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Zulu
...
-Putain, il s'est coincé !
Aboiements. -Oh, il y a le gardien.
-Viens, on se casse.
-J'y vais. Fais diversion. -Comment ça ?
-Vous faites chier, les mômes ! C'est dangereux, ici !
Allez, on déguerpit, ouste !
La prochaine fois, je lâche le chien !
-Oh !
-Un jour, il va y avoir un mort.
Bip.
-Bastien !
Bien joué !
Yes !
Fracas.
Bastien !
Ca va ?
-Oui, tranquille.
...
Sonnerie.
...
-Oh...
Mon amour.
Il faut que tu y ailles. -Non, je veux pas y aller.
-Allez. -Je veux pas y aller.
-Les enfants vont se lever. Allez.
-OK... OK.
Alors...
Il me reste combien de temps ?
-Je sais pas. Quinze minutes.
-On est large.
Le téléphone vibre.
Oh, putain...
-Oh...
Allô ? Capitaine Merisi.
...
Ca a fermé quand, ici ? -Pendant la crise de la sidérurgie.
C'est un des rares hauts-fourneaux encore debout en Lorraine.
Oui... J'en étais, après mon père et mon grand-père.
C'est juste là.
-Vous faisiez quoi ? -Je contrôlais la coulée en fusion
à la sortie du creuset. Il faisait chaud, ici !
Avant, on était des milliers. Maintenant, je suis tout seul.
Ca va ? -Oui...
Pourquoi vous n'avez appelé que ce matin ?
-Au début, je les ai pas crus, les mômes.
Ce matin, je suis monté pour voir, et là... Je vais vous montrer.
C'est pas beau à voir.
Visseuse électrique.
...
Et voilà.
*Message diffus d'un répondeur.
-François, j'ai du boulot pour toi. Rappelle-moi.
-Tiens.
-Merci.
-C'est un homme, jeune, entre 20 et 30 ans.
J'ai pas pu tirer grand-chose des vêtements.
Le cuir du talon est râpé, comme si on avait traîné le corps,
et ça, post mortem. Il est mort d'un choc violent à la tête.
Il a plusieurs côtes cassées
et la clavicule gauche fracturée. -Il a été battu à mort ?
-Il a été assassiné au début des années 80.
Il a passé 40 ans dans son truc, là.
Guillaume fait une recherche sur les avis de disparition.
-Guillaume !
Guillaume !
Il est tout le temps pendu à son téléphone. Il est chiant !
-Je te rappelle.
-Tu as trouvé quelque chose ? -Oui.
Un homme de 22 ans a été porté disparu,
le 18 mai 1979. Hervé Chaumont.
-Il a de la famille ? Téléphone.
-Pardon.
C'est sa femme, Christiane, qui avait signalé sa disparition.
J'ai une adresse à Longwy. -On pourrait comparer les ADN.
File-moi l'adresse.
-Waouh.
-Tiens.
Merci.
-De rien !
Je viens
de résoudre l'affaire. -Il nous manque le criminel.
-(Bravo.)
Téléphone.
...
-C'est pour quoi ?
-On voudrait parler à Christiane Chaumont.
-Elle est morte.
-Vous êtes de la famille ?
-Eddy Chaumont, son fils. -Clara Merisi,
police judiciaire. On peut vous parler ?
-Son corps dans un haut-fourneau depuis 40 ans ?!
-Votre père était sidérurgiste ?
-Quand je suis né, il était tout jeune et déjà au chômage.
Je l'ai à peine connu.
-Votre mère vous a parlé de lui ? -Non, presque rien.
Comme ici c'était sinistré,
elle a fini par penser qu'il s'était tiré,
qu'il nous avait abandonnés pour faire sa vie ailleurs.
Ca l'a...
Ca l'a bien déglinguée.
-Ils avaient des problèmes de couple ?
-J'ai toujours entendu ma mère dire que mon père
était un salaud.
Après, c'est moi qui ai payé les pots cassés.
-C'est-à-dire ?
-Fils unique, une mère dépressive...
Ma grand-mère s'occupait de moi quand ma mère allait à l'HP.
Et ma grand-mère...
-Vous faites quoi, comme métier ? -Ici, on prend ce qu'on trouve.
Des boulots, j'en ai fait plein.
En ce moment, je bosse dans une salle de sport.
La fonte, on ne la fabrique plus, on la soulève.
-Non, merci. -Merci.
-Alors
il y a 40 ans, mon père se serait pas tiré ?
On l'a tué ?
-On n'est pas encore sûrs, mais c'est ce qu'on suppose.
-Pour confirmer son identité,
on a besoin de votre ADN.
Ouvrez la bouche.
-Ce sera long pour les résultats ? -On ira au plus vite.
-Mes condoléances. J'ai très bien connu votre père.
-Mes condoléances.
-Salut.
-Bon courage.
-Tu vas tous les photographier ? -Oui.
-Super...
-Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de monde.
-Même son fils a l'air surpris. -Oui.
-Merde, je crois qu'on s'est fait repérer.
-Robert Collart. Je suis un ancien de la maison.
-Clara Merisi, police judiciaire.
Je vous présente François Gilbert. -Anthropologue judiciaire.
-C'est vous qui avez identifié le corps ?
-Vous connaissiez la victime ? -Un peu, comme tous ceux de LCA.
Lorraine Coeur d'Acier, la radio.
-Une radio pirate.
-Hervé Chaumont travaillait pour cette radio ?
-Oui, à la régie.
-La radio de ceux qui refusaient de sombrer.
Elle a été créée par la CGT, en 79,
au moment des grands conflits sociaux de la sidérurgie.
-Tout le bassin lorrain écoutait ça, à l'époque.
-Accroche à ton coeur
un morceau de chiffon rouge...
-UNE FLEUR COULEUR DE SANG.
SI TU VEUX VRAIMENT
QUE CA CHANGE ET QUE CA BOUGE,
LEVE-TOI CAR IL EST TEMPS.
ALLONS DROIT DEVANT,
VERS LA LUMIERE,
EN LEVANT LE POING
ET EN SERRANT LES DENTS.
NOUS REVEILLERONS LA TERRE ENTIERE
ET DEMAIN, NOS MATINS CHANGERONT.
COMPAGNON DE COLERE,
COMPAGNON DE COMBAT,
TOI QUE L'ON FAISAIT TAIRE,
TOI QUI NE COMPTAIS PAS,
TU VAS POUVOIR ENFIN LE PORTER,
LE CHIFFON ROUGE DE LA LIBERTE...
