Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Bonjour.
Ca vient d'ITT.
Je le savais ! Je te l'avais dit, Payita.
Dans la gauche chilienne, nommer ITT revenait à invoquer le diable.
Mais pour qui ils se prennent ?
Pour le géant des télécoms chilien, se mêler des affaires internes,
c'était devenu une habitude.
Et dans l'arrière-cour des Etats-Unis,
il exerçait un pouvoir despotique.
Lors de son premier mandat,
Allende a pris le contrôle de la filiale chilienne.
Mais le diable ne renonce jamais à une âme
ni au monopole d'une entreprise stratégique nationale.
Le peuple du Chili doit être au courant.
A l'étranger aussi, ils doivent savoir que la mesquinerie
menace notre pays.
Quand vous serez à l'ONU face au monde entier.
C'est dans des mois.
Il faut agir maintenant.
Je connais de très bons traducteurs.
Ca ne suffit pas. Ils doivent être impartiaux
et être respectés de tous.
J'ai des traducteurs impartiaux, discrets et de confiance.
Ca semblait anodin,
mais ce journaliste avait lancé la bombe de l'année
en révélant les activités illégales d'ITT,
et on venait de lui décerner le prix Pulitzer dans son pays
pour ses rapports sur la CIA.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? - Silence.
- Que dit-il ? - Qu'après ces mesures,
ils pouvaient envisager la violence,
y compris un coup d'Etat
contre le gouvernement d'Allende.
Nous saluons le courage et le travail d'investigation
de M. Patrick Wilson,
un journaliste de renommée du Washington Post
qui vient tout juste
de dévoiler une affaire d'intervention des plus scandaleuses
des grands intérêts économiques transnationaux
dans les pays du tiers-monde.
Je suis Augusto Olivares.
Bonne soirée à tous.
Vous rendez un grand service à notre pays, mon général.
Je vous remercie.
Ne nous remerciez pas,
nous ne faisons que notre travail, M. le Ministre.
Pas n'importe quel travail.
Les cours d'anglais de l'Académie de guerre
nous sont enfin utiles.
J'ai toujours dit aux élèves
que les fusils ne sont pas nos seules armes.
Regardez-les.
Les documents d'ITT publiés
étaient la preuve que nous n'étions pas fous
ou, du moins, pas au point de nous inventer de puissants ennemis.
C'est facile, quand on est un ami du président
et directeur de "Television Nacional".
La gauche contrôle les rues.
Et nous, qu'est-ce qu'on a ?
On vous a vous, El Mercurio,
ce n'est pas rien.
On a un tank de guerre.
On ne l'exploite pas assez.
Lutter contre les journaux de gauche
des classes populaires, c'est dur.
C'est justement de ça qu'il s'agit.
La question est simple.
Le peuple est-il satisfait ?
Le peuple est...
Le peuple hésite.
Dites-moi, qu'exploite la gauche depuis la nuit des temps ?
Les cadeaux.
Elle nous offre un réfrigérateur, une tasse de lait chaud
et le tour est joué.
Pourquoi ? Parce que les gens n'ont rien.
Le problème, c'est Allende.
Les gens le voient comme le médecin qu'il est.
Ils se disent : "Il sait ce qu'il fait."
Et ils n'y voient que du feu.
Il faut le tirer hors de son confort de médecin
qui nous embobine.
Comment ne pas dévoiler une information qui le fera tomber ?
Pour la haine qu'il a répandue à travers le Chili,
il doit payer.
- On doit frapper sans relâche. - Encore et encore.
Il veut une lutte des classes, il veut la guerre.
Très bien.
Les gens finiront par voir la réalité comme nous la voyons,
ils prendront conscience qu'ils ont affaire à un charlatan.
Un vrai professionnel, un vendeur d'illusion.
M. le Président, vous devez être prêt au pire.
Les menaces de ceux qui ont écrit
ces documents sont très sérieuses.
Ils craignent que votre gouvernement serve d'exemple
à l'Amérique latine et l'Europe occidentale.
