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1 L'HISTOIRE SUIVANTE EST FICTIVE ET NE DÉPEINT PAS

UNE PERSONNE, ENTITÉ OU ÉVÉNEMENT RÉEL.

Dans le système judiciaire,

les délits à caractère sexuel sont particulièrement odieux.

À New York,

les inspecteurs spécialisés enquêtant sur ces crimes vicieux

sont membres d'une unité d'élite appelée Unité Spéciale pour les Victimes.

Voici leurs histoires.

Arrête !

Pas ça !

- C'est quoi ce bruit ? - On s'en fout. Monte le son.

- Je t'avais prévenu pour ce lieu. - Non !

Je ne peux pas faire ça.

Je dois être à Buffalo au plus tard demain soir.

- Arrête ! Pas ça ! - Allez chérie, viens.

- Voilà. - Dépêche-toi.

Non !

Hé ! J'ai payé !

Que se passe-t-il ? Hé !

- Ça va ma belle ? - Aidez-moi.

- Et mes 50 dollars ? - Allez au diable !

Une fille a été agressée.

Battue, volée, laissée à moitié nue au sol.

Le SAMU l'a emmenée à Saint Vincent. Elliot est en route.

La prostituée est la seule à avoir entendu.

Il la frappait, et elle hurlait, "Arrête, pas ça."

Je suis entrée, il est sorti en courant devant moi, avec son portefeuille.

- Vous avez vu son visage ? - À peine. Mais il était blanc.

Merci.

- Il l'a frappée avec la lampe. - L'agresseur était glacial.

Il a d'abord enlevé l'ampoule et l'abat-jour.

- Un document d'identité ? - Non, dans son portefeuille.

Le gérant a dit qu'elle s'appelait Jane Smith.

- Vous avez vérifié son identité ? - Pourquoi ? Elle a payé en liquide.

Elle était accompagnée ?

- Elle est arrivée il y a 15 jours. - Elle a eu des visites ?

- Ça ne me regarde pas. - Vous êtes gérant d'un bordel.

Vous voulez qu'on vous embarque ?

Je sais juste qu'elle a passé une série d'appels depuis le téléphone du hall.

Elle arrêtait pas de me demander de la monnaie.

C'est Elliot.

Dès que l'infirmière a eu le dos tourné, la fille

a pris des vêtements sur l'autre lit…

un pantalon gris, un pull marron.

Elle a marché dans le couloir…

Pausez là. Zoomez.

Puis elle s'est glissée par une entrée latérale.

Elle est partie.

POLICE DE NEW YORK

LE VIOLEUR DE L'EST CAPTURÉ

NEW YORK, UNITÉ SPÉCIALE

Elle a dit aux urgences qu'elle s'appelait Jane Smith, comme à l'hôtel.

- Elle est partie d'elle-même ? - Oui, mais le médecin a dit

qu'elle a pris de sacrés coups aux cuisses et au torse.

Il y avait des saignements vaginaux, possiblement des lésions internes.

- Ils ont fait un examen de viol ? - Juste une prise de sang.

Elle est partie avant qu'ils n'aient pu terminer.

On dirait qu'elle faisait un tour de passe-passe,

John a volé son portefeuille. C'est peut-être un toxico.

Ou un maquereau qui l'a malmenée pour l'avoir roulé.

Elle ne travaillait pas là depuis longtemps.

L'équipe de recherche a trouvé un billet de bus aller simple dans une poubelle.

- D'il y a 15 jours, de Palassi, Virginie. - Une fugue.

Elle arrive à New York, dépense tout son argent, entre dans le jeu.

J'ai faxé sa photo des urgences au shérif de Palassi.

C'est une petite ville, il la connait. Elle s'appelle Lauren Westley, 16 ans.

Son père a déposé un avis de disparition il y a deux jours.

Deux semaines après sa fugue ? Il attendait quoi ?

Je l'ignore. J'ai laissé un message pour qu'il rappelle.

J'ai vérifié le téléphone du motel miteux. Rien de très intéressant

les deux derniers jours, sauf huit appels

à la Clinique de Santé Sexuelle des Femmes de Manhattan.

Ça nous aide pas beaucoup.

Une vingtaine de prostituées travaillent là-bas.

C'est la meilleure piste.

Allons voir ça dès demain matin.

CLINIQUE DE SANTÉ SEXUELLE DES FEMMES DE MANHATTAN MARDI 16 AOÛT

Nous recherchons cette fille. Elle s'appelle Lauren Westley.

Judy, laissez-nous un moment.

Je l'ai vue.

Elle a dit qu'elle s'appelait Jane Smith.

- Il lui est arrivé quelque chose ? - Elle a été agressée.

Possiblement une agression sexuelle.

Pourquoi est-elle venue ici ?

Je ne peux pas vous le dire. Secret médical.

Vous soignez les MST.

- C'était ça ? - Désolé, je ne peux pas le dire.

Lauren a disparu et elle a besoin de soins médicaux.

J'aimerais vous aider, mais Lauren n'a pas voulu laisser son numéro.

