All language subtitles for Monsieur.Aznavour.2024.FRENCH.HDLIGHT.1080p.AAC.[1337x]

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian Download
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian Download
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew Download
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian Download
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American) Download
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish Download
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Je crois que j'ai présumé de mes forces.

Je me suis vu trop grand. Et je perds beaucoup d'argent.

Vraiment ?

C'est simple, je suis ruiné.

- Attends. - Qu'est-ce que tu racontes ?

Je ferais peut-être mieux de tout arrêter.

Je t'ai jamais entendu parler comme ça.

On verra bien.

- Hé, ça va aller. - Moi, j'en suis sûre.

- À bientôt, ma sœur. - Je te rappellerai.

D'accord.

- (En arménien) - Je suis l'œil et toi, la lumière,

sans lumière, l'œil est de nuit.

Moi, le poisson,

toi, la rivière,

sans eau, le poisson ne survit.

Mais plongé dans l'eau claire, il retrouve la vie.

Si toi et moi sommes désunis, cette heure même est ma dernière.

Je vais vous ramener à manger et à boire !

Viens, Aïda. Ils ont commencé.

Mischa...

Mischa, tu vas leur donner quoi à manger ?

Tu as vidé nos réserves la semaine dernière, j'te rappelle.

Déjà que tu invites un client sur deux !

C'est pas des clients, c'est des amis.

Et ils sont comme nous. C'est des artistes, ma chérie.

Viens danser...

Tu sais ce que je dis toujours.

Regarde d'où on vient et où on est aujourd'hui !

Mais oui, maman ! Allez, viens danser.

- Qu'est-ce que tu fais là ? - Ne nous écoute pas.

Allez, allez, allez, allez !

"Les Deux guitares" (Aznavour)

Deux tziganes, sans répit

Grattent leurs guitares

Ranimant du fond des nuits

Toute ma mémoire

Sans savoir que roule en moi

Un flot de détresse

Font renaître sous leurs doigts

Ma folle jeunesse

E khê raz, is cho raz

Is chê mênaga mênaga raz

E khê raz, is cho raz

Is cho mênaga mênaga raz

Je veux rire, je veux chanter

Et saouler ma peine

Pour oublier le passé

Qu'avec moi je traîne, allez

E khê raz, is cho raz

Is chê mênaga mênaga raz

E khê raz, is cho raz

Is cho mênaga mênaga raz

Deux guitares en ma pensée

Jettent un trouble immense

M'expliquant la vanité

De notre existence

Que vivons-nous ? Pourquoi vivons-nous ?

Quelle est la raison d'être ?

Tu es vivant aujourd'hui Tu seras mort demain

Et encore plus après demain

Manouch, on en est où ?

J'ai deux-trois idées.

- Mmh mmh. - Mais j'hésite encore.

Mischa,

ces prospectus coûtent cher. Tu es sûr de vouloir en commander ?

Évidemment, je suis sûr.

Il est important de publicité.

- Manouch, tu proposes quoi ? - Alors...

"Chez Aznavourian, tout est grand".

- On peut trouver mieux. - Mieux !

"Chez Aznavourian...

"on mange bien".

- Et la rime, andouille ? - Toi, andouille.

Pas facile, la rime, avec "Aznavourian".

Sinon, j'ai peut-être une idée.

- Chez Aznavour, on y court. - Chez Aznavour, on y court. Tenez.

- Bonjour. Chez Aznavour, on y court. - Venez à notre restaurant.

Bonjour, monsieur. Venez à notre restaurant.

- Bonjour, madame. - Chez Aznavour, on y court.

- Salut, Charles ! - Salut, salut !

- Hé, salut, Charles ! - Salut. Ça va ?

- Je vous avais prévenus. - Venez, les enfants. On y va !

- On va manger quoi ? - Je vais faire des courses.

Avec quoi tu vas payer ?

T'inquiète pas.

Tu as vendu ta dent en or ?

Il faut bien manger, non ?

Tu crois que ça va aller, maman ?

Si Dieu le veut.

Les enfants...

Venez voir notre nouveau café, notre nouvelle maison.

Je sais ce que vous pensez.

Je sais.

C'est vrai que c'est petit, ici.

Mais on ne va pas rester longtemps.

D'accord ?

Et on est ensemble...

Tant qu'on est en famille, il ne peut rien nous arriver.

Joyeux anniversaire

- Joyeux anniversaire... - Stop. Ça me suffira.

Lundi matin au théâtre des Champs-Élysées, 9 h.

- Tu le dis à tes parents. - Oui.

(-Félicitations.)

Il y a un petit garçon qui sait prendre l'accent africain ?

C'est payé, monsieur ?

- Qui a dit ça ? - C'est moi.

- Ça se pourrait. - Tu sais prendre l'accent ?

- (Accent africain) - Bien sûr ! Bonjour, monsieur.

Rires

- Lundi au théâtre des Champs-Élysées. - D'accord.

9 h.

Merci.

Hé, toi, là.

Tu fais Arthur ?

- Oui, c'est moi. - T'es prêt ?

- Oui. - Voilà, c'est bon.

Je te dis "merde".

- "Merde" ? - Ça porte bonheur.

C'est ta première fois sur scène ?

- Oui. - Allez, viens.

Ça va être à toi.

Merci. Viens.

N'oublie pas,

tu te tiens droit et tu parles fort.

D'accord.

Allez.

Oh, t'es là, toi ?

- (Accent africain) - Je suis là. Je suis arrivé.

Veuillez accueillir notre prochain numéro :

Charles Trenet !

On l'applaudit bien fort.

"Y a de la joie" (Charles Trenet)

Y a de la joie Bonjour, bonjour, les hirondelles

Y a de la joie Dans le ciel, par-dessus le toit

Y a de la joie Et du soleil dans les ruelles

Y a de la joie Partout, y a de la joie

Tout le jour, mon cœur bat, chavire et chancelle

C'est l'amour qui vient avec je ne sais quoi

C'est l'amour Bonjour, bonjour, les demoiselles

Y a de la joie Partout, y a de la joie

- (En allemand) - Merci, madame.

C'est ça, bitte schön.

Henriette,

tu vas me laisser faire autre chose que d'imiter Trenet ?

- Je sais chanter de vraies chansons. - Tu veux chanter quoi ?

Des grands classiques, des chansons d'amour...

Pour chanter l'amour, faut être beau.

Ta voix est complètement cassée.

Contente-toi de faire ce que tu sais faire.

Les gens sont là pour s'amuser.

- Seulement, moi... - Arrête de m'emmerder !

Des chansons d'amour... N'importe quoi, lui.

- Salut, Mélinée. - Salut, Charles.

- Manouch est là ? - Il t'attend pour te battre aux échecs.

On va voir.

Maman.

- J'ai trouvé du pain et des rutabagas. - Ça tombe bien.

(On va devoir partager le dîner. (Et vous...)

Je sais, on va devoir dormir par terre.

Y a du monde. Y a même des Français.

- Des Français ? - Des Juifs. Manouch va t'expliquer.

- C'est incroyable, ça. C'est quoi ? - C'est ta sœur.

La semaine prochaine, je serai partout dans le métro.

- C'est que t'es belle, en plus. - J'avais jamais remarqué.

- "Aznamour ?" - Selon le directeur, c'est plus glamour.

Pas très flattée, mais je suis la seule à pas me déshabiller.

J'allais pas faire la fine bouche.

- Je suis fier de toi. - Merci.

Messieurs.

Voilà mon fils.

Je vous présente Charles. La famille Rozenbaum.

- Ils vont dormir ici quelques jours. - D'accord.

Ils devaient nous laisser tranquilles.

Depuis ce matin, ils raflent tout le monde,

Aidés par les policiers français.

- Ah bon ? - Oui.

Bien joué, M. Manouchian.

Merci.

Les deux Russes et l'Arménien travaillent pour l'armée allemande.

De force. Ils viennent à peine de déserter.

On leur a trouvé des vêtements,

mais faut qu'on les aide à disparaître.

Un peu comme ton fou, Charles.

- Tu vas te débarrasser des uniformes ? - Oui.

Et tu changes de quartier.

- Tu les jettes pas au même endroit. - D'accord.

Et je couche la nuit sur l'herbe des bois

Les mouches ne me piquent pas, non, non, non

Je suis heureuse Ça va, j'ai plus faim

Et je chante

Sur mon chemin

Oui !

Dis donc, tu connais du beau monde, toi.

Grâce à mon affiche.

Ils l'ont vue. Le nom les a interpellés.

Ils sont venus me voir au concert. Elle sonne.

"Il est important, la publicité."

Oui.

Ah, salut, Aïda ! Bienvenue.

Salut. Charles, je te présente Jean-Louis Marquet.

Bonjour.

Je vais te présenter le Club de la Chanson.

- Ta sœur m'a beaucoup parlé de toi. - Elle est gentille.

Nos auteurs, Francis Blanche

- et Lawrence Riesner. - Bienvenue.

- Salut. Ça va, Aïda ? - Oui.

Pierre Saka, chanteur lui aussi.

- Petit rire - Bonjour.

Derrière les partitions, notre président.

C'est Pierre Roche.

Pierre ?

Oh, bonjour.

Charles. Enchanté.

Oh, c'est moi qui suis enchanté.

Pour moi, ce sera un osso bucco

et la galette au beurre avec son coulis,

s'il vous plaît.

Et pour vous ?

J'ai pas très faim, merci.

- C'est vrai, tu veux rien ? - Prends quelque chose.

Juste un café pour moi.

Bon...

L'appartement est à toi ?

Oui, enfin à mes parents.

Ils y sont jamais. Ils habitent en province.

Et toi alors, tu chantes et tu joues au théâtre ?

Des numéros dans des cabarets et je vends des journaux.

- Vous êtes courageux, Aïda et toi. - Pas vraiment le choix.

Je prends tout ce qui peut me rapporter de l'argent.

Oui, je comprends.

Tu m'aides à faire travailler les chanteurs ?

Avec plaisir.

Je pourrai travailler mon chant. J'ai la voix voilée.

C'est intéressant, une voix voilée.

Plein de chanteurs de jazz américains en ont une.

- Moi, je chante du nez. - Ah oui bah...

en même temps, avec ce nez, Charles !

- Petit rire - Ah, d'accord !

Attaqué par un jeune homme qui a plus de calvitie que mon père.

Beaucoup d'humour, à ce que je vois.

Ça tombe bien.

Passons aux choses sérieuses.

T'as vu les filles, derrière toi ?

Trois brunes. La plus jolie est celle qui porte le foulard.

Observateur, avec ça. J'aime beaucoup.

Admire un peu.

Mesdemoiselles,

excusez mon audace. Je nous présente :

Charles Aznavour, Pierre Roche,

- dandys parisiens pour vous servir. - Oui, et ?

Je donne un concert dans quelques jours.

Je serais ravi de vous y inviter. Enfin...

Nous serions ravis que vous soyez là.

Et vous verrez que je ne joue pas que du pipeau.

Tu accueilles les gens, tu souris.

- Elle sourit déjà bien. - Salut, Pierre.

- Salut, les enfants. - Ça va ?

Non, on a aucune nouvelle de Pierre Saka.

- Il aurait été appelé ? - Ah, merde.

- Je vais chanter seul. - Je peux pas faire tout le tour de chant.

Tu pourrais chanter une chanson en plus ?

Non mais t'embête pas.

- Je peux te chanter deux-trois chansons. - Bah...

Oui, pourquoi pas.

T'es sûr, Pierre ?

