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1 Dans le système judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.
À New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite appelée Unité Spéciale pour les Victimes.
Voici leurs histoires.
Arrête, tu es fou.
- C'est toi qui me rends fou. - On s'est bien amusés.
Restons-en ici.
Impossible.
Non, va te rhabiller maintenant.
- Parlons-en dans le lit. - Non, sérieux.
Je t'avais dit que ça serait la dernière fois.
- Ça va. Mettons-nous au lit. - Ça suffit ! C'est fini !
- Lâche-moi ! - Allez !
Tu me fais mal. Lâche-moi ! J'en ai assez !
- C'est pas toi qui décide ! - J'appelle la police !
Tu te prends pour qui, salope ?
Pour la salope qui dénoncera ce que t'as fait.
- Qu'est-ce que t'en dis ? - C'est des menaces ?
Oh, non, je t'en prie. Arrête, fais pas ça.
C'est pas juste. Arrête, je t'en prie.
- Sans moi, tu n'es rien, sale pute ! - Non, s'il te plaît.
Le voisin du dessous a entendu une grosse dispute hier soir.
En montant s'en plaindre ce matin, il a trouvé la porte ouverte.
Voilà ce qu'il a vu.
La victime s'appelle Monica Phelps. Elle semble avoir été violée et abattue.
Le légiste arrive.
Allez-y.
Dites juste bonjour, et laissez parler.
Bonjour ?
Attendez.
C'est l'école primaire Washington, Nathan Phelps est absent,
ils veulent nous avertir.
- Il aurait été kidnappé ? - Vous avez tout fouillé ?
Oui.
Même l'armoire ?
Non, on voulait pas bouger le corps.
La balle l'a traversée.
Nathan, t'es là-dedans ?
Une, deux, trois…
Nathan !
Nathan, t'es blessé ?
Non.
Je suis Olivia. Et voici Elliot. Nous sommes policiers.
Ma mère,
elle est morte ?
Oui, Nathan.
Je suis désolée.
Allez. Allez. Allez.
Ferme les yeux. Ferme les yeux.
LIGNE DE POLICE
POLICE DE NEW YORK
LE VIOLEUR DE L'EST CAPTURÉ
NEW YORK, UNITÉ SPÉCIALE
Je ne veux pas partir.
Je ne veux pas la laisser seule.
Bien, on va attendre qu'ils l'emmènent.
Et j'irai pas en famille d'accueil.
- Je resterai ici. - Nathan, on verra ça plus tard.
Pour l'instant le docteur va t'ausculter
pour voir si tu n'as rien.
J'ai pas vu le type. J'ai pas pu voir sa tête.
Nathan, on verra ça plus tard.
Ils se criaient dessus, ma mère voulait appeler les flics.
À quel sujet ?
Elle voulait qu'il parte.
Il l'a frappée.
Ta mère savait que t'étais là ?
J'y vais quand elle a un invité.
Elle en a souvent ?
Oui.
Et ton père ?
Il est mort.
Poignardé. J'avais six ans.
Nathan…
t'as de la famille qu'on pourrait appeler ?
S'ils sont par ici, on peut te laisser chez eux.
Il y a Tatie Gina.
C'est sa sœur ?
Non, je l'appelle Tatie car c'est la meilleure amie de ma mère.
Il vivait avec nous mais elle est partie.
Tu connais son nom ?
Arroyo.
Quand est-elle partie ?
Il y a trois mois. On pensait qu'elle était en prison.
Tu sais pourquoi ?
Méthamphétamine.
C'est du poison.
Ça rend fou.
Ta mère en consommait ?
Elle en prenait et m'avait promis d'arrêter.
Nathan…
tu n'aurais rien pu faire.
J'allais lui en acheter quand elle pouvait pas se lever.
Où allais-tu l'acheter ?
Chez DJ.
Je hais ce type !
On doit te parler, DJ !
Écoute, j'ai rien sur moi ! Pourquoi me fouiller ?
Qu'avons-nous là ?
Ça vaut quelques billets.
Vous êtes pas les stups.
Non, mais on est la criminelle, DJ.
- Pour quoi ? - Le viol et le meurtre de Monica Phelps.
Non, non, non. Je ne l'ai pas tuée !
Vous me conseillez Tendre Citron,
ou Perle Des Montagnes ?
Où se trouve Gina Arroyo ?
Je ne connais pas cette Gina ! Et pourquoi tuer Monica ?
Ma meilleure cliente…
Alors pourquoi une prostituée se baladerait avec autant de came ?
Elle devait être accro.
Ou elle comptait vous faire concurrence.
Elle vendait des hot-dogs.
Pourquoi dealer si elle travaillait ?
