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LA SEMAINE D'UN ASSASSIN
Agustin dit que le mauvais temps attire les clients.
Cette soupe est bonne, hein ?
C'est du vrai poulet. Sans aucun conservateur.
Pas comme vous les préparez, Marcos.
Tu sais Rosa, les soupes qu'on prépare à l'usine ne sont pas si mauvaises.
''Les soupes Flory n'ont que de bons ingrédients...
...et elles sont aussi bonnes que celles de nos grand-mères.''
Mais elles ne valent pas les tiennes, Rosa.
Elle est bien chaude.
Qu'est-ce que tu fais ce soir, après 19 heures ?
Ce que fait tout le monde le dimanche.
Je vais au ciné avec Paula... et après on sortira.
Il serait temps de te caser avec une vraie femme...
tu ne penses pas ?
Rosa, t'as d'autres choses à faire que de discuter !
- Tu m'entends ? - J'y vais, j'y vais !
Ça m'apprendra à être aimable avec les clients !
''À la maison, je cuisine la meilleure nourriture...
que je peux trouver.
C'est pourquoi je leur prépare de la soupe Flory...
parce que les soupes Flory...
ont un bon goût de viande fraîche !''
- Salut. - Tu as vu l'heure ?
On a dîné plus tard que prévu.
Si je venais te chercher chez toi,
je n'aurais pas à attendre comme un idiot.
Je te l'ai dit mille fois,
ils ont peur que je sorte avec un garçon irresponsable.
Ils ne savent pas que je sors avec un homme comme toi.
Allez, parle-moi, à quoi tu penses ?
Qu'est-ce qui te tracasse ? Dis-le moi.
Tu peux me le dire.
Je me disais que j'étais folle de croire au mariage...
Les hommes préfèrent les jeunes pour se marier, ensuite.
Mais toi, tu n'en parles jamais.
Tu parles seulement de l'usine, de ton travail.
Mais jamais de mariage.
Si tu veux rompre, dis-le.
- Paula... Je... - Mais je t'aime Marcos.
Nous nous marierons...
dès que j'aurai obtenu un meilleur poste.
Aie confiance.
Oui, Marcos, oui.
On est loin du métro. Que fait-on ? Il est tard.
Ne t'inquiète pas, on va prendre un taxi.
En voilà un qui arrive !
Taxi ! Taxi !
Taxi !
- Quelle direction ? - Le centre-ville.
Vous avez eu de la chance que je sois dans le coin.
C'est pas vrai...
Vous allez continuer longtemps ?
- Que se passe-t-il ? - Ce qui se passe ?
Mon taxi n'est pas un bordel ! Un minimum de décence !
Écoutez, on ne dérange personne !
Je n'aime pas qu'on s'embrasse de la sorte dans ma voiture.
Vous n'avez pas de femme ? Vous êtes pédé ou quoi ?
Ça ne vous regarde pas !
Faites votre boulot et conduisez-nous !
Pas si vous continuez à vous embrasser comme ça dans mon taxi !
S'il te plaît Marcos, allons-y, ne discute pas.
C'est ça, du balai ! Allez profiter de la nuit ailleurs !
Trouvez-vous plutôt une chambre.
Sauf si vous préférez faire ça en public !
Très bien, très bien. Partons.
Et un conseil, changez d'horaire !
Pas si vite ! Vous me devez 23 pesetas !
Vous pensiez que j'allais vous en faire cadeau ?
Vous ne nous avez pas conduit jusqu'à destination.
J'ai pas fait tout ce chemin pour rien.
Tu me traites comme une merde...
et qu'est-ce que tu dis ? Tu ne veux pas me payer ?
Même pas un centime ! Vous n'avez pas à m'insulter.
- Partons, Marcos. - Allons-y.
C'est ça, va traîner plus loin avec ta petite pute.
Je reviendrai avec son père, tu entends ? Son père !
Grosse brute !
Je vais t'apprendre les bonnes manières.
Je vais te corriger comme ton père aurait déjà dû le faire !
Marcos !
Marcos !
Partons, vite !
Tu crois ?
J'en suis sûr, la blessure n'était pas profonde !
Tu crois qu'il va s'en tirer ? Et si ma famille l'apprend ?
Ne t'inquiète pas.
Les gens ne meurent pas aussi facilement que dans les films.
- Je n'ai rien sur le visage ? - Non.
Faut que j'y aille sinon je vais être en retard.
Je te prends au supermarché, demain ?
Non, viens me chercher à l'arrêt du bus.
Ok, je t'attendrai là-bas.
Je n'arriverai pas à dormir ce soir.
Ne sois pas bête.
Au revoir.
Allez.
Salut.
- On se promène la nuit ? - Eh oui, comme toujours.
Je pensais pas te voir encore par ici.
Tout le monde déménage ou part en vacances.
Oui, ma famille est partie. Il ne reste que Trotsky et moi.
Pourquoi tu restes là avec cette chaleur ?
J'aime bien me promener ici.
Et toi ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
L'habitude.
C'est pas la première fois qu'on se croise...
Je pensais qu'on pourrait peut-être devenir amis.
- Tu fumes ? - Merci.
Tu es fatigué ?
Non, juste un peu nerveux. Je ferais mieux d'y aller.
