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La guerre civile est terminée.
Cachés dans les montagnes,
des groupes armés continuent à combattre le nouveau régime fachiste.
qui a décidé leur perte.
On raconte qu'il y a longtemps,
dans le Royaume Souterrain, où n'existent ni mensonges ni douleurs,
vivait une princesse qui rêvait du monde des humains.
Elle rêvait du ciel bleu, de la brise légère et du soleil.
Un jour,
échappant à toutes surveillance, la princesse s'enfuit.
dès qu'elle fut dehors...
la lumière du soleil l'aveugla et effaça à jamais sa mémoire.
Elle oublia qui elle était et d'où elle venait.
Son corps connu le froid, la maladie et la douleur.
Et au bout de quelques années elle mourut.
Toutefois, le roi, son père,
savait que l'âme de la Princesse reviendrait,
peut-être dans un autre corps,
en d'autres temps, en un autre lieu.
Il décida de l'attendre, jusqu'à son dernier souffle,
jusqu'à ce que la terre cesse de tourner.
Je ne vois pas pourquoi tu emportes tous ces livres, Ofelia?
Nous allons à la campagne, au grand air frais.
Encore des contes de fées?
Tu es trop grande pour te remplir la tête de toutes ces sottises.
Dis lui d'arrêter.
Ofelia,laisse moi seule un moment.
Ton frère ne se sent pas bien.
Ca va Madame?
Ofelia?
Ofelia, viens.
-J'ai vu une fée. -Mais regarde moi tes chaussures!
Allez viens.
Quand nous arriverons au moulin, soit polie avec le Capitaine.
Et je veux que tu l'appelles Père.
Si tu savais comme il a été bon pour nous.
Il faut le remercier... il le mérite...
Capitaine, les voilà.
15 minutes de retard.
Carmen.
Bienvenue.
On n'a pas besoin de ça. Je peux très bien marcher.
Le docteur Ferreiro préfère que tu évites tout effort .
Non.
Je t'en prie. Fait le pour moi.
Merci.
Ofelia, descends.
Dis bonjour au Capitaine.
Ofelia.
On donne l'autre main, Ofelia.
Mercedes!
-Faites monter leurs bagages. -Bien Monsieur.
C'est un labyrinthe.
Un monde de vieilles pierres qui sont là depuis toujours.
Bien avant le moulin.
Il ne faut pas t'y aventurer. Tu pourrais te perdre.
Merci.
Tu as lu tous ces livres?
Mercedes!
Le Capitaine te demande.
Ton père a besoin de moi.
C'est pas mon père.
Le Capitaine n'est pas mon père.
Mon père était tailleur. Il est mort pendant la guerre.
Le Capitaine c'est pas mon père.
Je crois que j'ai compris. On y va?
Tu as vu ma mère?
-Elle est belle, hein! -Oui.
Elle est malade à cause du bébé. T'as remarqué?
Les guérilleros sont dans les bois.
On aura du mal à les débusquer.
Ces salauds connaissent le terrain mieux que personne.
Il faut leur bloquer l'accès aux bois.
On va entreposer la nourriture et les médicaments dans la réserve.
On va les faire redescendre et revenir vers nous.
Je veux trois nouveaux postes de surveillance.
Ici, ici et ici.
Mercedes.
-Dites au docteur qu'il vienne me voir. -Bien, Monsieur.
Avec ça vous allez passer une bonne nuit.
Juste 2 gouttes avant le coucher.
2 gouttes.
Très bien.
Tout, buvez tout. Très bien.
Surtout n'hésitez pas à m'appeler s'il le faut, de jour comme de nuit.
Vous ou votre gentille infirmière.
Bonne nuit.
Va fermer la porte et éteins la lumière ma chérie.
Il faut que vous alliez le voir.
Sa jambe va très mal, sa blessure le fait de plus en plus souffrir.
Voilà, c'est tout ce que j'ai réussi à trouver.
Je suis désolé.
Vidal vous attend dans son bureau.
Viens, viens ici.
Mon dieu tu as les pieds gelés!
Tu as peur?
Un peu.
C'est quoi ce bruit?
C'est rien chérie, c'est le vent.
La nuit ici, c'est pas du tout comme en ville.
En ville on entend les voitures, les tramways.
Ici, c'est une vieille maison.
Elle grince.
On a l'impression qu'elle parle.
Tu auras une belle surprise demain.
-Quelle surprise?
-Un livre? -Ah non, encore bien mieux.
Pourquoi est-ce que tu t'es mariée?