- Convaincus ? - Très.
WEST'S PAPAYA, 564 WEST, 54ÈME RUE MARDI 15 NOVEMBRE
Je suis désolé de l'apprendre, mais de toutes façons,
- je comptais la virer. - Pourquoi ?
Elle manquait ses roulements, et arrivait si défoncée
- que je la renvoyais. - Merci.
C'est un poste très prenant. Il faut être solide.
Monica avait-elle des problèmes ? Peut-être avec un petit ami ?
J'en doute. Tout ce qu'elle voulait, c'était sa dose.
- Elle avait un casier ? - Oui.
Vous pourriez prendre ses affaires ?
On a besoin de place.
Un sweat, des chewing-gums, un gloss.
- Ça prend pas tant de place. - Là, regarde.
Ça rapporte, les hot-dogs.
- Combien ? - 15 000 dollars.
- Volés ? - Non.
Son chef est très à cheval sur les comptes.
Avec autant d'espèces, pourquoi travailler dans ce boui-boui ?
C'est pas l'argent de son salaire.
Ça fait beaucoup pour quelques passes avec des hommes.
Alors, ça doit venir d'ailleurs.
Où est Nathan ?
- Dans une salle de repos. - Il veut passer la nuit ici.
Ça ne lui fera pas de mal.
S'il s'y sent bien, ça pourrait l'aider.
Salut.
Désolée pour le pyjama.
On ira chercher tes affaires chez toi demain.
Je veux rien de là-bas.
Vous allez m'envoyer en famille d'accueil ?
- C'était sûr. - Nathan…
Tu n'iras nulle part tant que tu ne seras pas prêt.
Et pour Tante Gina ?
On la cherche toujours.
On n'a rien trouvé sur une éventuelle arrestation.
On a trouvé beaucoup d'argent dans le casier de ta mère à son boulot.
Comment l'avait-elle obtenu ?
Grâce aux braves gens.
Ils en donnent aux pauvres.
Une église ?
Non, juste de l'aide.
Ils lui ont donné de l'argent pour ses études mais…
elle n'y est jamais allée.
Où pourrait-on trouver ces gens ?
Ils ont des bureaux quelque part.
Je ne sais plus où.
C'est pas grave, Nathan.
C'est pas grave. Tu sais quoi ?
Il est tard.
- T'es fatigué ? - Oui.
Je peux rester si tu veux.
C'est pas facile de dormir loin de son propre lit.
C'est bon, ça ira.
Bien.
Bonne nuit.
Inspectrice Benson…
Oui ?
Un jour, ces gens ont donné de l'argent à ma mère
pour la sortir de prison.
Je ne voulais pas vous le dire mais… Voilà.
Ça va beaucoup nous aider, Nathan.
Merci.
Bonne nuit.
Inspectrice Benson…
Oui, Nathan ?
Vous pouvez rester si vous voulez.
Pas longtemps.
Et si je restais le temps que tu t'endormes ?
Oui, ça me va.
D'accord.
LES CHARITÉS DU SALUT MERCREDI 16 NOVEMBRE
Vous avez réglé la caution de Monica Phelps.
Oui, on l'a fait sortir. Elle s'en sortait bien,
mais la méthamphétamine, c'est une plaie.
- Quelles étaient vos relations ? - C'était une cliente.
Mais pour moi, c'était une amie.
- Une cliente de quoi ? - Des Charités du Salut.
On aide les femmes dans le besoin.
Mères célibataires, en conditionnelle… Celles qui ont besoin d'un coup de pouce.
Dolores Anderson et mon mari Ted Carthage,
il gère la fondation.
C'est la police. Monica Phelps a été tuée.
- Oh, non. - Mon Dieu.
- Et son fils ? - Il va bien.
Il nous a dit que vous aidiez sa mère.
Je crois qu'on lui a financé une désintox et une bourse d'étude.
On a trouvé un sac avec 15 000 dollars
après sa mort. Vous lui donniez en espèces ?
Non, c'était pas nous.
On aide parfois des start-ups,
mais on ne donne pas de telles sommes à une personne.
On cherche des gens qui auraient pu savoir pour cette somme.
Vous connaissez Gina Arroyo ?
Ça ne me dit rien.
Certains de vos clients étaient-ils amis avec Monica ?
Candace Tanner pourra vous aider. Elles ont fait de la désintox ensemble.
Non… Je ne sais plus
quand je l'ai vue pour la dernière fois. Désolée.
- Même pas une idée ? - Pas vraiment.
Ted Carthage de la Charité du Salut nous a dit que…
Que vous pourriez nous aider, Candace.
- Ah bon ? - Oui.