- Bonne nuit. - À demain.
LUNDI
Marcos, lâche la brouette, le chef veut te parler !
- Moi ? Pourquoi ? - Je sais pas. Dépêche-toi.
J'écoute.
Cela doit être résolu par le Contrôle.
Bien sûr. Je t'en prie.
Donc...
Où en étions-nous ?
Ce que l'entreprise a décidé.
Et qu'a-t-il été décidé ?
C'est simple.
C'est clair...
...comme de l'eau de roche.
Je vous accorde une promotion.
Car cette usine, croyez-le ou non...
vous appartient autant qu'à moi...
qu'au Directeur Général.
Nous l'avons créée...
Tous ensemble...
Nous l'avons élevée
Vous me suivez ?
Vous me suivez, n'est-ce pas ?
Bien, pour faire simple...
Les machines sont arrivées !
Si, si, elles sont là !
Mais ce ne sont pas des machines comme les autres.
Elles sont si précises, si parfaites...
C'est comme si les cerveaux d'une centaine de savants
leur avaient été greffés
et implantés exactement là où il faut.
Mais comme toute machine parfaite
elles ont besoin qu'on s'occupe d'elles
avec beaucoup d'attention.
Leur mécanisme est si fragile, si précis, si...
Comment pourrions-nous dire ?
Synchronisées.
Si synchronisées...
Qu'on ne peut pas les confier à n'importe qui.
Nous avons besoin d'un homme...
avec beaucoup d'expérience.
Vous me suivez ?
Bien.
Donc cette machine
sera ton nouveau patron !
Ensemble...
vous accomplirez un travail intéressant
juste...
compétitif !
- Comment pourrions-nous dire ? - Synchronisé.
C'est ça ! Synchronisé. Merci.
Et nous ne tenons pas seulement compte des 15 années
que vous avez passées au sein de notre entreprise.
À cela nous ajoutons, et honorons...
la mémoire de la grande travailleuse qu'était votre mère.
Votre mère...
Toute une vie de dévotion à cette société
jusqu'à ce terrible accident qui lui a ôté la vie.
Et il est vrai qu'à l'époque
Non seulement nous avons payé les coûts de cette tragédie
grâce aux fonds des Syndicats...
Mais nous avons aussi payé, de notre poche, une belle indemnisation.
Nous avons même payé la publication de l'avis de décès
de la taille d'un quart de page dans le journal.
Allez mon garçon...
place à la machine !
Et que personne ne dise que tu n'es pas capable !
Suivant.
MORT D'UN CHAUFFEUR DE TAXI
Marcos ! Qu'est-ce qu'il y a ?
Il se passe quelque chose ?
Non, il ne se passe rien.
- Je ne te crois pas. - Si, je t'assure !
Il est mort... Il y a des photos de lui dans tous les journaux.
S'il ne t'avait pas frappé, il ne serait pas mort.
À l'évidence... je n'aurais pas pu faire autrement.
Ne restons pas là.
Viens, allons-y !
- Où va-t-on ? - Chez moi.
C'est le seul endroit où on pourra discuter tranquillement.
- Et ton frère ? - Il est parti avec son camion.
Il ne sera pas là avant demain.
On est venu ici pour parler, pose ce sac.
Qu'est-ce que c'est ?
Un sac-poubelle.
C'est ma mère qui me l'a donné. - D'accord.
- J'ai peur, Marcos. - Peur... de quoi ?
Personne ne sait qu'on a pris ce taxi.
Personne ne nous a vu.
- Ils vont finir par le savoir. - Je ne pense pas.
Mais si tu continues à faire cette tête...
les gens vont commencer à nous soupçonner.
Ne sois pas bête.
Fais-moi confiance !
- Tu es sûr que personne ne saura ? - Personne.
Tu veux fumer ?
Tu penses toujours à ça ? C'est pour ça que tu pleures ?
C'est autre chose ?
On dirait une petite fille.
Pourquoi on n'irait pas tout dire à la police ?
Dire quoi ? Ce qu'on vient de faire ?
Arrête de plaisanter. Sérieusement...
Marcos, allons au commissariat.
On a dit que je me chargerais de tout.
Oui, mais... après tout ça... on devrait y aller ensemble.
Personne n'ira voir la police.
Mais on dira juste ce qui s'est passé...
qu'il t'a frappé et qu'il m'a frappé.
Personne ne nous croira !
Et ta famille ? S'ils apprennent mon existence ?
Mais... on leur dira.
Parce qu'on va se marier, n'est-ce pas ?
Bien sûr que oui, idiote.
- Alors allons à la police ! - Ne sois pas stupide !
Si on allait à la police, on gâcherait tout.
Tu sais quelle heure il est ? Presque 22h.
ll est tard.
Tu verras, demain, tu auras changé d'avis.
Je penserai pareil que maintenant.
Moi aussi.
Tu veux qu'on m'enferme ?
Si tu ne veux pas, j'irai seule.
Qu'est-ce qui te prend ? Tu agis comme un enfant.
Tu n'arrêtes pas de dire que je suis une petite fille.
Ecoute Paula, il est tard, rentrons à la maison.
On doit réfléchir encore, viens.
Dis ce que tu veux mais je ne changerai pas d'avis.