Ca faisait longtemps que j'étais seule.
Mais je suis avec toi. Tu n'étais pas seule.
T'as jamais été seule.
Un jour tu te rendras compte que pour moi, ça n'as pas été facile.
Oh, ton frère est un peu agité-
Racontes lui une de tes jolies histoires.
Je suis sure que ça va le calmer.
Petit frère, petit frère...
Il y a très longtemps,
dans un pays très lointain et très triste,
se dressait une énorme montagne de pierres noires.
Lorsque le soir tombait,
sur la cime de cette montagne,
fleurissait chaque nuit une rose qui rendait immortelle.
Cependant, personne n'osait l'approcher
car ses épines étaient empoisonnées.
Parmi les hommes, on ne parlait que de peur, de mort
mais jamais d'une promesse d'immortalité.
Alors chaque soir, la rose se fanait sans pouvoir aider personne.
Elle restait perdue et oubliée sur la cime gelée de la montagne,
seule, jusqu'à la fin des temps.
Entrez.
-Comment va t'elle? -Plutôt faible.
Elle va avoir besoin de repos.
Je dormirai en bas ce soir.
-Et mon fils? -Pardon?
Vous permettez, mon Capitaine.
Mon fils, comment va t'il?
Pour le moment je ne vois pas de raisons de s'inquiéter.
Tant mieux.
Capitaine, elle n'aurait pas du voyager dans un état de grossesse si avancé.
-C'est votre opinion? -Mon opinion professionnelle, Monsieur.
Un fils doit venir au monde où se trouve son père.
Un point c'est tout.
Encore une chose, Capitaine.
Qui vous a dit que cet enfant était un garçon?
Vous voulez rire.
A 20 heures on a détecté une certaine activité dans la zone Nord Ouest.
Des coups de feu.
Le sergent Bayona a ratissé la zone. Il a fait un prisonnier.
L'autre c'est son fils qui est venu du village.
Capitaine, mon père est un homme honnête.
Ca, c'est à moi d'en juger. Vous devez vous découvrir devant moi.
On a trouvé cette arme sur lui. Elle a servi.
Mon père chassait le lapin Capitaine.
Tais toi, imbécile.
''Ni dieu, ni patrie, ni maître''?
-Ah oui, rien que ça? -De la propagande rouge, Mon Capitaine.
Ce n'est pas de la propagande.
C'est un vieil almanach, Capitaine.
Nous sommes des paysans.
Continuez.
Je suis allé dans les bois, Capitaine. Pour chasser le lapin.
Pour mes filles qui sont malades.
Le lapin?
Capitaine, si mon père le dit, c'est qu'il chassait le lapin.
Arrêtez le.
Vous l'avez tué, vous l'avez tué!
Assassin! Fils de putain!
Apprenez à fouiller correctement ces canailles
avant de venir m'embêter.
Oui, Mon Capitaine.
Maman, maman réveille toi!
Maman, il y a quelque chose dans la chambre.
C'est toi.
Tu m'as suivi jusqu'ici?
Tu es une fée?
Regarde!
Voilà une fée.
Tu veux que je vienne avec toi?
Dehors? Où ça?
Ya quelqu'un?
Ya quelqu'un?
Echo.
Echo.
Ya quelqu'un?
Ya quelqu'un?
Ah c'est vous.
Ah c'est vous. Vous êtes revenue.
N'ayez pas peur, je vous en prie.
Regardez, regardez.
Je m'appelle Ofelia. Qui tu es toi?
Moi?
J'ai tellement de noms...
Des noms anciens que seuls peuvent prononcer le vent et les arbres.
Je suis la montagne, et la forêt, et la terre.
Je suis...
Je suis un faune.
Votre très humble serviteur, Altesse.
-Non,... -Vous êtes la princesse Moanna,
La fille du roi du monde souterrain.
Mon père était tailleur.
Vous n'êtes pas fille d'homme.
C'est la lune qui vous a engendrée.
Et sur votre épaule gauche
vous trouverez une marque qui vous le confirmera.
Partout dans le monde votre vrai père a fait ouvrir des portails.
afin de permettre votre retour...
Et celui là est le dernier de ces portails.
Mais nous devons d'abord nous assurer que votre essence est intacte,
et que vous n'êtes pas devenue mortelle.
Vous allez faire face à 3 épreuves avant que vienne la pleine lune.
Voici le Livre de la Croisée des Chemins.
Quand vous serez seule, ouvrez le
et vous y verrez votre avenir,
et il vous montrera ce que vous devez accomplir.