Disons que…
- C'était il y a un mois, peut-être. - Elle avait des petits-amis ?
Pourquoi êtes-vous aussi pressée ?
Vous devez aller vous rapprovisionner ?
- Lâchez-moi. - Votre amie a été assassinée.
Vous nous aidez ou vous préférez attendre votre tour ?
J'en sais rien ! Ça alors ! On n'était même pas amies.
- Elle ment. - Qui protège-t-elle ?
Benson.
Enfin des bonnes nouvelles. Bien, on arrive.
Les balles du meurtre correspondent à celles d'une inconnue de la morgue.
- Tante Gina. - Retrouvée il y a trois mois
à Riverside Park.
Deux tirs, bout portant, à la poitrine.
Retrouvée sans pièce d'identité, ni déclarée disparue.
Et Nathan se retrouve encore endeuillé.
Oui, c'est Tante Gina.
Je suis désolé, Nathan.
Nathan,
on pense que le meurtrier de ta mère a aussi tué Gina.
Tu sais qui
connaissait à la fois ta mère et Gina ?
Non.
Où vais-je aller maintenant ?
Eh bien,
tu veux retourner au poste ?
Alors, allons-y. Allez.
Ses effets personnels. Vêtements, bijoux, sac plastique.
Et un récépissé du contenu du sac plastique.
- C'est à dire ? - Sept mille dollars en espèce.
D'où sort tout cet argent ?
Regardez le bracelet.
"Psaume 38:22". Et donc ?
"Viens en hâte à mon secours, Seigneur, mon salut !"
"Mon salut ?"
Ils connaissaient Gina.
On aide beaucoup de gens. On ne se rappelle pas de tout le monde.
Vous n'archivez rien ?
- Si. - Donnez-les-nous.
- Pourquoi ? - Deux de vos clientes sont mortes.
Avec un beau pactole sur elles.
Et vous, vous avez de l'argent.
- Mais on ne donne pas de telles sommes. - Elles auraient pu vous voler.
Montrez-nous vos relevés.
C'est bien ce qu'il me semblait.
- Quoi ? - Nos relevés sont privés.
Leur accès y est interdit.
Votre chasse aux sorcières me répugne.
De quoi parlez-vous ?
Ted a passé sa vie à aider les gens
que d'autres auraient méprisé.
Drogués, putains, crapules… Sans rien demander en retour !
Dites-le bien à celui qui vous envoie.
- Elle m'a l'air sincère. - Ben voyons.
Réclamons ses relevés.
Pas la peine. J'ai fouillé les registres.
Ted Carthage fait l'objet d'une enquête du procureur de l'état.
J'ai demandé un mandat pour les registres du bureau.
- Ça sera plus simple. - Une enquête ?
- Pour détournement et fraude. - De sa charité ?
Non, il la finance entièrement lui-même.
Les comptes de ses affaires sont examinés.
Investissements immobiliers, entreprises de construction, firmes financières…
- Il brasse des millions. - Ou peut-être rien du tout.
On pense que l'argent fluctue entre
l'œuvre caritative et ses business.
Pour cacher les sorties d'argent.
Mais rien ne rentre.
Nous avons deux femmes mortes avec plein d'espèces.
Il a aussi fait des chèques à des vivantes.
SALON DE BEAUTÉ MARLA, 169 WEST 129ÈME RUE JEUDI 17 NOVEMBRE
Je comprends pas, Vivien.
Pourquoi Ted Carthage vous a-t-il donné 14 000 dollars
- en onze mois ? - C'était un prêt.
Il vous a signé huit chèques.
- Oui, tous des prêts. - Pour quoi ?
Des frais personnels.
Oui, on voit à vos cernes que vous êtes en pleine forme.
- Sale porc. - Vous avez remboursé ces prêts ?
N'oubliez pas, on vérifiera vos comptes.
En fait, c'était des cadeaux.
Excusez-moi.
Katie, vous avez encaissé un chèque de 2 000 dollars.
- On a votre signature. - C'est pas vrai.
Vous ne risquez rien. On enquête sur Ted Carthage.
- C'est assez dégoûtant. - C'est lié à la drogue ?
Katie…
vous en consommez ?
- Mais je ne me pique pas. - Vous allez vous tuer.
Je sais.
Je sais. Je vais arrêter, d'accord ?
Carthage vous a-t-il aidé à payer vos doses ?
Il m'a donné l'argent car…
on s'est vus.
- Vous avez couché ? - C'était…
censé n'être que buccal.
Mais il a insisté.
J'ai détourné le regard et ai pensé à autre chose.
Katie,
c'est un viol que vous nous décrivez.
Non, il m'a payé.