Au moins, tu vas m'écouter, non ?
Je ne suis pas un enfant, comme toi, tu comprends ?
Quand je dis non, c'est non !
C'est bien le problème, si tu étais jeune, tu aurais plus de courage.
- Tu ne comprends pas Paula... - Laisse moi !
- La situation est grave. - Arrête, tu me fais mal !
Tu ne comprends pas Paula, si on va au commissariat...
si je vais en prison... quand je sortirai, je serai vieux !
Je me fiche que tu ailles en prison !
Tu penses vraiment ce que tu dis ?
Non, mais je n'ai pas envie de passer ma vie à avoir peur.
Tu n'as pas à avoir peur.
Aie confiance en moi !
Quelle confiance ? Bien sûr !
Celle de l'homme mature, fort, sécurisant.
Tu sais ce que tu es ? Un mec complètement terrifié.
Je ne comprends pas pourquoi tu as si peur de la prison.
Tu vis déjà comme un hermite dans ta cabane...
et tu t'obstines à travailler comme un acharné.
- C'est ce que tu crois ? - Oui.
Alors va où il te plaira.
- Marcos... - Non !
Non, c'est toi qui as toujours voulu qu'on se marie. Je n'ai jamais refusé.
MARDI
Alors c'est toi le fils de Juana ?
Oui, vous la connaissiez ?
Si je la connaissais ?
J'étais à ses côtés le jour de l'accident.
Une minute avant, elle était si normale...
si gentille, et soudain...
elle s'est transformée en torche humaine.
Tu l'aurais vu courir...
Elle ne courait pas, elle volait !
Elle a trébuché sur un tabouret
et le tabouret a pris feu.
puis elle s'est agrippée à une étagère
qui a pris feu elle aussi !
Heureusement.
les bouteilles d'acide ont été épargnées,
car sinon...
l'usine entière aurait disparu !
Et tu l'aurais entendu crier...
Elle ne criait pas, elle hurlait !
Tellement fort que...
Les gars de l'usine d'à côté, en l'entendant...
ont cru que c'était la sirène de l'usine et se sont arrêtés de travailler !
Et son odeur...
Mon dieu, ce qu'elle sentait !
Tellement fort que...
un mois plus tard, son odeur était encore là !
Ce serait mieux d'oublier tout ça.
Oui, restons-en là.
Bon, voici la machine !
Qu'en dis-tu ?
Ça me paraît compliqué.
Compliqué ?
Tu n'as presque rien à faire,
La machine fait tout !
Regarde.
Toutes les 5 minutes...
tu balances un tas de viande dans la cabine...
La machine s'occupe du reste.
Là, tu fais bouillir...
Ici, le broyeur...
Et à la fin ça te fait une belle purée !
Ça a l'air facile.
Et c'est tout !
Tu vois...
Si à l'époque on avait eu une machine comme ça...
Juanita serait bien vivante aujourd'hui.
Bon, je te le dis...
n'hésite pas à venir me trouver si tu veux qu'on parle de ta mère.
Ça me fait plaisir.
Salut, Estebann.
Salut, Marcos.
J'en peux plus.
Ce satané camion m'a lâché juste après mon départ,
c'est pour ça que je rentre plus tôt.
-Tu as mangé ? -Non.
Il y a un truc frais à boire ?
Il n'y a plus rien. Il reste du vin si tu veux.
Et si on allait chez Rosa ? Ça me fera oublier cette histoire.
J'ai un cadeau pour Carmen.
J'ai acheté une montre à 2000 balles.
Plus le dîner, ça fait cher.
Mais il faut bien manger.
Je comprends, à partir d'aujourd'hui tu peux plus te permettre de manger peu.
Dis Marcos, quand est-ce que tu vas commencer à t'amuser ?
Tous ces allers-retours entre l'usine et chez toi, ça t'amuse ?
Tout le monde s'amuse comme il peut.
T'es vraiment bizarre.
J'ai l'impression de mentir quand je dis qu'on est frères.
Double six, je gagne.
C'est pour quand, Estebann ?
Non, J'emménage avec elle dans une semaine.
Ça ne prendra pas plus de temps, Rosa.
Je sais que tu seras un bon mari.
Prends bien soin d'elle, c'est une bonne fille.
Ne la trompe pas.
Je n'en ai pas l'intention.
Arrête ! Je ne te croirais pas, même si tu étais en chaise roulante !
- Je peux laisser le camion ici ? - Vous ne partez pas ?
C'est l'endroit parfait pour une lune de miel !
C'est Carmen qui va être contente.
Hé Rosa ! Qu'est-ce que tu as fait pour rendre mon frère si joyeux ?
Qu'est-ce que j'ai fait ? Rien.
- Je veux dire, il a mangé quoi ? - Pas grand chose.
Ça ne va pas ?
Explique-toi ! Je suis ton frère après tout, non ?
C'est à propos de ma copine.
Ta copine ? T'es trop vieux pour la laisser...
Non, ce n'est pas ça.
- C'est plus compliqué que ça. - Alors quoi ? Raconte-moi !
On rentre ? On sera mieux pour parler.
- Hé, Rosa. - Oui ?
On revient.
Il y a une partie de poker prévue ce soir ?
Les hommes ne pensent qu'à jouer aux cartes !
