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Ouais, je m'excuse, mais t'as pas raté Rudi, hein?
Mais tu peux me dire ce que t'es allé foutre là-bas, aussi.
C'est quoi, ton affaire de film? T'as filmé quoi, au juste?
J'ai tout filmé, je t'ai dit.
T'as filmé des mercenaires, toi?
C'est pas bon, ça, Martin. C'est pas bon.
Tu me fous dans la merde, là.
Faut que tu partes.
Faut que tu partes, tout de suite.
-Nila. -Nila, heu...
Je m'en occupe de Nila, OK?
Je te réserve un billet pour Jakarta.
Quand t'arrives là-bas,
tu prends le premier vol international que tu peux trouver
Salut, Alex. C'est Paul.
Désolé de t'appeler si tard.
Tu peux me dépanner, ce soir ?
Tu peux sortir le bateau ?
Je sais, mais j'ai une urgence.
Il faut que tu emmènes Martin à .
Merci, mec. Je te revaudrai ça.
Salut.
Tu fais quoi, là? Allons-y, mon gars.
J'arrive.
Sois prudent, OK?
Ils vont pas tarder à savoir que t'es parti.
- Et toi? - Inquiète-toi pas pour moi.
Martin Landreau ?
Oui.
Vous pouvez nous suivre ?
Donc vous allez tous écrire une saynète en anglais
de trois minutes sur le harcèlement scolaire.
Chacun doit écrire un texte,
sans exception.
Et au prochain cours, vous jouerez votre saynète
devant vos camarades, d'accord ?
C'est bon ? Compris pour tout le monde ? Enzo, c'est OK ?
Évidemment, vous pourrez la jouer seul ou par groupe de deux ou trois.
À jeudi !
Allo !
Oui.
Oui, c'est moi, oui.
Ah bon ?
Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
Les forêts précèdent les peuples.
Les déserts les suivent.
La citation de Chateaubriand résonne en moi,
alors que je remonte le fleuve en direction du village de Lasang.
dernière étape de mon périple sur l'île de Bornéo.
Cette région sauvage de l'Indonésie,
abrite parmi les plus belles forêts primaires au monde.
Mais pour combien de temps encore ?
C'est l'une des réponses que je viens chercher ici,
à des milliers de kilomètres de ma Vendée natale.
Je suis un aventurier qui veut changer le monde, me répète souvent ma mère.
Mais méfie-toi, le monde ne se laissera pas faire.
Quand elle dit ça, je lui souris.
Salut Martin.
Ça va ?
Ouais.
Paul Lepage, bienvenue au Kalimantan.
Merci.
Tu as fait bon voyage ?
Très bien.
Allez, plus qu'un petit quart d'heure de route et on est arrivé.
C'est ta première fois à Bornéo ?
Première fois en Indonésie tout court.
Ben, tu vas voir, tu vas aimer ça ici.
Ben, ça, c'est KMA.
Avant, c'était une école. On a rénové il y a deux ans.
Donc, ici, c'est l'accueil.
bon, là, il est tôt encore, en fait il y a personne, mais...
tu vas voir, ça peut se remplir assez vite.
On t'a gardé un bureau juste là.
Il y a un ordinateur, tu t'installes, il y a tout ce qu'il faut.
Ah, cool.
Tu as juste à te créer une session, puis c'est parti.
Une fois par semaine, on a même un dentiste qui vient.
Ce qu'il faut savoir, c'est que, bon, on est
le seul centre de soins à 100 kilomètres à la ronde.
100 kilomètres ?
Ouais, puis 100 km ici, ça peut être facilement quelques jours de transport.
Salle d'examen.
Bon, évidemment, on n'a pas de bloc opératoire.
Ce qu'on fait ici, c'est qu'on soigne les petits bobos, les petites infections.
Ça dépanne.
Puis en plus, c'est gratuit.
Puis si jamais tu me cherches, ben, tu peux pas me manquer.
Je suis au milieu de tout ça.
Pas très local comme déco ça.
Non, ça, il n'y en a pas beaucoup par ici.
-T'as le mal du pays -Ça m'arrive, ouais.
Une belle bête, hein ?
Ouais.
C'est pas mal le trophée dont je suis le plus fier.
Chasses-tu, toi ?
Non, non, non.
Parce que chez nous, la chasse, c'est une histoire de famille.
Bon, OK. Assez jasé.
Installe-toi, repose-toi un peu, parce que demain, on part à 7 heures, OK ?
OK.
- Bienvenue ! - Merci !
N'aie pas peur.
C'est pour ne pas être malade.
Voilà.
C'est déjà fini.
Voilà.
C'est fini.
Bravo !
-Elle a quel âge ? -Neuf ans.
Vous avez été super !
Il faut remercier
M. Martin et M. Paul.
Merci !
Merci !
-Merci ! -Merci !
Au revoir !
Au revoir !
Ok, au travail !
Ce matin, on va commencer par le cours d'anglais.
T'es sûr que tu peux rentrer à pied?
Oui, t'inquiète, j'ai envie de rester un peu.
OK. Bye.
À toute.
Bonjour.
Bonjour.
J'ai une question.
Je cherche
cette femme, Nila Jawad. Vous savez où elle est ?
- Nila. - Vous la connaissez ?
Là-bas.
Lui ?
Là-bas.
Merci beaucoup.
Bonjour.
Bonjour.
Je cherche Nila Jawad.
Vous la connaissez ?
- Pourquoi ? - J'aimerais la rencontrer.
J'ai lu des articles sur elle.
Je m'appelle Martin, je suis français.
Je suis étudiant.
Alors ?
Nila Jawad ?
Nila est à Pontianak.
Elle revient dans quelques jours.
Je vais l'attendre alors.
Comme tu veux.
Timo, tu m'avais dit que ta cousine revenait bientôt.
Ça va faire une semaine.
Pontianak, c'est loin.
Mais t'inquiète, elle sait que tu es là.
Elle m'a dit : "Emmène-le en forêt.
Et débrouille-toi pour qu'il ne revienne pas."
Tu fais quoi ?
Ça soigne les maladies de peau.
La forêt, c'est notre supermarché.
Elle nous donne tout ce dont on a besoin.
En ville,
les médicaments sont chers.
Et nous, on n'a pas les moyens.
Il fait quoi ?
Il parle à son père.
Son père ?
Oui. Grâce à l'arbre.
Si tu coupes l'arbre,
tu coupes le lien spirituel avec tes ancêtres.
Tu comprends pourquoi la forêt et les Dayak ne font qu'un ?
Sans elle,
on n'est rien.
Donc quand je vois ce qu'ils lui font,
ça me remplit de colère.
Nila !
Tu vois, tu n'étais pas le seul à l'attendre.
Allez les enfants, on retourne en classe !
Comment tu me connais ?
Facile. Il suffit de taper "déforestation Bornéo"
et ton nom apparaît.
Nila Jawad, la porte-parole de son peuple,
la femme qui défie les autorités,
l'activiste indonésienne.
- Rien que ça ? - Oui.
Tu étudies les conséquences de la déforestation sur notre société ?
Vaste sujet.
- Tu as un permis de recherche ? - J'ai pas demandé.
Tu le sais. Je n'avais aucune chance de l'obtenir.
Officiellement, je suis bénévole pour une ONG.
- Tu travailles pour KMA ? - Oui.
Avant, on n'avait pas besoin d'eux.
Je sais. Timo m'a montré votre pharmacie.
Enfin, ce qu'il en reste.
Encore lui !
La prochaine fois que je reviens,
il faudra me donner une réponse, hein ?
- Qui c'est ? - Il veut quoi encore ?
Rudi !
Qu'est-ce que tu fous ici ?
Tu es sur nos terres.
Vos terres ?
Alors montrez-moi vos titres de propriété.
Tu sais bien qu'on n'en a pas.
Ces terres sont à nous,
elles appartenaient à nos ancêtres.
Vous pouvez le prouver ?
Non. Regarde !
Regarde bien.
Regardez !
Ce document du gouvernement indonésien
stipule que l'entreprise Palmyr a le droit d'exploiter vos terres.
Va te faire foutre, Rudi !
On sait pourquoi tes patrons t'envoient.
Il vous a promis quoi ?
Un travail dans les plantations payé trois dollars par jour ?
C'est ça que vous voulez ?
Une baraque en tôle pour reloger votre famille ?
Vous voulez partir d'ici ?
Vous voulez laisser vos terres
pour une vie de misère ?
Non ! Non ! Non !
La ferme !
Fermez-la !
Fais pas ta maligne, Nila.