Le projet d'Unité populaire est exceptionnel.
C'est votre force, mais aussi votre faiblesse.
Pensez à vos alliés.
Qui sont-ils ? Où sont-ils ?
Le monde a les yeux rivés sur vous.
- Fiez-vous à vos tripes. - Mes tripes ?
Il a dit : "vos tripes" ?
- Oui. - "Gut", les tripes.
Salut.
Tu encaisses toujours les coups pour impressionner les femmes ?
C'est une coutume espagnole.
Que va faire le président ?
Tu es un homme très discret.
Tu as passé la journée à méditer.
Je sais ce que le mot "non" signifie.
On est amis, non ?
Il y a deux ans, j'ai aimé un Cubain
qui est parti sans me dire au revoir.
Un ami m'a dit de ne pas vendre la peau de l'ours
avant de l'avoir tué.
- Quoi ? - Eh bien, non.
Non, Claudia. On ne... On n'est pas tous les mêmes, merde.
Je crois que Negro m'appelle.
Si tu veux bien m'excuser.
M. le Président,
j'ai été membre du Parti socialiste, vous le savez.
Oui, enfin, il y a 30 ans, non ?
Oui, j'aimerais donc vous parler comme un ancien collègue.
En premier lieu, je souhaite vous faire part de notre inquiétude
concernant certaines rumeurs à propos de la nationalisation
du transport de marchandises dans la région d'Aysén.
M. Vilarin, ne croyez pas tout ce que vous lisez dans la presse.
Mais ce n'est pas le seul problème.
On a de gros ennuis.
Pas de crédits,
pas d'approvisionnement.
Vous savez que c'est à cause du blocus des Etats-Unis.
Vous en êtes conscient ?
Nous étouffons.
Les nôtres sont inquiets.
Très inquiets.
C'est un moment difficile pour notre économie.
Certes.
Mais je vous assure
que c'est momentané, passager.
Vous êtes les veines de ce pays.
De l'industrie, du commerce.
C'est vous qui approvisionnez ce pays.
Si vous aimez le Chili, aidez-moi.
Je vous le demande en tant qu'ancien collègue.
Eduardo, fais-moi plaisir,
ne sois pas si strict.
De nos jours, il faut avoir l'esprit ouvert.
Les parlementaires nous attendent au tournant.
Je crois qu'on a déjà eu cette conversation.
- Oui. - Plus d'une fois.
La situation a changé.
Le chaos règne dans le pays.
On n'a aucune excuse.
Et tes électeurs le savent.
L'Unité populaire donne des armes à ses partisans.
Ils les importent de Cuba et attendent patiemment l'enquête.
Je continue ?
Le seul moyen d'éviter la catastrophe,
c'est de créer un front d'opposition unique.
Un front solide
comme la roche.
Un front uni
comme la roche.
M. le Président, nous avons deux options.
On peut se souvenir de vous comme d'un lâche
qui n'a pas su soutenir la patrie dans le creux de la vague.
Mais on peut aussi se souvenir de vous comme d'un grand leader,
un homme à la main de fer.
Dites-moi,
quelle version préférez-vous ?
Aucune des deux.
Merci.
- Bonjour. - Bonjour, Esteban.
Vous nous apportez des cafés ?
Regarde ça. Quelle honte.
- Bureau du président. - Bureau du président.
- Bureau du président.
Pardon ?
Face à l'indifférence totale du gouvernement,
le moment est venu de lancer une grève indéfinie
et d'abandonner sous aucun prétexte.
La faillite nous tuera peut-être, mais nous mourrons debout.
Voici l'idéologie chilienne que ce syndicat représente.
Douze mille camionneurs et leur famille nous soutiennent.
Quoi ? Qu'est-ce que j'ai loupé ?
Ils n'ont jamais voulu négocier. Ils avaient tout prévu.
Il est cinglé. Sincèrement, personne ne le suivra.
Je n'en suis pas si sûr, Tati.
Et maintenant, Docteur ?
Toha avait raison.