C'est dommage, il y a des choses plus importantes à faire.
Dans ce cas, on se voit plus tard... et on se fera une partie.
Tu es devenu fou ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Tu lui as refusé sa main ?
Non, ce n'est pas ça. Ça ne s'est pas passé comme ça.
Bien sûr ! Tu paniques et le monde s'écroule.
Dommage que ça n'ait pas marché avec Rosa.
Non bien sûr, tu les préfères jeunes. Tu ruines ta vie !
Je te dirai tout, Esteban, mais pour le moment, tu veux bien m'aider ?
Je t'accompagnerai à la police mais il faut d'abord inventer une histoire.
Non, pas la police !
Peut-être qu'on peut la mettre dans le camion, et après...
Tu ne penses pas t'en tirer comme ça ?!
Ça va bientôt grouiller de flics par ici.
Tu penses qu'ils ne vont pas la chercher ?
Mais... Tu vas pas me laisser aller en prison, n'est-ce pas ?
Ça, tu aurais pu y penser avant.
maintenant, ta vie est dangereuse et tu viens risquer la mienne !
Estebann, si tu veux m'aider, il faut prendre des risques.
Marcos...
tu t'es mis dans un beau merdier.
Le mieux est de te rendre.
Je n'irai pas.
Je ne t'aurais jamais pensé capable de faire une telle chose,
mais je vais t'emmener à la police. C'est tout ce que je peux faire.
Si tu veux que j'y aille, j'irai.
Je ne veux pas me battre avec toi.
Allez, Marcos.
Tu es mon frère.
lls sont à Paula.
J'ai dû en arracher quand j'ai déplacé son cadavre.
Ne pense plus à ça.
L'important c'est de tout me raconter depuis le début.
Oui.
Ecoute Marcos...
Dis-moi quelque chose si tu veux que je t'aide.
MERCREDI
Tu as fini le travail ?
Oui, j'en sors à l'instant. Qu'est-ce qu'il renifle ?
Tu ne connais personne qui a un boxer ?
Non mais il y a tellement de clébards par ici.
Il n'y a pas d'autre boxer.
Je ne parle pas de sa beauté.
Tu as raison.
Cette nuit il va encore réussir à sortir.
Fais attention à lui,
les chiens qui traînent par ici sont plutôt affamés.
ll n'y a aucun danger.
Un chien en bonne santé est toujours plus fort qu'un chien affamé.
On ne sait jamais, La faim rend agressif.
Tu parles comme un démagogue !
Comme un quoi ?
Non, rien, laisse tomber.
Ce n'était pas une insulte, à plus tard.
À plus.
Ça fait une heure que j'attends. Où est ton frère ?
ll n'est toujours pas revenu.
Revenu d'où ?
Hier, il m'a dit au téléphone qu'il rentrerait plus tôt.
Il est bien revenu mais... il doit être sous pression.
Tant que ça ! ll n'a pas appelé de la journée.
On se marie dans une semaine et on a un millier de choses à régler.
Du calme, Carmen, ne t'énerve pas.
Tu veux entrer ?
Oui, ça peut être encore long.
Enfin, si ça ne te dérange pas.
ll est déjà 10 heures !
J'aimerais bien savoir ce qu'il fabrique.
Je ne partirai pas avant qu'il ne revienne, tu entends ?
Ta maison est vraiment sordide.
C'est ignoble.
Mon père doit m'attendre pour dîner.
Il faudra bien qu'il s'habitue. Quand tu seras mariée...
Tu le connais mal. ll ne comprend pas que je vais me marier.
Il ne peut rien faire sans moi. C'est sûr qu'il va se sentir seul.
Il est tard, rentre chez toi !
Quand Esteban rentrera, je lui dirai de t'appeler.
C'est un enfoiré, je parie qu'il est avec d'autres filles.
Je dois être trop amoureuse de lui.
Dis-lui ce qu'il doit faire.
Il t'a parlé d'un cadeau qu'il devait m'offrir ?
Non. C'est quoi ?
Une montre ! Je vais voir dans la chambre si elle y est.
Non ! N'entre pas !
Mais qu'est-ce... quel est le problème ?
J'y suis ! Il veut que ça reste une surprise.
ll est si gentil, même s'il agit parfois comme une bête.
- Je vais voir. - Je ne veux pas que tu entres.
Bien, ne t'énerve pas.
Tu tiens absolument à ce que ça reste une surprise ?
Je suis désolé Carmen, mais en vérité, il ne m'a rien dit.
Tu le connais, il aime les surprises.
Bien, bien, bien.
Je commence à avoir mal à la tête, tu as de l'aspirine ?
Je ne sais pas, peut-être dans la cuisine.
Marcos, sois gentil, apporte-le moi avec un verre d'eau.
- Tu veux vraiment de l'aspirine ? - Oui, j'ai vraiment mal à la tête.
Comme tu veux.
Tiens, ton verre d'eau.
Par contre, je n'ai pas trouvé d'aspirine.
Je suis vraiment désolé.
Prends le verre d'eau.
Salut. Tu n'as pas froid ?
Un peu.
Tu as fini avec la fille ?
Celle qui t'attendait devant chez toi, ce soir.
Elle était pas mal ! Tu me la présenteras ?