Restez où vous êtes ! N'avancez pas !
Je suis venu vous faire une dernière offre.
Il vaudrait mieux l'accepter.
Tu nous fais pas peur, Rudi.
Ton offre, tu peux te la mettre où je pense.
Toi, arrête de filmer !
Ton nom ?
Arrête ton appareil.
- Dégage, Rudi. - Arrête !
Toi ! On se reverra !
Méfie-toi de Rudi.
Il est capable du pire.
Il me fait pas peur. Il peut pas s'en prendre à un étranger.
Impossible.
Rudi s'en fout de la France.
Il sait même pas où c'est.
Il a déjà tabassé des villageois,
il a même menacé de me tuer.
Mais j'ai pas peur de lui. Et Timo non plus.
Timo m'a invité à son mariage.
Mon cousin t'apprécie beaucoup.
C'est réciproque.
Et toi ?
Tu as quelqu'un dans ta vie ?
Vous êtes bien indiscret, M. Martin !
Non.
Personne.
Et je veux personne.
J'ai une vie compliquée
et dangereuse.
Je veux l'imposer à personne.
Et tu imagines bien que si je fondais une famille,
mes ennemis auraient un moyen de pression.
Je comprends.
Et toi ?
Moi ?
Non.
Personne.
"Heureuse sera l'élue."
Quoi ? Tu parles trop vite.
J'ai dit :
"T'es pas capable de sauter dans l'eau."
Moi, sauter ?
-Tu veux jouer à ça ? -Oui.
Vas-y !
Facile !
Viens.
Viens !
Écoute bien.
Qu'est-ce que tu entends ?
Je n'entends rien.
Justement.
Il n'y a rien à entendre.
Plus d'oiseaux, plus d'insectes, plus d'orangs-outans.
Fini !
Ils ont tous disparu à jamais avec la forêt primaire.
Regarde.
C'est l'une des usines de Palmyr.
C'est ici qu'ils extraient l'huile de palme.
Le sang de l'Indonésie.
Un poison qui nous tue à petit feu.
Tu sais dire "santé" en indonésien ?
-Non. -Ok.
"Bersulang".
"Beurre sur la langue" ?
Hein?
Non, non.
"Ber sur lang"
"sulang". "sulang".
-"Bersulang". -"Bersulang".
Je trinque à la belle Nila.
Rudi, tu fais quoi ?
Tu fous en l'air mon mariage !
Alors comme ça, j'ai même pas été invité !
Tu me fais pas peur.
- Je peux embrasser la mariée ? - Tu rêves !
La touche pas, Rudi !
Timo !
Nila !
Il est là.
Tout va bien.
Prends-lui son appareil.
Petite merde !
Je t'avais dit qu'on se reverrait.
Il a son compte.
Pour aujourd'hui.
On y va !
C'est impossible. Impossible.
Il n'a jamais eu d'histoire avec les stupéfiants ?
Mais non, jamais. Au pire, il a fumé un peu d'herbe
comme tous les jeunes, mais c'est tout
Je ne dis pas que c'est un dealer, mais parfois il peut y avoir une opportunité...
Une tentation.
Mais non, je connais mon fils, c'est un garçon sérieux.
Je l'ai eu il y a trois jours.
Il n'avait aucune intention de rentrer ou de prendre l'avion.
C'est impossible, je vous dis, il y a forcément une erreur.
Bon, écoutez, pas de panique.
Notre attaché de l'ambassade est passé le voir et il est correctement traité.
Et je peux lui parler ?
Pas pour le moment, mais on peut lui transmettre un message.
Mais qu'est-ce qu'il risque ?
Le problème, c'est que la justice indonésienne
ne plaisante pas avec les stupéfiants,
surtout avec les étrangers.
Mais il lui faut un avocat ?
On s'en occupe.
Et moi, qu'est-ce que je peux faire en attendant ?
Pour l'instant, restez très discrète.
Si les médias vous sollicitent, vous ne donnez pas suite, d'accord ?
Je suis joignable à ce numéro 24h sur 24.
Vous avez l'intention de vous rendre là-bas ?
Évidemment, je veux voir mon fils le plus vite possible.
Dites-moi dès que vous savez. Je préviens l'ambassade de France à Jakarta.
Ils vont m'envoyer quelqu'un pour vous aider sur place.
Madame Landreau, je me permets d'insister.
Soyez particulièrement prudente là-bas.
Pas d'initiative personnelle.
PEINE DE MORT POUR LES TRAFIQUANTS DE DROGUE
Bonjour.
Bonjour.
Saïd Ayouche, attaché de l'ambassade.
Bienvenue.
Bienvenue en Indonésie.
Ça brasse, hein ?
Rien qu'à Jakarta, il y a 30 millions d'habitants.
C'est un petit peu bizarre au début,
mais bon, on s'y fait.
J'ai combien de temps par loi ?
15 minutes.
Mais je vais m'arranger pour que vous ayez un petit peu plus.
Ils vous ont prévenu à Paris pour les dollars ?
Les dollars.
Donnez-moi votre passeport.
Allez-y, je m'en occupe.
30 minutes pour elle.
Merci, monsieur.
Donc là, vous avez 30 minutes avec lui, d'accord ? C'est arrangé.
Et vous me devez 20 dollars, OK ?
Mon chéri, mon chéri.
-Ça va ? -Oui.
-T'as vu la chaleur ? -Oui.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je sais pas, je...
Le seul truc que je sais, c'est que je me suis endormi à l'aéroport. Je suis...
Je suis sûr que c'est là qu'ils ont mis cette merde dans mon sac.
Mais t'as vu un avocat ?
Un commis d'office, il parle même pas anglais.
T'inquiète pas, je vais t'en trouver un.
On va en trouver un bon.
Faut que tu préviennes Paul, le directeur de KMA.
S'ils découvrent qu'il a la carte lui aussi, il risque gros, d'accord ?
-La carte ? Quelle carte ? -Je t'expliquerai.
Mais là, tout de suite, d'abord, ce qu'il faut que tu fasses,
c'est que tu récupères mon WeTransfer.
Donc tu vas dans mes mails.
Le mot de passe, c'est martin94, arrobas.
C'est super important.
Faut que tu fasses vite, sinon le lien, il va expirer.
Mais y a quoi dans ce WeTransfer ?
Un truc que j'ai filmé.
Si tu savais ce que j'ai vu vraiment,
ils ont attaqué un village,
ils ont tiré sur les gens,
ils ont même tué un pote à moi.
Je suis sûr que c'est à cause de ça que je suis là.
Ils m'ont suivi, ils m'ont piégé, voilà.
Je comprends pas, qui t'a piégé ?
Shhh ! Il faut faire gaffe à tout ce qu'on dit ici.
-Qui t'a piégé ? -Je sais pas.
Palmyr.
y a des flics, une milice, je sais pas, tout le système de merde.
Tout ça, c'est à cause de leur putain d'huile de palme.
Quand t'auras Paul,
tu lui demande des nouvelles de Nila.
Tu sais, Nila, la brune que t'as vue en photo.
Oui.
Je suis super inquiet pour elle.
J'espère qu'il lui est rien arrivé.
Tu te rappelles ?
Martin, minuscule.
94, arrobas. D'accord ?
Si c'est vraiment ce qu'il vous a raconté, on va trouver un deal, hein.
Parce que jamais les Indonésiens laisseront une bombe comme ça sur Internet.
C'est pas possible.
Faut éviter le procès.
Et il vous a dit qu'il était où, ce village ?
Il m'a parlé d'huile de palme. Dans une palmeraie, j'imagine.
Mais bon, y a que ça ici, des palmeraies.
Tant que ça télécharge.
Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Vous êtes sûr que c'est le bon lien ?
- Ah ouais, ce lien, hein.
Bon.
Est-ce que vous avez dit s'il avait laissé une copie, une clé ou une carte ?
Une carte, oui. C'est le patron de KMA qui l'a.
Et le mec est fiable ?
Je pense, oui.
Non, mais la carte, je l'ai détruite.
J'ai pas eu le choix, je veux dire, la police a débarqué ici,
ils ont fouillé, ils ont tout retourné, le bureau, les ordinateurs.
J'ai passé deux jours d'intérrogatoires.
avec la police. Donc la carte, il fallait que je la détruise.
Mais pourquoi vous l'avez pas mise en sûreté ?
Chez vous, par exemple ?
Chez moi aussi ils ont fouillé
Je comprends pas, je pensais que Martin l'avait sauvegardée.
C'est ce qu'il croyait mais son WeTransfer a été piraté.