Il suffisait d'observer la géographie du pays
pour comprendre le pouvoir du syndicat.
Le Chili s'étend sur 4 270 kilomètres,
c'est un pays très long,
mais une seule route le relie d'un bout à l'autre.
De simples bouchons sur certains points de cette ligne
ont suffi pour suspendre
le transport par voie terrestre.
Que se passe-t-il à Vallenar ?
Ca a été compliqué, mais on y travaille.
Pardon pour le retard,
j'ai dû venir à pied.
Notre principal problème, il est là, à Valparaiso.
Tout est bloqué.
Il faut passer par San Antonio.
Envoie des camions et des militaires.
Fils de pute...
Fils de pute !
Allende est une marionnette
contrôlée par les communistes.
Ne croyez pas un mot de ce qu'il dit.
Mais il n'est pas idiot. Il sait que tôt ou tard,
il devra négocier avec vous,
surtout si la grève se prolonge.
Un cigare ?
Je n'autoriserais jamais un embargo sur Cuba.
J'apprécie les bonnes choses.
Enfin bref, je pense qu'on doit prendre notre mal en patience.
Facile à dire, c'est mon commerce qui paye les pots cassés.
Je vous l'ai dit,
on est comme frères.
La famille, c'est important.
Vous ne pensez pas ?
Moi non plus, je n'autoriserais pas d'embargo.
Au Brésil, j'ai rencontré un couple comme vous.
Oui ?
Ils travaillaient dans le tourisme.
C'est une bonne idée, non ?
Vous allez vraiment me manquer.
Qu'allez-vous faire ? Prendre des vacances ?
On dit que l'Uruguay, c'est beau.
L'Uruguay ?
Beaucoup d'argent.
A vous de jouer maintenant.
Le président Nixon a ordonné à la CIA de faire flancher
l'économie du Chili.
Une punition bien méritée pour avoir douté de l'hégémonie
de l'oncle Sam dans la région.
Ils ont procédé avec soin en engrossant les comptes bancaires
de tous ceux qui étaient prêts
à prendre part à la campagne
de déstabilisation économique et sociale du pays.
Ils sont déchaînés.
On devait transmettre un message de rappel à l'ordre.
Alors ?
Quelqu'un ici pense qu'étant un gouvernement de gauche,
on peut se passer de police ?
Pas du tout, mais on nous accuse d'autoritarisme.
Que veux-tu que je fasse ? Que j'aille supplier les chauffeurs
de ne pas désapprovisionner le pays ?
- Je t'en prie. - Si on déclare l'état d'exception,
les militaires protesteront.
On perdrait la confiance du peuple.
S'ils continuent de bloquer les routes, on usera de la force.
Contre un groupe de camionneurs ?
Il ne s'agit pas d'eux.
Cette grève est contrôlée par leurs entreprises.
On se fiche de la vérité. C'est un véritable cirque.
A force de répéter un mensonge aux gens,
ils croient que c'est la vérité.
Cette grève est totalement illégale.
Et séditieuse.
Ils ne réclament rien, leurs revendications sont fausses
et vides de sens.
C'est la grève des propriétaires des camions,
des grandes entreprises,
qui croient que ce pays leur appartient.
On doit saisir les camions.
L'ordre public ne peut être un patrimoine de la droite.
Les gens doivent voir qu'on peut rétablir l'ordre
et calmer les choses.
La plainte contre Vilarin n'a rien arrangé.
Depuis qu'il est en prison, c'est un martyre.
C'est la Cour d'appel qui l'a condamné, pas nous.
Hier, il y a eu plus de 300 détenus et le nombre de grévistes augmente.
La Confédération nationale de commerçants
vient de se mettre en grève.
Le Parti national va recevoir
les entreprises concernées au Congrès.
Et merde...
Bon, c'est très clair, non ?
Ils veulent semer la famine et le chaos.
Si la classe moyenne se met en grève, ça peut être dangereux.
On est coincés.
