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Les habitants du monde sont tous plus ou moins les m�mes.
Bien que nous puissions venir au monde sous diff�rentes formes et couleurs,
nous partageons tous le m�me h�ritage,
et nous avons tous une histoire personnelle,
des secrets.
Comme cet homme, appelons-le Henry,
qui essaie de trouver son chemin sur une �le grecque isol�e.
M�me si nous paraissons �voluer au fil des si�cles,
il y a encore des parties de notre cerveau qui nous viennent de nos anc�tres reptiles.
Bien que nous nous soyons convaincus que la haine,
la vengeance et l'ennemi jur� appartiennent au pass�,
le sang de nos anc�tres coule encore dans nos veines...
que cela nous plaise ou non.
Bonjour ?
Bonjour ?
Henri Maertens ?
M. Henderson.
Appelez-moi Alex.
Vous avez trouv� le chemin... �videmment.
Merci beaucoup.
Oh, euh, vous pr�f�rez peut-�tre une boisson fra�che ?
Non, non, non. Du th� fera l'affaire. Merci beaucoup.
Un phare ? Impressionnant.
J'aime guider les gens.
S'ils s'approchent trop pr�s, j'�teins tout.
Je pr�f�re la solitude. Je d�teste avoir des voisins.
Certains disent que je d�teste les gens et c'est...
sacr�ment vrai.
Alors �a doit �tre l'endroit parfait...
Exactement.
Et tout �a est � moi.
Et l'oliveraie derri�re nous ?
Certains arbres ont cinq cents ans.
Ils �taient l� quand Colomb a d�couvert l'Am�rique.
Et il y a une petite chapelle de l'autre c�t�, qui m'appartient aussi.
C'est l� que je serai enterr�...
quand ce jour viendra.
Donc, mon �diteur m'a transmis votre lettre.
Je ne me souviens pas de ce que vous avez �crit,
mais je suppose que vous vouliez savoir comment on devient �crivain.
En fait non.
C'est...
�a concerne en fait davantage l'histoire...
Celle du livre que j'�cris, pour autant qu'elle soit assez...
bonne et int�ressante ?
Il y a des parall�les avec La tentation de Gilliam, d'une certaine mani�re.
Je ne l'ai pas lu depuis que je l'ai �crit.
Allez-y, je vous en prie... Puisque vous avez fait tout ce chemin.
Il s'agit de ce couple...
David et Eva.
� propos de leur relation, en quelque sorte.
David est un �crivain, qui a plut�t r�ussi.
Et Eva est professeur de lyc�e, pas d'�cole primaire.
Vous n'allez pas me lire tout votre livre ?
Juste certains morceaux, pour que vous ayez une id�e de l'histoire.
Allez-y.
Ils partirent le 15 ao�t,
en voiture, juste tous les deux.
David sentit qu'il l'aimait vraiment.
Ils �taient mari�s depuis pr�s de huit ans.
Bien s�r, ils avaient leurs difficult�s,
mais il ne les avait jamais ressenties aussi fortement auparavant.
Au milieu de ce sentiment euphorique, il y avait une dissonance.
Comme si l'une des cordes d'un instrument �tait l�g�rement d�saccord�e.
Il lui �tait difficile de d�terminer plus pr�cis�ment d'o� venait ce sentiment.
Mais il semblait avoir d�couvert chez sa femme une tendance
qu'il n'avait jamais remarqu�e auparavant.
Un r�el changement �tait-il � l��uvre en elle ou en lui ?
Il ne pouvait pas le dire.
- Tu veux que je mette la radio ? - Je ne pr�f�re pas. Merci.
Gabber a recommand� cette auberge juste au sud de Burghausen.
Il para�t qu'elle est agr�able.
� Edelweiss �. Bonne bouffe apparemment.
Apr�s le raccourci, on rejoindra bient�t l'autoroute.
On devrait donc arriver vers...
19 h 00, 19 h 30.
L'�tape de demain sera plus courte.
Je me demande combien d'auberges s'appellent Edelweiss.
Il doit y en avoir des centaines.
David, j'ai rencontr� quelqu'un d'autre.
OK...
La fa�on dont les choses se sont pass�e l'an pass�, je...
Je... Je n'ai pas le choix, et je vais te quitter.
- Quelqu'un que je connais ? - C'est, euh, Mauritz.
Mauritz Winkler ?
Seigneur, pourquoi toutes les femmes
doivent tomber amoureuses de leur th�rapeute ?
Tu sais aussi bien que moi que �a ne veut rien dire.
Alors pourquoi on fait ce putain de voyage ?
�coute, je voulais essayer, mais �a semble vain.
Je suis vraiment d�sol�e, je viens de... Je dois �tre honn�te avec toi.
M. Schwartz ?
- Madame H. - Bienvenue.
Vous avez fait bon voyage ?
- C'est la plus merveilleuse des routes. - N'est-ce pas ?
Un peu d'aide pour porter vos bagages ?
Non, �a ira.
- Oh, ne vous emb�tez pas avec �a ! - Non, ce n'est pas du tout un probl�me.
- Je suis ravie de votre pr�sence ici. - Nous aussi.
C'�tait la derni�re fois.
Tu n'es pas s�rieuse ?
Oh, je suis s�rieuse, David.
Tu m'appartiens, Eva.
Je t'aime.
Tu as besoin de ton spray ?
Tiens.
Assieds-toi.
Ici.
Tu veux de l'eau ?
Non, �a va. Merci.
Je vais bien. Merci.
Tu ne peux pas comprendre que �a va passer ?
Tu sais, tu es juste d�boussol�e...
Je ne suis pas d�boussol�e.
Tu sais, j'ai eu d'autres femmes.
Quel rapport ?
Parce que je veux que tu saches qu'elles n'ont jamais compt� pour rien.
Eh bien, c'est juste la diff�rence.
Quelle diff�rence ?
Moi, je n'en ai eu qu'un, David.
Et �a veut tout dire.
Si ta vie...
est sombre et qu'une porte s'ouvre soudainement, alors...
Tu dois passer � autre chose.
Non, c'est de ta responsabilit�.
Je pense que tu ne peux t'en prendre qu'� toi-m�me.
�a ressemble � quelque chose que Mauritz Winkler aurait pu dire.
Tu parles de ta vie, ou de la vie de qui, au juste ?
De notre vie.
- Notre vie ensemble. - Conneries. Pures foutaises.
On ne se parle plus. On ne se stimule plus.
Alors au lieu de �a, tu lui parles de notre relation ?
Tu ne vois rien, David ?
C'est tellement �vident en ce moment.
Si on continue comme �a, on cessera tout simplement d'exister.
Ce ne sont que des mots sans signification. Ils ne signifient rien.
Ils signifient tout.
- H� ! - A�e !
Qu'est-ce que tu fais ?
Je suis d�sol�. Mais tu ne peux pas partir comme �a.
Je suis enceinte.
Quoi ? Mais...
Depuis quand tu le sais ?
Ce n'est pas ton enfant, David.
Je comprends si �a te rend...
malheureux.
Tu sais que je ne me sentais pas pr�te.
Je ne pouvais pas me voir avec un enfant.
Tu ne voulais juste pas d'enfant avec moi.
�a n'est pas si simple.
Allez, admets-le.
C'est moi qui suis en cause. Seulement moi.
Vingt-quatre heures plus tard, Mauritz Winkler arriva.