Non, ce n'est pas ce que tu crois. En plus, elle est déjà partie.
Et pourtant tu as l'air épuisé.
Oui... c'est parce que...
il fait très chaud.
C'est horrible ce soir.
Tu sais quoi ? J'ai détaché le chien, je lui laisse 2 heures.
- Ça te dit une balade ? - Non, il est déjà tard.
Allez !
Allons nous balader.
C'est curieux, on se croise tous les soirs...
et on ne s'est même pas présentés.
- Je m'appelle Nestor, et toi ? - Marcos.
On peut faire connaissance ?
Pourquoi un gars comme moi t'intéresse ?
Tes amis sont tous des... gens importants.
Les gens importants sont ennuyeux.
Ils ont toujours réponse à tout.
Ça doit être super d'avoir une solution à tout.
Je peux te dire quelque chose ?
Tu vas trouver ça bête mais...
L'obscurité me fait peur.
- Peur ? Pourquoi ? - Je ne sais pas...
C'est facile d'avoir peur. Surtout la nuit.
Je t'avais dit que c'était bête.
Regarde, il y a un bar derrière l'esplanade. Allons-y.
J'ai la gorge sèche.
Je pense qu'on est pas comme les autres.
- Ah oui ? Pourquoi ? - C'est évident.
J'aimerais rester avec les autres...
danser en discothèque...
passer un été dans un total anonymat et pouvoir rouler à 140 sur l'autoroute.
Et tu devrais être marié...
avec une femme aimante et un ou deux gosses...
une voiture achetée à crédit, un labrador...
avec l'illusion de mener un vie tranquille.
C'est étrange, sans savoir pourquoi,
en t'écoutant, j'ai l'impression que tous mes problèmes...
je ne sais pas...
disparaissent comme...
comme quand je me réveille après un long sommeil.
C'est agréable parce que...
parce que le pire pour moi, c'est le mensonge.
Il ne se passe rien, je peux être enfin tranquille.
Tu as raison, on est des êtres assez étranges.
J'ai un ami avec une grosse barbe et des grosses lunettes.
Il dirait que toi et moi sommes deux opprimés.
Comment ? Deux quoi ?
Rien. C'est de l'humour d'intellectuel.
Police. Vos papiers s'il-vous-plaît.
Oui, bien sûr.
- Et vous ? Où sont vos papiers ? - Désolé, je ne les ai pas sur moi.
- Pas de papiers ? - lls sont chez moi.
Que faites-vous là, à cette heure-ci ?
Je tue le temps, je bois un verre !
Vous ignorez que la loi exige d'avoir vos papiers ?
Je suis désolé, mais...
Pardonnez-moi inspecteur, je connais ce jeune homme,
ll vit dans ce nouvel immeuble, là-bas !
Oh, je vois ! Un immeuble moderne.
Bien, dans ce cas, n'oubliez pas,
vous devez toujours avoir votre carte d'identité sur vous.
Et faites attention ! On ne sait jamais...
sur qui on peut tomber par ici !
- Bonne soirée ! - À bientôt inspecteur, au plaisir !
J'aime bien ta maison, c'est tranquille.
- Pas moi. - Alors pourquoi tu vis ici ?
J'ai entendu dire que les gens qui habitent ces maisons...
ont déménagé à cause de la hausse des loyers.
Un jour je devrais partir, moi aussi.
C'est bien dommage !
J'aimerais bien jeter un coup d'oeil à l'intérieur.
ll n'y a pas grand chose à voir.
Le plâtre s'écaille, les murs sont sales et humides,
et c'est rempli... de mauvais souvenirs.
- Enterre-les. - Pardon ?
Enterre ces souvenirs.
Regarde qui va là.
Hé Trotski !
Tu t'es bien amusé ?
Bon, je vais rentrer. Il est tard.
Trotski et moi aussi y allons. À demain.
- À demain. - Et merci pour la compagnie !
Merci à toi !
JEUDI
- Que me vaut cette visite ? - Où est votre frère ?
Dans son camion, il va bientôt revenir.
Je cherche ma fille. Elle m'a dit qu'il était revenu.
- Cigarette ? - Non.
Comme vous voulez.
Carmen a dû se tromper.
Ecoutez, je suis sûr de ce qu'elle m'a dit.
Hier, elle est partie de la maison vers 17 heures.
Il est 6 heures du matin et elle n'est toujours pas revenue.
Elle a passé une super soirée, c'est tout.
Ne jouez pas à ça avec moi.
J'aime pas qu'on se foute de ma gueule !
Écoutez...
Votre frère est intelligent,
Mais avec moi ça ne marche pas !
Ils se marient la semaine prochaine.
Alors j'ai raison !
Carmen était bien plus belle que ma femme et j'ai résisté !
D'autant plus que...
ils ne peuvent rien faire pendant les heures de travail...
mais à 23h, à la maison !
Écoutez Mr Ambrosio... vous voulez une cigarette ?
Non je n'ai pas envie de fumer !
Et arrêtez de vous foutre de moi !
Vous allez me dire maintenant où sont Carmen et votre frère !
Et bien... je ne sais pas.
C'est étrange que vous ne sachiez pas.
Ils ne sont pas là dans cette maison ?