Dr Lett, les urgences ont fait une prise de sang. On peut faire des analyses.

Faites ce que vous avez à faire.

Je vous promets de lui demander de vous appeler si elle me contacte.

Vous avez une carte ?

Rien de la part des patrouilles. Fin recherche avec la Brigade des Mœurs.

- Vous pensez que Lauren se prostituait ? - C'est logique.

- Et maintenant avec la clinique… - Oui.

John voit de la viande fraîche, il veut monter à cru.

Ensuite, elle a la gonorrhée ou la chlamydiose.

Ou pire, la syphilis ou le VIH.

Des nouvelles du père de Lauren ?

L'agent dit qu'il a appelé à 2 h du matin après avoir eu notre message.

Il est là depuis 5h30.

C'est Lauren, au milieu. La blonde. C'est la chorale du lycée.

J'ai pensé que cette vidéo pourrait être utile, pour les médias.

Elle le sera.

M. Westley, pourquoi avoir attendu 15 jours pour signaler sa disparition ?

Elle m'a dit qu'elle allait chez la famille d'une amie

et visiter des universités.

Je l'ai mise dans le bus. Lui ai donné un peu d'argent.

- Vous ne l'avez pas appelée ? - Elle m'a appelé.

M'a dit qu'elle s'amusait bien.

Et il y a trois jours, elle a arrêté d'appeler.

J'ai vérifié auprès de ses amis.

Personne n'avait de nouvelles.

Donc je suis venu la chercher ici.

Est-elle possiblement venue avec son copain ?

Lauren n'a pas de copain.

- Vous semblez en être sûr. - Oui.

Elle a fait la Promesse en Or.

Qu'est-ce que c'est ?

Les jeunes s'engagent à s'abstenir d'activité sexuelle

jusqu'à leur mariage.

Vous savez, il arrive que les jeunes fuguent

parce qu'il y a…

des problèmes à la maison.

la mère de Lauren est morte il y a dix ans,

mais ça nous a rapprochés.

Bien, nous allons parler à ses amis pour voir s'ils savent quelque chose.

Faites tout ce qu'il faut.

Retrouvez-la, je vous en prie.

On a reçu les résultats des analyses de sang.

Pas de signe d'infection mais son HCG est positif.

Elle est enceinte.

Ils ont testé son niveau hormonal, elle a entamé le deuxième trimestre.

Elle a dû aller dans cette clinique pour avorter.

Voilà pourquoi le médecin ne veut pas nous parler.

La Clinique de Santé Sexuelle des Femmes de Manhattan

est sur la liste des services d'avortement.

- Tant pis pour la Promesse en Or. - Comme si ça allait marcher un jour.

Un coup d'œil à la vidéo de Britney Spears et la Promesse en Or

est valdinguée par la fenêtre. L'abstinence, c'est du pipeau.

J'ai lu que les lycéens avaient moins de relations sexuelles.

Tu n'as pas lu l'histoire du lycée

dans l'Ohio où un cinquième des élèves sont tombées enceintes.

Devinez ce qu'on leur a appris en éducation sexuelle ?

Vous pourrez mener des guerres culturelles sur votre temps libre.

Pourquoi venir jusqu'à New York pour avorter ?

Parce que les lois de la Virginie exigent un accord parental

pour un avortement.

Si c'est la fille à papa,

elle ne le lui dirait pour rien au monde.

Vous savez qui d'autre était en ville hier soir ?

Enceinte.

De combien ?

Quatre ou cinq mois.

Elle a sans doute été violée.

Un fils de pute l'a violée.

- C'est possible; - Sans doute le type qui l'a battue.

Vous devez attraper ce salaud.

Vous étiez en ville hier soir. Où étiez-vous vers 20h30 ?

À 20h30, je…

Vous croyez que je ferais du mal à ma fille ?

- Vous l'avez fait ? - Non.

Donc, où étiez-vous hier soir à 20h30 ?

Je mangeais un bout.

J'ai le ticket de carte bleue.

Ma fille a été violée.

Et vous m'accusez de l'avoir agressée ?

Olivia, Fin a besoin de toi.

PARKING DU MÉTRO B&M MARDI 16 AOÛT

La brigade des Mœurs a trouvé Lauren cachée dans une voiture.

- Dans un sale état. - Comment ont-ils su où chercher ?

Les filles vont se réfugier là quand elles fuguent.

Elles cassent une vitre, au moins elles ont où dormir.

Il y a du sang sur le siège.

L'agresseur a dû la retrouver.

Ramenez son père à l'hôpital.

- Comment va-t-elle ? - Elle a perdu beaucoup de sang.

Je monte avec elle.

- Gardez tous ses vêtements. - On connaît le topo.

Lauren, tout va bien. Tu es à l'hôpital.

Je suis de la police. Peux-tu me dire qui t'a fait ça ?

- Plus tard ! - Une fille de 15 ans,

possible hémorragie interne.

- Un litre de sérum physiologique. - Fréquence cardiaque de 125.

- Comment va-t-elle ? - On ne sait pas encore.

- Qu'ont-ils trouvé dans la voiture ? - À manger.

