...
C'est combien ?
Pour toi ?
30 000.
Super.
Tu as l'argent avec toi ?
Non, mais c'est pas un problème.
Attends une minute.
Allez dans votre chambre.
Allez-y.
Et voilà.
Tout est réglé.
Voilà quoi faire.
Tu vas rencontrer cet homme.
À 23 heures demain.
Il aura ce que tu veux.
C'est tout ?
C'est tout.
Tu vois ? Tout le monde est content.
Tu me raccompagnes ?
Je rigole pas.
Bien sûr.
- Je peux pas. - Mais si.
Non.
Je peux pas.
J'ai un enfant. Et là...
- J'essaie de me remettre avec mon ex. - Sérieux ?
Oui.
Mais je peux te raccompagner.
Pour quoi ?
Bonne nuit.
Tout va bien. Dis-lui que je suis le neveu de Leff.
Oui.
J'ai une proposition.
N'importe quoi.
Je parle à Leff directement.
C'est pas Leff qui gère.
Alors, c'est qui ?
Moi.
J'ai un kilo d'héro pure.
Une bonne affaire.
Alors pourquoi Leff l'achète pas ?
Ma mère, la sœur de Leff,
est morte à cause de l'héro.
Leff n'y touche pas.
Emmène-moi chez ton gars.
Je gère directement.
Je ne peux pas faire ça.
Tu te feras au moins 100 000.
Elle est pure. On peut la couper à mort.
- Combien ? - Eh bien...
C'est 40 000.
On se fout de toi.
Non, c'est vrai.
Bon, apporte-la et je te donne le liquide.
Non, j'ai besoin du fric avant.
Je sais pas le sortir comme ça.
Alors, c'est pas une transaction.
Tu cherches un prêt.
- Allez, tu me connais. - Non.
Si tu veux un prêt, c'est comme pour tout le monde.
Je fais pas la charité.
Bien, bien.
Alors prête-moi de l'argent et je reviens demain soir régler ça.
Tu donnes quoi comme caution ?
J'ai la voiture de Leff garée devant.
Maman. Comment tu te sens ?
Ça va aller.
Je l'ai vu.
Tu as vu qui ?
Il ose se montrer.
Cette pourriture...
Tu es à l'hôpital. Tu rêves.
Je l'ai vu dans la rue avant de venir ici.
Il a tué mon bébé. Maintenant il me tue.
Ne t'énerve pas, d'accord ?
Tout ira bien.
T'as perdu, connard.
J'ai une offre pour toi.
Ça m'intéresse pas.
- C'est qui, ce mec ? - Personne.
Ignore-le.
J'aimerais qu'on se voie.
Et je te paierai.
Tu déconnes ?
- Tu m'achètes ? - Oui, je suis sérieux.
C'est carrément pathétique.
- Ça va ? - Très bien.
- Combien ? - 50.
- Il a dit 50 ? Je prends. - Non, tu prends pas.
Tu gagneras jamais d'argent si facilement.
Ça n'en vaut pas la peine.
- C'est non. - D'accord.
Réfléchis.
Si tu changes d'avis, aux terrains à 16 h.
- Tu connais ce gars ? - Non.
Quel dingue.
Oui.
Je l'ai vu.
Bien.
Joli.
Elle voit quelqu'un d'autre.
Elle t'a dit ça ?
Pourquoi t'as pas prévenu ?
Bien.
Reste là.
C'est un moment de faiblesse.
Fous le camp d'ici !
Non, pas maintenant.
Je l'ai vu.
Je l'ai vu.
- Hé ! - Putain !
- Hé, mec, du calme. - Va te faire.
- Putain. - Lâchez-moi.
- T'as perdu la tête ? - Je t'emmerde.
Prends tes affaires et barre-toi.
- T'es viré. - Du calme.
Tu te trompes sur moi.
- Tu penses que... - Tu sais pas ce que je pense.
Alors dis-moi.
C'est ce que tu veux ?
- Oui. - Vraiment ?
Ça va se passer comment ?
J'ai jamais cessé de penser à toi et Jimmy.
Ça m'a fait tenir.
Tu penses même pas à ce que tu me fais.
T'as toujours été irresponsable.
Pourquoi tu me hais à ce point ?
Je te hais pas.
Je hais ce que tu m'as fait à moi et à notre fils, ce garçon.
T'aurais jamais dû revenir ici.
Je devais te voir.
Je voulais le voir.
Et ses besoins à lui ?
Je peux faire quelque chose, Donna.
Je sais qui je suis. Et qui je peux être.
Et je sais qu'on peut encore être une famille.
Donc, tu as tout compris.
Et on va tous se jeter à tes pieds.
Le monde peut recommencer à tourner.
Tu sais ce que j'ai ressenti ?
Je t'en prie !
- Ce que tu as ressenti ? - Oui.
Tu n'es jamais venue me voir.
Tout ce temps.
Et je ne t'ai jamais vue.
- Je n'ai jamais vu Jimmy. - On a tous souffert.
Tu te rends compte à quel point c'était dur ?