Il avait r�serv� une chambre d'h�tel dans la vall�e voisine.
Le lendemain matin, elle pris la voiture...
pour aller le voir, Mauritz Winkler.
Alors, il la laisse partir.
Juste comme �a ? Quelle mauviette.
C'est une garce. Je l'aime bien.
Voulez-vous mes commentaires maintenant ou apr�s ?
- Je devrais peut-�tre continuer. - Peu importe.
Il d�cida d'aller se promener dans les montagnes.
Il avait envie de solitude.
Il ne voulait rien, � part Eva.
Lorsque votre �me est bless�e, l'activit� physique peut vous soigner.
Et alors qu'il �tait assis l�, il ne pouvait pas s'emp�cher de penser
� la peau de l'int�rieur des cuisses d'Eva.
Si seulement avec le bout des doigts,
il pouvait trouver cet endroit pr�cis...
Alors bien s�r, Mauritz Winkler a envahi ses pens�es.
Ses doigts, son corps contre le sien.
C'est peut-�tre � ce moment-l� qu'il a pris sa d�cision.
Par la suite, sa m�moire lui a fait d�faut.
Mais cela a d� lui venir � cet instant pr�cis.
- M. Schwartz. - Bonjour.
Savez-vous si ma femme est d�j� revenue ?
Je suis d�sol�e.
Je n'ai vu ni elle, ni la voiture depuis ce matin.
D'accord. Merci.
Comment faire admettre � son �tre int�rieur que leur amour �tait termin� ?
Il se rappelait leur premi�re rencontre...
la fa�on dont il a tout de suite su qu'elle �tait la femme
avec qui il voulait partager le restant de ses jours.
Il se souvenait de leur premier baiser...
la premi�re fois qu'ils avaient fait l'amour.
Il l'aimait encore de toute son �me.
Et dans quelques mois, Eva allait accoucher d'un enfant qui ne serait pas le sien.
Presque aveugl� par la jalousie,
en m�me temps, il �tait surpris par sa propre rationalit�.
- Mais clairement, il a un plan ! - Oui.
Apr�s le petit d�jeuner le lendemain matin, il dit qu'il va prendre la voiture.
Elle accepte.
Alors il s'en va...
tue cet homme... euh, Winkler ? Fin de l'histoire, non ?
Non, pas tout � fait.
Mais peut-�tre que c'est l'impression que �a donne � la lecture.
Mais �a n'est pas ce qui se passe.
Surprenez-moi, Henri.
David avait soigneusement �tudi� la carte, il savait donc pr�cis�ment
que la route sinueuse depuis le village de Graues �tait ascendante.
L�, quelques 500 m�tres en contrebas, dans la vall�e d'apr�s,
se trouvait le r�servoir Lauern.
Il l'avait lu dans la brochure touristique.
Eau verte opaque.
� pleine capacit�, il pouvait contenir un milliard de m�tres cubes
de neige fondue et de glace.
� son arriv�e au sommet, il avait conduit la voiture tout le trajet
sans avoir � utiliser les freins une seule fois.
Ce n'est que lorsqu'il atteignit un virage serr� durant la descente
dans la vall�e d'apr�s qu'il en eut besoin.
Exactement comme il l'avait imagin�.
- Excusez-moi ? - Oui ?
- Je peux en avoir une autre ? - Oui.
Ils mang�rent en silence.
Leurs paroles �taient soudain devenues plomb�es...
comme � la veille de la guerre quand toutes les n�gociations ont �chou�
et que tout ce qu'il reste, ce ne sont plus que les actes.
Donc, je peux prendre la voiture ?
J'ai fait le plein hier.
Je serai de retour pour le d�ner.
Elle mis sa main sur l'�paule de David...
l'a tint un peu trop longtemps...
Mais il ne leva pas les yeux.
Il ne croisa pas un instant son regard.
Alors...
La voiture est tellement en miettes
que personne ne peut dire que les freins ont �t� trafiqu�s,
si tant est que la voiture soit un jour retrouv�e.
Peut-�tre qu'elle dispara�t dans ce satan� lac.
- Le r�servoir de Lauern. - Le r�servoir de Lauern.
Ouais, Henry, c'est, euh...
�labor�.
C'�tait une belle journ�e, et il d�cida d'aller se promener le long de la rivi�re.
Il marcha en amont pendant quelques heures, avant de d�cider � rebrousser chemin.
Il avait faim, il n'avait pas pris grand-chose au petit-d�jeuner.
C'�tait comme si le temps avait cess� d'exister.
Les heures n'existaient plus, mais les minutes s'�coulaient lentement.
En m�me temps, il se sentait remarquablement calme.
Non, je ne l'ai pas vue.
Merci.
C'�tait la chambre vide,
l'id�e qu'elle ne serait plus jamais l�
� son retour � la maison.
Juste un gros...
vide.
Le lendemain matin, il ne se passa pas grand-chose.
Il �tait descendu et avait parl� � Madame H. � la r�ception,
il avait d�pos� un avis de disparition aupr�s de la police locale,
puis il �tait all� se ??promener � Graues.
Ce n'est que le lendemain qu'il eut une visite.
- David Schwartz ? - Ouais.
Inspecteur en chef Mort.
Alors, dites-moi un peu...
Votre femme et vous, vous s�journiez dans cet h�tel,
et votre femme a disparu avant-hier.
- C'est exact. - Tr�s bien.
Il doit donc y avoir une raison qui explique que votre femme soit partie.
On dit ici � l'h�tel que vous n'avez pratiquement pas pass� de temps ensemble.
Nous avons des centres d'int�r�ts diff�rents...
Elle voulait aller faire un tour en voiture,
et moi me promener le long de la rivi�re.
Je pense qu'il lui est arriv� quelque chose.
- Comme quoi, par exemple ? - Je sais pas.
Vous avez eu une dispute, n'est-ce pas ?
Pourquoi on se serait disput�s ?
Qu'est-ce que vous insinuez ?
��Insinuez��� ?
Vous insinuez que j'ai quelque chose � voir avec la disparition d'Eva ?
Je suis all� me ??promener le long de la rivi�re,
elle voulait aller faire un tour en voiture.
Quand on est mari� depuis aussi longtemps que nous,
on se permet ce genre de libert�.
Ah bon ?
Je veux un caf�.
Et �a a dur� comme �a pendant plus d'une heure.
Et non, ils n'avaient pas trouv� la voiture, ni aucune trace de celle-ci.
Ils avaient explor� toutes les routes de la r�gion.
Ils avaient lanc� une alerte,
et aucun t�moin fiable ne s'�tait manifest�.
Eva �tait partie.
Trois ans et demi ont pass�.
Il se souvient de Graues. Il n'y est jamais retourn�.
Il se souvient de la chemise verte de l'inspecteur en chef Mort,
et des plaques de sueur sous ses aisselles.
Il se souvient de conversations avec les amis proches et avec les psychologues.
Les mois � l'h�pital apr�s sa d�pression.
OK.
Alors, c'est la fin de votre histoire ?
Vous plaisantez, j'esp�re ?
En fait, c'est le d�but.
C'�tait d�but mars.
Le printemps n'�tait pas encore arriv�.
Des rafales de vent d�chiraient les rues et les all�es.
La temp�rature �tait pass�e quelques degr�s en dessous de z�ro.
Berlin �tait anormalement froid.
C'est � la toute fin du Concerto pour violoncelle n�2 de Haydn,
que cela se produisit.