Votre frère peut encaisser une gifle ... et bien plus encore !
Je vous assure qu'elle n'est pas ici.
Ecoutez, Mr Ambrosio...
- Ecarte-toi, laisse-moi entrer. - Non !
Pourquoi son sac à main est ici si elle n'est pas venue ?
Elle ne pouvait pas rester loin de ton frère avant qu'ils ne se marient.
- Quelle idiote ! - Vous faites erreur.
Je vais être la risée de tout le monde.
Ton frère ne peut pas me faire ça.
J'entrerai là-dedans quoi qu'il arrive.
Vous allez comprendre qui je suis !
Fais bien attention,
ma riposte sera violente !
- Mr Ambrosio ! - Qu'est-ce que tu veux ?
Et bien...Entrez, puisque vous y tenez.
Si ça peut vous rassurer.
Tourne-toi et regarde-moi dans les yeux !
" ... Nous démarrons notre programme avec joie,
bonne humeur et musique réjouissante, ce matin. "
VENDREDI
Oh pas grand chose, c'est juste que les gens se lèvent tôt cette semaine !
Même mon chien ressemble à un tigre.
- Salut, un café au lait s'il te plaît. - Tout de suite, Marcos.
- Tu vas travailler ? - Oui.
Je ne pensais pas que tu serais déjà là.
Je n'ai pas dormi cette nuit, je n'étais pas fatigué.
- Merci. - Impossible de m'endormir.
- Je vois. - Non...
J'ai passé la nuit à écrire.
- Tu écris à tes parents ? - Non.
J'écris un livre en ce moment. C'est mon passe-temps.
- Tu écris pour le cinéma ? - J'espère le faire publier.
- Qui sait, on verra. - Je dois m'en aller.
- Tiens, Rosa. - Merci, viens me voir plus souvent !
- Tu aimes le sport ? - Oui, je fais de la gym .
Ça pèse, hein ? Ça te dirait de soulever des pierres ?
Non, mon travail me prend trop de temps.
À la prochaine.
J'aimerais y aller avec toi un jour pour faire un peu d'exercice.
Trotski ! Lâche-le !
- J'y vais. - À plus tard.
Oui, peut-être. À plus tard.
Merci.
Et pour vous ?
J'ai besoin d'un désodorisant d'intérieur,
comme celui de la pub .
- Un purificateur d'air. - C'est ça. J'en prendrai 6.
Nous en avons plusieurs sortes...
mais j'en ai un particulièrement prisé !
Et il ne coûte pas très cher.
- Autre chose ? - De l'eau de Cologne.
- Quel genre ? - Un qui sent très fort.
Bien, nous en avons de nombreuses variétés.
J'en ai justement un nouveau, très frais,
Très parfumé, Il est très demandé.
- J'en prendrai 10 flacons. - Comment ? 10 ?
Bon Dieu ! De quoi parfumer tout un quartier !
Non, pas comme ça.
Sentez ! Ça vous plaît ?
Ça s'appelle "Les couronnes de la reine"
Vous le prenez ? - Oui.
- Vous désirez autre chose ? - Non, ça ira.
C'est votre femme qui va être contente !
Vous avez de l'eau de Cologne pour plusieurs années !
- Je ne suis pas marié. - Ah oui ? Ce n'est pas grave...
vous pourrez en utiliser autant que vous voulez sans retenue.
- Je vous dois combien ? - 500 pesetas, tout rond.
Merci beaucoup.
Et votre ticket de caisse ?
Allez vous-en ! Dégagez de là !
Allez ! Dégagez !
Dégagez !
Dégagez de là !
Tu veux manger ?
Oui mais ça m'est égal...
je pensais prendre un sandwich n'importe où.
Attends, moi non plus, je n'ai pas encore mangé.
On y va, viens.
Tu as assez mangé ?
- Où est Agustin ? - Il ronfle, comme toujours.
Et ton frère, il est où ?
Au village. Il s'occupe des papiers...
pour le mariage.
On le verra pas avant demain.
C'est bizarre, je n'ai vu ni Carmen ni son père.
C'est normal... comme ils habitent ensemble,
ils doivent être en train de tout préparer.
- Tu veux manger autre chose ? - Non, ça ira.
Je vais te préparer du lait avec une part de gâteau.
- Non, vraiment, je n'ai plus faim ! - Toujours aussi poli !
Tiens, bois.
Finis-le !
Tu as mauvaise mine en ce moment.
Je dois m'occuper de...
Mince... Désolé. Laisse-moi nettoyer ça !
C'est pas grave, c'est mon pantalon de travail.
Voilà ! Il est comme neuf !
Merci pour ce très bon repas.
Combien je te dois ? - Rien, c'est la maison qui invite.
- Mais Rosa... - Ne sois pas bête, je t'invite !
Merci, Rosa.
Salut, je t'ai fait peur ?
- Un peu. - Désolé, c'était pas intentionnel.
Tu vas où ?
- J'étais en train... de rentrer chez moi. - Tu veux te baigner ?
Une piscine ? Où ça ?
Je connais une piscine qui est ouverte toute la nuit.
Tu viens ?
Réveille-toi ! On est arrivés.
- Je me suis vraiment endormi. - C'est normal, tu t'es levé tôt.