Tu passeras entre Aïda et moi.

Allez, hop hop hop !

Remets-toi derrière ton micro.

Et maintenant, nous allons accueillir

Pierre Roche et Charles Aznavour !

- Elle nous appelle en même temps. - Quelle gourde !

Allez, Pierre !

Allons-y. Elle nous a annoncés.

- Ensemble ? - Oui, on a qu'à faire comme au club.

- Je connais les chansons. - Pierre Roche...

- Bon, allez. - Et Charles Aznavour !

- Ah ! - Pierre Roche !

DANS PARIS, Y A UNE DAME

DANS PARIS, Y A UNE DAME

(-Trois, quatre...)

DANS PARIS, Y A UNE DAME DANS PARIS, QUI PENSE À MOI

DANS PARIS, ELLE ME RÉCLAME DANS PARIS, J'ENTENDS SA VOIX

ELLE A DES DENTS EN OR, DE NOMBREUX DOMESTIQUES

DES COURS D'ADMIRATEURS, UN JARDIN SUR SON TOIT

DES POISSONS DANS SON BAIN, DES BIJOUX FANTASTIQUES

Des oiseaux du Brésil

Un renard d'Alaska

AH AH AH AH

DANS PARIS, Y A UNE DAME DANS PARIS, QUI PENSE À MOI

DANS PARIS, ELLE ME RÉCLAME DANS PARIS...

- J'entends sa voix - Avec nous !

Y A UNE DAME DANS PARIS, QUI PENSE À MOI

DANS PARIS, ELLE ME RÉCLAME DANS PARIS, J'ENTENDS SA VOIX

ELLE A DES DENTS EN OR, DE NOMBREUX DOMESTIQUES

DES COURS D'ADMIRATEURS, UN JARDIN SUR SON TOIT

DES POISSONS DANS SON BAIN, DES BIJOUX FANTASTIQUES

- Des oiseaux... - DU BRÉSIL

Un gars qui a un club à Lille vous propose de venir.

C'est tout petit. Ce serait payé 50 francs, mais bon...

- Ça va être compliqué d'y aller. - Y a quasiment plus de trains.

50 francs... chacun ?

Mmh.

Pour 50 francs, on va trouver une solution.

C'est un club de danseuses un peu strip-teaseuses.

T'as raison, on va trouver une solution.

Il va vous falloir

des chansons à vous. Ah ben oui !

On va pas faire que des reprises.

On a ici les meilleurs auteurs de Paris.

Vous auriez des choses à nous proposer ?

On a bien deux-trois chansons d'abouties, oui.

Mais on a prévu de les proposer à des chanteurs plus connus.

Enfin, qui tournent déjà.

Mais l'esprit du Club de la Chanson, c'est justement...

C'est pas grave.

On va le faire nous-mêmes.

Ça doit pas être bien compliqué d'écrire deux couplets et un refrain.

Regarde sur le bureau.

Y a des stylos aussi.

J'en peux plus de tous leurs "lalalalala".

"Je marche dans la rue, lalalalala",

"Et regarde le ciel, lalalalala"...

Faut mettre des paroles à la place.

J'ai pensé à quelque chose.

Continue ça.

Il portait

un feutre taupé

Un feutre taupé ?

Oui.

J'étais dans ton quartier

et sur la vitrine d'un chapelier, je vois "feutre taupé".

Le gars m'a expliqué que c'était en peau de taupe.

Avec la guerre, même les bourgeois font dans la débrouille.

- Un feutre taupé ? J'aime beaucoup. - C'est vrai ?

Oui.

J'aimerais faire rimer ça avec "onomatopée".

Je pourrais scatter comme un jazzman.

Ah ! Ça, tu me parles.

On essaie ensemble ?

IL PORTAIT UN FEUTRE TAUPÉ

Il parlait par onomatopées

Il buvait des cafés frappés

Avec des pailles

- Mais ça marche ! - Mmh.

Mais je trouve ça sensass.

Boh, t'avais déjà écrit avant ?

Non.

- Je te crois pas. - Je te jure que non.

Ce qui est fou, c'est que...

ça me paraît même pas difficile.

PLUS TARD, ILS SE SONT MARIÉS

CELA FIT UN MÉNAGE DE CINGLÉS

- QUI SE BALADE À PAS COMBINÉS - Boulevard Raspail

- Il faut les voir... - Dans les cafés

- Sur le comptoir... - Buvant frappés

DES CAFÉS

DES CAFÉS FRAPPÉS AVEC DES PAILLES

Merci.

Maintenant, mesdames et messieurs, je vous laisse avec Mlle Viviane.

Tu les as repérés, les deux, là-bas ? La mère et la fille.

Je vais aller les voir.

Tu nous rejoins. Tu parles avec la mère et moi, avec la fille.

Mais qui est la mère, qui est la fille ?

Tu sais quoi ? Je vais leur faire ma spéciale.

Comme la dernière fois, au petit club de...

Charles ?

- Bonsoir. - Je vous regardais depuis la scène.

- Vous illuminez toute la salle. - Merci.

- Vous dites ça à chaque fois ? - Non.

- Vous permettez ? - Je vous en prie.

Bonsoir, mesdames.

Je vous regardais depuis la scène.

Vous illuminez toute la salle.

D'accord.

- Et menteur, avec ça. - Que pour les grandes occasions.

- C'est moi, l'occasion ? - C'est censé me faire plaisir ?

Non, je suis la grande occasion.

C'est à moi d'en juger, si vous me permettez.

Alors ?

Quel est le verdict ?

Alors...

débuts laborieux, mais répartie intéressante.

- Oh... - Les espoirs sont permis pour la suite.

C'est sur la suite que je suis le meilleur.

Ah, d'accord.

Mmh ?

Et alors ?

Pas de suite possible ?

Je vais essayer d'aller illuminer la scène.

Ah bon ?

Mmh mmh.

- Vous l'avez eue très jeune. - J'ai cru que c'était votre sœur.

"J'ai deux amours" (Joséphine Baker)

J'ai deux amours

Mon pays et Paris

Par eux toujours

Mon cœur est ravi

- Tu vas où, mon fils ? - À Lille.

On va faire un concert.

J'écris des chansons, maintenant.

- Chansons ? - Mmh.

C'est bien, ça.

Tu sais quelle est la meilleure chanson ?

"Y a de la joie".

Y a de la joie Il chantonne.

Les hirondelles, y a de la joie

- Personne ne peut faire mieux. - Tu me fais rire.

Allez.

- À bientôt, papa. - Bonne chance.

"Sa Jeunesse" (Charles Aznavour)

J'espère qu'on aura affaire à des admiratrices.

Lorsque l'on tient

Entre ses mains

Cette richesse

- Avoir vingt ans - C'est pas le moment, viens !

Des lendemains

- Plein de promesses - Oh non, les vaches.

- Viens, monsieur "Azbanour". - On va chanter.

Quand l'amour sur nous se penche

Pour nous offrir

Ses nuits blanches

Lorsque l'on voit

Loin devant soi

Rire la vie

Brodée d'espoir, riche de joie

Et de folie

II faut boire jusqu'à l'ivresse

Sa jeunesse

- Tu es juif ? - Ah non, pas du tout.

Baisse ton pantalon.

Dépêche-toi !

Et jamais plus

Vas-y.

Le temps perdu

- Ne nous fait face - Dégage.

II passe

Souvent en vain

- Y a plus de pain. - On tend les mains

Et l'on regrette

Il est trop tard

Sur son chemin, rien ne l'arrête

On ne peut garder sans cesse

Sa jeunesse

Sa jeunesse

Avant que de sourire, nous quittons l'enfance

Avant que de savoir, la jeunesse s'enfuit

Cela semble si court que l'on est tout surpris

Qu'avant que de comprendre, on quitte l'existence

Lorsque l'on tient

Entre ses mains Cette richesse

Avoir vingt ans

Des lendemains pleins de promesses

Quand l'amour sur nous se penche Pour nous offrir ses nuits blanches

- Lorsque l'on voit - Lorsque l'on voit

- Loin devant soi - Loin devant soi

- Rire la vie - Rire la vie

- Brodée d'espoir - Brodée d'espoir

- Riche de joie - Riche de joie

Et de folie

Il faut boire jusqu'à l'ivresse

Sa jeunesse

Car tous les instants De nos vingt ans

Nous sont comptés

Et jamais plus Le temps perdu

Ne nous fait face

Il passe

Ils ont eu le réseau Manouchian.

Apparemment, ils les ont déjà fusillés.

Je dois y aller.

Oui, oui.

Vite, vite !

On ne peut plus rester ici, c'est dangereux.

Les Allemands vont nous retrouver.

Allons à l'hôtel en face.

Vite ! On va se cacher à l'hôtel.

Véhicule à l'approche Claquement de portières

Propos inaudibles en allemand

- (En allemand) - Allez, vite !

Dépêchez-vous.

Aznavourian, premier étage !

On monte, vite !

- Monsieur ! - Micheline ?

- C'est fini ! - Quoi ?

- On est libres ! - J'arrive.

- Descends ! - Ça va ?

- Oui, ça va ! - Les Américains sont là.

On est libres !

Venez, descendez !

Descendez !

Venez !

Micheline !

- Je suis si heureux de te voir. - Moi aussi.

- On est libres ? - Oui.

Vive la liberté !

- Charles ? - Il soupire.

C'était formidable. Merci beaucoup.

T'arrives à en rire, toi ?

- J'ai hâte qu'on ait notre maison. - Charles, tu es là ?

- Ah, tu es là aussi, Micheline. - Oui.

Ça va, Charles ?

- Oui. - Tu as l'air tendu.

Non.

Tu as faim ?

Oui. Euh, non.

Je vais faire à manger.

Ça va rouler.

Si on a 1 000 francs, c'est formidable.

- Laisse-moi faire. Dis rien. - Tu vas tout faire capoter.

- Tais-toi et souris. - Oh, les artistes !

On part sur trois soirs, hein ?

Je peux vous proposer... 1500.

Ben non. Non.

Nous, c'est 3 000.

3 000 ?

Chacun ?

Bien sûr.

Par soir ?

Mmh.

Attendez, les gars, 18 000 francs !

Ben, c'est ça. C'est...

C'est ce qu'on prend habituellement.

Bah, c'est pas donné.

Mais bon... Voici une petite avance.

Pour l'instant, y a que 1 000.

On va vous préparer

vos contrats, et puis on signe

- dès demain. - Merci.

Attends.

- On va boire, mon ami. - On va faire la fête.

Ce soir, le meilleur restaurant de Paris.

- Volontiers. - Mieux encore : toute cette semaine

- on se fait les meilleurs restaurants. - Tutututut.

Attends, ce soir, on se fait plaisir.

Mais le reste, on va l'investir.

- On va faire imprimer nos affiches. - Mais non.

Pour une fois qu'on a un peu de côté, faut profiter.

- Mais on va profiter. - Mais plus tard, encore mieux.

En attendant, faut se faire connaître.

C'est important, la publicité.

Bienvenue à tous

à Paris Radio Diffusion, émission musicale et en direct.

- Tu vois qui est là ? - Charles Trenet.

Et Édith Piaf.

Et Édith Piaf !

Roche et Aznavour, avec "Départ express" !

Mesdames et messieurs.

"Départ Express" (Charles Aznavour)

UN JOUR DE MAI OÙ L'ENNUI ME PESAIT

POUR VIVRE MA VIE LAISSANT CE QUI M'OPPRESSE

J'AI TOUT QUITTÉ SANS CHAGRIN SANS REGRET

PUISQUE LES VOYAGES FORMENT LA JEUNESSE

Aux gens curieux, j'ai répondu...