Aux yeux de la loi, c'est pareil.
Vous êtes encore mineure.
Candace disait qu'il n'irait pas si loin.
Cette menteuse.
Candace Tanner ?
Que vient-elle faire là ?
Elle s'occupe de tout, le motel et le reste.
Ted paye en milliers de dollars.
Mais cette salope m'a tout pris. J'ai été payé que 500 dollars.
Candace, vous êtes dans de beaux draps.
Encourager la prostitution c'est déjà grave.
Mais avec des mineures en plus ?
Vos preuves ne concernent que les relations sexuelles de Ted Carthage.
À part du blabla de junkies, vous n'avez rien contre ma cliente.
Vous êtes intelligente.
Prendre une commission sur leurs paiements, pour effacer
les échanges d'argent avec Carthage.
Et oui, on a un témoin
à qui vous avez volé 1 500 dollars
et qui adorerait vous voir plonger.
Témoin ? Ou participante volontaire ?
Combien d'argent vous êtes-vous fait sur elles ?
- Vous étiez épuisée de vous prostituer ? - La ferme.
Comment réagira Ted Carthage quand on l'arrêtera ?
Est-ce qu'il se laissera couler sans résister ?
Ou rejettera-t-il la faute sur vous ?
Pourquoi m'interroger au final ?
Votre avocate n'a pas totalement tort.
Des témoignages de droguées à l'encontre du parfait philanthrope…
Nous n'avons rien de plus.
Mais grâce à vous, nous avancerons.
Allô ? C'est Candace.
Content de t'entendre. Ça a donné quoi avec la police ?
Tout va bien. J'ai un rendez-vous pour toi.
Tu la connais. Ça va te plaire.
Super.
En voilà une surprise.
Quel est ton nom, déjà ?
Katie.
C'est vrai.
- C'est mon prénom préféré. - Je sais.
Vous me l'aviez déjà dit.
Donc…
que voulez-vous… qu'on fasse ?
Eh bien… j'aime beaucoup ta tenue.
Merci.
Tu veux boire un truc ?
Non.
Vous avez des fantasmes,
ou… un truc du genre,
que vous voulez essayer ?
Tu es tellement magnifique.
Je suis agréablement surpris. Ça…
change de notre dernière rencontre.
Pourquoi ne pas commencer à te déshabiller
afin… qu'on puisse s'amuser un peu.
Moi aussi je peux m'amuser ?
Moi aussi. Plus on est, plus on rit.
- Venez Katie. C'était parfait. - Teddy, vous êtes en état d'arrestation
Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra
et sera utilisé contre vous dans un tribunal.
Vous avez le droit à un avocat.
À défaut, il vous sera commis d'office.
Je ne comprends pas.
Vous accusez mon client d'avoir couché avec une mineure.
Et vous avez lu ça dans ses pensées ?
Non, on le sait car il a payé 2 000 dollars pour coucher avec.
C'est un mensonge.
Il a payé Janie Myer 4 000 dollars.
Alisha Jackson, 6 500.
Lori Reeves a reçu un total de 123 000 dollars.
Lori semble avoir de sacrés talents.
Vous interprétez tout à l'envers.
C'est un philanthrope qui donne de l'argent à de pauvres filles.
Vous voulez connaître le montant total ?
Vous aimez les maths ?
Deux millions.
Deux millions de dollars pour du sexe ?
- Des centaines de femmes. - Je n'ai jamais payé pour coucher.
Vous protégiez-vous à chaque relation, Ted ?
Car la plupart d'entre elles se piquent.
Êtes-vous testé contre le SIDA et l'hépatite C ? On demande à votre femme ?
- Désolé, vous avez raison. - Arrêtez, Ted.
Non, il faut que ça sorte.
J'ai trompé ma femme. Plusieurs fois.
Mais je n'ai jamais payé pour coucher.
C'étaient des petites amies.
Waouh.
Vous êtes actif, hein ?
Donc toutes les transactions passées
après vos relations n'ont rien à voir avec tout ça ?
Je voulais les aider. Je les aimais !
Ces femmes ont vu en lui un homme faible
et se sont servies de sa générosité à ses dépens.
Je vous crois. Ted, c'est vous la victime, n'est-ce pas ?
- J'ai peut-être une dépendance au sexe. - Mais il y a un couac.
C'étaient aussi vos copines ?
Elles sont dans vos registres financiers.
Gina vous a pris 6 000 dollars. Et Monica 30 000.
- Arrêtez. - Alors ?
Vous qui avez utilisé leurs addictions pour en faire des prostituées !
Monica Phelps vous a menacé de vous dénoncer, et vous l'avez tuée.