Quelqu'un dans le public toussa.
Pour David, ce fut comme un �lectrochoc.
C'�tait elle. C'�tait �va.
Six mois plus t�t, elle devait avoir �t� assise l�,
dans une salle de concert � Maardam.
Il est surprenant, mais faisable, de pouvoir distinguer
la toux caract�ristique d'une personne en particulier
parmi des millions d'autres.
� ce moment-l�, il fut convaincu qu'Eva �tait toujours en vie.
Waouh.
Assez impressionnant, je dois dire.
Revirement spectaculaire.
Que dire...
On fait une pause pour d�jeuner, David ?
Ouais.
�a m'irait tr�s bien.
Je n'ai pas pris grand-chose au petit d�jeuner ce matin.
Ou bien c'est Henri ?
David ?
Henri ?
Je pense que je m'y perds un peu.
Vous �tes un vieux renard, David.
D�traquer les freins d'une voiture r�cente...
Je suis impressionn�.
Vous n'�tes pas seulement un auteur accompli...
mais aussi un m�canicien qualifi�.
�a a d� vous hanter.
Ces...
Ces images d'Eva s'�crasant dans le pr�cipice jusqu'� sa mort,
Je peux � peine imaginer...
combien de nuits vous vous �tes r�veill� avec des sueurs froides.
Et vous voil�, trois ans plus tard...
� entendre une toux � la radio.
C'est foutrement g�nial.
La question est...
�a vous a rempli d'angoisse, ou de soulagement� ?
Mmm.
Vous n'irez nulle part.
Nous n'avons pas encore fini.
Vous venez ici, vous prenez de mon temps...
J'aurais pu �crire un putain de roman pour moi, ce matin.
J'ai l'intention d'entendre la suite de votre histoire.
Est-ce que je suis clair ?
Et vous, attir� par Maardam...
comme un papillon par une flamme.
Par quoi ?
Une toux � la radio.
Oui.
En quelque sorte.
J'ai essay� de me convaincre que �a pouvait �tre celle de de n'importe qui,
cette quinte de toux dans ce concert,
et j'ai presque r�ussi.
C'est ensuite que j'ai re�u la proposition.
Ou devrais-je dire, l'opportunit�.
� Je vous envoie mon dernier manuscrit
pour traduction et publication.
Je vous interdis de contacter mon �diteur � Maardam
ou qui que ce soit d'autre d'ailleurs. �
Ceci est le seul exemplaire.
Sign� par Germund Rein.
Bien s�r, je devais me m�fier de ma propre sant� mentale,
mais je ne pouvais pas me sortir de la t�te
qu'elle avait r�ussi � dispara�tre de Graues
sans laisser de trace, pour recommencer une nouvelle vie.
Je sentais que je n'avais pas le choix. Je devais savoir.
Puis Zimmermann a appel� et m'a dit que Rein �tait mort.
- Probablement un suicide. - Un suicide ?
Il a pris son bateau, il a pris la mer et s'est jet� par-dessus bord...
Une traduction du dernier livre de Germund Rein
pouvait me conduire � Maardam aux frais de l'�diteur allemand.
C'�tait presque un cadeau du Ciel,
et ma conviction �tait faite :
si Eva habitait l�-bas, je la retrouverais.
J'aimerais aller � Maardam et faire le travail l�-bas.
Eh bien, c'est une question de co�t.
OK, je comprends. Je vais voir ce que je peux faire.
- Vous l'avez d�j� lu ? - J'attendrai que vous l'ayez traduit.
Comme on en a d�j� parl�, nous devons rester discrets.
Personne ne doit rien savoir.
Pas un mot sur la raison de votre pr�sence � Maardam.
Bien s�r.
On a fait une copie de s�curit�, qui a �t� d�pos�e dans un coffre bancaire.
Et oui, je ne suis pas un �crivain. Je suis un traducteur.
Je traduis simplement les �uvres
de vrais �crivains en langue allemande.
Il faut avouer que c'est passionnant !
Ouais.
Et mon travail passe inaper�u de tous,
sauf de mon �diteur, et �ventuellement un ou deux lecteurs.
Mais je connais ma propre valeur, et je suis fier de mes comp�tences.
Des comp�tences qui pouvaient me rapprocher d'Eva.
Enfin, s'il tant est qu'elle �tait toujours l�.
Oui, j'�tais attir� par Maardam comme un papillon de nuit par une flamme.
Je n'avais aucune id�e de comment j'allais retrouver Eva.
Mais j'�tais d�termin� � tout faire pour �a.
Je savais avec certitude qu'elle �tait dans cette salle de concert
� Maardam six mois auparavant.
La question �tait : vivait-elle � Maardam ?
J'ai donc sous-lou� un appartement � un architecte en poste � l'�tranger,
plantes en pot et chat inclus.
Des allergies ?
Non.
J'avais d�j� traduit quelques livres de Rein,
Les S�urs Rouges et Le Silence Total de Kroull.
Et j'ai senti que je pouvais peut-�tre ma�triser son style d'�criture.
Ce n'�tait pas une t�che facile, mais pas du tout au-del� de mes capacit�s.
Apr�s tout, je savais que j'allais avoir plus de temps que n�cessaire.
Je n'ai pas ouvert le manuscrit avant de m'�tre mis � l'aise dans la biblioth�que...
Une cons�quence de la m�thode de traduction de Darke.
- Je vous ai apport� du th�. - Merci beaucoup.
La m�thode de Darke exige que vous n'ayez aucune connaissance pr�alable du texte.
Vous traduisez phrase par phrase,
paragraphe par paragraphe.
Donc, vous prenez le texte tel qu'il vous appara�t,
comme � un lecteur qui ne sait pas ce qui va arriver.
J'ai d� mener mon enqu�te sur Eva pendant mon temps libre.
Elle �tait obs�d�e par la musique classique et par l'op�ra.
J'ai commenc� � fr�quenter la Salle Nieuwe et le Concert Hall.
Je faisais en sorte d'acheter des places en surplomb
m'offrant une vue strat�gique
sur le public.
Je crois que j'ai r�ussi � rep�rer Giselle au moins quatre fois.
�a devenait un exercice tr�s co�teux,
alors parfois, je devais me contenter de rester dehors, dans la rue
� regarder les spectateurs entrer ou sortir.
C'�tait comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
Bien s�r, je scrutais aussi toutes les avenues environnantes,
pour savoir si Eva, ou m�me Mauritz Winkler,
habitaient dans cette ville, mais en vain.
Pardon.
Quand la biblioth�que ouvrait, � 14 h 00, j'y restais jusqu'� la fermeture,
et puis je poursuivais mes recherches infructueuses,
en veillant � garder mes t�ches s�par�es, comme l'eau et l'huile.
D�sol�.
Transormant mes jours en nuits.
Cinq jours avant la r�ception du manuscrit envoy� par la poste,
Germund, sa femme Mariam Kadhar et son �diteur
se sont rendus dans leur maison de Behrensee.
Cela semble avoir �t� une nuit bien pr�par�e.
Mariam ne se r�veillait qu'� l'heure du d�jeuner.
Au d�but, elle ne s'est pas pr�occup�e de son mari.
Elle s'imaginait qu'il dormait.
Pour autant que je sache, ils faisaient chambre � part.
Environ une heure apr�s, elle est all�e dans sa chambre.
Il n'�tait pas l�.