"Destination inconnue"

J'AI PRIS LE PREMIER TRAIN QUI PARTAIT LE MATIN

PAR HASARD, DANS LE TRAIN Y AVAIT UNE FEMME TRÈS BIEN

COMME LE DESTIN VEILLE SUR MOI GENTIMENT

ELLE ÉTAIT JUSTEMENT DANS MON COMPARTIMENT

LE TRAIN EN ROULANT FAISAIT UN VACARME INFERNAL

SUR LA BANQUETTE EN BOIS ON ÉTAIT PLUTÔT MAL

ET QUAND J'AI PRIS SA MAIN PARLANT AVEC DOUCEUR

PLUS VITE QUE LE TRAIN ALLAIENT MES BATTEMENTS DE CŒUR

D'un ton charmant un peu moqueur

En un instant, j'ai pris son cœur

Je lui proposai fort galamment :

"Venez avec moi au wagon-restaurant"

Messieurs, félicitations. J'ai beaucoup aimé.

Venant de vous, M. Trenet, c'est un honneur.

Vous connaissez Raoul Breton, grand éditeur de Paris ?

- Bien sûr. - On peut pas

vous louper, vous avez des affiches partout. Ça m'intéresse.

Venez me voir la semaine prochaine.

Avec plaisir, merci. Lundi matin ?

Ah... Oui, lundi matin,

- c'est bien. - À bientôt, Édith.

À la prochaine.

- C'était un honneur de vous recevoir. - Viens, venez voir.

- Moi ? - Ben oui, toi.

C'était bien. Ça bouge un peu par rapport aux autres.

- Merci beaucoup. - Vous faites quoi, ce soir ?

Y aura des amis chez moi. Vous voulez venir ?

Oui. Avec plaisir.

Mon partenaire aussi ?

- Le partenaire ? - Ah ben, amène-le aussi.

- À tout à l'heure. - À tout à l'heure.

- Les v'là, eux. - Ils ont fini par trouver.

Le petit a bien chanté. Puis il écrit, en plus.

Donne-leur à boire. Puis ressers-moi, perds pas la main.

Édith, doucement quand même.

Oh, ça va, chéri.

Il a peur que je tourne pochetronne. Il me planque

- les bouteilles. - Vous écrivez de la musique ?

Des paroles, surtout.

Et plutôt bien, même.

Sa façon d'écrire est intéressante. Pas comme les autres.

Sa voix est pas mal.

Un peu cassée. On dirait un Américain.

- T'es juif, toi ? - Non, arménien.

- Qu'est-ce que c'est ? - Ouh là.

- Trop long à expliquer. - Alors cherche pas.

Pourquoi le noir ? En deuil ?

Non. Quand c'est sale, ça se voit moins.

Ça se trouve, ta chemise est dégueulasse ?

Ça se pourrait bien, oui.

Il est très bien.

Il porte même des liquettes sales.

T'es comme moi, tu viens de la rue ?

- T'as chanté dans la rue ? - Et comment !

Oh, là, tu commences à me plaire.

J'avais acheté une bicyclette pour aller au bal musette.

- Ah ouais ? - T'as déjà été au Petit Balcon ?

Bien sûr. Je préfère le Bal à Jo.

Tu guinches le 3 temps ?

Je veux, oui.

À l'endroit, à l'envers ?

Évidemment.

- À l'envers ? - Oui.

Eh ben, mon salaud, on va voir ça.

Tiens, Michel, Henri, roulez-moi le tapis.

Marguerite, au piano. Joue une valse.

On va voir si monsieur Aznavour

sait danser la valse à l'envers.

Aide-moi à me relever, toi.

Alors...

Et... un, deux, trois.

- C'est un vrai. - Je vous retourne le compliment, madame.

Appelle-moi Édith.

D'accord, Édith.

Je pars en tournée avec les Compagnons de la Chanson.

Je vous donne votre chance.

Vous allez faire mon lever de rideau.

- Après l'entracte, tu m'annonceras. - Oh bah, merci.

Mais si je peux oser,

on sera payés, ou... ?

Je t'offre de partir en tournée et tu demandes combien ?

C'est vrai, ça. Pardon.

J'ai une famille à nourrir et je compte me marier.

À ton âge et dans ce métier, on est célibataire.

Je suis mariée, moi ?

Très bien.

Train pour Roubaix, après-demain, à 8h20.

Soyez à l'heure. Prenez pas le train en marche.

Merci, Édith.

Hé !

Hé !

Non !

Merde !

Pierre va me tuer.

Laissez-moi passer, sapristi !

- Excusez-moi. - Toi aussi ?

- Mais non ? - Regarde.

- Bonté divine ! - Ils rient.

Oh !

- On est des guignols. - On rigole,

on rigole, mais on vient de tout gâcher.

Bon ben, je vais aller me recoucher.

- Une jolie blonde m'attend dans mon lit. - Non.

On va pas rester comme ça.

On va à la gare routière.

Les ponts détruits, les trains mettent des plombes.

On peut arriver en même temps qu'elle.

- On y va. - Allons-y, Alonso.

Édith !

Oh ! Bah vous êtes là, vous ?

On a pas pris le train en marche.

Et ils font les malins, en plus.

J'ai hâte de voir ce que ça va donner, avec des zigotos.

- À ce soir. - À ce soir.

- On joue à 8 h. Soyez là à 7 h. - On y sera.

On y sera.

Mesdames et messieurs,

un seul nom. Et dans ce nom, toute la chanson.

Édith Piaf.

Merci.

De Michel Emer, "L'Accordéoniste".

"L'Accordéoniste" (Édith Piaf)

La fille de joie est belle

Au coin de la rue, là-bas

Elle a une clientèle

Qui lui remplit son bas

Quand son boulot s'achève

Elle s'en va à son tour

Chercher un peu de rêve

Dans un bal du faubourg

Son homme est un artiste

C'est un drôle de petit gars

Un accordéoniste

Qui sait jouer la java

Elle écoute la java

Mais elle ne la danse pas

Elle ne regarde même pas la piste

Mais ses yeux amoureux

Suivent le jeu nerveux

Et les doigts secs et longs de l'artiste

Ça lui rentre dans la peau

Par le bas, par le haut

Elle a envie de chanter C'est physique

Tout son être est tendu

Son souffle est suspendu

C'est une vraie tordue de la musique

La fille de joie est triste

Au coin de la rue, là-bas

Son accordéoniste

Il est parti soldat

Quand il reviendra de la guerre

Ils prendront une maison

Elle sera la caissière

Et lui sera le patron

Que la vie sera belle !

Ils seront de vrais pachas

Et tous les soirs pour elle

Il jouera la java

Elle écoute la java

Qu'elle fredonne tout bas

Elle revoit son accordéoniste

Et ses yeux amoureux

Suivent le jeu nerveux

Et les doigts secs et longs de l'artiste

Ça lui rentre dans la peau

Par le bas, par le haut

Elle a envie de pleurer C'est physique

Tout son être est tendu

Son souffle est suspendu

C'est une vraie tordue de la musique

Ils rient.

Ah, au fait, on va écourter la tournée.

J'ai eu une proposition pour New York.

New York ? Le rêve !

Quand est-ce qu'on part ?

Moi, je pars mardi prochain.

Toi, beh... quand tu pourras te payer ton billet.

Arrêtez !

- Je dois lui racheter des vêtements. - Tout est trop petit.

Faut qu'on déménage. Les nazis sont revenus.

Mmh mmh.

- Seda, c'est la fille de Roche. - Mmh mmh.

Mmh.

Charles ? Tu m'écoutes pas.

- Ah pardon, excuse-moi. - Je réfléchissais.

- Dis-moi. - T'es avec nous quand ?

T'as été en tournée pendant des mois. T'as à peine vu ta fille.

J'étais contente qu'elle se termine.

Je pensais que t'étais content de rentrer.

Je suis content de rentrer et de vous voir, enfin !

J'ai le droit de regretter que la tournée soit finie.

J'ai attendu ça toute ma vie.

Je fais ça pour nous, pour qu'on soit à l'abri.

Si ma propre femme comprend pas ça, je fais quoi ?

- J'ai mis ma carrière de côté pour Seda. - Oh, non !

Non.

Je ne t'ai jamais demandé ça.

Tu pouvais continuer. Mes parents s'en seraient occupés.

Elle a besoin de parents.

- T'irais foutre quoi à New York ? - Je vais y faire mon métier !

Si je dois tout négliger autour

pour y arriver, je le ferai.

T'es constamment en train de te plaindre !

- Jamais contente. - Le monde à l'envers !

C'est toi qui es jamais satisfait.

Si au moins t'étais content avec nous... Même présent, t'es absent.

T'es dans tes pensées, tes chansons.

Tu t'ennuies avec nous, Charles.

- C'est pas sérieux ? - Pourquoi ? T'es heureux, là ?

T'es content de ce qu'on fait depuis ?

T'imagines les petites Américaines pendues à ton cou ?

- Comment faire pour les billets ? - Mes parents m'ont coupé les vivres.

- Et t'as une femme et une fille. - Fais-moi confiance.

Alors, mes enfants,

ça y est.

C'est le grand jour.

Je suis très fier que vous rejoigniez la maison Raoul Breton.

Je parle déjà de vous à tout le monde. J'ai signé

des auteurs-compositeurs incroyables.

On va écrire pour tous les grands chanteurs.

- Vous avez lu le contrat ? - OUI.

- Vous avez vu l'avance ? - Oui, merci.

Justement, nous aussi, on a pris de l'avance.

On a déjà écrit pas mal de chansons.

Et en ce qui concerne l'acompte,

il nous faudrait un peu plus parce que...

on aimerait vous parler d'un projet.

Mais papa, t'as mis trop de choses dedans.

- Comment tu vas, mon fils ? - Laisse-moi t'aider.

- T'allais aux puces comme ça ? - Ça va aller.

- Tu vas te casser le dos. - Oh... D'habitude, il est moins lourd.

Ça va, toi ?

Ça va. Justement, avec Pierre, on part en Amérique.

America ?

- On va rejoindre Piaf à New York. - New York ?

Tu te souviens, quand t'étais petit, on voulait vivre là-bas.

Mais on est bien, ici.

- Non ! Tu fais quoi ? - Prends ça.

- Non, garde-le ! - J'ai ce qu'il me faut.

- C'est ton argent. - Je vais trouver du travail.

- Tu vas en avoir besoin, là-bas. - Ça va aller.

D'accord ?

C'est incroyable d'être ici.

Le pays où tout est possible, M. Roche.

Il va se passer de belles choses ici.

L'Amérique,

à nous !

- (En anglais) - Vous n'avez pas de visa ?

Ouille.

Je crois qu'on peut pas rentrer. Il faut un visa.

- Comment ça, tu crois ? - Tu parles pas anglais couramment ?

- Anglais, oui. - Mais là, c'est de l'américain.

On parle administration des territoires.

C'est un langage très technique, alors laisse-moi faire.

Euh...

So... Pierre se racle la gorge.

Que... qu'est-ce qu'on...

Alors, quoi ?

- Connaissez-vous Édith Piaf ? - Immigration.

La Môme !

Suivant !

The Môme.

Où est-ce qu'ils nous emmènent ?

Qu'est-ce qu'on fout là, bordel ?

- Combien de temps on va rester ? - Je sais pas.

Faudrait trouver feuilles et stylo.

Qu'on en profite pour écrire.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Bravo, Charles.