Du pain, de la dinde et des tomates.

On ne dirait pas un repas de prostituée.

On a même trouvé une assiette, des couverts en plastique, et une rose.

- Où a-t-elle acheté tout ça ? - On fait le tour des magasins locaux.

Je suis son père.

Comment va-t-elle ?

Elle fait une grosse hémorragie interne.

Les coups lui ont lacéré le foie, formant un caillot de sang. Il a éclaté.

Si les inspecteurs ne l'avaient pas trouvée à temps, elle serait morte.

Nous allons l'envoyer au bloc.

Mais l'anesthésie augmentera le risque pour le fœtus.

- Le bébé est encore en vie ? - Son cœur bat.

Mais la chute de tension artérielle de la mère entraîne une détresse fœtale.

Si on commence à perdre le bébé,

nous autorisez-vous à faire une césarienne d'urgence ?

Le bébé survivra ?

À 24 semaines, il y a 40 à 50 % de chances.

Sauvez ma fille.

Elle perd pied. On l'embarque.

Je me demande, si Lauren est là depuis 15 jours

- pourquoi n'a-t-elle pas avorté ? - Peut-être qu'elle a décidé de le garder.

- Ce qui a énervé le père du bébé. - Lauren s'en est sortie.

Mais pas le bébé. Il est mort-né. C'était une fille.

Allez voir à la clinique si Lauren y est allée seule.

Nous devons parler au Dr Lett.

- Il est avec une patiente. À quel sujet ? - Lauren Westley.

On ne peut pas parler de nos patientes.

- Elle a perdu son bébé. - Il a été battu à mort.

- Lauren a failli être tuée au passage. - C'est horrible.

- Dies-nous si elle est venue ici seule. - Oui.

Entrez.

Comme beaucoup de jeunes femmes dans sa situation, Lauren avait des doutes.

Était-elle sous pression pour avorter ?

- Je crois que oui. - Par le père du bébé ?

- A-t-elle parlé de lui ? - Juste qu'il ne voulait pas du bébé.

Il s'est avéré qu'il n'avait pas le choix.

En l'examinant, j'ai compris que légalement,

je ne pouvais pas procéder à l'avortement. Elle était à plus de 24 semaines.

- Vous en êtes sûr ? - J'ai fait une échographie

et elle m'a dit la date de conception.

- Comment a réagi Lauren ? - Stabler.

Elle était bouleversée, bien sûr. je l'ai encouragée à parler à ses parents.

Quand l'avez-vous vue ?

- Merci. - Lundi après-midi.

Le jour de son agression.

C'est Munch. Il a quelque chose.

On a la vidéo de sécurité du magasin

à côté du parking où Lauren a été retrouvée.

On voit un gamin blanc, de 16 ou 17 ans, acheter à manger et à boire.

Les mêmes choses qui ont été retrouvées dans la voiture avec Lauren.

- Et la partie romantique… - Il lui a acheté la rose.

Attitude classique d'agresseur. Il la bat presque à mort,

puis lui achète des fleurs pour s'excuser.

Je vais faxer sa belle gueule au shérif de Palassi.

Je veux d'abord vérifier quelque chose.

- C'est le même. - Deux Promesses en Or rompues.

Lauren devra nous parler.

Pendant que vous y êtes, demandez des nouvelles de sa sœur.

Le shérif dit qu'elle en avait une.

- Avait ? Elle est morte ? - C'est tout comme.

Elle est tombée enceinte. Son père l'a mise à la porte.

- Comme ça ? - Oui, il lui a donné de l'argent,

lui disant qu'il ne voulait plus jamais la revoir.

Qui est-ce, Lauren ?

Il s'appelle Wayne Mortens. Il a fait ça ?

Il t'a violée ?

- Je ne veux pas en parler. - Lauren.

- Tu as failli mourir. - Dis-leur, ma chérie.

Dis-leur ce qu'il t'a fait.

- M. Westley, je vous en prie. - Allons dehors.

- Je reste ici. - Non, allons parler dehors.

Allez.

Lauren connaît-elle bien Wayne ?

Il a un an de plus qu'elle. Il l'emmène parfois au lycée.

A-t-il eu des ennuis ?

Son père est militaire, sa mère, infirmière.

Il est souvent seul.

Qu'est-ce que ça change ? Il a violé ma fille.

Vous devriez être en train de le chercher.

On ne sait pas s'il l'a violée.

- Il l'a mise enceinte. - M. Westley,

il va vous falloir considérer la possibilité

que Lauren ait eu un rapport sexuel consenti.

Lauren ne ferait jamais ça. Elle ne me trahirait jamais.

Et si elle avait trop peur pour vous le dire ?

Pourquoi aurait-elle peur de moi ?

Après ce que vous avez fait à sa sœur ?

Ça ne vous regarde pas.

Faites plutôt votre putain de travail et attrapez ce salaud !

On doit d'abord le retrouver.

Avez-vous le numéro de ses parents ?

J'ai le numéro de portable de Wayne.

Quand je suis coincé au travail, je l'appelle et il ramène Lauren.

Voilà.

