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Original subtitles

...

Quelqu'un se déplace.

...

-T'es prête ?

Chante.

Poulette et Laurent chantent. -Joyeux anniversaire

Joyeux anniversaire

-Attention.

Joyeux anniversaire,

mon amour -Merci.

-Joyeux anniversaire

Applaudissements

-On souffle ? -Bougez pas.

Attends. Attends.

J'immortalise ça.

-Un... deux... trois !

-Regardez-moi.

Tu veux une framboise ?

-Oui... Euh... Bah non.

-Comment non ?

Vas-y, mets-là de côté.

-La bougie.

-Allez.

Ah, moi !

-Ah ! Merci.

Marie rit.

Un restaurant gastronomique ! -C'est quoi, "gastronomique" ?

-Un grand restaurant. On mange très bien,

avec un grand chef.

Un deux étoiles !

-Tu t'es fait plaisir. -Ça sera incroyable.

-Oui. Merci beaucoup.

-T'es contente ? -Oui.

-Allez, on attaque.

T'aimes bien ?

-C'est pas fini.

-C'est quoi ?

-C'est la galette des rois.

-C'est quoi, ces bagues ?

-Ce sont des alliances.

Ton père me demande en mariage.

-Tu dis quoi ?

-Pourquoi maintenant ?

-On se connaît depuis dix ans.

Faut régulariser.

Alors ?

-Bah oui, évidemment. Bah oui.

-BISOU SANDWICH !

La photographe les guide en anglais.

...

...

...

...

Choc

-Ça va ? -Ça va.

-Salut, les jeunes. -Salut, Laurent.

-Non, moi je suis,

la bonne entrecôte avec frites... -On y va ?

-C'est parti. -Allez.

-Je crois qu'il est mort.

Bon, allez-y.

-Forcément...

-Pièce d'identité.

-Parisien.

-Une clé d'hôtel.

-C'est tout ?

-J'ai plus rien. -Rien ?

-Plus rien.

-Stéphane Dallet.

D-A-2L-E-T. Un suicide, quasi sûr.

Le docteur me remet le certificat de décès et un OML.

Je programme ça avec le légiste, à Monod.

Merci.

-Ça va, la petite ?

-Très bien, oui.

-Au revoir. -Merci.

-Au revoir, docteur.

-Non mais un ou deux, tu les extrais,

tu les coffres, tu tires pas aux LBD,

tu mets pas des coups de matraque.

C'est n'importe quoi.

-T'as 200-300 policiers gendarmes

et en face, t'as 500-600, voire 1000 personnes énervées.

-Énervées...

-Faut les contenir.

-Carole l'a dit, c'était une manifestation pacifique.

-Au début.

-Qui allume... On sait jamais qui allume la mèche.

-Voilà, on sait jamais qui allume.

-Les CRS ont pas tapé sans raison sur les pompiers.

-Non mais...

-Tu as vu les tirs de LBD.

-Oui. Oui. Ça, c'est trop.

-Tu tires sur les pompiers ?

C'est pas possible. -Pas à balles réelles,

ça reste des balles en caoutchouc.

-Arrête. -Il y a des blessés.

-Le mec qui a perdu un œil, c'était une balle en caoutchouc.

S'il te plaît.

-Il y a des enquêtes. Celui qui a fait une erreur, il sera puni.

-T'as eu l'OPJ à Paris ?

-Oui, ils préviennent sa famille.

-J'ai croisé Manu, le pseudo jardinier. Il a une tête

à être passé à des trucs plus durs.

-Ah oui ? Quoi ?

Héro ?

-Je pense, oui.

-Il a pas compris.

-Lui, il va mal finir.

Il aurait besoin d'un électrochoc.

-C'est clair.

-Tu quittes plus ton biberon.

-Ça marche super bien.

Ça fait un mois.

-Mais si pour décrocher,

tu fumes ça toute la journée, c'est pas mieux.

-Des scientifiques disent que c'est pire que la clope.

-Allez, salut.

-Il est pas content.

-On l'a vexé.

Tant pis.

-Je paye, là ! J'ai de l'argent. -C'est pas la question, Jacques.

-Tu la gardes, ton argent. -Pourboire.

-Reprends ton argent.

-Je te ramène chez toi.

-Tu as assez bu.

-Tu reviendras demain.

-Je vais te faire ta pub.

-Très bien. -Pas de menaces.

- On y va. On y va. Allez, Jacques.

-Non mais oh ! Ça va, je peux y aller seul.

-Alors, viens. -Refus de vente.

C'est rien, maman. -T'as bonne mine !

-J'ai rien fait. Je vais boire un coup à pied.

Elle fait chier.

-Regarde comme tu es.

-Elle appelle ces enculés. -Tu vas trop loin.

-Sortez de mon jardin !

Je suis chez moi !

-Tu te calmes, là !

-Docteur, merci. Je vous tiens au courant.

Elle frappe.

-Oui ?

Celui-là, c'est bon.

Bon, on a fait le tour, là.

-Je m'en occupe.

-Excusez-moi, il y a du lourd.

Dudot vient de nous faire un signalement.

Il suit une petite pour son asthme.

Là, elle se plaint de maux de ventre

et lui a dit que son père lui avait fait mal au trou.

-On passe ça en urgence. Merci, Carole.

*-Sans relâche, des coureurs d'océans s'élancent

*vers d'autres latitudes.

-T'es fatiguée ?

*-Les grands départs s'effectuent au rythme de ces eaux.

*La mer est un immense espace de liberté.

-Allez, dans 5 minutes, au lit.

Tu vas avoir droit à une enquête de moralité.

-C'est quoi, ce truc ?

-Un gendarme peut pas épouser n'importe qui.