Et Nila, la jeune Dayak,
elle était là ce soir-là, vous savez où est-ce qu'elle est?
Nila Jawad, il n'y a plus de nouvelles.
Elle a disparu le soir du mariage.
Mais comme d'habitude ici,
personne n'a rien vu, personne n'a rien su.
Combien de morts il y a eu là-bas ?
Difficile à dire, mais bon officiellement,
c'est juste un mariage qui a mal tourné.
Vous savez qui a fait ça ?
Martin a parlé d'un commando,
des gars habillés en militaire.
Des paramilitaires ?
Au service de qui ?
Je dirais plus une milice privée,
mais au service de qui,
ça vous savez comment ça fonctionne ici.
Non, moi je ne sais pas.
Il y a des habitants qui se font tuer
et il n'y a pas d'enquête, il n'y a pas de témoins,
il n'y a personne qui veut savoir ce qui s'est passé.
Bienvenue en Indonésie, Madame Landreau,
c'est comme ça que ça se passe ici.
Mais au village, il y a peut-être des habitants qui ont vu quelque chose,
qui peuvent témoigner.
Pourquoi ils ont fait ça, vous croyez ?
Pour leur faire peur.
Ça a très bien marché.
Il n'y a personne qui va parler, ils savent tous ce quoi ils risquent.
C'est l'heure de la toilette !
Hé, le Français !
C'est l'un des meilleurs avocats pour ce type d'affaires.
Il bosse régulièrement pour l'ambassade.
Le gros avantage, c'est qu'il parle français.
Désolé de vous en faire attendre.
Bonjour, Mme Landreau. Maître Abang, enchanté.
-M. Ayouche, comment ça va ? -Bien.
Je vous en prie.
Bon, les nouvelles ne sont pas très bonnes.
Avant toute chose, j'ai demandé à visionner la vidéo surveillance.
Comme par hasard, la caméra dans la zone d'embarquement, là où Martin s'est endormi,
était hors service.
Bref, on n'a rien.
C'est pas de chance, mais il va falloir faire ça.
Alors, voici le scénario que je vous propose, Mme Landreau.
On va faire profil bas.
Votre fils, malheureusement, il se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment.
Il se fait piéger à l'aéroport. On lui met la drogue dans son sac.
Il sert de mule à son insu. Le coup classique.
Donc, l'enjeu pour nous va être de mettre en avant
la bonne foi, l'innocence, la probité.
Tout le parcours de Martin plaide pour lui.
Par contre, il faut absolument qu'il oublie ce qu'il a vu là-bas.
Cette histoire de village incendié,
il ne faut surtout pas aller sur ce terrain-là.
Mais pourtant, d'après lui, c'est ce qui explique qu'il a été arrêté.
Non, surtout pas.
Je vous rappelle qu'on n'a aucun témoin, aucune preuve.
Il faut mettre toutes les chances de nos côtés.
Faites-moi confiance.
Et il prend combien ton avocat indonésien
10000 dollars pour commencer.
Dix mille, c'est énorme.
Il paraît que c'est le meilleur.
Comment tu vas faire ? Je peux t'aider si tu veux.
C'est gentil mais je me débrouille.
C'est normal que tu t'inquiètes.
Je suis sûr que c'est un coup monté.
Il faut faire confiance à la diplomatie, ils savent gérer ces affaires.
En attendant, Martin est en prison
à l'autre bout du monde alors qu'il n'a rien fait.
Rien que d'imaginer qu'il doit supporter ça, ça va.
Ça va bien se passer. C'est sûr.
Bonjour Martin.
Maître Abang.
Vous savez que vous pouvez compter sur nous.
Courage Carole.
-Merci. -Au revoir
Allez, puis on revient.
On revient et on le refait.
Voilà, c'est bien.
Madame Landreau ?
Camille Farc de Ouest France, vous pouvez m'accorder quelques instants SVP ?
Non, désolée.
Vous avez pu rencontrer votre fils ?
Vous savez s'il est bien traité.
-Vous êtes chez moi, là. -Oui, mais vous avez eu des nouvelles ?
Oui.
Je n'ai rien à dire de plus, je fais confiance à la justice.
Ah, vous faites confiance à la justice indonésienne ?
Au revoir.
Madame Landreau, SVP.
Allo !
-Maman, tu m'entends ? -Oui, mon chéri.
Comment ça va ?
Il sort d'où cet avocat ? C'est quoi cette défense pourrie ?
On me fait un tour parce que j'ai assisté à un massacre
-Et je dois la boucler, c'est quoi, ça ? -Écoute-moi.
Pour l'instant c'est la seule défense possible pour te sortir de là.
Sans ton WeTransfer et sans ta carte on n'a aucune preuve.
Comment ça, aucune preuve ?
De quoi tu parles ? Et les deux villages qu'ils ont brûlés ?
Simon, ils l'ont bien assassiné, non ? Alors, c'est pas des preuves ça ?
Calme-toi, Martin.
Calme-toi.
Paul avait raison, ils ont étouffé l'affaire, il n'y aura pas d'enquête.
Comment ça, pas d'enquête ?
Magne-toi.
C'est-à-dire que les mecs de Palmyr
Peuvent tuer des paysans juste pour récupérer leur terre ?
Et la police et la justice indonésienne ils font quoi ?
Ca veut dire qu'on peut tuer des paysans, On peut tuer la planète, on peut rien y faire !
Je sais, je sais, mon chéri, je sais.
Martin ?
C'est quoi, ton problème, le rouquin ?
C'est ta fiotte ?
Ça va, ça va.
Martin, s'il te plait.
Merci.
De rien.
Il faut bien se soutenir entre dealers.
Carole ?
Eh !
Ça va ?
L'avocat de Martin m'a appelée.
Il a reçu l'acte d'accusation.
Ils demandent 20 ans.
C'est pas possible.
Il m'a dit de ne pas m'inquiéter, que c'était de la com',
qu'il voulait frapper les esprits qui s'y attendaient.
T'en parles à Martin ?
Non.
Non, c'est lui qui doit lui annoncer.
Il paraît qu'ils veulent avancer le procès
et que le président de la Cour va aller vite à cause des élections.
Je sais pas, j'ai pas compris.
Faut que je retourne là-bas.
Et ça, c'est quoi ?
De l'huile de palme.
Il y en a partout, dans tout, je veux plus voir cette merde.
Ah...
Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais on a échappé au pire.
Au pire ?
La perpétuité.
Et je ne parle pas de la peine de mort.
Si on se place dans le contexte indonésien de lutte
contre le trafic de drogue, 20 ans, c'est plutôt bon signe.
Excusez-moi, j'avais pas compris qu'il fallait se réjouir.
Je vous rappelle que mon fils est innocent.
Moi, je pensais que vous alliez m'annoncer.
Je sais pas que la France allait réagir,
que vous alliez faire une annonce officielle, demander une extradition.
Il n'est pas question de s'ingérer dans le cours de la justice indonésienne.
Il n'existe aucun accord entre la France et l'Indonésie
pour extrader des prisonniers.
Mais on continue d'agir à notre niveau, entre chancelleries.
On travaille, Mme Landreau, on travaille, mais vous savez...
On avance en terrain miné, là.
Mme Landreau, votre taxi est arrivé.
Laissez-nous faire, hein.
Ayez confiance.
Mon fils a perdu la trace de son amie Nila Jawad.
Nila Jawad, l'activiste ?
Oui. Elle était avec lui quand le village a été attaqué.
Depuis, elle a disparu.
Oui, je suis au courant. Sa disparition commence à faire du bruit.
Même le monde diplomatique en parle.
Tous les réseaux activistes indonésiens se mobilisent
pour tenter de savoir ce qui lui est arrivé,
mais pour l'instant, elle reste introuvable.
Vous pourriez essayer d'en savoir un peu plus ?
Je ne vous promets rien. Je vais voir ce que je peux faire.
C'est le destin d'un jeune Français qui se joue à l'autre bout du monde,
avec le début demain du procès de Martin Landreau à Jakarta.
Accusé de trafic de drogue par la justice indonésienne,
l'étudiant vendéen risque 20 ans de prison.
L'Etat indonésien est réputé pour son intransigeance
en matière de trafic de stupéfiants.
Coupez la radio, SVP.
-Détail dans un instant. -Oui, bien sûr.
Vous êtes Martin Landreau, 28 ans,
de nationalité française.
Vous êtes arrivé en Indonésie à Bornéo,
dans la province du Kalimantan,
il y a cinq mois,
pour un stage au sein de l'ONG Kalimantan Medical Aid.