- Que faites-vous ? - Je l'appelle.

Vous êtes dingue ? Vous allez lui faire peur !

C'est Wayne ?

Ici Elliot Stabler, de l'hôpital St. Vincent.

Lauren m'a demandé de vous appeler.

Elle va bien.

Elle est dans la chambre 210.

Wayne est le père du bébé ?

Oui.

Est-ce qu'il t'a violée ?

- Je ne veux pas en parler. - Lauren…

en parler va t'aider.

Wayne t'a-t-il forcée à un rapport sexuel avec lui ?

On ne voulait pas que ça arrive.

L'infirmière a dit que j'avais eu une petite fille.

Je veux la voir.

Je suis désolée.

S'il vous plaît.

Le médecin légiste l'a emmenée pour comprendre ce qui s'est passé.

Lauren.

Voulais-tu garder ce bébé ?

Le médecin a dit que je n'avais pas le choix.

Que la grossesse était trop avancée.

Wayne ne voulait pas entendre ça, alors il s'est fâché.

Oui.

Et il t'a battue ?

- Bonjour, je cherche la chambre 210. - Wayne Mortens ?

- Hé. - Hé, pas si vite !

Hé, attention !

Police ! Arrêtez-le !

Wayne Mortens, vous êtes en état d'arrestation.

Vous avez le droit de garder le silence. Si vous renoncez à ce droit,

tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous au tribunal.

Ça ne se présente pas très bien pour vous, Wayne.

Pourquoi aviez-vous le portefeuille de Lauren dans votre poche

quand on vous a arrêté ?

Parce que vous le lui avez volé après l'avoir battue si fort

que vous avez tué son bébé.

Pourquoi vouliez-vous vous débarrasser du bébé ?

L'avez-vous fait venir à New York pour avorter ?

Vous n'êtes pas obligé de répondre à ça.

Le médecin vous dit qu'il est trop tard pour avorter.

Vous comprenez que vous allez être papa,

- Vous prenez cette lampe, et la frappez… - C'est bon !

- Taisez-vous, Wayne. - Ce n'était pas la faute de Lauren.

- Wayne… - C'est vrai, je l'ai frappée.

J'aimerais parler à l'assistant du procureur.

C'est un bon garçon qui s'est retrouvé dans une situation terrible et a paniqué.

Il était assez calme pour enlever l'ampoule et l'abat-jour de la lampe

avant de s'en servir pour tabasser sa copine.

Détresse émotionnelle extrême.

Délit d'agression. Cinq ans de probation.

Il a tué un bébé, M. Delroy. C'est un meurtre.

Le fœtus est mort-né.

Ce n'est même pas une personne dans la loi de New York,

donc vous ne pouvez pas l'accuser de meurtre.

Au minimum, votre client a commis une agression au premier degré contre Lauren

et un acte d'avortement injustifié sur le fœtus.

Je porte l'affaire en justice.

Et si l'autopsie prouve

que ce bébé a respiré une seule fois hors de l'utérus

j'accuserai Wayne de meurtre.

Le fœtus avait une fracture du crâne et de multiples contusions

correspondant à un tabassage.

- Plus de 20 coups. - 20 coups et juste un crâne fracturé ?

Les os du bébé sont encore en formation, et sont donc difficiles à briser.

- Quelle était la cause du décès ? - Techniquement, de l'hypertension.

L'hémorragie interne de la mère a diminué le flux sanguin

à travers le placenta jusqu'au fœtus.

Pas de sang, pas d'oxygène. Le bébé s'est étouffé.

- À la suite des coups portés par Wayne. - Oui.

Le bébé a-t-il respiré à sa naissance ?

J'ai fait un examen des poumons. Les alvéoles ne s'étaient pas dilatées.

Elle est morte avant de sortir du corps de sa mère.

Donc, selon la loi new-yorkaise, ce n'est pas une personne.

Et vous ne pouvez pas accuser Wayne de meurtre.

Il y a autre chose.

J'ai vérifié les dossiers hospitaliers de Lauren.

Ils ont pris des photos des bleus sur son abdomen.

Les bleus correspondent à la lampe ?

En grande partie.

Êtes-vous en train de dire qu'une autre personne était impliquée ?

Ou une autre arme. J'ai vérifié auprès de l'équipe de recherche criminelle.

Ils n'ont rien trouvé qui corresponde à ces marques.

Il pourrait s'agir d'une montre ou d'un bracelet.

Wayne ne portait pas de bijoux.

Regardez ça.

La seule façon de créer une telle bosse serait de…

vous cogner vous-même.

Laure, as-tu essayé d'empêcher Wayne de t'agresser ?

Oui. Est-ce que ça peut attendre ?

Mon père est en train de louer une voiture. Il sera bientôt de retour.

Tu avais très peur.

C'est pour ça que tu t'es enfuie des urgences, pour fuir Wayne ?

Oui.

Alors pourquoi l'as-tu laissé t'acheter à manger

quand tu t'es cachée dans la voiture ?

- Il m'a trouvée. - Vraiment ?

C'est une très grande ville. Comment a-t-il fait ça ?