Ils doivent se renseigner.

-C'est fou ! On se connaît depuis longtemps.

Tu veux te marier, ils enquêtent.

-C'est ça, l'armée.

-Faut coucher Poulette, Séverine arrive.

Elle a pas pu passer en mairie.

-T'as vu l'heure ? -Ce sera pas long, un quart d'heure.

-Plus qu'un truc et c'est bon.

-T'es forte !

-Je suis pas forte.

Après, je dois tout bouger.

-Je le fais les yeux fermés. T'es prête ?

On sonne.

Je regarde pas.

Voilà.

Ils rient.

-Comme c'est une première demande, il faut tout remplir.

-Cinq ans d'orthophoniste pour en arriver là !

-Il en a besoin, ton fils.

Faut pas se poser de questions.

T'as vu la prof principale ? -Oui.

-Elle dit quoi ?

-Maëlie, 5 ans.

Fille de Marc et Jessica.

Jessica vit maintenant avec Christophe,

le frère de Marc.

Marc vit dans une caravane au fond du jardin.

Jessica a 2 enfants de Christophe,

Célia et Aaron, qui sont demi-frères et cousins de Maëlie.

-D'accord. Donc, ils sont sept.

Dans quoi ils vivent ?

-Maison de 3 pièces, dégueulasse. Et la caravane

aussi dégueulasse. -OK.

Va falloir se la jouer fine. S'ils voient un uniforme, on est foutus.

On tirera plus rien des gamins.

On met en place une enquête sociale,

on fait croire que c'est l'école, pour insalubrité.

On récupère les enfants et on fout les parents en GAV.

-Et le proc ?

-Le proc, c'est un autre problème. On va trouver.

-Tiens.

-Merci.

-Faut les allumer, canal 3.

-Trois ? -Oui.

Bonjour, madame. -Bonjour.

-On va procéder à un déminage.

Si vous pouviez quitter la plage par là et attacher votre chien.

-Ça va durer longtemps ?

-Un petit moment. Désolé.

*-Autorisation de brancher l'exploseur.

*-On a l'autorisation de brancher l'exploseur.

Mine déshuntée. Exploseur branché.

*-Reçu. Rayon toujours clair.

-Reçu. Attention, compte à rebours imminent.

Cinq... Quatre...

*Trois... Deux... Un...

*Mise à feu.

-La ta ca ta ca tactique du gendarme

C'est d'être perspicace sous un petit air bonasse

Contravention. Allez, allez Pas de discussion. Allez, allez

Exécution. Allez, allez

Je connais le métier

La ta ca ta ca tactique du gendarme

C'est d'être constamment à cheval sur le règlement

Bravo !

-Nous allons passer au métier de marin pêcheur

avec un chant traditionnel marin,

Faut avoir du courage. N'hésitez pas à chanter avec nous.

-Faut avoir du courage

Pour faire ce long voyage

-Le départ étant arrivé

Chacun descend sur le quai

-Petit bol d'air ?

-C'est tellement bon !

-Il y a un cormoran, là-bas.

-Là-bas, là.

-Peut-être qu'il y aura un peu de pesson.

T'as quelque chose ?

-Il y a rien.

-Je crois que c'est raté.

-J'ai un truc à te demander.

Je voudrais que...

tu sois mon témoin.

-C'est vrai ?

Quel honneur ! -Ouais ?

-Bah écoute, c'est d'accord.

-Ça va être une belle fête.

-Un beau couple, ça fait une belle fête.

-Je t'ai ramené ça, on a rien pêché, aujourd'hui.

-C'est gentil.

-Je t'ai acheté des crevettes.

-Merci. Bah, on va chercher

un coup de blanc. -Un coup à boire.

-À la cuisine, dans le frigidaire. -Un petit blanc ?

-Ce que je voulais te dire, c'est que...

à mon âge, on est un peu fragile, tu vois.

S'il m'arrive quoi que ce soit, tu vois ce que c'est.

-Tu me fais peur, là. Elle rit.

-Écoute, c'est le sort, hein.

Personne n'a...

Personne n'a encore découvert l'immortalité.

Bon, j'y crois pas, même dans l'au-delà.

Enfin, c'est un autre problème.

Mais voilà, je voudrais te donner quelque chose.

-D'accord.

-Et quelque chose, bien sûr, qui me tient à cœur.

Il faut qu'on aille voir pour ça.

-C'est pas possible.

-Ton grand-père y tenait. Il t'adorait.

C'est logique que tu en hérites.

-Je peux pas accepter. Je sais

ce que ça représente pour toi. -Je viendrai la voir.

Mais je veux que ce soit toi qui t'en occupes.

Et puis, t'as pas le choix. C'est pour toi.

Allez. Et je te fais confiance.

Tu t'en occuperas très bien.

D'accord ? -J'ai pas le choix.

-Non. Elle rit.

-Qu'est-ce que c'est ? -Regarde.

-Oh, c'est l'Albatros !

-Tu me tiens ça ?

Attention ! C'est fragile.

-Mi...ssaine...

-Misaine. -Misaine.

Trinquette. -Oui.

-Euh... Petit foc, grand foc.

-Et clinfoc. -Clinfoc.

-Clinfoc. Bah voilà, tu peux naviguer.

On peut faire le tour du monde, tous les deux.

Je serais le capitaine et toi ? -Moussaillon.

-OK. En garde, moussaillon !

Petit moussaillon.

Il y a encore de la poussière, là.

Passe bien dans les coins.

Tu vas doucement pour pas l'abîmer.

-Là, celle-ci...

La grosse...

Et ensuite...

Celle-ci.

Voilà. -Les trois ?

-Oui. -T'es sûr ?