-Mes condoléances.
-Sans vous, j'aurais jamais su
qui était vraiment mon père.
-C'était une belle cérémonie. -Oui.
Il comptait pour beaucoup de gens.
S'il n'avait pas été tué, j'aurais sûrement eu une autre vie.
Vous allez rechercher
son meurtrier ? -Oui, on va tout faire
pour comprendre
ce qui lui est arrivé.
-Le studio de LCA était là,
dans l'ancienne mairie, et l'émetteur sur le toit de l'église.
Même le curé était d'accord. -Ah bon ?
-On entendait la radio à plus de 100 km d'ici. C'était dingue.
Quand la police arrivait,
les syndicalistes sonnaient le tocsin
et tout le monde débarquait sur la place pour défendre la radio.
-La radio défendait les sidérurgistes ?
-Au départ. Mais très vite, c'est devenu un lieu de parole ouvert,
une vraie rencontre entre ouvriers et intellectuels.
Les femmes avaient la parole, les enfants, les immigrés même.
C'était nouveau.
-Ils se sont battus jusqu'au bout, alors ?
-Oui, ils n'ont rien lâché.
-J'me tuais à produire
pour gagner des clous.
C'est moi qui délire
ou qui deviens fou.
J'peux plus exister là.
J'peux plus habiter là.
Je sers plus à rien, moi.
Y a plus rien à faire.
J'voudrais travailler encore...
-Et pour nos amis du bassin, cette chanson qui nous est chère,
à partager sans modération.
-Travailler encore.
Travailler encore. Acier rouge
et mains d'or.
Travailler encore...
-José Pereira, directeur de la radio.
-Bonjour. Enchanté.
On cherche toutes sortes d'archives concernant LCA.
-On n'a pas ça ici.
Mais les syndicats ont tout gardé, eux.
-Vous faisiez partie de LCA ?
-Au début, je donnais un coup de main. Sinon j'étais sidérurgiste.
-Vous connaissiez Hervé Chaumont ? -Pas beaucoup.
Il était bénévole à la régie.
Il arrivait toujours à contourner les brouillages des flics.
-Ca a été conflictuel avec les autorités ?
-Ca a été des énormes émeutes,
surtout quand ils ont voulu nous empêcher d'émettre.
Lorraine Coeur d'Acier,
c'était le symbole de la lutte pour toute la sidérurgie.
Ca a fait le 20 Heures.
*-Longwy, et une nouvelle nuit de violences.
*C'est le brouillage d'une radio mise en fonction par la CGT
*qui est à l'origine des émeutes.
*-A l'origine de ces vitrines brisées,
*une marche organisée par la CGT
*pour protester contre le brouillage de sa radio libre,
*Lorraine Coeur d'Acier. 1 500 manifestants
*se retrouvent dans la nuit face aux CRS
*qui gardent le réémetteur de Longwy.
*Chacun se rejette la responsabilité du premier assaut,
*mais les faits sont là, policiers et manifestants
*se heurtent très violemment pendant une heure.
*"Les policiers ont chargé sans sommation" disent les syndicats...
-Donc le 17 mai 79,
toute la ville est montée à l'émetteur TDF
du Bois de Châ d'où partait le signal du brouillage.
Les CRS attendaient. Ca a dégénéré.
Tout le monde est redescendu dans la ville. Il y a eu des saccages.
-La disparition d'Hervé Chaumont a été signalée le 18 mai,
le lendemain des émeutes. -Tu penses à une bavure policière ?
-Les PV des arrestations
sont tous signés par Robert Collart.
-Le flic à la retraite.
-Ancien membre des RG, il a été muté à Longwy début 78
et il a été suspendu trois ans plus tard.
-Suspendu ? -Oui.
-T'as pas un pote de l'IGS qui peut nous renseigner là-dessus ?
-Je voudrais savoir pourquoi il a été muté.
Oui, c'est ça, Robert Collart.
...
Léonie, prépare tes affaires.
Il est où, Lapinou ? -Sous la tente.
-Tu vas le chercher ? Allez, va, mon coeur.
Voilà.
-Là ! -Ah, super !
Mets-le dans la valise. -Je veux pas aller chez papa.
-Pourquoi ?
-Je veux pas voir Rébecca.
-C'est qui ? -La nouvelle amoureuse de papa.
-Papa a une nouvelle amoureuse ? -Je l'aime pas.
-Audrey n'habite plus avec papa ? -Non, elle est partie.
Et Rébecca va bientôt habiter avec lui.
-Elle est peut-être très gentille. Tu la connais pas encore très bien.
-J'aimais bien Audrey, sauf que je vais plus la voir. Papa a dit
que c'était plus possible.
Elle me manque, Audrey.
Elle l'embrasse.
-Ca va aller, ma puce.
Hé, ho.
Allez. Léger rire.
-C'est quoi, tout ça ? -Les archives de LCA.
Je m'installe où ? -Là. Je vais te trouver une lampe.
André !
Tu peux l'aider avec le bureau ? -Bien sûr.
-Tu as un truc à boire ? -Des bières tièdes.
-Parfait !
On y va ? -Oui.
-Salut, Alice. -Salut, Guillaume.
-Merci, les gars !
-Tu me donnes un coup de main ? -J'allais y aller, là.
-Tu es attendu ? -Non, je suis nase.
-Tu as rencontré quelqu'un ?
-Euh, non. Je suis nase, c'est tout.
-Tu as rencontré quelqu'un.
-Oui.
-Yes !
-Ne le dis pas à Clara.
-Tu es amoureux ? Bip.
-Stop ! Je t'aide, mais vite fait.
-Hum...
...
-Tout ça, ici, c'était un immense centre sidérurgique.
2 500 ouvriers et 8 hauts-fourneaux qui fonctionnaient jour et nuit.
-Maintenant, on respire. -C'est vrai.
Mon père et mon grand-père étaient sidérurgistes. Une sacrée époque !
Le voilà, au trou numéro 9. Je vous l'avais dit,
il vient quasiment tous les jours. -Merci.
-Ah, ah, ah !
-En 79, vous utilisiez encore vos vieilles méthodes d'intimidation ?
-De quoi vous me parlez ? -De votre impressionnant palmarès,
avant Longwy.
-Allez-y, je vous rejoins.
-Membre du SAC,
vous avez été limogé
après l'assassinat d'un colleur d'affiches
pendant les municipales de 1977. Vous vous êtes retrouvé à Longwy,
avant d'être suspendu. -Ne restez pas là.