Et Gina aussi ?
Elle comptait mettre à jour vos magouilles ?
Vote fausse image de Bon Samaritain ?
Non, taisez-vous, Ted.
Vous n'avez aucune preuve que c'est un tueur.
Mais on a un témoin.
Numéro un.
Sans moi, tu n'es rien, sale pute.
Numéro deux.
Sans moi, tu n'es rien, sale pute.
Trois.
Sans moi, tu n'es rien, sale pute.
- Quatre. - Sans moi, tu n'es rien, sale pute.
Numéro cinq.
Sans moi, tu n'es rien, sale pute.
Nathan, l'une de ses voix ressemble-t-elle à l'homme qui était là ?
C'est la voix numéro deux ou cinq.
- Et on a notre réponse. - Taisez-vous.
Tu ne peux en choisir qu'une. Tu veux les réentendre ?
Je comprends pas.
C'était la cinq, non ?
Inculpez donc mon client, qu'il soit chez lui pour dîner.
La deux ? Je veux recommencer.
C'est pas grave. Tu t'es bien débrouillé.
Je peux recommencer ?
Non, mon chéri, on trouvera un autre moyen pour l'arrêter.
Allez, il y a un resto Italien
juste en bas. Viens, allons manger.
J'ai entendu son avocat. Il va être libéré.
Pas si je m'y oppose.
Nathan, je vais tout faire
pour envoyer l'assassin de ta mère en prison.
Allez. Mange un peu.
Je connais ce type. C'est lui qui aide les gens.
Le numéro deux !
Nathan ! Non ! Nathan, non !
Nathan ! Nathan ! Nathan, reviens sur le trottoir !
Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !
Nathan !
Arrêtez ! Il a tué ma mère ! Il a tué ma mère !
Nathan ! Nathan ! Nathan !
Ça va aller.
Ça va aller.
- Il a reconnu Carthage, - Il l'avait déjà vu avant.
Oui, lors du meurtre.
Il n'a pas vu l'assassin Liv, tu le sais.
Il l'a reconnu en le voyant.
Il a eu une révélation en le voyant menotté
- à côté de l'avocat aperçu auparavant. - Bref, peu importe.
Il n'a pas reconnu la bonne voix, une autre identification sera irrecevable.
Laissons un jury décider.
Aucun juge ne nous laissera faire.
On peut envoyer Carthage en prison
pour viol sur mineure en attendant de l'inculper pour meurtre.
On nous signale des coups de feu au siège de l'œuvre caritative.
Où est Nathan ?
En salle de repos.
Un jeune noir a fait irruption il y a environ 50 minutes.
Il a demandé à voir le responsable. La victime s'est avancée
et a aussitôt reçu deux balles dans la poitrine.
Qui est à l'intérieur ?
Juste le tireur et la victime. Les autres sont sortis.
Aidez mon mari ! Appelez une ambulance !
- La victime est en vie ? - On n'a pas d'information.
- Le tireur vous a contacté ? - Non. On est prêts pour l'assaut.
Laissez-moi y aller.
Pas sans arme ni protection.
Nathan ?
Je suis l'Inspectrice Benson. J'entre.
Nathan ? Où es-tu ?
Nathan.
Pose cette arme au sol, tout de suite.
Je ne savais pas quoi faire.
- Il était vivant, et maman était morte. - Je sais, Nathan.
Je comprends.
Mais là, tu dois m'écouter.
D'accord ? Donne-moi ce pistolet.
Nathan, je ne veux pas que t'aies des ennuis.
Il l'a tuée !
Par ma faute, je me rachète !
Elle a voulu m'envoyer à l'assistance sociale.
Ta mère ?
Ça m'est égal, maintenant.
Moi non.
Nathan,
ta mère était très malade.
Je serais heureuse d'avoir un fils comme toi.
N'importe qui le serait.
Où as-tu trouvé ce pistolet ?
C'est à un copain de mon immeuble.
Il était à son père.
Comment as-tu trouvé les bureaux de M. Carthage ?
L'annuaire.
J'espère que vous voyez qu'on essaye de coopérer.
Et j'espère qu’en retour, le ministère public
saura prendre en considération les circonstances atténuantes.
- C'est impossible, Sophie. - Si, ça l'est.
C'est vous qui ne voulez pas.
Vos inspecteurs ont trouvé l'arme dans le bureau de Carthage.
Ted Carthage a assassiné sa mère.
Il faut que mon client soit jugé en tant que mineur.
Le procureur ne le jugera qu'en tant qu'adulte.
- Je n'ai pas le choix. - Nathan,
je t'avais dit qu'on l'arrêterait.
Pourquoi ne m'as-tu pas écoutée ?