- Je ne sais pas. - Ah non ? Tu l'as appelé.

Tu l'as appelé, Lauren.

- Après qu'il a failli te tuer. - Je ne savais pas quoi faire d'autre.

J'avais tellement mal. Je n'ai personne d'autre.

- Laissez-moi, s'il vous plaît. - Qu'est-ce qui se passe ?

- On a des questions à poser à Lauren. - Quoi encore ?

Lauren, as-tu essayé de blesser ton bébé ?

Bien sûr que non.

- Oui ou non ? - Non.

Lauren.

Tu portes toujours cette montre ?

- Oui. - Quel rapport ?

Elle correspond à la forme des bleus sur ton ventre.

Ces photos ont été prises aux urgences.

Il y a sept points de contact.

Tu t'es frappée.

Je suis désolée.

Puis, tu as demandé à Wayne de te frapper ?

Oui.

Le témoin a dit que tu criais, "Arrête, pas ça."

Que Dieu me pardonne. Je disais "N'arrête pas ça."

Papa ! Je t'en prie.

M. Westley, où allez-vous ?

- Chez moi. - Et votre fille ?

Gardez-la, enfermez-la, ça m'est égal.

Hélas, les enfants ne sont pas jetables.

- Elles m'ont abandonné. - Ce sont des enfants.

Lauren a 16 ans.

- Elle a fait une promesse. - C'est votre fille.

Peu importent vos croyances. Vous n'arrêtez pas de l'aimer.

Et je sais que vous pensez toujours à votre autre fille.

Lauren a essayé de tuer le bébé.

Parce qu'elle avait peur de vous.

Ne lui donnez pas raison.

Mon Dieu.

Que va-t-il lui arriver ?

C'est au procureur d'en décider.

MERCREDI 17 AOÛT

Mlle DeVere.

Je ne m'attendais pas à vous voir débarquer ici.

Je représente Wayne Mortens. Tu es venue proposer un marché ?

Voir s'il va corroborer les aveux de Lauren.

Félicitations. Tu as enfin compris qu'elle était complice.

Alors, tu vas l'inculper elle aussi ?

Ça dépendra de ce que Wayne a à dire.

On sait que Lauren était impliquée. On sait qu'elle s'est frappée.

Dis-moi qui a eu cette idée.

Dis-lui, Wayne.

Lauren.

Pourquoi ?

Quand le médecin a dit

qu'il était trop tard pour avorter,

elle est rentrée à l'hôtel.

Elle était hystérique.

Elle a dit que son père la mettrait à la porte, comme sa sœur.

Que s'est-il passé ensuite ?

Elle a dit qu'on devait le faire.

Qu'on devait se débarrasser du bébé.

Elle m'a dit de prendre la lampe.

Elle m'a fait enlever l'ampoule et l'abat-jour.

Elle s'est allongée sur le lit.

- Et m'a demandé de commencer… - À la frapper ?

Je n'y arrivais pas.

Lauren pleurait. Et elle a commencé à se frapper,

et elle me disait, "Allez !"

Et vous l'avez fait.

Oui.

Casey, ce sont des gamins.

Ils sont bouleversés. Ils ne contrôlent pas leurs actes.

Au contraire.

Ils ont élaboré un plan, et l'ont mis en œuvre.

C'était le plan de Lauren.

Oui, elle a forcé Wayne à la frapper, mais il l'a fait quand même.

Pas une fois, mais 20 fois, jusqu'à détruire la lampe.

Lauren a frappé le bébé elle aussi.

Je vais les inculper tous les deux.

Donc tu l'accuses elle d'un délit mineur et lui d'un crime ?

Gee, est-ce que ça te paraît juste ?

C'est compliqué.

Ils ont tous les deux commis le même crime,

mais selon la loi, il pourrait faire cinq ans de prison

et elle, cinq ans de probation. Ça ne semble pas juste.

Qui est le principal responsable de la mort du bébé ?

Le garçon, mais la fille l'a incité et a encouragé l'acte.

La peine prévue par la loi reflète le degré de responsabilité.

Ça me semble juste.

Plaidez pour un délit mineur pour elle, et poursuivez-le pour crime.

Sophie, vous travaillez tard.

C'est pour la bonne cause, Arthur.

Les droits des femmes. Vous vous en souvenez.

Beaucoup de gens dans ce pays veulent nous ramener dans les années 50.

Et regardez ce qu'on a là. Un crime des années 50.

Oubliez-vous que c'est votre client de sexe masculin

- qui a commis le crime ? - À vrai dire, non.

Une motion de rejet des charges contre Wayne Mortens

sur des bases constitutionnelles.

Quelle est cette ineptie ? Il n'y a pas de problème constitutionnel ici.

Voyons, Arthur, avez-vous oublié le 14ème amendement ?

La loi traite Wayne Mortens et Lauren Westley différemment

à cause de leur genre. C'est une violation de la clause d'égalité de protection.

Qui est le juge du procès ?

Elizabeth Donnelly.

Notre féministe radicale préférée.

Elle porte ses convictions à bout de bras.