Mais elle a trouv� une lettre dans sa machine � �crire.
Une Triumph-Adler, une vieille machine portable.
Rein n'aimait pas beaucoup les ordinateurs.
Qu'y avait-il dans la lettre ?
�a n'a pas encore �t� divulgu� � la presse.
Mais la lettre �tait courte et pr�cise.
Un simple adieu.
C'est au petit matin que Rein a d� quitter la maison.
Il est parti en mer dans son bateau.
Une vieille statue de bronze qui se trouvait devant la maison manquait.
On suppose qu'il l'a utilis�e comme lest. Elle pesait environ quinze kilos.
Mais retrouver Rein au fond de la mer
serait aussi simple que de retrouver Atlantis.
Pourquoi Rein a-t-il voulu se suicider ?
� Que savons-nous r�ellement de nos proches
et de leurs motivations les plus profondes ? �
Bejman dans le Evening Post.
En ce qui concerne Bejman, il ne semble pas sp�cialement surpris.
- Et la femme de Rein ? - La belle Mariam Kadhar ?
Elle a le c�ur bris�, apparemment.
Elle �vite la presse, ne donne aucune interview.
Elle a bien appris de lui.
L'h�ritage est un joli lot de consolation.
C'est une coquette somme, trois � quatre millions d'euros.
Si �a ne vous fait rien, je paie l'addition.
J'aimerais prendre le dernier vol.
- L'addition, s'il vous pla�t. - Oui, tout de suite.
Je commen�ais � m'int�resser � cette �nigme.
Pourquoi avait-il envoy� le manuscrit � Kerr et Amundsen, son �diteur allemand,
au lieu de son �diteur habituel, Otto Gerlach � Maardam ?
�a semblait vraiment �trange.
Et est-ce qu'il �tait vraiment exact que c'�tait la seule copie ?
Tout ce que je savais, c'est ce que Judit Kerr m'avait dit,
et elle semblait trop excit�e par la perspective d'un accord
pour remettre en question quoi que ce soit sur le fond.
La femme...
- � surveiller, ou disparue ? - Disparue.
�a, �a me va. Je pr�f�re les personnes disparues.
Et quand l'avez-vous vue pour la derni�re fois ?
Il y a trois ans, ou peut-�tre un peu plus.
- L'avez-vous googl�e ? - Elle n'existe pas.
- Son nom de jeune fille ? - Leuwe.
Toutes les informations sont inscrites au dos de la photo.
�tes-vous s�r de vouloir la retrouver ?
Vous savez, apr�s trois ans, la plupart des gens sont pass�s � autre chose.
Mais pas vous.
Non, pas moi.
Je pensais que les d�tectives priv�s n'existaient plus.
Apparemment, si.
Oh, on va devoir aller chercher plus de vin...
si je peux pouvoir en �couter davantage sur tout �a.
Allez-y.
J'�coute.
Hmm ?
Allez-y.
Je ne veux pas passer le reste de ma vie � �couter votre histoire de merde.
- Eh bien, ce n'est pas si facile. - Essayez, nom de Dieu.
J'avais fait quelques avanc�es avec le roman de Rein.
Il y avait deux aspects. L'un �tait...
onirique et introvertie.
L'autre, cynique et r�aliste.
Je l'ai lu.
Je me sentais toujours aussi mal � l'aise.
Trop de similitudes avec ma propre histoire,
et � la fois...
Je pense que � frustr� � convient mieux.
Mais ce n'�tait pas le roman en lui-m�me, m�me s'il m'a influenc�.
De mieux en mieux...
Je commen�ais � penser que le livre parlait de Germund Rein lui-m�me...
et de Mariam, sa femme.
Et l'aspect le plus bizarre de tout cela �tait, bien s�r,
le parall�le avec ma propre vie, avec ma situation avec Eva.
J'�tais frustr� que ma recherche sur elle soit rest�e infructueuse.
Je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi j'ai contact� la femme de Germund Rein,
Mariam Kadhar.
Peut-�tre que c'est parce que je n'arrivais pas � retrouver Eva
que j'ai d�cid� de trouver Mariam � la place.
Il n'y a aucune logique l�-dedans, je sais.
Peut-�tre que le contenu du livre empi�tait sur mon subconscient.
Je sais pas.
Mais son mari avait disparu sans laisser de trace,
et Eva aussi.
Alex Henderson, l'un des rares coll�gues que mon mari appr�ciait vraiment.
Oui, il vaut la peine d'�tre lu.
- S'il vous pla�t, asseyez-vous. - Merci.
Alors vous avez traduit les livres de mon mari ?
Seuls les deux derniers en date,
Les s�urs rouges et Le silence absolu de Kroull.
Savez-vous s'ils se sont bien vendus dans votre langue ?
Euh, pas de grosses �ditions.
Mais il est consid�r� par la plupart des amateurs
comme l'un des grands auteurs modernes.
Toujours en lice pour le prix Nobel.
Hmm.
Je passais par ici, et je voulais vous pr�senter mes condol�ances.
Ce doit �tre un lourd fardeau.
Je ne m'y suis pas encore habitu�e...
m�me si plusieurs mois se sont �coul�s.
Mais d'un autre c�t�,
Je ne sais pas pourquoi il faudrait s'y habituer.
Hmm.
Excusez-moi de vous poser cette question,
mais savez-vous s'il �tait en train d'�crire quelque chose avant sa mort ?
Oui, il �crivait. Il �crivait toujours.
- Mais on ne sait pas ce qu'il est devenu. - � Ce qu'il est devenu � ?
Il �tait occup� � quelque chose.
Je ne sais pas ce que c'�tait. Il ne m'a rien dit.
Mais il �tait comme �a.
Je pense qu'il �tait content...
de ce qu'il avait �crit.
Je pouvais voir ces choses-l� en lui.
Mais il ne reste plus rien.
Comme je l'ai dit...
peut-�tre qu'il l'a br�l�, peut-�tre qu'il...
qu'il l'a emport� avec lui.
Je ne sais vraiment pas.
Mariam Kadhar...
J'avais piti� d'elle, m�me si j'avais bien compris
que je ne pourrais rien faire pour l'aider.
Mais surtout, je comprenais � pr�sent qu'en dehors de Judit Kerr,
j'�tais probablement la seule personne vivante
� avoir tenu le dernier livre de Germund Rein entre mes mains.
Pourquoi moi ?
Mariam Kadhar n'�tait m�me pas au courant de son existence, � ma connaissance.
J'�tais tellement dans mes pens�es
que je n'avais pas remarqu� que quelqu'un me suivait.
Je ne sais pas si vous avez d�j� �t� suivi, mais...
ce sont des choses qu'on ressent instinctivement.
�a n'est pas une sensation agr�able.
Ma premi�re pens�e �tait bien s�r que �a avait quelque chose � voir
avec ma visite � Mariam ou, plus pr�cis�ment,
avec le manuscrit de Germund Rein.
Mais � la r�flexion, �a ne semblait pas cr�dible.
Pourquoi quelqu'un en arriverait l� ?
Honn�tement, cette situation respirait l'amateurisme.
�videmment, j'en suis s�r.
Pourquoi Kerr et Amundsen seraient impliqu�s ?
Je ne sais pas.
Mais vous �tes employ� par nous, bordel !
C'est probablement l'�diteur de Germund Rein qui l'a engag�.
Comment s'appelle-t-il d�j� ?
Gerlach, oui, �a pourrait pu �tre lui !