Je suis désolé.
Ayez un peu de pitié et de considération après tout ce qu'il a vécu.
Homicide involontaire, il ira en centre de détention pour mineur.
Ça ne me plaît guère, mais ma pitié ne suffira pas.
Je vous aiderai si vous me donnez une bonne raison.
TRIBUNAL SALLE 29 LUNDI 12 DÉCEMBRE
Vous pourriez penser que Nathan Phelps n'a agi que par pure vengeance.
Ted Carthage a tué sa mère, donc il a tué Ted Carthage.
Telle sera la position de l'adjointe du procureur.
Elle vous dira que quiconque tuant par représailles devrait aller en prison.
Et je suis d'accord.
Mais ce n'est pas ce qu'a fait mon client.
Détestait-il Ted Carthage ? Sans aucun doute.
L'a-t-il tué ? Oui.
Si ce n'est donc pas par représailles,
qu'est-ce qui a poussé Nathan à faire ça ?
Laissez-moi vous parler d'une nouvelle étude scientifique.
On a découvert que les témoins de violence par arme à feu
sont deux, voire trois fois plus susceptibles
de commettre, à leur tour, des actes de violence.
Nathan a vu Ted Carthage abattre sa mère.
Et comme l'avait prévu l'étude,
il a à son tour, réagi violemment.
Cette étude assimile la violence par arme à feu à une maladie contagieuse.
Quiconque y est exposé, sera contaminé.
Vous êtes en droit de rejeter cette étude.
Les fabricants d'armes aussi la rejettent.
Elle va à l'encontre de leur politique :
"Les armes ne tuent pas, ce sont les humains qui tuent."
Mais cette étude pointe quelque chose
d'innommable dans la culture des armes actuelle.
C'est à dire que la responsabilité de cette violence
peut être directement attribuée à l'arme.
Il est plus facile de presser une détente lorsqu'on a vu quelqu'un le faire avant.
Nathan a vu sa mère se faire tirer dessus,
et en conséquence, il a à son tour contracté le virus.
Ce n'était pas son choix, au même titre que vous ne choisissez pas
d'attraper un rhume
après qu'on vous ait éternué dessus.
La violence est la maladie.
Les armes à feu sont le virus.
Et nous avons une épidémie sur les bras.
Maître Novak, votre premier témoin.
Le ministère public appelle l'inspectrice Olivia Benson.
À quel moment Nathan Phelps a avoué avoir tiré et tué Carthage ?
Sur la scène de crime et lors de l'interrogatoire.
Vous a-t-il dit pourquoi ?
Nathan disait que c'était sa faute si M. Carthage n'avait pas été inculpé
du meurtre de sa mère. Il disait qu'il devait se rattraper.
A-t-il attribué son geste au fait qu'il ait vu sa mère se faire tuer ?
Objection. Elle influence le témoin.
- Retenue. - Pas d'autre question.
Inspectrice…
vous avez trouvé Nathan dans une armoire.
- Oui. - Dans quel état émotionnel était-il ?
Il était traumatisé.
Au cours de votre investigation,
avez-vous trouvé des preuves de violences dans le passé de Nathan ?
- Non. - Et une instabilité émotionnelle ?
Non.
Vous avez pu observer l'attitude de Nathan à plusieurs reprises.
Il dormait au commissariat. Vous l'emmeniez manger.
- Vous étiez proches. - Votre Honneur, où est la question ?
Elle arrive.
Selon vous, inspectrice,
Nathan aurait-il pu faire preuve de violence envers quiconque
s'il n'avait pas assisté au meurtre de sa mère ?
Objection, tendancieux.
Retenue.
Non.
- Je ne pense pas. - Objection. Que l'on raye sa réponse.
Retenue.
Le jury ne tiendra pas en compte la réponse du témoin.
Je n'ai plus de question.
Inspectrice Benson,
le fait assister à un meurtre justifie-t-il le faire de tuer ?
Cela ne le justifie pas. Mais peut l'expliquer.
Casey…
- C'est encore pour me descendre ? - Je vous présente mes excuses.
Maintenant le jury pourrait l'acquitter.
J'essayais de dire la vérité. Je suis désolée.
Qu'allez-vous faire ?
Proposer un arrangement.
J'ai autant saboté votre affaire ?
J'ai changé d'avis. Et je parie que vous avez convaincu des jurés.
TRIBUNAL SALLE 29 MARDI 13 DÉCEMBRE
Les deux parties sont parvenues à un accord.
L'accusé va déclarer coupable
pour le chef d'accusation de meurtre sans préméditation.
Pardon, Votre Honneur. Mike Geddes,
représentant de la famille Carthage. J'aimerais être entendu.