-Évidemment.

-Et t'as les factures ?

-Non, mais chez Sery, aux Loges, il doit les avoir.

-Ce serait mieux

de les retrouver.

-Si tu démontes le carter, là... il y a mes initiales.

Ça te va comme preuve ?

-Bon. Un café ?

-Ouais.

Vous avez trouvé comment ?

-En faisant une perquise pour autre chose.

-Et c'est qui ?

-Je te le dirai en temps utile.

-C'est des mecs d'où ?

-Je peux encore rien dire.

-Je les connais ?

-Julien, je peux rien dire.

Bruno, ton voisin est pas venu

déposer plainte. On lui a volé des trucs, lui aussi ?

-J'ai rien entendu dire.

Mais c'est le cas pour Savalle.

-Dis-lui de passer.

-Je lui dirai. -Il peut récupérer des trucs.

-Oui. Je l'informerai.

-T'as des nouvelles de ta plainte contre la DDPP ?

Il soupire. -Ces faux-culs...

Ça me bouffe. Franchement.

Ils sont venus. Tout s'est bien passé.

On a fait le tour de l'exploitation. Tout allait bien.

Ils sont repartis contents. J'étais content.

Trois semaines plus tard, tu reçois un courrier...

où on te dit qu'il manque 5 m2 par vache.

C'est même pas vrai.

Ils sont qui pour me dire comment je dois élever mes bêtes ?

Mes bêtes sont mieux logées que moi.

Pff ! Bande de connards !

Mais bon, faut pas qu'ils viennent m'emmerder,

tant que j'ai pas reçu les 24 000 euros de passage en bio.

On a fait tout ce qu'il fallait. On s'adapte.

Ça fait 3 ans que j'attends les subventions.

3 ans que le dossier est complet.

-T'es pas le seul. Mais les indemnités à Bruxelles,

ça a rien à voir avec l'inspection sanitaire.

-Pour moi, si.

C'est un tout.

Mais bon, au-dessus de tout ça... il y a la banque.

Et là, c'est bien pire.

-J'en ai marre de la campagne. On se fait un kebab en ville ?

Voir un peu de vie.

-Un kebab, bonne idée.

-Non, c'est dégueulasse. C'est un truc pour chiens.

-Oh, ça va. -Ça change.

-Un kebab... Tu sais comment ils font cette viande ?

-Bah, non.

Ça te dit, toi ? -Oui.

-Voilà, deux contre un.

-Alors un kebab.

-Ben, voilà.

T'as quelqu'un dans ta vie, Carole ?

-Non, pas en ce moment.

-Personne ? Pas de copain ? Pas de copine ?

-Non.

-T'as pas envie ?

-Bah euh... Si.

-Tu veux pas faire ta vie avec quelqu'un ?

-Bah, si, si.

Il faut qu'il ait pas envie de faire des enfants, comme moi. Mais...

Mais si.

-Tu veux pas d'enfants ? -Non.

-Pourquoi ?

-T'arrives à t'imaginer 2030 comment ce sera ?

On offrirait quoi à un enfant ?

On assiste à une extinction de masse. Ça brûle de partout. Ça fond.

Les scientifiques en parlent depuis longtemps.

Ils ont fait quoi, les politiques ?

Comment on est censé leur donner de l'espoir,

continuer à avoir des enfants ?

Si eux-mêmes se voilent la face, comme tout le monde.

-J'ai une fille. Faut que j'y croie un peu.

Sinon... Faut que je lui donne de l'espoir. Je peux pas...

-Je sais. Je comprends, mais...

-T'as plus d'espoir ?

-En tout cas, je veux pas d'enfants.

-Ça va ? -Ça va, tranquille.

-Qu'est-ce que vous faites là ? -Je dors.

-Tout va bien ? -Tout va bien, merci. Impec.

-Bon. Bonne soirée.

-À vous aussi. -Au revoir.

Alors, Pierre Lemenan...

06 24 04 36 76.

-Et j'avais Olivier Lemaire.

-Oui. Lemaire, c'est drôle.

-Oui, oui... Ça tombe à point.

-C'est le 06 24...

03... -Oui.

13... 14.

-C'est parfait.

Je les contacterai. -Ils sont au courant.

-Ah bon ? Tu leur as déjà dit, toi ?

-Oui. Il fallait bien que je... -Que quoi ?

-Que je leur demande s'ils étaient d'accord.

-Je l'ai pas encore fait.

-Tu mets du temps à faire les choses.

-Bon... -Excusez-nous.

-Je suis ravi parce que des gens du pays avec enfant

qui reviennent et restaurent des maisons, c'est le rêve pour nous.

Ça me fait doublement plaisir car avec Laurent, on se voit

pour des choses moins agréables.

-C'est pas faux, oui.

-Merci de partager ce moment important de votre vie avec moi.

-Baisse.

-On devrait être au sol. -Mais je peux pas. Baisse.

-Là, ça va. -T'es trop haut. Je suis toute...

-C'est pareil, c'est pas grave. Viens.

-Pareil ? Pas grave ? -Lâche, c'est bon, je suis à 450.

-C'est combien ?

-Là, c'est 450. Tu notes.

-Mais t'es parti ! -Là, là ! Ici.

Voilà.

Tiens bien. -Je tiens.

-Tiens bien. -Oui.

-T'as bougé.

-J'ai pas bougé. -Si.

-Non. -Tu bouges encore.

Marie rit.

Alors...

Trois cents... Trois cent trente-six.

-336. -336.

-336 et 450 ?

-Non, ma chérie, c'est 450.

Donc, c'est le 50. Tu fais pas 400,50. C'est 450.

-C'était quoi, ici ?

-Ça va faire 350, ici... 350 !