J'ai été suspendu en 1981,
au moment des purges dans la police.
-Ce 17 mai 79, il y a eu de grosses émeutes ici.
Ca ne vous a pas titillé à nouveau de casser du gaucho ?
Il rit.
-N'importe quoi !
-Qu'est-ce qui s'est passé avec Hervé Chaumont,
dans la nuit du 17 au 18 mai 79 ? Vous lui avez fait la peau
et vous avez planqué son corps dans une usine désaffectée ?
-Je sais à peine qui c'était. -Mais vous étiez à son enterrement.
-Ah !
La nostalgie, camarade ! La nostalgie !
Et puis, ce 17 mai 79,
j'ai passé la soirée au commissariat.
Vous avez vu les PV d'arrestation ? Ils portent tous ma signature.
-Ca ne prouve rien.
-Si vous venez à la pêche, c'est pas le bon coin. Ca mord pas.
Il va vous falloir des preuves.
J'aimerais finir mon parcours tranquillement.
-On va se revoir.
-Ca, on sait pas.
-C'est ça, oui...
(Merde.)
*-Ici, Lorraine Coeur d'Acier,
*modulation de fréquence 97,6 mégahertz.
*-Aujourd'hui, 17 mars 1979,
*à 16 h, première émission de Lorraine Coeur d'Acier,
*une radio créée par la CGT
*et mise à la disposition de toute la population de Lorraine
*pour défendre ses emplois, son patrimoine industriel et humain...
-Il nous cache quelque chose. -Il a un alibi en béton.
-On ne connaît pas l'heure exacte de la mort d'Hervé Chaumont.
Il a pu être tué dans la journée... Bip.
Ou le lendemain.
-Pardon.
-Clara ! Tu peux venir ?
J'ai peut-être un truc.
C'est les feuilles de service de l'équipe régie.
Hervé Chaumont bossait souvent en équipe
avec Claude Grenier. Ca, c'est la feuille du 17 mai 79.
La radio n'a pas émis ce jour-là,
mais leurs deux noms sont inscrits. -Lance une recherche d'identité.
-Claude Grenier... C'est bon, j'ai une adresse,
à Longwy-Bas. J'ai même une photo.
-C'est lui.
Sirène.
C'est l'émetteur du Bois de Châ. -Ca, là ?
-Oui.
Bip.
Mais arrête avec ton téléphone !
Qu'est-ce que tu as, en ce moment ?
-J'attendais le bon moment pour t'en parler.
-Tu as un souci ? -Non, au contraire.
Je me marie.
-Mais avec qui ? -Avec Sophie.
-L'infirmière ? -Oui. Tu veux être mon témoin ?
-Ca fait à peine deux mois que tu la connais.
-Je sais que c'est elle.
Et quand on sait, on s'engage.
-Bonjour. Capitaine Merisi, police judiciaire.
Merci.
-Bonjour. -On est bien chez Claude Grenier ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Strangulation.
-La mort remonte à cette nuit, entre 21 h et minuit.
-Merci.
-Capitaine Blanchart. Vous connaissiez la victime ?
-Non, on était venus l'interroger. Une affaire qui remonte à 40 ans.
Il est possible que ce crime soit lié.
-Ne vous fatiguez pas.
Du shit ! Deux pains de 250 g. Ils étaient planqués sous l'évier.
Cette mort, c'est une histoire de trafic de stups.
Rien à voir avec vous.
-Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
-Là, pas grand-chose.
La drogue comme mobile de crime, je n'y crois pas une seconde.
-Regarde.
J'irais bien lui poser 2-3 questions.
-OK, mais discrètement. On n'a pas l'enquête.
Merci.
-A toute. -Capitaine Merisi ?
-Bonjour, Mme la juge.
Je venais interroger la victime dans le cadre de mon enquête.
-Quel lien avec votre affaire ?
-Hervé Chaumont et Claude Grenier travaillaient ensemble à la radio,
le jour où Chaumont a disparu.
-La mort de Grenier est liée à un trafic de drogue.
-L'un n'empêche pas l'autre. -Apportez-moi des preuves
et on en discutera.
-Bonne journée.
-Désolée, mais je mets pas le chauffage dans la journée.
De la chicorée, ça tient chaud.
Ah, le licenciement économique !
Il me manque 15 ans de cotisations pour la retraite.
A l'époque, ils m'ont donné la maison.
Mais j'ai pas les moyens de la chauffer.
-Et hier soir... -Il est encore revenu,
le "Daft Punk" ! -C'est qui ?
-Celui qui vient toujours chez Claude.
Il a une pétrolette et un casque jaune.
-Et il était là hier soir ? -Oui.
21 h 30 pétantes. C'est l'heure de mon Cardensiel.
Bip.
-Pardon.
Donc 21 h 30, un scooter et un casque jaune.
-C'est ça. Attention, c'est très chaud !
Soupirs de plaisir.
-Non.
Non, je te garde.
-Essaie.
Elle rit.
Raté !
Tu as soif ? -Non, ça va.
-Clara !
-Oui ?
-Tu as planqué ma brosse à dents ? -Le tiroir du haut.
-Tu as peur de quoi ?
-Tu sais bien.
...
-On va continuer encore longtemps comme ça avec les petits ?
-C'est compliqué.
-C'est simple, là.
-Si on s'installe ensemble et qu'un jour on se sépare,
qu'est-ce que je vais dire à mes enfants ?
-Si on se sépare ?
-Oui, c'est la vie, ça peut arriver.
Ca a déjà été assez dur pour eux. -Clara...
Je suis pas ton ex.
Et je t'aime.
-Moi aussi, je t'aime.
-Ah non.
Si des invités sont allergiques aux écrevisses, ils en mangent pas.
On va pas faire et viande et poisson... Je te laisse.
J'ai trouvé notre Daft Punk grâce aux images de vidéosurveillance
à côté de chez Grenier.
J'ai pu identifier sa plaque d'immatriculation.
Kevin Reinert, 22 ans,
domicilié à Rehon. -C'est une des cités ouvrières.
-Il est fiché aux Stups.
-J'aimerais bien qu'on l'interroge avant la SR. On y va.
-OK.
-Allez ! -C'est bon.
Quelqu'un siffle.
...
On passe pas inaperçus. -Oui...
Qu'est-ce qu'ils foutent, les gamins ?
Klaxon.
-C'est pas lui, là ? -Si.
-Arrête-toi.
-Il va où ?
-Recule ! Recule !
-Poussez-vous !
Sirène.
-Qu'est-ce qu'il fout ? C'est une impasse.