- C'est exact ? - Oui.
Vous avez été arrêté le 13 février dernier
à l'aéroport de Balikpapan
en possession de 600 grammes de cocaïne.
Que faisiez-vous dans cette ONG ?
Je recensais les besoins de la population.
Votre Honneur.
Martin Landreau,
il s'avère
que vous êtes étudiant en anthropologie.
En réalité,
vous êtes venu en Indonésie pour enquêter à charge sur l'huile de palme
dans le cadre de votre thèse sur la déforestation.
Comme vous n'aviez pas de permis de recherche,
vous avez dissimulé aux autorités le véritable but de votre séjour.
Votre Honneur.
Oui, c'est vrai, mon client étudie l'anthropologie.
Il a bonne réputation dans son université en France.
Oui, il est venu ici pour finir sa thèse,
et oui, il n'avait pas de permis de recherche.
Mais c'est la seule faute qu'on peut lui reprocher.
Légalement,
rien n'interdit à mon client
d'entreprendre une mission dans une ONG en Indonésie.
C'est au tribunal d'en juger.
Auditionnons les témoins.
Bonjour, Votre Honneur.
Je suis chef de la sécurité chez Palmyr.
Je connais cet homme.
Il venait régulièrement dans les plantations
vendre de la drogue aux ouvriers.
Faux ! C'est totalement faux.
Cet homme ment.
Votre Honneur, cet homme
a commis un meurtre dans le village de Lasang.
J'étais là, j'ai tout filmé.
Vous n'avez pas la parole.
Taisez-vous
ou je vous fais évacuer.
Rudi, je sais ce que tu as fait.
Regarde-moi, fils de pute !
T'es un assassin et tu le paieras, salaud !
Silence !
Pour la dernière fois,
je vous demande de vous taire.
Merci.
Témoin suivant.
Bonjour, Votre Honneur.
Je suis ouvrier.
Je travaille pour Palmyr.
Un jour,
il m'a proposé de la drogue.
Faux ! Je ne le connais pas.
Je ne l'ai jamais vu de ma vie.
Eh bien...
Lui semble vous connaître.
Merci. Témoin suivant.
C'est quoi ce délire ? C'est quoi ça ?
Docteur Paul Lepage, connaissez-vous cet homme ?
Oui, Votre Honneur.
Comment l'avez-vous rencontré ?
Je savais que Martin était étudiant.
Chez KMA, comme dans beaucoup d'ONG,
nos stagiaires sont souvent des étudiants.
Mais il ne m'a jamais parlé de sa thèse.
Je n'étais pas au courant.
Mais je peux certifier qu'il a fait de l'excellent travail chez KMA.
C'est...
un jeune homme sérieux,
intelligent et honnête,
qui aime l'Indonésie
et les Indonésiens.
J'ai toute confiance en lui.
Je ne l'ai jamais vu sous l'emprise de stupéfiants
et je peux affirmer que ce n'est pas un trafiquant.
Donc docteur Lepage,
pensez-vous que quelqu'un ait des raisons d'en vouloir à mon client ?
Non.
Non. Votre Honneur, pour moi,
c'est le coup classique de l'Occidental piégé par des trafiquants.
C'est quoi ces conneries ? Qu'est-ce que tu racontes, toi ?
Et Palmyr ?
Et le massacre à Lasang ?
Pourquoi tu dis rien ? Mais dis ! Dis ! Dis ce que tu sais !
Ça suffit. Gardiens !
Emmenez le prévenu.
Dis ce que tu sais ! Dis leur !
Pourquoi tu dis rien ?
Moi, je t'ai dit tout. Ces bâtards de Palmyr, c'est ça ?
Sale traître.
C'est qui ces deux gars-là ?
Vous étiez au courant qu'ils devaient venir témoigner ?
Parce que là, il faut passer mon fils pour un dealer.
Je suis désolé, Mme Landreau, j'ai fait le maximum.
Pourquoi vous n'avez pas dit la vérité ?
Écoutez, déjà, je prends un gros risque en venant jusqu'ici.
Alors, si en plus je parle de ce qui s'est passé à Lasang
Et ça servait à rien de témoigner, alors !
Vous auriez préféré que je ne vienne pas ?
Vous imaginez le signal que ça aurait donné?
Mais là, vous avez fait passer mon fils pour un menteur.
-Vous pensez que c'est un bon signal, ça ? -Écoutez, je dois y aller.
Dites à Martin que je l'oublie pas, puis bon courage.
Nous condamnons
l'accusé, Martin Landreau
à la peine de mort.
-Qu'est-ce qu'il a dit ? -Peine de mort.
Non, c'est pas possible.
Non, non, non !
S'il vous plaît, s'il vous plaît.
S'il vous plaît.
On va où ?
À Alcatraz, mec.
À Alcatraz !
Prochain arrêt : le couloir de la mort !
Silence !
-Tenez. -Merci.
- Vous pensez qu'ils vont tuer mon fils ? - Non, non.
La France l'empêchera, ça c'est une certitude.
- Vous avez des enfants, Saïd ? - Vous pouvez me tutoyer, Carole.
Non.
Non, non, j'ai pas d'enfant.
La première fois que je l'ai eu dans les mains.
il était tellement fragile,
il était tout petit.
Je me souviens de notre premier regard.
Il avait tellement besoin de moi
Toute ma vie je me suis battue pour qu'il ne lui arrive jamais rien.
Et là ils me le prennent.
Ils me l'arrachent.
Ils me le condamnent.
C'est...
C'est impensable.
Assis.
Assis !
J'ai été vagabond
durant bien des années
J'ai dépensé tout ce que j'avais en whisky et bière
Me voilà de retour au port
les poches pleines d'or
Et je ne serai
plus jamais vagabond
Non, non, plus jamais
Jamais, plus jamais
Je ne redeviendrai vagabond
Non, plus jamais !
-Allo ! -Madame Landreau.
Oui ?
Delors à l'appareil.
J'ai une bonne nouvelle pour vous.
On a retrouvé Nila Jawad.
Miam !
On est gâtés, aujourd'hui.
Tant que c'est sans huile de palme.
Monsieur veut garder la ligne.
La vache, j'ai du mal.
Sérieux, je pige pas.
Tu m'as dit que tu t'étais fait un nom dans le surf.
Tu as voyagé dans les plus beaux spots.
Alors pourquoi avoir joué avec le feu ?
Tu sais bien qu'Indonésie et dope font pas bon ménage.
Pour la vague ultime, le rêve de tout surfeur.
La vague géante.
Le frisson qui te fait te sentir invincible.
Il faut être un peu fou
pour passer sa vie à chercher ça.
Mais ça a un prix.
Tu as beau faire des petits boulots,
vivre de trois fois rien,
voyager, ça coûte un bras.
Alors quand tu croises un type
qui te fait miroiter un pactole contre un petit service,
tu réfléchis pas, tu fonces.
Trois kilos d'héroïne planqués dans ta planche,
un check-point à passer,
et à toi, la belle vie !
Mais il faut toujours se méfier de la vague.
Elle te frappe là où tu ne l'attends pas.
La vérité, mec, c'est qu'on...
m'a balancé.
Un putain d'enfoiré m'a balancé.
Et toi ?
Qu'est-ce qui t'a amené dans ce pays de merde ?
L'envie de comprendre.
Ce monde fou dans lequel on vit.
Un monde qui creuse sa propre tombe.
C'est qu'il est philosophe, en plus !
Pas philosophe.
Juste réaliste.
Tu sais, j'avais 16 ans quand j'ai perdu mon père.
Cancer du poumon.
L'amiante, comment on dit ?
Amiante.
Ça te parle ?
Il était peintre en bâtiment.
Tout le monde connaissait le danger, mais personne n'a rien fait.
Ici, c'est pareil.
On continue à raser la forêt, alors qu'on connaît les conséquences.
Le chaman m'a dit :
"L'homme blanc détruit la forêt pour ses propres besoins,
mais à la fin, tout le monde va mourir.
Y compris l'homme blanc."
Quand on se réveillera,
il sera trop tard.
C'est pas une prophétie,
juste un peu de bon sens !
Tu vois, mec,
tu me remontes le moral.
Je suis super content d'apprendre que toi et moi, on sera pas les seuls à mourir.
T'es con, mec.
T'es vraiment con.
Bon appétit !
Je sais pas comment tu peux manger ça.
Question de survie.
De survie.
Est-ce que tu crois vraiment que faire appel, ça va me tirer de là ?
T'as pas dit à Abang ? Je vais pas pouvoir me défendre.