Mais ya rien là.
Mercedes, préparez ces lapins pour le dîner de ce soir.
Ils sont trop jeunes Monsieur.
-Alors, tachez de faire un bouillon. -Bien, Monsieur.
Ce café a un goût de brûlé. Gouttez le.
Faudra le surveiller plus sur le feu.
A vos ordres, Monsieur.
Prépare ça.
-Il a pas aimé le café. -C'est un enfant gâté.
Un enfant gâté!
Il va nous falloir de la viande en plus. -Où tu veux qu'on trouve ça?
Les femmes du docteur et du maire seront là aussi.
Ces deux là mangent comme des goinfres.
-Et elles parlent sans arrêt. -Même pour ne rien dire.
Mercedes, je te rejoins tout de suite.
Ofelia.
Ton père va donner un dîner ce soir.
Et regarde ce que j'ai fait pour toi.
Ca te plait?
Quand j'étais petite, j'aurais tout donné...
pour avoir une aussi jolie robe
Regarde ces belles chaussures!
-Du cuir verni, tu aimes? -Elles sont vraiment jolies.
Va prendre ton bain.
Ofelia?
Ofelia?
Dépêche toi. Il faut que tu mettes ta robe.
Je veux que tu sois élégante quand viendra le Capitaine.
Je veux que tu aies l'air d'une princesse.
Une princesse?
Videz soigneusement les poules.
Et épluchez bien les haricots.
-Que tu es belle ma petite fille. -Quelle ravissante robe!
Allez, au travail, on n'a pas de temps à perdre.
Tu veux un peu de lait avec du miel?
Ecarte toi, je ne voudrais pas t'éclabousser, avec ta belle robe.
Mercedes. Est ce que tu crois aux fées?
Plus maintenant.
Mais quand j'étais petite, j'y croyais.
Je croyais à beaucoup de choses auxquelles je ne crois plus.
Cette nuit une fée est venue me voir.
Allons donc?
Je t'assure, et pas seulement une.
-Et un Faune aussi. -Un Faune?
Il était très grand et très vieux et il sentait la terre.
Ma grand-mère disait qu'avec les Faunes, il faut être très prudente.
Mercedes!
Venez avec moi.
Mon Capitaine, tout est là.
Farine, sel, huile, médicaments,
tabac, olives, lard.
Hum, du bon tabac.
Cartes de rationnement.
-Il faudra me faire un inventaire. -Très bien.
Mercedes.
-La clé. -Oui, Monsieur.
-C'est la seule qu'il y a? -C'est la seule, Monsieur.
Dorénavant, c'est moi qui la garde.
Mon Capitaine.
C'est peut-être rien, mon Capitaine.
C'est bien eux.
''A l'origine des temps, quand la forêt était jeune,
les animaux, les hommes et les créatures magiques vivaient en harmonie.''
''Ils se protégeaient les uns les autres,
ils dormaient ensemble à l'ombre d'un arbre touffu
qui poussait sur la colline près du moulin.''
''A présent, l'arbre se meurt.
Ses branches sont sèches, son tronc est vieux et tordu.
Sous ses racines s'est niché un énorme crapaud
qui l'empêche de guérir.
Tu devras mettre dans sa bouche les 3 pierres d'ambre magique
et retirer une clé dorée qu'il cache dans son ventre.
Alors seulement, l'arbre pourra recommencer à fleurir.''
Ca fait moins de 20 minutes.
Ils sont partis précipitamment.
Une douzaine, tout au plus.
Des antibiotiques.
Quels couillons, ils ont oublié ce billet de loterie
Ils sont encore là.
Ces fils de pute sont encore là.
Ils nous espionnent.
Hey!
Vous avez oublié ça!
Et le billet de loterie!
Pourquoi vous venez pas le chercher?
Imaginez un peu qu'il soit gagnant!
Bonjour. Je suis la Princesse Moanna,
et j'ai pas peur de toi.
T'as pas honte de vivre là, sous la terre
et de te nourrir de bestioles...
et de t'engraisser pendant que l'arbre se meurt?
Tu es allée voir dans sa chambre? Et dans la cour?
Oui, Madame.
Tu as fouillé tout le jardin?
-Et la grange aussi? -Oui, Madame.
Mais où est elle passée?
Par ici, s'il vous plait.
Permettez moi de vous présenter mon épouse, Carmen.
-Enchantée. -Très heureuse.
Désormais, il y aura une carte de rationnement par famille.
Tenez, voilà.
-Une seule? -Oui, une seule.