A quoi il joue, là ?
Merde !
-Arrête-toi !
-Enchantée, Kevin !
*-Auditeurs français et immigrés du bassin de Longwy, bonjour.
*Nouvelle émission : "Parole aux immigrés".
*-Pour diviser et exploiter...
*C'est-à-dire diviser
*la classe ouvrière pour qu'elle ne soit pas unie
*pour défendre son pain.
*C'est ce qui se passe actuellement en Lorraine. Le racisme...
-Ca fait 2 heures que j'attends, je veux mon avocat !
-T'es pas en garde à vue. C'est juste une audition.
T'es pas là pour ton petit trafic.
-Et pour quoi ? -Pour Claude Grenier.
-Connais pas.
-Tu es passé le voir hier soir à 21 h 30.
C'est toi qui l'as tué ?
-Je savais même pas que Claude était mort.
-Donc tu le connais. -Oui, mais je l'ai pas tué !
*-Qu'est-ce qu'il t'a dit hier soir quand tu es passé ?
Bip.
-Il faut que je valide la playlist.
Oh, je te jure !
Il soupire.
-Je ne parlerai pas aux Stups.
C'est pas toi qui m'intéresses,
c'est Claude Grenier.
-Je veux pas de problèmes.
La beuh, c'est juste pour les mecs de mon quartier.
-T'auras pas de problèmes. Tu peux me parler.
-Claude, c'est un vieux pote de mon oncle.
Quand il est rentré d'Amérique du Sud,
il s'est installé dans la maison que sa mère lui avait laissée.
Il donnait des cours d'espagnol...
Je lui ai proposé
de fumer gratuit et, en échange, il gardait mon stock.
-Donc tu es passé hier soir et tu as déposé ton shit ?
-Oui, mais quand je suis parti, Claude était vivant.
-Tu es resté combien de temps ? -20 minutes.
Normalement, je passe le mardi,
mais ce mardi, Claude devait voir des potes
après un enterrement. -Ces potes, tu sais qui c'est ?
-Il m'a dit "les 4 Mousquetaires".
-Les 4 Mousquetaires ? -Oui. Hier, Claude était défoncé.
Je l'avais jamais vu comme ça. Il avait bu, il était déchiré...
Il avait peur d'un truc. -Comment ça ?
-Il était sous pression.
Il m'a dit que c'était mort pour notre business,
qu'un ancien flic
lui courait après. -Il t'a dit son nom ?
-Je sais juste que cet ancien flic lui mettait la pression.
-Il a parlé d'Hervé Chaumont ?
-Je sais plus trop.
A un moment, il a parlé d'un Hervé, mais il délirait, comme quoi Hervé,
ça allait lui retomber sur la gueule, qu'il en savait trop...
J'ai pas cherché à comprendre. J'ai planqué le shit et je suis parti.
Et quand je me suis barré, Claude était vivant.
-Qu'est-ce qui vous arrive encore, capitaine ?
-Claude Grenier,
vous connaissez ? -Non.
-Pourtant, vous lui avez parlé à l'enterrement.
-Dans ces moments-là, on parle à tellement de monde.
-Tous ceux à qui vous parlez ne se font pas étrangler le lendemain.
-Non, heureusement.
-Claude Grenier connaissait
le meurtrier d'Hervé Chaumont. -Je suis suspect ?
Combien de fois vous allez revenir à la pêche ? Foutez-moi la paix.
Vous perdez votre temps.
Un téléphone vibre.
Vous devriez répondre.
*-Capitaine Merisi ? -Bonjour, Mme la juge.
*-J'ai dessaisi la section de recherche
*sur l'homicide de Claude Grenier. C'est à vous de jouer.
-Merci.
Allez, hop, au boulot.
-On cherche quoi ? Un truc en lien avec la radio, leur passé ?
-Oui, et tout ce qui se rapporte à ces dernières 48 heures.
Guillaume ! -Oui ?
-Tu peux trier ça ? -OK.
Alors...
...
-Viens voir.
Regarde. Quatre amis d'enfance.
Trois garçons, une fille.
Et regarde.
Les mêmes, des années plus tard.
Et tu as vu où ils sont ?
Devant la maison des Chaumont.
Et ici, cinq ans plus tard. Ce sont eux nos Mousquetaires.
Lui, c'est Hervé Chaumont. -Oui...
Lui, ça pourrait être Claude Grenier.
-Et la fille, ce serait qui ?
-Je risque pas de l'oublier !
C'était la seule femme
qui travaillait dans ce haut-fourneau. Julia Conti.
-Qu'est-ce qu'elle est devenue ?
-Elle travaille pour les services sociaux à Longlaville.
Il en fallait du courage
pour tenir dans cette fournaise.
...
-C'est chic, ici ! C'est l'ancienne direction des forges de Longwy.
Bonjour. Julia Conti.
-C'est vous qui avez chanté
à l'enterrement d'Hervé Chaumont. -Oui, "Le Chiffon rouge".
-J'aurais quelques questions au sujet d'Hervé Chaumont
et de Claude Grenier. -Suivez-moi.
Les services sociaux, au sous-sol.
J'ai appris que Claude Grenier avait été retrouvé mort chez lui.
Je le connaissais à peine.
On a été proches, mais c'était il y a très longtemps.
On était du même quartier, ils m'avaient adoptée.
-Le 4e Mousquetaire,
c'est qui ?
-José.
José Pereira. Il dirige la radio du Bassin.
-Pourquoi vous vous êtes retrouvés, le soir, après l'enterrement ?
-Ca a été un tel choc de retrouver Hervé mort après toutes ces années.
On a toujours cru qu'il était parti, pas qu'il avait été tué.
On a eu besoin d'en parler.
-Pourquoi ? -Hum.
-Mon père a eu un accident du travail.
Il est tombé dans le métal en fusion.
En guise de cercueil, on a apporté à ma mère un lingot de fonte
et on lui a donné huit jours pour quitter la maison.
On était quatre gosses. J'avais 16 ans.
J'ai demandé au contremaître qu'il m'embauche.
Sans les garçons avec moi, il m'aurait ri au nez.
Il m'a mise au contrôle des machines.
Et grâce aux Mousquetaires, j'ai tenu le coup,
jusqu'à ce qu'on soit tous virés.
-Et après l'enterrement ?
-On voulait comprendre.
Comprendre ce qui avait pu se passer.
Comprendre aussi pourquoi on s'était perdus de vue comme ça.
C'était un peu à cause de moi. J'étais la seule fille...