Vous avez dit que nous �tions les seuls � conna�tre l'existence du manuscrit.
C'est ce que Rein a �crit dans sa lettre, mais...
je ne peux pas garantir que ce soit le cas.
Je comprends.
Soyez prudent avec le manuscrit.
Bien s�r.
Vous n'avez pas encore lu tout le livre ?
Non, vous le savez tr�s bien.
Vous pouvez travailler comme vous voulez, mais...
il est vital que je sache ce qu'il y a dans le livre.
- J'appellerai quand j'aurai fini. - Merci.
Pendant un moment, j'ai song� � c�der � la suggestion de Kerr,
� abandonner la m�thode de Darke
et � lire simplement le manuscrit de Rein jusqu'� la fin.
Et bien s�r, certaines choses dans le manuscrit me faisaient r�fl�chir.
Comme si la v�ritable histoire du livre se cachait entre les lignes,
comme je le disais.
Mais Darke soutenait que c'�tait justement ce genre de choses,
le sens cach� et les aspects les plus profonds,
qui risquaient de se perdre si vous c�diez.
� mesure que je travaillais sur le texte, j'�tais de plus en plus fascin�.
Soudain, j'ai d�couvert quelque chose de vraiment �trange.
Pourquoi avait-il soulign� ces mots ?
Ouest, mer, soleil, ours, cadran.
Et pourquoi ne l'avais-je pas remarqu� avant ?
Pas bon. Pas bon du tout.
Quoi que je fasse, je n'arrivais pas � comprendre.
Pourquoi diable avait-il soulign� ces mots en rouge ?
Excusez-moi ?
H� !
Attendez !
Attendez !
M. Schwartz.
Je ne savais pas quoi penser.
C'�tait lui. Encore le m�me homme. Aucun doute l� dessus.
Qui il �tait et pourquoi il me suivait, je n'en avais aucune id�e.
- S'il vous pla�t, M. Schwartz. - Je suis d�sol�.
Je suis d�sol�.
�coutez. Excusez-moi...
Savez-vous qui est l'homme qui vient de sortir en courant ?
Est-ce-que vous le connaissez ?
D�sol�e.
Et o� exactement a-t-elle �t� rep�r�e, et par qui ?
Dans une banlieue, Wassingen, bloc 184.
Vous dites que vous l'avez vue l�-bas ?
Pas personnellement.
C'�tait l'un de mes collaborateurs.
- Et c'�tait quand ? - Hier.
Il l'a aper�ue dans le m�tro, il l'a suivie.
Elle est descendue � Wassingen et elle est entr�e dans l'un de ces grands immeubles.
Il n'a pas eu le temps de voir � quel �tage elle allait.
- Il est s�r que c'�tait elle ? - Pas du tout.
Mais la tache de naissance �tait l�, avec le reste de votre description,
donc ce n'est pas pas totalement impossible.
Alors...
Eva �tait encore au pays des vivants...
sortie du r�servoir, comme V�nus.
Oui.
�a ressemblait � �a...
Sentiments assez ambigus, pour �tre honn�te.
Vous pouvez souffrir d'ambigu�t�...
mais la loi ne le fait jamais.
Meurtre ou tentative de meurtre.
Excusez-moi ?
M�me intention...
m�me punition.
Oui, je ne sais pas. Peu importe.
Wassingen.
Si l'enfer avait �t� con�u � notre �poque...
Dans mon esprit obs�d�, j'avais v�cu ce moment mille fois,
mais qu'allait-il r�ellement se passer si j'apercevais Eva l�-bas ?
Qu'est ce que j'allais faire ?
Ayant � pr�sent, ayant vu cet endroit, je ne pouvais pas imaginer
ce qui avait pu la pousser � s'installer
dans ce d�sert de b�ton,
plut�t que de vivre confortablement avec moi.
Je comptais 142 noms,
mais pas de Schwartz, pas de Leuwe et pas de Winkler.
Mon sentiment de d�sespoir grandissait.
Je commen�ais � m'imaginer que je la voyais partout.
Donnez-les-moi tous, s'il vous pla�t.
- Tous ? - Ouais.
D'accord. Cinq.
Un, deux, trois, quatre, cinq exemplaires du m�me num�ro ?
Oui, je veux les donner aux n�cessiteux.
Vous saviez que J�sus arrive, et qu'il voudrait vous rencontrer ?
Tant mieux pour vous, mais je ne suis pas int�ress�e.
Je ne suis pas... Ici, juste... Je ne suis pas int�ress�. Merci.
- C'est gratuit... - Merci... Non.
Vous saviez que J�sus arrive, et qu'il voudrait vous rencontrer ?
- Cool. - � la fin de la journ�e,
j'avais r�ussi � vendre deux exemplaires du Magazine des Lumi�res.
J'avais sonn� aux 142 portes,
mais sans m�me apercevoir Eva,
ni m�me Mauritz Winkler.
Quelqu'un avait ouvert la porte de 93 des appartements, il en restait 49.
Je passais le reste de la semaine suivante � t�l�phoner...
et � demander Eva.
- M�me pas une toux, je pr�sume ? - Pas une trace.
Pas un seul signe qu'elle vivait dans cet immeuble d�primant de Wassingen...
ou qu'elle y avait un lien quelconque.
Bien s�r, je connaissais l'ampleur de la marge d'erreur.
Alors, vous avez tout simplement abandonn� ?
Presque.
Je dois aussi admettre que j'�tais seul,
et que l'appartement de l'architecte me rappelait � ma solitude.
Je passais le moins de temps possible dans mon soi-disant chez-moi.
- Merci. J'avais, comme je l'ai dit...
transform� mes jours en nuits...
- Merci. ... et clairement trop bu.
Je ne pouvais plus fermer l��il sans mes pilules.
C'�tait devenu un cercle vicieux. Pilules... et alcools.
Et ma recherche d'Eva �tait devenue obsessionnelle,
elle me poussait constamment � retourner aux m�mes endroits,
encore et encore, � faire le pied de grue dehors.
Pour quelle raison ?
Quand j'ai aper�u la veuve de Germund Rein � la Salle Nieuwe, toute seule,
j'ai soudain ressenti le besoin de la secourir.
�tait-elle aussi seule que moi ?
Ou peut-�tre �tait-elle celle qui me sauverait ?
Je suis venu � Maardam par b�tise.
Je pensais que...
que j'allais trouver Eva.
- Eva ? - Pardon. Ma femme.
Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
- Elle a disparu ? - Disparue. Peut-�tre morte.
Je ne sais vraiment pas.
Et depuis combien de temps a-t-elle disparu ?
�a fait plus de trois ans.
Hmm.
J'allais rentrer chez moi, mais je vous ai aper�ue
� l'ext�rieur de la salle de concert.
Je me suis dit que c'�tait peut-�tre un signe.
Vous �tes si belle.
- Pardon. Je suis en retard. - Non, �a va.
- Voici David Schwartz. - Otto Gerlach.
Heureux de vous rencontrer.
Je vais, euh, chercher ton manteau.
Mm-hmm. Merci.
Je veux vous revoir.
D�sol�e.
Je ne suis pas int�ress�e.
Je ne sais pas � quoi je m'attendais.
Comme je l'ai dit, j'avais beaucoup trop bu ces derni�res semaines.
�a devait changer, � pr�sent.
J'avais aussi besoin de me concentrer sur le manuscrit de Rein.