Si le gouvernement décide d'exercer le pouvoir de l'Etat,
certains secteurs de gauche vont nous accuser de trahir le peuple
et la gauche va nous accuser d'être...
une dictature staliniste déguisée en démocratie, Docteur.
Mais si on ne fait rien,
les conflits entre les groupes séditieux
et l'action directe du peuple
qui défend les commerces et les usines
pourraient générer une violente crise dans les rues
et la droite nous traitera d'incompétents,
incapables d'imposer la force en tant qu'Etat.
N'importe laquelle de nos actions va éteindre un incendie,
mais en générer un autre.
On doit donc décider par quel incendie commencer.
La famine.
Rien ne provoque plus de haine que la famine.
Je décrète l'état d'urgence.
Et qu'ils saisissent tous les camions qui bloquent les routes.
Parmi les moments exotiques que j'ai vécus au Chili,
celui-ci était unique en son genre.
Pour la première fois, la droite soutenait les grévistes.
Ce gouvernement sème le chaos.
Et paradoxalement, on réprime encore et encore
les manifestations des secteurs de l'opposition.
Et les Forces armées
et les Carabineros soutiennent volontairement
cette dictature marxiste.
Et que compte faire l'opposition ?
M. le Sénateur !
Enfin, pas seulement la droite.
La DC soutient cette grève dans tout le pays
face à ce gouvernement qui n'est qu'une illusion de démocratie,
car il ne respecte pas la Constitution
alors qu'il s'était engagé à le faire le 4 novembre de 1970.
Et aujourd'hui, ce gouvernement tourne le dos
à ceux qui prétendent le défendre.
Les rapports d'ITT,
le pouvoir des chauffeurs et une DC unie à la droite,
c'était la triade idéale pour une guerre de communication.
C'est ce qu'ils pensent, eux, ou c'est ce que vous pensez ?
Moi, je ne pense pas ça.
Mais sachez que beaucoup d'officiers,
et pas uniquement de l'armée,
pensent que le gouvernement ne respecte pas la Constitution.
Moi, je pense qu'on mélange tout,
mais c'est comme ça dans ce pays,
tout est polarisé.
Ecoutez, Augusto, je crois que nous devons nous préparer.
Ils vont nous provoquer.
Ils vont nous pousser à bout.
Et quand ça arrivera, nous ne devrons pas hésiter.
Oui, mon général.
Ils nous ont demandé de maintenir l'ordre,
il faut donc que nos Forces armées soient unies.
Je ne suis pas dupe.
Je sais ce qu'on dit de moi,
mais je ne suis pas marxiste.
Ceux qui en doutent
peuvent venir me poser la question directement.
- Ca vous convient ? - Absolument, mon général.
- Bonjour, M. le Sénateur. - Bonjour.
Entrez.
Eh bien...
- Tout va bien. - Je l'espère.
Oui. Mercredi à 15h30.
Bien sûr.
- Merci, M. le Sénateur. - Au revoir.
Au revoir.
D'abord, le blocus économique et le manque de prêts.
Maintenant, la grève.
Le pays tombait dans une profonde crise économique.
Aux camionneurs se sont ajoutés les petits producteurs,
le secteur industriel
et même les ordres professionnels, l'un après l'autre.
Les médecins se sont mis en grève.
Ils n'ont aucune éthique.
J'ai fondé l'Ordre des médecins.
Je l'ai présidé.
Ne t'énerve pas. Rappelle-toi ce qu'a dit le médecin.
Quelle ironie.
Tu te souviens, à la fac,
ils t'ont viré du groupe Avance pour avoir refusé des Soviets.
Et ils te traitent de communiste.
Ca doit être mon destin, de n'être nulle part à ma place.
Ca t'arrange, visiblement.
Tu es injuste, Tancha.
Si tu préfères qu'on te ménage,
j'en connais certains et certaines
qui ne demandent que ça.
Tu n'en as pas marre des westerns ?
Pourquoi j'en aurais marre ?
C'est un bel univers, Tancha, mais tu ne le comprends pas.
On n'y abandonne jamais, c'est la justice qui gagne.
Et les Indiens qui perdent.