Tu sais, au début...
Tu me manquais vraiment.
Je pensais même venir te voir.
Mais chaque jour devenait plus long, plus difficile. Tu ne m'as plus manqué.
Tu m'as abandonnée avec notre fils. Là, c'est mon fils, pas le tien.
Tu as des remords pour tout ce que tu m'as fait à moi,
à nous, à la famille de cet enfant ?
Je vis avec ces remords chaque jour.
Oui.
Bon sang, Donna.
Que veux-tu que je dise ?
Je veux juste que tu partes.
D'accord ?
Je n'ai jamais cessé de t'aimer.
Il n'est pas trop tard.
Il est trop tard.
Pars. Je dois aller travailler.
Voici mon numéro.
Réfléchis. Tu changeras peut-être d'avis.
Putain.
Merci d'être venu.
Tu as mon argent ?
Bon, et maintenant ?
- On parle. - D'accord.
Pourquoi t'as quitté maman ?
C'est direct.
J'ai jamais voulu vous quitter.
- Mais tu l'as fait. - Oui, j'ai foiré.
J'ai foiré grave.
J'ai été en prison.
Pour quoi ?
J'avais ton âge.
J'étais avec mon pote Steve.
Et Steve...
Commence à draguer une fille.
Et très vite,
son petit ami et ses copains nous cassent la gueule.
Moi, ça allait, mais ces gars...
Ils ont bien amoché Steve.
Le lendemain, je prends l'arme de mon père,
et je vais dans le quartier de ce gars.
Je voulais lui foutre la trouille après ce qu'il avait fait, mais...
Il est venu m'attaquer.
Putain.
Il est venu m'attaquer et j'étais... J'étais choqué.
J'avais une arme.
Et il est venu m'attaquer.
Donc, c'était un accident ?
Non.
À ce moment...
J'ai...
Je voulais le tuer.
Écoute...
Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi.
Je m'en suis voulu à mort chaque jour
pendant 16 ans de ne pas avoir été là.
Et savoir que tu étais là, et...
Et qu'un jour, peut-être qu'un jour,
je pourrai te voir et te rencontrer.
C'est ce qui m'a fait tenir.
Je n'aurais pas survécu sans ça.
Tu m'as sauvé, petit.
Tu as faim ?
Tu prends comme d'habitude ?
Pourquoi tu ne m'as pas dit ?
Te dire quoi ?
La vérité sur lui.
Je t'ai tout dit.
Non, en fait,
il m'a tout dit.
Comment tu as pu mentir si longtemps ?
- Quand est-ce... - Quel était le bon âge pour te le dire ?
"Au fait, ton père est en prison." Cinq ans, sept ans, trois ans ?
J'avais le droit de savoir.
Que ça te plaise ou non.
Et je vais le revoir.
- Ne fais pas ça. - Ça te concerne pas.
Il revient dans nos vies, il va nous démolir.
Non.
Ce qui va nous démolir, c'est que tu essaies de tout contrôler,
comme toujours.
C'est ça qui démolit tout.
Jimmy, attends. S'il te plaît.
Je t'en prie.
Tout ce que je fais, c'est parce que je t'aime.
Tu le sais, non ?
Peux-tu me laisser lui parler avant de le revoir ?
Peux-tu faire ça pour moi ?
Ton amie nous accueillera ?
J'ai pas encore demandé.
Appelle-la. C'est quasi fait.
D'accord.
À plus tard.
Ça va pas, mec ?
Bon sang.
Eli, allez.
C'est pas ce que tu crois.
J'ai cru que tu voulais plus d'elle.
Elle croyait ça aussi.
Je suis désolé. Vraiment.
J'aurais pas dû faire ça.
C'est vraiment stupide.
J'aurais pas dû faire ça, je t'en prie, ne me tue pas.
Putain !
Si tu l'approches encore,
je te bute.
Les fûts sont vides.
Super.
Tu attends un instant ?
Je cherche un endroit calme.
Voilà, je t'écoute.
Je sais que tu vas continuer à voir mon fils
peu importe ce que je dis.
Le prends pas comme ça.
Laisse-moi finir.
Oui. Désolé.
Si tu dois le voir,
c'est moi qui établis les règles.
Je veux être au courant de tout.
Très bien. J'ai compris.
Tu pensais tout ce que tu m'as dit ?
Chaque mot.
Alors, tu promets de faire ce que je demande ?
Oui. Absolument. Je le jure.
Je te dirai tout.
D'accord.
D'accord.
Je retourne travailler.
- On en parlera. - Merci, Donna.
Au revoir.
Alors ?
Désolée de te l'annoncer à la dernière minute,
mais je pars à Austin.
Bien. Combien de temps ?
Je sais pas, peut-être un moment.
- Bien. - Écoute,
je sais que c'est compliqué pour le loyer et tout,
et je t'aiderai du mieux que je peux.
C'est gentil.
C'est dingue, ça...
Je dois être contente pour toi ?
Je crois.
Salut.
Ray ?
Tu connais Jamal ?
T'as la marchandise ?
Oui. C'est bon.