J'aimais plaire, j'avais 20 ans... Ils ont toujours été très jaloux
les uns des autres. Il y a eu des histoires.
Ca a cassé notre amitié.
-Et le soir après l'enterrement ?
-Claude était agressif.
Ils ont fini par se battre en sortant de chez moi.
-Pour de vieilles jalousies ?
-Claude a accusé José d'avoir tué Hervé.
-Julia vous a dit n'importe quoi.
J'aurais tué Hervé il y a 40 ans ?! Mais pourquoi ?
-Julia préférait Hervé. -On était tous amoureux d'elle
quand on était gamins, mais plus à 20 ans.
Hervé s'en foutait de Julia. Il était marié, il avait un gosse.
Et il ne pensait qu'au syndicat.
-Vous vous êtes disputé
avec Claude Grenier, le soir de l'enterrement.
Et l'autopsie confirme qu'il a été étranglé
par un homme grand, costaud... -C'est pas moi.
D'ailleurs, Claude ne m'a jamais accusé du meurtre d'Hervé.
-Pourquoi vous vous êtes disputés ?
-La nostalgie, le culte de la mémoire sidérurgique,
moi, ça m'a toujours agacé.
L'acier, les mines, seule identité de la région, j'en ai ras le bol !
LCA m'a ouvert les yeux.
Quand tout s'est cassé la gueule ici,
Claude s'est barré en Amérique du Sud
faire la révolution pendant 20 ans.
Alors pour lui, diriger une radio privée, c'était de la trahison.
J'étais passé à l'ennemi. On était le paillasson du pouvoir en place.
Ce genre de conneries.
C'est pour ça qu'on s'est engueulés.
A la fin, il me sort : "T'es un social-traître."
"Un social-traître, moi ? Pauvre con ! Tu retardes, mon pote.
"Ca ne se dit plus, 'social-traître'."
-Vous étiez où entre 22 h et minuit, mercredi ?
-J'étais... à Thionville, à un cocktail de la mairie.
J'enregistrais un bobino pour la radio.
Tout le monde m'a vu, même le maire.
-Même si votre alibi a été confirmé,
vous devez rester à la disposition de la justice. Merci.
-Lequel ? -Je sais pas.
-François ? -Tu es beau comme ça.
-Donc le gris ? -Oui, le gris.
Téléphone.
C'est sans fin, ce mariage !
Les plans de table !
Mon oncle ne veut pas être assis à côté de sa soeur.
La mère de Sophie ne veut pas
que son ex-mari vienne avec sa nouvelle femme.
Il faut le vouloir ! -Ca tombe bien, tu le veux.
-Oui...
Oui.
Oui ?
Oui. -Oui.
-Et toi, avec Clara ?
-J'en sais rien. J'ai l'impression qu'elle flippe.
-Il faut que tu la pousses. -Je sais pas.
Ses enfants, son ex... Elle prend son temps et moi, je piétine.
-Il faut que tu la bouscules.
-Je sais pas.
-Il faut que tu t'engages pour deux.
Surprends-la.
-Clara ?
Qu'est-ce qu'on fête ?
-Nous.
Juste nous.
...
Oui, je l'ai.
J'arrive.
Attends-moi devant l'entrée. Bisous, ma chérie.
-Tu vas où ? -A l'école.
J'ai oublié de donner à Léonie son bonnet de piscine.
-Je peux lui apporter.
-Comme ça, je file direct au commissariat.
-Prends d'abord ton petit déj. -D'accord.
-Préviens l'école que je passe.
-OK. Dépose-le chez le concierge. C'est pas la peine qu'elle te voie.
Merci, mon amour.
Un téléphone vibre. Oh...
Allô, oui ?
Quoi ?
D'accord, j'arrive tout de suite.
-Qu'est-ce qu'il y a ? -José Pereira a été retrouvé pendu.
-Ca va ?
-Oui, oui.
Tu as vu ces traces au sol ? On dirait qu'il a été traîné.
-Tu crois qu'il était déjà mort avant d'être pendu ?
Il faudrait aller voir.
J'y vais ? -Hum.
-Tu as raison.
C'est une mise en scène. -On en revient à cette radio.
Le tueur a précisément ramené sa victime ici, au Bois de Châ,
le symbole des émeutes de 79, la nuit où Chaumont a disparu.
-Capitaine !
Votre soi-disant suspect a été retrouvé pendu ?!
-Ils étaient 4, les Mousquetaires, 4 amis d'enfance,
tous d'anciens sidérurgistes, tous ont participé à la radio LCA.
Trois ont été assassinés. -C'est qui, le 4e ?
-Julia Conti. -Vous la suspectez ?
-De nous cacher des choses, oui.
D'être l'assassin, non.
-Mettez-la sous protection. Je veux pas un mort de plus.
-Bien, Mme la juge.
-Au revoir, Mme la juge.
-Je ne veux pas de protection ! -Vous êtes la seule survivante.
L'assassin va s'en prendre à vous. -Personne ne m'en veut.
-Vous avez menti sur le motif de la querelle entre Grenier et Pereira.
-Je n'ai pas menti !
Même après toutes ces années, c'était explosif entre eux.
Ils se détestaient. Je suis obligée d'accepter votre protection ?
-Non, il nous faut votre accord. -C'est non. Pas de flics chez moi.
On sera discrets... -Non !
Et votre histoire de vengeance n'a pas de sens.
-Qu'elle le veuille ou non,
on va surveiller devant chez elle. -OK.
Téléphone.
Oui ? Je peux te rappeler dans 10 minutes ?
Super. A toute.
-Quelle piste on a ?
-On a Robert Collart. -L'ancien des RG.
-On a le fils Chaumont.
-Eddy. -Les deux ont le profil du tueur :
ils sont robustes...
-On n'a rien qui les relie aux meurtres, rien de tangible.
-Il nous reste Julia Conti.
-Demande les relevés téléphoniques de Pereira
depuis sa sortie de garde à vue. -Oui.
Bip.
-Réponds.
-Savoir si les serviettes doivent être saumon ou roses...
Je m'en fous.
Je pensais pas que se marier, ça demandait autant d'énergie.
-Attends d'avoir des enfants.
-D'ailleurs, est-ce que tu voudrais être la marraine des jumeaux ?
-Elle est déjà enceinte ?!
Il rit. Oh, t'es bête !
-Ca bouge.
Un téléphone vibre.
-C'est François. Il m'attend. -Vas-y.
-Ca te dérange pas ?