C'est étrange, je ne me souviens de rien mais...
j'ai dormi comme un loir.
Si j'étais curieux, je te demanderais ce qui te tracasse...
mais je ne suis pas comme ça.
J'y vais. Je suis content de t'avoir vu ce soir.
Repose-toi bien. J'espère que la baignade t'a plu.
À demain !
SAMEDI
Hé ! Le voilà !
- C'est ton sac de sport ? - Oui.
Très pro. Joli sac de sport. Y'a quoi dedans ?
Hé, on dirait qu'il a un nouveau job . ll se vexe rapidement.
Allez, laisse nous regarder ce que tu as.
Arrêtez ça, on dirait des gosses !
- Vous croyez qu'il y a quoi dedans ? - On va bien voir.
Ça sent le parfum.
Prends-le ton sac ! On va pas te le voler !
Qu'est-ce qu'il va faire maintenant ?
S'installer dans un de ces logements pour riches ? Allons-y !
Bien, je vais aller faire un tour dehors.
S'ils nous voient rien faire, ils vont s'arrêter de travailler.
Ecoute...
Pourquoi le gars du broyeur ramène toujours son sac de sport ?
J'en sais rien.
C'est bizarre.
Tu le soupçonnes de voler des outils ?
Ce serait bizarre...
- Ça fait des années qu'il travaille ici. - Oui.
Quoi qu'il en soit, tu devrais y jeter un oeil.
Bien, je vais faire mon petit tour.
Tout objet qu'on n'utilise pas au travail...
doit être rangé dans les vestiaires.
Non, il n'y a rien dans le sac.
Alors nous devons être vigilants.
- Quelque chose ne va pas ? - Oui...
Ce broyeur est encore en période de test.
Le labo nous a envoyé un rapport.
disant qu'ils ont trouvé une matière étrange dans la mixture.
Bon, alors soyons attentifs.
Marcos.
Ta soupe est servie.
Dis moi si tu l'aimes, ce n'est pas la même que d'habitude.
On avait pas assez d'ingrédients, du coup...
celle-ci vient de ton usine.
- Tu n'aimes pas, c'est ça ? - Qu'est-ce qui ne va pas ?
Elle a pas l'air si mauvaise.
Tu as l'air malade. Tu ne te sens pas bien ?
- J'y vais. - Il manque peut-être quelque chose.
Je vais te préparer un deuxième plat.
- Demain. - Rentre chez toi et repose-toi !
Ça ne va pas, Marcos ?
C'est quelque chose que j'ai mangé. Je me sens pas bien.
Tu veux quelque chose ? Une aspirine ?
Non merci, je vais bien.
- Ça va aller. - Comme tu veux.
DIMANCHE
À plus tard.
- Tu vas où ? - À la messe.
À la messe ? Mais tu n'y es pas allée depuis ta première communion !
Aujourd'hui je dois y aller, ça fait 8 ans que ma mère est morte !
À toute.
- Et ton vélo ? - J'y vais à pieds, je n'en ai pas besoin.
Ok mais reviens juste après parce que...
je ne veux pas me retrouver tout seul à préparer les tapas.
- Qui est-ce ? - Ouvre, c'est moi, Rosa.
Comment ça va, Marcos ? Tu te sens mieux ?
Je vais mieux.
Tant mieux. Je passais par là et je me disais...
que tu avais besoin qu'on te prépare à manger.
Non. Je peux me débrouiller.
Très bien alors. Je peux entrer ?
Bon... si tu veux.
J'ai toujours voulu voir comment vit un homme seul.
- Tu as déjà déjeuné ? - Non.
Je viens de me lever.
Alors je vais te préparer le petit déjeuner.
Tu es capable de ne rien manger.
C'est quoi cette odeur ?
Quelle odeur ? Ah oui, c'est une canalisation qui...
qui s'est cassée.
- Ça vient de chez toi ? - Il doit y avoir un croisement là-bas.
- Je peux y jeter un oeil. - Ne t'embête pas, ça ne me gêne pas.
Ne sois pas bête, je peux faire tout ce que tu veux.
L'odeur vient de là-bas.
En général les gens ne dorment pas à côté de leurs toilettes.
- Le déjeuner est servi, votre excellence. - Merci, Rosa, c'est gentil.
Non ! Ne te lève pas.
Tu dois rester allongé.
- Tu ne veux rien manger ? - Plus tard, je n'ai pas faim .
Je pourrais passer tous les jours pour ranger un peu ta maison.
Une maison a toujours besoin d'une femme.
Je ferais bien de nettoyer ta chambre,
ça fera partir l'odeur.
Non, ne fais rien,
je préfère que tu n'entres pas.
Je t'ai dit que l'odeur venait des égouts.
Non, ça ne sent pas les égouts.
Ecoute, je veux nettoyer cette pièce,
qu'elle sente bon la rose. Elle en a besoin, tu crois pas ?
Tu ne comprends pas ? Je ne veux pas que tu entres là-dedans.
Bon, tu le feras toi-même, comme tu veux.
Pardonne-moi Rosa, je ne veux pas que tu suspectes...
Suspecter ?
Suspecter quoi ?
Pardonne-moi Marcos mais je dois y aller.
Ça fait plus d'une heure que je suis partie...
je ne sais pas ce que je vais raconter à Agustin.