La famille Carthage n'a aucun droit ici.
J'ai une injonction du Juge Joseph Malloy
stipulant l'inverse.
Chers avocats, je crains qu'on ne puisse continuer.
On vient de me remettre une ordonnance
m'enjoignant d'accepter l'accord proposé par la défense
et nous sommant de comparaître devant un tribunal de droit civil.
On se voit demain.
La femme de Carthage peut vous empêcher d'avoir un accord ?
Non, mais elle peut nous ralentir encore quelques semaines.
- Comment ? - Donnelly ne peut pas accepter l'accord
tant qu'un juge de droit civil n'a pas décidé s’il pouvait être bloqué.
- Geddes est habile. - Vous gagnerez.
Il ne nous empêchera pas indéfiniment de négocier.
Ne vous emballez pas. Vous ne savez pas qui le paye.
- Madame Carthage ? - La NGA, l'Association des Armes à feu.
Que viendrait faire la NGA dans ce procès ?
Devere l'a dit dans son introduction.
Les fabricants d'armes ont peur d'être tenus responsables
des meurtres commis par des enfants.
Et quand le procureur base un accord sur cette étude,
ça crédibilise la recherche.
Les gens savent que les armes amènent plus de violence.
Adieu, Second Amendement.
Si la NGA empêche cet accord, le port d'arme
ne sera pas notre plus gros problème.
Plus grave que de défier la Constitution ?
Vous aimez avoir un système judiciaire qui fonctionne bien ?
C'est utile d'emprisonner des criminels ?
Si ça se produit, vous pourrez dire adieu à tout ça.
- Arrêtez donc. - Si la NGA empêche l'accord,
alors toute entreprise,
ou groupe d'intérêt en fera autant avec assez de volonté et d'argent.
Et si les procureurs perdent la possibilité de négocier des accords,
le système judiciaire se retrouvera bloqué.
Que fait-on, alors ?
Que faites-vous, plutôt. C'est votre bureau qui a le plus à perdre.
Vous devez prendre les commandes. Préparez vos arguments.
Votre Honneur, le procureur a le droit de négocier
sans faire participer la famille de la victime
Ce pourquoi le Congrès veut amender la Constitution et promulguer
une loi sur les droits des victimes.
Les familles ont aussi leur place dans les accords.
M. Geddes se préoccupe peu des droits des victimes ou des familles.
Il nous utilise pour promouvoir les idées de son employeur.
Les intérêts de la NGA et des Carthage sont les mêmes.
On utilise une pseudo-étude pour négocier avec un assassin, et beaucoup,
dont la NGA, sont en désaccord.
La NGA est en désaccord avec toutes les études sur les armes.
Ils ont bloqué au Congrès, le financement
d'une recherche sur les armes à feu.
On est ici pour parler de cette étude possiblement biaisée, inapplicable
voire erronée. Mais nous n'en savons rien, car la cour
ne l'a pas étudiée.
Qu'on l'étudie. J'ordonne une audience préliminaire.
Vous avez quelqu'un capable d'expliquer cette étude ?
Oui, c'est un expert de la violence juvénile.
Réunissez les co-accusés et écoutons ce qu'il a à nous dire.
TRIBUNAL DE DROIT CIVIL SALLE 8 - MERCREDI 14 DÉCEMBRE
Les auteurs de l'étude ont interrogé plus de 1 500 enfants autour de Chicago.
Ainsi que des concierges, et ont collecté des données sur les familles.
Sur les résultats scolaires, leur statut; Avec en tout, 150 facteurs.
Combien de fois ont-ils été interrogés ?
Trois fois en cinq ans.
Le but était de déterminer lesquels avaient été victimes
de violence avec arme à feu,
et en quoi ils différaient des autres.
Qu'avez-vous trouvé ?
Les sujets témoins de violence avec arme
avaient deux fois moins de chance de développer un comportement violent.
Soit plus que la pauvreté, la toxicomanie,
ou le fait de grandir avec un seul parent.
Ce qui signifie ?
Regardons différemment les violences avec arme.
Ce n'est pas un problème sociétal ou de classe sociale.
C'est un problème médical.
Il faut le traiter comme une maladie infectieuse.
Les législateurs peuvent ralentir cette épidémie
en limitant l'exposition à cette violence
et en soignant ce qui y ont été exposé.
Merci, docteur.
Croyez-vous en un lien de causalité entre être témoin de cette violence
et devenir un individu violent, comme le dit l'étude ?
Oui.
Bien que beaucoup en sont témoins
et ne deviennent pas violents.
Vous avez souvent été exposé a des virus dans votre vie
sans tomber malade.