C'�tait n�cessaire.
J'�tais en retard dans mon travail. Je l'avais n�glig� ces derniers temps.
Malgr� les circonstances, je me suis de plus en plus investi dans mon travail.
En moins de trois jours, j'avais achev� la traduction du livre de Rein.
Mais impossible d'oublier ces mots soulign�s.
Les mots apparaissaient les uns apr�s les autres,
� premi�re vue sans ordre particulier.
Peut-�tre qu'il y avait un message cach�, apr�s tout.
� Trente centim�tres � l'ouest...
du cadran solaire en...
ours...
mer..."
Behrensee.
Et tout � coup, j'ai compris, et cela m'a empli de terreur.
� ce moment-l�, j'aurais facilement pu prendre le premier vol de retour,
mais ma recherche d'Eva s'�tait � pr�sent transform�e
en quelque chose de nouveau et de tr�s diff�rent.
Je n'ai pas os� envoyer par courriel le script traduit.
� la place, j'ai trouv� une imprimante dans l'appartement de l'architecte,
j'ai fait une copie papier que j'ai envoy�e par courrier � Judit Kerr, l'�ditrice.
Prenez cette route l�-bas, puis tournez.
Je savais que Rein et Mariam avaient une maison d'�t� au bord de la mer,
juste � l'ext�rieur d'un petit village appel� Behrensee.
Le nom de la maison �tait Cherry Garden
et avait la r�putation d'�tre un endroit assez exceptionnel.
Un havre de paix o� Germund Rein a produit la plupart de ses �uvres,
selon les rumeurs.
Un endroit �loign� qui,
exactement comme j'avais �t� amen� � le deviner,
allait prendre un certain sens.
Mais je l'ai trouv�.
Et j'ai aussi trouv� le cadran solaire.
Ma voix int�rieure m'a pouss� � tout oublier et � retourner en ville.
Mais pour une raison que j'ignorais, impossible d'abandonner.
Je devais savoir.
J'ai donc attendu la tomb�e de la nuit.
Et � nouveau, je me suis faufil� dans le jardin.
� Trente centim�tres � l'ouest du cadran solaire � Behrensee. �
J'ai trouv� ce que Germund Rein avait enterr�.
Le lendemain, je suis all� � la police.
Je n'avais plus le choix.
Cinquante mille tirages, et ce n'est que la premi�re �dition !
C'est �norme, David, �norme !
- Vous avez besoin de plus d'argent ? - Non.
Comme vous voulez.
Amundsen organise une conf�rence de presse demain.
Comment vous voulez l'organiser ?
- Qu'est-ce que vous voulez dire ? - Vous �tes le centre de l'affaire.
Pour les journalistes, vous �tes le personnage principal.
Je pensais que vous l'aviez compris ?
Pas vraiment, pour �tre franc.
Peut-�tre une interview exclusive avec un journal en particulier ?
Lorsque le proc�s commencera, vous allez �tre assailli par les journalistes.
�a ne m'int�resse pas du tout.
En tout cas, Mariam Kadhar est charmante.
Beaucoup trop charmante pour un homme comme Rein.
Mais elle n'avait pas besoin de le tuer...
Ainsi, M. Schwartz...
vous avez traduit le dernier livre de Germund Rein ?
Oui.
Le livre qui est la raison
pour laquelle nous sommes tous r�unis dans cette salle d'audience aujourd'hui ?
Je crois comprendre que oui.
Pourquoi pensez-vous que Germund Rein
voulait que le livre soit publi� exclusivement sous forme de traduction ?
Je pensais que c'�tait clair.
Otto Gerlach �tait son �diteur.
Pouvez-vous pr�ciser ce que vous voulez dire ?
Je suppose que Rein avait peur que le livre,
que le manuscrit, disparaisse, ne soit jamais publi�.
Et pourquoi aurait-il disparu ?
En raison de son contenu.
- Des informations compromettantes. - Compromettantes pour qui ?
Je n'ai vraiment rien � voir avec �a.
Je vous sugg�re que c'�tait une information compromettante pour les accus�s...
Mariam Kadhar et Otto Gerlach.
Je suppose, Votre Honneur,
que le nom de mon client n'est m�me pas mentionn� dans le livre en question.
C'est...
Que le t�moin �labore son affirmation.
Au d�but, il ne s'agissait que d'allusions subtiles.
Mais plus j'avan�ais dans la lecture, plus �a devenait �vident.
Vous voulez dire qu'il y a des passages dans le livre
qui corroborent la th�se de l'accusation ?
Je suppose qu'on peut dire �a.
Pouvez-vous donner au tribunal un exemple de cela ?
Si je peux emprunter le livre...
Je cite la page 37.
� Un matin, elle se rend sur la place pour acheter des l�gumes.
Toujours des l�gumes du jour.
Son memento mori.
Il fouille dans ses affaires.
Elle pense qu'il ne ferait jamais �a,
elle n'a jamais pris la peine de cacher quoi que ce soit.
Il trouve des lettres, quatre lettres, trois sont assez explicites,
la quatri�me parle d'un complot.
Ils veulent visiblement sa mort.
Il range les lettres dans un dossier, se rend en ville pour les photocopier.
Il pense qu'il a beaucoup de temps. Elle baise probablement avec G.
r�coltant son sperme vicieux entre ses jambes grandes ouvertes.
Il remet les originaux dans le tiroir de la commode,
et met les copies dans un sac en plastique.
Il va au hangar, va chercher une b�che,
trouve une parcelle de sol meuble,
et enterre son tr�sor. �
Pouvez-vous me dire ce que vous avez fait apr�s avoir lu �a ?
Je suis all� v�rifier.
En m'aidant du code cach� dont je vous ai parl�.
Donc vous avez trouv� les lettres
� l'endroit indiqu� par le code cach� dans le manuscrit ?
Mm-hmm.
Les lettres que Mariam Kadhar et Otto Gerlach avaient �chang�es ?
Oui.
En avez-vous �tudi� le contenu ?
J'ai fini par le faire.
Et je suis arriv� � la conclusion que les informations du livre �taient vraies.
Et M. Schwartz, qu'est-il dit exactement
dans le livre de Germund Rein ?
Il est dit que M. et O. avaient pr�vu de tuer Germund Rein.
Merci.
Pas d'autres questions.
M. Neumann-Hansen.
Vous avez trouv� ces...
des notes manuscrites et des lettres enterr�es
juste � l'ouest du cadran solaire � Behrensee ?
- Oui. - Cela ne vous a pas paru �trange ?
Dans quel sens ?
Eh bien, pendant l'enqu�te, la police a parcouru tous les courriels
�chang�s entre Otto Gerlach et mon client.
Et, oui, il y a de la correspondance. Beaucoup.
Mais tout reste professionnel.
Rien de semblable � ce que vous avez trouv� dans vos lettres.
�trange, ne pensez-vous pas ? Je veux dire,
il est tellement plus facile d'envoyer un courriel de nos jours.
Excusez-moi. Mais je tiens � rappeler que je n'ai fait que mon devoir de citoyen.
Je suis all� � la police avec les �l�ments que j'avais.
Comme n'importe qui d'entre vous l'aurait fait.
Plus de questions.
Merci.
Il est encore temps, David.
Il n'est pas trop tard.
Tu sais qu'il n'est pas trop tard.
Rein...
- Tu es Rein, n'est-ce pas ? - Non, non !