Je ne sais pas si les gens trouveront ça suffisant.
Ce sera à eux de faire attention.
On ne peut pas permettre qu'ils continuent à nourrir les rebelles.
Ils perdent du terrain, et un d'entre eux est blessé.
Pardon, Capitaine, comment pouvait vous être sur?
On a failli le cueillir aujourd'hui. Et on a trouvé ça.
Des antibiotiques.
Ces gens là, Dieu a sauvé leurs âmes.
Ce qui arrivera à leurs corps, peu lui importe.
Nous serons toujours avec vous, Mon Capitaine.
Nous savons que vous n'êtes pas ici pour le plaisir.
Détrompez vous.
Je suis ici parce que je veux que mon fils naisse dans une Espagne pure.
Parce que ces rebelles partent du principe erroné
que nous sommes tous égaux.
Mais il y a une grande différence:
la guerre est terminée et nous l'avons gagnée.
Et si pour convaincre tout le monde, nous devons tous les tuer
et bien nous les tuerons, et voilà.
Nous sommes tous ici pour le plaisir.
Au plaisir!
Prépare le café. Je vais chercher du bois.
Je m'en occupe.
Ofelia?
Et, comment avez vous connu le Capitaine?
C'est le père d'Ofelia qui confectionnait ses uniformes.
Et quand il est mort, je suis allée travailler dans un magasin de tissu.
Et il y a un peu plus d'un an,
le Capitaine et moi nous nous sommes retrouvés.
C'est curieux, non!
De vous être retrouvés après tant d'années, je veux dire?
Oui, c'est curieux.
Il faut excuser ma femme. Elle ne voit pas beaucoup de monde.
Elle croit que toutes ces sottises vous intéressent.
Ce n'est pas grave, Capitaine.
Madame, on a retrouvé la petite.
Je vous prie de m'excuser.
Je vous ai dit que j'ai connu votre père mon Capitaine?
Non, je l'ignorais.
C'était au Maroc.
Nous nous sommes vus brièvement, mais il m'avait impressionné.
Un grand militaire.
Les soldats disaient que le Général, avant de mourir sur le champ de bataille
avait enlevé et brisé sa montre
afin qu'elle indique l'heure exacte de sa mort.
Pour que son fils apprenne comment meurt un vrai héros.
Des commérages. Il n'avait pas de montre.
Ce que tu as fais m'a blessé.
Apres le bain, tu iras te coucher sans dîner.
Tu m'as entendu?
Je me dis parfois que tu n'apprendras jamais à bien te tenir.
Tu me déçois, Ofelia.
Et tu déçois ton père.
Le Capitaine?
Encore plus que moi.
J'ai la clé.
Amène moi au labyrinthe.
Bonjour.
J'ai apporté la clé.
Là c'est moi, et la petite fille, c'est vous.
Et le bébé?
Alors... vous avez trouvé la clé.
Me voilà heureux.
Elle vous fait confiance vous savez.
Elle croit en vous depuis le début.
Gardez la clé.
Vous en aurez besoin très bientôt.
Et prenez aussi ce morceau de craie.
Il ne reste que 2 épreuves à passer
et la lune sera bientôt pleine.
Encore un peu de patience.
Bientôt nous nous promènerons dans les 7 cours de votre palais.
Comment je peux savoir si tu dis la vérité?
Quelle raison de mentir pourrait avoir un pauvre vieux faune?
Allez y.
Votre carte à la main, bien en vue.
Avancez, avancez. Votre nom?
A vous, nom et prénom.
Narciso Pena Soriano, pour vous servir.
Voici le pain quotidien de l'Espagne de Franco,
Le pain de nos greniers! Les Rouges mentent...
car dans l'Espagne réunie,
aucun foyer ne connaît le froid ou la faim.
Vas y, dis moi ce qui va se passer maintenant?
Dis moi.
Ofelia, aide moi...
Capitaine! Capitaine!
Venez vite.
... car dans notre grande Espagne,
aucun foyer ne connaît le froid ni ne manque de pain.
Voici le pain quotidien de l'Espagne de Franco...
Votre femme a besoin d'un repos complet.
Il va falloir qu'elle soit tout le temps sous sédatif.
La petite devra aller dormir dans une autre chambre.
Je vais rester ici jusqu'à l'accouchement.
Guérissez là.
Peu importe ce que ça nécessitera ou coûtera.
Guérissez là.
Il ne faut pas t'en faire.
Ta mère ira beaucoup mieux, tu verras.
Avoir un bébé, c'est pas facile.