-339 ?

-Non, 350.

-49 mètres carrés, en tout, la pièce. Incroyable !

-49 fois 20...

Combien ?

50 fois 20. -Ça fait 1 000 euros.

-Pour toute la surface ?

-Il faut mettre de l'isolant.

-Quoi ? -Il y a une souris morte.

-Bah, ça doit être les chats. On ira la...

Ne va pas là-bas. Tu l'as pas touchée ?

-On finit ça, s'il te plaît.

C'est juste pour un jour.

-Justement, la robe qu'on remet pas.

Dépenser une fortune pour ça.

-J'ai envie que tu te fasses plaisir.

-On a les travaux de la maison.

-C'est un jour important.

-Le blanc après 10 ans ensemble, c'est ridicule.

-Prends ivoire, alors. Je sais pas.

Allez, file.

Je passe aux Caves Berigny. Appelle-moi.

Bisous, madame Sandrail. Allez.

-Pas encore.

À plus tard.

Bonjour. -Bonjour, mademoiselle.

Vous aviez rendez-vous ?

-Non. Il faut prendre rendez-vous ?

-Ça va aller. Je vous laisse aller par là.

Aurélie s'occupera de vous. -Merci.

-Bonjour, mademoiselle.

Aurélie. Enchantée. Je peux vous renseigner ?

-Bah, je... je regarde.

-Vous avez une date de mariage ? -Non.

-Je vous laisse regarder. Je suis là.

-Merci.

-Oui, on est ouvert de 14 h à 19 h.

Oui, c'est parfait pour moi.

Je vais prendre votre nom. Monsieur ?

Parfait. Le mariage est prévu pour quand ?

Pas de date de prévue. Parfait. Moi, c'est noté.

-Il y en a au moins une qui t'a plu ?

-Tu connais ma passion pour les magasins. C'est le pire.

Mais je vais trouver.

-On n'est pas obligé de se marier.

Je veux dire, si t'as pas envie, si c'est pas une chose qu'on partage.

-Mais si. Il faut pas que tu te vexes.

Je vais trouver.

Faut juste que je sois... jolie.

-T'es jolie. C'est pas le problème.

-Je mettrai un peu de temps, c'est tout.

-Alors ?

-Avec tout ce cirque, il veut pas sortir.

Pas tant que le jugement pour les bêtes sera pas rendu.

Tu sais bien, il lâche rien, c'est une tête de mule.

-Il faut qu'il sorte. Faut trouver

une solution.

-Je sais plus quoi faire.

-Julien ?

C'est Laurent.

Faut que tu sortes, là.

On fait ça dans les règles, d'accord ?

On t'attend.

Julien !

-Ça va recommencer,

vos conneries ? Vous re-bousillez mes bêtes ?

Vous avez que ça à foutre ?

Combien tu gagnes par mois ? Combien ?

Combien t'es payé à casser les couilles ?

Combien vous gagnez ? Répondez.

Moi, je réponds aux questions. Je vous montre tout,

la taille des bâtiments, tout.

350 balles, moi, par mois.

J'ai pas de samedi, pas de dimanche, pas de vacances.

Et vous venez me casser les couilles. Alors, combien ?

Mes bêtes sont pas bien soignées ? Regarde.

Il faut quoi de plus ?

Bande de connards !

-M. Laforge ?

On veut juste le passeport des bovins et le registre sanitaire.

-Fais ce qu'on te demande, Julien.

Doucement, tu vas tomber accro. C'est un truc de mec, ça !

-Pas mal. Je comprends.

T'as essayé ?

-T'as jamais fumé.

-Non, rien de tout ça.

-Vous voulez voir ? Regardez.

-Julien !

Démarrage en trombe

Gémissements

...

COG 76, patrouille Étretat.

*-COG sur écoute.

-Délit de fuite sur la commune d'Auberville-la-Renault.

Attends.

Un 4x4 blanc Toyota.

-Le fusil. Il a pris le fusil.

-L'individu est armé.

-Il fera pas ça.

-Il va redescendre.

Ça va aller. T'inquiète pas.

L'individu se prénomme Julien Laforge.

35 ans, grand, blond, dreadlocks.

Très bien.

Surveillance du véhicule... et sauvegarde de vie humaine.

Je vous tiens au courant.

-Tu vois Séverine demain ? -Oui.

-Julien n'a nulle part où aller, ça l'inquiète.

-J'ai rien vu venir. Il est passé à la brigade et j'ai rien vu.

-Vous le retrouverez vite.

Ses bêtes, c'est toute sa vie.

-C'est bien ça, non ?

-J'ai une sale tête.

-On est tous les trois.

-Oui, on en fera une autre.

Il est déjà parti sans donner de nouvelles ?

-Non, jamais. Avec les bêtes, il est obligé d'être là.

Cliquetis du clavier

...

-Bon, Séverine, je... On a besoin de comprendre...

pourquoi Julien est parti avec son fusil.

Il a déjà menacé quelqu'un ?

-Tu le connais.

Il est pas méchant.

Il est en colère, c'est normal. Il se bat.

Il se bat. Il est juste à bout.

Il ferait de mal à personne.

Il s'en ferait plutôt à lui-même.

Il se menacerait tout seul.

-"Il se menacerait tout seul." -Oui.

-Euh... Est-ce qu'il y a déjà eu des suicides dans votre famille ?

-Non.

-Est-ce qu'il a déjà évoqué... l'idée d'en finir ?

-Non, jamais. Pas avec moi, en tout cas.

Julien est furieux quand un agriculteur se suicide.

Il est en colère devant l'indifférence générale.

C'est un émotif, mon frère.

-Oui, je sais.