- Quoi ? - Ton idée

de rejoindre Piaf sans prévenir personne. Merci.

T'es drôle, toi.

C'est toi qui as pris les billets d'avion.

- Ils t'ont rien dit pour le visa ? - Si,

mais je préférais la prison. On est bien.

Bah non, ils m'ont rien dit !

Bon, faut qu'on téléphone.

- À qui ? - Je sais pas, moi. À nos parents,

j'en sais rien. On peut pas rester là.

Tu vas attraper des maladies.

J'aurais pas dû t'écouter. On peut pas se payer

le retour. T'as tout donné à ta famille.

Je t'ai déjà expliqué, Pierre.

Je suis désolé.

Bon,

voyons si y a des demoiselles.

Monsieur Charles Aznavourian et monsieur Pierre Roche.

Lui-même.

Propos en anglais.

Êtes-vous venus ici pour tuer le président ?

Non, non.

- On sait même pas qui c'est. - Deux musiciens.

Que chantez-vous ?

Nos propres chansons, mais aussi des standards américains traduits.

Quelles chansons ?

Oh ! J'ai compris, ça.

Par exemple. (-Ouah, c'est bien.)

Par exemple...

"Look To The Rainbow".

Chantez-la.

Trois, quatre...

- Look... - Look...

LOOK TO THE RAINBOW

REGARDE, REGARDE...

REGARDE L'ARC-EN-CIEL

FOLLOW THE FELLOW WHO FOLLOWS A DREAM

SUIS TON AMI QUI POURSUIT SON RÊVE

- Chapeau. - Chapeau, toi.

ADMIS

- Vous foutez quoi ? - On vous retrouve.

Pari tenu.

Couillons, vous croyez que j'ai le temps ?

Merci... truc.

Pierre se racle la gorge.

Bon...

On va faire quoi de vous, mes deux zozos ?

On m'a dit que vous aviez besoin d'oseille.

On va vous en trouver. Je vous laisserai pas tomber.

- J'ai une idée, mais pas à New York. - On va aller où ?

À Montréal.

On va vous trouver des billets.

Couvrez-vous. Ça caille, là-bas.

Vous allez être accueillis par Gustave Longtin.

Je vais l'appeler. Il peut rien me refuser.

Il a un lieu très bien, le Quartier Latin,

qui a déjà sa clientèle.

Obligé que ça marche là-bas.

Vous aurez les Français et les Québécois adorent les Français.

Avec vos gueules de frenchies et vos chansons rythmées,

ils vont vous adorer.

Il va vous trouver un contrat, un appartement...

Je vais lui dire de dire que vous êtes mes protégés

et que vous avez un succès fou à Paris. Ils vérifieront pas.

Vous allez avoir les Québécoises à vos pieds.

Puis vous serez pas dans mes pattes.

Tenez, les gars. C'est très mérité.

3500.

Là, Edmond, désolé, mais on peut pas jouer ici.

Pardon ?

Comment jouer sur une scène comme ça ?

Si on peut appeler ça une scène.

- C'est pas la scène qui attire le monde. - C'est le chanteur.

Permettez-moi, j'ai appris mon métier auprès d'Édith Piaf.

- Elle aurait jamais mis les pieds ici. - Ah...

OK.

On ferait quoi ?

Des travaux.

Beaucoup de travaux.

- C'est pas un problème. - Vous devriez réfléchir.

J'aimerais parler à mon collègue.

Fais donc ça.

Y a rien à réfléchir, on va pas venir ici.

C'est trop petit, moche, sale. Ça pue.

On est très bien au Quartier Latin.

Puis tu sais qui c'est ? T'as envie de bosser pour un mafieux ?

Un mafieux, enfin bon...

- Puis qu'est-ce que ça change ? - Je double votre salaire.

Fais-moi confiance.

Il faut revoir la décoration. Ça ressemble à un vieux dancing.

Rhabiller les murs, changer le sol...

Les rideaux sont pas corrects non plus ?

- Non, ils me plaisent bien. - Ah oui ?

- J'aime beaucoup la couleur. - Il va falloir les reculer.

On va installer des coulisses dans le fond.

Si on fait ça, ça va devenir trop petit pour la scène.

Il suffit de la rallonger.

Et surtout... Il tape du pied.

La surélever.

C'est de l'investissement.

- Croyez-moi, vous le regretterez pas. - Oui.

- On va y aller. - Oui.

Je compte sur toi. Allez.

Mesdames, messieurs, bonsoir.

Merci à tous d'être venus pour la réouverture du Faisan Doré.

Pour fêter ça,

accueillez le duo français dont tout le monde parle :

Roche et Aznavour.

Bonsoir, Montréal.

Voilà un morceau qui certainement va vous réchauffer le cœur.

Trois, quatre...

IL PORTAIT UN FEUTRE TAUPÉ

IL PARLAIT PAR ONOMATOPÉES

IL BUVAIT DES CAFÉS FRAPPÉS

Avec des pailles

- Il faut les voir... - Dans un café

- Sur le comptoir... - Buvant frappés

DES CAFÉS, DES CAFÉS FRAPPÉS

AVEC DES PAILLES

- Jocelyne. - Bon matin, Charles.

- Ça va ? - Oui, et toi ?

- Il est réveillé, l'oiseau ? - Pas depuis longtemps. Je me sauve.

À tantôt.

Qu'est-ce que tu fais ?

- Charles ? - Merde, alors !

- Ton front rentre pas dans le cadre. - T'es vache. T'es beau, toi.

Nouveau costume.

Dis-moi, Jocelyne, là...

j'ai jamais autant croisé la même fille. Un mois,

c'est un record.

C'est vrai que je l'aime bien.

- Et toi, t'étais où ? - Avec Mariflore, la grande rousse.

Ah oui.

J'ai fait le tour. J'en ai marre des petites admiratrices.

Je me vois me poser avec Jocelyne et construire quelque chose.

Et puis là, on a la vie idéale.

On a enfin tout ce qu'il faut.

Quoi ?

"Je me vois me poser avec Jocelyne."

"Construire quelque chose." On parle bien de Pierre Roche ?

Hé oh.

Rigole. Tu peux pas comprendre.

Toi aussi, un jour, t'auras envie d'avoir une femme et un enfant.

C'est un coup bas, ça.

Mais enfin, Charles...

T'as raison.

Faut que j'arrête de me mentir.

Et de lui mentir aussi.

Depuis qu'on est ici, je me dis que dès que ça marche,

je la fais venir avec ma fille.

Mais je fais que repousser l'échéance.

- Hey. - C'est gentil de nous accompagner.

Je vous aurais pas laissés partir à l'aéroport en taxi.

Vous revenez dans combien de temps ?

Trois semaines, peut-être un mois.

Ah, les futurs mariés !

- Ouah ! - Merci.

Niaisez pas. Là-bas, vous vous dites oui, puis vous revenez.

Tout le monde dans le char, on va être en retard.

- Charles ! - Ah !

Chéri !

- Papa. - Mon fils.

Je suis content.

Et toi, ma poupoune, hein ?

Fais un patchik à papa. Fais un patchik.

Bisou Petits rires attendris

T'as appris à t'habiller.

- Ça y est, tu commences ? - Bah oui.

Tu vas revenir vivre ici ?

Je sais pas, on est bien là-bas.

Aïda, tu pourrais chanter là-bas. Les Québécois vont t'adorer.

Je t'avais dit que c'était une connerie.

On est tellement décalés.

Entre elle ici et le succès à Montréal...

Comment ? Le succès ? Quel succès ?

- Ça marche plutôt fort. - Et ça te suffit,

d'avoir ton petit succès dans un cabaret au bout du monde ?

Tu penses à la suite ? Oh !

Franchement, mon petit génie con,

t'as du talent, mais tu sais pas mener une carrière.

Écoute ta grande sœur. Voilà ce que tu vas faire.

Pour le succès, il faut avoir une belle gueule.

Si tu veux chanter l'amour, il serait temps de te faire refaire le pif.

Je connais un spécialiste. Il fait des miracles.

Je t'offre l'opération.

Tu vas prendre ta plus belle écriture et écrire trois lettres.

"Désormais" (Charles Aznavour)

La première, tu vas l'adresser au Faisan Doré

pour leur dire que tu reviens plus.

Ce métier, il se passe à Paris.

Edmond va nous tuer, il nous attend.

- Pourquoi t'enterrer à Montréal ? - Y a quatre pauvres lieux.

Un artiste français doit d'abord avoir du succès en France.

Ça se passe à Paris.

Tu dois chanter tes chansons devant le public français.

Désormais, on ne nous verra plus ensemble

Désormais, mon cœur vivra sous les décombres

Maudits Français.

Après,

tu vas écrire à la petite pour la quitter.

T'es plus amoureux.

Depuis quand on peut réussir en étant marié ?

Désormais, ma voix ne dira plus "je t'aime"

Je serai toujours là, Micheline.

Je vais te trouver un endroit pour vivre.

Seda pourra aussi continuer de vivre chez mes parents.

Je serai l'ombre de moi-même

Ma main de ta main séparée

La 3e lettre, tu vas l'écrire

pour prévenir ton petit pote Pierre

que c'est terminé, tu restes ici.

- Pierre vient de se marier. - Il voudra jamais rester à Paris.

Très bien, t'as pas besoin de lui.

Un homme,

un vrai, mène une carrière en solo.

Jamais plus ne connaîtrons la même peur

De voir s'enfuir notre bonheur

Et du reste, désormais

- Tu comprends ce que ça veut dire ? - Oui.

Mais je suis prêt à redémarrer à zéro, à travailler deux fois plus.

Je te parle de moi, là !

Pour une fois, on peut ne pas parler de toi ?

De tes envies, de tes ambitions ?

T'as écrit à Edmond sans prévenir.

- Tu crois vraiment qu'il va me garder ? - Désolé,

mais j'ai retourné la question dans tous les sens.

J'en ai plus envie.

Je dois pas me forcer.

Évidemment que j'ai pensé à toi.

C'est dur d'imaginer la suite sans toi. Seulement, t'es marié.

Ta vie, elle est là-bas.

Ça change la donne.

Je sais juste que je veux écrire.

Et pour écrire mes chansons, j'ai besoin des ruisseaux de Paris.

Mais tu vois, encore toi !

Ta carrière, tes chansons !

T'avais souvent raison, mais là, je pense que tu te trompes.

On a tout ce qu'on veut à Montréal.

Non, peut-être pas toi, parce que monsieur n'est jamais satisfait.

Mais tes ambitions finiront par tout te faire perdre.

Moi, ta femme, ta fille, tout !

C'est grâce

à ça que t'as un grand appartement et trouvé ta femme.

Alors oui, j'ai des ambitions.

Oui, on a pas les mêmes.

Faut que je m'excuse pour ça ?

Pierre...

"I'm Walkin'" (Fats Domino)

Et la valise, c'est moi qui vais la porter ?

Pardon, Édith.

Je suis désolé, je pourrai pas venir avec vous à Bordeaux.

Le Paradis Latin me propose de jouer. C'est un beau contrat.

Tu préfères le Paradis Latin à faire mon lever de rideau ?

- Mais non, c'est pas du tout ça... - Je plaisante.

Va chanter avec tes danseuses cul nul. Ça fera un bide de moins.

Hein, mon petit génie con ?

- Tu sais quoi ? - Non.

Plus je te regarde, plus je préfère ton ancien pif.

Ah oui ?

Non.

Oh...

C'est ma chanson, ça.

C'est moi qui lui ai écrite.