Alors je ne veux plus en avoir un.
Tu aides les hommes dans la forêt, pas vrai?
Tu l'as dit à quelqu'un?
Je le dirais à personne.
Parce que je ne veux pas qu'on te fasse du mal.
A toi non plus.
Est ce que tu connais une berceuse?
Je n'en connais qu'une...
mais je ne me rappelle pas des paroles.
Ca ne fait rien. Je voudrais que tu la chantes.
N'ayez pas peur. C'est moi .
-Prêt docteur? -Oui.
Alors allons y.
C'est de la folie.
Quand le Capitaine va nous découvrir, il va tous nous tuer.
-Vous en êtes consciente? -Vous avez si peur que ça docteur?
Non, non, je n'ai pas peur...
du moins pas pour moi.
Pedro!
Pedro, mon frère!
Vous avez refusé de vous soumettre à l'épreuve.
Ma mère est très malade.
Cela n'excuse pas votre négligence.
Tenez, regardez... ceci est une mandragore.
C'est une plante qui rêvait de devenir un être humain.
Vous allez la placer sous le lit de votre mère
dans une jatte pleine de lait.
Et chaque matin vous allez lui faire boire 2 gouttes de sang.
Maintenant, vous allez vous soumettre à l'épreuve.
La lune sera bientôt pleine.
Laissez vous guider par mes fées.
L'endroit où vous allez est extrêmement dangereux.
Ce qui sommeille là bas,
n'a rien d'un être humain.
Vous verrez un somptueux festin,
mais ne mangez rien et ne buvez rien.
Absolument rien de rien.
Il y va de votre vie.
Je vous ai apporté un peu d'eau de vie, du tabac, du fromage.
Et voilà des lettres pour Trigo et Piloto.
Montrez moi votre jambe.
Comment voulez vous qu'elle aille? Elle est foutue.
Voyons un peu.
... Les troupes américaines,
britanniques et canadiennes
ont débarqué sur une petite plage du nord de la F-f-f.
-''France'', crétin. -F-f-f-rance.
Plus de 150000 soldats
sous le commandement du Général Eisenhower...
C'est grave, docteur?
Je suis désolé.
Il n'y a plus rien à faire.
Je vais tacher de vous amputer le plus rapidement possible.
Une minute, docteur, une minute.
''Avec la craie vous tracerez une porte n'importe où dans votre chambre.''
''Une fois ouverte, retournez le sablier.''
''Laissez vous guider par les fées.''
''Ne mangez rien et ne buvez rien durant votre séjour,
et soyez de retour avant que ne tombe le dernier grain de sable.''
Non...
C'est celle là.
Non! Non!
Jaca va nous envoyer des renforts.
Une cinquantaine d'hommes. Là on pourra s'expliquer avec Vidal.
Et puis après?
Si vous le tuer, il en viendra un autre comme lui. Et puis un autre...
Tout ça est foutu, vous n'avez pas d'armes, pas de toits
Il faudra se nourrir, se soigner. Tu devrais penser un peu à Mercedes.
Si tu tiens encore à elle, passe la frontière.
-Ici, tout est foutu. -Non, je reste, Docteur.
C'est décidé.
Il faut vous en aller.
Voilà la clé, mais ne descendez pas maintenant.
Il n'attend que ça.
Fait moi confiance.
Je suis une lâche.
Non, c'est pas vrai.
Si, c'est vrai.
Une trouillarde... toujours à m'occuper de ce salaud,
je lave ses affaires, je fais son lit, je lui donne à manger.
Et si c'est le Docteur qui a raison et qu'on ne peut pas gagner?
Au moins on lui aura pas facilité les choses.
Capitaine Vidal...
Sa fièvre a baissé. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est sûr.
Mais elle en a encore?
Oui, mais c'est bon signe. Elle réagit au traitement.
Ecoutez moi bien.
S'il faut choisir, sauvez l'enfant.
Cet enfant portera mon nom et celui de mon père.
C'est lui qu'il faut sauver.
Petit frère...
Petit frère...
J'espère que tu m'entends,
les choses ici ne vont pas bien.
Mais bientôt il faudra que tu sortes.
Tu as beaucoup fait souffrir maman.
Quand tu sortiras, je vais te demander une chose,
une seule chose:
ne fais pas mal à maman.
Tu la verras bientôt, tu verras comme elle est belle,
même si parfois elle est triste pendant des heures.
Tu verras, quand elle te sourira,
tu l'aimeras.
Ecoute moi, si tu fais ce que je dis,
Je te promets une chose.