Peuple du Chili,
cette grève est la grève de ceux qui détiennent le capital,
pas des travailleurs et des travailleuses,
qui détiennent leur force de travail.
C'est à eux que je m'adresse.
Nous avancerons sur ce chemin difficile,
dans l'adversité,
jusqu'à ce que chacun de nous, jusqu'à ce que chaque Chilien
et chaque Chilienne puisse se regarder dans la glace et dire :
"Je suis maître de mon destin."
Le peuple a répondu à l'appel du président.
Les usines ont été rouvertes sans leurs propriétaires.
Les travailleurs ont créé les cordons industriels,
une organisation inédite : ils se chargeaient eux-mêmes
de la production, de la distribution
et de l'approvisionnement des produits.
Le pouvoir populaire était une force imparable
qui a commencé à agir en marge des syndicats et du gouvernement.
Une pratique antisyndicale ?
Mais c'était une décision du syndicat !
Une moquerie ?
Dans ce secteur, nous voyons arriver
les files de travailleurs organisés en cordons industriels.
Cordon Cerillos, cordon Maipu, cordon Vicuna Mackenna,
cordon Santa Rosa, cordon Macul.
Combien de travailleurs y a-t-il à l'usine ?
- Et celle d'à côté ? - Bureau du président.
Un autre contrôleur. Que lui est-il arrivé ?
Et comment fonctionne ce cordon ?
Je ne sais pas.
Bureau du président.
Te voilà.
José et Luis sont là.
Vous le savez, la situation est critique.
Et la division de la gauche n'arrange rien.
Nous risquons de perdre absolument tout.
Le peuple a répondu en masse à votre appel, cher collègue.
C'est nouveau, ce qui se passe dans les usines.
Il faut calmer les plus agités et leur faire comprendre
qu'il faut commencer à occuper les espaces
des institutions bourgeoises.
Tout autre chemin nous mènera
à un affrontement et ça, c'est dangereux.
Oui.
Il faut maintenir notre position et ne pas reculer.
Oui.
On doit consolider nos victoires
et ça ne va pas être facile.
Nous partageons des principes et des objectifs, n'est-ce pas ?
Le plus important, c'est que les réformes
soient implantées dans le cadre institutionnel.
L'opposition gagne du terrain, nous ne le permettrons pas.
En accélérant les transformations,
nous pourrons rapidement tenir les promesses
que nous avons faites au Chili.
Comme disent les Français,
on ne peut pas aller plus vite que la musique.
J'adore cette expression,
mais dans ce cas, elle est mensongère.
Bien sûr qu'on peut aller plus vite...
- En étant déterminés. - Et capables.
Le temps n'est plus au doute, Docteur.
Le peuple l'a compris et il est avec nous.
Leur grève ne nous étouffera pas.
L'important, c'est de maintenir la cadence,
de continuer quoi qu'il arrive.
Carlos,
ça reviendrait à avancer à l'aveugle,
sans tenir compte de la réalité du Chili.
Pas du tout ! Je pense à la réalité
d'autres pays qui ont implanté de profondes transformations.
La réalité du Chili
n'a rien à voir avec celle de la Russie des Tzars,
ni celle de Paris, ni celle de Cuba.
Les changements sociaux et politiques
n'arrivent pas du jour au lendemain.
Ils s'insèrent dans l'histoire, ils accompagnent notre histoire.
On vit ce moment de notre histoire, Docteur.
On installe ces changements.
C'est pour cette raison qu'on doit continuer d'avancer.
Tu oublies les risques, Carlos.
Le seul risque, c'est un coup d'Etat, Payita.
Les travailleurs sont enfin au centre du système,
à leur place, Docteur.
Il est temps de passer à l'attaque.
Aux élections parlementaires, l'UP mise tout
et c'est une bonne raison pour augmenter la mise.
Les détracteurs de l'UP avaient raison.
Parmi la gauche persistaient des désaccords irréparables,
c'est pour cette raison qu'on ne voyait aucune issue.
La crise ne nous laissait aucune trêve.