- Ah bon ? - Mmh.

Pourquoi tu me l'as pas proposée ?

Si, justement, je vous l'ai proposée.

Et j'ai dit quoi ?

Qu'elle n'avait rien et que je pouvais me la foutre où je pense.

- J'ai dit ça, moi ? - Oui.

- C'est bizarre, c'est pas mon genre. - Ils rient.

Le bonheur est dans les bras d'un garçon de couleur

Car il s'en va et lui brise son cœur

C'est bon, on veut la Môme !

Lui tend son ticket

Lui dit : "Chérie, que tu vas me manquer."

Mais qu'est-ce... mais qu'est-ce que c'est ?

Une histoire de tous les jours

Mais qu'est-ce... mais qu'est-ce que c'est ?

Peut-être la fin d'un amour

- T'as fini, Joséphine ? - Oui.

- Salut, Charles. - Salut, Françoise.

Je suis en voiture. On boit un verre ?

Depuis quand t'as une voiture, toi ?

Allez, suis-moi.

Attends-moi.

C'est ça, tes soirées, quand tu sors du cabaret ?

J'en reviens pas que t'habites chez Piaf.

- Han ! - Ça se passe bien, mon petit génie ?

Très bien.

Joséphine, Édith.

Elle est gaulée,

la pépée.

Gilbert, tu connais sûrement déjà Charles Aznavour.

Ça, c'est Gilbert Bécaud, un bon petit auteur.

- Charles. - Enchanté, Gilbert.

COMME NE PAS PERDRE LA TÊTE

SERRÉ PAR DES BRAS AUDACIEUX

Récemment, j'ai eu un déclic. J'ai écrit "Sur ma vie",

- où je parle de moi. - C'est le secret ?

Je sais pas, mais il me semble important de dire "je" et "tu".

Quand on dit "vous", ça éloigne.

On doit écrire chaque chanson comme si ça nous était arrivé.

Même si c'est pas vrai.

Il faut être un comédien de la chanson.

Piaf est une comédienne de la chanson.

Ensuite, pour le reste,

c'est juste du travail.

Mettre le bon mot à la bonne place.

Chaque mot à son propre rythme.

Charles, j'ai chanté avec Piaf.

Eh bah voilà.

- Je l'aime bien, elle. - C'est ma préférée.

- Ça discute, les petits génies ? - Je lui disais

à quel point j'aime son travail.

Ah beh ça, c'est un bon auteur.

Mais il veut chanter, et sur scène, c'est pas...

folichon, hein ?

Je vais te les prendre, tes deux chansons.

- Bravo. - Me sens pas bien.

J'ai la tête qui tourne.

Je reviens.

Tu vas rester longtemps ?

Ils disent quoi, les parents ?

- Pour l'instant, rien. - Je le leur ai pas présenté.

Ils vont être contents. Il est arménien.

Georges Garvarentz.

C'est un compositeur extra.

Il gagne sa vie ?

- Il est doué. - Doué, ça suffit pas.

Arrête de faire ton grand frère.

Je sais que tu vas l'adorer.

Bon, tu me dis ce qui va pas ?

T'as une sale tête.

Ça va, je m'accroche.

Faut que je travaille plus, que je répète plus.

Tu fais le chauffeur pour l'autre tyran.

- Arrête. - C'est vrai.

Je comprends pas pourquoi t'acceptes.

C'est pas simple tous les jours, mais...

Mais j'apprends beaucoup à ses côtés.

Puis c'est Édith Piaf, quand même.

Toi, t'es Charles Aznavour.

T'as peur de quoi, exactement ?

C'est pas toi, ça, Charles.

Jezebel

Ce démon qui brûlait mon cœur

Cet ange qui séchait mes pleurs

C'était moi... C'était pas moi, c'était toi

Tu trouves pas qu'elle est un peu haute pour moi ?

Non, justement, c'est ça qui est beau.

- Que vous soyez obligée de pousser. - Oui ?

Faut pas hésiter à l'attaquer forte.

Forte...

Il donne des indications en italien,

mon petit génie ?

Pas facile à chanter, mais ça va être bien.

Je te l'ai déjà dit,

fais pas dans la chansonnette rigolote.

Tu devrais te concentrer sur ton travail d'auteur.

T'en as pas marre de te taper des bides en première partie ? Ou de chanter

entre deux strip-teaseuses ? Passe à autre chose.

Vous disiez que si j'étais un homme, un vrai,

je devais revenir pour avoir du succès en France.

Et tu peux très bien avoir du succès en tant qu'auteur.

Vous parliez pas de ça.

Vous parliez d'être chanteur.

Oui, mais pour être chanteur, il faut une voix.

Et ta voix à toi, elle est voilée.

M'emmerde pas, on s'y remet.

"Jezebel" (Charles Aznavour)

Non.

Je dois y aller.

Je chante entre deux strip-teaseuses.

- Il est vexé. - Viens, on a du travail !

- Moi aussi, j'ai du travail. - C'est quoi ?

Pour essayer d'être chanteur, c'est ça ?

Exactement, oui.

D'ailleurs, ça fait un moment que j'y pense.

Parmi tout ce que j'ai appris à vos côtés,

s'il y a une chose que j'ai comprise,

c'est qu'il n'y a que le travail qui paie.

Il est temps de m'y mettre.

De me consacrer à mes chansons, à ma carrière de chanteur.

Parce que oui,

que vous vouliez ou non, je suis chanteur.

Et ce que je fais pour vous, le jour, la nuit,

ça me prend tout mon temps.

C'est plus possible, Édith.

J'y arrive plus.

J'arrête.

Sans mentir, ça me fait bizarre de t'entendre dire ça.

C'est quoi ?

T'abandonnes ta grande sœur de la rue ?

Tu penses que t'as plus besoin de moi ?

J'ai pas le choix.

Il faut que je pense à moi, maintenant.

Bah, c'est tout à ton honneur.

Faut du courage, dis donc.

J'aime pas les indécis. Si tu te barres, tu te barres.

Puis pas mal de portes vont se refermer.

Tu risques de te sentir seul, si t'es plus sous mon aile.

Merci pour tout, Édith.

- Bon bah barre-toi. - J'aime pas les adieux.

J'arrive.

- Charles. - Raoul. Ça va ?

Selon les gens, elle t'a viré car elle croyait pas

- en ton talent. - Ils disent ça ?

Et sans elle, t'es mis à mort

- sur la place publique. - Je vais leur montrer.

Oh.

Mon nouvel impresario.

Vous allez voir, il va vous plaire.

- Bonjour, Charles. - Entrez.

Non, Jean-Louis Marquet !

- J'ai bien réfléchi. - Charles Aznavour, c'est quoi ?

C'est un gringalet d'1 mètre 64, avec la voix voilée.

Ma taille, je peux rien y faire.

Je dois l'accepter pour la faire oublier.

Ensuite, ma voix.

Je pourrai pas la transformer, mais la travailler

pour augmenter un peu ma tessiture. Croyez-moi,

je m'y colle tous les jours.

Et je sais que je manque cruellement

de culture.

Pour écrire, répondre aux journalistes, faut que je lise.

Raoul, dressez-moi une liste des grands classiques de la littérature.

Il faut qu'on passe à la vitesse supérieure.

"Tout s'en va" (Charles Aznavour)

Je veux faire mon propre disque.

Ma tête et mon nom sur la pochette.

Que ça sorte le plus vite possible.

J'ai perdu trop de temps. On reprend ?

Tout s'en va, tout se meurt

Je sens qu'en moi s'installe la peur

J'entends déjà le vent qui se lève

Pour chasser mes rêves

Tout s'en va, tout se meurt

Mais le printemps revient en vainqueur

Les bras chargés de rêves et de pleurs

Et sèche nos pleurs

Et sème en nos cœurs

Ces grains de folie

Ainsi va la vie

Ça fait drôle, quand même.

C'est bon, toutes les radios l'ont reçu ?

Oui, oui.

- Ça réagit bien ? - Euh...

Pas vraiment. Pour l'instant, ils veulent pas trop le passer.

Y a ce con de Vital, le patron de RTL, qui t'a volé une chanson.

- Comment ça ? - Il est producteur de cinéma.

Dans son dernier film, il utilise ta chanson "Parce que".

Sans demander l'autorisation, sans payer de droits.

- Il s'emmerde pas. - C'est une énorme faute

professionnelle, et une bonne nouvelle pour nous.

Il est pas en position pour négocier.

Son film sort dans une semaine. Les bobines sont prêtes à partir.

Autant te dire qu'on peut lui imposer le prix qu'on décidera.

Je crois que j'ai une meilleure idée.

Charles ?

Charles !

Oui, je suis là.

Tu pourrais travailler avec Georges.

Pourquoi pas, on a qu'à se parler la... Oh !

"Sur ma vie" (Charles Aznavour)

- Vous entendez ? - C'est toi, papa ?

Et comment !

- Tu passes à la radio ? - Eh oui.

Incroyable !

Ils ont enfin fini par comprendre.

Le patron de RTL n'a pas trop eu le choix.

- (En arménien) - Bravo, mon fils. Bravo !

Hé !

"On ne sait jamais" (Charles Aznavour)

On ne sait jamais Comment l'amour vient aux amants

Comment il fait ou il s'y prend

Pour nous tenir dans ses filets

Mais tout à coup, c'est merveilleux

Il y a des larmes plein nos joies

Des caresses au bout de nos doigts

Et des rêves au fond de nos yeux

On ne sait jamais

Mais pourquoi chercher à savoir

Nul n'a jamais eu ce pouvoir On oublie tout...

Éteignez-moi ça. C'est horrible.

Comment ça ?

Je suis horrible.

Je fais des gestes inutiles.

Je regarde partout comme un benêt.

Qui chante les mains dans les poches ?

Costume trop grand. Les cheveux, ça va pas.

Te gâche pas ta première télé pour quelques critiques.

Quelques critiques ?

L'un parle de ma voix de muezzin enroué,

l'autre compare mon timbre à un moulin à poivre...

Ah.

"Un escroc de petite envergure, aux dimensions de sa taille.

"Sa voix des cavernes n'est pas compensée par la beauté du geste."

- C'est des racistes. - Charles, t'exagères.

J'exagère ?

Attends.

J'exagère...

Là.

"Cet Arménien n'est pas comestible.

"Un Arménien, ça a la réputation de savoir compter.

"Qu'il fasse de la comptabilité."

- C'est pas du racisme ? - C'est de la méchanceté.

C'est de la bêtise.

Mais tu commences à avoir un public.

Je vais aller le voir, le public.

Jean-Louis,

tu vas me réserver une grande salle de Paris.

On va inviter tout le monde,

tout le gratin, les journalistes...

Même eux, là. Surtout eux.

Mais avant, je ferai une tournée dans toute la France.

Avec dix musiciens.

On a pas de quoi se payer une tournée avec un orchestre.

Je la financerai avec mes propres sous.

- Calme-toi. - Pour une fois que t'as un peu de côté.

Mets pas sur une tournée qui peut ne pas marcher.

Et pourquoi ça marcherait pas ?

- Pourquoi ? - Bah...

Raoul ?

- C'est un peu risqué, il a pas tort. - Justement !

On en a déjà parlé.

Il faut prendre des risques Sinon, on est mort.

On peut en prendre sans tout miser.

- C'est excitant, mais c'est une folie. - Une folie ?

Mais merde ! Même vous, vous me lâchez ?

- Vous croyez pas en moi ? - NON, NON !

Si ! Je vais vous prouver à tous.

Vous, le public, les journalistes...