Ici, les procès en appel, c'est à huit clos.
Les magistrats, il faut leur tambouriner entre eux,
et de toute façon, ils s'en foutent de savoir si je suis innocent ou coupable.
Juste, ils parlent de la peine.
Donc, si j'ai un peu de chance, c'est perpète.
Dans le meilleur des cas, 10 ou 15 ans.
Comment tu veux que je tienne, moi ? Jamais, je vais tenir.
Je préfère encore mourir.
Non, non, ne rédis pas ça.
Tu crois pas qu'ici, il y a un criminel ?
Il a tué cinq personnes à coups de sabre ?
Il a pris 9 ans, à peine.
Moi, j'ai rien fait, faut que je m'estime
heureux si je suis perpète aux 10 ou 15 ans.
Ça peut pas se passer comme ça, c'est pas possible.
-Nila est vivante. -Quoi ?
Delors l'a retrouvée.
Elle est où ?
Dans une prison pour femmes, à Puncak.
Elle va bien ?
Ça a pas été facile de la retrouver.
Il l'avaient inscrite sous un faux nom pour pas qu'on sache qu'elle avait été arrêtée.
Et manque de bol, il y a une détenue qui l'a reconnue.
D'après Delors, elle va pas rester très longtemps en prison.
Une militante emprisonnée, c'est pas bon
pour l'image d'un pays qui veut se donner des airs de démocratie.
Ils vont être obligés de la libérer.
Ils ont peur d'elle.
Et puis, il y a ça aussi.
"Le président de la République française réaffirme son opposition absolue
à la peine de mort et son attachement
indéfectible aux droits de la défense auxquels ils doivent s'exercer.
Il se remet à la sagesse de la Cour d'appel de Jakarta
afin que la sentence de Martin Landreau soit considérée dans le sens
de la clémence et de l'équité.
" C'est sûr qu'avec ça, ils vont libérer direct ?
Selon Saïd, c'est un engagement fort en langage diplomatique.
Delors et Abang pensent que c'est du bluff, ta condamnation à mort.
Histoire de mettre la pression jusqu'à ton procès en appel.
Tant que je suis enfermé, ça arrange tout le monde.
Ça permet d'enterrer l'affaire jusqu'à ce que plus personne en ait rien à foutre.
Le procès en appel, il y a lieu quand ?
En six mois, un an, dix ans ?
Abang est plutôt optimiste. Il pense dans les trois mois à venir.
Un stylo, s'il te plaît.
Bonsoir.
Mme Landreau, quelqu'un vous attend à la piscine.
C'est au sujet de votre fils.
Je peux laisser ma valise ?
Bien sûr.
Mme Landreau ?
Je suis Nila.
Ils m'ont libérée la semaine dernière.
À ma sortie,
ils ont voulu savoir où j'allais, qui je voyais.
Mais Jakarta est une grande ville,
où j'ai beaucoup d'amis.
J'ai réussi à les semer.
Comment vous m'avez trouvée ?
Mes amis activistes ont suivi le procès de Martin.
Donc ça a été facile pour eux de vous localiser.
Comment il va ?
Il tient bon.
Mme Landreau, on a peu de temps.
Je sais que vous repartez ce soir en France
et j'ai des infos qui pourraient aider Martin.
Tu savais que KMA est financée par Palmyr ?
Qui t'as dit ça ?
KMA appartient à Golden Palm, une filiale de Palmyr.
C'est leur vitrine verte.
huile certifiée, respect de la biodiversité, blablabla.
Ça veut dire que Paul Lepage travaille pour Palmyr ?
Indirectement, oui.
C'est pour ça qu'il a détruit le film
et qu'il n'a rien dit au procès.
Allez savoir...
Mais je sais qui a attaqué le village de Lasang.
Des mercenaires australiens,
les mêmes qui ont opéré en Papouasie l'an dernier.
À coup sûr commandités par Palmyr.
Malheureusement, impossible de le prouver
dans ce pays ultra-corrompu.
D'où vous tenez toutes ces informations ?
Je ne peux rien dire de plus,
mais on est plusieurs activistes
à enquêter sur Palmyr.
Et quand on cherche bien,
on trouve.
Et puis c'est pas tout
Y aurait des capitaux français dans Palmyr.
Tu crois ?
C'est peut-être ça qui les rend nerveux à l'ambassade de France.
D'ailleurs, toi, ça fait partie de ta mission.
en tant qu'attaché de l'Ambassade
de veiller sur les intérêts français dans l'huile de palme.
Je sais absolument pas qui t'a raconté tout ça,
mais je pense que tu devrais te méfier.
Justement, je me méfie de tout le monde.
Mon fils est condamné à mort et je peux compter sur personne.
Je comprends que tu sois en colère.
Je comprends.
mais moi je bosse pour Martin.
Tu peux compter sur moi.
Je tiens à te dire une chose.
Officiellement pour l'ambassade. Je rentre à Paris pour une autre affaire.
Mais je compte réactiver quelques réseaux qui peuvent nous être très utiles.
Réactive tout ce que tu veux,
Martin et moi, on va se battre. On va aller jusqu'au bout.
Et toi et tes copains de l'ambassade..!
Enfoncez-vous bien ça dans le crâne.
Ta condamnation n'a pas encore été confirmée ?
Non.
Donc pourquoi on te transfère à l'Unité 4 ?
C'est mon fils qui vous parle.
Soyez brève, madame Landreau, nous sommes attendus.
Je m'appelle Martin Landreau.
J'ai 28 ans.
Je suis condamnée à mort.
Étudiant en anthropologie,
je suis parti l'hiver dernier à Bornéo à la rencontre du peuple Dayak,
un peuple en voie d'extinction dont la culture
et les droits ancestraux sont méprisés.
Un peuple victime d'expropriations sauvages,
de la déforestation illégale,
de la violence de milices,
victime de la corruption de la police
et de la justice indonésienne.
Le 12 février dernier, j'ai été témoin du massacre d'un village Dayak
perpétré par des hommes en armes
au service de Palmyr,
une compagnie d'huile de palme.
Au cours de cette attaque, un homme, Timo Jawad,
a été tué lors de la cérémonie de son mariage.
Sa cousine Nila a été arrêtée et emprisonnée.
Contrairement à ce qu'affirment les autorités indonésiennes,
je ne suis pas un dealer.
Je suis un témoin gênant,
et là bas, les témoins gênants,
on les assassine ou on les condamne
au cours de procès truqués où les droits de la défense sont bafoués.»
Ça y est, j'ai la réponse de la commissaire.
« J'accuse Palmyr.
J'accuse l'État indonésien de massacrer la planète, de tuer des villageois
et de laisser en prison un innocent pour le réduire au silence.
Et j'accuse l'État français, de complicité.»
Oui, Jérôme.
L'amendement.
Il passe en silence dans un mois.
Merci.
Oui, je sais.
Je sais, mais là, je pouvais rien faire.
D'accord, on arrive.
Changement, on va au quai.
Qu'est-ce qui se passe ?
On ne va plus aller l'Élisée.
Pourquoi ?
À votre avis ?
Vous imaginez bien qu'après une charge aussi frontale,
le président ne peut plus vous recevoir sans risquer l'incident diplomatique.
Madame Landreau, ça fait trois mois qu'on se bat
pour obtenir quelque chose, et là, vous réduisez tout à néant.
Vous pensez que les Indonésiens vont apprécier,
que ça va les inciter à la clémence ?
Moi, je partage tout à fait votre indignation, mais plus vous médiatiserez,
moins, la justice indonésienne vaudra déjuger.
C'est une question de souveraineté, de fierté nationale. Vous comprenez ?
Mais moi, ça fait trois mois que je me tais.
Pas de médiatisation, pas de bruit, rien.
J'ai suivi toutes vos consignes. Et le résultat ?
Ce qu'il faut que vous compreniez bien, c'est que votre fils se trouve
au cœur d'un jeu économique et politique qui dépasse complétement son cas.
Qu'il soit innocent ou non, c'est même plus le problème.
C'est un avertissement que les Indonésiens nous adressent.
Mêlez-vous de vos affaires, mais ne venez pas nous donner de leçons.
Moi, ce que je veux, c'est récupérer mon fils.
Je veux pas qu'il meure.
Et je veux pas non plus qu'il pourrisse dans leur prison alors qu'il n'a rien fait.
Oui, je comprends, mais vous n'y arriverez pas comme ça.
Madame Landreau,
beaucoup d'enjeux vous échappent que je ne peux pas vous dévoiler.