Je t'emmènerai dans mon royaume, et c'est toi qui en sera le Prince.
Je te le promets, tu seras Prince.
J'ai donné des coups de sifflet, mais ils n'ont pas réagi.
J'ai essayé d'arrêter, mais trop tard.
Le chauffeur et moi, nous avons sauté à temps
mais regardez moi ce désastre.
Que contenez les wagons qu'ils ont attaqués?
Ils n'ont pas ouvert un seul wagon.
Qu'est ce que vous me raconter?
Tout ce foutoir pour rien... Ils n'ont pas ouvert un wagon.
-Ils n'ont rien voler. -Rien? Vous en êtes sûr?
Je ne sais pas ce qu'ils cherchaient, à part nous faire perdre notre temps.
Ils sont sortis on ne sait pas d'où.
Ils ont pillé la réserve, ils ont emporté des grenades.
Mon Capitaine, on a traqué un groupe à la traîne.
Ils se sont réfugiés dans les rochers.
Allons, Serrano, n'ayez pas peur, c'est une façon digne de mourir.
Serrano!
Fait moi voir.
Tu peux parler?
Merde!
Ceux là ne servent à rien! Ils ne peuvent pas parler.
Mon Capitaine, en voilà un vivant.
Seulement blessé à la jambe.
-Que se passe t'il? -Ils en ont pris un vivant.
Ils en ont pris un vivant. Et ils l'emmènent à la réserve.
Mercedes!
Pedro... Pedro...
Mercedes?
-Il faut que j'aille dans la réserve. -Pas maintenant.
Sortez d'ici!
Assez ma fille.
Je peux l'apporter?
Tenez, la moitié de la dose.
Je crois que j'en n'ai pas besoin.
Je me sens mieux, beaucoup mieux.
Je ne me l'explique pas. Mais je me réjouis.
Maman...
Putain, c'est vraiment bon!
Du tabac brun, difficile à trouver.
V-V-Va te faire foutre.
C'est con, Garces. Il faut que ce soit un bègue.
On va en avoir pour toute la nuit.
Du moment qu'il parle.
Garces a raison.
Tu vas nous dire toute la vérité.
Mais pour que tu parles, on a apporté quelques outils.
C'est un truc qu'on apprend chez nous.
Au début, je te ferai pas confiance,
mais avec ça, tu commenceras à me dire quelques petites choses.
Et quand on passera à ça,
Il s'établira entre nous des relations... comment te dire?
Très intimes, comme 2 frères.
Tu verras.
Et quand on arrivera à ça,
Je croirai tout ce que tu me diras.
Je te fais une proposition.
Si tu comptes jusqu'à 3 sans b-b-bégayer,
tu pourras t'en aller.
Ne le regarde pas lui, regarde moi.
Parce qu'au dessus de moi, il n'y a personne.
-Garces! -Mon Capitaine?
Si je dis que ce type peut partir, quelqu'un me contredira?
Personne, Mon Capitaine. Il pourra partir.
Allez, compte jusqu'à 3.
-Un. -Bien.
Deux.
Un de plus et tu es libre.
Dommage.
Votre mère va beaucoup mieux, Altesse.
Je pense que vous devez être très soulagée maintenant.
Oui, merci beaucoup.
Mais les choses ne se sont pas passées très bien.
Non?
-Il y a eu un accident. -Un accident grave?
Oui.
-Vous avez enfreint une des règles! -Seulement 2 grains!
Je pensai que personne...
-Nous avons donc commis une erreur! -Une erreur?
Vous avez échoué. Vous ne pourrez plus revenir.
-C'était un accident! -Vous ne pourrez plus jamais revenir.
La lune sera pleine d'ici 3 jours.
Votre esprit restera à jamais parmi les humains.
Vous vieillirez avec eux, vous mourrez comme eux
et votre mémoire s'effacera avec le temps.
Nous autres disparaîtrons avec elle.
Vous ne nous verrez plus jamais.
Bonjour, Docteur. Pardon de vous faire venir si tôt,
mais nous avons besoin de vous.
Mon Dieu, que lui avez vous fait?
Pas grand chose.
Mais on progresse.
Je suis heureux que vous soyez avec nous. Ca nous est très utile.
Serrano, restez avec eux.
j'ai parlé.
pas beaucoup.
-M-m-mais j'ai parlé. -Je suis désolé.
Je suis vraiment désolé.
Tuez moi. Tuez moi, Docteur.
Espèce d'ordure.
Tu ne vas plus souffrir.