-J'ai pas envie de rentrer à la maison. Ca craint, non ?
-Tu es stressé, c'est normal.
A demain. -A demain.
-Tu m'emmènes où, là ?
Cliquetis de clés.
-Ta-da !
-On est chez qui ?
-C'était la maison d'un des directeurs des aciéries.
C'est beau, non ? -Oui.
-Pur style 1900...
Un salon baigné de lumière, plein sud. Là, c'est pas flagrant.
Un parquet. Très joli parquet.
Ca a un cachet de dingue !
Ensuite, nous avons une cuisine, équipée, s'il vous plaît.
Voilà.
C'est pas mal, non ?
Et à l'étage,
trois chambres.
L'ami d'un ami part vivre à l'étranger.
Je ne voulais pas louper l'occase.
Alors, on a une première chambre ici...
Une deuxième, là, sur le jardin.
Et en haut, un grenier immense
qui pourrait faire une salle de jeux pour les gamins.
...
Bruits de pas dans l'escalier. Clara ?
Clara !
Claquement de porte.
Je me suis planté, c'est ça ?
-Une maison, ça se choisit à deux.
-Tu crois que je choisis de camper chez toi une semaine sur deux ?
Je t'impose rien.
La maison, je pensais m'y installer, moi,
et que tu me rejoignes plus tard.
-Ca fait à peine un an que j'ai emménagé.
Il faudrait rechanger les enfants
d'environnement... -On peut arrêter avec les enfants ?
On peut peut-être parler de nous deux, non ?
Il est temps
que tu saches ce que tu veux. -J'y arrive pas !
Faire sa vie
et refaire sa vie, c'est pas la même chose !
Toi, tu as envie, tu fonces ! Moi, je dois protéger mes enfants !
...
Une femme : *-Quand vous vivez dans des HLM,
*vous entendez tout ce qui se passe dans la chambre à côté.
*Les conditions de vie, c'est très important...
-Allô, Guillaume ? Tout se passe bien ?
OK, tu restes en place.
...
-Tu as dormi ici ?!
J'étais en planque toute la nuit, je suis explosé.
Tu veux un café ?
Ho, François !
-J'ai quelque chose, là. -Tu as trouvé quoi ?
-Alors...
Après avoir essayé en vain d'interrompre le brouillage,
le matin du 17 mai 79, les journalistes convoquent une AG
qui décide d'arrêter d'émettre.
Sauf que, juste après l'annonce à l'antenne de l'arrêt des émissions,
le magnétophone a continué à tourner en régie et on entend...
ça.
Une femme : *-Arrête, José !
Un homme : *-C'est à cause de lui, tout ça !
-Attends, repasse la bande.
*-T'es content, Hervé ? Tu as eu ce que tu voulais !
-C'est qui ?
-José Pereira. Il travaillait bien à la régie, ce jour-là.
-Merci.
*-Arrête, José !
-Stop ! Ca, c'est Julia Conti, j'en suis sûre. Continue.
*-C'est à cause de lui, tout ça ! Il nous a balancés aux RG.
-Il pense qu'Hervé Chaumont est responsable du brouillage.
-Chaumont les a balancés aux RG. -Les RG, c'est Collart.
Tu as récupéré les fadettes
de José Pereira ? -Oui, à l'instant.
Oui, c'est ça. -OK. Merci.
-Bien joué.
-Merci.
On frappe à la porte.
-Qu'est-ce que vous me voulez encore ?
Vous ne pouvez pas vous passer de moi ?
-Pourquoi avez-vous appelé Pereira 2 heures avant son décès ?
-Ce soir-là, c'était l'anniversaire de ma femme.
Mes trois fils ont dîné à la maison avec leur femme et leurs enfants.
J'ai pas tué Pereira.
-Pourquoi vous l'avez appelé ?
-Pour parler du bon vieux temps.
*-Arrête, José !
*-C'est à cause de lui, tout ça ! Il nous a balancés aux RG.
-C'est ça, le bon vieux temps ? Vous êtes notre principal suspect
dans le meurtre d'Hervé Chaumont. Il était votre indic.
-Chaumont ?! Non, c'est un pur et dur.
Un syndicaliste. Un incorruptible.
-Pourquoi José Pereira l'accuse
de collaborer avec vous, alors ?
-Parce que je lui ai fait croire.
-Je vous écoute. -Il fallait que la radio s'arrête.
On avait des instructions.
C'était déjà la merde entre eux.
-Entre Chaumont et Pereira ? -Oui.
Chaumont voulait que la radio
reste un outil de lutte syndicale. D'autres voulaient la liberté.
Que Mme Michu puisse venir raconter ses histoires de règles.
Ca n'a pas été difficile de les monter les uns contre les autres.
-Concrètement, vous avez fait quoi ?
-J'ai fait croire aux autres
qu'il nous avait aidés pour le brouillage.
-Et grâce à vous, il a été tué. -Non...
Je suis pas responsable de ce qui s'est passé.
-Dénigrement, mensonge, diffamation...
Vous savez utiliser ces armes-là. Vous êtes impliqué dans sa mort.
-Pas aux yeux de la loi. Ses copains s'en sont chargés.
J'ai compris quand on a retrouvé son corps à l'aciérie.
Ils stockaient là leur matériel de secours,
en cas de saisie. -Pourquoi vous êtes venu
à l'enterrement ?
-J'avais envie d'en savoir plus.
Flic un jour, flic toujours.
*-T'es content, Hervé ? *-Arrête, José !
*-C'est à cause de lui, tout ça ! Il nous a balancés aux RG.
-Je ne me souviens pas de cette conversation.
-Arrêtez de me mentir !
On a retrouvé le corps d'Hervé Chaumont dans l'usine
où vous avez travaillé tous les quatre.
C'est vous qui l'avez caché ?
-J'ai pas tué Hervé. -Qui, alors ?
Pereira ? Grenier ? -Je sais pas.
-Vous lui avez réglé son compte ? -Vous ne pouvez pas comprendre !
Après toutes ces humiliations, des patrons, des politiques,
cette radio, c'était tout ce qui nous restait.
LCA, c'était notre fierté, et Hervé a tout foutu en l'air.
-Etre trahi par un ami d'enfance, ça a dû être terrible.
-J'ai failli y passer à cause de lui.
Si Claude n'avait pas été là...
-C'est ce soir-là qu'Hervé a été tué ?
-Oui.
On était enragés, cette nuit-là.
On venait de saccager l'hôtel des impôts
quand José et Claude ont vu Hervé dans la rue.
Hervé est parti en courant.