Je pensais que pour prouver les causes et les conséquences
il fallait une expérimentation contrôlée.
Mais cette étude n'est composée que d'analyses statistiques, non ?
Une expérience contrôlée impliquerait
l'exposition d'enfants à des violences armées.
C'est évidemment immoral.
Donc on utilise la seconde solution…
qui donne donc les deuxièmes meilleurs résultats.
Parfait. J'en ai terminé.
Vous pouvez vous retirer.
Votre Honneur, je demande à ce que Nathan Phelps vienne témoigner.
Objection, Votre Honneur. Irrecevable.
Nous examinons une étude scientifique.
Le témoignage de Nathan Phelps ne saurait être pertinent.
Je conteste.
Quoi que l'on pense de cette étude,
ne devrions-nous pas déterminer s'il correspond aux critères de l'étude ?
Qu'a-t-il vu exactement, quelles étaient ses motivations ?
Seul lui peut savoir.
Le Cinquième Amendement interdit…
- Demandez une pause. - et le contraindre
- à s'incriminer. - Une pause, de suite.
Puis-je demander une pause ?
- Il ne témoignera pas. Point ! - Laissez-le.
- On le laisse s'incriminer lui-même ? - Exactement.
Vous êtes folle ?
Qu'en pensez-vous, Maître ?
Un jury a été choisi pour une affaire criminelle.
Un témoin a témoigné.
Vous voyez comment ça finira ?
- Vous allez nous arnaquer ? - Faites-moi confiance.
Pourquoi as-tu tué Ted Carthage ?
- Je ne sais pas. - N'a-t-il pas tué ta mère ?
Si.
Donc tu nous mens ?
Je ne mens pas.
- Ta mère était-elle une prostituée ? - Je ne sais pas.
Viviez-vous dans un bel appartement ?
Ça allait.
Était-ce une zone à forte criminalité ?
J'imagine.
Ta vie était-elle convenable ?
- Oui. - On ne dirait pas.
Quel âge avais-tu quand ton père a été poignardé à mort ?
Six ans.
Si tu pouvais tuer l'homme qui a poignardé ton père,
ferais-tu la même chose qu'à Ted Carthage ?
- Non. - Non ! Pourquoi ?
Il a poignardé ton père.
- Je ne veux tuer personne ! - Si. T'étais énervé.
- Non. - Si. Ted avait tué ta mère.
- Tu le haïssais. - Arrêtez !
Tu ne l'as pas tué parce que tu as vu l'arme.
Tu voulais juste le voir mort !
Oui je le haïssais, c'est bon ?
Ça sera tout.
On n'a pas de question pour ce témoin.
Vous êtes sûre, Mme Novak ?
Oui.
Tu peux y aller, mon garçon.
Votre Honneur la défense demande le vice de procédure.
C'est impossible, Maître Devere. Ceci est une audience, pas un procès.
Mes excuses, Juge Malloy. Cette motion n'était pas pour vous.
Je m'adresse à la Juge Donnelly.
Nathan Phelps a été poussé
à s'incriminer lui-même au cours de ce processus.
Son témoignage pourrait être reçu à son procès criminel,
violant par là même son droit contre l'auto-incrimination.
C'est un vice de procédure.
Motion acceptée.
Je prononce un non-lieu pour l'affaire criminelle contre Nathan Phelps.
Quoi !
Je demande dès lors, Juge Malloy, l'annulation de la procédure.
N'ayant plus d'affaire contre Nathan Phelps,
il n'y a plus de raison de poursuivre l'enquête.
C'est un coup monté perpétré par le bureau procureur, Votre Honneur.
Je serais d'accord, Maître Geddes
sauf que c'est vous qui avez demandé à entendre M. Phelps.
C'est action est annulée. L'audience est levée.
Un tueur qui trouve une famille d'accueil. C'est mignon.
- Vous êtes une enflure, Geddes. - Et vous, vous libérez un meurtrier.
Nathan Phelps aurait purgé une peine
que j'avais négociée avant votre irruption.
Rejetez la faute sur les vrais coupables :
- vos patrons. - Casey.
pensez-vous que les armes provoquent une maladie ?
Mon père avait des armes.
Il m'a appris à m'en servir étant petite.
Mais je n'ai jamais vu quelqu'un se faire tuer devant moi.
Et vous ?
Interdire les armes ne nous sauvera pas de la violence.
Sauf si l'étude dit vrai.
Dans ce cas tout est différent.
CETTE HISTOIRE EST FICTIVE. PERSONNE, NI AUCUN ÉVÉNEMENT RÉELS N'Y SONT DÉPEINTS.
Sous-titres : Sylvestre Bapst
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