Ce sera fini bientôt.
Surveille le Docteur,
-Qu'il revienne tout de suite. -Bien, Mon Capitaine.
Pourquoi tu bouges plus.
Est ce que tu es malade?
Qu'est ce que tu foutais la dessous?
-Appelle le! -Qui?
Qui crois tu, imbécile? Ferreiro!
Qu'est ce que c'est que ce truc?
Non! Non, non!
Laisse là. Laisse là, je t'en supplie!
Regarde! Regarde ce qu'elle avait mis sous ton lit!
Qu'est ce que tu dis de ça?
Ofelia, qu'est ce que ça faisait sous mon lit?
C'est une racine magique. C'est le Faune qui me l'a donnée.
Voilà où mènent toutes les conneries qu'elle lit .
Maintenant, tu vois le résultat!
Je t'en prie, laisse nous seules. Je vais lui parler, mon chéri.
Très bien. Comme tu voudras.
Il m'avait dit que ça te guérirait. Et ça t'a guéri.
Ofelia, tu dois écouter ton père.
Et arrête toutes ces sottises.
Non. Je veux m'en aller d'ici!
Je t'en prie, allons loin d'ici! partons vite, je t'en prie!
Les choses ne sont pas si simples.
Tu deviens une grande fille,
bientôt tu comprendras que la vie n'a rien d'un conte de fée.
Le monde n'est que cruauté.
Il faudra bien que tu le saches, même si ça fait mal.
-Non! Non! -Ofelia!
La magie n'existe pas. Ni pour toi, ni pour moi,ni pour personne.
Maman! A l'aide!
A l'aide!
A l'aide!
Pourquoi vous l'avez tué?
C'est la seule chose que je pouvais faire.
Non. Vous auriez pu m'obéir.
j'aurais pu, mais je ne l'ai pas fait.
Ca aurait mieux valu pour vous. Vous le savez.
Je comprends pas. Pourquoi vous n'avez pas obéi?
Pour obéir, comme ça, sans poser de questions...
Il faut faire partie des gens comme vous.
Capitaine!
Garces! Appelez l'infirmier chef.
-Qu'il monte immédiatement! -Bien, Mon Capitaine.
Votre femme est morte.
Les lois du Seigneur sont impénétrables.
C'est en sa parole et en son mystère
que réside l'essence de sa miséricorde.
Bien que Dieu nous adresse son message,
c'est à nous de le déchiffrer.
Lorsqu'elle nous ouvre les bras
la terre n'accueille qu'une enveloppe vide et dénuée de sens.
L'âme est déjà loin dans la gloire éternelle.
C'est dans la douleur que nous trouvons le sens de la vie.
Et l'état de grâce que nous perdons à la naissance.
Dieu dans son infinie sagesse, met la réponse entre nos mains.
Ce n'est que par son absence physique,
que se réaffirme la place qu'il occupe en notre âme.
Vous connaissiez très bien le Docteur, n'est ce pas, Mercedes?
Tout le monde le connaissait, Monsieur. Tous les gens de la région.
Le bègue nous a parlé d'un informateur. Ici... au moulin.
Vous vous rendez compte? Sous mon nez.
Mercedes, je vous en prie.
Que pensez vous de moi?
Vous pensez que je suis un monstre.
Quelle importance a mon opinion, pour quelqu'un comme vous.
J'aimerais que vous alliez à la réserve pour me rapporter de l'eau de vie.
Bien, Monsieur. Bonne nuit, Monsieur.
Mercedes, vous n'oubliez rien?
Pardon?
La clé.
Je n'ai qu'un seul exemplaire, n'est ce pas?
Oui, Monsieur.
Vous savez, quelque chose me trouble un peu.
Ca n'a pas beaucoup d'importance, mais...
le jour où ils ont attaqués la réserve,
avec toutes ces grenades,
le cadenas n'avait pas été forcé.
Enfin, ça n'a sûrement pas d'importance.
Soyez bien prudente.
A demain, Monsieur.
Ofelia, Ofelia!
Ofelia, je vais partir cette nuit.
-Où tu vas? -Je peux pas te le dire...
-Emmène moi avec toi. -Non, non. Je ne peux pas.
Je promets que je viendrai te chercher.
Emmène moi avec toi.
J'ai entendu quelque chose.
Non, apparemment tout est tranquille.
Mercedes.
Ofelia.
Depuis quand tu savais?
Ca fait combien temps que tu te fous de moi?
Petite garce!
Surveillez la!
Si quelqu'un essaye d'entrer,
tuez la, elle en premier.