Il y a du travail au bar, on est dimanche.
- Enfin... tu comprends ? - Ne me laisse pas seul, Rose.
Je sais que ça sent pas très bon ici... mais regarde !
Ça va enlever la mauvaise odeur.
Je... toi seule peux nettoyer cette pièce. Tu comprends?
Je suis vraiment content que tu sois venue me voir.
Je ne prends jamais de petit-déjeuner chez moi, tu le sais.
Alors je suis tellement content.
Quand tu dis que tu veux tout nettoyer. - Demain.
Oui... demain.
Demain je viendrai et j'arrangerai toute la maison.
C'est juste que... je porte ma robe du dimanche, je pourrais la tacher.
Je reviendrai demain. - Tu vois ? tu vois ?
Et voilà.
L'odeur est partie.
Ça sent encore un peu, mais très peu.
Demain, j'en achèterai plus. lls ne coûtent pas chers, tu sais ?
Ça sent le pin. Tu ne sens pas le pin ?
Le pin...
Mais... je sens encore l'odeur.
Très peu mais... si, pas vrai?
Tu sais, c'est très étrange.
Parfois, je ne sens pas mauvais.
C'est comme... quand on travaille beaucoup et qu'on transpire.
La sueur sent mais on ne la remarque pas parce qu'on l'a en soi.
Tu comprends ? Et bien pour ça, c'est pareil.
Et soudain, ça sent. ça sent. ça sent.
Oui, j'ai compris. À plus tard, Marcos.
Tu viendras manger ? Aujourd'hui, on a une paëlla délicieuse.
Pourquoi il a fallu que tu viennes ici ce matin, Rosa ?
Pourquoi ? - Marcos ! Marcos !
Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui ?
Le mieux est d'appeler un vétérinaire, non ?
Encore faut-il qu'il vienne.
Allez vous-en ! Dégagez ! Allez !
Que fais-tu ?
Je ne sais pas.
- Tu as l'air seul. - Je le suis toujours.
Aujourd'hui plus que d'habitude. Pourquoi tu n'entres pas chez toi ?
Je ne veux pas entrer.
Dans ce cas, veux-tu venir chez moi ?
- Chez toi ? - Pourquoi pas ?
On pourra boire un verre, bavarder. Passer un moment ensemble.
J'ai sorti le chien. Comme ça on pourra parler.
Des fois, il aboie trop. Tu comprends ?
Il faut des glaçons. Suis-moi dans la cuisine.
Ma mère ne voulait pas me laisser seul, ici.
Elle avait peur que j'organise des fêtes et que je m'attire des problèmes.
Pourquoi elle a cru ça ?
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Je me suis coupé.
C'est pas la première fois avec ces foutus trucs.
Ne fais pas comme ça ! Trempe-le dans l'eau froide.
Ça va aller.
La plupart des gens ne supportent pas la vue du sang...
tu as l'air bien différent.
Je ne crains pas plus que ça.
J'ai craint le pire, je suis plus serein maintenant.
- Tu veux de l'eau gazeuse ? - Oui.
- Tu aimes le foot ? - Un peu.
On a une belle vue d'ici.
Il y a des coins très beaux, on voit tout d'ici.
Viens voir ! On voit ta maison.
La petite fenêtre avec ses pots de fleurs...
la fenêtre du salon...
La lucarne.
Bien sûr, tu as laissé la lumière allumée.
Regarde.
Tourne la molette, tu verras mieux.
''Dieu veille sur cette maison''
Tu vois ? On voit tout.
Tu regardes souvent avec ces jumelles ?
Oui.
Je vois des tas de choses intéressantes.
Enterre-les.
Enterre-les.
Qu'est-ce qui se passe, Marcos ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Tiens.
Tu en as besoin.
Ne le casse pas.
- Je t'ai fait peur ? - Un peu...
c'est pas tous les jours qu'on essaie de m'égorger.
Mais tu n'as pas eu peur. La peur, ça se voit.
Ça se sent... comme si on pouvait la toucher.
Mais toi, tu n'as montré aucune peur.
Oui, c'est bizarre, je n'ai pas eu peur.
Parce que je sais que tu es un type étrange
mais tu n'es pas un assassin.
Sinon je serais déjà mort.
Il est bon ce whisky.
Il est pas très fort... mais j'aime bien.
Qu'est-ce que tu as vu avec ces jumelles ?
Qu'est-ce que tu sais sur moi ? - Peu de choses.
Tu es seul, tu es triste et tu as besoin d'aide.
Je veux t'aider. - Pourquoi ?
Pourquoi ? Je ne sais pas. Est-ce qu'il te faut une raison ?
Il y en a toujours une.
Pour moi, rien n'est jamais gratuit.
- Jamais ? - Jamais.
Alors laisse-moi t'aider.
Gratuitement.
Tu ne me crois pas ?
Si... je te crois.
J'y vais. - Pourquoi tu pars ?
Il vaut mieux que je parte.
Pas la peine de me raccompagner jusqu'à la porte.
Je connais le chemin.
Merci pour le whisky...
et merci pour...
pour tout.
Police ?
J'ai tué 6 personnes.
Leurs corps sont chez moi.
Prenez un stylo et notez mon adresse.
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