Tous !

Je vais monter un nouveau spectacle. Et cette tournée, je la ferai.

Je vais convaincre chaque spectateur

dans chaque salle. Désormais,

j'écrirai une chanson par jour.

Je chanterai jusqu'à m'en déchirer la glotte.

Je vais leur montrer que je suis pas négligeable.

Ils ont pas fini d'entendre parler d'Aznavour.

C'est horrible, Jean-Louis. Y a pas un bruit.

C'est un enfer. (-Ça va aller ! Reste bien concentré.)

(Hein, Charles ? Souffle.)

- C'est terrible. - (-Mais non, c'est très bien.)

Allez !

- Je vous aide à porter votre valise ? - Non, ça ira. Merci.

"Sur ma vie" (Charles Aznavour)

Sur ma vie

Je t'ai juré un jour

De t'aimer jusqu'au dernier jour de mes jours

Et même à présent

Je tiendrai serment

Malgré tout le mal que tu m'as fait

Sur ma vie, chérie

Je t'aimerai

Je crois que j'ai présumé de mes forces.

Je me suis vu trop grand.

La vérité, c'est que personne m'attend en province.

- Puis je perds beaucoup d'argent. - Vraiment ?

C'est simple, je suis ruiné.

Faut que je vende ma voiture pour des affiches.

Il te reste Paris. Les concerts le mois prochain, c'est rempli ?

Paris ?

On a pris une semaine à l'Alhambra. Que le 1er soir est plein.

Je ferais mieux de tout arrêter.

Non, attends, qu'est-ce que tu racontes ?

Je t'ai jamais entendu parler comme ça.

Ça va aller, j'en suis sûre.

On verra bien.

- Voilà. À bientôt, ma sœur. - Attends !

Les parents m'ont donné une lettre pour toi.

Ça vient d'une Arlette. Ça te parle ?

Mmh, ça fait bien longtemps.

- Lis-moi la lettre. - Oui.

"Cher Charles,

"cette lettre n'est pas facile à écrire. Je serai directe.

"Tu as un fils.

"Il s'appelle Patrick.

"Il a huit ans.

"Quand je l'ai appris, je venais de rencontrer quelqu'un en province.

"Je trouvais mieux de ne pas t'en parler.

"Mais j'ai quitté cet homme, devenu alcoolique et violent

"envers moi et Patrick.

"J'ai peu de ressources.

"Patrick a besoin d'un père

"Puis-je te le présenter rapidement ?"

En bas de la lettre, elle a laissé un numéro.

- Charles... - Ça fait beaucoup. Je te rappellerai.

"Voix nasillarde et manque de puissance vocale.

"Sa prétention de se présenter devant un public est inconcevable.

"Quelle totale inconscience."

Ah non, pourquoi tu lis ça, Charles ?

Et ça : "Nous avons eu la primeur d'une apparition

"qui nous a ramenés à l'imagerie monstrueuse, au siècle de Quasimodo.

"Comment peut-on laisser un infirme chanter ?"

- Un infirme... - Ignore tout ça. C'est des cons.

On y va.

On commence dans cinq minutes.

Il ouvre puis ferme la porte.

Ce soir, je vis ou je meurs.

"Je m'voyais déjà" (Charles Aznavour)

À 18 ans, j'ai quitté ma province

Bien décidé à empoigner la vie

Le cœur léger et le bagage mince

J'étais certain de conquérir Paris

Chez le tailleur le plus chic, j'ai fait faire

Ce complet bleu qu'était du dernier cri

Les photos, les chansons et les orchestrations

Ont eu raison de mes économies

Je m'voyais déjà en haut de l'affiche

En dix fois plus gros que n'importe qui, mon nom s'étalait

Je m'voyais déjà adulé et riche

Signant mes photos aux admirateurs qui se bousculaient

J'étais le plus grand des grands fantaisistes

Faisant un succès si fort que les gens m'acclamaient debout

Je m'voyais déjà cherchant dans ma liste

Celle qui le soir pourrait par faveur se pendre à mon cou

Mes traits ont vieilli, bien sûr, sous mon maquillage

Mais la voix est là, le geste est précis et j'ai du ressort

Mon cœur s'est aigri un peu en prenant de l'âge

Mais j'ai des idées, je connais mon métier, j'y crois encore

Rien que sous mes pieds de sentir la scène

De voir devant moi un public assis, j'ai le cœur battant

On ne m'a pas aidé, je n'ai pas eu de veine

Mais au fond de moi, je suis sûr au moins que j'ai du talent

Mon complet bleu, y a trente ans que je le porte

Et mes chansons ne font rire que moi

Je cours le cachet, je fais du porte-à-porte

Pour subsister, je fais n'importe quoi

Je n'ai connu que des succès faciles

Des trains de nuit et des filles à soldats

Les minables cachets, les valises à porter

Les petits meublés et les maigres repas

Je m'voyais déjà en photographie

Au bras d'une star l'hiver dans la neige, l'été au soleil

Je m'voyais déjà racontant ma vie

L'air désabusé à des débutants friands de conseils

J'ouvrais calmement les soirs de première

Mille télégrammes de ce Tout-Paris qui nous fait si peur

Et mourant de trac devant ce parterre

Entré sur la scène sous les ovations et les projecteurs

J'ai tout essayé pourtant pour sortir du nombre

J'ai chanté l'amour, j'ai fait du comique et de la fantaisie

Si tout a raté pour moi, si je suis dans l'ombre

Ce n'est pas ma faute mais celle du public qui n'a rien compris

On ne m'a jamais accordé ma chance

D'autres ont réussi avec peu de voix et beaucoup d'argent

Moi, j'étais trop pur ou trop en avance

Mais un jour viendra, je leur montrerai que j'ai du talent

Demain, on change de métier.

Je le connais, ce bruit de strapontin.

- Les gens s'en vont. - Va les saluer quand même.

- Ça sert à quoi ? - Vas-y, Charles.

Je m'voyais déjà en haut de l'affiche

SANTÉ !

- Santé à tous ! - Et à tous les patrons de radio

que j'ai croisés après le spectacle et qui veulent tous la jouer.

Tu vas entrer par la grande porte. On va t'entendre partout.

- Quel spectacle ! - Quelle belle idée, cette mise en scène.

- Merci, Charles. - C'est Charles Trenet.

- Je l'adore. - Regardez qui voilà.

Bouchard. Je déteste ce journaliste.

Il m'a mis à mort plusieurs fois.

Monsieur Aznavour,

rien à dire, vous m'avez épaté.

Merci beaucoup.

Désolé pour mon précédent article.

- Je n'ai pas été très tendre. - Ah bon ?

Je ne lis jamais la presse.

Ah.

Prenez une coupe de champagne.

C'est pour moi.

Ça me fait plaisir. Je vous souhaite une bonne soirée.

Merci beaucoup. À bientôt.

Très belle leçon de diplomatie.

- Chapeau. - Il est fort. Allez, prenez champagne

un peu, Charles Trenet.

J'ai toujours dit, la meilleure chanson, c'est "Y a de la joie".

Oui, mais ce soir,

mon fils est devenu un grand artiste. Hein, Charles ?

Tu te souviens ce que je dis ?

Regarde d'où on vient et où on est aujourd'hui !

- Le petit est là. - Bonsoir, messieurs-dames.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Bonsoir, Arlette.

Très heureux de te rencontrer, Patrick. Vraiment.

Le spectacle t'a plu ?

Oui, c'était bien.

Ta maman t'a expliqué ?

Oui. Je vais vivre avec vous de temps en temps.

Voilà.

Viens, je te présente ta famille.

Ton grand-père, Mischa.

Bonjour, mon fils.

Ta grand-mère, Knar.

Et ta grande sœur, Seda.

Je t'ai préparé ton lit.

Ça fait beaucoup de monde d'un coup, hein ?

- Tu vas aller à l'école arménienne ? - C'est bien ton fils, Charles.

C'est une école normale avec des cours d'arménien.

C'est difficile ?

Bah, qu'est-ce que tu fous ici ?

Tu gâches ta vie.

- Ça va, ça va. - "Ça va, ça va"... Ça va pas du tout.

T'as bonne mine derrière cette casserole.

Tu devrais être devant un piano de concert,

devant une salle bourrée à bloc.

- Tu fous quoi ici ? - On peut pas être à deux endroits.

- Laisse-moi rigoler ! - Coupez !

OK, coupé.

C'était très bien. On va la refaire encore une fois.

Charles, tu pourrais avoir un ton un peu plus blasé ?

M. Truffaud, on doit changer les bobines. Un quart d'heure.

15 minutes de pause.

- Monsieur Aznavour ? - Oui.

Je peux avoir un autographe ?

J'ai un stylo.

- C'est pour ? - Céline.

- Bonjour, Charles. - Toujours aussi matinal.

- J'ai de bonnes nouvelles... - Je vais traduire mes textes, enregistrer

- mes chansons en espagnol et en anglais. - D'accord. Là ?

On a pas le choix.

Rien ne vainc 17 heures de travail par jour.

C'est pas faux. Je vais te dire

les bonnes nouvelles.

On a franchi la barre des 300 000 albums pour "Je m'voyais déjà".

Deuxième bonne nouvelle :

après ton record de 90 concerts à l'Alhambra,

on va ouvrir deux semaines à l'Olympia.

J'ai de nouvelles chansons à vous faire écouter.

- T'en es content ? - Très.

Je crois que j'ai trouvé la formule.

- La formule Aznavour. - Ah.

- Je vous les joue ? - Euh... Bon alors, vite.

Juste une.

J'ai un rendez-vous qui m'attend.

Dans le petit bois de Trousse Chemise

Quand la mer est grise et qu'on l'est un peu

Dans le petit bois de Trousse Chemise

On fait des bêtises, souviens-toi nous deux

On était partis pour Trousse Chemise

Guettés par les vieilles derrière leurs volets

On était partis la fleur à l'oreille

Avec deux bouteilles de vrai muscadet

Viens voir les comédiens, voir les musiciens

Voir les magiciens qui arrivent

Les comédiens ont installé leurs tréteaux

Ils ont dressé leur estrade et tendu les calicots

Les comédiens ont parcouru les faubourgs

Ils ont donné la parade à grand renfort de tambour

Devant l'église, une roulotte peinte en vert

Avec les chaises d'un théâtre à ciel ouvert

Et derrière eux, comme un cortège en folie

Ils drainent tout le pays

Les comédiens

C'est magnifique.

Et votre rendez-vous ?

Ah, merde.

- Charles... - Oui ?

Tu devrais ouvrir le courrier, surtout celle-ci.

Ça va te plaire.

C'est tes droits d'auteur.

1 million ?

C'est des anciens francs ?

- Non, des nouveaux. - Il ferme la porte.

Messieurs les magiciens,

on va pouvoir se mettre en place.

Michel ?

"Parce que tu crois" (Charles Aznavour)

Parce que tu crois

Que tu es ma faiblesse

Tu me blesses

Me meurtris

Et te joues de moi

Comme de toute chose

Et disposes

De ma vie

Et jour et...

Stop ! Stop !

Les cordes.

C'est pas très juste.

On se concentre. Allez, on y retourne.

Depuis le départ.

Parce que tu crois

Que... On arrête.

C'est moi, pardon. Désolé.

On y retourne.

Les cuivres.

Est-ce que je peux les avoir plus piqués, dynamiques ?

Vous allez me la réussir au moins une fois ?

On reprend.

"What's the Difference" (Dr. Dre)

Johnny Hallyday, Charles Aznavour.