Chorizo.
Tabac brun.
Si vous me l'aviez demandé, je vous l'aurez donné Mercedes.
Je veux le nom de ceux qui ont écrit ces lettres.
Et je veux les voir devant moi, demain.
Oui, Mon Capitaine.
Retirez vous, Garces.
Vous êtes bien sur, Mon Capitaine?
Pour l'amour de Dieu, ce n'est jamais qu'une femme.
C'est ce que vous avez toujours pensé.
C'est ce qui m'a permis de rester ici.
-J'étais invisible à vos yeux. -Bravo.
Vous avez découvert mon point faible: L'arrogance.
Mais nous sommes ici pour chercher quels sont vos points faibles.
Ca va être très simple: vous allez parler...
Et il faudra que je saches
si ce que vous me dites est la vérité.
J'ai donc apporté quelques outils.
Rien de bien compliqué.
C'est un truc qu'on apprend ici.
Au commencement...
Je ne suis pas un vieillard! ni un homme blessé!
Fils de putain! Ne touche pas à la petite!
Tu ne seras pas le premier porc que j'égorge.
Hé! Il la laisse partir.
Qui ça?
Rattrapez la! Vite! Ramenez la moi!
Ramenez la moi, connards!
Tous à cheval!
Vaudrais mieux pour toi que tu me suives sans histoires.
Le Capitaine a dit que si tu m'obéis...
Fait pas de bêtises, ma belle.
Parce que si quelqu'un doit te tuer...
Je préfère que ça soit moi.
J'ai décidé de vous accorder une dernière chance.
Vous promettez que vous allez m'obéir?
Vous obéirez, sans poser de questions?
C'est votre dernière chance.
Maintenant, écoutez moi attentivement.
Aller chercher votre petit frère
et amenez le moi au labyrinthe,
aussitôt qu'il vous sera possible, Votre Altesse.
Mon petit frère?
Nous en avons besoin.
-Mais... -On ne pose plus de questions.
La porte est fermée.
Dans ce cas, créez une autre porte.
Vous permettez, Mon Capitaine.
Il faut que vous veniez vite.
-Qu'est ce qui s'est passé? -Serrano est de retour. Il est blessé.
Blessé?
Où est Garces?
Combien ils étaient?
Je ne sais pas exactement, Mon Capitaine.
Au moins une cinquantaine.
Personne d'autres n'en est sorti. Les postes de guet ne répondent plus.
-Combien d'hommes reste t'il au camp? -Une vingtaine, peut-être moins.
On va partir d'ici. Toi et moi.
N'aie pas peur.
Il ne t'arrivera rien.
Mettez des vigiles dans les bois, à chaque carrefour.
Je veux des rapports réguliers.
Mettez vous en contact radio avec le Lieutenant Colonel.
Oui, Mon Capitaine.
Laisse le!
Ofelia!
Vite, vite, Altesse,
remettez moi l'enfant.
La lune est pleine et brille haut dans le ciel,
et nous pouvons ouvrir le portail.
Qu'est ce que tu as dans la main?
Le portail ne s'ouvrira que si nous y versons le sang d' un innocent.
Juste un peu de son sang. Une petite piqûre.
C'est la dernière épreuve.
Donnez moi l'enfant.
Vous avez promis d'obéir!
-Allez, donnez moi l'enfant! -Non!
Mon frère restera avec moi.
Vous étés prête à renoncer à votre droit sacré pour ce morveux?
Oui, j'y renoncerai.
Vous seriez prête à renoncer au trône pour lui?
Lui, qui est la cause de votre abandon et de votre humiliation?
Oui, j'y renoncerai.
Qu'il en soit fait selon votre volonté, Altesse.
Non!
Mon fils.
Vous direz à mon fils...
Dites lui à quelle heure est mort son père.
-Dites lui que je... -Non.
Il ne saura pas même ton nom.
Levez vous, ma fille.
Approchez.
Mon père.
Vous avez choisi de verser votre sang plutôt que celui d'un innocent.
C'était la dernière épreuve, et la plus importante.
C'est la bonne décision que vous avez prise, Altesse.
Venez près de moi,
Et asseyez vous à cote de votre père.
Qui vous attend depuis si longtemps.
Et on raconte que la Princesse descendit au royaume de son père.
Et qu'elle y régna avec justice et bonté...
Qu'elle fut aimée de ses sujets.
Et qu'elle laissa derrière elle quelques traces de son passage sur la terre,
visibles seulement pour ceux qui savent où regarder.
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