Comme les capitaux français dans la production d'huile de palme ?
Oui, ça, madame.
Les capitaux français, il y en a un petit peu
partout dans le monde, et heureusement d'ailleurs.
Même dans une compagnie corrompue, impliquée dans des crimes.
Je ne vois pas de quoi vous parlez, mais si vous avez des informations...
Lasang, dans le territoire Dayak.
Ils ont incendié et tué des habitants lors d'un mariage.
Vous en avez pas parlé, ça, monsieur le ministre ?
Écoutez, si vous tenez absolument à jouer à ce jeu
très dangereux, allez-y, les médias en raffolent.
Mais ne venez pas après demander l'engagement de l'État.
C'est l'un ou l'autre, hein.
Il va falloir choisir, madame.
C'est un ancien de la DGSE qui maintenant fait du consulting économique.
C'est un mec brillant. Tu vas voir, il connaît tout le monde.
Et pourquoi il nous aiderait ?
Il y a deux ans, juste avant que je parte d'Irak,
on a travaillé ensemble sur l'enlèvement de trois français.
Les humanitaires de SOS Chrétien d'Orient.
Non.
Bon, peu importe, on a réussi à les faire libérer, et depuis on est devenus amis.
Bonjour.
Bonjour.
Ça va Gilles ? Ça va et toi ?
Gilles Manzoni, Carole Landreau.
Enchanté.
Bonjour.
On en met partout.
Dans l'alimentation, les cosmétiques, les lessives.
Mais surtout dans le gasoil.
Pour rouler vert.
Je sais.
Viens, Tony.
Oui, mais... Vous savez aussi que... On va faire voler les avions avec.
Ah oui, pour remplacer le kérosène.
Vous voyez que ça n'est pas prêt de s'arrêter.
Merci.
Dommage pour les orangs-outangs et les dayaks.
Parce que là-bas, ça crée de l'emploi et de la richesse.
Beaucoup de richesse.
Tout le monde en croque, y compris dans les hautes sphères.
Alors l'huile de palme, on n'y touche pas.
Oui.
Ça fait rentrer des devises.
Beaucoup de devises.
Alors on achète, on investit, on construit, on se développe et on importe.
Et alors là, tout le monde rapplique.
Les Chinois, les Australiens, les Coréens, les Américains...
Les Français.
Évidemment, les Français.
Vous savez que la capitale indonésienne va être transférée au Kalimantan, sur Bornéo.
Un marché de plus de 30 milliards d'euros.
Bâtiments, autoroutes, aéroports, universités.
Vous voyez, d'ici les contrats pour les groupes français.
Et je vous parle pas du reste.
Les rafales, les sous-marins, les satellites.
Bref, c'est pas le moment de se fâcher avec les Indonésiens.
Je sais.
Faut se fâcher avec personne.
Le ministre m'a déjà fait la leçon.
Ouais, faut reconnaître qu'il a pas beaucoup de marge de manœuvre.
Avec tous ces gros contrats.
Et puis la pression des lobbies.
Et des politiques, parce que tout ça, faut savoir que...
C'est de l'emploi ici, en France.
Mais vous savez... Je vais vous dire une chose.
Pour les Indonésiens, votre fils, c'est surtout un enjeu de politique intérieure.
Il y a des élections dans un an.
Et le président Jokowi n'a aucun intérêt à montrer le moindre signe de faiblesse.
En face, les religieux intégristes et les nationalistes
n'attendent que ça pour l'accuser d'être à la solde de l'étranger.
Malheureusement pour nous, il est très utile en prison, votre fils.
Et pour le moment, le Quai d'Orsay peut pas faire grand-chose.
Et c'est pour entendre ça que tu m'as fait venir.
Tout simplement parce qu'on va contourner le Quai d'Orsay.
Vivéol, ça vous dit quelque chose ?
Non.
Leader européen de l'agro-industrie.
Champion des biocarburants.
Champion français.
Ils sont au capital de Palmyr.
Il y a une holding luxembourgeoise.
Donc, Vivéol peut influer sur Palmyr.
Qui peut influer sur la justice indonésienne.
Vous me suivez ?
Pour résumer, il faut absolument qu'on ait Vivéol avec nous.
Ça, c'est très important.
Voilà.
Et pour ça, on a un atout maître.
Votre fils. C'est-à-dire ?
Martin, puis ça fait mal.
Leur image.
Ben oui.
Parce que raser la forêt primaire,
exterminer les orangs-outangs et les peuples autochtones,
tout ça pour remplir nos réservoirs de carburant vert,
c'est une pratique qui plaît de moins en moins chez nous.
Et comment vous comptez vous y prendre ?
Chère madame, il va falloir viser juste.
On n'a le droit qu'à un coup.
Pas mal, maestro.
Ouais.
Là, c'est pour moi.
Joli.
Faut que tu viennes avec moi au Québec cet hiver.
On ira chasser le caribou.
Je croyais que c'était interdit.
Ah non, non, c'est très réglementé quand t'es un chasseur lambda.
Mais pas quand tu fais partie du Saint-Edouard's Club.
Avec des amis, on a une chasse privée au nord de Montréal.
Du coup, on fait ce qu'on veut.
Et je peux te dire que les grands espaces,
l'air pur, la vie d'aventurier, quand t'as goûté à ça...
Apporte !
Allez, viens.
Allez, viens.
Merde.
Mais pour en revenir à notre conversation,
je vous disais que chez Vivéol, on est très sensibles à l'environnement.
D'ailleurs, on n'apporte que de l'huile certifiée zéro déforestation.
Parce que vous pensez que Palmyr ne déforeste pas ?
Alors, je vous arrête tout de suite. Vivéol se fournit exclusivement chez Golden Palm,
qui est la référence en matière d'huile écolo.
Et que Golden Palm soit la propriété de Palmyr, ça vous chagrine pas ?
Écoutez, pour nous, ce qui compte, c'est que ce soit de l'huile durable.
Certifiée sans massacre.
Belle promesse verte.
Mais qu'est-ce que tu racontes ?
Ok, je veux bien que le fils de madame ait été témoin
de l'incendie d'un village mais enfin s'il...
Tu sais mieux que moi que l'Indonésie, c'est le pays des milices.
Il y en a partout.
Et qu'elles font n'importe quoi.
Vivéol n'a rien à voir dans tout ça.
Et puis qui vous dit que c'est pas un règlement de compte entre Dayak.
N'oubliez pas que ce sont des guerriers aussi, les Dayak.
Ce sont des Australiens qui ont fait le coup.
Mais alors ?
Quel est le rapport avec Palmyr ?
Le rapport ?
Ben oui.
Le rapport, c'est qu'ils sont embauchés par Palmyr.
Pour effrayer les villageois pour qu'ils abandonnent leur terre.
Tout ça pour continuer à déforester.
Vous devriez aller faire un petit tour là-bas pour voir leur méthode.
Je sais.
Je sais qu'il y a encore beaucoup à faire pour moraliser tout ça.
-Et d'ailleurs, c'est dans le projet du groupe... -Allez, arrête ton baratin, Antoine.
On n'est pas dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
Il y a un jeune homme qui risque sa vie.
Et tu sais très bien que potentiellement, ça peut devenir un énorme boulet pour ton client.
Il faut que Vivéol s'implique auprès de Palmyr
pour faire jouer ses influences sur place.
Mais ça s'appelle du lobbying, ça.
Eh ?
C'est pas ton boulot, peut-être.
Au moins pour une fois. Ce sera pour la bonne cause.
Bon, voyons.
Je travaille toujours pour la bonne cause, moi.
Bien sûr.
L'huile de palme, ils n'en veulent pas. Et ils le montrent.
Toute la nuit, des agriculteurs ont bloqué l'entrée de la raffinerie totale de la MED.
C'est un site qui importe chaque année 350 000 tonnes
d'huile de palme pour produire du carburant.
Et cette huile vient principalement d'Indonésie
où des forêts entières sont brûlées. On le voit sur ces images.
Pour planter des palmerais.
Madame la députée, comment est-ce que vous réagissez
en découvrant ces images ce soir ?
Je comprends tout à fait la colère de nos agriculteurs.
Je vous rappelle qu'il y a quelques années,
ils ont été encouragés par l'État et par l'Union européenne
à produire de l'huile de colza pour fabriquer du biodiesel.
Et aujourd'hui, ils ne peuvent pas lutter contre les prix cassés de l'huile de palme
en provenance d'Asie du Sud Est.
Et ces agriculteurs qu'on a vus sur ces images
et les associations environnementales
dénoncent aussi une aberration écologique.