- Enchanté. - Bonjour.

- Merci de me recevoir chez vous. - Ça fait plaisir.

C'est beau, ici.

- Vous trouvez ? - Ouais.

- Vous venez d'où ? - J'ai grandi un peu à Paris,

un peu en Belgique, mais surtout dans la rue.

- Ça nous fait un point commun. - Ah bon ?

Je vous ai entendu chanter. Bravo.

- Bravo, vous avez un vrai talent. - Merci.

Peu de chanteurs de votre génération s'intéressent à moi, au rock

ou au yéyé, comme ils disent.

Ils ont peur qu'on leur prenne leur place.

Alors que si on est pas à l'écoute de ce qui arrive, on est mort.

Chantez sans vos effets rock'n'roll.

Prenez une voix douce, comme pour parler à une femme

D'accord. Ça me parle, ça.

Je commence.

"Retiens la nuit" (Johnny Hallyday)

Retiens la nuit

Pour nous deux, jusqu'à la fin du monde

Retiens la nuit

Pour nos cœurs dans sa course vagabonde

SERRE-MOI FORT

CONTRE TON CORPS

IL FAUT QU'À L'HEURE DES FOLIES

LE GRAND AMOUR

RAYE LE JOUR

ET NOUS FASSE OUBLIER LA VIE

RETIENS...

La nuit Brouhaha animé

"Reach Out I'll Be There" (Four Tops)

- Vous venez danser avec nous ? - Non, merci.

Bah alors,

Charles, tu fais la fine bouche ?

Elles te plaisent pas ?

Elles sont jolies, mais je sais pourquoi elles sont là.

Oh, t'es chiant. Mais t'as sauté la moitié de la Côte d'Azur.

La moitié ? Seulement ?

- Voilà mes amies suédoises. - Je vais te les présenter.

Les filles !

Venez, les filles !

"She" (Charles Aznavour)

Charles, voici Essie.

Et Ulla.

Ulla, c'est ça ?

- Ulla. - Ulla.

Bonsoir, Charles.

- Content de vous voir. - Merci beaucoup.

Skägget i brevladan.

- Vous parlez suédois ? - Non, pas du tout.

C'est la seule phrase. J'ignore ce que ça veut dire.

Ça veut dire...

"pris la barbe dans la boîte aux lettres."

Chez nous, "pris la main dans le sac".

Bonsoir. Félicitations, M. Aznavour.

Merci.

Merci à vous.

Vous connaissez tout le monde ?

Non, c'est plutôt eux qui me connaissent. C'est des fans.

- Des fans ? - Mmh.

Pourquoi des fans ?

Charles Aznavour, ça vous dit rien ?

Non, désolée.

Je ne connais pas très bien la culture française.

Soyez pas désolée.

Sachez que dans la culture française, quand on vous propose une coupe,

vous êtes obligée de l'accepter.

Vous faites quoi dans la vie ?

- Je suis mannequin. Je fais des photos. - Je l'aurais parié.

- Vous devez beaucoup voyager. - Oui.

Milano,

Paris, un peu aux "États-Unisse"...

Alors écoutez, Ulla,

le jour où je change aux "États-Unisse", je vous invite.

Je prends tout en charge : le vol, l'hébergement...

- Tout. - Merci, c'est gentil. Mais...

si ça arrive, je prendrai mon billet toute seule.

Très bien.

Du coup... Skägget i brevladan.

Pris la main dans le... sac, c'est ça ?

On va danser ?

D'accord.

- Venez prendre votre petit déjeuner. - Non, merci.

Pas pour l'instant.

Ça va, Patrick, à l'école ?

Avec Patrick, c'est difficile de savoir. Il parle pas.

- Demain, on déjeune avec Frédéric Dard. - Tu viens ?

- Je peux pas. - J'enregistre six chansons en espagnol.

J'espère que t'auras le temps de manger.

Un sandwich.

Mmh.

Avant, c'était par manque d'argent, maintenant, de temps.

Oh là là.

Qui me parle ? Charles ou Aznavour ?

Tu me diras

quand mon frère est disponible.

T'es drôle, ma sœur.

Ah !

- Bien dormi, mon amour ? - Très bien.

- Je t'ai pas entendu descendre. - Salut, Ulla.

Bonjour.

C'est joli, ça. C'est quoi ?

- On travaille avec Jacques Plante. - J'ai enfin trouvé la mélodie.

- Tu peux la jouer ? - Si tu veux.

"La Bohème" (Charles Aznavour)

Je vous parle d'un temps

Que les moins de vingt ans

Ne peuvent pas connaître

Montmartre en ce temps-là

Accrochait ses lilas

Jusque sous nos fenêtres

Et si l'humble garni

Qui nous servait de nid

Ne payait pas de mine

C'est là qu'on s'est connu

Moi qui criais famine

Et toi qui posais nue

La bohème

La bohème

Ça voulait dire

On est heureux

La bohème

La bohème

Nous ne mangions qu'un jour sur deux

Dans les cafés voisins

Nous étions quelques-uns

Qui attendions la gloire

Et bien que miséreux

Avec le ventre creux

Nous ne cessions d'y croire

Et quand quelques bistrots

Contre un bon repas chaud

Nous prenaient une toile

Nous récitions des vers

Groupés autour du poêle

En oubliant l'hiver

La bohème

La bohème

J'ai bien fait de te laisser ta chance dans cette boîte.

T'étais tellement sûr de toi.

Tellement prétentieux.

Tellement français.

- C'est moi qui t'ai laissé ta chance. - Tu vois, c'est exactement ça.

Il chante "La Bohème" en anglais.

Mes parents se sont installés là après leur mariage.

- Et alors, Charles ? - Mmh ?

Quand me demandes-tu en mariage ?

Oh moi, le mariage, les enfants, j'ai assez donné.

Je crois que c'est plus pour moi.

La bohème

La bohème

Il chante "La Bohème" en espagnol.

Je fais qu'essayer de te comprendre.

On va pas remettre ça sur la table, merde !

D'accord.

Moi, je rentre en Suède.

Et si un jour, tu veux me revoir,

c'est pour le mariage.

Attention.

T'es sûre de ce que t'es en train de faire ?

Elle claque la porte. La bohème

La Bohème

Il chante "La Bohème" en anglais.

La bohème

La bohème

Ça ne veut plus rien dire du tout

Charles Aznavour, le célèbre chanteur français,

s'est produit pour la première fois au Carnegie Hall ce soir.

Des journalistes français étaient présents

pour témoigner de ses débuts tant attendus à New York.

C'est ma première fois aux États-Unis

et je sais que le public était rempli de Français,

mais je reviendrai chanter plus en anglais,

car je rêve d'une grande tournée aux États-Unis.

Il y a quelqu'un d'autre pour vous.

- Vous voyez que je suis occupé. - Il insiste.

Excusez-moi.

Comment il s'appelle ?

Il s'appelle Pierre Roche.

Oh, Pierre.

- Tu m'as rien dit. - T'aimes pas les surprises ?

Entre.

Pierre Roche.

- Mon meilleur ami. - Enchanté.

On doit y aller. Merci encore.

De rien.

Au revoir.

Hé, Frank ?

Je chanterai ici jusqu'à ce que j'aie le même salaire que vous.

- Petit rire - Bonne chance.

Tu as dit à Frank Sinatra que t'allais avoir le même salaire ?

- Mmh. - Tu m'avais manqué, Charles.

Et puis regarde-toi !

Je peux plus te charrier sur ton nez.

En revanche, moi...

- Oui, je sais. - Vraiment, là...

Et toi ?

T'en es où ?

Je joue du piano dans un hôtel.

Les clients m'écoutent pas. J'ai pas trop de pression.

Je suis heureux. Grâce à mon fils, je me suis remis à composer.

- Comment ça ? - Quoi qu'il arrive, tous les matins,

je suis avec lui au petit déjeuner.

Je lui demande de me raconter ses rêves

- et puis, ça m'inspire des mélodies. - Ah oui ?

Et toi ?

- Moi ? - T'es heureux ?

Oui.

- T'es bien, là. - T'as tout ce que tu veux.

Oui.

Mouais.

Toujours pas satisfait, hein ?

Et les femmes ?

J'ai failli vivre le grand amour.

- C'est-à-dire ? - Elle voulait se marier, moi pas.

- Elle est partie. - Mince.

Ulla.

Elle est suédoise, belle, raffinée.

Et puis c'est mon miroir inversé.

Quand elle est la glace, je suis le feu.

T'as vu, t'en parles encore au présent.

T'attends quoi ?

"Formidable" (Charles Aznavour)

You are the one for me, for me, for me

Formidable

You are my love very, very, very

Véritable

Et je voudrais pouvoir un jour enfin te le dire

Te l'écrire

Dans la langue de Shakespeare

My daisy, daisy, daisy

Désirable

Je suis malheureux d'avoir si peu de mots

À t'offrir en cadeaux

Darling I love you, love you,

Darling, I want you

Et puis c'est à peu près tout

You are the one for me, for me

For me, formidable

Papa,

tu vas prendre le petit déjeuner avec nous ?

Oui, oui. Oh, ça sent bon ici.

Je te mets de la confiture ?

Non, j'aime pas la confiture.

Ah.

Dis-moi, Katia, qu'est-ce que t'as rêvé de beau ?

- J'ai rêvé de Mischa. - Dans le jardin, y avait un chien

qui voulait nous attraper.

Et Mischa, il pleurait.

- Babillage - Dada.

Petit rire

C'est très bien, ça.

- Tu seras bien là, ce week-end ? - Le matin.

Et ce soir ?

Ce soir, je suis pas là. Je travaille.

"Le Temps" (Charles Aznavour)

Laisse-moi guider tes pas dans l'existence

Laisse-moi la chance de me faire aimer

Viens comme une enfant au creux de mon épaule

Laisse-moi le rôle de te faire oublier

Le temps qui va

Le temps qui sommeille

Le temps sans joies

Le temps des merveilles

Le temps d'un jour

Temps d'une seconde

Le temps qui court

Ou celui qui gronde

Le temps, le temps

Le temps et rien d'autre

Le tien, le mien Celui qu'on veut nôtre

Le temps, le temps

Le temps et rien d'autre

Le tien, le mien

Celui qu'on veut nôtre

Le temps passé

Celui qui va naître

Le temps d'aimer

Et de disparaître

Le temps des pleurs

Le temps de la chance

On frappe et on entre.

Oh, Patrick.

Salut, papa.

- Viens, approche, mon grand. - Jean-Louis m'a dit que t'étais là.

Fallait me prévenir.

Ça fait des semaines qu'on t'a pas vu.

Je sais.

Qu'est-ce qui se passe ?

Rien. Rien, rien.

Et bravo pour ce soir. C'était très bien.

Ah non. C'était pas du bien du tout.

Parlons d'autre chose.

- Trois semaines d'absence. - Oui, désolé.

- Raconte-moi. - J'avais pas envie de sortir.

J'étais pas très en forme.

Mais ça va mieux.

(Ça va mieux.)

Et ce nouvel appartement, il est bien ?

Tu te sens pas trop seul ?

Non, pas du tout.

Et l'appartement est parfait.

Merci, c'est un beau cadeau.

- Me remercie pas. - C'est tout à fait normal.

T'es mon fils.

Si t'as besoin de quoi que ce soit d'autre...

Non.

Le piano ?

- Tu l'as reçu ? - Oui. Oui.

Il est beau, hein ?

- Le gars du Parisien voudrait te voir. - J'arrive.

Surtout, t'hésites pas.

Je veux que tu manques de rien.