Cela va probablement interpeller sa notion d'inégalité.

Parlez à Donnelly. Demandez-lui de se récuser de cette affaire.

- Pour quels motifs ? - L'opinion publique sur l'avortement.

Je pense qu'elle est parfaitement capable de dissocier

ses convictions personnelles de l'affaire.

Je ne veux pas prendre ce risque. Parlez-lui, Casey,

et dites-lui qu'on peut le faire de manière officielle ou non.

Vous me demandez de me récuser ?

Désolée, mais votre positionnement sur le droit à l'avortement,

votre travail pour NARAL, rendent impossible votre impartialité.

Je suis contre la détention sans procès à Guantanamo,

mais peux quand même juger des affaires de terrorisme.

Votre présence va aussi politiser l'affaire.

Elle va alimenter le lobby pro-vie.

Mon absence va alimenter le lobby pro-choix,

qui existe toujours, Casey, même si vous l'avez ignoré.

C'est mon rôle de poursuivre cette affaire, indépendamment de mes opinions.

C'est mon rôle de la juger.

Je ne vois aucune raison d'accéder à votre demande,

alors dites à votre supérieur d'aller se faire voir.

Elizabeth.

Si je dois rendre cette demande officielle, vous savez que je gagnerai.

Ne me faites pas faire ça.

Vous me menacez ?

Non.

Je vous le demande en amie.

Branch vous a vraiment eue, n'est-ce pas ?

D'accord.

Je me récuse.

Vous faites de la politique avec la loi, Casey.

Vous prenez une mauvaise pente.

J'ai entendu dire que Donnelly s'était récusée de l'affaire.

- Tu es au courant ? - Je connais Elizabeth depuis longtemps.

Peut-être qu'elle ne voulait pas me donner un avantage injuste.

Ou peut-être que Branch et toi l'avez virée,

car vous aviez peur qu'elle renverse votre affaire.

Si ta motion dépend de la présence de Donnelly,

tu as sans doute peu d'arguments.

Eh bien, on verra.

RÉSERVÉ AU PERSONNEL AUTORISÉ

Lauren et Wayne ont commis le même crime.

Ils devraient être inculpés pour le même crime.

Sinon, cela donne un traitement préférentiel à Lauren

- parce que c'est une fille. - Le genre de Lauren pose problème.

Les femmes enceintes sont plus stressées, surtout à 16 ans.

Des femmes à peine plus âgées que Lauren se battent et meurent en Irak.

Soutenir qu'une femme enceinte n'est pas assez mûre

pour assumer les conséquences de ses actes est sexiste et insultant.

C'est étrange. Mlle DeVere a soutenu tout le contraire.

Dans quatre affaires précédentes, elle a invoqué le stress de la grossesse

pour défendre les actes criminels violents d'une femme.

Dans ce cas, la loi est constitutionnellement défectueuse,

et viole les droits civiques de mon client.

Désolée, Mlle DeVere, mais si vous pensez que la loi est défectueuse,

adressez-vous au législateur ou à la Cour d'appel.

Votre client fait l'objet de graves accusations criminelles.

Le procès va se poursuivre. Bonne nuit.

Autre chose, Votre Honneur. Je proposerai lors du procès,

que le fœtus soit appelé "le fœtus" et non "l'enfant non né" ou "le bébé",

Ces termes chargés d'émotion sont très préjudiciables à mon client.

C'est scandaleux, Votre Honneur. Le bébé avait plus de 24 semaines.

- Il aurait pu vivre. - Mais tragiquement, ce n'est pas arrivé,

donc, ce n'est pas une personne, ni un bébé, ni un enfant non né.

C'est un fœtus.

Mon client est déjà handicapé par la loi.

N'ajoutons pas d'insultes à ses blessures.

La seule insulte est à l'égard de la langue anglaise.

Je suis d'accord, Mlle Novak. Mais je reconnais aussi que c'est préjudiciable.

Le bébé mort sera appelé "le fœtus".

PROCÈS PARTIE 46 LUNDI 12 SEPTEMBRE

Dr Warner,

Quelle force faudrait-il pour fracturer le crâne de ce fœtus ?

Une force considérable, étant donné que les os ne sont pas complètement calcifiés.

Les 20 coups infligés par Wayne Mortens

ont-ils pu faire mal à la victime ?

Objection. Pertinence ?

La souffrance de la victime n'est pas pertinente ?

Le fœtus n'étant pas légalement une personne, comment peut-il être victime ?

Si l'accusé avait torturé un chat ou un chien,

le jury voudrait connaître le degré de douleur de la victime.

Les droits d'un fœtus humain sont-ils moindres ?

J'autorise la question.

J'ai une autre objection.

Il est clairement indiqué dans le Journal de l'Association Médicale Américaine

qu'un fœtus ne ressent pas de douleur avant 29 semaines.

Et d'autres études montrent que le fœtus ressent la douleur dès 23 semaines.

Les conclusions de cette étude sont toujours en débat.

Et nous n'en débattrons pas dans ma salle d'audience tant que ce ne sera pas réglé.