Mais ils ont réussi à le coincer dans une ruelle.
-Vous étiez présente ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Je m'étais fait matraquer. J'arrivais pas à les suivre.
Quand je suis arrivée,
Claude traitait Hervé de salaud, de vendu.
Hervé s'est jeté sur lui et a commencé à le frapper.
José a essayé de les séparer, mais Hervé s'acharnait.
Alors José l'a tiré très fort, en arrière.
Hervé est tombé.
Sa tête a heurté le trottoir.
Et c'était fini.
-L'autopsie a révélé qu'Hervé Chaumont
a été battu à mort.
-Je ne me souviens plus !
Ils étaient déchaînés tous les trois. C'était affreux.
-Et ensuite ?
-José et moi, on était paniqués. Le seul qui est resté calme,
*c'est Claude. Il a été chercher sa camionnette.
*J'avais les clés de la chaufferie de l'usine...
*On pouvait y cacher le corps. -Un beau gâchis.
-Ils se sont faits manipuler. C'est dégueulasse !
-J'y vais.
-Tu vas où ?
-On a le meurtrier de Chaumont. J'ai fini mon boulot.
-Ca va ? Ca a donné quoi, la maison, avec Clara ?
-Laisse tomber.
*-Qu'est-ce qui va m'arriver, maintenant ?
*-Vous êtes complice du meurtre d'Hervé Chaumont.
*Si vous voulez nous aider, le juge en tiendra compte.
-Qu'est-ce que je dois faire ? -Le tueur de Claude et José
va s'en prendre à vous. Vous allez nous servir
d'appât.
-Est-ce que j'ai le choix ? -Non.
-Tu assureras sa surveillance ce soir.
-Tu crois que Collart a un lien avec les crimes ?
-Il a très bien pu révéler à Eddy Chaumont les noms
des assassins de son père. -Là, on a un mobile : la vengeance.
On frappe à la porte.
On sonne.
...
-Les voisins n'ont pas revu Eddy depuis l'enterrement de son père.
-Mme la juge, j'ai besoin de votre autorisation pour une perquisition.
-Voilà. -Merci.
-Merci, Boris. -De rien.
...
-Il s'est barré !
-On dirait bien, oui... -Je diffuse un avis de recherche ?
-Je m'en occupe !
Va chez Julia Conti.
Je veux une équipe dehors et toi, tu t'installes chez elle.
-Pardon.
-Je vais me coucher. -Je dois vous accompagner.
-Vous croyez que l'assassin est caché sous mon lit ?
-C'est la procédure. Je dois vérifier les issues.
Tout est OK, les gars.
*-Bien reçu.
-On s'endort pas, hein ? *-Affirmatif.
-Je vous ai mis une couverture, en bas.
-Merci. Bonne nuit ! Téléphone.
Oui, Sophie ?
Attends.
Cent personnes ?!
Tu veux que je fasse un emprunt à la banque pour cette cérémonie ?!
Tu m'étonnes que tout le monde veuille venir. C'est gratuit !
Même mon père veut venir. Il m'a appelé tout à l'heure.
Sauf que ma mère veut pas le voir.
Oh... Oh...
*-Guillaume ? Chéri ?
...
Bruit de porte.
-Mais qu'est-ce que tu fais ?
-Je m'en vais.
-François... -Non.
On peut être honnêtes, là ?
Tu peux pas me donner plus ?
On est d'accord ?
Eh ben, voilà.
...
Claquement de porte.
Un téléphone vibre.
Elle soupire.
-Oui, Guillaume ?
-C'était Eddy ! Il a pris mon arme. S'il la tue, ce sera de ma faute.
-On a tous merdé. -Pourquoi il a enlevé Julia ?
-Il doit se sentir traqué et il la prend en otage.
-S'il la tue avec mon arme, ce sera moi, le responsable.
-Arrête.
-C'est de ma faute.
Je suis complètement ailleurs.
Je me prends la tête avec Sophie pour ce mariage.
-Calme-toi, Guillaume.
-Tu as raison.
C'est impossible d'avoir une vie perso
quand on fait ce boulot. -Hum.
Rentre chez toi et repose-toi.
-A l'IGS, il y aura forcément une enquête ?
-Le compte bancaire de Julia Conti et son compte épargne
ont été liquidés ce matin.
Les fonds seront disponibles dans 24 h.
Eddy Chaumont ne va donc pas l'éliminer tout de suite.
Il a besoin d'elle pour retirer cet argent. Mais on ne sait pas où.
Ca peut être dans une agence en France ou à l'étranger.
Leur signalement a été diffusé
à toutes les unités de police. Il va falloir checker
les aéroports, les gares et les hôtels.
Eddy Chaumont possède un véhicule sérigraphié "Basic Ness",
écrit en orange et noir.
C'est le nom du club de gym qui l'emploie.
Immatriculé AK-488...
-Tu vas où ? -Je rapporte les archives à Longwy.
Ca va, ta tête ? -Oui, ça va.
-Tu ne participes pas
à la chasse à l'homme ? -Non, je suis mis à pied.
On doit attendre les résultats de l'enquête de la police des polices.
J'étais à côté de la plaque. Je peux pas continuer comme ça.
J'ai arrêté le mariage. -Quoi ?!
-J'ai parlé à Sophie. C'est plié, c'est mort.
-Fais pas ça. -Salut, François !
-C'était pas à la minute. -Comme ça, c'est fait.
-On va le coincer, je te le promets !
...
-Clara...
AK-488-CR, ça te parle ? *-C'est la voiture d'Eddy Chaumont.
-Elle est gare de Longwy.
-Soit il a pris le train, soit il veut nous le faire croire.
Regarde à l'intérieur, mais ne touche à rien. J'arrive.
...
Bris de verre.
C'est moi qui l'ai cassée. OK ?
-Bien sûr ! Je suis témoin, capitaine.
Regarde. Un PV de moins de trois mois.
-C'est quoi, l'adresse, là ?
-Rue Jean Monnet, à Longlaville.
-Ca me dit quelque chose.
C'est là où travaille Julia Conti. Donc ils se connaissent ?
-On a appris pour Julia. On est tous sens dessus dessous.
-On a besoin des clés de son armoire.
-Vos ordinateurs sont verrouillés ? -Oui.
-Vous avez ses mots de passe ? -Oui. Je gère ses dossiers
quand elle est en congé.
-Clara, viens voir.
-Julia Conti s'est occupée de trouver du boulot à Eddy Chaumont.
-Elle ne s'est pas occupée que de ça, apparemment.