Vers qui Allende pouvait-il se tourner ?
Etait-il possible d'encourager l'union solidaire des peuples ?
Le Chili n'était pas Cuba,
c'était le dernier dans l'arrière-cour yankee.
Et Allende n'était pas un guérillero comme Castro.
On est en pleine partie.
Je n'ai rien dit.
Non.
Je n'ai pas besoin d'aide. Merci.
Je ne veux pas dire que c'est mal de demander de l'aide.
Bien au contraire.
C'est parfois nécessaire.
Quelqu'un veut de la crème glacée ?
Elle est à moi.
Enfin, Chicho, ne sois pas si radin.
Il passe de socialiste à capitaliste avec la glace.
- Il se l'approprie. - Tu as raison.
Je vais me resservir un café.
- Dépêche-toi. - Viens.
- Ici ? - Oui.
Ici.
Si ton père l'apprend...
Tu n'en veux pas ?
Je n'ai rien dit.
Pourvu que les Russes nous aident.
Tu crois qu'ils le feront ?
Allende était un président socialiste,
mais sa politique ne s'alignait pas avec celle de l'Union soviétique.
Le Kremlin a envoyé des missiles à Cuba,
des tanks à Prague,
à Berlin-Ouest des divises et une armée.
En revanche, au Chili...
Du merlu ?
Entendu. Oui, M. l'Ambassadeur.
Au nom du peuple du Chili, je remercie
l'Union soviétique pour cette contribution solidaire.
Merci beaucoup.
... informe que le gouvernement marxiste souhaite résoudre
un problème de pénurie dû à une mauvaise gestion économique
et des produits d'origine douteuse.
Des sources fiables nous confirment que certaines versions indiquent
que les méthodes employées par les navires soviétiques
en matière de pêche pourraient être très nocives pour la santé.
Eteins ça.
On a évoqué certains canc...
- Excusez-moi. - Merci.
- Bon appétit. - Merci.
Bon...
On devrait le passer au microscope ?
Le merlu atomique est courant dans certains pays.
Oui.
Bon, eh bien, je l'ai goûté
et je n'ai pas de troisième bras.
- Pas encore. - Oui.
- Je devrais rester en observation. - Eh bien,
moi, je vais tout manger.
Moi non.
Tu te souviens de notre dernière partie d'échecs ?
Eh bien, maintenant, ils veulent me coincer, moi.
Ils veulent voir mon dernier tour.
Faire tomber le roi.
Comme je te l'ai enseigné, il faut surprendre l'adversaire
avec un mouvement inattendu,
pour ceux qui pensent comme nous et pour les autres.
Et qu'est-ce que vous préparez, Docteur ?
Non.
Ca ne va pas te plaire à toi non plus.
Des militaires au gouvernement ?
Mon expérience me dit que ça va mal se terminer.
Le Chili n'est pas l'Espagne.
Je crois savoir ce que vous pensez, Général.
Mais je n'ai pas d'autre choix.
Je suis forcé de vous demander votre coopération de nouveau.
Je dois former
un cabinet temporaire avec des membres des Forces armées
pour apaiser la situation.
M. le Président,
savez-vous qu'on nous appelle "les pastèques" ?
Verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur.
Quoi qu'il en soit,
ce n'est pas une décision individuelle, mais institutionnelle.
Je sais que vous prendrez la bonne décision, Général.
Bonne journée.
Bonne journée, Monsieur.
Si vous voulez bien m'excuser.
Carlos, pourquoi tu ne dors pas ?
Tu n'es même pas de gauche.
Non.
Mais je suis chilien.
Certaines arnaques ne passent pas.
Des militaires !
Des militaires ?
Tu adores gagner les débats, mais tu n'écoutes personne, Chicho.
Tu vis dans ton monde et tu vas finir seul.
Tu ne comprends rien, Paya.
Non.
Je ne comprends rien.
Tu as raison.
Je suis seul !
Je n'avais jamais vu
un ministre de l'Intérieur si élégant.
Merci.