-Bonjour, Bruno !

-C'est pour quoi ? -T'as pris

le relais pour les laitières de Julien ?

-On va pas les laisser crever. -T'énerve pas.

On peut discuter ?

On cherche Julien. On pense qu'il est en danger.

-Tu l'as vu quand, Julien ?

-Il y a 8 jours environ.

-Et il t'a rien dit ?

-Rien de spécial.

-D'après sa sœur, il va mal depuis un moment.

-Ça fait un an qu'il vient plus aux réunions.

-Il savait que la DDPP le lâcherait pas.

-Ça, ils nous lâcheront pas.

D'habitude, on vient faire la médiation. Là, ils nous ont pas prévenus.

-Ça se passe de commentaires.

-Oui.

J'ai envoyé les photos au parquet. On va procéder à l'audition.

Je vais convoquer la petite.

Tu seras avec moi ?

-Non. Tu vas t'y coller toute seule.

Je te fais confiance, ça va aller.

T'appelles le commandant, tu réserves la salle Mélanie.

Ça va aller.

-Oui, oui.

-Que se passe-t-il ?

-Le jeune homme roulait sans casque et il est positif aux stups.

Son scoot est resté sur place.

-Où ça ?

-Le rond-point Saint-Jouin, qui est hyper dangereux.

-Tu sais pas ce qui s'est passé, là-bas ?

-Quoi ? -Sur ce rond-point, il y a 6 mois ?

-Je sais pas. -T'as oublié ?

-Je sais pas. -Ton collègue, Kevin Lethuillier,

il est mort, là-bas !

En faisant le con, sans casque, pareil !

On appelle les parents, après ? En larmes ?

On leur dit : "Désolés, ils ont pas mis leur casque".

C'est de notre faute ?

-Pourquoi vous criez ? -Pour que tu comprennes !

-Redescendez. -Tu comprends rien !

Combien doivent s'écraser avant que vous pigiez ?

Je serais ton père, je t'en foutrais une.

-Vous l'êtes pas. -Tant mieux.

Tu vas réfléchir en cellule ! J'appelle les parents.

-Très bien.

-Elle dort, Lucie ? -Oui, depuis une demi-heure.

-Des nouvelles de Julien ?

-Non, il fait le mort.

-Tu peux pas dire autre chose ?

Deux nuits dehors et rien.

-Je peux pas mettre quelqu'un 24h/24 devant la ferme.

C'est notre travail. T'en mêle pas.

-Mais il se passe pas grand-chose.

-Je te parle des bouts de cervelle que je ramasse ?

Des poivrots ? Des... Des couples qui se tapent sur la gueule,

3 fois par semaine ?

Des gamines violées par la famille ?

Des cadavres ? Ce que ça sent ? Je t'en parle ?

Hein ? Non.

Je le garde au bureau.

Alors, épargne-moi tes remarques.

À la maison, je suis... à la maison.

-Vous avez le code ? -Non.

-Bon. On va le garder, hein.

-On le prend.

-Bien sûr.

Je m'en veux...

J'ai pas pris conscience de son état. C'est bien plus grave.

-T'y es pour rien. Il est passé, c'est bon signe.

-Je m'en veux. J'ai pas...

-Quand on a le nez dedans,

on voit pas tout. T'es pas la seule.

On va le retrouver. Promis.

Repose-toi. -Merci.

-Au revoir.

On peut pas l'utiliser, ça ?

-On s'en sert jamais. Je sais pas comment ça marche.

Pour le mode d'emploi, il faut bac+5.

-Je vais regarder.

-Vas-y, amuse-toi.

Tu vas pas faire ça ?

-Si, j'ai promis à Martine. Elle en a toujours rêvé.

Pour les 20 ans de mariage.

-C'est un immeuble flottant avec des bars, des restos...

-Il y a tout ce qu'il faut. C'est pas cher.

-C'est pas naviguer, c'est Disneyland. -T'as bonne conscience

d'aller là-dessus ? -Je veux faire plaisir à ma femme.

-Et écologiquement ?

-Il a raison, ça déverse des trucs dans l'eau...

-Oh ! Je vous emmène pas avec moi, les gars. Rassurez-vous.

-Tu cautionnes.

-Faites du pédalo, je pars en croisière.

On va pas se justifier, non plus.

-Faut réactiver l'abonnement pour recevoir les photos.

Et sinon, il me faut l'URL, l'APN, le code IP.

Et voilà, ça me paraît assez simple.

-Si tu le dis. On risque pas de nous la voler ?

-Si on essaie pas, on nous la piquera pas.

-Maëlie a fini par sous-entendre

que sa cousine Célia dormait aussi avec son père.

Et elle est repartie chez elle. C'est glauque. J'en ai pas dormi.

-Faut te blinder, c'est que le début.

Le plus important, c'est les aveux du père.

-Il est en déplacement. Il revient dans 3 jours. Je l'ai convoqué.

-C'est bien. Bip

Oui, ça marche.

Bip

La voiture démarre.

Bip

*Télévision

*...

Bip

-C'est bon !

-Tu peux regarder le feu de route ?

*Voix d'un documentaire

*...

-Je cherche ta maison.

-Ah, d'accord.

*-De Terre-Neuve, du Groenland...

*6 mois par an, durant 2 voyages,

*de 3 mois chacun, sans escale.

-Ce qui m'impressionne, c'est qu'ils voyaient jamais de fleurs,

de bourgeons, même pas de feuilles sur les arbres.

Ils partaient 9 mois et revenaient pour l'hiver.

Le reste du temps, ils étaient au large.

-Ils voyaient des perce-neige.

-C'est comme si toi, dans 6 ans,

tu partais 9 mois au large du Canada.