- L'objection est retenue. - Dr Warner…

l'attaque de l'accusé a-t-elle provoqué la mort du fœtus ?

Oui.

Merci.

Dr Warner,

j'ai deux photos des dossiers hospitaliers de Lauren Westley.

Que montrent-elles ?

Des bleus et des lésions à l'abdomen.

Causés par la lampe ?

Non.

Par quoi, alors ?

Par ceci ?

Oui.

Le dossier montre que le témoin a identifié

la montre de Lauren Westley.

Wayne n'a donc pas été le seul à agresser le fœtus.

La mère l'a fait aussi.

Oui.

Pas d'autres questions.

Combien de fois vous et Wayne avez couché ensemble ?

Une seule. Nous ne voulions pas que ça arrive.

Et quand avez-vous découvert que vous étiez enceinte ?

Seulement 13 semaines plus tard,

j'ai réalisé que je n'avais pas mes règles.

Et pourquoi n'en avez-vous parlé à personne ?

J'avais peur.

Peur de quoi ?

De mon père.

Qu'il me mettrait à la porte.

Je savais que je ne pouvais pas m'occuper seule d'un bébé.

Il existe des moyens légaux de mettre fin à une grossesse.

- Y avez-vous réfléchi ? - Oui.

J'ai essayé d'acheter la pilule abortive, le pharmacien n'a pas voulu me la vendre.

Pourquoi ?

Il a dit que c'était contre sa conscience.

Nous sommes allés à l'hôpital, mais…

il leur fallait le consentement de mon père.

Et vous aviez trop peur de lui dire.

Et j'ai lu un article sur internet

sur une plante pouvant provoquer un avortement.

Mais ça m'a juste rendue très malade.

Et ensuite, vous êtes venue à New York.

J'ai appelé la première clinique que j'ai trouvée

dans l'annuaire, ils avaient l'air gentils.

Mais… quand j'ai enfin vu le médecin,

il m'a dit que j'étais à plus de 24 semaines.

Et que c'était trop tard.

Je ne pouvais plus rien faire.

Je voulais me tuer.

J'ai demandé à Wayne de me frapper.

Il l'a fait parce que je lui ai demandé.

Et maintenant, Wayne passe en procès, et vous êtes libre.

- Est-ce que ça vous semble juste ? - Objection.

Je n'ai pas d'autres questions.

C'est une bien triste histoire, Lauren.

On dirait presque que vous ne pouviez que battre votre fœtus à mort.

- Est-ce une question, Votre Honneur ? - Oui.

Vous aviez le choix, non ?

Vous auriez pu le dire à votre père.

J'avais peur de ce qu'il ferait s'il le savait.

Mais il sait, maintenant, et où est-il ?

Il est là, dans la salle d'audience, à vous soutenir.

Et la clinique d'avortement ?

Vous avez passé deux semaines à New York avant d'y aller.

Vous auriez pu avorter avant.

- Pourquoi attendre ? - Je n'ai pas attendu.

Je suis allée à la clinique le jour où je suis arrivée.

Pourquoi n'avez-vous pas avorté ce jour-là ? Vous aviez des doutes ?

L'infirmière a dit que j'avais de la fièvre,

qu'ils ne pouvaient pas pratiquer l'intervention.

Elle m'a dit de revenir quand je me sentirais mieux.

- Vous l'avez fait? - Oui.

Mais quand j'ai eu le rendez-vous, c'était trop tard.

C'est tout.

Le témoin peut se retirer.

La séance est levée jusqu'à demain matin.

Deux visites à la clinique d'avortement ? Comment peut-on ne pas le savoir ?

Les jeunes n'en ont pas parlé, et le docteur non plus.

Dr Lett, avez-vous vu Lauren la première fois qu'elle est venue ?

Je dois vérifier. On voit des dizaines de femmes chaque jour.

Pendant que vous y êtes,

vérifiez la température que Lauren était supposée avoir.

Elle nous a dit qu'elle se sentait bien.

Qui croyez-vous ? Une ado terrifiée ou un médecin avec un thermomètre ?

Voilà son dossier.

Elle avait 39 de fièvre.

Donc, vous l'avez examinée ?

Oui, et je lui ai dit que procéder à l'intervention

en ayant une infection serait très risqué pour elle.

Qui était l'infirmière ?

- Judy Galton. - Nous allons devoir lui parler.

Malheureusement, Judy nous a quittés il y a peu.

Ce travail peut être très stressant.

Pourquoi avez-vous mis si longtemps à la revoir après sa première visite ?

On lui a demandé de rappeler pour prendre rendez-vous.

On dirait qu'elle a pris son temps pour revenir vers nous.

Non, Lauren vous a appelés au moins trois fois par jour pendant quinze jours.

On a vérifié la cabine de l'hôtel.

Si c'était une cabine, comment savez-vous que c'était Lauren qui appelait ?

Faut-il habituellement 15 jours pour prendre rendez-vous ?

Nous sommes débordés.

Ou bien, est-ce que ça a pris 15 jours parce que vous vouliez retarder

jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour un avortement légal ?

C'est une accusation scandaleuse.