Alors ça, je l'ai appris en préparant l'émission.
Faire rouler nos voitures à l'huile de palme, c'est trois fois plus polluant
qu'avec de l'huile de colza cultivée en France.
D'abord parce que quand on coupe une forêt, on libère du gaz carbonique.
Vous savez, madame, moi aussi j'ai des enfants et je comprends très bien votre angoisse.
Écoutez, on va essayer de faire quelque chose.
Le seul problème, c'est que ça tombe mal en ce moment
avec le projet d'amendement qui va être déposé à l'Assemblée.
J'imagine que vous aviez l'intention d'aller en parler à madame Mbaye
pour lui exposer la situation.
Qui ça ?
Mbaye.
La députée écolo.
Il faut arrêter de fermer les yeux.
C'est une aberration écologique.
Et ça a beau se passer à l'autre bout du monde, ça nous concerne tous.
C'est pourquoi, lors du projet de loi sur les bio-carburants
qui se tiendra à l'Assemblée le mois prochain,
je proposerai un amendement visant à taxer
lourdement les importations d'huile de palme en France.
On parle que de ça en ce moment dans les rangs de l'Assemblée.
Sauf que cette proposition de taxes,
évidemment, ça fâche beaucoup les Indonésiens.
Vous imaginez ? Pour eux, les millions de manque à gagner.
Madame. Votre fils fait clairement partie de l'équation.
Alors c'est sûr que si elle retirait sa proposition d'amendement,
ça nous faciliterait bien la tâche.
Madame Mbaye, s'il vous plaît.
Je suis Carole Landreau.
Mon fils est emprisonné en Indonésie, est-ce que je peux vous parler, SVP ?
- Excusez-moi, c'est pas du tout... - Ça va.
Pardon. Ok, je vous laisse.
Merci encore. Très bien. Merci, Karim.
Il faut absolument que je vous parle. C'est important.
J'ai pas beaucoup de temps. Je suis attendue à une séance.
Mais je vous écoute, Madame Landreau.
Mon fils Martin a été condamné à mort.
Je sais.
Il attend actuellement son jugement d'appel.
Je sais tout, Madame. Je sais qu'il a été victime d'un coup monté.
Je sais qu'il est innocent. Et je sais ce que vous allez me demander.
Vous allez me demander de retirer mon amendement sur la taxation d'huile de palme.
Ce que vous savez pas, c'est que mon fils vient d'être transféré dans le quartier des condamnés à mort.
Ils ont même pas attendu le résultat de l'appel.
Vous pensez que si je retire mon texte, il sera libéré ?
Ce que je sais, c'est que si vous le faites pas, ils vont le tuer.
Qui vous a fait croire ça ?
J'ai des contacts. Des contacts influents.
Vous avez rencontré M. Poulain ?
Oui.
Ah, mais lui, il a vraiment honte de rien, hein.
Il vous a proposé un marché, c'est ça ?
Me faire craquer, moi, députée, mère de famille, et lui, en échange.
J'ai eu ses contacts.
Mais c'est un marché de dupes, Mme Landreau.
Poulain sait très bien qu'il pourra rien faire. Même lui, ça le dépasse.
Il essaie juste de gagner du temps pour Vivéol.
Lui, au moins, il me propose quelque chose.
Ça fait des mois que je me heurte à des murs.
Vous pouvez même pas vous imaginer.
Si, si, si. Je peux très bien imaginer.
C'est 5 ans. C'est 5 ans de ma vie.
Ça fait 5 ans que je me bats pour ce texte.
Ça fait 5 ans que je subis des pressions de tous les côtés.
Les lobbies, les élus, le gouvernement, les industriels.
Et là, pour la première fois, le rapport de force m'est favorable.
Alors, je suis désolée.
Je suis désolée, mais je ne céderai pas.
Je vous demande pas de céder.
Je vous demande juste de reporter.
Mme Landreau, vous avez un fils admirable.
Vraiment, j'ai entendu sa déclaration et je l'ai trouvée très forte.
On se bat pour la même cause, vous savez.
est-ce que vous lui avez demandé ce qu'il en pensait ?
Excusez-moi, il faut absolument qu'on y aille.
On est très en retard. La séance va démarrer d'une minute à l'autre.
Oui, j'arrive tout de suite.
Vous savez, Mme Landreau, si j'avais le moindre espoir
qu'en différant le vote de mon texte,
ça réglerait le problème de votre office, je le ferais.
Mais ça changera rien.
Ils vont le garder en prison et il sera pas exécuté.
Il n'y a pas eu d'exécution d'Occidentaux en Indonésie depuis plus de 20 ans.
Donc, tôt ou tard, il finira par sortir.
C'est une certitude.
Un, deux, trois, quatre, cinq...
Debout, un pied en arrière.
On a pris la vague.
Prends appui sur le pied avant.
Prêt ? Oui.
Le regard au loin, là où on veut aller.
Oui, on prend de la vitesse.
Virage en bas. Prêt ?
On tourne avec la tête, les bras, et on vire !
Voilà, on surfe !
Autre virage.
Relâche le pied avant.
On tourne avec la tête et les bras.
Attention à la vague ! Enfoiré !
Quand on sortira de ce trou,
je t'emmènerai à Boomerang Beach.
Mon sport préféré.
Ça marche.
Elle m'a dit qu'elle allait réfléchir.
Oui, je sais, oui.
Comment ?
Je fais le maximum, mais je peux pas décider à sa place.
Non, non, je suis toujours en contact avec elle.
Oui, bien sûr, je vous tiens au courant.
C'était Poulain.
Qu'est-ce qu'il voulait ?
Des nouvelles de la députée.
Je veux pas lui dire que c'est foutu.
Et lui de son côté, est-ce qu'il avance ?
Il conditionne tout au retrait de l'amendement.
Il débecque, ce type.
On appelle la députée ?
Pour lui dire quoi ?
Je défends mon fils, elle défend la planète.
J'ai pas le poids.
Je suis désolée.
J'ai besoin d'être seule.
Tu comprends ?
Debout tout le monde !
Debout !
C'est du bluff.
Ces salauds veulent faire pression sur nos gouvernements.
Ça va aller.
À la une également l'indignation de la communauté internationale.
Cette nuit, en Indonésie, 4 condamnés à mort
ont été exécutés dans une prison de haute sécurité.
Parmi eux, trois ressortissants étrangers : un Nigérian,
un Pakistanais et un Australien. Ces détenus ont été fusillés
malgré les condamnations d'amnistie internationale
du secrétaire général de l'ONU et du Premier ministre australien.
Les avocats des victimes dénoncent aujourd'hui une violence...
AMENDEMENT RETIRÉ. CORDIALEMENT, A. MBAYE
MERCI.
Ils les ont abattu comme des chiens.
Chaque fois que la porte s'ouvre,
J'ai peur que ce soit pour moi.
Abang m'a dit que tu voulais plus le voir.
On tourne en rond avec lui.
La seule chose qu'il veut, c'est que je me rétracte
publiquement, que j'en revienne sur mes accusations.
Il pense que vis-à-vis de la cour, c'est un signe d'apaisement très positif.
T'es d'accord avec lui ?
De toute façon, vous complotez dans mon dos tous les deux depuis le début.
Vous croyez quoi ? Que j'ai menti ?
Que j'ai tout inventé ?
Vous voulez pas que je m'excuse auprès de Palmyr pendant qu'on y est ?
Si on te croit, on est les seuls à te croire.
Tu comprends pas que tout ce qu'on fait, c'est pour te sauver, hein ?
Tant pis, si Palmyr a gagné, tu ressusciteras pas les morts.
Mais toi t'es en vie, et je me battrai, je me battrai jusqu'au bout, avec ou sans toi.
Tu peux pas me demander ça, maman.
Pas toi.
Mon chéri.
C'est ta peau que tu joues, là.
Ils examinent ton appel dans trois jours.
Il faut mettre toutes les chances de ton côté.
Pour le reste, on verra après, je te promets.
Martin, s'il te plaît.
Fais ce qu'il te dit. Si tu le fais pas pour toi, fais-le pour moi.
Tu comprends pas, maman.
Si je fais ça, si je dis que j'ai menti,
ça mène à quoi ?
Ça veut dire que j'avoue être un dealer.
T'as vu ce qu'ils font aux dealers ?
T'as vu ce qu'ils ont fait à Peter ?
Quand je te regarde, je vois ton père. T'es aussi têtu.
Lui, je l'ai perdu.
Toi, je te perds pas.
Tu m'entends, Martin ?
Je te perds pas.