-J'aurais pas pu y aller, je suis une fille.

-C'est vrai. On continue ?

-Henri est parti à quel âge ?

-Henri, pour sa première campagne,

il avait à peine 13 ans.

-Il est mort ?

-Oui.

Comme ton arrière-grand-père.

Il a fait naufrage.

-Ça fait 4 jours, quand même. Je sais pas comment il fait.

Bip

-C'est lui !

Vas-y, file sur zone.

COG 76, patrouille pour Étretat.

*-COG sur écoute.

-On a localisé Laforge dans sa ferme.

339 route d'Épreville, Auberville-la-Renault.

*-Bien reçu.

-PSIG Fécamp, vous êtes où ?

*-Secteur Valmont. On est là dans 15 minutes.

-On se retrouve là-bas.

Ça va ?

Pourquoi t'as un fusil ?

Pose-le, on va parler.

-Partez.

Partez.

-On peut pas partir. -Si.

-On va parler. On trouvera une solution.

Pose cette arme. Écoute-moi.

-C'est quoi, ça ?

On s'en sert pour compter le gibier.

Vous voulez faire quoi ?

Vous m'avez pris pour une bête ?

Partez.

-Julien, écoute-moi.

Pose... Pose ça au sol.

-Non.

Qu'on me laisse tranquille.

-On peut pas. On trouvera une solution.

Tu vas t'en sortir, Julien.

-Il y a pas de solution.

C'est fini.

-Écoute-moi. Pose cette arme.

C'est pas foutu. On trouvera une solution. Tu t'en sortiras.

Pose cette arme. -Je suis fatigué.

Je suis fatigué...

-Je sais que t'es fatigué. Mais pose cette arme.

On va aller chez toi. On va boire un verre. On va se poser.

On va se détendre. Ça va aller.

C'est pas grave tout ça.

Il y a une solution.

Tu fais quoi ?

Julien... fais pas le con.

Pose cette arme. Regarde-moi. S'il te plaît.

Pose cette arme.

Pose-la.

Pose-la.

Fais pas le con, Julien. Pose cette arme.

Pense à ceux qui t'aiment. Julien ! Écoute-moi !

Fais pas le con. Pose cette arme.

Regarde-moi ! Regarde-moi !

Pose cette arme !

Pose-la !

Julien ! Julien, pose !

Coup de feu

Julien gémit.

...

C'est pas grave. OK ?

-Il pisse le sang ! Il pisse le sang !

-Bouge pas, Julien.

Mugissement des vaches

Julien gémit.

Adjudant Sandrail.

J'ai tiré sur quelqu'un.

*-Où êtes-vous ?

-339 route d'Épreville, Auberville-la-Renault.

*-Faites-lui un point de compression.

-C'est ce qu'on fait.

*-Il va falloir poser un garrot.

-Va chercher la trousse de secours dans la bagnole. Vite !

Il y a beaucoup de sang.

D'accord, j'appuie.

*-Les pompiers sont en route.

-Putain !

Qu'est-ce qu'il fout ? Dépêche !

Julien, reste avec moi.

Ça va aller.

-Je suis là. Je suis là.

-Il pisse le sang, putain !

Julien ! Julien !

Julien, reste avec moi.

Julien ! Julien, reste avec moi. OK ?

Serre ! Serre !

-Je serre, putain !

Aide-moi, Laurent ! Putain, je...

-Serre ! Serre !

-Putain ! J'y arrive pas !

-Calme-toi.

Voilà, comme ça. Tu passes en dessous.

C'est bon.

-Il s'est passé quoi, les gars ?

-J'ai tiré dedans. Il avait... son fusil sous la gorge.

Il allait tirer. J'ai tiré dans la jambe.

-C'est bon, on est là. Serre le garrot.

Ouvre les yeux ! Respire ! Respire.

-Julien, reste avec moi, putain !

-Respire. Respire.

-Un milligramme d'adrénaline.

-26, 27, 28, 29, 30.

-Accélère la perf.

Le pompier fait le massage en comptant.

Un autre milligramme.

...

...

Il y a 5 litres de sang par terre.

On va pas le récupérer.

...

T'as accéléré la perf ?

-Un...

Deux...

...

-On le récupèrera pas.

C'est fini. On arrête.

On va signer le certificat de décès avec obstacle.

Laurent souffle.

-Négatif, mon commandant. -Merci.

Que s'est-il passé, Sandrail ?

Vous me décrivez le déroulement des faits ?

Il voulait vraiment se tuer ?

Vous vous sentiez menacé ?

J'ai besoin de votre version, Sandrail.

Vous avez procédé à des sommations ?

Vous avez perdu le contrôle de la situation.

Ça va faire un ramdam.

Un bordel sans nom.

-Laurent, tu sais comment ça se passe.

J'ai pas le choix. Je te place en garde à vue.

Tu pourras faire appel à un médecin, un avocat...

Tu vas venir avec nous.

Je te prends ton ceinturon.

Laurent, ton ceinturon, s'il te plaît.

Merci.

Viens, on va y aller.

Viens, Laurent. On y va.

La voiture démarre.

-Pourquoi tu pensais qu'il allait se suicider ?

Dis-moi, Laurent. Qu'est-ce qui t'a fait dire ça ?

-Quoi ?

-Qu'il allait se suicider.

-Parce qu'il a...

Il a soudain... mis...

mis son canon sous sa mâchoire et...

il... il avait le doigt sur... sur la détente.

J'ai...

J'ai... J'ai voulu... le raisonner...

J'ai...

J'ai visé la cuisse.

Je voulais... Je voulais juste qu'il lâche son arme et j'ai...

-OK.

Pourquoi tu n'y es pas allé avec les autres ?