Nous avons le temps.
Maintenant, c'est mon tour...
de te tuer.
- Bonjour. - Judit Kerr.
Le livre se vend comme des petits pains.
Il fait les gros titres dans toute l'Europe.
Bien s�r, Gerlach a essay� de nous poursuivre,
mais il n'a pas pu arr�ter la premi�re manche.
�a ne ralentira pas les ventes.
Au contraire...
Je ne peux pas parler maintenant. Je vous rappelle.
Bonjour.
D�sol�, mais tu dois partir, maintenant.
S'il te pla�t, pars.
Est-il exact que vous �tes l'unique h�riti�re...
des propri�t�s et des �uvres litt�raires de votre mari ?
Oui.
Aimiez-vous votre mari, Mme Kadhar ?
- Oui. - Est-ce que vous...
aviez des relations intimes avec d'autres hommes ?
Objection !
Reformulez la question, s'il vous pla�t.
Avez-vous eu une relation sexuelle avec l'�diteur de votre mari, Otto Gerlach ?
- Oui. - �a a dur� combien de temps ?
Cinq ans.
Pourquoi avez-vous �t� infid�le � votre mari si vous l'aimiez ?
Je refuse de r�pondre � cette question.
Vous �tes accus�e de meurtre, Mme Kadhar.
Avez-vous tu� votre mari ?
Je n'ai pas tu� mon mari.
M�me si elle me terrifiait, je me sentais de plus en plus incroyablement
et irr�sistiblement fascin�.
Je ne pouvais pas lutter contre �a.
Je n'arrivais pas � accepter l'id�e
qu'elle ait pu faire quelque chose de si...
Je sais pas. Je voulais juste la prendre dans mes bras...
m�me si elle m'avait rejet� aussi explicitement.
Alors, qu'est-ce qui vous faisait croire qu'une femme comme Mariam Kadhar
pouvait �tre int�ress�e par un homme comme vous ?
Int�ressant parall�le avec votre femme, soit dit en passant.
Vous qui passez votre temps
� vous venger des femmes qui vous larguent.
D'abord Eva, puis Mariam.
Eh bien, je vois un sch�ma �merger.
N'est-ce pas ?
Quoi qu'il en soit...
Au vu de toute l'attention m�diatique dont vous faisiez l'objet,
si votre �pouse, Eva,
�tait en vie et qu'elle vivait � Maardam,
elle aurait s�rement d�j� �t� au courant de votre statut actuel de t�te d'affiche ?
Peut-�tre.
Mais � ce moment-l�, j'avais abandonn� toute pens�e pour elle.
Merci.
Mes pens�es �taient d'une certaine fa�on compl�tement diff�rentes.
David Schwartz, quel est votre pronostic de sanction ?
- Mariam Kadhar et Otto Gerlach. - Je n'ai rien �...
Apr�s tout, c'est � cause de vous
qu'ils pourraient se retrouver derri�re les barreaux !
Quel effet �a vous fait ?
Le tribunal d�clare les accus�s coupables de meurtre au premier degr�.
Les accus�s Otto Gerlach et Mariam Kadhar
sont chacun condamn�s � 12 ans.
David.
- David Schwartz ? - Douze ans derri�re les barreaux.
�a fait quoi d'�tre le h�ros du jour, David ?
Sans commentaire.
Les deux avocats de la d�fense ont d�j� fait appel. Des commentaires ?
C'est dans la bo�te.
Je voulais juste m'�loigner de tout �a,
et les yeux accusateurs de Mariam me d�voraient le c�ur.
J'avais l'impression que je partais en morceaux.
Alors vous pensez vraiment que vous avez �t� choisi ?
Vous ne vous rendez pas compte que...
n'importe qui aurait pu d�terrer ces lettres t�t ou tard ?
- Quoi ? - En fait, vous n'�tes personne, David.
Je comprends bien que je ne compte pour rien dans tout �a.
J'en suis tout � fait conscient.
Je veux dire, le fait que vous soyez tomb� amoureux de Mariam Kadhar,
�a montre � quel point vous vous �tes fait avoir.
Je veux dire que vous aviez toutes les cartes en main.
Pourquoi n'avez-vous pas simplement br�l� les lettres ?
Oui.
J'aurais peut-�tre d�.
Ou peut-�tre que vous n'�tes tout simplement pas si brillant.
Un jour, vous �tes un calculateur astucieux,
le lendemain, vous �tes une mauviette.
Je suis trop vieux pour ce genre de conneries.
Tu es sexy en ce moment.
Merci. Merci, Doris.
Cet homme. Il me suit.
�a fait plusieurs fois.
J'en suis certain. Il marche en boitant.
Vous ne pouvez pas le manquer.
Vous savez pourquoi ?
Si oui, je ne viendrais pas vous trouver.
Vous pouvez m'aider ?
Vous savez qui il est ?
Vous �tes d�sormais un personnage public.
Vous ne m'avez rien dit de votre profession.
Parce que �a n'a rien � voir avec Eva.
Savez-vous qui il est ?
Faisons les choses comme �a...
Je vais voir ce que je peux faire.
Mais cela vous co�tera cher.
Et je ne peux promettre aucun r�sultat.
Je vous rappelle ?
Des lasagnes � emporter, s'il vous pla�t.
L'homme qui boite.
Un titre int�ressant pour votre petit roman.
- Non, s�rieusement, c'�tait qui ? - Nous y reviendrons.
Autre chose est arriv� entre temps ?
Alors, on lui a donn� un stylo et du papier ?
- Juste un petit crayon. - Et apr�s, il s'est pass� quoi ?
Quand on a d�verrouill� la porte,
on l'a retrouv�e allong�e le visage contre le sol.
Quand on l'a retourn�e,
il y avait des petites taches de sang sur le sol...
venant de son �il.
Elle avait plant� le crayon dans son �il.
- Le crayon entier ? - Oui.
Cela devrait �tre tout � fait impossible, mais dans ce cas...
Merci. Nous r�p�tons que Mariam Kadhar,
l'�pouse du regrett� auteur Germund Rein,
r�cemment condamn�e � 12 ans,
s'est suicid�e � la maison d'arr�t de Burgislaan.
Mariam Kadhar avait 39 ans.
Trois ans plus t�t, j'avais fait une chute...
et �a avait �t� difficile.
Des jours et des nuits � l'h�pital
et mon d�go�t de moi-m�me m'avait d�chir� en lambeaux.
Un secret que je devais garder cach� au plus profond de moi.
Jamais je n'ai pu confesser ce que j'avais fait � Eva.
Personne � qui j'aie pu le dire.
En fait, vous �tes le premier � entendre mon histoire.
Des cauchemars sans fin. Jongler avec les m�dicaments.
Des pilules pour m'endormir, d'autres pour me r�veiller.
La lente reprise.
� pr�sent, je me rapprochais � nouveau du pr�cipice.
Pour ma d�fense, je voudrais dire qu'apr�s cette p�riode, j'ai agi de fa�on sens�e.
M�thodique, sans pr�cipitation.
J'ai laiss� l'alcool diriger mon existence sans autre but
que celui d'atteindre un niveau d'inconscience durable...
sans jamais aller au-del�.
J'y suis d�j� all� et je sais de quoi il s'agit.
Une beuverie strictement clinique
o� j'ai gard� le processus sous contr�le � tout moment.
- All� ? - Tr�s bien, David Schwartz.