La grève a finalement pris fin,
mais elle a laissé un goût amer et la solution adoptée
par Allende était extrême : l'économie affaiblie
avait davantage compliqué la situation
et l'opposition commençait à installer
dans de nombreux secteurs
l'idée que le gouvernement était illégitime.
Soyons clairs, c'est un pacte stratégique.
Quand Allende quittera La Moneda, ce sera terminé.
Nous avons un objectif commun dans cette croisade historique.
Mais ce n'est pas une raison pour...
Pardonnez-moi, M. le Président,
mais ce ne sont pas des manières de traiter un associé.
Si ça gêne tellement le Parti national,
retournez avec vos collègues de la Démocratie chrétienne
qui se fient encore aux clowns marxistes.
Ce n'est pas ce que je voulais dire.
Ah non ?
Parce que j'aimerais vous rappeler
que si on vous appelle "M. le Président",
c'est parce qu'en 1964,
quand je présidais la droite,
nous avons décidé
de soutenir votre élection.
Vous êtes qui vous êtes grâce à cette alliance.
Assumez-le.
Amiral Merino, merci d'avoir pris la peine de venir.
Je ne sais pas comment vous pouvez vivre à Santiago.
Après deux heures ici, j'ai la peau sèche,
mes yeux me piquent.
- C'est terrible. - Il y a pire.
Je ne vous le fais pas dire.
Je pourrais deviner ce que vous lui avez demandé ?
Ce que demande le pays entier.
Prats s'est vendu.
Il est temps que les démocrates unissent leurs forces.
Sinon, je vous laisse imaginer.
Je n'ai aucune intention d'imaginer quoi que ce soit.
Alors, nous sommes d'accord ?
Nous sommes d'accord.
Amiral, que faites-vous
quand un capitaine ne tient pas le gouvernail du navire ?
Je change de capitaine.
Mais pour ça, il faut avoir un équipage.
J'ai envie depuis quelque temps de me promener sur la plage
avec ma femme, vous savez.
Vous jouez au golf ?
Allez !
Dites-moi,
vous n'êtes pas venu au Chili pour faire avancer le socialisme ?
- Si. - Très bien.
Dans ce cas, debout. Au travail.
Le discours de l'ONU doit faire comprendre au monde
ce qui se passe réellement au Chili.
Oui. D'ailleurs, j'ai quelques idées
dont je voulais vous faire part.
Je crois que vous ne devriez pas
limiter l'action des multinationales...
Bonjour.
Des multinationales au Chili ou à l'Amérique latine.
Vous devriez dénoncer
le fait que l'intervention des entreprises...
Quel est le proverbe chilien ? Une blague répétée semble rouillée.
Tout va bien ?
Ca va ?
Restez assis.
Je reviens.
- Bonjour. - Bonjour.
Comment il va ?
Bien.
Il est coriace.
Tout va bien, Docteur ?
Vous devriez vraiment vous reposer.
- C'est tout. - Ne vous inquiétez pas.
Je vais bien.
On ne devrait pas l'emmener à l'hôpital ?
Juste au cas où.
Tencha,
si je dois crever, je préfère crever chez moi.
- Salvador... - Il ne va pas crever, maman.
Alors, Docteur ?
Il y a eu plus de peur que de mal, cette fois.
Mais j'insiste.
Il doit rester tranquille, éviter le sel et le sucre.
Docteur, n'oubliez pas
qu'il y a du diabète dans votre famille.
- C'est vrai. - La recette du bonheur.
Bon,
appelez-moi en cas de besoin.
Merci beaucoup, José.
Saluez votre famille de notre part.
Je n'y manquerai pas.
Je vous raccompagne.
Tu peux tirer un trait sur ta visite à l'ONU,
ton voyage au Mexique...
Hors de question.
Hors de question.
Tencha,
quand je serai mort,
je veillerai sur toi toutes les nuits, promis.
Tu en es bien capable.
Salvador, tu ris.
- Ne ris pas, tu veux ? - Ca me fait mal !
Ne ris pas.