J'ai tout ce qu'il faut.

Charles ferme la porte.

"Sous le ciel de Paris" (Édith Piaf)

Sous le ciel de Paris S'envole une chanson

Mmh, mmh

Elle est née d'aujourd'hui

Dans le cœur d'un garçon

Une dernière.

Messieurs-dames, désolé, on doit y aller.

Bravo, Charles ! C'était magnifique.

C'était très bien, ce soir.

Non. Je sais quand j'ai été bon et quand je ne l'ai pas été.

Allons boire un verre.

Un philosophe assis

Deux musiciens

Quelques badauds

Puis les gens par milliers

Emmenez-moi là où vous seriez allé.

Je vais surtout dans des endroits, des bars...

Bars d'homo ?

- C'est pas un gros mot. - Bars d'homo.

Merci.

- Où est Patrick ? - Il est déjà parti.

Déjà ? Il a même pas dit au revoir.

Merci beaucoup.

Il endort dans la nuit

Les clochards et les gueux

Sous le ciel de Paris

Les oiseaux du Bon Dieu

Mmh, mmh

Viennent du monde entier

Pour bavarder entre eux

- Bravo, Jacky. C'était très émouvant. - Merci.

C'est une interprétation très personnelle.

- Ça m'a plu. - Ça me touche.

J'ai déjà chanté dans des clubs où je me faisais insulter.

J'ai tout entendu, vous savez.

Folle, tarlouze,

sale pédé, évidemment.

- Les insultes, je connais bien aussi. - Ah bon ?

On vous disait quoi ?

Oh, si vous saviez...

Rom,

nabot,

métèque,

sale Juif...

- Mais vous n'êtes pas juif, non ? - Non.

Au moins, vous, vous êtes homo.

- Oui, oui. - Ils rient.

Qui va chanter ça ?

Moi.

- Vous dites "je" dans la chanson. - Oui.

- Petit rire - Et alors ?

Vous allez expliquer aux gens ?

Faire une annonce ? Ils vont rien comprendre.

Bien sûr que non, on va pas faire une annonce avant.

Faut pas croire que le public est stupide.

Je vais la chanter telle quelle.

Je vais me tenir comme vous.

"Comme ils disent" (Charles Aznavour)

J'habite seul avec maman

Dans un très vieil appartement

Rue Sarasate

J'ai pour me tenir compagnie

Une tortue, deux canaris

Et une chatte

Pour laisser maman reposer

Très souvent, je fais le marché

Et la cuisine

Je range, je lave, j'essuie

À l'occasion, je pique aussi

À la machine

Le travail ne me fait pas peur

Je suis un peu décorateur

Un peu styliste

Mais mon vrai métier

C'est la nuit

Que je l'exerce travesti

Je suis artiste

J'ai un numéro très spécial

Qui finit en nu intégral

Après strip-tease

Et dans la salle je vois que

Les mâles n'en croient pas leurs yeux

Je suis un homo

Comme ils disent

Alors, on se pointe sans prévenir ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Charles...

C'est les parents ?

Aïda ?

Aïda ?

Parle.

C'est Patrick.

Et quoi ?

On l'a retrouvé comme ça chez lui.

Il est mort, Charles. Je suis désolée.

Je vais y aller.

Tu viens pas avec nous chez les parents ?

Je dois aller à l'Olympia. Je joue.

Même ce soir ?

- Ça va, mon frère ? - Oui.

- T'es sûr ? - Mmh.

Ça va, oui. Je...

J'étais en train d'écrire une chanson.

Tu peux me le dire, si ça va pas.

Ça va très bien. Enfin, tu sais, je...

J'étais concentré sur un texte.

Pourquoi tu t'enfermes toute la journée pour écrire ?

Y a pas d'urgence à sortir un nouvel album.

T'as pas besoin de nouvelle entrée d'argent.

Faut bien maintenir le train de vie de tous.

Charles...

t'es au sommet.

Tu peux prendre le temps.

Après ce qui s'est passé...

Elle soupire. Tu peux peut-être un peu calmer le jeu,

profiter des enfants.

Charles, tu viens de perdre ton fils.

Parle-moi.

Tu peux me dire que t'as de la peine.

D'abord, je crois pas être au sommet.

Et j'ai bien réfléchi.

Je vais demander à Jean-Louis de louer

la plus belle salle

dans chaque capitale de chaque grand pays.

J'ai besoin de voyager.

J'ai besoin de voir les gens.

"Emmenez-moi" (Charles Aznavour)

D'accord.

C'est une très bonne idée.

Au cas où vous ne sauriez pas mon nom,

je l'ai fait écrire ici.

Vers les docks où le poids et l'ennui

Me courbent le dos

Ils arrivent le ventre alourdi

De fruits les bateaux

Ils viennent du bout du monde

Apportant avec eux Des idées vagabondes

Aux reflets de ciels bleus

De mirages

Traînant un parfum poivré De pays inconnus

Et d'éternels étés Où l'on vit presque nus

Sur les plages

Moi qui n'ai connu toute ma vie

Que le ciel du nord

J'aimerais débarbouiller ce gris

En virant de bord

Emmenez-moi au bout de la terre

Emmenez-moi au pays des merveilles

Il me semble que la misère

Serait moins pénible au soleil

Dans les bars à la tombée du jour

Avec les marins

Quand on parle de filles et d'amour

Un verre à la main

Je perds la notion des choses Et soudain ma pensée

M'enlève et me dépose Un merveilleux été

Sur la grève

Où je vois tendant les bras L'amour qui comme un fou

Court au-devant de moi Et je me pends au cou

De mon rêve

Quand les bars ferment, que les marins

Rejoignent leur bord

Moi je rêve encore jusqu'au matin

Debout sur le port

Vous adorez être en tournée,

- alors ? - J'adore. C'est toute ma vie.

Je chante partout dans le monde...

mais c'est un challenge permanent.

C'est magique, le show business. On ne sait jamais

pourquoi ça fonctionne ou pas.

Et je veux voir si la magie opérera encore une fois.

- Merci d'avoir été avec nous ce soir. - Avec plaisir.

Mesdames et messieurs,

un tonnerre d'applaudissements pour M. Charles Aznavour.

Bravo, t'as été parfait.

Merci.

- Je m'en vais, je suis épuisé. - Le chauffeur t'attend.

J'ai eu la production américaine, et c'est bon.

Tu auras le même cachet que Sinatra.

Non ?

Oh bah dis...

Bravo, Charles.

Excusez-moi ?

Vous pouvez vous arrêter ici ?

J'ai...

- J'ai besoin de marcher. - Oui, bien sûr.

Je suis reçu comme un roi ici par le public, les médias...

C'est génial.

Pourquoi tu me dis ça sur ce ton-là ?

Je sais pas bien. Je...

Je me sens...

bizarre.

Je sais pas si j'ai envie de rire ou de pleurer.

Je repense aux parents,

à Patrick.

Pierre, Édith...

Tu te souviens de la phrase de papa ?

Nahé ourh éïnk ourh eguank.

"Regarde d'où on est venus et regarde où nous sommes."

Bah regarde où t'es.

T'as atteint tous tes objectifs, ça y est.

C'est peut-être ça, le problème.

J'ai tellement travaillé pour en arriver là.

Et maintenant, je sais pas ce que je vais faire.

J'ai pas l'habitude de ça, moi.

Aïda soupire.

Hé, mais Charles, c'est...

C'est là où je te dis qu'il faut que tu ralentisses,

que tu prennes du temps pour toi, mais...

on sait ce que tu vas me répondre.

J'aimerais bien, moi.

Mais si j'arrête, je meurs.

Charles ?

Charles, t'es là ?

Bon, ça va aller.

Je te rappellerai.

- Mmh ? - D'accord.

Ça va aller.

"Hier encore" (Charles Aznavour)

Hier encore, j'avais vingt ans

Je caressais le temps

Et jouais de la vie

Comme on joue de l'amour

Et je vivais la nuit

Sans compter sur mes jours

Qui fuyaient dans le temps

J'ai fait tant de projets qui sont restés en l'air

J'ai fondé tant d'espoirs qui se sont envolés

Que je reste perdu ne sachant où aller

Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre

Hier encore, j'avais vingt ans

Je gaspillais le temps

En croyant l'arrêter

Et pour le retenir, même le devancer

Je n'ai fait que courir

Et me suis essoufflé

Ignorant le passé, conjuguant au futur

Je précédais de moi toute conversation

Et donnais mon avis que je voulais le bon

Pour critiquer le monde avec désinvolture

Hier encore...

Une légende de la chanson française vient de s'éteindre.

Charles Aznavour est mort à l'âge de 94 ans.

Jusqu'au bout, il a écrit et chanté sur scène

en France et dans le monde entier.

Avec 180 millions de disques vendus, il laisse

derrière lui un œuvre considérable.

Lui, le fils de réfugiés

est devenu le symbole de la culture française

et même l'image de la France dans le monde.

Et j'ai gâché ma vie et mes jeunes années

Du meilleur et du pire

En jetant le meilleur

J'ai figé mes sourires

Et j'ai glacé mes pleurs

Où sont-ils à présent

À présent

Mes vingt ans ?

"Mes emmerdes" (Charles Aznavour)

J'ai travaillé des années

Sans répit

Jour et nuit

Pour réussir

Oui, pour gravir

Oh oui, le sommet

En oubliant

Souvent dans

Ma course contre le temps

Mes amis

Mes amours

Mes emmerdes

À corps perdu j'ai couru

Assoiffé

Obstiné

Vers l'horizon

L'illusion

Vers l'abstrait

En sacrifiant

C'est navrant

Je m'en accuse à présent

Mes amis

Mes amours

Mes emmerdes

"La Mamma" (Charles Aznavour)

Ils sont venus Ils sont tous là

Dès qu'ils ont entendu ce cri

Elle va mourir, la mamma

Ils sont venus Ils sont tous là

Même ceux du sud de l'Italie

Y a même Giorgio, le fils maudit

Avec des présents plein les bras

Tous les enfants jouent en silence

Autour du lit ou sur le carreau

Mais leurs jeux n'ont pas d'importance

C'est un peu leurs derniers cadeaux

À la mamma

Y a tant d'amour, de souvenirs

Autour de toi, la mamma

Y a tant de larmes et de sourires

À travers toi, la mamma

Que jamais

Jamais

Jamais

Tu ne nous quitteras

"Non, je n'ai rien oublié" (Charles Aznavour)

Je n'aurais jamais cru

Qu'on se rencontrerait

Le hasard est curieux

Il provoque les choses

Et le destin pressé

Un instant prend la pose

Non, je n'ai rien oublié

Je souris malgré moi

Rien qu'à te regarder

Si les mois, les années

Marquent souvent les êtres

Toi, tu n'as pas changé

La coiffure peut-être

Non, je n'ai rien oublié

Rien oublié

"Les Plaisirs démodés" (Charles Aznavour)

Dans le bruit familier de la boîte à la mode

Aux lueurs psychédéliques, au curieux décorum

Nous découvrons assis sur des chaises incommodes

Les derniers disques pop poussés au maximum

C'est là qu'on s'est connu parmi ceux de notre âge

Toi, vêtue en Indienne et moi, en col Mao

Nous revenons depuis comme en pèlerinage

Danser dans la fumée à couper au couteau

Viens, découvrons, toi et moi

Les plaisirs démodés

Ton cœur contre mon cœur

Malgré les rythmes fous

Je veux sentir mon corps par ton corps épousé

Dansons joue contre joue

Dansons joue contre joue

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.