Je pourrais pas.
Pourquoi c'est si long ? Ils avaient dit 16 heures.
L'audience a peut-être été plus longue que prévu.
Allô ?
Oui.
OK.
Merci.
Ce matin, la cour d'appel de Jakarta
vient de confirmer la condamnation à mort de Martin Landreau,
l'étudiant français de 28 ans accusé de trafic de drogue en Indonésie.
Désormais, son seul espoir est d'obtenir la grâce présidentielle.
Un espoir bien mince, puisque depuis des années, elle est systématiquement refusée.
Si sa demande n'aboutit pas,
Martin Landreau pourrait être exécuté dans les semaines qui viennent.
Dans un ultime geste de désespoir,
l'étudiant français a débuté une grève de la faim dans sa cellule.
En France, la mobilisation prend de l'ampleur
et les comités de soutien se multiplient dans les universités...
Il n'y a pas à dire, ils savent les secouer les drogués.
C'est pas comme chez nous.
Bonne journée.
C'est de comprendre, là, mais j'arrive pas, là.
J'ai eu Manzoni, lui non plus, il comprend pas.
Mais surtout, il arrive pas à joindre Poulain.
Ça, ça m'emmerde, ça.
Vite.
Il s'est bien foutu de ma gueule, celui-là.
Madame Mbaye avait raison. Ça servait à rien.
Il nous a baladés depuis le début.
Et tu sais pourquoi il a pas appelé Vivéol comme il nous l'a promis ?
Parce que là, il est en train de chasser le caribou
avec ses copains et qu'il en a rien à foutre.
Attends.
Les caribous ?
KMA ?
Mais oui.
Comment ça s'appelait son truc, là ?
Truc Georges ?
De rois, c'est pas Georges, c'est... Saint-Edouard.
Oui, c'est ça.
Saint-Edouard's club.
Mais oui, bien sûr.
Oh, putain.
Elle avait raison, Nila.
Tu le reconnais ?
Je dirais Paul Lepage.
Si, si, c'est lui, hein ?
Elle sort d'où, cette photo ?
Le Saint-Edouard's Club, un club de chasse privé au Québec.
Il en fait partie. Et Paul Lepage aussi, apparemment.
Tu savais qu'ils se connaissaient, tous les deux ?
On peut faire ça demain.
Aujourd'hui, on fera juste...
Oui, c'est bon.
On parle.
Allez, allez, allez.
C'est bon, tu peux nous laisser.
Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce que vous faites ici ?
Le WeTransfer
Vous étiez le seul à savoir.
De quoi vous me parlez, là ?
Quand Martin a envoyé sa vidéo, vous étiez seul avec lui ce soir-là.
C'était très facile pour vous d'interrompre le WeTransfer
et de le remplacer par un film d'un autre genre.
Non, mais vous insinuez quoi ?
Pourquoi j'aurais fait ça ?
Pour protéger les intérêts de KMA et surtout de ceux qui vous emploient.
Paul, on sait très bien que vous connaissez Poulain.
Poulain ?
Antoine Poulain, le lobbyiste de Vivéol.
Oh, t'arrêtes de raconter de la merde, on a toutes les preuves.
Oui, oui, oui, Poulain, on se connaît, oui.
Voilà !
On a étudié ensemble à Montréal.
Vous pensez quoi ce problème avec Poulain ?
Ça, c'est le bureau de Martin, ça ?
Oui, c'est le bureau de Martin.
Paul, on sait aussi que KMA est une couverture de Golden Palm et de Palmyr.
Je n'ai aujourd'hui qu'une machine. Bon j'ai qu'une machine
Moi, ce que je veux, c'est que vous appeliez Poulain.
Il y a que lui qui peut mettre la pression sur...
Hé, oh, la police a déjà fouillé l'ordinateur, tout ça, il y a rien trouvé.
Paul, s'il vous plaît, appelez Poulain.
Il faut le convaincre de mettre la pression sur Palmyr.
Il y a que Palmyr qui peut obtenir la libération de Martin.
C'est notre seul espoir, s'il vous plaît, Paul.
C'est notre seul espoir.
Madame Landreau, si vous pensez que des gars comme moi
peuvent influencer des gars comme Poulain,
je pense que vous savez pas à qui vous avez affaire.
Si, je sais très bien à qui j'ai affaire.
Tout le monde me balade, tout le monde me ment.
Vous m'avez menti, vous avez menti à mon fils.
Vous lui avez dit ce que c'était vraiment KMA.
OK, qu'est-ce que vous auriez fait à ma place?
Si Martin sort la vidéo, qu'est-ce qui se passe, vous pensez?
Les gars de Palmyr, ils se permettent de tuer des villageois.
Vous croyez qu'ils vont me laisser tranquille
s'ils apprennent que je les ai balancés?
Alors vous avez préféré sacrifier mon fils?
Mais il est condamné à mort.
Paul, appelez Poulain.
Appelez Poulain.
Carole, viens voir.
Regarde.
Mais comment t'as fait?
Martin m'a dit qu'il avait pas fait de copie.
Non, non, c'est pas Martin.
Ça, c'est une copie automatique.
C'est ce logiciel-là le responsable.
On a exactement le même programme à l'ambassade.
Et ça m'a fait tilt quand j'ai branché cette clé USB
que j'ai trouvée dans le sac de Martin.
Je voulais savoir ce qu'il y avait dessus.
En fait, il y a pas grand-chose d'intéressant à part sa thèse.
Mais par contre, quand tu regardes en haut de l'écran,
tu vois cette petite barre noire?
Oui.
Si j'enlève la clé, hop, tu vois, elle disparaît.
Et quand je la rebranche, elle réapparaît.
Cette barre indique que le logiciel est en train d'enregistrer dans l'ordinateur
tous les fichiers qui sont sur la clé.
C'est bien planqué dans le disque dur, mais tout est là.
Tu vois là, par exemple, regarde, il vient de copier la thèse de Martin.
Et il s'est passé la même chose avec son lecteur de cartes.
Quand il a branché le sort de l'attaque,
sans qu'il s'en aperçoive,
le logiciel s'est mis en route
et il a enregistré sur l'ordinateur les photos et les vidéos qu'il y avait sur la carte.
Voilà, elles sont là dans le dossier.
Non, mais c'est dingue.
Et toi, vu ta tête, t'étais pas au courant.
Non, parce que toi, t'as tout bien fait, là, jusqu'à présent.
T'interceptes le WeTransfer, t'effaces ta carte,
puis t'appelles tes potes de Palmyr, là, qui
glissent un petit cadeau dans la valise de Martin
et qui le dénoncent à la police.
Vous avez pas fait ça, Paul?
Si, si. C'est ça qu'il a fait, pas vrai?
OK.
Vous avez le film.
Super.
Puis?
Tout ce que vous pouvez faire avec l'Indonésie,
c'est de l'utiliser comme monnaie d'échange, parce que
ça va être ça, le prix à payer, Mme Landreau, hein?
Enterrez l'affaire.
Lui, c'est Rudi, chef de la sécurité de Palmiers.
Et ça, c'est des mercenaires australiens.
Ça va, j'en ai assez vu, merci.
Vous avez prévenu, M. l'ambassadeur.
Ces images sont terribles.
Bon, Mme Landreau, à partir de maintenant,
vous nous laissez faire, on est bien d'accord.
Et Paul Lepage?
Oh, oubliez Paul Lepage.
Officiellement, il n'y a pas d'affaire.
Et puis, en plus, il est ressortissant d'un pays ami.
C'est bon, pas d'emmerdes.
Je vais vous demander une dernière chose.
Mon fils ne doit pas savoir qu'on a retrouvé sa vidéo
et qu'elle a été monnayée contre sa libération.
On est d'accord?
Jamais.
Allo !
Oui.
Oui, il est avec moi.
Je vous le passe.
Tiens. L'Élisée.
Le Président, il veut te parler.
Qu'est-ce qu'il veut lui dire..?
S'assurer qu'il est en bonne santé.
Et qu'il comprend les enjeux.
Il faut que tu saches que pour obtenir la libération de Martin,
la France a dû prendre des engagements auprès de l'Indonésie.
Il ne doit plus jamais évoquer le massacre de Lasang.
Merci, M. le Président.
Ma mère a raison.
Quand on veut changer le monde,
Le monde ne se laisse pas faire.
Mais depuis que j'ai découvert la guerrière qui est en elle
et la guerrière qui est en Nila,
je sais que le combat continue
et que le désert devra attendre avant de remplacer la forêt.
sous titre par Umbi.
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