-L'idée c'était... Il fallait pas y aller en nombre.

Julien, je le connais...

Enfin...

Je sais pas...

Je le connaissais...

Et...

C'était pour... Enfin, on voulait pas l'effrayer.

Alors, j'ai...

J'ai dit aux collègues de...

de se positionner au croisement...

qui entoure la ferme... C'est ce qu'on fait...

J'ai...

-Tu l'avais inscrit au FPR, dans la sauvegarde de la vie humaine ?

C'est toi qui avais fait ça ?

Laurent soupire.

-Je... Je sais plus...

Oui... Oui...

Dès le... le délit de fuite.

-Je pense que c'est bon, pour le moment.

On va stopper là.

Maître, des questions, des observations ?

-Non, aucune.

-Je suis gendarme.

-Je sais, Laurent. T'inquiète pas. On va faire une pause.

-Oui...

-C'est allé très vite.

J'ai...

J'ai pris son fusil, je l'ai éloigné.

On a commencé le point de compression.

Il était encore conscient.

-L'adjudant Sandrail a perdu le contrôle ?

-Mais non...

Moi aussi, j'ai perdu mon sang-froid.

C'était la panique totale.

On savait plus dans quel ordre il fallait faire.

On a...

On a fait un garrot, mais on l'a fait beaucoup trop tard.

Et... Il y avait tellement de sang...

On n'a pas réussi à serrer. C'était...

C'était la confusion.

Après, euh...

le SMUR est arrivé. Mais...

c'était déjà foutu.

Là où je m'en veux...

c'est d'avoir installé cette caméra.

C'était mon idée.

C'était une mauvaise idée.

-La femme de Laurent est là.

-Bonjour. Entrez.

-Je suis désolé.

Je suis désolé.

Manifestation

-GENDARMES ASSASSINS !

GENDARMES ASSASSINS !

-Le monde de l'élevage souffre.

Combien de gens se suicident ? Un suicide par jour !

Si c'est pas deux.

La semaine dernière, un pote s'est encore foutu en l'air.

C'est inacceptable !

Je suis paysan. Je suis fier d'être paysan.

On est la première richesse de la France.

Aujourd'hui, on nous marche dessus, on nous respecte plus.

M. le Président...

écoutez la France !

La ruralité de la France ! Les agriculteurs français,

nous sommes tous excédés.

La ruralité est dans la merde. Il faut que ça bouge, maintenant.

Approbation de certains

On est ici, aujourd'hui, sans Julien.

Julien n'a pas décidé de partir.

C'est les gendarmes qui l'ont fait partir.

C'est inacceptable.

Nous sommes venus pour avoir la vérité.

L'Europe nous tue.

Et les gendarmes appuient sur la gâchette. Inadmissible.

-C'est quoi, ce bordel ?

-Prévisible. On gère.

-Il sera mis en examen.

-T'inquiète pas. Rentre. Va voir ta fille. Dors un peu.

En cas de besoin, je suis là.

-Merci, Pierre.

Rentre. Rentre.

-Il est pas là, papa ?

-Il reste un peu à la gendarmerie.

Il revient demain.

-Pourquoi je peux pas le voir ?

-C'est compliqué. On n'est pas bien, toutes les deux ?

Salut, Poulette. -Salut.

À part demain où je suis d'astreinte, je suis disponible.

-Merci, Carole.

Je suis fatiguée.

-J'avais jamais...

jamais tiré sur personne.

J'ai sorti mon arme

une seule fois pour...

Je voulais le sauver.

Et je l'ai tué.

-C'est terrible ce que vous vivez.

C'est inattendu.

C'est violent.

Mais vous vouliez le sauver

et vous avez fait votre possible.

Il vous faudra du temps, Laurent.

Le médecin vous a prescrit un arrêt de 10 jours.

Ça me semble vraiment nécessaire.

Vous pourrez retrouver votre famille. Que ressentez-vous ?

-Je... Je sais pas...

J'ai l'impression que ce que je vis, là, c'est... c'est pas réel...

que je vais me réveiller...

-Vous êtes sous le choc.

Ce que vous vivez s'appelle la sidération.

C'est normal en cas de traumatisme.

Mais c'est difficile à vivre.

Si vous avez besoin d'un autre espace

pour vous retrouver,

on peut solliciter une hospitalisation.

-Non, ça va.

-Vous avez besoin de repos.

Vous avez des problèmes de sommeil ?

-Non...

-Non ?

Il est possible que vous fassiez des cauchemars de la scène.

Le cerveau tente de traiter l'intraitable.

-OK. -Par la répétition.

Il est important de vous reposer.

Si c'est compliqué, on vous donnera des calmants.

Et ne restez pas seul.

-Oui... On peut s'arrêter là ?

-Oui, on s'arrête là.

Je vous donne ma carte.

Avec mon téléphone.

On est là pour vous accompagner. N'hésitez pas.

-Merci. -Je vous appelle demain.

Des gendarmes discutent.

...

-Je t'ai ramené un matelas, si tu veux dormir un peu.

Ça va aller ?

-Ça a été, ta garde à vue ?

-Oui.

-Ce que tu as dit en garde à vue me suffit,

mais si tu veux présenter autre chose...

vas-y.

-Suite à vos déclarations et après avoir entendu votre avocat,

je vous mets en examen pour avoir le 27 octobre 2019,

donné la mort, sans intention de la donner à M. Julien Laforge.

Les faits ont été commis par un dépositaire de l'autorité publique.

Vous-même, donc.

Je demande votre placement sous contrôle judiciaire,

assorti d'une interdiction de sortie de territoire

et d'une interdiction de contact avec la partie adverse,

la famille du défunt.