- Bon. - Excusez-moi.
- Docteur, un appel pour vous. - Non. Pas maintenant.
C'est Washington.
L'ambassadeur américain aux Nations unies, George Bush.
- Laissez-moi seul avec Perro. - D'accord.
Non, non. Ca va.
M. Bush,
j'aimerais vous dire à nouveau que le peuple du Chili
souhaite maintenir la meilleure relation diplomatique
avec votre gouvernement.
Dans le respect mutuel, bien évidemment.
Si je comprends bien, vous me demandez de retirer
toutes les références à ITT
de mon discours face aux Nations unies.
N'est-ce pas ?
Il dit qu'il est heureux de vous l'entendre dire.
Je ne sais pas si vous avez un chien, M. Bush.
Moi, j'en ai deux et je les aime beaucoup.
J'imagine que vous savez comment vit un chien, n'est-ce pas ?
Il dort, il mange, il se promène,
il fait ses besoins et surtout,
il obéit à son maître.
M. Bush, je ne fais pas de la politique
pour recevoir des médailles
ou gagner les prochaines élections.
Je fais de la politique
parce que je refuse que mon peuple vive comme un chien.
Et pour ça,
il est fondamental qu'il n'ait pas de maître.
J'espère que vous comprenez.
Merci pour votre appel, M. Bush.
Au revoir.
C'est un itinéraire assez long.
Tout est détaillé.
Paya...
Je vais te prouver que j'avais raison.
J'espère que tu as raison.
Ne garde rien, Chicho.
Qu'on t'entende d'ici
jusqu'à la Chine.
Ils sont arrivés, Amiral.
Amiral.
Je suis ravi de vous voir. Nous vous attendions.
Ma femme, Maria José Errazuriz.
- Enchanté. - Comment allez-vous ?
- Très bien. - J'en suis ravi.
Tout va bien ? Comment allez-vous ?
Bonsoir, camarades.
Bonsoir, Général.
Asseyez-vous.
- Tout va bien ? - On vous attendait.
Bien,
je vous remercie pour cette surprise.
Et...
Je sais que c'est la première fois depuis 1851
qu'un militaire est chef d'Etat.
Ce n'est que temporaire,
en attendant le retour du président Allende,
mais c'est toujours un honneur pour un officier
de servir loyalement sa patrie.
Le pays vit un moment difficile.
Et les Forces armées doivent, plus que jamais,
être un exemple d'unité
en respectant toujours la Constitution.
Enfin, merci beaucoup.
Merci beaucoup.
- C'est une blague. - Merci.
Asseyez-vous.
- C'était une blague, mon général. - Oui.
- Ca y est. - Je viens du Chili,
un petit pays,
mais où n'importe quel citoyen est aujourd'hui libre de s'exprimer
comme il le souhaite,
où règne la tolérance culturelle,
religieuse et idéologique,
où la discrimination raciale n'a pas sa place.
ITT, un géant des télécommunications
dont le capital dépasse de loin le budget national
de plusieurs pays d'Amérique latine réunis,
a lancé, dès que l'on a appris le triomphe populaire,
de graves actions
pour m'empêcher d'occuper le poste de chef d'Etat.
Ce plan avait pour but
l'étranglement économique, le sabotage diplomatique,
le désordre social,
répandre la panique parmi le peuple pour décourager le gouvernement
afin que les Forces armées soient poussées
à faire tomber le régime démocratique
et imposer une dictature.
Messieurs les délégués,
j'accuse, face au monde entier,
ITT de tenter de provoquer dans ma patrie
une guerre civile.
Voici ce que nous qualifions
d'action impérialiste.
Fallait-il fêter ça ?
Des mois plus tard, l'Unité populaire a eu de bons résultats
aux élections parlementaires.
L'opposition voulait destituer Allende,
mais elle manquait de votes.
Inutile de s'y connaître en politique
pour savoir qu'ils doubleraient la mise.
Il fallait peut-être assumer notre nouvelle normalité.
Supporter et ne pas se rendre.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.