J'ai d'abord pens� que c'�tait li� � votre travail.
Cet �diteur n'a pas l'air de vous porter dans son c�ur.
Mais ce n'est pas �a ? Alors qui est-ce ?
- Pourquoi il me suit ? - Une chose � la fois.
J'ai reconnu l'homme sur la photo.
C'est un ancien commissaire de police.
Maintenant � la retraite et actuellement d�tective priv�, je l'ai donc contact�.
Et il a en fait �t� engag� pour vous suivre.
Et naturellement, il n'a pas voulu r�v�ler l'identit� de son client.
Mais ?
Tout a un prix.
Et je suppose que l'argent n'�tait pas un probl�me dans cette...
Je vous l'ai d�j� dit.
Mais il semble que chacun de vous voulait retrouver l'autre.
Qui ?
Oh, vous et Eva.
Eva l'a embauch� ?
Exactement.
Quand mon coll�gue l'a vue � Wassingen, elle ne rentrait pas chez elle.
Elle a un appartement, mais de l'autre c�t� de la ville.
Elle �tait simplement en route pour voir mon coll�gue.
Il avait un bureau dans le coin � l'�poque.
Elle vous a rep�r� ici � Maardam,
elle l'a engag� pour s'informer de vos all�es et venues.
Edita Sobranska ?
Je suppose qu'elle a chang� de nom.
Ne bouge pas.
Alors, c'est maintenant que tu as d�cid� de venir ?
Oui.
Me voici.
- Bonjour. - Bonjour.
Vous habitez ici depuis longtemps ?
Trois ans.
- Depuis... - Depuis ce moment. Oui.
Allez.
On va faire une sieste, maintenant.
Dors bien, ch�rie.
Et je laisserai la porte ouverte.
Je viens de faire du th�.
Alors, tu comptes rester combien de temps ?
Pardon ?
� Maardam.
Combien de temps tu vas rester ?
Plus pour longtemps.
- Mon travail est termin�. - C'est ce que j'ai entendu dire.
Tu crois vraiment qu'ils l'ont tu� ? Lui, Rein ?
Oui.
Et puis apr�s, elle se suicide ?
Tout �a est derri�re moi, � pr�sent.
Elle s'appelle comment ?
Paula.
Elle a presque trois ans maintenant.
C'est bien ce que je pensais.
Est-ce que tout va bien ?
Elle est la meilleure chose qui me soit jamais arriv�e.
Que s'est-il pass�, Eva ?
Que s'est-il pass� � Graues ?
Je pense que tu devrais partir, maintenant.
J'ai besoin de savoir ce qui s'est pass�.
Tu me demandes ce qui s'est pass� ?
Tu n'as aucun droit, aucun.
Aucun droit ?
Peut-�tre que ce qu'il y a de pire, c'est que tu ne comprennes pas �a.
Tu sais combien de fois j'y ai pens�, David ?
Et si on se croisait un jour, toi et moi ?
M�me si c'est la derni�re chose que je souhaitais.
Mais si...
Une chance sur un million que �a arrive,
mais une chance tout de m�me...
Dans un tram ou un a�roport, quelque part sur Terre.
Soudain, tu te tenais devant moi et tu me demandais...
� Qu'est-ce qui s'est pass� ? �
Ce qu'il s'est pass� ?
Qu'est-ce que je devrais dire ?
Qu'est-ce que je devais faire ?
Apr�s cent nuits blanches, David...
J'ai d�cid� que ne te le dirais pas.
Tu vas devoir vivre avec cette incertitude pour le reste de ta vie.
Tu peux voir cela comme une sorte de punition si tu veux.
- Eva. - Et je veux que tu partes maintenant.
Je ne vais pas te le dire, David.
Jamais, au grand jamais.
Vous �tes fou ?
Vous venez ici,
vous acceptez mon hospitalit� et mes conseils,
et en �change vous m'offrez...
C'est foutrement impardonnable,
de gaspiller une histoire comme �a.
Un �ternuement � la radio.
- Une toux. - Une toux.
C'est quoi, �a ? Vous ne pouvez pas laisser cette histoire en plan comme �a !
Vous les avez laiss�s l� sans la moindre id�e de ce qui s'est r�ellement pass�.
Hmm...
Vous connaissez mes modestes id�es sur la vie et son mode d'emploi ?
Ouais.
Bien s�r.
Mais ce ne sont pas vraiment les v�tres, non ?
Vous avez toujours le choix.
Soit vous �crivez votre propre script...
soit vous vivez en fonction de quelqu'un d'autre.
Comment vous me voyez ?
Je me rends compte que vous n'avez pas une grande estime pour moi,
simple traducteur.
Mais j'ai lu et traduit vos mots.
J'ai pass� des mois, des ann�es, � apprendre � conna�tre
votre style et votre fa�on d'�crire. C'est du pass�...
Que �a vous plaise ou non,
que vous appeliez Germund Rein ou Alex Henderson.
Cette intrigue compliqu�e �tait-elle vraiment n�cessaire ?
Hmm... N'est-ce pas �vident ?
Que diable pensez-vous ?
La suspicion doit grandir lentement.
Pensez-vous que tout �a aurait fonctionn�
s'ils s'�taient retrouv�s sous les feux de la rampe trop t�t ?
Ils n'avaient jamais pr�vu de vous tuer, hein ?
Vous le savez aussi bien que moi.
C'est ainsi que cela devait se terminer.
La fin parle d'elle-m�me, non ?
Et la mort de Mariam ?
Eh bien, �a n'a rien � voir.
Elle a �crit ce chapitre.
Ce n'�tait pas dans mon script.
Qui diable �tes-vous pour me juger ?
En fait, vous avez essay� de tuer votre propre femme au nom d'un amour de merde.
Et la voici en rose,
� vivre dans le bonheur domestique avec Morris Wanker, Winkler,
peu importe son putain de nom.
Ce n'est pas ainsi que vous pensiez que votre histoire se terminerait.
Hein ? Hmm...
David ?
En ne sachant m�me pas ce qui s'est r�ellement pass� ?
J'ai besoin d'un bon verre.
- Alors comment �a s'est pass� ? - Quoi ?
Le voyage en avion ?
Il n'y a pas eu de vol.
Alex Henderson existait d�j� depuis de nombreuses ann�es � cette �poque.
M�me vous, vous auriez d� le comprendre � ce moment-l�.
Il a pris un avion pour Ath�nes. C'est tout.
Vous n'�tiez pas ivre ce soir-l� � Behrensee, non ?
Un peu �m�ch�, tout au plus.
Alors vous avez eu une sacr�e chance.
Hmm... Hmm... Hmm...
Foutaises.
J'ai l'impression que vous me devez une fi�re chandelle, non ?
- C'est moi qui ai fait votre sale boulot. - Ah non, c'est moi !
Le marionnettiste doit-il remercier la marionnette pour sa danse ?
Je pense qu'il est temps que je parte.
Je dois retrouver la route avant qu'il ne fasse trop noir.
Vous vous rendez compte qu'il est inutile de parler.
Mon identit� est �tanche, depuis longtemps.
Alors j'ai compris.
Bon.
�tre un mauvais perdant peut �tre tellement inconvenant.
C'est juste que...
J'ai eu beaucoup de mal � accepter le sort de Mariam.
Vous ne l'avez pas tu�e, moi non plus.
Et Germund Rein ?
Il est mort.
Traduit de l'anglais par eMartinie
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