Pour l'instruction, vous serez entendu en temps voulu.

Voilà.

Vous avez des questions, quelque chose à ajouter ?

-Non, Mme la Juge.

-Papa !

-Je suis fatigué. Je vais aller me coucher.

Il monte l'escalier.

...

-T'en fais pas, mon petit papa.

-Merci.

-Elle est belle la maquette, là.

Tu lui as trouvé une belle place.

Il monte l'escalier.

...

-Je préfère celles de papa.

-J'ai pas eu le temps. C'est pas grave.

Fais un effort, mange.

-Lucas, il a dit que papa était pas

un gendarme, mais un assassin.

-Il a dit une bêtise.

Le métier de papa c'est de nous protéger.

C'était un accident. D'accord ?

Il sonne.

-Vous n'auriez rien pu faire.

La trajectoire de la balle, son impact...

Tout confirme votre déposition

et celle de Chef Fouquet.

Malheureusement, Séverine Lemonnier,

soutenue par la Confédération paysanne, porte plainte.

Il y aura un procès.

Quand vous vous sentirez prêt à reprendre le service...

vous rejoindrez votre unité ou demanderez une mutation.

À vous de voir.

En attendant, vous ne pourrez travailler qu'à l'administration.

Prenez votre temps.

Vous êtes un bon sous-officier, Laurent.

Nous avons confiance en vous.

Allez, reposez-vous.

-Comment ça va ?

-Il y avait du monde à l'enterrement.

-Bruno s'occupe des bêtes ? -On les vend.

On va louer les terres.

Que veux-tu que je fasse de tout ça ?

J'ai besoin de comprendre, Marie,

de connaître son dernier regard,

ses dernières paroles,

de savoir s'il l'aurait fait.

J'ai besoin de voir Laurent.

-C'est pas possible.

Il a interdiction de te parler.

C'est la procédure.

-Mais jusqu'à quand ?

-J'en sais rien... Je sais pas combien de temps ça va prendre.

-Mon métier, plus tard, ce sera de protéger les animaux.

-Lucie, va au lit.

-Pas maintenant.

-Si, tu y vas.

-Ça va aller.

Promis.

-Allez, viens.

Regarde-moi.

"Stabat Mater dolorosa" (Jaroussky & Lezhneva)

...

...

Il vomit.

Le vent souffle.

...

*Informations à la radio en anglais

*...

Le vent souffle.

...

"Stabat Mater dolorosa" (Jaroussky & Lezhneva)

...

-On peut pas savoir où il est ?

-Non Marie, il a pas de balise.

Ces bateaux ont des radars,

des balises. Lui, il a rien.

-On peut pas aller le chercher ?

-Non, il est majeur. Il a le droit de disparaître.

Il fait ce qu'il veut.

-Pas vraiment. Il a interdiction de quitter le territoire.

Il respecte pas ses obligations.

-Il fait une énorme connerie.

Il a vidé son livret A et versé 6 000 euros à Olivier

pour son bateau, en caution.

-Tu portes plainte, Olivier ? -Bien sûr que non.

-Dès que le procureur aura connaissance de sa démission,

soit il le convoque... ou pas, s'il est débordé.

Il peut s'écouler des mois sans qu'il se passe rien.

Je suis obligé de rendre compte.

-Il a pas le droit. Il nous abandonne.

-Faut pas lui en vouloir.

-Bah, si. -Ne dis pas ça. Il vous abandonne pas.

Et c'est un bon marin, Laurent.

-De Fécamp au Havre. Il a jamais dépassé Deauville.

Je dis quoi à Poulette ?

-Tu lui dis la vérité.

Tu lui dis...

la vérité, tout simplement.

Il a toujours eu la mer dans le sang. Ça, tu le sais.

Il en a besoin, tu vois.

Il faut le comprendre. Il faut être généreuse.

-Il est arrivé à Ste-Anne.

Maintenant... il est là... près de l'Atlantique.

Et il veut aller là... à Terre-Neuve.

-C'est très loin, quand même.

-La mer va faire du bien à ton père.

-Alors, qu'est-ce que ça goûte, ça ?

Ça a l'air dégueulasse.

Des bips

Putain !

Fait chier !

Pose-la.

Je suis fatigué...

Pose-la.

Coup de feu

Le réveil sonne.

...

-Pierre ! Des nouvelles ?

-Non, Marie.

Voilà, Marie, je sais pas comment te dire ça...

Maintenant que Laurent a posé sa démission...

tu vas devoir quitter le logement.

C'est la procédure.

-J'ai combien de temps ?

-Un mois.

-Un mois...

-Mais je te préviendrai.

On va vous aider.

On vous laissera pas seules.

-T'as fini ? Attends, les ciseaux, je le fais.

-Il y a un gros bateau, là-bas.

La mer est déchaînée.

...

Efforts

...

Il crie.

La tempête continue.

...

Efforts

...

Il gémit.

...

La tempête se calme un peu.

...

Aucun son ne sort de sa bouche.

-Au cas où, je suis pas loin. Je trouverai un remplaçant.

-Un remplaçant ?

-Petit foc, grand foc...

clinfoc, hunier...

étai et flèche.

-Je supporte plus cette saloperie de maquette.

Cris d'efforts

"Stabat Mater dolorosa" (Jaroussky & Lezhneva)

...

...

Le téléphone vibre.

...

Claquement de voiles

...

Laurent ?

Friture sur la ligne

...

*-Oui, c'est moi.

-Ça va ?

Ça va ?

*-Oui.

*Je reviens.

"Requiem, Op 48 : In Paradisium" (Gabriel Fauré)

...

...

...

Ressac des vagues

...

Sous-titrage : ECLAIR V&A

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