Où est la came ?
Le fric d'abord.
Non, pas question.
- Casse-toi, me fais pas perdre mon temps. - Euh...
Allez. Attends.
C'est OK ou non ?
Oui, ça va prendre combien de temps ?
Je reviens.
Oui.
Je te sers quoi ?
Une Little Cream.
Santé.
Et pour vous ?
Une Bud.
On a que de la Little Cream.
- Ça ira ? - Oui.
Hé !
D'accord.
Putain !
Qui est-ce ?
Désolé de vous déranger. Ray...
Vous savez où habite Ray ?
Ouvrez cette porte.
Putain !
Ouvrez la porte.
- J'appelle les flics ! - S'il vous plaît.
Putain, je vais te tuer.
Putain de merde !
- C'est quoi, ça ? - Ton connard nous a piégés !
Non. Impossible.
C'est ce qu'il a fait.
Seigneur. Qu'est-ce qui cloche chez les gens ?
Bousiller une belle transaction.
Non, non. Vous allez arranger ça.
J'aimerais pouvoir t'aider, mon ami.
J'ai juste fait passer l'info.
C'est un risque qu'on prend tous dans le métier.
Non, non, non.
Arrêtez !
Tu es contrarié.
Je comprends.
Restons-en là.
Je ne t'en voudrai pas.
Allez, dehors.
C'est bon, c'est bon.
Oui.
J'ai eu un petit problème.
Je vous rends 10 000, d'accord ?
Il me faudra un peu de temps.
Il me faut un peu de temps et je vous rendrai le reste.
D'accord.
Merci.
Je rembourse tout de suite.
Oui. Prends ton temps.
Merci.
Je pourrais récupérer la voiture ?
Faites sortir ce connard.
Attendez, attendez. Merde.
Attendez, attendez.
Attendez, attendez.
Attendez, attendez. Non, non.
Arrêtez !
J'aurai l'argent.
C'est pas une blague.
Bien. Tu as jusqu'au matin.
Sinon, je te prends les deux yeux.
Elle était tellement en colère.
Je pensais pas qu'elle appellerait.
Et puis, elle a appelé. Elle a appelé.
C'est vraiment super.
Elle va me laisser voir Jimmy.
C'est qu'une étape, mais si tu savais comme je suis content.
Je crois que ça va marcher pour toi. Vraiment.
Mais ne fais pas tout foirer.
Tu en veux un autre ?
On fête ça.
Non, c'est bon.
- Sûr ? D'accord. - Le week-end prochain, je suis à toi.
- À plus. - À plus.
Faut que je trouve.
OFFRES SPÉCIALES
SOLDES
EAU
Est-ce que...
Est-ce que...
Allez. Donne, donne.
Oui. C'est ça. Merci.
Putain !
Je vais fermer.
La caisse est ouverte. Prends ce que tu veux.
Tu crois t'en sortir, hein ?
M'en sortir ?
Joue pas au con avec moi.
Je sais pas de quoi tu parles.
Arrête tes salades !
- Tu te souviens pas de moi ? - Tu te trompes.
Je vais oublier l'enfoiré qui a tué mon frère ?
- J'étais un gamin. - Non, mais moi, oui !
Allez.
- Tu vas pas faire ça. - Tu sais ce que je veux ?
Vide la caisse !
Tu m'as suivi ?
Putain ! Sale connard !
On fait un marché.
Je dirai que tu m'as sauvé la vie et que tu l'as empêché de voler.
Je te donne une chance.
Tu seras un héros.
Je peux pas changer ce que j'ai fait.
Et je peux pas ramener ton frère.
Mais je peux t'aider.
S'il te plaît.
Laisse-moi t'aider.
Ça va aller.
Ça va aller. Pose cette arme.
Tout va bien.
Laisse-moi t'aider.
Merci.
Donne-moi la main.
BAR LE MIROIR
Une grève des transports a été évitée hier
quand les dirigeants syndicaux
ont renvoyé leurs 33 000 membres travailler.
Une tragédie à Red Hook.
Le barman Adam DeSalvo, 38 ans, a abattu un homme
qui essayait de cambrioler le bar.
DeSalvo a également été tué.
Le tireur dont le nom n'a pas été révélé par les autorités
a commis d'autres cambriolages
plus tôt dans la soirée.
Le propriétaire du bar, Lenny Colin, a trouvé les corps ce matin.
C'était un gentil garçon, calme.
Il aurait dû le laisser prendre l'argent.
Ironiquement, DeSalvo venait d'être libéré
après 13 ans en prison pour homicide involontaire.
Il y a eu plus de 20 fusillades cette semaine.
Le maire appelle au contrôle des armes.
Il réclame aussi du calme et de la compréhension.
Il a dit, je cite :
"Quand une chose aussi puissante qu'une arme
"finit entre les mains des plus démunis,
"la violence est inévitable."
L'EX-DÉTENU DEVENU HÉROS FAIT ÉCHOUER UN CAMBRIOLAGE MAIS PERD LA VIE
Traduit par Stephanie Laurent
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