-Oh, putain...
C'est elle qui lui a ouvert la porte de sa maison.
-Elle a acheté deux billets de bus.
Départ dans 20 mn.
-On n'a pas le temps de monter un dispositif.
On s'attend à l'arrêt de bus pour les intercepter.
On va rester discrets.
-Allez, Julia, ça va aller.
Ca va aller.
-Reste dans la voiture.
-Attends les équipes. -Non.
-(C'est la flic. Va-t'en.)
-(Je pars pas sans toi.) -(Vas-y.
(Braque-moi.)
-Baissez
votre arme ! Cris.
-Baissez-votre arme, Eddy !
-Ne vous approchez pas, il va me tuer.
-Vous n'allez pas faire de mal à la femme que vous aimez.
-(Elle bluffe.)
Sirène.
Vas-y, Eddy. Vas-y.
-Putain... François, non !
-Vous m'avez sauvé la vie. -Vous êtes en garde à vue.
-Mais j'ai rien fait !
-Il y a une entrée à 100 m. On y va.
...
Sirène.
Passe par l'autre côté !
-OK.
...
-Police !
-Dégage !
Coup de feu. -Non...
-Dégage ! -Calme-toi. Ne fais pas le con.
Ne fais pas le con, Eddy.
Détonation.
...
-C'est l'épaule, c'est rien. -Je veux venir avec toi.
-Je préfère pas.
...
Ouverture électrique.
-Quand on est amoureux, rien ne peut vous arriver.
Il y a eu deux moments dans ma vie où je me suis sentie vivre.
Dans le studio de Lorraine Coeur d'Acier et dans les bras d'Eddy.
Etre utile ou être aimé, c'est pareil. On est vivant.
-C'était si important que ça,
la radio ?
-Après les licenciements, on n'avait plus rien.
Les gens n'avaient pas assez d'argent pour aller aux matchs.
Mais pour la radio, même s'ils devaient se serrer la ceinture,
les gens donnaient toujours. 1 franc, 20 centimes...
Et ils nous disaient merci.
J'ai ressenti la même émotion quand Eddy a posé les yeux sur moi.
-C'était quand ? -Il y a trois mois, à mon travail.
Ca a été...
magnifique.
-Et son père ?
-Eddy ne l'a pas connu, donc je ne lui en ai pas parlé.
Mais quand on a retrouvé le cadavre d'Hervé,
il fallait que je lui dise comment son père était mort.
-Et ça a été un choc.
J'ai toujours cru que c'était ma naissance qui l'avait fait fuir,
et ma mère aussi, d'ailleurs.
Et au bout de 40 ans,
j'apprends que le salaud qui m'avait abandonné,
c'était une victime.
C'est Julia qui m'a tout raconté.
Mais je l'aime.
Alors je lui ai pardonné.
Parce que quand on aime, il faut pardonner.
Mais j'ai pas pardonné
aux deux autres,
surtout pas à Claude.
-Vous le connaissiez ? -Il s'est bien foutu de ma gueule.
Ce fils de chien me disait :
"Il faut pas que tu en veuilles à ton père..."
Alors que c'est lui qui l'avait tué.
Le lendemain de l'enterrement, je suis allé le voir.
Il a continué de me mentir, comme si de rien n'était.
Je l'ai attrapé et je lui ai fait fermer sa gueule, pour de bon.
-Et vous êtes allé voir José Pereira.
-Non, j'ai pas tué Pereira.
-José est venu chez moi en sortant de garde à vue. Il était furieux.
-Pourquoi ? -Il a compris que je sortais
avec le fils d'Hervé, que je lui avais tout dit.
Il a soupçonné Eddy d'avoir tué Claude.
Il voulait le dénoncer à la police.
Ca, c'était pas possible.
Il allait nous voler notre bonheur.
-Qu'est-ce qui s'est passé après ?
-J'ai essayé de lui expliquer.
Il s'est moqué de moi, de notre différence d'âge.
Il a été odieux. C'était insupportable.
Alors j'ai pris le mortier en marbre sur la table
et je l'ai frappé, de toutes mes forces.
Il est tombé.
Il saignait beaucoup.
Je savais plus quoi faire.
J'ai appelé Eddy.
-Je me suis occupé de tout.
Une fois la nuit tombée, j'ai chargé le corps dans ma bagnole.
-C'est vous qui avez eu l'idée de pendre le corps au Bois de Châ ?
-Oui, pour venger mon père de ces deux salopards.
Et de tous leurs mensonges.
J'ai mené une vie de merde à cause d'eux.
Avec Julia, ça commençait à changer.
Il y avait un peu de soleil.
-Oh, ça marche pas ! Fait chier !
Hé, monsieur ! S'il vous plaît ! Vous êtes bien le directeur ?
Ma carte ne marche pas. -Je voulais justement la reprendre.
-Il y a un problème ? -Vous n'êtes plus le bienvenu.
La radio, on la porte tous dans notre coeur.
-Ca va...
Oui...
Il soupire.
-Maman !
On frappe.
Il y a une mouche dans ma chambre ! -J'arrive !
Tu as peur des mouches ?! -C'est une grosse mouche !
-Ah bon ? Elle a combien d'yeux ?
-Elle en a 48 !
-Mon témoin ne devrait pas tarder. -Certains témoins oublient !
-Ah ! -Excuse-moi...
-Comment tu me trouves ? -Magnifique !
-Et François ? -Je sais pas.
J'ai pas de nouvelles.
-Vous...
-Attends.
Cadeau de mariage de la PJ.
-C'est le plus beau des cadeaux de noces.
-L'IGS a classé sans suite. Tu es réintégré.
Bonjour, Sophie. Tu es belle ! -Merci.
-Excuse-moi. -Ah, tu es là !
Waouh, t'es beau ! -Désolé, je suis à la bourre.
-Où sont les toilettes ? -Juste là.
-J'arrive. -OK.
-On y va !
-Oui, j'arrive.
-Si vous voulez bien vous lever.
Guillaume, acceptez-vous de prendre pour épouse Sophie Dufour ?
-Oui. -Sophie, acceptez-vous de prendre
pour époux Guillaume Barot ? -Oui.
-Vous pouvez procéder à l'échange des alliances.
-Clara.
-Oui... Oui, pardon.
Un objet tombe par terre. Merde.
Merci. Tiens. Pardon.
-On va y arriver.
Soupir.
Je vous déclare mari et femme. Vous pouvez embrasser la mariée.
Applaudissements.
france.tv access
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