Et impossible à prouver.

On a vérifié auprès de Medicaid. Cette clinique n'a jamais pratiqué

- la moindre intervention. - C'est une fausse clinique d'avortement.

Apparemment, elles fleurissent dans tout le pays.

Je suis surprise d'en voir ici.

Ils veulent nettoyer Sodome et Gomorrhe.

Tu sais, dès que je mettrai ce médecin à la barre

le jury sera de mon côté.

La fraude pourra être difficile à prouver,

mais on dirait qu'il a délibérément trompé Lauren.

Si j'obtiens son dossier médical pour le montrer à ton légiste,

- vas-tu conclure le marché ? - Pouvez-vous nous laisser, Sophie.

Mais bien sûr.

De quel marché s'agit-il ?

Lauren Westley a reçu des informations frauduleuses

d'un médecin se présentant comme prestataire de services d'avortement.

Lui a-t-il donné la consigne de demander à son copain de battre le bébé à mort ?

- Non. - Les a-t-il aidés à le faire ?

- Il les a coincés… - Cela justifie-t-il les coups ?

Pas de marchés, Casey. Faites votre travail. Poursuivez le crime.

Je perds déjà les jurés.

- Avec cette nouvelle information… - Vous savez ce qui compte plus

que gagner ou perdre ?

Montrer que cette ville ne tolère pas les crimes violents,

quelle qu'en soit la contrainte.

On dirait que vous n'êtes pas d'accord avec les ordres de votre supérieur.

Même si je gagne, j'aurai le sentiment d'avoir condamné la mauvaise personne.

Lauren et Wayne ont tué ce bébé, peu importe ce qu'en dit le procès.

Ils ont essayé toutes les méthodes légales pour avorter, même des plantes médiévales.

Ils ont été bloqués à chaque fois.

Le Dr Lett était leur dernier recours, et il leur a menti.

J'ai parlé à l'infirmière qui a vu Lauren.

Elle confirme son histoire. Nous ne pouvons rien prouver.

Cela vous aidera peut-être. Le dossier de Lauren.

Depuis quand un médecin dans une clinique débordée prend la température

et la tension d'un patient ?

- C'est l'infirmière qui le fait. - Oui.

Et elle inscrit les résultats dans ses rapports.

Mais ses rapports ont disparu.

Il n'y a que la signature du Dr Lett.

Je veux parler à cette infirmière.

PROCÈS PARTIE 46 JEUDI 15 SEPTEMBRE

Avez-vous travaillé à la Clinique de Santé Sexuelle des Femmes à Manhattan ?

Oui.

Avez-vous examiné Lauren Westley la première fois qu'elle est venue ?

Oui.

Vous voyez des dizaines de patientes. Comment pouvez-vous en être sûre ?

Je n'oublierais jamais Lauren.

Pas après ce qui lui est arrivé.

Avez-vous pris sa température ?

Oui.

Merci.

Le témoin est à vous.

Quelle était sa température ?

Elle était normale, 37 degrés.

Le tableau indique 39.

Le tableau est incorrect.

Mais vous avez dit à Lauren qu'elle avait de la fièvre.

Oui.

- Vous avez menti. - On me l'a demandé.

Qui ?

Le Dr Lett.

Pourquoi ?

Pour retarder l'avortement.

De combien de temps ?

Jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Pourquoi avez-vous démissionné ?

Je suis contre l'avortement.

Quand il fallait persuader les femmes et les jeunes filles de ne pas avorter,

ça allait.

Mais ensuite, je n'étais pas d'accord avec certaines choses.

Comme…

ce qu'on fait à Lauren.

Elle a appelé tous les jours,

demandant quand elle pouvait venir.

Je redoutais d'entendre sa voix au téléphone,

mais j'ai continué à lui mentir.

Pourquoi ?

C'étaient les consignes du Dr Lett.

PROCÈS PARTIE 46 JEUDI 15 SEPTEMBRE

L'accusé veut-il bien se lever ?

Pour l'accusation de délit mineur d'agression au troisième degré,

quel est votre verdict ?

Nous déclarons l'accusé coupable.

Pour l'accusation de délit d'un acte d'avortement injustifié,

quel est votre verdict ?

Nous déclarons l'accusé non coupable.

La séance est levée.

Ça va ?

Casey.

Vous avez donc confié l'affaire à la défense ?

Wayne écope d'une peine de probation.

Vraiment ?

J'ai beau être pro-vie, je suis encore plus pro-loi.

Arrêtez ce médecin.

Vous ne pouvez pas entrer ici.

- Que faites-vous, bon sang ? - On vous arrête.

Pour quoi ?

Fraude, falsification de dossiers médicaux, mise en danger d'autrui.

Je n'ai rien fait de mal.

Vous avez le droit de garder le silence.

Je sauve des vies innocentes.

Tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous…

- Je sauve des vies innocentes. - … au tribunal.

CETTE HISTOIRE EST FICTIVE. PERSONNE, NI AUCUN ÉVÉNEMENT RÉELS N'Y SONT DÉPEINTS.

Sous-titres : Julia Skorupska

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